RENDEZ-VOUS JNE

Le petit-déjeuner des JNE sur Rio + 20

Après la conférence de Durban, en décembre 2011, et avant le sommet de Rio + 20, en juin 2012, les JNE ont reçu le 15 décembre 2011 à la mairie du 2e arrondissement de Paris Michel Prieur, professeur émérite de droit de l’environnement à l’université de Limoges et vice-président du Centre international de droit comparé de l’environnement (CIDCE), ainsi que Sandrine Bélier, députée européenne EELV, déléguée à Durban.

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par Roger Cans

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Michel Prieur et Sandrine Bélier au petit déjeuner JNE du 15/12/11 - photo Laurent Samuel

Pour Sandrine Bélier, juriste de la SFDE (Société française de droit de l’environnement), la conférence de Durban (Afrique du Sud) débouche sur « un verre à moitié vide et à moitié plein ». Il n’a rien été décidé sur le réchauffement climatique, de sorte que l’on ne mise plus sur une augmentation de 2° C mais de 4° à 6° C.

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La seule avancée a été le fait de l’Union européenne, mandatée comme à Nagoya pour la biodiversité. Seule la Pologne a rechigné. L’Europe considère que si rien n’est décidé après le protocole de Kyoto, qui arrive à échéance en 2012, ce sera un recul. L’Union européenne demande donc une feuille de route pour 2015, avec application au bout de 5 ans. C’est-à-dire une définition des objectifs en 2015, avec leur application en 2020.

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Le « fonds vert », lancé à Cancun (Mexique) pour l’adaptation des pays en développement, a été acté à Durban. Il s’agit d’un fonds de 100 milliards de dollars (taxation des transactions financières, des opérations maritimes et aériennes), géré par le Secrétariat de la Convention Climat. Mais ce fonds, bien que « acté », reste virtuel, en dépit de la demande pressante de l’Union européenne. On en reparlera dans les prochaines réunions, à Bonn et à Qatar. Un point positif : « La Chine a beaucoup bougé ». Ont refusé : la Russie, le Canada et l’Australie.

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S’agissant de la gouvernance mondiale, on en est toujours à la démocratie consensuelle prônée par les Nations unies. « On avance pas à pas, observe Sandrine Bélier. Les rencontres annuelles sont indispensables, ne serait-ce que pour se connaître ».

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Michel Prieur rappelle un point essentiel de la nouvelle gouvernance lancée à Rio en 1992 : on réunit les diplomates du monde entier, avec les représentants de la société civile. Roger Cans précise que la « société civile » était représentée par les scientifiques réunis auparavant à Rio (appel d’Heidelberg), les industriels de l’environnement (en salon à Sao Paulo) et les ONG en salon à Rio durant le sommet. Michel Prieur explique alors que Rio 1992 a bouclé les deux chantiers les plus lourds : le changement climatique et la biodiversité. En 2012, que reste-t-il ? « Il n’y a rien sur la table », dit-il. Les chefs d’Etat risquent de bouder un « sommet » sans enjeu. Pour lui, le seul sujet concret reste une éventuelle convention sur le mercure, récurrente depuis l’affaire de Minamata au Japon, dans les années 1950.

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Michel Prieur s’étonne que le sommet de Rio 2012 ait changé de date, parce que l’ONU a découvert que la Reine d’Angleterre fêtera cette année-là son jubilé. Comme les Etats du Commonwealth ont tous annoncé leur présence aux cérémonies du jubilé, il a fallu déplacer les dates du sommet environnemental… Il précise que les Etats et les ONG ont été priés de soumettre au Secrétariat des Nations unies leur propositions pour Rio+20, et ce avant le 1er novembre 2011. Un « draft 0 » sera présenté le 1er janvier 2012.

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Pour sa part, le Centre international de droit comparé de l’environnement (CIDCE), basé à l’université de Limoges, a avancé 27 propositions, dont la réforme du PNUE et « l’économie verte ». Ces propositions ont été reprises par le Parlement européen, précise Sandrine Bélier. Mais le principal thème mis en débat est le principe de « non régression », qui signifie qu’on refuse tout recul dans le niveau de protection. Ce que les Belges ont traduit par l’anglais « standstill », qui équivaut à l’équilibre, avec des changements irréversibles, comme l’engrenage avec des cliquets qui ne permettent que d’avancer. Un verrouillage, en quelque sorte. Sur l’économie verte, on reste dans le flou…

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Les juristes de la SFDE observent que la directive sur la protection des sols est bloquée, et que rien n’a été proposé pour l’exploitation des mines, alors même que l’on envisage l’exploitation des gaz de schiste… Carine Mayo estime que le principe de non régression est très pessimiste. Nos invités le confirment.

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Michel Prieur annonce que le CIDCE, dans son catalogue de propositions, a lancé l’idée d’un Tribunal international de l’environnement – qui a peu de chance d’être retenue. En revanche, la réforme du PNUE de Nairobi peut effectivement déboucher sur une organisation onusienne à part entière (ONUE) ou une organisation sœur (OIE), calquée sur l’OIT (Organisation internationale du travail) ou l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Il souhaite que, comme en France, le Conseil économique et social de l’ONU ajoute l’environnement, et non le développement durable.

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Le président honoraire de la SFDE envisage un grand chantier juridique : la mer, qu’il s’agisse d’exploitation pétrolière off shore, de pollution tellurique ou des aires protégées en haute mer. Sandrine Bélier évoque le cas des réfugiés de l’environnement, dont le statut a été reconnu au Parlement européen (par 3 voix de majorité). Il est précisé que Brice Lalonde (lire ici le compte-rendu de sa récente rencontre avec les JNE) , comme coordinateur du secrétariat de l’ONU pour la préparation de la conférence, sera chargé de faire vivre toutes ces propositions avant Rio+20. Mais beaucoup le trouvent trop pessimiste ou désabusé pour cette tâche, qui demande un minimum d’enthousiasme…

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En conclusion, Michel Prieur indique que le CIDCE a lancé un appel des juristes, qui a déjà recueilli près d’un millier de signatures.

