Adultes

Oiseaux par Jonathan Elphick

Ce beau livre, traduit de l’anglais par Éric Wessberge, traite de la peinture ornithologique depuis la préhistoire (mais plutôt depuis 1650) jusqu’à nos jours. La plupart des illustrations proviennent de l’extraordinaire collection du Natural History Museum de Londres. Il y a donc forcément quelques absents, comme Jacques Barraband, Peter Scott ou William T. Cooper, mais aussi beaucoup de révélations et d’images somptueuses.

Outre les incontournables John James Audubon (qui fait la couverture) ou John Gould (qui fait la 4e de couv.), défilent des anonymes et d’autres grands noms, (William MacGillivray, James Hope Stewart, Edward Lear, John Gerrard Keulemans, Archibald Thorburn ou Claude Gibney Finch-David) dont plusieurs femmes, comme Sarah Stone (avec entre autres un éclatant coq-de-roche orange), Margaret Bushby Lacelles Cockburn, Lady Mary Bentinck ou Elizabeth Gould, dont on voit trop rarement les œuvres. Outre les illustrations souvent peu connues mais toujours magnifiques, le texte nous décrypte l’histoire des œuvres, de leurs auteurs et de l’évolution subtile de la représentation picturale des oiseaux.

L’intérêt du livre est donc à la fois esthétique, historique et scientifique. Mais si la beauté d’un héron ou d’un perroquet vous indiffère, si vous jugez que la nature ou la culture ne sont pas essentiels, si vous n’appréciez ni l’art, ni la poésie des formes et des couleurs, fuyez ce livre : il n’est pas fait pour vous.


Éditions Delachaux et Niestlé, 336 pages, 39,90 € – www.delachauxetniestle.com
Contact presse : Julia Bocquin. Tél.: 01 70 96 87 81 et 07 61 74 35 45 – jbocquin@lamartiniere.fr
(Marc Giraud)

L’écologie sociale. Penser la liberté au-delà de l’humain par Murray Bookchin

Les éditions Wildproject, dont le travail pionnier de (ré)édition d’ouvrages pionniers de la pensée écologiste doit être salué, ont eu la riche idée de publier cette anthologie de textes de Murray Bookchin, précurseur méconnu de la réflexion sur le lien entre l’écologie et le social. Né en 1921 et mort en 2006, ce théoricien américain d’origine russe a jeté les bases d’une articulation entre la philosophie libertaire et l’écologie scientifique. Nourri de références à la philosophie classique (à commencer par les grands auteurs grecs), à la pensée marxiste et aux recherches en éthologie et en écologie, ce livre passionnant n’est pas toujours d’une lecture facile pour qui n’est pas rompu à ce type de réflexion. On regrettera que ce volume réunisse des textes issus de trois livres différents, the Ecology of Freedom (1982), Remaking Society (1990) et The Philosophy of Social Ecology (1990), sans qu’il soit aisé de retrouver de quelle année date chaque chapitre, alors que la pensée de Bookchin, passé du marxisme à l’anarcho-écologisme dès le début des années 1950, était en perpétuelle évolution.

Une postface de Marin Schaffner, qui a assuré la traduction de cette anthologie, dresse en quelques pages un tableau assez complet de l’œuvre de Bookchin et de son influence à travers le monde (notamment au Kurdistan et au Chiapas) et en France, même si la référence sans doute la plus ancienne à ce philosophe dans notre pays (dans le N° 14 de la revue Survivre et Vivre, paru en octobre-novembre 1972, sous la plume – sans signature – de l’auteur de ces lignes) n’est pas signalée. Une bibliographie et une biographie complètent cet ouvrage qui, malgré son caractère parfois ardu, constitue une utile introduction à la pensée foisonnante et complexe d’un auteur qu’il est urgent de faire connaître et reconnaître.


