RENDEZ-VOUS JNE

Claudine André aux JNE : « il est minuit moins cinq pour les bonobos au Congo »

A l’occasion de la sortie du film Bonobos le 30 mars prochain (voir ici la bande-annonce), Claudine André était ce matin 24 mars 2011 l’invitée d’un petit déjeuner des JNE à la mairie du 2e arrondissement de Paris.

Claudine André (au fond) face aux journalistes des JNE le 24 mars 2011 à la mairie du 2e arrondissement de Paris - photo Laurent Samuel

 

Ecoutez ci-dessous sa réponse à une question sur la situation des bonobos au Congo.

Pas réjouissant…

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Un débat des JNE sur les conséquences environnementales et sociales du développement de la Chine

Les JNE ont organisé le 3 décembre 2010 à la mairie du 2e arrondissement de Paris un débat sur les conséquences environnementales et sociales du développement chinois.

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par Laurent Samuel

Sylvie Mayer (membre des JNE) et Jean-Pierre Caldier, co-organisateurs d’un récent voyage en Chine de l’association Ap2E, auquel plusieurs autres membres des JNE ont participé, ont d’abord présenté une série de diapos (terme aujourd’hui remplacé par slides) sur les différentes étapes de leur équipée de trois semaines, de Hong Kong à Shanghai (pour l’expo universelle) en passant par Shenzhen, Pékin et Suzhou.

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L’urbanisation galopante, le développement des énergies renouvelables et nucléaire, les transports, l’agriculture et la recherche en agronomie et sur les biotechnologies figuraient parmi les thèmes abordés dans ce « reportage » très factuel.

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L’ensemble de ce montage est accessible en cliquant ici.

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Un débat animé a suivi cette présentation, avec les témoignages de Carine Mayo, Présidente des JNE, Catherine Sanson-Stern, adhérente des JNE, qui participaient à ce voyage, et de Dominique Martin Ferrari (Gaia Network), autre JNE présente en Chine lors des JO de Pékin.

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Pendant son voyage, Catherine Sanson-Stern a réalisé un blog très vivant que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

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Au cours du débat, Jean-Claude Lévy, historien, géographe, chargé d’une mission de réflexion sur la Chine, le développement durable et la coopération décentralisée au ministère des Affaires étrangères et européennes, a apporté son éclairage sur l’évolution du pays, tant sur le plan de l’environnement que sur celui des droits de l’homme.

Le débat a notamment porté sur les expériences chinoises d’« économie circulaire », où chaque « déchet » d’une entreprise est utilisé comme une ressource par une autre. Un sujet auquel Jean-Claude Lévy, ancien du ministère de l’Environnement, a récemment consacré un livre (voir ici).

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Hélène Duvigneau, nouvelle adhérente des JNE, qui a travaillé trois ans en Chine, avant de revenir en France en octobre 2010, a fait entendre son point de vue critique sur l’état de la démocratie et de l’environnement dans ce pays, à retrouver ici sur le site de Reporterre.
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En résumé, un débat très riche qui aurait mérité une plus large public…

La biodiversité au coeur du 8e Festival du livre et de la presse d’écologie

L’équipe du Festival du livre et de la presse d’écologie et les JNE ont organisé le 14 octobre 2010 un petit déjeuner de presse pour présenter la 8e édition du Felipé, qui se tient les 16 et 17 octobre à la Bellevilloise, dans le 20e arrondissement de Paris.

par Laurent Samuel

Carine Mayo, présidente des JNE, a rappelé que les JNE sont partenaires depuis cinq ans du Felipé, dont ils partagent les centres d’intérêt et la volonté de diffuser l’information et la connaissance sur l’écologie.

Jacques Thomas, fondateur du Festival en 2003 et président de l’association qui l’organise, a insisté sur la vision large, non limitée à la faune et à la flore, de l’écologie, que promeut le Felipé. Le Festival rassemble cette année 58 auteurs (dont de nombreux membres des JNE) et organise 13 conférences et tables-rondes.

