Adultes

Dans le secret des abeilles par Sylla de Saint-Pierre

Sylla de Saint-Pierre est passionnée par la vie des abeilles. Avec Dans le secret des abeilles, son troisième livre sur le thème, l’autrice rassemble les savoirs légués par des générations de chercheurs et de passionnés dans un beau travail de vulgarisation scientifique. La narration tour à tour poétique et humoristique, nous fait pénétrer dans la société des abeilles pour y découvrir les mille contacts qui tissent les liens invisibles de cette société de 50 000 petits êtres extraordinaires réunis dans un modèle d’efficacité et de sobriété.

En une vie, les abeilles sont tour à tour ménagères, nourricières, architectes, chimistes, cueilleuses, gestionnaires d’un territoire immense, danseuses et exploratrices. Elles sont dotées d’une intelligence qui vaut parfois celle de mammifères supérieurs et présentent des personnalités très diversifiées. Elles communiquent sans cesse par des messages odorants aussi nombreux que les mots de notre langage, des danses élaborés et des baisers sucrés. On découvre comment elles prennent des décisions à l’issue de débats démocratiques entre 500 participantes. On découvre aussi la fragilité des abeilles sauvages dont la survie est liée à celles des forêts. Bourré d’anecdotes, ce livre est un bel hommage à ce petit peuple ailé.


Éditions Hozhoni, 408 pages, 19 € – www.editions-hozhoni.com
Contact presse: Géraldine Rémond. Tél.: 06 73 58 05 41 – presstime@gmail.com

(Myriam Goldminc)

Canidés du monde par José R. Castelló

Encore un magnifique outil de travail sorti chez Delachaux, et aussi un manuel à contempler, juste pour le plaisir de découvrir des espèces qu’on connaît peu ou pas du tout, pour explorer le monde vivant. L’originalité de celui-ci est un exploit d’iconographie : les illustrations ont toutes les qualités du dessin (on voit bien les animaux en entier, y compris les pattes qui ne sont pas cachées par des herbes, et ils sont figurés de face, de profil et dans différentes positions, souvent similaires pour mieux comparer les espèces entre elles), mais ce sont des photos ! 600 clichés certainement réalisés en captivité, tous détourés sur fond blanc, parfaits pour l’identification.

Une belle occasion de découvrir l’étrange renard du Tibet, le dhole de Sibérie, le chien chanteur de Nouvelle-Guinée, le renard roux de Palestine et autres espèces et sous-espèces. Chaque portrait est accompagné d’une carte de répartition et d’un texte décrivant la morphologie et les mœurs de l’animal. À signaler également, la sortie chez Lynx éditions de « Mammals of the World » en deux volumes, avec peu de textes (et en anglais), mais avec des somptueuses illustrations de tous les mammifères du monde. Nettement plus cher…


Éditions Delachaux et Niestlé, 34,90 € – www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Julia Bocquin. Tél.: 01 70 96 88 20 / 07 61 74 35 45 – jbocquin@lamartiniere.fr
(Marc Giraud)

Sexe et séduction chez les oiseaux par Marc Duquet

Marc Duquet, ornithologue bien connu, auteur de nombreux ouvrages et cofondateur de la revue Ornithos, nous offre un ouvrage de grand format (260 x260) de grande beauté. Il comporte non seulement 200 photographies saisissantes pour décrypter les stratégies de reproduction des oiseaux, mais présente un texte synthétique très didactique sur les différents modes de reproduction et d’éducation des jeunes.

Aux plumages colorés, parfois exubérants, aux parades nuptiales spectaculaire, aux manifestations sonores imposantes, se trouvent explicitées les constructions de nids élaborés, les formes et couleurs extrêmement variées des œufs, mais aussi celles des poussins. C’est donc un panorama presque complet sur la grande diversité morphologique, comportementale et écologique qu’expose l’ouvrage sur la biologie de reproduction des oiseaux. Et au travers de la reproduction, les stratégies de conquête et d’occupation d’écosystèmes différents et riches.


