LIVRES

L’écologie pour sauver nos vies par Noël Mamère

Ce livre très enlevé rend un hommage mérité à deux précurseurs trop souvent oubliés, originaires comme lui-même d’Aquitaine : Bernard Charbonneau et Jacques Ellul. Dès le milieu des années 1930, ces deux « personnalistes gascons » furent parmi les tout premiers à mettre en question la domination de la technique sur nos vies et la destruction programmée de la nature et de la campagne. L’ancien journaliste d’Antenne 2, qui fut longtemps maire de Bègles et député Vert, consacre ainsi des pages savoureuses à Bernard Charbonneau (qu’il avait eu la chance de connaître, comme l’auteur de ces lignes) et à sa passion pour la pêche à la truite. Noël Mamère, qui reste le candidat écologiste à la présidentielle ayant obtenu le meilleur score (5,25 % en 2002), réhabilite aussi la grande figure du géographe Élisée Reclus, auteur en 1866 d’un livre intitulé « Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes », ainsi qu’un de ses contemporains moins connus, Franz Schrader.

Après ce démarrage en fanfare sur les « visionnaires », Noël Mamère dresse à grands traits un tableau de la situation actuelle des mouvements écologistes, entre rebelles du type Extinction Rebellion (dont il souligne à juste titre la « filiation » avec les premières actions anti-OGM des années 90) et « intégristes », catégorie dans laquelle il range les « effondristes ». « Pas question de laisser se développer d’un côté une écologie des accommodements au nom du réformisme et, de l’autre, une sorte d’écologie théologique aux accents millénaristes qui plaisent tant à certains médias », écrit Noël Mamère dans sa conclusion. Pour lui, l’écologie est (ou devrait être) « un humanisme intégral, qui soulève la question de la condition de l’être humain moderne en la reliant à la nature dans laquelle il naît, vit et meurt, et qui s’interroge sur le sens à donner à notre liberté ». On voit par là que ce livre, bien que semblant trop souvent écrit au fil de la plume, a le grand mérite de poser des questions fondamentales.


Éditions les Petits matins, 158 pages, 14 € – www.lespetitsmatins.fr
Contact presse : Macha Dvinina. Tél. : 01 43 48 77 27
 – presse@lespetitsmatins.com
(Laurent Samuel)

La grande dame du cannabis se dévoile par Michka (JNE)

Parmi les membres des JNE, Michka est à coup sûr la seule dont le nom a été donné à une variété végétale, en l’occurrence de cannabis, pour sa « contribution exceptionnelle à la connaissance » de cette plante. Il faut dire que notre consoeur a été depuis plus de 40 ans une pionnière du combat pour la levée des interdictions visant la marijuana, dont elle est aujourd’hui une figure de proue au niveau international. Ce livre pourra désarçonner certains lecteurs, car il est écrit à la troisième personne, et fait se succéder sans transition des récits se déroulant à des époques différentes. Mais on se laisse porter par ce parcours de vie « hors de commun », comme l’écrit à juste titre dans la préface Catherine Deneuve, ancienne camarade de classe de Michka.

Outre son action inlassable pour le cannabis, notre auteure a aussi sillonné les mers sur un voilier construit de ses mains ou vécu au fin fond d’une forêt de l’Ouest canadien. Au fil des pages, Michka insiste sur la « dimension sacrée » du haschich, qui peut être un allié dans un chemin spirituel. Elle consacre aussi des pages émouvantes à son combat acharné (sans médicaments « classiques ») contre la maladie de Parkinson. A noter enfin, un cahier photos très réussi, où l’on découvre Michka à toutes les périodes de sa riche existence.


Mama éditions, 348 pages, 25 € – www.mamaeditions.com
Contact presse : Agnès Chalnot. Tél.: 06 20 20 24 78 – agnes@chalnot.com
Juliette Gufflet. Tél.: 01 77 32 57 89
 / 06 75 39 37 64
 – presse@mamaeditions.com
(Laurent Samuel)

Les pieds sur terre. Retrouver le bon sens ou disparaître par Philippe Labre (JNE)

Longtemps vétérinaire praticien en zone rurale dans les Alpes, Philippe Labre a acquis une réelle expertise en phytothérapie et en aromathérapie, essentiellement appliquées aux animaux d’élevage. Dans cet ouvrage dense, personnel, pédagogique, bien illustré, préfacé par Pierre Rabhi, l’auteur revisite l’écologie et la physiologie animale en rappelant l’importance primordiale des végétaux dans le phénomène de la vie sur Terre. Comme ils sont les seuls êtres vivants capables de la photosynthèse, tous les réseaux trophiques, hormis ceux du monde microbien, reposent sur eux. Or si les herbivores consomment et peuvent se soigner naturellement avec les plantes, la réglementation européenne rend difficile l’usage de ces mêmes plantes dans la pharmacopée.