A la veille du sommet de Nagoya, la biodiversité est l’un des principaux thèmes abordés, avec notamment un débat dimanche après-midi sur les négociations internationales en cours. La cohabitation entre livre numérique et livre électronique fait aussi l’objet d’une table-ronde samedi après-midi.

Enfin, l’éditeur Thomas Bout, des Editions Rue de l’Echiquier, a présenté le Collectif des éditeurs écolo-compatibles, qu’il a créé avec six autres maisons d’édition. Objectif : polluer le moins possible et diminuer les émissions de gaz de serre, dues à 80 % au papier et au transport des livres.

Cliquez ici pour consulter le programme et les horaires de l’édition 2010 du Felipé.

Compte-rendu du débat JNE : décroissance ou croissance verte ?

Par Danièle Boone

Peut-on avoir une croissance infinie ? Cela apparaît de plus en plus improbable. Les plus optimistes misent sur une croissance verte, raisonnable et durable. Les adeptes de la décroissance, eux, ne croient plus à un possible passage en douceur et prônent une action radicale. Alors, décroissance ou croissance verte ? Peut-on être écologiste et productiviste ?

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Le 16 septembre 2010, Jean-Claude Noyé, administrateur des JNE, a réuni pour en débattre Bettina Laville, avocate, conseiller d’Etat en disponibilité, fondatrice et présidente d’honneur du Comité 21, Philippe Bodard, maire de Mûrs-Erigné (PS), Serge Lepeltier, maire de Bourges (Parti radical), Vincent Liégey (Parti de la décroissance) et Jean-Paul Morel, qui représentait Jacques Boutault (Les Verts), qui nous recevait en sa mairie du 2ème arrondissement de Paris.

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Jean-Claude Noyé et Carine Mayo, présidente des JNE, qui animaient la soirée, ont d’abord posé des questions aux invités afin de préciser le sujet du débat. Vincent Liégey et Philippe Bodard ont ouvert l’exercice. Comment définir la décroissance et le mot est-il heureux ? leur a t-on demandé. « Ce terme est volontairement provocateur pour remettre en cause l’imaginaire occidental et nous aider à nous poser les bonnes questions », explique le premier. Le second dit ne pas bien connaître le mouvement, mais partage l’idée de la nécessité d’un retour à la simplicité et à la sobriété. « Au nom de la croissance, on tue l’homme. ».

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Le credo politique de ce profond admirateur de Pierre Rabhi est humaniste. Homme de terrain, il a instauré les cantines scolaires bio en s’appuyant sur l’économie locale. Il a également favorisé la création d’Amap et s’est engagé sur le 0 % de pesticides dans sa commune.

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Et le développement durable ? Peut-on y croire ? La question est posée à Bettina Laville et à Serge Lepeltier. « Ce n’est pas parce que le greenwashing existe qu’il faut rejeter le concept » constate la première. Cette championne de l’éloquence a redit l’histoire en repartant des fondamentaux de Ivan Illich et d’André Gorz développés dans les années soixante-dix. « Le monde tourne fou, tout le monde le sait. Il faut changer ». Pour elle, la décroissance est un mouvement passionnant, mais pour aller plus loin, il lui faut abandonner ce terme qui fait grincer, « invendable en politique », renchérit Serge Lepeltier.

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Ce dernier a courageusement défendu sa position (il croit les limites très éloignées), alors que la salle croit plutôt à l’urgence. L’élu de Bourges mise sur les emplois verts pour soulager l’économie. Très attaché à la notion de liberté individuelle (qui sous-entend la liberté de consommer), il suggère une nouvelle orientation du débat autour de décroissance et démocratie.

