Adultes

La Gélinotte des bois par Bruno Mathieu, Marc Montadert et Jean-Jacques Pfeffer

Parmi les oiseaux forestiers, l’un des plus mystérieux demeure la Gélinotte des bois. En effet, cette espèce très discrète est un oiseau farouche, difficile à observer, vivant à couvert dans l’étage inférieur des bois et des taillis, fréquentant également les lisières, les sentiers et les abords des chemins forestiers. Elle connaît une très forte régression dans toute l’Europe de l’Ouest, ayant disparu de toutes les forêts de plaine, elle est très menacée dans certains massifs de montagnes.

Le régime alimentaire de la gélinotte varie en fonction des disponibilités de l’habitat et du cycle annuel. A la différence des autres espèces de tétraonidés, elle ne se nourrit jamais de parties prélevés sur des conifères. Ses ressources sont constituées d’une grande variété de plantes trouvées en toutes saisons dans l’habitat forestier.

L’espèce est sédentaire et très territoriale. Elle est capable de satisfaire tous ses besoins vitaux sur un domaine annuel de 10 à 40 ha. Le radiopistage a également montré qu’à la différence des résultats obtenus en Scandinavie, les milieux ouverts au-delà de 240 m de large ne constituent pas des barrières infranchissables.

Les auteurs ont particulièrement étudié la gélinotte dans les Vosges, le Jura et les Alpes, complétant leur connaissance de terrain à travers des missions dans toute l’Europe jusqu’à la Russie et la Chine. Ils nous livrent une synthèse très complète sur la biologie de cette espèce, ses mœurs, l’évolution de ses populations et ses relations avec l’homme, les programmes scientifiques et les actions de conservation qui sont menés actuellement. De plus, les illustrations et les photos, d’une grande qualité, sont très didactiques.


Éditions Glénat, 183 pages, 35€ – www.glenat.com
Contact presse : Romane Dargent. Tél.: 01 41 46 10 31 – 06 43 24 76 90
romane.dargent@glenat.com
(Gabriel Ullmann)

40 idées fausses sur les requins par Johann Mourier. Préface de Laurent Ballesta

Le requin occupe une place à part dans l’imaginaire collectif : celle de prédateur à la fois majestueux et dangereux des océans. De nombreux clichés, relayés par certains médias et alimentés par des films tels que Les Dents de la mer, ont parachevé la mauvaise et injustifiée réputation de ces animaux : ils sont montrés le plus souvent comme des monstres sanguinaires, alors que les attaques sur l’homme restent rarissimes.

Parallèlement, certaines traditions et de fausses croyances, notamment d’ordre médicinal ou culinaire, entraînent la mutilation ou le massacre de millions de requins chaque année, sans considération pour l’équilibre de leurs populations et les conséquences écosystémiques. Malgré tous ces faits, en comparaison d’autres animaux les requins restent peu étudiés.

Sous la forme de 40 fiches qui démystifient autant d’idées reçues, ce livre permet de découvrir des informations passionnantes sur leur biologie, leur écologie, leurs comportements et leurs interactions avec l’homme. De nombreuses photos en milieu naturel illustrent la diversité de leurs espèces et raviront les passionnés de faune marine. Si bien sûr les 530 espèces de par le monde ne sont pas toutes représentées, la sélection opérée reste bien représentative de l’ensemble de cette famille.

Changer la perception que nous avons de ces squales, remarquables par de nombreuses singularités, est capital à l’heure où leurs populations sont globalement menacées. Cet ouvrage, de grande qualité scientifique et graphique y concourt grandement.


Éditions Quæ, 140 pages, 23 € – www.quae.com
Contact presse : Megane Piredda. Tél.: 01 84 25 42 00 – megane.piredda@dscommunication.fr
(Gabriel Ullmann)

Le grand livre des arbres et de la forêt par des Membres de l’Académie d’agriculture de France

Depuis la nuit des temps, l’arbre fait partie de la vie des hommes. Source d’énergie ou de matière première, il occupe également une place importante dans les rituels, les contes et légendes et les traditions populaires des différentes cultures du monde, la forêt recouvre 30% des terres émergées de notre planète. En France également. Elle abrite une flore et une faune d’une richesse exceptionnelle et joue un rôle primordial dans la régulation du climat, du régime hydrographique comme dans la bonne tenue des sols.

