LIVRES

La botanique à hauteur d’enfant par Alain et Marie-Jeanne Génévé

Après le potager et la ruche, le troisième ouvrage de cette collection « à hauteur d’enfant » est consacré à la botanique. Il pourrait se résumer à apprendre en s’amusant : faire une sarbacane, un sifflet, une couronne de fleurs. Lorsqu’on passe à la confection d’un herbier, il faut reconnaître et nommer les plantes collectées. Les teintures végétales permettent de découvrir les propriétés des plantes et les réactions chimiques. Et si d’aventure, les orties piquent, voilà l’antidote : le plantain qui fait partie des plantes bienfaisantes tout comme la chélidoine ou herbe aux verrues. Il faut dire que Marie-Jeanne et Alain Génévé, tous les deux passionnés de botanique, organisent depuis fort longtemps des ateliers nature, formant ainsi de nombreux botanistes en herbe. Cette expérience donne toute sa force à l’ouvrage.


Éditions du Rouergue, 92 pages, 15,80 € – www.lerouergue.com
Contact presse : Laure Wachter. Tél.: 01 55 42 63 17 / 06 08 03 17 15 – laure.wachter@lerouergue.com
(Danièle Boone)

Gestion écologique des limaces et des escargots par Sylvie La Spina

Ah, ces gastéropodes, en ont-ils fait rager des jardiniers désespérés de voir disparaître en une nuit les petites plantules qui étaient si magiquement sorties de la terre ! Sylvie La Spina, ingénieur agronome, travaille au développement de l’agriculture biologique au sein de Nature & Progrès Belgique et gère, en parallèle un micro-ferme. Son credo : pour mieux lutter contre les limaces, apprenez à les connaître ne serait-ce que pour découvrir leur rôle dans les écosystèmes et leur utilité, si, si, utilité ! La prévention est le cheval de lance de sa méthode qu’elle développe ici en 35 techniques et astuces. Des plantes saines, ne pas tenter les limaces, attirer leurs prédateurs, protéger les plantes en faisant diversion, etc. Pour terminer, elle passe en revue certaines formes de lutte auxquelles on passe en dernier recours, le purin de fougère, la caféine, le piège à bière et le ferramol et en explique les inconvénients. Mais si vous avez bien suivi ses conseils, vous ne devriez pas être obligé d’en passer par là !


Éditions Ulmer, 96 pages, 9,90 € – www.editions-ulmer.fr 
Contact presse : Christine Dychus. Tél.: 06 80 46 77 50 – cdychus@relationsdurables.fr
(Danièle Boone)

La Réunion – randonnées et sentiers d’aventures par Vincent Terrisse

L’île de La Réunion est réputée pour la variété et la « grandiosité » de ses paysages, mais aussi pour sa biodiversité avec un fort endémisme, ce qui en fait une destination privilégiée et plus particulièrement pour la randonnée. Si les milieux marins sont aussi à explorer, ce beau livre de randonnées s’intéresse aux différents milieux terrestres de l’île. Pas moins de 35 circuits sont présentés, avec des explications claires et utiles, des illustrations magnifiques, le tout avec une petite cartographie mais bien explicite. Des randonnées de tous niveaux sont proposées, jusqu’aux courses d’alpinisme.

Les données naturalistes ne sont pas oubliées. Bien que peu nombreuses, elles témoignent des principales richesses spécifiques pour chacune des randonnées. La Réunion est en effet une île d’exception par son peuple, ses milieux et sa situation dans l’océan Indien, non loin des côtes africaines, des îles de Madagascar et de Maurice. L’île possède une luxuriance de végétation et une exubérance de paysages marquées par une nature omniprésente, à travers des sites uniques au monde : un volcan en activité, des cirques d’effondrements démesurés, des sommets hauts et puissants, des cascades vertigineuses, des lagons aux eaux turquoise, et de nombreuses forêts à l’univers insoupçonné.

Avec plus de 900 kilomètres de sentiers, La Réunion offre de belles découvertes aux marcheurs les plus curieux. Malgré de nombreuses destructions dues aux activités humaines (dont la construction de la route côtière en ce moment), son potentiel de découvertes originales reste l’un de ses attraits majeurs, comme le prouvent les itinéraires sélectionnés dans l’ouvrage, qu’ils soient à la journée ou sur plusieurs jours, sur le littoral ou sur des pitons vertigineux.