Éditions Wildproject, Collection Domaine sauvage, 336 pages, 22 € – www.wildproject.org
Contact presse : Georgia Froman – georgia.froman@wildproject.org
(Laurent Samuel)

L’univers sous mes pieds par Blandine Pluchet

Délicatesse, c’est peut-être le mot qui correspond le mieux au récit de Blandine Pluchet, physicienne et artiste. Elle sait voir le monde différemment, la tête dans les étoiles et les pieds sur terre. Le livre est une succession de textes qui peuvent se lire séparément, comme des nouvelles. En même temps, ils forment une suite : la lecture de l’un donne envie de passer au suivant sans s’arrêter.

La physicienne nous initie aux secrets de l’univers, par petite touche, au travers de marches cosmiques, de jour comme de nuit. Les étapes de l’aube deviennent celles du monde. « Si j’aime marcher pieds nus, c’est peut-être parce que j’aime toucher l’Univers de mes orteils pour y lire mon histoire, comme j’aimerais lire dans la mémoire de la matière qui me constitue. Toutes les particules qui me font sont vieilles de quatorze milliards d’année… »  Son regard sur la nature au prisme de la science rappelle l’approche de David G. Haskell, l’auteur de Un an dans la vie d’une forêt. Comme lui, elle observe, elle note, elle fait des ponts entre le savoir et l’émotion. Et c’est très beau.


Éditions Salamandre, 160 pages, 19 € – www.salamandre.net
Contact presse : Emmanuel Amar. Tél.: 06 18 06 42 71 – amar.emmanuel92@gmail.com
(Danièle Boone)

50 idées Fausses sur les araignées par Christine Rollard

Christine Rollard est enseignante-chercheuse au Muséum d’histoire naturelle et arachnologue. Elle nous faire découvrir le monde fascinant des araignées d’une manière ludique et pédagogique. Il faut dire que ces mal aimées dont l’aspect peut paraître étrange sont précédées à tort d’une réputation dangereuse pour l’homme. Il faut dire que des croyances de toutes sortes et des légendes sans fondements ont attisé un sentiment de peur et de répulsion vis-à-vis de ces animaux. À l’instar des serpents ou autre chauves-souris, les araignées sont la source de nombreux fantasmes.

L’auteure rassemble les savoirs scientifiques sur ces animaux et permet de tordre le cou aux inexactitudes et aux absurdités qui courent sur ces fabuleuses tisserandes. 50 idées fausses sur les araignées est à la fois un bel ouvrage de vulgarisation qui nous dévoile l’univers des araignées sous forme de fiches illustrées par de superbes photos mais aussi il réduit à néant les supposés dangers de ces espèces vis-à-vis de la nôtre « Par exemple, non, on n’avale pas d’araignées la nuit », s’amuse Christine Rollard. Notre bouche est assez humide ce qui n’attire pas du tout les araignées ». De même, les araignées pondraient sous la peau d’humains ? Encore une idée complètement fausse! Elles n’ont aucun organe comme un dard ou un ovipositeur qui leur permettrait de pondre sous notre peau. Elles n’ont rien pour perforer et percer notre peau. « Quand elles sortent les œufs, les femelles les entourent par des fils de soie avant de les laisser dans la végétation : sous des écorces, des feuilles, des murs mais certainement pas sous la peau humaine », ajoute la spécialiste. D’autant que beaucoup d’araignées sont des mères attentives qui protègent leur ponte et restent avec elles.

Non les araignées ne sont pas poilues et rugueuses. « Elles sont soyeuses et douces ». En fait, ces animaux ont des soies sur tout le corps pour percevoir au mieux le toucher, le goût, l’odorat et l’ouïe. Quant à la toilette, Christine Rollard va même jusqu’à comparer les araignées aux chats. « Elles se nettoient les pattes, elles se frottent les yeux… Elles sont toujours en train de se nettoyer car elles ont besoin d’être propres pour percevoir au mieux leur environnement ». Comme pour les mantes religieuses, on entend parfois que tous les mâles se font croquer par les femelles. « Ça arrive mais ce n’est pas systématique », nuance l’autrice. On a tendance à trop généraliser. Sur les 49 000 espèces d’araignées au monde toutes ne mangent pas leur mâle, loin de là ». Un livre qui nous ouvre les portes d’ un monde fascinant et méconnu.