Ce « Grand Livre des Arbres et de la Forêt » reprend sous une forme simplifiée et plus compacte, tout en autorisant une lecture cursive, une partie significative de l’encyclopédie numérique de l’Académie d’agriculture de France intitulée : « La forêt et le bois en 100 questions », fruit de l’expertise d’une quarantaine d’auteurs (académiciens et experts extérieurs). L’ouvrage, structuré en huit chapitres centrés sur autant de thèmes, arrive à point nommé dans un contexte où des changements de paradigme sont attendus aussi bien dans nos modèles économiques que dans la vision de la forêt par la société.

À l’heure où nos sociétés amorcent un spectaculaire virage écologique, les forêts sont emblématiques de notre rapport – bien souvent idéalisé – à la nature. Derrière les drames de la déforestation sous les tropiques et des grands incendies, au-delà du mythe de la forêt « primaire», qu’en est-il de la réalité de nos forêts ? De nombreux experts apportent ici les éléments nécessaires pour prendre la mesure de la complexité du problème. Comment concilier le maintien de la biodiversité et des écosystèmes forestiers avec la production de bois et le tourisme ? À qui appartient la forêt et comment doit-on la gérer de manière durable ? Les « labels verts » de certification sont-ils aussi « verts » que cela et vont-ils se développer ? C’est tout l’univers des forêts et du bois qui se révèle ici, mêlant l’exigence d’une rentabilité raisonnable à l’impérieuse nécessité de gérer au mieux ces espaces vitaux.

Le livre passe cependant trop rapidement sur la « faible empreinte carbone » de cette source d’énergie, dont on en revient de plus en plus, notamment en termes de dette carbone (un arbre replanté, dans le meilleur des cas, à la place d’un arbre abattu, mettra des décennies à restocker le carbone rejeté lors de la combustion de l’arbre abattu), comme sur la pollution générée lors de la combustion du bois, notamment en métaux lourds, mais aussi en dioxines et furannes (non évoqués).


Édition Odile Jacob, 324 pages, 24,90 € – www.odilejacob.fr
Contact presse : Émilie Corbineau. Tél: 06 61 51 43 52 / 01 44 41 64 89 – emilie.corbineau@odilejacob.fr
(Gabriel Ullmann)

Quelle est cette plante ? Fleurs sauvages, graminées, arbres et arbustes – les reconnaître par la couleur par Marianne Golte-Bechtle et Margot et Roland Spohn

C’est devenu le n° 1 des ventes en Allemagne de guide de terrain pour identifier les plantes sauvages, comportant 870 espèces, mais plus de 2 900 illustrations. De nombreuses espèces se trouvant en France s’y trouvent, en dehors des espèces de montagne et méditerranéennes. Cette édition entièrement révisée tient compte des évolutions de la dernière classification botanique.

Ce guide de détermination permet d’identifier aisément les plantes grâce au classement par la couleur et par le nombre de pétales de leurs fleurs. Il fournit également pour chaque espèce de nombreux anecdotes et détails passionnants sur sa biologie, son étymologie, ses usages médicinaux ou populaires, sa toxicité, sa comestibilité, les croyances qui y sont attachées. Il présente les plantes à fleurs mais aussi les principaux arbres, arbustes et graminées présents sous nos latitudes. Un vocabulaire botanique illustré parachève l’ouvrage.

2 000 dessins en couleurs très réalistes permettent d’identifier les plantes, auxquels s’ajoutent 900 dessins complémentaires illustrant des détails caractéristiques (fleurs, fruits, feuilles racines…) très utiles à l’identification. De nombreuses illustrations sont accompagnées par des flèches commentées qui ciblent les détails discriminants entre espèces. C’est la fameuse méthode « Peterson », du nom de l’ornithologue qui avait initié cette méthode didactique pour les guides ornithologiques à partir des années 1950. Méthode remarquablement efficace pour la détermination, mais qui reste fort rare dans les flores. Cette mention est à souligner avec force.


Éditions Ulmer, 2021, 496 pages, 24,90 € – www.editions-ulmer.fr
Contact presse : Lise Jacob. Tél.: 01 48 05 03 03 – lise@editions-ulmer.fr
(Gabriel Ullmann)

Fourmis. Vie et intelligence collective d’une colonie par Armin Schieb

C’est un livre à la fois unique et saisissant. L’auteur a choisi la fourmi rousse des forêts comme modèle de vie communautaire, car il pouvait l’observer directement dans la nature et rassembler la matière pour son travail. S’aidant de ses croquis, de photos qu’il a prises et rassemblées lui-même, ainsi que de dessins scientifiques, Armin Schieb a créé des modèles numériques en 3D des fourmis, de leur nid, de leurs proies et ennemis notamment. Puis il a organisé les modèles en tableaux à l’aide d’un ordinateur et a créé une mise en scène d’ambiance grâce à un éclairage réaliste.