L’auteur explique que la démarche d’obtention des AMM (autorisation de mise sur le marché) oppose les groupes pharmaceutiques aux praticiens, la chimie de synthèse à la chimie naturelle. C’est cette méconnaissance ou ce refus de pouvoir utiliser les plantes à bon escient qui motive et organise le propos de cet ouvrage, en les replaçant dans le cadre des grands défis écologiques que l’humanité doit affronter.


Éditions Femenvet, 288 pages, 24 € – www.femenvet.fr
Contact presse : 04 50 02 81 32 – contact@femenvet.fr
(François Moutou)

La nature en bord de mer par Marc Giraud (JNE), photos Sonia Dourlot, Rémy Dubas, William Duvernoy

Marcher sur le sable chaud, écouter le bruit des vagues et s’adonner au bonheur de la contemplation… Tout un programme auquel nous convie Marc Giraud. Dans ce livre qui fait la part belle aux photos, il nous invite à ouvrir l’œil et à repérer les trésors de la nature qui passent souvent inaperçus aux yeux des néophytes. On y découvre des capsules d’œufs de raie ou de roussettes, des crabes qui font des bulles… Et même des petites bêtes négligées par les humains comme les mouches de laisse de mer dont Marc nous raconte la parade nuptiale !

Au passage, il répond aux questions des curieux (« pourquoi les algues glissent ? »), donne des conseils (ne pas soulever les pierres pour ne pas déranger les animaux qui vivent dessous) et alerte sur les nano-particules dans les crèmes solaires, la pollution plastique qui tue les tortues marines, ou la pollution sonore, responsable de l’échouage des cétacés. Il n’oublie pas non plus d’expliquer comment agir au niveau individuel et en rejoignant une association. Mention spéciale pour le choix des photos qui interpellent le regard et qui nous donnent à voir aussi bien les petits organismes que des paysages magnifiques en bord de mer ou sous-marins. Un bel opus qui vient compléter une collection inaugurée avec La nature en bord de chemin.


Éditions Delachaux et Niestlé, 256 pages, 24,90 €- www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Loane Husson. Tél.: 01 70 96 87 83 – lhusson@lamartiniere.fr
(Carine Mayo)

Le journal du commandant Cousteau par Alexandrine Civard-Racinais (JNE). Illustrations Pierre-Yves Cezard.

Le nouveau livre de notre consœur s’inscrit dans la collection « Des vies extraordinaires ». Ces biographies illustrées sont à destination des enfants dès 9 ans. Alexandrine y conte la vie peu banale du commandant Cousteau, l’homme au bonnet rouge, le Captain planet toujours au champ de bataille pour défendre la mer !

L’explorateur et le défenseur des océans est né en 1910, non loin de Bordeaux, à Saint-André-de-Cubzac. Son père conseille un américain qui vit entre les États-Unis et l’Europe. Grâce à ce riche employé, la famille se déplace beaucoup. Ainsi, le voyage est apparu dès le berceau et n’a jamais cesser hormis les 4 ans de la première guerre mondiale. La paix revenue, la famille s’installe aux États-Unis jusqu’en 1923. Durant les vacances, son père, lui prête sa caméra Pathé-Baby, l’occasion de tourner ses premières images. Il se prend alors de passion pour le cinéma, une passion qui ne le quittera jamais. Mais comme pour ses parents, le cinéma n’est pas un métier, il se décide pour des études à l’école navale de Brest.

Jacques-Yves Cousteau a vingt ans et tous les éléments sont en place. Nous en sommes à la page 17 sur les 80 du livre. Tout le reste se dévore pareillement : la Calypso, le Monde du silence, les maisons sous la mer, et puis les combats, la mission antarctique, les baleines, la mer poubelle, etc. De quoi créé des vocations ! Côté illustration, aux dessins délicats et réalistes de Pierre-Yves Cezard, s’ajoutent quelques photographies.