Éditions Quae, 152 pages, 23 € – www.quae.com
Contact presse : Camille Videau. Tél.: 01 84 16 04 52 – camille@dscommunication.fr
(Myriam Goldminc)

Aux origines de la catastrophe. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? sous la direction de Pablo Servigne et Raphaël Stevens

Le titre et le sous-titre de l’ouvrage donnent déjà le programme du livre !
Climat déréglé, pandémies à répétition, écosystèmes détruits, sécurité alimentaire menacée, pénurie de ressources, système financier instable… Notre Terre est gravement en péril, c’est un état de fait. Mais au-delà des constats, il est indispensable de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là. En revenant aux origines d’un ensemble de catastrophes, à l’aide d’une pensée systémique. En sortant d’une réflexion monolithique et manichéenne. Pour poser ensuite les bases d’une action collective et d’un changement de conscience.

Les deux collapsologues Pablo Servigne et Raphaël Stevens – auteurs du succès de librairie Comment tout peut s’effondrer (Seuil) – s’entourent de nombreux spécialistes pour comprendre les causes de l’effondrement à venir. Car si les faits sont difficilement contestables, il est une question plus complexe : comment en sommes-nous arrivés là ?
Structuré en trois grands chapitres (la grande accélération, la grande séparation, les grandes bifurcations), cet ouvrage remonte aux origines des catastrophes en cours et à venir en partant d’une vingtaine de mots-clés : la nature humaine, le patriarcat, la civilisation, la techno-science, l’industrialisation, le capitalisme, la taille des populations, la complexité, l’intelligence artificielle, etc.
Au travers d’une approche pluridisciplinaire, ce petit bréviaire illustré de dessins croise le regard d’intellectuels diversifiés (anthropologue, biologiste, économiste, sociologue, philosophe…).

C’est un ouvrage bienvenu qui offre des clés de lecture pour comprendre les rouages et dysfonctionnements de la société qui nous conduisent à cette situation délétère, en se fondant sur la pensée complexe et en reliant les différentes causes les unes avec les autres.


Éditions Les liens qui libèrent, 200 pages, 17 € – www.lesliensquiliberent.fr
Contact presse : Anne Vaudoyer. Tél.: 06 63 04 00 62 – anne.vaudoyer@gmail.com
(Gabriel Ullmann)

Et si la santé guidait le monde ? L’espérance de vie vaut mieux que la croissance par Éloi Laurent

La plupart des gouvernements de la planète ont fait le choix de placer la santé de leur population avant la croissance de leur économie, faute d’avoir pris soin de la vitalité de leurs écosystèmes. Le maître-mot du livre est implacable : détruire la Nature est un désastre écologique mais aussi un suicide social et, accessoirement, une folie économique au-dessus de nos moyens.

Éloi Laurent soutient que l’espérance de vie et la pleine santé doivent devenir nos boussoles communes dans ce nouveau siècle, permettant de nous orienter les yeux grands ouverts dans un monde où bien-être humain et la viabilité des écosystèmes sont irrémédiablement entrelacés et interdépendants. Nous sommes projetés ensemble à toute allure dans une spirale de plus en plus pernicieuse qu’il nous faut à tout prix inverser. Être prospère aujourd’hui, c’est se donner les moyens de garantir la poursuite de l’aventure humaine dans vingt ou trente ans. Être prospère, c’est donc d’abord être en bonne santé. Et pour ce faire, conserver des écosystèmes en bonne santé également.

En se fondant sur une pleine santé accordant toute leur place aux écosystèmes qui nous font vivre, il devient possible de réorienter nos systèmes économiques pour donner un sens partagé à la transition écologique : une transition aussi bien individuelle que collective, personnelle que relationnelle, biologique qu’écologique. Une transition instinctive, sensuelle et viscérale. Par ce sens retrouvé, aux antipodes d’indicateurs économiques qui ne disent plus rien à personne, la pleine santé a le pouvoir d’apaiser, de guérir, de réparer.