Une de ses préoccupations pendant la conception du livre a été de représenter les fourmis et leur environnement de manière vraisemblable, afin de familiariser le lecteur avec ces animaux discrets et mal connus. Il en résulte une immersion en 3 D au cœur d’une fourmilière et au sein de leurs cohortes à la recherche de nourriture, le tout dans un livre en grand format. Les relations complexes des fourmis et leur incroyable capacité à communiquer entre elles, à s’entraider, sont ainsi visualisés de façon spectaculaire comme si nous étions nous-mêmes fourmis. Les légendes de ces illustrations, ainsi que de nombreux détails jamais montrés jusqu’à présent, permettent de comprendre de très nombreux aspects de leur biologie, leur écologie et leur comportement. Un projet très original et visuel, à la fois très beau et, didactique et très informatif. Un seul regret : l’absence de la riche bibliographie à laquelle l’auteur a dû se référer inévitablement.


Éditions Ulmer, 128 pages, 29,90 € – www.editions-ulmer.fr
Contact presse : Lise Jacob, 01 48 05 03 03, lise@editions-ulmer.fr
(Gabriel Ullmann)

L’éco-anxiété ne passera pas par moi – conseils pratiques pour une écologie sereine par Élise Rousseau (JNE)

Élise revient avec une nouvelle bande dessinée et toujours sa justesse et son humour. Nous retrouvons Poune la narratrice, Nono son petit ami et surtout Cocotte, la petite poule écolo. Après de nombreuses remises en questions (Mais pourquoi j’ai acheté tout ça ?), Cocotte et sa maîtresse se sont fait une maison écologique (Ecocooning). Oui mais voilà, malgré leur engagement actif, le monde ne va pas mieux. Alors comment lutter contre l’éco-anxiété ? C’est le thème de ce troisième volume. Cocotte prise d’une angoisse existentielle à l’idée qu’elle serait mangée en cas d’effondrement consulte un psy et projette de créer l’association de défense des vers de terre ! L’arrivée d’un grand coq rien que pour elle la remet sur la voie de la joie de vivre. Il y a aussi Léa, la filleule, ado engagée et désespérée par l’état du monde, le député qui teinte d’un peu d’écologie  son programme, le consumériste égoïste qui finit par prendre conscience de la pollution et n’en dort plus et puis, bien sûr, le psy. Au-delà de cette fantaisie irrésistible, Élise Rousseau dresse un vrai état des lieux pas vraiment réjouissant c’est pourquoi elle donne plein de conseils très sérieux pour ne pas baisser les bras devant l’ampleur des dégâts car c’est essentiel. « Finalement peut-être qu’aujourd’hui la nature ne nous laisse pas le choix : si on veut survivre, on va être contraints de vraiment devenir de meilleurs êtres humains », conclut Poune bien décidée à relever le défi. Et vu tous les arguments déployés tout au long du livre, on est prêt à la suivre !


Éditions Delachaux et Niestlé, 96 pages, 15,90 € – www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Julia Bocquin. Tél.: 01 70 96 88 20 / 07 61 74 35 45 – jbocquin@lamartiniere.fr
(Danièle Boone)

Les parasites manipulateurs – sommes-nous sous influences ? par Clément Lagrue

Le sujet est fascinant. Je l’ai découvert avec Toto le némato, le superbe documentaire de Yves Ellie et Véronique Tourlet primé en 2008 au festival Pariscience. Il y était, entre autres, question de ce ver nématode qui, par des moyens chimiques, force le grillon à se suicider en se jetant à l’eau, ce qui permet au parasite de retrouver le milieu aquatique indispensable à sa reproduction. Clément Lagrue cite naturellement cet exemple. Parasitologue qui a fait de la recherche fondamentale pendant 15 ans notamment sur les gamarres (crustacés), l’auteur est aujourd’hui conseiller scientifique pour le Département de la conservation en Nouvelle-Zélande.