Éditions Delachaux et Niestlé, 2020, 192 pages, 29,90 € – www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Julia Bocquin. Tél.: 01 70 96 88 20 / 07 61 74 35 45 – jbocquin@lamartiniere.fr
(Gabriel Ullmann)

Se libérer du consumérisme (un enjeu majeur pour l’humanité et la Terre) par Michel Maxime Egger

Ce livre présente une bonne analyse des ressorts d’une société de consommation qui nous aliène au culte de la marchandise, construisant un « faux-moi » consommateur. Nous sommes victimes, estime Michel Maxime Egger, du système CPC, « Croissanciste, Productiviste et Consumériste ». Ce totalitarisme socio-économique est en train de dévorer les humains et surchauffer la planète. Il est donc nécessaire de changer de paradigme, passer de l’individu massifié dont le portrait-robot est tracé par des algorithmes à une personnalité en phase avec les limites de la Terre. Il faut se débarrasser de la religion de la croissance, devenir membre de la communauté biotique.

Ce livre contient beaucoup de références aux pères de l’Église et à la tradition chrétienne ; l’auteur est écothéologien, responsable du Laboratoire de transition intérieure au sein d’ONG suisses. Spécialiste de l’éco-psychologie, Michel Maxime Egger nous invite à ajouter une écologie intérieure à une écologie qui resterait extérieure à nous. Ce livre nous confronte à l’exigence d’une libération de notre « Soi écologique » comme l’exprimait Arne Naess, pionnier de l’écologie profonde. Plus facile à dire qu’à faire.

Il s’agit d’apprendre à vivre avec la peur, peur de regarder l’état véritable d’un monde exsangue. Il s’agit de nous laisser envahir par les émotions que cette lucidité peut engendrer. Il s’agit de devenir Espérant : « Je peux, à mon niveau, agir pour que les choses changent ». Cependant ce livre ne présente pas d’exemples concrets nous donnant les moyens d’une libération intérieure. Il ne suffit pas d’écrire qu’il faut retrouver le sens des limites pour sortir de la démesure du système actuel.


Éditions Jouvence, 160 pages, 16,90 € – editions-jouvence.com
Contact presse : Sophie Gauthier. Tél.: 06 76 04 14 02 – s.gauthier@editions-jouvence.ch
(Michel Sourrouille)

Arbres et Forêts – Périgord-Quercy-Limousin par Jean-Claude Martegoute

Ce guide, très complet, porte sur les végétaux ligneux (lianes, arbres, arbustes et arbrisseaux) du Périgord-Quercy-Limousin. Ce faisant, il couvre une bonne partie de la France continentale, région méditerranéenne exceptée. Il s’ouvre par une introduction détaillée sur la forêt et son histoire régionale. Mais son grand intérêt pour tous réside dans la description de 180 espèces, illustrées par plus de 500 photos de grande qualité, comportant de nombreux détails sur leur biologie, leur répartition, leurs critères distinctifs, sans oublier des détails sur les rameaux, les fructifications, les troncs et autres particularités très utiles à connaître. Pour les autochtones, l’ouvrage donne les noms occitans des plantes, les toponymes et patronymes qu’elles ont inspirés. Il présente également leur histoire, leur usage et nombre d’anecdotes à leur sujet. Ouvrage riche, à la fois didactique et ludique. Il s’achève sur une riche bibliographie.

Éditions Bacofin, 415 pages, 24,90 € – fr-fr.facebook.com/editionsbacofin/
Contact presse : Tél.: 05 53 03 59 67 – contact@communic-action.com
(Gabriel Ullmann)

Colère, contre les responsables de l’effondrement écologique par Éric La Blanche

Il est faux de dire que tout le monde ou personne – c’est pareil – est responsable de l’effondrement à venir. « Les coupables existent, leurs crimes ont des mobiles, et le temps est venu de nous mettre en colère. » Contre qui ? « Les actionnaires de cette fabuleuse civilisation techno et thermo-industrielle capitaliste libérale qui ne nous a tirés du Moyen-Âge que pour nous renvoyer à la barbarie, si ce n’est au néant. » Les voilà nommés. Alors que faire ? Gueuler. Agir. Désobéir. Après avoir compris pourquoi on se trouve encore tant d’excuses pour ne rien faire… « On » étant les personnes aux manettes et leurs acolytes : industriels, politiques, médias, publicitaires, mais pas seulement : c’est nous aussi, qui ne les avons pas déboulonnés depuis longtemps, ces « effondreurs ». « Sommes-nous devenus un vaste troupeau de consommateurs résignés ? » …

