RENDEZ-VOUS JNE

Un déjeuner JNE à la crêperie Cœur de Breizh à Montparnasse

Les JNE ont tenu leur déjeuner mensuel de janvier 2020 à la crêperie Cœur de Breizh à Montparnasse. L’une des participantes nous la présente.

par Jane Hervé

La crêperie Coeur de Breizh à Montparnasse – photo Jean-Luc Fessard

Qui rêve de « cœur de braise » ? Sonorité comprise ! Il peut se rendre sans hésiter dans l’une des quatre crêperies du groupe Cœur de Breizh. Dans ces « authentiques crêperies bretonnes », dirigées par Cédric Costiou, il est possible de dévorer des crêpes fabriquées avec une incontestable farine de blé noir du pays bigouden, venue en direct de la Minoterie de l’Ecluse à Pont-l‘Abbé. Le propriétaire conseille même au tout venant la meilleure préparation de ce mets (farine, sel et eau), de surcroît la plus simple. Pour un menu à 13 €, il y a ici un bol de salade verte fraîche avec tranches de carottes râpées et deux rondelles de tomate, puis une crêpe au sarrasin agrémentée au choix de jambon, andouille, œuf, fromage ou épinard, etc. Dans l’assiette, des poussières de grain noir inscrites dans la dentelle de la crêpe, confortent la certitude d’une farine vraiment « complète ». Les ingrédients sont – au maximum – régionaux. Comme dessert, une crêpe au froment avec sucré, citron, miel, etc. En vente sur une table à l’entrée, des paquets de cette fameuse farine de sarrasin (2,50 € les 500 g) avec même une recette de « farz » à cuire dans le pot-au-feu. La bolée de cidre brut est comprise dans le menu. Pour se cultiver hors Bretagne lors du déjeuner, pourquoi ne pas chercher l’étymologie intrigante du mot cidre qui transite du latin au grec avec une origine hébraïque (shakhar, s’enivrer), et même une traduction arabe (sakar). Bonne bolée, donc avant le Kenavo !

Cœur de Breizh, 20 rue d’Odessa 75014 Paris.
Cœur de Breizh possède trois autres restaurants au 16 rue d’Odessa, au 53 rue des Martyrs 75009, et au 28 rue des Lombards, 75004.

Les 50 ans des JNE

Pour célébrer nos 50 ans, nous avons organisé une journée d’études intitulée « Être journaliste face à la crise environnementale : quels engagements depuis les années 1960 » qui a eu lieu le vendredi 18 octobre 2019 aux Archives Nationales auprès desquelles les archives des JNE ont été déposées pour l’occasion.

Et le soir, nous avons fêter cet anniversaire sur la baleine blanche.

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Les JNE ont cinquante ans

Vendredi 18 octobre 2019, nous avons fêté les 50 ans de notre association


Nous nous sommes retrouvés dès 9 heures aux Archives nationales, à Pierrefitte-sur-Seine, pour une journée d’études intitulée « Être journaliste face à la crise environnementale : quels engagements depuis les années 1960 ? ». Les JNE viennent de confier leurs archives à cette institution.

La matinée, plutôt historique, s’acheva sur un appel très émouvant de Marc Ambroise-Rendu à poursuivre plus que jamais l’engagement caractéristique de notre association depuis ses origines, une belle transition pour les débats de l’après-midi consacrés à l’exercice de notre profession aujourd’hui et demain. Les échanges ont été nombreux et riches, très stimulants.

Nous avions ensuite rendez-vous sur la péniche « La baleine blanche » pour une fête au rythme du maloya, une musique qui était à l’origine, une musique de résistance justement. Là, nous avons reçu les messages de ceux qui n’ont pas pu venir de Nicole Lauroy, notre présidente d’honneur, à Fabrice Nicolino qui a conclu sa vidéo par un «. On va gagner. » en passant par l’Association espagnole des journalistes de l’environnement, sans oublier le film d’Anne Tessèydre sur notre congrès 2019 au cœur du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes. Carine Mayo a également présenté le numéro spécial 50 ans du Canard sauvage.