La stratégie parasitaire consiste en vivre sur ou dans, et se nourrir au dépens d’un autre organisme. Pour contrecarrer les difficultés inhérentes à la vie parasitaire et lutter contre la résistance comportementale et immunitaires des espèces hôtes, surtout lorsque le développement du parasite nécessite des passages par un ou plusieurs hôtes intermédiaires, l’une des tactiques déployées est la manipulation. L’hôte maintenu vivant perd le contrôle de ses propres besoins pour répondre à ceux du parasite. Le concept de la manipulation parasitaire mis à jour dans les années 1970 est désormais totalement admis par la communauté scientifique même si l’on ne sait toujours pas comment le parasite y parvient. Il faut dire que depuis les premiers exemples observés de comportements anormaux ou de changement de couleur liés au parasitisme, les chercheurs ont engrangé de très nombreuses données.

Dans l’avant-dernier chapitre intitulé «Et si l’homme était un parasite ? », Clément Lagrue considère la Terre comme un hôte. Son système immunitaire est longtemps parvenu à réguler les espèces qui la peuplent, induisant un équilibre entre proies, prédateurs et parasites. La stratégie de l’espèce humaine, comme celle des parasites, est d’exploiter vite, violemment et de passer rapidement d’hôte à hôte, de ressource à ressource. La démonstration tient la route. Le livre est vraiment fort intéressant toutefois, p 157, l’auteur lance une diatribe contre l’homéopathie dont il justifie la présence dans ce livre par cette analogie simpliste : les patients qui se soignent par ces moyens sont habilement manipulés par l’industrie de ces produits ! De fait, c’est une attaque dans l’air du temps. Affirmer de façon aussi cinglante que l’homéopathie est du charlatanisme relève d’une étroitesse d’esprit qui ne fait honneur ni à l’auteur ni à la science !


Éditions HumenSciences, 240 pages, 20 € – www.humensciences.com
Contact presse : Amandine Dumas – Tél.: 01 55 42 72 37 / 06 17 09 11 17
amandine.dumas@humensis.com
(Danièle Boone)

La folle histoire des virus par Tania Louis

Ce livre très d’actualité n’est pas un livre sur le SARS-CoV-2 mais un livre sur l’histoire des virus. Si leur découverte remonte à la fin du XIXème siècle, la virologie date seulement de quelques dizaines d’années avec l’apparition des microscopes électroniques et la diffraction aux rayons X ont permis de les observer. Les premières images datent de 1938. Plus récemment, les progrès de la génomique ont permis d’avancer considérablement dans la connaissance de ces infiniment petits qui prolifèrent en exploitant un organisme donné. Tania Louis, virologue, effectue d’abord un travelling depuis Aristote autour de la classification du vivant. Ce premier chapitre est un peu déroutant tant nous attendons les virus qui n’arrivent finalement que page 57. Par la suite, on comprend pourquoi il était important de retracer cette histoire là aussi.

La matière noire virale est encore pleine de mystères. Les découvertes, nombreuses, posent, à chaque fois, de nouvelles questions. On les disait plus petits que les bactéries mais des virus géants ont obligé les chercheurs à revoir leur copie. Plus la recherche avance, plus on découvre de virus : certains sont des virophages (virus de virus), d’autres des satellites de virus, ils sont capables de communiquer entre eux, etc. Tania Louis aborde également le potentiel médical des virus tout en préconisant une grande prudence : « injecter un virus à un patient pour le soigner revient à relâcher un virus dans le nature. Si celui-ci ne s’y trouvait pas auparavant, cela peut avoir de graves conséquences.»

Les premières tentatives de thérapie génique remontent au tout début des année 1990. Tous les possibles sont envisagés : les virus pourraient devenir des alliés pour soigner les cancers et autres maladies dévastatrices mais aussi nous aider à préserver les écosystèmes marins ou piéger le gaz carbonique. D’un côté, on a envie d’y croire, mais l’image de l’humain apprenti sorcier surgit. Je me dis qu’il serait peut-être plus sage de rendre toute sa place à la nature et d’éliminer toute la chimie qui nous rend malade plutôt que d’intervenir par des modifications génétiques sur l’infiniment petit pour réparer, au risque de provoquer des catastrophes encore plus graves. Cette réflexion toute personnelle n’enlève rien à la qualité de ce livre passionnant, à l’écriture enlevée, qui se lit comme un roman palpitant.