Mais s’agit-il alors d’une simple transition, ou plutôt d’une rupture profonde et violente ? Le livre, riche par ailleurs en de nombreux éléments de réflexion et d’action, n’y répond pas.


Éditions Les liens qui libèrent, 184 pages, 15,5 € – www.lesliensquiliberent.fr
Contact presse : Anne Vaudoyer. Tél.: 06 63 04 00 62 – anne.vaudoyer@gmail.com
(Gabriel Ullmann)

Recyclage, le grand enfumage. Comment l’économie circulaire est devenue l’alibi du jetable par Flore Berlingen

Flore Berlingen réalise avec un bel esprit synthétique une analyse sans appel. L’économie circulaire laisse à penser à un recyclage 100%. Le fameux « bottle-to-bottle» vanté par Danone et Nestlé induit qu’une bouteille triée peut devenir une nouvelle bouteille. En réalité, les six plus gros producteurs de boissons dans le monde n’intègrent en moyenne que 6,6 % de PET recyclé à leurs bouteilles. Le recyclage à l’infini, sur le modèle du cycle biologique, est un fantasme qui se heurte à des limites physiques et techniques indépassables. L’auteur illustre son propos de très nombreux exemples. La composition des matériaux plastiques inclut de nombreux additifs et d’impuretés liées à leur utilisation qui sont des obstacles au recyclage : il faudrait presque autant de processus que de composés plastiques. La fibre de cellulose du papier peut être recyclée seulement à cinq reprises, dans des gammes de qualité inférieure à chaque fois. Moins de 1% du textile est recyclé en nouveaux vêtements.

Mais pire, le recyclage permet d’alimenter le greenwashing de certaines grandes enseignes, donne bonne conscience aux consommateurs et favorise le jetable. Flore Berlingen va même plus loin : il invite à la surconsommation. Ainsi le programme de collecte de vêtements initié par H&M et repris par d’autres marques, Calzedonia, Camaïeu, Cyrillus, C&A… donne l’impression que la mode peut être durable. Il leur permet surtout de vendre plus de vêtements à durée de vie limitée. Par ailleurs, côté industriel, il faut alimenter la machine, pour que l’activité soit rentable. Cette logique de volumes, caractéristique du modèle économique capitaliste, ne peut fonctionner en l’absence de croissance. Autrement dit, l’industrie du recyclage se nourrit du problème qu’elle cherche à corriger, et elle l’accentue encore.

Seule solution pour sortir de l’ère du jetable, diminuer ses déchets en consommant différemment, remettre au goût du jour la consigne et le réparable et surtout créer des lois contraignantes pour les industriels. Toutefois, pour Flore Berlingen, il n’est pas du tout question d’abandonner le tri, car quoiqu’on fasse, nous produirons toujours des déchets mais moins, ils seront nombreux, plus ils seront gérables, voire recyclables. Un petit bouquin édifiant à faire circuler de toute urgence.


Éditions rue de l’échiquier, 128 pages, 13 € – www.ruedelechiquier.net
Contact presse : Léa Thévenot. Tél.: 01 42 47 08 26 – leathevenot@ruedelechiquier.net
(Danièle Boone)

L’affaire Roundup à la lumière des Monsanto Papers par Gilles-Éric Seralini et Jérôme Douzelet. Préface de Vandana Shiva

Ce livre du professeur Gilles-Éric Seralini, un toxicologiste et scientifique de premier plan, et de Jérôme Douzelet, un chef primé, jardinier et expert en “nourriture véritable”, est un véritable appel à s’éveiller au danger des poisons de notre alimentation. C’est aussi une alerte contre les menaces croissantes sur la santé et la salubrité publiques, la science et la connaissance, la liberté et la démocratie. L’ouvrage se lit comme un véritable thriller. Qu’on en juge !