Éditions Glénat, Collection Rando-Évasion, 192 pages, 25€ – www.glenat.com
Contact presse : Romane Dargent. Tél.: 01 41 46 10 31; 06 43 24 76 90 – romane.dargent@glenat.com
(Gabriel Ullmann)

Orchidées d’Europe et de Méditerranée par Rolf Kühn, Henrick Pedersen et Phillip Cribb

Il s’agit là d’un ouvrage époustouflant, avec la description minutieuse, mais aussi l’illustration de toutes les espèces et sous-espèces d’orchidées présentes en Europe (jusqu’à l’Oural) et dans le bassin méditerranéen (Afrique du Nord et Moyen-Orient compris !). Les descriptions, les critères de détermination et les milieux sont présentés selon une approche scientifique, avec la taxonomie officielle actuelle. Des cartes de répartition très précises complètent l’ouvrage, jusqu’à dénicher la sous-espèce recensée au niveau d’un lieu unique très localisé.

Ce guide photographique a été conçu par des spécialistes mondialement reconnus qui étudient les orchidées sur le terrain depuis plusieurs décennies. Il couvre 30 genres et plus de 300 espèces qui sont toutes traitées et illustrées par plus de 2000 illustrations. Il s’agit également d’un guide d’identification très accessible et facile d’utilisation, qui permet d’aborder rapidement l’incroyable diversité et la grande variabilité florale qui font la richesse et l’intérêt des orchidées.

De plus, le prix reste très abordable pour une telle somme de connaissance et d’illustrations, dont la qualité est parfaite. Un vrai bijou !


Éditions Biotope, 430 pages, 39 € – www.biotope-editions.com
Contact presse : Tiffanie Marin. Tél.: 01 55 32 10 40 – t.marin@dakota.fr
(Gabriel Ullmann)

L’Europe réensauvagée.Vers un nouveau monde par Gilbert Cochet et Béatrice Kremer-Cochet – Préface de Baptiste Morizot

Notre vieille Europe est l’un des continents qui ont le plus rapidement souffert des activités humaines. La grande transformation commence à ses portes orientales, avec la naissance de l’élevage il y a neuf mille ans. Un trio infernal, redoutable et implacable, composé de la chèvre, du mouton et de la vache, part à l’assaut de l’Occident. En moins de quatre mille ans, l’homme et ses animaux domestiques détruisent l’essentiel de la forêt vierge d’Europe et la remplacent par des pâturages. Dès lors, tout semblait perdu. Inexorablement, notre nature européenne originelle allait complètement disparaître.

Mais, comme le détaille parfaitement l’ouvrage, c’était sans compter sur la résilience de la vie sauvage, capable de sursauts incroyables et prête à réoccuper les territoires perdus. Le vieux continent a déjà connu des déboisements intenses lors de chaque paroxysme glaciaire. Cette fois, l’homme a remplacé la glace mais la stratégie de la forêt pour sa sauvegarde est la même : disposer de refuges d’où repartiront, inlassablement, les jeunes plants prêts à reconquérir les territoires un moment délaissés. Et justement, aujourd’hui, sur l’ensemble de l’Europe, le grand défricheur a baissé les bras sur de vastes surfaces, trop difficiles à travailler et peu rentables. Ces nouveaux espaces délaissés se reboisent spontanément et reprennent vie.

Le ré-ensauvagement est donc à l’œuvre, efficace, rapide, surprenant. Dans tous les milieux, la faune est de retour et les surprises sont de taille : bison, ours, gypaète, élan, baleine grise, tortue caouane, chacal doré, etc., tous reviennent en nombre là où on les croyait disparus à jamais. D’ici à 2030, sur l’ensemble de l’Europe, ce sont 30 millions d’hectares qui vont ainsi s’offrir à la vie sauvage, c’est l’équivalent de 30 fois le parc national de Yellowstone, aux États-Unis ! L’Europe des territoires protégés va pouvoir rivaliser avec le réseau des grands parcs américains.

C’est un livre érudit, mais très bien vulgarisé et convaincant, qui va à l’encontre des nombreux ouvrages (parfois commerciaux) qui prônent l’effondrement. Comme quoi les deux visions sont possibles et même peuvent s’accorder selon moi.