Éric La Blanche espère réveiller la colère du lecteur avant que d’autres colères, immenses, brutales et désespérées, ne se déclenchent : « celle des masses planétaires, lorsqu’elles réaliseront qu’on les a sacrifiées au bénéfice exclusif d’une petite oligarchie de richissimes salopards et qu’elles n’ont malheureusement plus rien à attendre du futur. » « Faisons peur au pouvoir, il ne comprend que ça. »

C’est enlevé, drôle, clair, documenté et ça dit la vérité « nue et dégueulasse » (cf page 97, j’adore). Un sacré paquet de responsables en prend pour son grade, je ne vais pas les lister tous, mais ils ne sont pas innombrables et il faut les chasser de la décision publique. Mon préféré : le publicitaire qui « bosse au ministère de la propagande de la catastrophe ». Et bien sûr les 1%. Les 0,5% de la population mondiale qui rejettent 14% des émissions de CO2 (soit 4 points de plus que la moitié la plus pauvre de l’humanité). Et chez nous, c’est la curée : « en France, chaque personne appartenant aux 1% les plus riches émet plus de 200 tonnes de gaz à effet de serre par an, contre 11 par personne en moyenne. »

Éric La Blanche tord le cou à quelques idées reçues, comme celle qui affirme que ça ne sert à rien de taxer les riches, ils ne sont pas assez nombreux… « faire renoncer les multimilliardaires à leurs jets privés serait plus efficace qu’augmenter les taxes environnementales » : les gilets jaunes ont raison. « Taxer les gros héritages, représentant 189 milliards $ en 2017 pour 44 héritiers, permettrait de dégager des fonds conséquents pour lutter contre la crise climatique ». En bref, « les politiques de réduction des émissions de carbone feraient mieux de viser le haut de l’échelle sociale plutôt que de se focaliser sur les plus pauvres à l’autre bout » (c’est la revue Nature qui l’explique en 2019). Comme celle de la théorie du ruissellement, qui est une infox : « personne ne l’a jamais étudiée et on ne lui a jamais trouvé d’auteur ».

« J’espère que je vous ai regonflés », conclut-il : oui, merci (j’avoue que je suis aussi regonflée par la liste de fin d’ouvrage, qui est mienne depuis pas si longtemps que ça). J’ai décidé d’offrir ce livre à Noël (je n’achète plus, je couds les cadeaux : ce sera une exception pour la bonne cause), en espérant faire réfléchir et… ruisseler.


Éditions Delachaux et Niestlé, 334 pages, 18,50 € – www.delachauxetniestle.com
Contact presse : Julia Bocquin. Tél. : 07 61 74 35 45 – jbocquin@lamartiniere.fr
(Christel Leca)

Que crève le capitalisme, ce sera lui ou nous par Hervé Kempf (JNE)

C’est un Hervé Kempf en grande verve, digne d’un Victor Hugo, qui signe ce nouvel ouvrage. Son introduction, virulente, n’est pas sans rappeler la célèbre tirade de Ruy Blas ! Le titre, tonique, est sans ambiguïté. « Que crève le capitalisme » est un manifeste, un état des lieux brillant de l’évolution du capitalisme de ses débuts jusqu’à sa dernière phase sous l’égide de l’intelligence artificielle, et « qui ne survit que de l’anéantissement de la Terre ». Il fait comprendre pourquoi ce n’est pas l’« homme » ni « nous » qui détruisons notre espace vital, mais c’est bien un système économique, idéologique et politique qui mène l’humanité droit dans le mur. Qu’est ce qui fait qu’ « il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme », une constatation de Slavoj Žižek, qui a fortement influencé l’auteur ?