 

A noter : la sortie de la 6° édition du Manuel de droit de l’environnement par Michel Prieur aux éditions Dalloz.

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Le petit déjeuner des JNE avec Brice Lalonde : compte-rendu détaillé

De passage à Paris, Brice Lalonde, coordonnateur de la Conférence Rio+20 aux côtés de Liz Thompson, est venu rencontrer les JNE. Objectifs : faire le point des avancées sur fond de crise et rappeler à nos médias que la valse de la planète ne s’arrêtera pas avec la présidentielle française…

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par Marie Hellouin

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Brice Lalonde - Photo Paulo Filgueiras

 

« Rio + 20 n’est pas 1992 + 20. C’est 2012 + 20 », martèle d’emblée notre ancien ministre, comme il l’avait fait lors de la Conférence du Comité 21 le 4 juillet dernier. En perspective d’ici 2035, l’arrivée d’1 milliard d’habitants supplémentaires sur notre planète.

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Pour lui, cette conférence sera essentiellement portée par les pays émergents et par l’Europe, dans la limite de ses difficultés internes. Ainsi qu’il l’avait souligné en juillet, les 27 Etats membres s’exprimeront via l’Europe, alors sous présidence danoise. Pour sa part, la France sera mobilisée par les élections puisque la Conférence se tiendra entre les 2 tours des législatives. Notre pays finance néanmoins une équipe pilotée par deux ambassadeurs : Serge Lepeltier, concernant la Convention Climat, Jean Pierre Thébault au nom des ministères des Affaires étrangères et de l’Ecologie.

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De leur côté, les USA n’accepteront aucune décision contraignante car d’ici la prochaine législature, tout engagement du Président Obama serait immédiatement contré par le Congrès, en majorité républicain.

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« L’objectif de Rio 92, c’était l’Agenda 21 pour le développement durable. Le sommet intervenait peu après la chute du mur de Berlin. Tous les chefs d’Etat y ont participé en présence du Commandant Cousteau », rappelle Brice Lalonde. Aujourd’hui, le contexte a changé.

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L’objectif Rio + 20 sera le développement, point. Le budget des Nations-Unies est en berne. Comment assurer le nécessaire aux plus démunis quand les caisses sont vides? Les pauvres de la planète sont « très remontés contre l’écologie », considérée, au mieux comme un luxe de riche, au pire comme un alibi protectionniste.

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Souhaitable, certes, le verdissement de l’économie reste conditionné à la justice sociale élevée au sommet des priorités. Base des revendications : un filet de sécurité pour tous, l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes défendu par l’entité ONU femmes et l’emploi des jeunes (rappel : déjà 50 % de moins de 30 ans de la population mondiale).

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Du côté de l’agenda, la négociation intergouvernementale a commencé. Les soumissions arrivent à un rythme soutenu. Nationales, institutionnelles ou civiles, toutes les contributions doivent être transmises au Secrétariat de la Conférence avant le 1er novembre. Les coordonnateurs en extrairont un « zéro draft », avant-projet des déclarations finales, qui sera présenté en janvier 2012 pour amendement et finalisation fin mai.

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La Conférence se déroulera du 4 au 6 juin. Elle sera précédée de « 4 jours d’effervescence », où la société civile est invitée à s’exprimer sans modération.

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D’ores et déjà, le document final est balisé. Il reprendra les principes de 1992. Certains voudraient même introduire « un cliquet de non retour » pour prévenir un blocage en cas de contestation des acquis.

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De son côté, le Secrétaire général des Nations Unies veut faire le point des « Objectifs du millénaire pour le développement » qui devaient être évalués en 2015. C’est là que le développement durable pourrait refaire surface. En premier lieu, Ban Ki Moon veut obtenir à l’horizon 2030 le droit à l’électricité pour tous, en majorité d’origine renouvelable, avec une amélioration de 40 % de l’efficacité énergétique.

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La sécurité alimentaire vient à égalité sous la forme du nexus (nœud) eau-énergie-nourriture.

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Viennent ensuite l’urbanisation, priorité des Brésiliens, la protection des océans, la réponse aux catastrophes naturelles et/ou technologiques.

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Les uns voudraient déboucher sur une feuille de route, d’autres se contenteraient de simples pistes (pass way dans le vocabulaire onusien). Le débat est en cours.

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Faut-il rémunérer les services de la nature ? La question a émergé. Certains pays ont construit sans attendre une économie homme-nature à bénéfice mutuel. C’est le cas du Costa Rica avec la biodiversité ou de Singapour dans la gestion de l’eau. Leurs expériences ne sont pas forcément adaptables à tous.

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Pour inciter les autres, Brice Lalonde croit beaucoup aux plateformes collaboratives liant les différents acteurs, partenariats publics/privés face aux donateurs, y compris les bilatéraux et les investisseurs de long terme comme les fonds de pension.  « Ce chapitre est fondamental sous peine de décourager les pauvres », insiste-t-il. Quant à la taxe sur les transactions financières, il y a fort à craindre qu’elle soit finalement votée pour renflouer les caisses des Etats les plus avancés au lieu de financer le développement des pays pauvres !

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Pause café pour l’orateur et salve de questions/réponses dont voici quelques « bâtons rompus » .

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Le projet d’OME (Organisation Mondiale de l’Environnement) proposé par la France a-t-il une chance d’aboutir ?