Et comme pour tout anniversaire, nous avons soufflé les bougies. Longue vie aux JNE !

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Congrès JNE 2019 : impacts et enjeux du changement climatique en montagne – Interview de Séverine Casasayas, directrice du Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes

Séverine Casasayas, directrice du Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes, lequel accueillait les JNE pour leur Congrès du 50e anniversaire en mai dernier, nous parle des impacts et enjeux du changement climatique en montagne.

Propos recueillis par Anne Teyssèdre

A lire aussi sur le site des JNE, le compte-rendu par Michel Sourrouille de la conférence-débat sur les conséquences du changement climatique en montagne organisée à Bolquère le 17 mai 2019 par les JNE et le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes (cliquez ici).

Cette vidéo a été mise en ligne sur le site du projet web Nexus Clés (« SocioEcoSystèmes – Ecosystèmes et sociétés, un futur partagé », https://www.su-ite.eu/nexus-videos-cles/plan/).

Congrès JNE 2019 : longue vie au Train Jaune !

Lors de la dernière journée du Congrès spécial 50e anniversaire des JNE, qui se tenait du 17 au 19 mai 2019 dans le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, une partie des participants a eu le bonheur d’effectuer un voyage enchanteur à bord du Train Jaune.

par Laurent Samuel

Isabel Soubelet, Myriam Goldminc et Carine Mayo des JNE durant une halte du Train Jaune lors du Congrès des JNE en mai 2019 dans le Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes – photo Nadine Saunier

Cette ligne longue de 62,5 km relie Villefranche-de-Conflent à Latour-de-Carol, dans les Pyrénées-Orientales. Mise en service en 1910, elle a été l’une des premières lignes de chemin de fer électrifiées en France. L’alimentation électrique est assurée grâce à un troisième rail fournissant un courant continu de 850 volts. Dans les gares, des panneaux nous intiment de ne pas nous en approcher ! Le courant provient d’un complexe hydro-électrique alimenté par le lac de barrage des Bouillouses (lire ici notre article), construit spécialement au début du XXe siècle pour la fourniture en électricité de cette ligne. Autre singularité de cette ligne, l’écartement métrique, autrement dit d’1 m, entre les rails, bien plus étroit que l’écartement standard de 1,435 m utilisé ailleurs en France et dans la plupart des pays d’Europe.

Exploité par la SNCF comme partie intégrante du réseau TER Occitanie, ce Train est dit Jaune ou Canari car ses voitures sont peintes aux couleurs catalanes, le jaune et le rouge. Depuis le 1er février 2002, cette ligne est inscrite par l’UNESCO sur la liste indicative du Patrimoine mondial en tant que « Chemin de fer de Cerdagne ».

Le Train Jaune transporte environ 200 000 voyageurs par an, essentiellement des touristes car il faut plus de trois heures pour parcourir ses 62,5 km. Nous l’avons pour notre part emprunté entre la gare de Bolquère, la plus haute de France (1592 m d’altitude) et Villefranche-de-Conflent, et avons pu apprécier ses vues panoramiques saisissantes sur la vallée de la Têt. On franchit deux fois ce fleuve côtier grâce à des viaducs classés Monuments historiques : le Pont Séjourné, sur la commune de Fontpédrouse, viaduc en maçonnerie d’une longueur de 236,70 m, et le Pont Cassagne (dit aussi Pont Gisclard), dernier pont suspendu ferroviaire de France situé sur une ligne exploitée, long de 253 m.

Ainsi que l’explique cet article du site de France 3, datant de 2017 mais toujours d’actualité, le Train Jaune est menacé en raison du coût des travaux de rénovation nécessaires, des risques d’éboulements, d’une baisse de la fréquentation et d’un manque d’agents de conduite. D’où la création d’un comité d’usagers de la ligne du Train Jaune, qui vient d’organiser le 15 juin dernier une Fête du Train Jaune à Villefranche-de-Conflent.