Éditions Belin jeunesse, collection « Des vies extraordinaires », 80 pages, 13,90 € – www.belin-editeur.com
Contact presse : Nathalie Maitenaz – nathalie.maintenaz@humensis.com
(Danièle Boone)

Les chats, comment ils prennent soin de notre santé ! par Anne-Claire Gagnon (JNE)

Qu’ils soient joueurs, câlins, aventuriers ou farceurs, les chats sont toujours à nos côté pour nous amuser, nous consoler et nous combler de bonheur. Anne-Claire Gagnon, docteur vétérinaire et comportementaliste spécialisée dans le domaine félin, vit avec eux au quotidien, que ce soit dans son travail avec ses patients à poils ou chez elles, avec ses petits protégés. Autant dire qu’elle sait de quoi elle parle.

L’autrice rappelle d’abord qui sont les chats, leur étonnante personnalité, leur présence dans nos vies d’humain depuis des siècles et leurs bienfaits reconnus sur notre santé : réduction du stress et des états anxieux, équilibrage de la pression artérielle, meilleur fonctionnement du cœur… Leur présence est une aide précieuse pour les autistes, les dépressifs et tous ceux qui sont isolés socialement. Les chiffres parlent en leur faveur : les propriétaires de chats consultent 11% de moins leur généraliste, chat alors ! Le livre, solidement argumenté, rassemblent aussi de nombreux témoignages, de quoi faire craquer les plus réfractaires.


Éditions Robert Laffont, 247 pages, 19 €
Contact presse : Marie-Laure Defretin. Tél.: 01 53 67 14 51 / 06 11 98 37 28
marie-laure.defretin@robert-laffont.com
(Danièle Boone)

La Piste de l’eau. Itinéraire aquatique et spirituel par Hugo Verlomme (JNE)

Dans ce petit livre au style fluide et clair, Hugo Verlomme raconte de quelle façon l’océan et l’eau ont tissé le fil de son itinéraire de vie, depuis ses premiers barbotages tout bébé sur les plages alors désertes d’Hossegor jusqu’à ses activités présentes d’écrivain et de vulgarisateur scientifique sur les océans. « Lorsqu’on porte l’eau en soi comme philosophie et l’océan comme réponse, la vie devient plus fluide, plus compréhensible et donc facile à vivre », écrit-il dès les premières pages. « Nous venons de l’eau et nous y retournerons. Nous sommes composés d’eau. L’eau est l’origine de la vie : c’est peut-être la seule vérité fondamentale sur laquelle s’accordent toutes les religions, les sciences, les philosophies. »

Hugo Verlomme retrace ses va-et-vient d’enfance entre la côte landaise, la Suisse, l’Espagne et Paris, ville dont il nous rappelle qu’elle a été construite autour d’un fleuve, et dont la devise est « Fluctuat nec mergitur ». Devenu dès l’adolescence un grand voyageur, il nous fait partager sa passion pour le bateau et pour le surf, auquel il a consacré en 1976 le premier livre paru en France, « Cowabunga/Surf Saga ». La suite de son odyssée, riche en rencontres avec compagnes et amis, nous conduit dans une Bretagne polluée par la marée noire de l’Amoco Cadiz en 1978, aux Antilles et aussi en Colombie britannique, où (parenthèses entre ses aventures océaniques) cet écrivain-journaliste vécut plusieurs années dans une cabane en pleine forêt.

Ce « waterman », selon la formule des Hawaiiens, narre au passage la genèse et l’impact de son roman devenu culte sur une civilisation sous-marine, « Mermere », paru en 1978, et republié cette année dans une édition revue et corrigée chez S.F. Editions. Sa découverte des capacités, notamment intellectuelles, des cétacés, et ses combats pour les protéger figurent aussi au menu de ce livre au rythme enlevé, ainsi que ses recherches sur le Gouf de Capbreton, « extraordinaire canyon sous-marin aux proportions dignes du Colorado », long de plus de 300 km, au sujet duquel il organise depuis 2015 de passionnantes journées et conférences scientifiques. « L’eau est notre muse et maîtresse », écrit Hugo Verlomme en conclusion, « elle nous entraîne et nous inspire, nous élève et nous enveloppe, nous sommes l’eau et l’eau est nous. Elle est notre mère et nous sommes ses gardiens. Sans elle, rien n’est possible. Avec elle, tout le devient. »