Réponse : ce projet reçoit des soutiens, mais il supposerait une réforme complète des institutions onsiennes étant donné la dispersion des officines liées à l’environnement : le PNUE à Nairobi, la FAO à Rome, l’Unesco à Paris, la Convention Climat à Bonn, la CBD à Montréal, etc. Chacune travaille pour sa paroisse sans se soucier des autres (parfois même en concurrence !). Au plan de la gouvernance, la situation n’est pas plus claire. L’Assemblée générale des Nations Unies n’est qu’une chambre d’enregistrement des politiques de 192 Etats. Elle n’a pas de pouvoir et dans tous les cas, ecomme le souligne Brice Lalonde, « une somme d’intérêt nationaux ne fait pas l’intérêt de la planète ». Le Conseil de sécurité a le pouvoir, mais pas l’argent. La Banque mondiale a l’argent, mais ne peut pas veiller à la cohérence des programmes. A défaut d’OME, un Conseil du Développement durable pourrait en être chargé. Un groupe de haut niveau sur la durabilité est également à l’étude.

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La lutte contre la corruption sera-t-elle abordée ?

Réponse : un groupe de travail pourrait être créé.

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Quelle place tiendra la politique familiale ?

Réponse : le contrôle des naissances se heurte de plus en plus aux fondamentalismes de tous bords.

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Le G20 pourrait-il se substituer à l’ONU ?

Réponse : non, le G20 s’occupe des finances.

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Le Brésil peut-il accueillir ce Sommet avec la vague de corruption et la nouvelle Loi forestière qui mine son gouvernement ?

Réponse : « no comment », le coordonnateur est tenu au devoir de réserve. Il rappelle que c’était le voeu du Président Lula. Pour lui, délocaliser la Conférence semble peu vraisemblable.

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Où en sont les projets de la société civile ?

Au plan international, les entreprises et les municipalités sont les plus avancées.

Le Global compact organise une foire des technologies (rien pour nous surprendre !). Il fera des propositions pour améliorer la gouvernance des entreprises, dont un cahier des charges commun à toutes pour unifier les rapports de RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises).

Dans le même esprit, les villes présenteront « la Mairie Globale »…

En guise d’appréciation, Lalonde nous livre ce descriptif du monde selon Pascal Lamy  « Le local est solide, l’Union Européenne liquide et l’ONU gazeuse ! ».

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La Conférence sera-t-elle relayée par internet ?

Réponse : la décision n’est pas tranchée. Certains pays y sont favorables, notamment les Etats-Unis. D’autres s’y opposent en raison de la fracture numérique.

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Quelles perspectives pour l’économie et la croissance verte ?

Cette question est revenue à différents stades et les réponses étaient éparpillées.

La Chine multiplie les déclarations, mais refuse toute contrainte.

L’OCDE, la Banque Mondiale, le PNUE ont chacune produit leur rapport sur la croissance verte. La recherche agronomique progresse sur la voie d’une agriculture écologique intensive pour l’alimentation et la chimie verte. En dépit des frémissements de l’auditoire, notre invité considère qu’au Brésil, l’agro-industrie de la canne à sucre est un véritable succès. Pour lui, ces voies nous ouvrent beaucoup de possibilités, mais elles se heurtent aux multinationales des industries pétrolières qui veulent « garder la main ».

 

Voir ici un autre éclairage sur ce petit déjeuner.

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Brice Lalonde et la conférence Rio + 20 face aux journalistes des JNE

De passage à Paris, Brice Lalonde était le 10 octobre 2011 l’invité d’un petit déjeuner organisé par les JNE.

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par Laurent Samuel

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Brice Lalonde (à droite) en compagnie du secrétaire général des Nations unies. Photo: UN Photo/Paulo Filgueiras

 

Brice Lalonde coordonne avec Elizabeth Thompson, ancienne ministre de l’Environnement de la Barbade, la préparation de la conférence Rio+20, qui aura lieu à Rio de Janeiro en juin 2012. Le secrétariat de la conférence est basé au siège des Nations-Unies, à New York.

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Rio+20, cela ne signifie pas +1992 plus 20+ mais plutôt +2012 plus 20+, c’est-à-dire 2032, date à laquelle il y aura un milliard d’habitants de plus sur la surface de la planète“, a précisé d’emblée l’ancien ministre de l’Environnement. « Lors du sommet de Rio, on avait défini des principes. Il faut aller maintenant aller vers des propositions concrètes, applicables dès 2013. »

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Brice Lalonde a ensuite détaillé le calendrier de la préparation de la conférence. Les Etats, mais aussi les ONG, les entreprises, les communes ou les régions (dont il souligne les avancées grâce aux Agendas 21, lancés à Rio en 1992), ont jusqu’au 1er novembre 2011 pour envoyer des contributions écrites. A partir de ces textes, le secrétariat de la conférence réalisera un projet (zero draft), qui fera l’objet d’une négociation intergouvernementale à partir de février 2012, puis sur place à Rio lors de la conférence, afin de parvenir à un texte final.

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Selon l’AFP, cinq thèmes principaux émergent à ce stade pour la conférence : l’énergie avec l’idée du droit à un accès universel et plus d’efficacité énergétique, la sécurité alimentaire, une politique de développement durable pour les villes, l’exploitation durable des océans et les moyens d’instaurer plus de justice sociale dans le monde.

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Brice Lalonde - Photo Paulo Filgueiras

Brice Lalonde - Photo Paulo Filgueiras

 

Dans les négociations des Nations unies, on voit encore trop de pays qui se disent ‘Qu’est-ce que je peux tirer pour moi de cette négociation?’, sous-entendant ‘La planète peut attendre’ “, a souligné Brice Lalonde.