Ce système n’est universel, éternel, que dans la tête de ceux qui voient leur intérêt dans l’exploitation des ressources de la Planète tant qu’il y en a, insiste notre confrère, nourri de trente ans de journalisme scientifique, d’enquêtes sur le terrain et de la formidable expérience de « Reporterre », son quotidien en ligne. Eux, ils investissent des milliards dans le développement des technologies qui leur permettront de déménager sur d’autres planètes quand la Terre sera dégradée en un désert inhabitable. Nous, argue Hervé, nous n’avons qu’une possibilité, c’est de faire sauter ce système. Il ne propose pas de poser des bombes, mais de continuer à mettre des bâtons dans les roues de la destruction capitaliste et en même temps d’installer et de développer les systèmes économiques, multiples, non-uniformisés, égalitaires, dont le reste de l’humanité a besoin. Mais la lutte est ardue et la victoire n’est pas garantie. La conclusion du livre est la métaphore d’un ami marin : « ‘Quand tu as déjà perdu la course, c’est paradoxalement la seule chance de renverser la situation : parier sur l’impossible’. Parions sur l’impossible. Sortons du capitalisme.”


Éditions du Seuil, 120 pages, 14,50 € – www.seuil.com
Contact presse  : Séverine Roscot. Tél.: 06 16 23 37 50 – sroscot@seuil.com

(Suzanne Körösi et Danièle Boone)

Sauvons les forêts – Les 10 actions pour (ré)agir par Nathalie Tordjman (JNE) – Préface de Luc Jacquet

Dans nos mythologie quotidiennes, la forêt est un lieu de loisirs récréatifs pour s’y promener, faire du sport, pique-niquer… ou bien le lieu de tous les dangers comme dans les contes qui ont bercé notre enfance, le Petit Poucet, le Petit Chaperon Rouge, Blanche Neige, la peur du sauvage donc et le besoin de le maîtriser. Il y a bien d’autres contradictions avec la forêt : elle occupe actuellement encore 30 % du territoire français et progresse même encore de 0,7% par an. Alors pourquoi parler de la sauver ? « À l’échelle d’une vie humaine, ces cathédrales de verdure paraissent immuables tant leur rythme est lent par rapport au nôtre, explique Nathalie Tordjman dans son introduction. Pourtant, plus personne ne peut ignorer qu’elles sont menacées, plus ou moins directement, sous la pression des activités humaines. Les incendies, l’exploitation massive, les profonds dépérissement dus aux pollutions, aux crises sanitaires et aux bouleversements climatiques font disparaître ces trésors à une cadence effrénée. » Puis l’autrice expose de manière synthétique et claire, à la fois les services qu’elle nous rend et les menaces qui pèsent sur elle, là, chez nous.

Dans un deuxième temps, notre consœur propose 10 actions pour (ré)agir, à la portée de tous : Entrez dans la compagnie des arbres; Promenez-vous dans les bois; Comprenez les forêts; Prenez soin de la forêt; Profitez, modérément, des productions de la forêt; Luttez ici contre la déforestation tropicale; Favorisez la biodiversité en forêt; Faites de la forêt une alliée face à la crise climatique; Engagez-vous vraiment pour les forêts. Chaque action est déclinée en plusieurs points, toujours plein de bon sens. De la balade en forêt pour découvrir, nommer les arbres, observer la vie de la forêt (bref la connaître pour avoir vraiment envie de la protéger) à l’achat de parcelles forestières en son nom propre ou via des groupements forestiers, il existe vraiment de multiples façons de (ré)agir à la portée de tous. Un petit livre à faire circuler de toute urgence.