Éditions Quai des Brunes, 128 pages, 16 € – https://www.editionsquaidesbrunes.fr/
Contact presse : Alexandre Hurel – alexandre@editionsquaidesbrunes.fr
(Laurent Samuel)

Un potager au naturel par Blaise Leclerc. Photographies de Jean-Jacques Raynal (JNE)

Blaise Leclerc est un expert qui jardine depuis plus de quarante ans. Non seulement, il utilise aucun traitement chimique mais pas davantage de traitement naturel, ceux qui sont autorisés en bio. Son secret : favoriser la chaîne alimentaire de façon à ce que les auxiliaires travaillent à sa place. Il explique comment il attire, loge et nourrit toutes les petites bêtes qui enrichissent le sol, pollinisent nos légumes et se nourrissent des indésirables.

La deuxième partie est consacrée aux petites bêtes sous forme de fiches pour les reconnaître et les gérer : limiter les dégâts des indésirables, protéger et attirer les auxiliaires. L’ouvrage, richement illustré des photos de Jean-Jacques Raynal, s’adresse aussi bien au néophyte qu’au jardinier confirmé qui a envie de passez au zéro traitement intégral.


Éditions Larousse, 144 pages, 12,90 € – www.editions-larousse.fr
Contact presse : Maryline Crocq. Tél.: 01 44 39 44 41 – mcrocq@larousse.fr
(Danièle Boone)

Hétérocènes diurnes  par Rainer Ulrich

L’ordre des papillons est séparés en deux groupes, les Rhopalocènes dit papillons de jour et les Hétérocènes dit papillons de nuits. Si les premiers ne sont visibles que le jour, pour les second, ce n’est pas si clair : certains ont une activité strictement diurne ou crépusculaire ! C’est que le classement repose non pas sur leur période d’activité mais sur la forme de leurs antennes. Celles des papillons de jour sont terminées par une sorte de boule. Pour les autres, plusieurs aspects sont possibles d’ailleurs hétérocènes signifie « antennes de formes diverses ».

Il existe plus de 5 000 espèces de papillons en France dont seulement 250 dits de jour. Or, les guides les plus courants sont consacrés uniquement à ces derniers alors, autant dire que l’apprenti naturaliste qui tombe sur un superbe spécimen, genre zygène ou écaille, n’aura pas la possibilité de l’identifier. L’ouvrage de Rainer Ulrich consacré uniquement aux hétérocènes diurnes s’avèrent donc très précieux. 339 espèces y sont décrites et, le plus souvent, doublement illustrée par un dessin et des photos de terrain.


Éditions Delachaux et Niestlé, 312 pages, 39,90 € – www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Loane Husson. Tél.: 01 70 96 87 83 – lhusson@lamartiniere.fr
(Danièle Boone)

Des animaux au jardin biodynamique par Nicolas Dubranna

Des mammifères, âne, cochon, mouton, chèvre et lapin et des volatiles, oie, canard et poule, sont susceptibles d’être présents au jardin biodynamique. Chacun d’entre eux est présenté : origine, morpho-physiologie, alimentation et logement, reproduction, soins. Mais alors, en quoi ce livre diffère des autres ouvrages sur les animaux domestiques. Et bien par un dernier paragraphe intitulé : bénéfices mutuels.

Dans son introduction, Nicolas Dubranna explique sa conviction de l’importance du rôle à jouer de notre cœur dans la connaissance. C’est pourquoi il faut tenter de saisir les qualités intrinsèques les données rassemblées en se hissant au-dessus de nos affinités personnelles. Je dirais, à manière, il nous invite à observer avec bienveillance les animaux que nous avons décider d’accueillir et nous serons forcément surpris par tout ce que vous allez découvrir et recevoir dans ce vivre ensemble. De fait, tout est résumé dans le sous-titre de l’ouvrage : « vers une pratique respectueuse de l’élevage familial.»


Éditions MABD, 144 pages, 15 €
 – www.bio-dynamie.org
Contact presse : Émilie Pirra – e.pirra@bio-dynamie.org
(Danièle Boone)