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Le coordinateur de la conférence Rio+20 a conclu : “Aujourd’hui, la politique est à 80 % domestique, or la réalité du monde est à 80 % intergouvernementale”.

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Cliquez ici pour consulter le site de la conférence.

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A découvrir aussi, le portail d’Ecobase 21 sur Rio+20, et le site du Collectif Rio+20, coordonné par l’association 4D.

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Pour en savoir plus sur ce petit déjeuner, lisez ici la dépêche de l’AFP reprise sur le site de la RTBF.

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Pétrole, huile et gaz de schiste

Rendez-vous était pris le 27 juin 2011 à l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris pour une projection débat organisée par les associations Art fertile et Paroles et nature en partenariat avec les JNE.

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par Danièle Boone

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L’approche était singulière puisqu’il s’agissait de réfléchir aux possibilités d’action pour empêcher l’exploitation irresponsable des hydrocarbures sur notre territoire à partir de l’exemple des Indiens Kichwa de Sarayaku (Amazonie équatorienne) qui ont réussi à arrêter pacifiquement les compagnies pétrolières venues pour exploiter leur terre. avec le soutien de l’armée.

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La soirée était orchestrée par notre consœur Françoise Nowak (JNE) qui, pour commencer, nous avait concocté une surprise. Martin Dages et Michaël Le Cerf du collectif Artistes et frontières de vie ont improvisé un mini-spectacle sonore à déguster dans le noir.

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Ensuite, place à deux films réalisés en 2003 et 2009 par les Indiens eux-mêmes. Sachata Kishpichik Mani (« Je suis le défenseur de la forêt ») raconte en 18 minutes la résistance pacifique et la victoire des indiens kichwa de Sarayaku face aux compagnies pétrolières. On y découvre notamment l’engagement très fort des femmes. Le second, Sisi Ñampi (« Frontière de vie, chemin de fleurs ») parle du projet en cours de réalisation, de dessiner la frontière de leur territoire en plantant des arbres à fleurs, une frontière donc parfaitement visible du ciel.

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Après ces images édifiantes puis le mot d’accueil de Denis Baupin, adjoint au maire de Paris chargé du développement durable, de l’environnement et du plan climat de la ville de Paris, la parole a été donnée à Corine Arnould, présidente de l’association Paroles de nature. Holger Cisneros Malaver, porte-parole et ancien président du peuple Kichwa de Sarayaku, a ensuite longuement parlé de son peuple et de son combat, soulignant que si la première manche avait été gagnée, il fallait toujours être vigilant tant les appétits des multinationales sont grands.

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Parmi les différentes interventions, notons celle de Marine Jobert qui a fait un court exposé mais d’une grande clarté sur les huiles et gaz de schiste en France. Elle est co-auteur avec François Veillerette (JNE) du livre, Le vrai scandale des gaz de schiste, à paraître à la rentrée aux éditions LLL – Les Liens qui Libèrent.

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Philippe Martin, député du Gers et co-auteur du rapport parlementaire sur les gaz de schiste rendu public le 8 juin 2011, a renchéri sur cette « activité très intrusive et très agressive ». Il a également souligné la faiblesse de la loi qui va être prochainement votée. Faut-il la faire abroger par le Conseil constitutionnel ? a-t-il demandé. Mais alors, on retomberait dans un vide juridique total pour des mois. Anna Bednik, membre du Collectif citoyen Ile de France non aux gaz de et pétrole de schiste, a témoigné de l’action entreprise sur le terrain et expliqué comment les différents collectifs envisagent d’agir ensemble.

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La soirée bien remplie était ponctuée par la présentation des dessins réalisés en direct par l’humoriste Eric Grelet. Malheureusement, le temps d’échange avec la salle a dû être écourté créant de la frustration dans un public venu pour s’informer sur les gaz de schiste et avide de comprendre ce qui se passe sur notre territoire.

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Petit déjeuner des JNE sur les bonobos avec Claudine André

Claudine André, qui s’emploie à tenter de sauver les singes bonobos du Congo, était l’invitée des JNE le 24 mars 2011 à la Mairie du 2e ..

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par Roger Cans

 

Claudine André face aux JNE le 24 mars 2011 à la mairie du 2e – photo Laurent Samuel

Claudine André est la fille d’un vétérinaire belge qui s’est installé en 1951 à Léopoldville, capitale du Congo belge. Elle n’a alors que cinq ans. Elle se considère donc aujourd’hui comme une « Africaine », qui n’a nullement l’intention de rentrer en Europe et veut se faire enterrer au Congo, sa patrie. Car elle a épousé le fils d’un Tutsi et d’une Italienne, qui, lui aussi, a toujours vécu au Congo, devenu Zaïre puis RDC (République démocratique du Congo). Il travaille dans les transports, les travaux publics et le commerce. Il subvient donc à ses besoins.

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Sa vocation de protectrice des bonobos, ces petits chimpanzés endémiques du bassin du Congo, est venue par hasard et sur le tard. Lorsque la guerre civile a éclaté au Zaïre, en 1991, les bandes armées ont imposé leurs lois, aussi bien dans le parc national des Virunga, à l’est, où vivent les derniers gorilles des montagnes, que dans la ville de Kinshasa, à l’ouest, qui a été dévastée en dix jours de combats. « Tout était détruit, certaines usines jusqu’aux fondations ». C’est alors qu’on lui parle du zoo de Kinshasa, dont elle ignorait même l’existence. On lui dit que les animaux sont en perdition et qu’elle seule, fille de vétérinaire, peut faire quelque chose.