Édition Actes Sud, 336 pages, 24 € – www.actes-sud.fr
Contact presse : Émanuèle Gaulier. Tél.: 01 55 42 63 24 – e.gaulier@actes-sud.fr
(Gabriel Ullmann)

Atlas du business des espèces menacées par l’association Robin des Bois – illustrations Julien Perreaut

Formidable travail d’enquête de l’association Robin des bois, qui nous restitue l’un des saccages de la nature les plus scandaleux et les plus juteux qui soient, évalué à 14 milliards d’euros annuels. Paru en octobre juste avant la flambée du Covid-19, l’ouvrage commence par l’animal le plus braconné au monde : le pangolin, et nous apprend par exemple que deux saisies à Singapour de 12,9 et 12,7 tonnes correspondent à environ 70 000 animaux. Un pangolin pouvant se monnayer 5 000 € en Chine, on comprend sa présence persistante sur les sordides marchés aux bestiaux…

Chronique implacable de la défaunation planétaire, cet atlas rédigé par Jacky Bonnemains, Charlotte Nithart et Jean-Pierre Édin, étayée par une solide documentation et des contacts permanents avec des ONG nous explique le sort de 32 espèces menacées. Des concombres de mer aux rhinocéros, des ânes aux tortues ou des tigres aux hippocampes, le trafic de ces animaux est illustré de cartes très instructives, qui constituent une base de travail rare et remarquable pour des articles sur la question. Confinement ou non, ce livre précieux n’a pas (encore) eu la faveur des médias et c’est bien dommage. À noter : la très belle conception graphique de Caroline Fortoul.


Éditions Arthaud, 168 pages, 19,50 €
Pour feuilleter : www.edenlivres.fr
Contact presse : Vivien Boyer. Tél.: 01 40 51 30 16 – vivien.boyer@arthaud.fr
(Marc Giraud)
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L’Ourse par Jean-Paul Thévenin

Le roman du naturaliste et écrivain Jean-Paul Thévenin vient d’être réédité. C’est une excellente nouvelle car ce récit est magnifique. Il se passe dans la Cordillère cantabrique, au nord-ouest de l’Espagne et nous entraîne à la rencontre de l’Ourse Vanessa, le personnage principal. Le lecteur suit la quête de Francis, un naturaliste français et, très rapidement, la fait sienne. Il parcourt avec lui la montagne, frémit devant un indice, se réjouit de la présence inattendue de l’animal se régalant de baies avec son petit. Et puis, il y a Alberto, le berger et braconnier qui fait comme son père, et avant lui son grand-père. Ces deux hommes « sont les représentant de deux mondes qui s’affrontent ; celui de Francis, d’origine citadine pour qui la relation avec la nature était toute empreinte d’affectivité et de contemplation ; et celui d’Alberto, venu du fond des âges, où les hommes luttent contre la nature et les bêtes sauvages comme si leur survie en dépendait. »

Si Jean-Paul Thévenin dépeint merveilleusement la beauté de la nature et les émotions naturalistes, il sait aussi transcrire la douleur puis la colère d’un homme face à l’attaque de son troupeau. Et puis, il y a les pages où il est l’ourse. On entre alors dans la vie secrète de l’animal, ses bonheurs simples, sa lutte pour vivre lorsqu’elle est prise dans un piège, puis son incroyable adaptation malgré son infirmité jusqu’à être de nouveau mère. De fait, Vanessa, l’ourse amputée d’une patte arrière, a vraiment existé et Jean-Paul Thévenin l’a vu. Après cette rencontre impressionnante mais éphémère, sa connaissance de cet animal mythique, son admiration et son talent de conteur ont fait le reste. L’écriture est belle, imagée, sensible et pudique à la fois. Que du bonheur quoi !


Éditions Hesse, 160 pages, 20 €
Contact : editionshesse@gmail.com
(Danièle Boone)

Ruches refuges par Céline Locqueville

Accueillir les abeilles mellifères dans son jardin sans les exploiter, tel est l’objectif de Céline Locqueville. Très érudite, elle nous conte l’histoire des abeilles mellifères, comment elles sont venues d’Afrique jusqu’à chez nous par les classiques routes migratoires, détroit de Gibraltar ou Moyen Orient puis comment elles se sont adaptées aux diverses conditions, climat, flore, prédateurs, maladies donnant naissance à une vingtaine de races. En France, notre abeille est l’abeille noire – Apis melifera mellifera.