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« Le développement durable est du marketing politique, martèle Vincent Liégey. Il faut faire un pas de côté et sortir des schémas traditionnels pour avoir une chance de sortir de l’impasse. On a envie de se réapproprier nos choix, de donner du sens à notre vie. »

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De quelle décroissance parle-t-on ? a demandé quelqu’un dans la salle. De l’empreinte écologique ? Du PIB ? De l’émission des gaz à effet de serre ? De la consommation d’énergie ? Et c’est là, la richesse et la faiblesse de la discussion qui est partie un peu dans tous les sens. Ce débat d’idées ne traduit-il pas notre incapacité à agir ?

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Les grands changements de l’histoire ont toujours été le fruit de crises profondes, ont constaté tous les invités. Le chemin risque donc de nous être imposé. La crise a d’ores et déjà contraint à une baisse de la consommation. Le début de la décroissance ? Mais faut-il donc que l’enfantement se fasse toujours dans la douleur ? Ne pourrions-nous pas prendre en main notre destin ? Le débat reste ouvert.

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A lire, un point de vue critique de Laurent Samuel sur son blog Planète (cliquez ici).

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A visionner, le reportage vidéo de Gaia Network sur ce débat (cliquez ici).

Comment lutter contre les méfaits des pétroliers en Equateur ?

Les JNE ont co-organisé  le 24 septembre 2010 un petit déjeuner avec José Gualinga, Indien Kichwa d’Amazonie, porteur du projet Chemin de Fleurs de la Frontière de Vie. Il était entouré de Corinne Arnould, présidente de l’association Paroles de Nature pour le soutien des Kichwas, Carlos Jativa, ambassadeur d’Equateur à Paris, et Jacques Boutault, maire du IIe arrondissement de Paris.

Carlos Jativa, ambassadeur d’Equateur à Paris, et José Gualinga, représentant des Indiens Kichwa (photo Christine Virbel)

Par Christine Virbel

José Gualinga, représentant du peuple indien Kichwa de Sarayaku en Equateur, était l’invité des JNE à l’occasion d’un petit déjeuner le 24 septembre à la mairie du IIe arrondissement de Paris.

Cette communauté d’Amazonie résiste pacifiquement depuis 25 ans à des compagnies pétrolières qui tentent de la chasser de son territoire pour en exploiter les ressources.

Face aux agressions de plus en plus violentes dont elle a fait l’objet récemment, la communauté Kichwa a décidé de manifester médiatiquement, en dehors des démarches juridiques qu’elle a entreprises au niveau international pour faire respecter ses droits.

Carlos Jativa, ambassadeur d’Equateur à Paris, est intervenu en premier pour souligner l’importance du changement qui s’est effectué en Equateur avec l’arrivée au pouvoir du président Rafael Correa qui, pour la première fois, a fait inscrire dans la constitution de son pays les droits inaliénables de la Nature.

Le gouvernement équatorien a également pris une décision courageuse en proposant à la communauté internationale le projet Yasuni-ITT, visant à ne pas exploiter les réserves pétrolières situées dans la réserve naturelle de Yasuni, afin de protéger sa biodiversité et de lutter contre le changement climatique. En contrepartie, le pays demande une contribution à hauteur de 50 % de la manne financière qu’aurait apportée l’exploitation pétrolière. Les ressources sont estimées à 850 millions de barils de pétrole (soit 20 % des réserves du pays) pour un montant de 5 millions d’€.

A la suite de cette intervention, José Gualinga a rappelé que les peuples indiens d’Equateur ont soutenu l’élection du président Correa et que la reconnaissance des droits de la Nature dans la constitution est une avancée unique au monde. Pour lui, cette avancée est due aux protestations, luttes et grèves menées par les peuples indigènes d’Equateur ces 20 dernières années et qui demandaient de respecter la Nature et les peuples vivant en son sein.

Pourtant, José Gualinga s’est dit préoccupé de voir que deux lois récentes ne respectent plus les droits reconnus à la Nature, notamment la loi sur les hydrocarbures, votée il y a deux mois par l’Assemblée Nationale, et la loi minérale qui serait inconstitutionnelle, car votée sans consultation des peuples indigènes.