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Elle s’y rend donc et constate que, effectivement, les animaux qui subsistent dans le zoo sont en grande détresse. « Les léopards mangeaient des mangues », ce qui n’est pas un menu pour de grands carnivores… Claudine André prend alors en charge le zoo, en s’arrangeant pour récupérer des vivres, dont la meilleure moitié est destinée aux gardiens, soigneurs et autres personnels, et la moins bonne aux animaux. Elle recueille aussi des enfants abandonnés, qui sont plusieurs milliers en ville (les « enfants sorciers »), pour les transformer en soigneurs bénévoles et leur faire cultiver quelques légumes. Elle devient « Maman jardin ».

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C’est alors qu’on lui apporte le premier bonobo, un singe qu’elle ne connaît pas vivant puisqu’il est habituellement vendu comme viande de brousse. Au fil des saisies de la police, qui fait la traque au commerce illégal des petits singes vivants, elle en recueille cinq, en accord avec le ministère local de l’environnement. Le but est de « casser la chaîne du commerce illégal » d’un animal intégralement protégé par la législation internationale. Elle obtient alors un contrat de gardiennage pour les bonobos saisis dans tout le bassin du Congo, aussi bien du côté de Brazzaville que de Kinshasa. Son centre d’accueil des animaux saisis, capturés ou blessés prend de l’importance.

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Tant et si bien que la WISPA (World international society for protection of animals) lui suggère de créer un sanctuaire dévolu à la sauvegarde et à la réintroduction des bonobos dans la forêt congolaise. Claudine André est effarée par le nombre de cartouches MACC  (Manufacture d’armes et cartouches du Congo) que l’on trouve dans tous les coins de la forêt, qu’elle arpente en pirogue et à pied. Car le marché de la viande de brousse est une affaire qui marche très fort. Il lui faut donc trouver un endroit sans chasse pour transférer ses chers bonobos. Heureusement, le bassin central de la forêt congolaise est inondé plusieurs mois sur douze, ce qui dissuade les chasseurs et les exploiteurs de bois (qui n’ont pas non plus de port de mer, à la différence du Cameroun avec Douala ou du Gabon avec Libreville).

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En 2005, elle se lance dans la réalisation du sanctuaire, ce qui ne va pas sans mal. Il faut convaincre les églises locales, très puissantes, du bien fondé de la conservation. Il faut surtout trouver une ethnie qui considère le bonobo comme tabou. Car certaines ethnies, au contraire, consomment la viande de bonobo et la juge même très favorable aux femmes enceintes… Il faut enfin trouver de l’argent. Les milieux scientifiques veulent bien financer, à condition que les bonobos soient réintroduits dans leur milieu naturel et fassent l’objet d’un suivi bien documenté.

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Finalement, le sanctuaire qu’elle trouve, à 1000 km de Kinshasa, ne s’impose que parce qu’elle consacre 80 % de ses ressources à l’éducation et à l’assistance des populations riveraines, afin de les motiver à la conservation, et seulement 20 % aux bonobos proprement dits. Le sanctuaire fonctionne avec seulement trois expatriés, dont l’une habite à Islamabad (Pakistan) et collecte les fonds (fund raiser). Sur place, « Maman Claudine » emploie 100 personnes (soigneurs, gardiens, écoguides, et trois vétérinaires congolais), ce qui lui revient à 500 000 dollars par an. La fondation Brigitte Bardot lui offre 43 200 euros par an. Les liaisons entre le centre de soins et le sanctuaire (1000 km) ne peuvent se faire que par avion (800 euros le billet).

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La réintroduction, progressive, a été commencée il y a deux ans, sous le contrôle d’un primatologue japonais très pointu. Dix individus ont été relâchés le 14 juin 2009, après repérage d’arbres bien pourvus en fruits. Ils sont suivis localement par des pisteurs afin de fournir toutes les données réclamées par les institutions scientifiques qui financent l’opération (US Fish and Wildlife, ARCUS Foundation, Max Planck Institute).

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Les animaux relâchés sont entièrement libres, sans colliers ni puces de radiopistage. On a constaté que le groupe fait très rapidement des kilomètres dans la forêt. Un deuxième groupe de onze bonobos a été relâché récemment. Tout s’est bien passé. Aucune perte n’a été signalée. Les seuls prédateurs sont les léopards ou les chimpanzés, « les guerriers de la forêt », qui ne supportent pas de cohabiter avec les bonobos et les tuent. Heureusement, ils ne se sont pas rencontrés…

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Claudine André a voulu tester elle-même la « déshabituation » des bonobos relâchés dans le sanctuaire. Volontairement, elle n’y est pas retournée pendant huit mois, afin de distendre les liens, très proches au centre de soins. Lorsqu’elle est retournée au sanctuaire, elle craignait d’être tout de suite entourée par ses anciens protégés et d’avoir à les prendre dans ses bras, ce qui aurait été un échec de la réintroduction. En fait, les bonobos l’ont tout de suite repérée, comme elle a pu s’en rendre compte par les vocalises du groupe. Mais ils sont restés dans leurs arbres. La partie était gagnée.

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Photo D.R.

Aujourd’hui, le centre Lola de Kinshasa héberge 73 bonobos sur 40 hectares. Les animaux y sont parfaitement libres. Ils peuvent faire leur nid dans la forêt, venir coucher dans les locaux aménagés, disparaître plusieurs jours ou rester à se faire nourrir. Des étudiants de Harvard (Etats-Unis) viennent y faire des expériences pour tester leur intelligence.

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Le centre dispose de chats pour éloigner les rats, qui sont vecteurs, par leur urine, d’une maladie grave (encéphalomyocardo…..) qui peut tuer même un éléphant. Un jour, un énorme python de 4 m de long a été retrouvé après avoir avalé un des chats. Il a été tué. Le centre n’aime pas la visite des serpents, qu’il s’agisse de constricteurs comme le python ou de venimeux comme la vipère du Gabon, très abondante.