Le biologiste Gilles-Éric Seralini, spécialiste des OGM et des pesticides, étudie depuis de nombreuses années la toxicité de ceux-ci et leurs effets sur la santé. En septembre 2012, il publie dans une grande revue scientifique une étude qui démontre pour la première fois les effets sur le foie et les reins de deux produits phares de la firme Monsanto : l’herbicide Roundup et les OGM fabriqués pour rendre résistantes à cet herbicide les plantes cultivées. Les images des rats nourris aux OGM et au Roundup, couverts de tumeurs, vont faire le tour du monde.

C’est un désastre pour l’image de Monsanto. Mais, très vite, la multinationale va tout mettre en œuvre pour faire disparaître cette étude : manœuvres auprès des éditeurs scientifiques pour obtenir sa rétractation, campagnes visant à discréditer et calomnier le chercheur, fichage de ses soutiens, faux témoignages…

On pouvait soupçonner quelques-unes de ces pratiques, mais il n’existait aucune preuve jusqu’à ce que, en 2017, Monsanto soit obligée de rendre publics des dizaines de milliers de documents confidentiels, à l’occasion de procès intentés par près de cent mille anciens utilisateurs de Roundup atteints de maladies graves. Ces documents, les “Monsanto Papers”, ont permis d’établir la mauvaise foi et les pratiques frauduleuses de la firme.

Gilles-Éric Seralini et Jérôme Douzelet se sont plongés dans ces documents, qui révèlent comment certaines firmes, poursuivant des intérêts économiques de court terme, ont détourné avec une perfidie raffinée la réglementation supposée protéger des millions de gens ; comment elles ont mis en place des mascarades d’évaluations, en cachant la majorité des poisons que leurs produits contiennent ; enfin, comment elles ont organisé le dévoiement de la science, de la médecine et des pouvoirs publics. C’est dans cette enquête qu’ils nous invitent à plonger à notre tour.


Édition Actes Sud, 2020, 190 pages, 15 € – www.actes-sud.fr
Contact presse : Émanuèle Gaulier. Tél.: 01 55 42 63 24 – e.gaulier@actes-sud.fr
(Gabriel Ullmann)

L’Homme cet animal raté par Pierre Jouventin

Comprendre le Monde avant de vouloir l’expliquer, voilà une bonne entrée en matière pour cet ouvrage scientifique, que tout un chacun, étudiant et lycéen compris devraient étudier …
C’est une réflexion sur l’Homme, cet inconnu.
Mais ce n’est pas un livre de plus sur le « comment de l’effondrement », car il dévoile plutôt les rouages d’un système remontant au néolithique qui nous a mené à l’impasse d’aujourd’hui.

A l’instar de Jean-Baptiste Lamarck – le père fondateur de la biologie – précurseur de Darwin, l’ambition de Pierre Jouventin, Docteur d’État en écoéthologie, est d’étudier l’Homme dans la même optique que celle des animaux. Il s’agit de l’Histoire naturelle en y insérant les récentes découvertes scientifiques, hélas trop peu connues du grand public, afin d’entrevoir plus avant cette nature de l’humain qui a échappé à nos prédécesseurs.
Nous apprenons par exemple que les paramécies sont dotées de deux fois plus de gênes que nous ; qu’une nouvelle découverte de pierres taillées serait datée de 3,4 millions d’années ; que les ethnologues ont découvert que les temps de loisirs et les relations sociales étaient plus importantes chez le chasseurs-cueilleurs ; que les neurosciences ont révélé que l’empathie et l’altruisme sont des bases universelles reconnues chez tous les mammifères ; que l’épigénétique nous révèle que le génome peut être modifié par le milieu où l’on vit…
Vouloir expliquer l’Homme sans en avoir décrypté les rouages mène à une impasse, affirme le spécialiste en écologie comportementale.
« L’Homme cet animal raté » nous dévoile derechef la face cachée de cet échec et de cette décadence consciente ou inconsciente.