Nous ne saurions terminer cet article sans rendre hommage, par la voix de Brigitte Fontaine, à Monsieur le Chef de gare de La-Tour-de-Carol…

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Attention : les billets sont en vente uniquement dans les gares principales de la ligne, en fonction des disponibilités.

 

 

 

 

Congrès JNE 2019 : le lac des Bouillouses, un joyau au coeur du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes qui fournit de l’électricité à 86 000 personnes

C’est sous la neige que certains des participants au Congrès 2019 des JNE (spécial 50e anniversaire) ont découvert le 18 mai dernier le lac des Bouillouses, un joyau lové à 2000 mètres d’altitude au pied des pics Péric et Carlit, dans le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes.

Le lac des Bouillouses, dans le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes – photo Antoine Bonfils

par Laurent Samuel

Ce lac de barrage a été construit en 1903, à l’origine pour alimenter en électricité le Train Jaune, dont la ligne (inaugurée en 1910-11) présente un dénivelé trop important pour une traction vapeur. Grâce à 9 usines hydro-électriques situées en aval sur le cours de la Têt, il fournit aujourd’hui une quantité d’électricité (sans rejets de CO2 !) permettant de ravitailler 86 000 personnes sous la houlette de la Société hydro-électrique du Midi. Ses eaux servent aussi à l’irrigation des cultures dans le Roussillon. Le lac alimente également une usine de production d’eau potable construite en 1994 par le syndicat intercommunal d’eau de la Haute-Cerdagne (regroupant les communes de Font-Romeu-Odeillo-Via, Bolquère et Égat) et la Lyonnaise des eaux, devenue Suez.

Le granit qui a servi à construire le barrage a été prélevé et taillé sur place. Plus de 5000 personnes avaient travaillé sur le chantier.

Le lac des Bouillouses et ses abords sont un site naturel classé depuis le 24 juin 1976, au titre de la loi du 2 mai 1930, après qu’un projet de construction de 40 chalets ait été bloqué.

D’une capacité de 17 millions de m3, il se remplit au printemps avec le ruissellement dû à la fonte des neiges.

Les JNE à la découverte du lac des Bouillouses le 18 mai 2019 lors de leur Congrès dans le Parc naturel des Pyrénées catalanes – photo Antoine Bonfils

Un plan de régulation de la fréquentation touristique limite l’accès au lac en été. Il faut abandonner sa voiture dans des parkings situés à quelques kilomètres, et emprunter des navettes.

Le lac des Bouillouses est réputé pour la pêche à la truite fario et arc-en-ciel, autorisée (en période d’ouverture) y compris sur le barrage. On peut aussi s’y adonner aux joies de kayak. Mais il est surtout le point de départ de nombreuses randonnées, comme celle que nous avons faite sous la neige, à la découverte de l’étang des Pradeilles et de l’étang Noir (Estany Negre), en passant à travers des prairies fréquentées en été par des bovins venus en transhumance pour brouter l’herbe d’altitude.

Mille mercis à nos accompagnateurs du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes (Marine et Yon) pour leur accueil et leurs explications, notamment sur les zones Natura 2000.

 

 

 

Congrès 2019 des JNE

Notre congrès s’est tenu du 17 au 19 mai 2019 au Chalet du Ticou de Bolquère (Pyrénées-Orientales), dans le Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes.