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Le sanctuaire comporte aujourd’hui 20000 hectares de forêt, inondée à chaque saison des pluies, donc sans chasse ni exploitation forestière. Il est question de porter sa surface à 30000 hectares, puisque l’ethnie voisine est aujourd’hui acquise à la cause des bonobos. Outre les singes réintroduits, on y trouve aujourd’hui des animaux qu’on ne voyait plus, comme les éléphants. Mais il est impossible de chiffrer le nombre de bonobos présents au Congo. Les chiffres les plus fantaisistes circulent, de 17500 à 100000. Il est impossible, dans cet espace forestier immense, de comptabiliser quoi que ce soit (écoutez ici la réponse de Claudine André à une question sur la situation des bonobos).

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Claudine André tient beaucoup à un principe : n’attendre aucune subvention publique ni aide de grandes organisations comme le WWF, afin de conserver une entière liberté de manœuvre. Mais elle se conforme aux directives de la CITES et de l’UICN, qu’elle appelle ses « guidelines » (en anglais).

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Le film Bonobos qui lui est consacré, réalisé par Alain Tixier, est un docu-fiction. Certaines scènes ont été entièrement truquées pour les besoins de la caméra. Mais le message, lui, n’est pas fictif. Et les personnages du film sont tous bien réels. Il sort en salle mercredi 30 avril. Pour visionner la bande-annonce, cliquez ici.

Claudine André aux JNE : « il est minuit moins cinq pour les bonobos au Congo »

A l’occasion de la sortie du film Bonobos le 30 mars prochain (voir ici la bande-annonce), Claudine André était ce matin 24 mars 2011 l’invitée d’un petit déjeuner des JNE à la mairie du 2e arrondissement de Paris.

Claudine André (au fond) face aux journalistes des JNE le 24 mars 2011 à la mairie du 2e arrondissement de Paris - photo Laurent Samuel

 

Ecoutez ci-dessous sa réponse à une question sur la situation des bonobos au Congo.

Pas réjouissant…

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Un débat des JNE sur les conséquences environnementales et sociales du développement de la Chine

Les JNE ont organisé le 3 décembre 2010 à la mairie du 2e arrondissement de Paris un débat sur les conséquences environnementales et sociales du développement chinois.

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par Laurent Samuel

Sylvie Mayer (membre des JNE) et Jean-Pierre Caldier, co-organisateurs d’un récent voyage en Chine de l’association Ap2E, auquel plusieurs autres membres des JNE ont participé, ont d’abord présenté une série de diapos (terme aujourd’hui remplacé par slides) sur les différentes étapes de leur équipée de trois semaines, de Hong Kong à Shanghai (pour l’expo universelle) en passant par Shenzhen, Pékin et Suzhou.

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L’urbanisation galopante, le développement des énergies renouvelables et nucléaire, les transports, l’agriculture et la recherche en agronomie et sur les biotechnologies figuraient parmi les thèmes abordés dans ce « reportage » très factuel.

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L’ensemble de ce montage est accessible en cliquant ici.

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Un débat animé a suivi cette présentation, avec les témoignages de Carine Mayo, Présidente des JNE, Catherine Sanson-Stern, adhérente des JNE, qui participaient à ce voyage, et de Dominique Martin Ferrari (Gaia Network), autre JNE présente en Chine lors des JO de Pékin.

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Pendant son voyage, Catherine Sanson-Stern a réalisé un blog très vivant que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

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Au cours du débat, Jean-Claude Lévy, historien, géographe, chargé d’une mission de réflexion sur la Chine, le développement durable et la coopération décentralisée au ministère des Affaires étrangères et européennes, a apporté son éclairage sur l’évolution du pays, tant sur le plan de l’environnement que sur celui des droits de l’homme.

Le débat a notamment porté sur les expériences chinoises d’« économie circulaire », où chaque « déchet » d’une entreprise est utilisé comme une ressource par une autre. Un sujet auquel Jean-Claude Lévy, ancien du ministère de l’Environnement, a récemment consacré un livre (voir ici).

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Hélène Duvigneau, nouvelle adhérente des JNE, qui a travaillé trois ans en Chine, avant de revenir en France en octobre 2010, a fait entendre son point de vue critique sur l’état de la démocratie et de l’environnement dans ce pays, à retrouver ici sur le site de Reporterre.
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En résumé, un débat très riche qui aurait mérité une plus large public…

La biodiversité au coeur du 8e Festival du livre et de la presse d’écologie

L’équipe du Festival du livre et de la presse d’écologie et les JNE ont organisé le 14 octobre 2010 un petit déjeuner de presse pour présenter la 8e édition du Felipé, qui se tient les 16 et 17 octobre à la Bellevilloise, dans le 20e arrondissement de Paris.

par Laurent Samuel

Carine Mayo, présidente des JNE, a rappelé que les JNE sont partenaires depuis cinq ans du Felipé, dont ils partagent les centres d’intérêt et la volonté de diffuser l’information et la connaissance sur l’écologie.

Jacques Thomas, fondateur du Festival en 2003 et président de l’association qui l’organise, a insisté sur la vision large, non limitée à la faune et à la flore, de l’écologie, que promeut le Felipé. Le Festival rassemble cette année 58 auteurs (dont de nombreux membres des JNE) et organise 13 conférences et tables-rondes.

A la veille du sommet de Nagoya, la biodiversité est l’un des principaux thèmes abordés, avec notamment un débat dimanche après-midi sur les négociations internationales en cours. La cohabitation entre livre numérique et livre électronique fait aussi l’objet d’une table-ronde samedi après-midi.