Fort d’une riche expérience comme Directeur de recherche pendant 40 ans au CNRS, dont 13 années sur le terrain pour étudier les relations entre les êtres vivants et leur milieu, la trajectoire de Pierre Jouventin est bien vouée à la recherche de nos origines, jusqu’à décrypter la niche écologique de l’humain. Mais si l’on sait que l’Homme descend du singe, le loup est – pour Jouventin – le mammifère qui s’apparente le mieux à l’être humain. Et le chercheur de faire une distinction entre le code génétique d’une part, qui nous relie aux primates, et les qualités cognitives et adaptatives du loup (empathie-altruisme). L’écoéthologue prend certes acte de la difficulté de découvrir la niche écologique de l’Homme de part son caractère impermanent bien qu’elle se rapproche de la vision des préhistoriens avec les primates-chasseurs des forêts africaines.
Mais si beaucoup de points d’interrogations subsistent, le plus grand piège pour l’auteur de cette édition réactualisée n’est pas l’absence de la clé de l’origine, mais bien plus nos élucubrations savantes qui bien que toutes louables soient-elles, peuvent nous faire éloigner de l’essence de l’Homme.


Éditions Libre & Solidaire, 2020, 335 pages, 21€ – https://libre-solidaire.fr
Contact presse : Jean-Paul Barriolade. Tel.01 48 74 15 23 / 06 84 83 87 64
jean-paul.barriolade@laposte.net
(Michel Cros)

Le potager d’un frimeur. Toi aussi deviens une star grâce aux légumes par Xavier Mathias – Préface de François-Régis Gaudry

Je suis tout à fait d’accord avec François-Régis Gaudry qui souligne dans sa préface que Xavier Mathias n’est pas un frimeur mais un épicurien au savoir sans fond qui manie aussi bien la bêche que les facéties poétiques. Ce livre est très drôle, parfois à la limite du désopilant. Exemple le dicton pour le Leycesteria formosa (arbre à faisans) : « Quand la chèvre feuille, le faisan vole » . Oui, mais il y a la note qui montre que Xavier n’est pas dupe et se moque même un peu de lui-même : « Complètement d’accord avec vous, celui là, il ne veut rien dire, il sent même à plein nez l’invention de toutes pièces et de dernière minute. Certes, je ne nie pas. Néanmoins, reconnaissons que, s’il avait eu du sens, cela aurait fait un formidable dicton, mi-adage populaire, mi-prédiction indienne

Dans ce livre, vous allez découvrir un tas d’espèces étonnantes comme ce Leycesteria dont les petites baies noires, lorsqu’elles sont bien mûres ont le goût de caramel. Alors, c’est vrai, là vous pouvez frimer et épatez vos visiteurs. De fait Xavier Mathias rend hommage à Augustin Pailleux et Désiré bois, les auteurs du Potager d’un curieux qui répertorient « 250 plantes comestibles peu connues ou inconnues ». Ce livre paru en 1885 et heureusement réédité en 1999 par Jeanne Laffite est une bible qui a toujours fasciné Xavier.

Après avoir donné quelques conseils de jardinage sur le non travail du sol, le compost, les lasagnes (la nature ne fait pas de tas !), le paillage (or-pailleuses, or-pailleurs), Xavier Mathias nous présente « ses » étonnants légumes classés par familles : « J’en ai l’air mais je n’en suis pas », « De la couleur avant toute chose, et pour cela préfère la terre », « Garden party chez les de Terre », « Le concours de la plus petite » et « Vu d’en bas, c’est haut ». Pour chaque espèce, après l’avoir décrite, il raconte d’où elle vient, quel goût elle a, comment on la cultive, etc. Si vous avez un (e) ami(e) jardinier (ère), comme Noël approche, n’hésitez pas à lui offrir ce livre. Votre amitié en sera encore renforcée, si, si !


Éditions Terre vivante, 208 pages, 25 € – www.terrevivante.org
Contact presse : Agathe Béon. Tél.: 04 76 34 26 60 – agathe.beon@terrevivante.org
(Danièle Boone)

ANNUAIRE 2020

CANARD SAUVAGE
Spécial 50 ans