L’homme a toujours été cueilleur de miel et puis, il est devenu apiculteur. Les premières représentations de ruchers en Égypte remontent à 2400 ans av JC. et le plus ancien rucher découvert par les archéologues en Israël date de 900 ans av. JC. Au Moyen Âge, les monastères se multipliant, les ruchers sont devenus très importants non pour la production de miel mais de la cire nécessaire à la fabrication des cierges. On apprend avec horreur que jusqu’à l’invention de la ruche à cadre au XIXème siècle, pour récupérer le miel, on tuait la colonie avec de la fumée de soufre ! Les essaims naturels permettaient de remplacer les essaims sacrifiés. Mais avec l’apiculture industrielle née au XXème siècle, de nombreuses dérives dénoncées par l’auteur sont apparues.

De fait, l’abeille mellifère sait très bien se débrouiller sans nous. Elle vit alors au creux des vieux arbres dans un environnement forestier mais comme ceux ci ont tendance à disparaître, elles peuvent aussi s’installer dans un trou de bâtiments ou même derrière les volets clos d’une maison fermée. Pour Céline Locqueville, les laisser en paix, vivre leur vie, pourrait bien être la solution pour les sauver. Elle en fait l’expérience chez elle. Si l’endroit plait aux abeilles, elles viennent s’installer spontanément. C’est pourquoi, la deuxième partie de l’ouvrage propose toutes sortes de ruches qui ont en commun d’être vides au départ. Ce sont les abeilles qui vont aménager leur lieu de vie elles-mêmes et construire leurs rayons en cire, rien à voir avec ceux, en plastique parfois, que leur propose l’homme pour pouvoir récolter le miel plus facilement. En échange du gîte, elles polliniseront les arbres fruitiers et les légumes qui en ont besoin. Mais elles garderont leur miel dont elles ont besoin pour passer l’hiver et être en bonne santé. L’auteur pense d’ailleurs que nous devrions en consommer très peu et essentiellement pour ses vertus thérapeutiques. La préface est de Jacqueline Freeman, autrice du livre Le chant des abeilles paru chez Mama Éditions, un autre merveilleux livre qui prône aussi un total respect pour ces petits insectes.


Éditions Ulmer, 160 pages, 19,90 € – www.editions-ulmer.fr
Contact presse : Lise Jacob. Tél.: 01 48 05 03 03 – lise@editions-ulmer.fr
(Danièle Boone)

Devant l’effondrement – essai de collapsologie par Yves Cochet

Dans ce livre, l’ancien leader des Verts et ex-ministre de l’Écologie Yves Cochet nous livre ce qui constitue à ses yeux le scénario le plus probable du futur qui nous attend d’ici à 2050. Entre 2020 et 2030, nous devrions ainsi vivre « la fin du monde tel que nous le connaissons », autrement dit «.l’acmé et la fin de la civilisation industrielle.», « possible dès 2020, probable en 2025, certain vers 2030 ». Entre 2030 et 2040, viendra le temps de l’ « intervalle de survie », étape « la plus pénible », marquée par un « brusque abaissement de la population mondiale (à cause des épidémies, des famines, des guerres) », la « déplétion des ressources énergétiques et alimentaires » et « la faillite des gouvernements ». Enfin, nous devrions connaître entre 2040 et 2050 le « début d’une renaissance ». Lors de cette phase, « les groupes humains les plus résilients (…) retrouveront à la fois les techniques initiales de sustentation de la vie et de nouvelles formes de gouvernance interne et de politique extérieure susceptibles de garantir une assez longue stabilité structurelle, indispensable à tout processus de civilisation ».

Bref, et c’est un euphémisme, l’actuel président de l’Institut Momentum (groupe de réflexion sur l’imminence de l’effondrement de la civilisation industrielle et les moyens à mettre en œuvre pour tenter de réduire son ampleur) ne nous promet pas des « lendemains qui chantent ». Pour autant, Yves Cochet se défend de nous imposer une « prophétie radicale ». Il fonde son analyse sur un certain nombre d’éléments factuels, à commencer par l’impossible (d’après lui) « découplage » entre croissance de la consommation d’énergie et croissance du PIB. A défaut de convaincre les sceptiques (dont l’auteur de cette recension avoue bien humblement faire partie), cet ouvrage a l’immense mérite de nous faire réfléchir sur le terrain du rationnel à la possibilité et aux conséquences d’un effondrement de la société industrielle. « Attention : l’idée de l’effondrement est une drogue dure à accoutumance rapide. La plupart des lecteurs de ce livre n’en sortiront peut-être pas complètement convaincus, mais certainement pas indemnes non plus », avertit Yves Cochet sur la 4e de couverture.