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Congrès JNE 2019 : visite de l’abbaye Saint-Martin-du-Canigou

Le 19 mai, certains des participants au Congrès des JNE ont visité l’Abbaye Saint-Martin-du-Canigou.

par Marie-Joséphine Grojean

Abbaye Saint-Martin-du-Canigou © Wikipedia

Un lieu qu’il faut mériter : monter pendant plus d’une demi-heure à flanc de montagne un chemin abrupt – Suzanne a compté 16 épingles à cheveux. Arriver dans un endroit sublime avec le massif du Canigou enneigé au dessus. Nous sommes accompagnés par la mairesse du village de Casteil dont dépendent les lieux. L’histoire de l’Abbaye est fascinante, étroitement entremêlée à l’émergence de la Catalogne, avec des Comtes, des Evêques, Saint Martin, Saint Benoit, et aujourd’hui la Communauté des Béatitudes qui gère le site.

Une guide savante et sereine nous a raconté une histoire qui remonte au IIIe siècle ; elle a longuement décrit les chapiteaux de pur style roman. L’un d’eux représente les péchés capitaux. Sept sont bien connus.

« A l’époque, il y en avait huit. »

– Ah ?

« Oui ; en plus des sept connus, il y avait la paresse intellectuelle, ou plutôt la torpeur spirituelle. Ces ermites flanchaient parfois dans leur recherche de Dieu. Ils devenaient mélancoliques, déprimés. Les moeurs se sont un peu adoucies. L’Eglise a fini par supprimer ce huitième pêché. Savez-vous comment il s’appelle ? »

– Silence  dans les rangs ; mais il y a toujours une femme savante chez les JNE : « Oui, l’acédie. »

« Effectivement ».

Nous avons redescendu l’abrupt chemin au milieu des iris et des genêts en fleurs ; repris au passage le groupe du Train jaune qui avait visité Villefranche-de-Conflent. Ensuite pour beaucoup, direction Perpignan et Paris. Les autres ont rejoint leur région, PACA, Rhône-Alpes, Occitanie….

Grand merci aux organisateurs et à notre CA qui ont vraiment bien fait les choses.

Congrès JNE 2019 : la réserve naturelle d’Eyne

Pour l’après midi du 18 mai 2019, le programme de l’un des deux groupes du Congrès des JNE avait prévu une visite de la réserve naturelle d’Eyne, au cœur du Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes.

Entrée de la vallée d’Eyne – © Julien_31 / Wikipedia

par Marie-Joséphine Grojean

Mais pas possible de randonner dans la réserve, il neigeait dru. La visite est remplacée par une conférence. Juste la force de poser une question au maire venu nous accueillir; maire très au courant des questions écologiques ; très inquiet aussi pour la suite des temps.

« Monsieur le maire, vous nous dites que le tourisme est la clé de la survie économique de la région et de votre commune. D’un autre côté, on ne cesse de mettre en garde contre les méfaits du tourisme pour la biodiversité. Alors, qu’en dites-vous ? »

– « C’est un gros problème, un gros problème. Très préoccupant. La solution pourrait être ces Maisons de la Vallée, et ces Maisons du Parc. Elles drainent les visiteurs qui trouvent réponse à leur curiosité, à leur besoin de comprendre. Ils viennent ici, se renseignent, une petite animation avec vidéo leur est proposée. La plupart se contentent de cela et repartent, satisfaits. »

« Sans aller sur le territoire ? »

– « Oui, en général, c’est comme cela. »

– « Vous voulez dire que le désir d’information est plus fort que le désir de nature ? »

– « Il semblerait; mais si cela épargne la nature ! Enfin, nous avons trouvé que ces Maisons de Vallée, de Parc ou autres, et bien, c’était une solution. Il y a de plus en plus de touristes, et nous en avons besoin… Et en même temps, nous voulons préserver notre territoire et sa biodiversité. »

– « Merci monsieur le Maire ».

Pour une présentation de la Réserve naturelle d’Eyne, cliquez ici.

Au retour de la deuxième journée de découverte des spécificités écologiques de cette étonnante région de Cerdagne, à cheval sur l’Espagne et la France, au microclimat réputé pour sa douceur et son ensoleillement, il neigeait.