Enfin, l’éditeur Thomas Bout, des Editions Rue de l’Echiquier, a présenté le Collectif des éditeurs écolo-compatibles, qu’il a créé avec six autres maisons d’édition. Objectif : polluer le moins possible et diminuer les émissions de gaz de serre, dues à 80 % au papier et au transport des livres.

Cliquez ici pour consulter le programme et les horaires de l’édition 2010 du Felipé.

Compte-rendu du débat JNE : décroissance ou croissance verte ?

Par Danièle Boone

Peut-on avoir une croissance infinie ? Cela apparaît de plus en plus improbable. Les plus optimistes misent sur une croissance verte, raisonnable et durable. Les adeptes de la décroissance, eux, ne croient plus à un possible passage en douceur et prônent une action radicale. Alors, décroissance ou croissance verte ? Peut-on être écologiste et productiviste ?

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Le 16 septembre 2010, Jean-Claude Noyé, administrateur des JNE, a réuni pour en débattre Bettina Laville, avocate, conseiller d’Etat en disponibilité, fondatrice et présidente d’honneur du Comité 21, Philippe Bodard, maire de Mûrs-Erigné (PS), Serge Lepeltier, maire de Bourges (Parti radical), Vincent Liégey (Parti de la décroissance) et Jean-Paul Morel, qui représentait Jacques Boutault (Les Verts), qui nous recevait en sa mairie du 2ème arrondissement de Paris.

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Jean-Claude Noyé et Carine Mayo, présidente des JNE, qui animaient la soirée, ont d’abord posé des questions aux invités afin de préciser le sujet du débat. Vincent Liégey et Philippe Bodard ont ouvert l’exercice. Comment définir la décroissance et le mot est-il heureux ? leur a t-on demandé. « Ce terme est volontairement provocateur pour remettre en cause l’imaginaire occidental et nous aider à nous poser les bonnes questions », explique le premier. Le second dit ne pas bien connaître le mouvement, mais partage l’idée de la nécessité d’un retour à la simplicité et à la sobriété. « Au nom de la croissance, on tue l’homme. ».

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Le credo politique de ce profond admirateur de Pierre Rabhi est humaniste. Homme de terrain, il a instauré les cantines scolaires bio en s’appuyant sur l’économie locale. Il a également favorisé la création d’Amap et s’est engagé sur le 0 % de pesticides dans sa commune.

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Et le développement durable ? Peut-on y croire ? La question est posée à Bettina Laville et à Serge Lepeltier. « Ce n’est pas parce que le greenwashing existe qu’il faut rejeter le concept » constate la première. Cette championne de l’éloquence a redit l’histoire en repartant des fondamentaux de Ivan Illich et d’André Gorz développés dans les années soixante-dix. « Le monde tourne fou, tout le monde le sait. Il faut changer ». Pour elle, la décroissance est un mouvement passionnant, mais pour aller plus loin, il lui faut abandonner ce terme qui fait grincer, « invendable en politique », renchérit Serge Lepeltier.

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Ce dernier a courageusement défendu sa position (il croit les limites très éloignées), alors que la salle croit plutôt à l’urgence. L’élu de Bourges mise sur les emplois verts pour soulager l’économie. Très attaché à la notion de liberté individuelle (qui sous-entend la liberté de consommer), il suggère une nouvelle orientation du débat autour de décroissance et démocratie.

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« Le développement durable est du marketing politique, martèle Vincent Liégey. Il faut faire un pas de côté et sortir des schémas traditionnels pour avoir une chance de sortir de l’impasse. On a envie de se réapproprier nos choix, de donner du sens à notre vie. »

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De quelle décroissance parle-t-on ? a demandé quelqu’un dans la salle. De l’empreinte écologique ? Du PIB ? De l’émission des gaz à effet de serre ? De la consommation d’énergie ? Et c’est là, la richesse et la faiblesse de la discussion qui est partie un peu dans tous les sens. Ce débat d’idées ne traduit-il pas notre incapacité à agir ?

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Les grands changements de l’histoire ont toujours été le fruit de crises profondes, ont constaté tous les invités. Le chemin risque donc de nous être imposé. La crise a d’ores et déjà contraint à une baisse de la consommation. Le début de la décroissance ? Mais faut-il donc que l’enfantement se fasse toujours dans la douleur ? Ne pourrions-nous pas prendre en main notre destin ? Le débat reste ouvert.

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A lire, un point de vue critique de Laurent Samuel sur son blog Planète (cliquez ici).

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A visionner, le reportage vidéo de Gaia Network sur ce débat (cliquez ici).

Comment lutter contre les méfaits des pétroliers en Equateur ?

Les JNE ont co-organisé  le 24 septembre 2010 un petit déjeuner avec José Gualinga, Indien Kichwa d’Amazonie, porteur du projet Chemin de Fleurs de la Frontière de Vie. Il était entouré de Corinne Arnould, présidente de l’association Paroles de Nature pour le soutien des Kichwas, Carlos Jativa, ambassadeur d’Equateur à Paris, et Jacques Boutault, maire du IIe arrondissement de Paris.

Carlos Jativa, ambassadeur d’Equateur à Paris, et José Gualinga, représentant des Indiens Kichwa (photo Christine Virbel)

Par Christine Virbel

José Gualinga, représentant du peuple indien Kichwa de Sarayaku en Equateur, était l’invité des JNE à l’occasion d’un petit déjeuner le 24 septembre à la mairie du IIe arrondissement de Paris.

Cette communauté d’Amazonie résiste pacifiquement depuis 25 ans à des compagnies pétrolières qui tentent de la chasser de son territoire pour en exploiter les ressources.