Rustica éditions, 64 pages, 7,95 € – www.rusticaeditions.com
Contact presse : Mathilde Manceau. Tél.: 01 53 26 33 46 – m.manceau@fleuruseditions.com
(Danièle Boone)

La fabrique de l’obésité
, enquête sur un fléau planétaire par Yves Leers (JNE)

« Certes, les personnes en surpoids ou obèses sont bien parmi les principales victimes de l’épidémie de COVID‐19. Mais c’est aussi parce qu’elles sont les victimes de la malbouffe et des aliments ultratransformés qu’elles sont mortes de la COVID‐19 », précise Yves Leers dans son avant-propos. Ce « détail » passé sous silence par les gouvernants comme par les médias est à l’origine de ce livre dont l’exergue emprunté à Irène Frachon dit : « Il faut aller au fond des choses. »

Notre confrère connaît bien le sujet de la malbouffe. Il est, entre autres, co-auteur avec Jean-Luc Fessard, autre JNE, de « Ça chauffe dans nos assiettes ». Mais cette fois, il va bien plus loin puisqu’il démontre, comme l’indique le titre, qu’il s’agit d’une fabrique, une construction donc, parfaitement délibérée. L’obésité frappe le monde entier y compris en Asie, en Amérique Latine et en Afrique. Elle est la première pandémie d’une maladie non infectieuse partie des États-Unis il y a cinquante ans. Et elle s’aggrave : l’obésité a doublé en une génération. Aujourd’hui, elle tue plus que la sous-nutrition : tous les ans 4 millions de personnes meurent directement ou indirectement de l’obésité.

Les coupables sont connus : Coca-Cola, Mac Donald, Nutella et autres firmes de l’agro-alimentaire qui concoctent sans souci de la santé publique des aliments ultra-transformés bourrés d’additifs. Après avoir dressé un état des lieux, il faut bien le dire, effrayant, Yves Leers explique, dans son dernier chapitre pourquoi et comment cette maladie est évitable. Le consommateur peut en effet choisir de se nourrir autrement. Pas si simple pour les couches défavorisées de la population bombardées par les pubs et attirées par des aliments appétants et apparemment bon marché. Mais la prise de conscience du désastre se généralise. La Covid-19 y a participé. La résolution du problème passe par une approche écologique de la nutrition, ce que Christian Rémésy appelle la « nutriécologie » car, de plus,  précise l’auteur à plusieurs reprises, bien manger, c’est aussi participer à la lutte contre le réchauffement climatique.


Éditions Buchet-Chastel, 288 pages, 19 € – www.buchetchastel.fr
Contact presse : Emmanuel Amar. Tél.: 06 18 06 42 71 – presse@libella.fr
(Danièle Boone)
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Réparons le monde – Humains, animaux, nature par Corine Pelluchon

Ce livre est un recueil de sept textes écrits avant la pandémie, des versions remaniées de conférences ou de précédentes publications (Revue des Deux Mondes, Cités, Esprit, etc.) La philosophe connue pour ses prises de position sur la condition animale y interroge notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres y compris les animaux. « La maltraitance animale reflète les dysfonctionnements d’une société qui n’assigne aucune limite à la recherche du rendement maximal. (…) C’est en acceptant de voir ce qui se passe dans les abattoirs, les fermes-usines et toutes les cages où sont enfermés des milliards d’animaux, et en partageant nos émotions que nous trouverons les ressources intérieures nous permettant de restaurer nos capacités d’agir et de transformer notre indignation en engagement. »

« Éthique de la vulnérabilité et éthique du care : similitudes et différences », un texte inédit issu d’une conférence est particulièrement intéressant. Corine Pelluchon le considère d’ailleurs comme une sorte de synthèse de son travail. Aujourd’hui la vie est blessée, plus gravement menacée qu’autrefois, à cause de nos agissements. Notre espèce en est arrivée à devoir s’adapter à un environnement qu’elle rend inhabitable. Apprenons de nos erreurs pour « réinventer un autre humanisme et un autre contrat social » propose-t-elle. Elle souhaite intégrer dans notre démocratie une philosophie de l’existence de la responsabilité, qui prenne en compte la fragilité, à tous les niveaux, en modifiant nos comportements prédateurs pour les autres espèces autant que pour les habitants à l’autre bout du monde et, plaide Corine Pelluchon, « réparons le monde, humains, animaux, nature. »


Rivages poche / petite bibliothèque, 285 pages, 8,80 € – www.payot-rivages.fr
Contact presse : Audrey Daragon. Tél.: 01 44 41 39 67 – a.daragon@payotrivages.com
(Danièle Boone)

ANNUAIRE 2020

CANARD SAUVAGE
Spécial 50 ans