Malgré ces réserves, José Gualinga a expliqué que les Kichwas ont appuyé l‘initiative Yasuni-ITT du gouvernement parce qu’ils pensent qu’aujourd’hui, il faut baser le développement du pays sur un autre modèle que celui des hydrocarbures. Cependant, cette initiative pour la zone Yasuni ne doit pas se faire au détriment du reste de la forêt amazonienne dont l’exploitation pétrolière semble déjà prévue (*).

En effet, l’exploitation pétrolière de la forêt amazonienne défriche et pollue le lieu de vie des peuples indigènes et les menace de disparition. La communauté de José Gualinga a d’ailleurs eu maille à partir avec plusieurs compagnies pétrolières depuis 1989, dont certaines appuyées par des militaires. L’état d’urgence, avec fermeture des écoles, blocage des activités économiques du village, des travaux agricoles et de la chasse, a parfois été nécessaire pour se défendre.

Mais, en dehors de ces situations d’urgence, les Kichwas ont décidé de mener une action symbolique en créant une ceinture de protection de leur réserve naturelle avec des arbres dont la canopée se couvrira bientôt de fleurs: Le Chemin de Fleurs de la Frontière de Vie. Pour José Gualinga, « ce chemin de fleurs parle en faveur d’une préservation de la biodiversité, de la richesse culturelle des peuples indigènes et donne de l’émotion à celui qui est triste ou malade. C’est aussi une déclaration indiquant que ce territoire doit être sans pétrole et que les peuples indigènes sont actifs en ce XXIe siècle ». Par cette action hautement symbolique, les Kichwas veulent ainsi transmettre à l’Occident leur conviction qu’il faut vivre en harmonie avec la nature pour assurer notre existence à tous sur cette Terre. Sur le terrain, le projet se traduit aussi par des actions environnementales et sociales.

Pour soutenir José Gualinga, l’association « Paroles de Nature »a été créée par Corinne Arnould. Le collectif « Artistes & Frontière de Vie », composé de 100 artistes, s’est joint à elle pour faire connaître le projet des Kichwas.

Jacques Boutault, maire du IIe arrondissement de Paris, lui aussi présent lors du petit déjeuner, a exprimé son soutien à l’initiative ITT Yasuni, promue par le gouvernement équatorien, ainsi qu’aux actions de résistance pacifique du peuple Kichwa de Sarayaku contre les méfaits des pétroliers. Jacques Boutault a décidé d’organiser à partir du 4 octobre 2010 l’exposition « Des fleurs contre le pétrole », dédiée au peuple Kichwa de Sarayaku, pendant laquelle le hall de la mairie du IIe arrondissement est transformée en forêt tropicale.

Les fleurs du chemin de vie ne seront visibles que dans 10 à 20 ans, mais déjà, le projet essaime.

* Lors du petit déjeuner JNE, l’ambassadeur d’Equateur a reconnu qu’une société coréenne a obtenu un accord du gouvernement pour réaliser des études de faisabilité d’exploitation pétrolière du bloc 23, situé au sud de la réserve Yasuni. Mais « ceci ne veut pas dire qu’il y aura nécessairement exploitation de la zone », a-t-il affirmé.

Pour en savoir plus

Le site Frontière de vie

L’article de Christine Virbel sur son blog http://bonnesnouvellesenvironnementales.over-blog.com/article-rencontre-avec-jose-gualinga-indien-kichwa-d-amazonie-des-fleurs-contre-du-petrole-57877247.html

L’interview de José Gualinga et Corinne Arnould dans l’émission Terre à Terre de Ruth Stégassy (JNE) sur France Culture le 25 septembre 2010, en réécoute ou podcast.

L’interview de José Gualinga dans l’émission « Partir avec » de Sandrine Mercier sur France Inter le 27 septembre 2010, en réécoute ou podcast.

CANARD SAUVAGE
Spécial 50 ans

ANNUAIRE 2019


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