Face aux agressions de plus en plus violentes dont elle a fait l’objet récemment, la communauté Kichwa a décidé de manifester médiatiquement, en dehors des démarches juridiques qu’elle a entreprises au niveau international pour faire respecter ses droits.

Carlos Jativa, ambassadeur d’Equateur à Paris, est intervenu en premier pour souligner l’importance du changement qui s’est effectué en Equateur avec l’arrivée au pouvoir du président Rafael Correa qui, pour la première fois, a fait inscrire dans la constitution de son pays les droits inaliénables de la Nature.

Le gouvernement équatorien a également pris une décision courageuse en proposant à la communauté internationale le projet Yasuni-ITT, visant à ne pas exploiter les réserves pétrolières situées dans la réserve naturelle de Yasuni, afin de protéger sa biodiversité et de lutter contre le changement climatique. En contrepartie, le pays demande une contribution à hauteur de 50 % de la manne financière qu’aurait apportée l’exploitation pétrolière. Les ressources sont estimées à 850 millions de barils de pétrole (soit 20 % des réserves du pays) pour un montant de 5 millions d’€.

A la suite de cette intervention, José Gualinga a rappelé que les peuples indiens d’Equateur ont soutenu l’élection du président Correa et que la reconnaissance des droits de la Nature dans la constitution est une avancée unique au monde. Pour lui, cette avancée est due aux protestations, luttes et grèves menées par les peuples indigènes d’Equateur ces 20 dernières années et qui demandaient de respecter la Nature et les peuples vivant en son sein.

Pourtant, José Gualinga s’est dit préoccupé de voir que deux lois récentes ne respectent plus les droits reconnus à la Nature, notamment la loi sur les hydrocarbures, votée il y a deux mois par l’Assemblée Nationale, et la loi minérale qui serait inconstitutionnelle, car votée sans consultation des peuples indigènes.

Malgré ces réserves, José Gualinga a expliqué que les Kichwas ont appuyé l‘initiative Yasuni-ITT du gouvernement parce qu’ils pensent qu’aujourd’hui, il faut baser le développement du pays sur un autre modèle que celui des hydrocarbures. Cependant, cette initiative pour la zone Yasuni ne doit pas se faire au détriment du reste de la forêt amazonienne dont l’exploitation pétrolière semble déjà prévue (*).

En effet, l’exploitation pétrolière de la forêt amazonienne défriche et pollue le lieu de vie des peuples indigènes et les menace de disparition. La communauté de José Gualinga a d’ailleurs eu maille à partir avec plusieurs compagnies pétrolières depuis 1989, dont certaines appuyées par des militaires. L’état d’urgence, avec fermeture des écoles, blocage des activités économiques du village, des travaux agricoles et de la chasse, a parfois été nécessaire pour se défendre.

Mais, en dehors de ces situations d’urgence, les Kichwas ont décidé de mener une action symbolique en créant une ceinture de protection de leur réserve naturelle avec des arbres dont la canopée se couvrira bientôt de fleurs: Le Chemin de Fleurs de la Frontière de Vie. Pour José Gualinga, « ce chemin de fleurs parle en faveur d’une préservation de la biodiversité, de la richesse culturelle des peuples indigènes et donne de l’émotion à celui qui est triste ou malade. C’est aussi une déclaration indiquant que ce territoire doit être sans pétrole et que les peuples indigènes sont actifs en ce XXIe siècle ». Par cette action hautement symbolique, les Kichwas veulent ainsi transmettre à l’Occident leur conviction qu’il faut vivre en harmonie avec la nature pour assurer notre existence à tous sur cette Terre. Sur le terrain, le projet se traduit aussi par des actions environnementales et sociales.

Pour soutenir José Gualinga, l’association « Paroles de Nature »a été créée par Corinne Arnould. Le collectif « Artistes & Frontière de Vie », composé de 100 artistes, s’est joint à elle pour faire connaître le projet des Kichwas.

Jacques Boutault, maire du IIe arrondissement de Paris, lui aussi présent lors du petit déjeuner, a exprimé son soutien à l’initiative ITT Yasuni, promue par le gouvernement équatorien, ainsi qu’aux actions de résistance pacifique du peuple Kichwa de Sarayaku contre les méfaits des pétroliers. Jacques Boutault a décidé d’organiser à partir du 4 octobre 2010 l’exposition « Des fleurs contre le pétrole », dédiée au peuple Kichwa de Sarayaku, pendant laquelle le hall de la mairie du IIe arrondissement est transformée en forêt tropicale.

Les fleurs du chemin de vie ne seront visibles que dans 10 à 20 ans, mais déjà, le projet essaime.

* Lors du petit déjeuner JNE, l’ambassadeur d’Equateur a reconnu qu’une société coréenne a obtenu un accord du gouvernement pour réaliser des études de faisabilité d’exploitation pétrolière du bloc 23, situé au sud de la réserve Yasuni. Mais « ceci ne veut pas dire qu’il y aura nécessairement exploitation de la zone », a-t-il affirmé.

Pour en savoir plus

Le site Frontière de vie

L’article de Christine Virbel sur son blog http://bonnesnouvellesenvironnementales.over-blog.com/article-rencontre-avec-jose-gualinga-indien-kichwa-d-amazonie-des-fleurs-contre-du-petrole-57877247.html

L’interview de José Gualinga et Corinne Arnould dans l’émission Terre à Terre de Ruth Stégassy (JNE) sur France Culture le 25 septembre 2010, en réécoute ou podcast.

L’interview de José Gualinga dans l’émission « Partir avec » de Sandrine Mercier sur France Inter le 27 septembre 2010, en réécoute ou podcast.