Soirée salsa avec le groupe Marakay le 18 mai 2019 au Chalet du Ticou de Bolquère (66) pour le Congrès des 50 ans des JNE – photo Antoine Bonfils

« Ce temps, ça ne pouvait pas être pire », marmonna sous son béret pyrénéen Guilhem, l’accompagnateur du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, qui pilotait notre rencontre. La journée finissait dans les glaces à 1750 m d’altitude. Grand feu de bois dans la cheminée de l’accueillant chalet du Ticou à Bolquère (66). Peu de temps pour en profiter : l’AG de l’association redémarrait avant un dîner spécial terroir. C’était comme à Noël avec des morceaux de glace qui pendaient du toit, et la neige qui alourdissait les branches des sapins. Après l’AG, soirée dansante avec des musiques latino. Presque tout le monde a dansé : ça réchauffe…

Congrès JNE 2019 : à la découverte de l’histoire géologique des Pyrénées

Pour la journée du samedi 18 mai du Congrès des JNE, trois groupes se répartissaient différentes activités. Notre groupe s’est trouvé embarqué dans une extraordinaire histoire : celle de la genèse des Pyrénées.

par Marie Joséphine Grojean

L’histoire géologique de la Cerdagne, qui remonte à plus de 10 millions d’années, et qui se poursuit, puisque les Pyrénées continuent de se soulever de 3 millimètres par an, nous l’avons perçue in situ grâce à Isabelle, notre accompagnatrice géologue, qui nous l’a détaillée au bord de l’abîme d’un village perché. Se découvrait là un vaste espace ceint de sommets enneigés à 2900 mètres, une sorte de plaine piquée de bourgades soit espagnoles, soit françaises.

Assis dans l’herbe, emmitouflés dans nos anoraks, sous un soleil timide, nous regardions le paysage, et surtout nous écoutions Isabelle. Cette remarquable pédagogue a réussi à nous fasciner pendant deux heures, jusqu’à à nous faire oublier la randonnée prévue dans les gorges du Sègre. Elle nous interrogeait sans cesse; sur la nature des roches : « métamorphiques, oui; mais encore ? » « Granit, gneiss, micaschiste…» « oui». Nous allions inspecter, puis toucher les roches, revenions nous asseoir.

Elle enchaîna avec l’histoire de la faille, sa signification, ses conséquences : nous avons tous été caresser une face de cette faille fondamentale, puisqu’elle est la colonne vertébrale de tout le massif pyrénéen; qu’elle est à l’origine des sources chaudes et sulfureuses présentes dans toute la région – le suffixe Bains étant accolé aux noms de nombreuses stations thermales de la vallée, Vernet, Amélie, etc. Cette faille explique aussi la formation spécifique de cette topographie remarquable.

Les questions d’Isabelle pleuvaient ; les réponses fusaient, souvent justes – il y a plein de gens savants chez les JNE ! La randonnée dans les gorges était oubliée, nous randonnions dans les temps géologiques, assis dans l’herbe, attentifs comme dans une master classe nature, scrutant ce paysage plat si haut perché. « Non, non, ce que vous avez devant vous n’est pas une plaine d’altitude, non, ce n’est pas… C’est, c’est ? » On ne trouvait pas ce que c’était. Finalement, elle donna la réponse : « c’est un plateau perché d’effondrement… Une formation très spécifique, très exceptionnelle. On trouve des paysages comme celui-ci au Tibet, mais beaucoup plus haut… » Il y eut une pause; un café fut servi par deux accompagnateurs qui avaient apporté des thermos et qui, comme nous tous, prenaient des notes. On a bu en silence, fascinés par cet extraordinaire plateau d’altitude plein de soleil et entouré de sommets enneigés. Puis nous avons redescendu les pentes à pic de ces villages qui pratiquaient autrefois la contrebande, et qui aujourd’hui sont habités en saison par des gens de Perpignan, Barcelone, ou de l’Ariège toute proche, mais où il pleut beaucoup.

 

CANARD SAUVAGE
Spécial 50 ans

ANNUAIRE 2019


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