Comment évaluer ce livre, paru en septembre 2019, à la lumière de la crise du Covid-19 ? Selon l’humble avis de l’auteur de ces lignes, les États, loin de marquer des signes d’effondrement comme le prévoyait Yves Cochet, ont paru se renforcer, au point de nous imposer en France des attestations et autres réglementations souvent vécues comme arbitraires. Par ailleurs, le « tissu » des autorités communales, départementales et régionales (guère évoquées dans le livre) s’est imposé comme un contrepoids face au pouvoir central et souvent comme une aide pour les populations qui, de leur côté, ont fait preuve d’une étonnante résilience, notamment en fabriquant ces masques dont l’impréparation des autorités nous avait un temps privés. En d’autres termes, la démocratie n’a pas semblé en voie de s’effondrer, pas plus d’ailleurs que les réseaux électriques et informatiques. Mais à coup sûr, Yves Cochet nous répondra que le choc du confinement (et maintenant celui du déconfinement) n’est que peu de chose par rapport aux bouleversements majeurs qui nous attendent dans les prochaines années. Seul l’avenir nous dira si son scénario se vérifie ou pas. En tout cas, cet ouvrage est une contribution majeure à la réflexion sur l’avenir de notre société.


Éditions les Liens qui Libèrent, 256 pages, 18.50 € – www.editionslesliensquiliberent.fr
Contact presse: Arnaud Labory. Tél.: 6.22.53.05.98 – arnaud@anneetarnaud.com
(Laurent Samuel)

Il est où, le bonheur par François Ruffin

Dans ce petit livre qu’il reconnaît avoir fini de « rédiger à la hâte » après la visite de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale le 23 juillet 2019, et publié en novembre 2019, le député François Ruffin, qui siège à l’Assemblée nationale avec le groupe La France Insoumise (LFI), dénonce avec conviction l’écologie « unanimiste » qui affirme, à tort selon lui, que « la bataille pour le climat, nous la gagnerons tous ensemble ».

Pour ce journaliste, fondateur du magazine « Fakir », la crise écologique aiguise au contraire la « guerre des classes ». « Nous sommes engagés dans un combat, des « Terriens » contre des « forces destructrices », de l’intérêt général contre les multinationales », martèle François Ruffin. Celui qui se définit comme un « animateur démocratique » s’interroge sur les moyens d’action de cette « écologie du conflit », en posant cette question plus que jamais d’actualité en ces temps d’épidémie du coronavirus : « Comment muer le plomb de l’angoisse en or de l’espérance ? Il est où le bonheur, et le progrès, et le sens de l’existence, par temps d’effondrement ? Nous devons changer, c’est un impératif de survie. Alors, qu’on fasse de cette nécessité une vertu, qu’elle devienne notre chance : non pas seulement de survivre, mais de bien vivre. » Faut-il y voir un clin d’œil de François Ruffin (fan revendiqué de « l’An 01 » de Gébé), au nom de l’un des premiers mouvements écologistes français, Survivre et Vivre, fondé en 1970, dont l’auteur de ces lignes fut l’un des animateurs ?

On pourra bien sûr s’énerver de nombreuses digressions qui parsèment ce livre (dont deux dialogues passionnants au demeurant avec le collapsologue Pablo Servigne et le sociologue Jean Birnbaum), et trouver un brin simpliste la philosophie de François Ruffin selon laquelle un « bon patron » serait aussi rare qu’un « poisson volant ». Mais force est de reconnaître que cet ouvrage très vivant alimente le débat et pose quantité de bonnes questions, sans que les réponses soient toujours abouties et convaincantes.


Éditions les Liens qui Libèrent, 192 pages, 14,00 € – www.editionslesliensquiliberent.fr
Contact Presse : Anne Vaudoyer. Tél.: 06 63 04 00 62 – anne@anneetarnaud.com
(Laurent Samuel)