Éditions HumenSciences, 354 pages, 16 € – www.humensciences.com
Contact presse : Amandine Dumas – Tél.: 01 55 42 72 37 / 06 17 09 11 17
amandine.dumas@humensis.com
(Danièle Boone)

Géomimétisme – réguler le changement climatique grâce à la nature par Pierre Gilbert. Préface de Gaël Giraud

Géomimétisme, mot inventé par Pierre Gilbert, vient à la fois de biomimétisme, le fait de s’inspirer de la nature dans les procédés techniques, et de géo-ingéniérie, le fait d’avoir un impact global sur le climat grâce à la technique. L’ouvrage est, de fait, une mise en garde aux dangereuses propositions des « apprentis sorciers du climat » pour reprendre l’expression de Clive Hamilton. L’auteur prône en effet une régulation du climat non pas en injectant du soufre dans l’atmosphère ou autres dangereuses manipulations mais en s’inscrivant dans les cycles naturels de l’eau, du carbone, phosphore, azote qu’il s’agit de renforcer pour capter plus de carbone.

Globalement, on connaît les solutions : reboiser en s’inspirant des écosystèmes naturels, restaurer les zones humides, conserver le permafrost et la biodiversité marine mais Pierre Gilbert a répertorié des pistes fort intéressantes. Le rétablissement d’une grande faune d’herbivores limiterait la fonte du permafrost en maintenant les steppes ainsi que les basses températures en profondeur dans le sous-sol grâce au piétinement et au retournement de la couche de neige par les animaux en hiver. Côté océans, l’auteur plaide pour une culture d’algues à grande échelle selon les règles de l’agroécologie bien sûr. Si 3% de la surface des océans était dédiée à la culture du kelp, il serait théoriquement possible de fournir l’ensemble des besoins énergétiques de l’humanité. Les algues dépollueraient également l’océan notamment de l’excès d’azote qui l’acidifie, ce qui permettrait le retour des poissons.

Réaliste, l’auteur affirme toutefois que ces solutions gagnantes/gagnantes ne se suffiront pas en elles-mêmes. Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un changement de paradigme en allant vers plus de sobriété, donc à l’encontre de la société libérale et du capitalisme. « Cet ouvrage se veut avant tout un appel à la vigilance vis-à-vis de l’émergence dans le débat public de fausses solutions pour le climat. (…) Seules les pistes s’intégrant efficacement dans les cycles naturels, en symbiose avec l’environnement, sont adaptées à l’urgence écologique » conclut l’auteur. On ne saurait être plus clair.


Éditions Les petits matins, 185 pages, 16 € – www.lespetitsmatins.fr
Contact presse : Macha Dvinina. Tél. : 01 43 48 77 27 – macha@lespetitsmatins.com
(Danièle Boone)

Flora Vegetativa par Stefan Eggenberg et Adrian Möhl

Il s’agit de la troisième édition entièrement remaniée et augmentée de ce guide remarquable et remarqué, qui comporte 148 espèces nouvelles et des cartes de répartition mises à jour. Les noms ont également été adaptés à la dernière nomenclature en vigueur.

C’est un bréviaire à la fois unique et essentiel pour déterminer les plantes de Suisse (mais aussi bon nombre d’entre elles en France) à l’état végétatif. C’est-à-dire en absence de fleurs ou de fruits. Mais ce n’est pas tout, par les multiples dessins précis et discriminants (par exemple sur les feuilles), c’est aussi un outil précieux pour déterminer les plantes en période de reproduction.

A titre d’exemple, comment différencier la feuille si convoitée de l’ail des ours de la feuille toxique du muguet ? Bien que ces deux espèces ne soient que des parents lointains, leurs feuilles se ressemblent beaucoup à première vue et une erreur pourrait s’avérer fatale. Quand les fleurs de nos plantes indigènes sont déjà passées ou qu’elles ne sont pas encore visibles, il est parfois difficile d’en déterminer l’espèce. Du moins avec certitude.

Ce livre de détermination selon une approche inédite, qui a fait largement ses preuves, comporte plus de 2300 espèces et près de 6500 dessins. Grâce aux dessins commentés du port de la plante, des feuilles et des pousses, même un non spécialiste reconnaît assez aisément les plantes sans fleurs. Des tableaux synoptiques pratiques et des clés de détermination basés sur les caractères végétatifs complètent le guide et son impression en papier bible aide bien à son transport pour les excursions durant toute l’année.


Éditions Rossolis, 768 pages, 60 € – www.rossolis.ch
Contact presse : Thomas Vust – rossolis@rossolis.ch
(Gabriel Ullmann)

ANNUAIRE 2020

CANARD SAUVAGE
Spécial 50 ans