Biobernai 2012

Biobernai 2012 – La biodiversité au vignoble en Alsace : des haies dans les vignes

Dans le cadre du voyage des JNE à Obernai à l’occasion du salon BiObernai 2012, nous sommes partis visiter les vignobles situés sur les versants sud de la commune de Bishoffsheim. Ces vignobles présentent la particularité d’être planté de haies sur un parcours de près de 30 km. Un coup de pouce pour la biodiversité et une aide précieuse pour les viticulteurs.

 .

par Myriam Goldminc

.

Vignes – photo Cathy Zell

 

La plupart du temps, les vignes offrent un aspect bien « propre », bien rangé. Ici, le paysage a un air champêtre avec des herbes folles qui poussent au pied des haies et offrent un joyeux mélange d’espèces variées : fusain, églantier, camerisier.

.

« Nous sommes ici sur des parcelles témoins », précise Christian Braun qui pilote pour la LPO Alsace depuis 2006, un programme de préservation de la biodiversité. Ce programme « trame verte » est financé par le Conseil Régional, le Conseil Général et les communes d’Obernai et de Bischoffsheim.

.

L’objectif, c’est d’inciter les agriculteurs et viticulteurs en bio ou en agriculture raisonnée (20 % des vignobles alsaciens sont en bio) à préserver la biodiversité. Comment ? « En pratiquant la fauche tardive le long des chemins qui mènent aux vignes, en laissant le long des chemins des talus, et en plantant des haies », explique Christian Braun.

.

Les haies favorisent un micro-climat humide, limitent l’érosion tout en assurant une bonne protection contre le vent. Elles apportent un abri et de la nourriture à une faune variée et forment des corridors écologiques.

.

Tariers pâtres – photo Claudie Stenger

 

Des espèces qui avaient complètement disparu comme la pie grièche écorcheur (3 à 4 couples), le tarier pâtre ou le bruant zizi sont revenues dans le paysage.

.

Cet écosystème rend service aux viticulteurs car il sert de refuge à de très nombreuses espèces, notamment d’insectes auxiliaires comme le typhlodrome, petite araignée prédatrice des acariens ravageurs de la vigne.

.

« Evidemment, pour préserver ces espèces, il faut limiter l’usage de produits phytosanitaires et pratiquer une viticulture respectueuse de l’environnement », insiste Christian.

.

C’est pourquoi la LPO Alsace travaille avec les élus des communes d’Obernai et de Bishoffsheim, le Conseil Général, le Conseil Régional et la Chambre d’Agriculture pour développer des parcelles témoins  comme celle-ci, afin de convaincre les viticulteurs de l’intérêt de préserver la biodiversité sur leur terre.

.

.

Christian Braun
Tel 03 88 22 07 35
alsace@lpo.fr

.

Biobernai 2012 – Le groupe Schroll, maillon indispensable du recyclage

Voici un reportage sur l’entreprise de recyclage Schroll, visitée par un groupe de journalistes JNE dans le cadre d’un voyage de presse organisé dans le cadre du Salon Biobernai 2012.

.

par Nathalie Tordjman

.

Recyclage chez Schroll – Une fois triés, les papiers compactés et ficelés partent pour le recyclage – photo Bernard Desjeux

L’histoire du groupe commence à la fin du XIXe siècle quand Louis Fernand Schroll a entrepris de collecter des chutes de papiers et de cartons auprès des imprimeurs et des relieurs d’Alsace. A l’entrée des locaux administratifs, situés depuis 1963 près du Port du Rhin au sud de Strasbourg, une grande photo en noir et blanc rappelle cette époque. On y voit la famille Schroll posée avec un cheval attelé devant un hangar où sont entreposés des ballots de vieux papiers. Ces déchets étaient ensuite livrés à la fabrique de cartons allemande Koehler, où ils étaient recyclés. En retour, l’entreprise Schroll rapportait des cartons neufs aux imprimeurs et relieurs strasbourgeois.

.

La collecte du papier auprès des professionnels et son tri en vue d’un recyclage sont longtemps restés au cœur des activités de Schroll. Mais l’entreprise familiale a évolué et s’est diversifiée pour s’adapter aux nouvelles technologies et aux recyclages de différents matériaux, dans l’objectif de préserver l’environnement et les ressources naturelles.

 

 

.

Recyclage chez Schroll – A déambuler sur la plateforme de tri, on ne ressent aucune mauvaise odeur, les emballages étant “propres”- photo Michel Gunther

 

Le développement de Schroll est d’ailleurs assez spectaculaire puisqu’aujourd’hui, l’entreprise compte 380 collaborateurs pour 14 établissements (en Alsace, en Lorraine et un en Allemagne) et traite 538 000 tonnes de déchets par an (chiffres de 2011). Pour effectuer les collectes, Schroll dispose de sa propre flotte de camions, de fourgons, de remorques porte-benne.

.

Elle a récemment innové en imaginant un conteneur pour la collecte des biodéchets auprès des ménages. Ce dispositif, appelé le tube®, consiste en un fût à demi enterré, avec un avaloir par lequel des usagers identifiés viennent déposer tous les déchets fermentescibles (restes de cuisine) collectés dans un seau garni d’un sac en papier.

.

Les déchets collectés par Schroll proviennent d’entreprises, d’industries, d’administrations, mais aussi des collectes sélectives des collectivités locales. Les papiers et les cartons ne forment plus la matière dominante. Les plastiques, le verre, le bois traité ou non, les déchets électroniques, les tubes néons, les gravats, les ferrailles, etc. ont aussi leur filière.

.

Ces films plastiques bleus pourront être recyclés, mais pas les emballages jaunes souillés par du chocolat – photo Bernard Desjeux

.

Les plastiques exigent un tri très fin pour optimiser leur recyclage. Comme le rappelle Hugues Bapst, chargé des ventes  : « tous les plastiques sont recyclables à condition qu’ils soient homogènes. Bien triée, c’est une matière 100 % recyclable, contrairement au papier dont les fibres s’usent au fil du recyclage ». Ainsi, bouteilles PET (eau), bouteilles PEHD (lait) et films plastiques doivent être séparés avant d’être réduits en granulés.

 

 

 

 

.

Recyclage chez Schroll –  Au moment du tri, les employés doivent souvent séparés des emballages encastrés les uns dans les autres – photo Bernard Desjeux

 

Sur la plateforme de Strasbourg, les déchets de plastique qui arrivent sont entreposés en plein air avant d’être triés. Ici, pas de tri par soufflerie ou par rayons optiques. Le travail se fait à la main. Les employés se tiennent de part et d’autre d’un tapis roulant. Au fil du flux, ils éliminent des matériaux étrangers, séparent les emballages encastrés. Ils peuvent au besoin stopper le tapis. Selon les arrivages, ils classent les bouteilles PET selon leur couleur. Car comme pour le verre, si on veut optenir une matière recyclée incolore, il faut partir de bouteilles incolores. Les bouteilles en plastique vertes, bleues ou rouges ne peuvent pas être recyclées en bouteilles d’eau minérale incolores. Ce travail, souvent jugé peu gratifiant et qu’on veut surtout ignorer, est indispensable pour donner aux déchets une seconde vie. En attendant de partir vers des entreprises de recyclage, ces ballots de déchets homogènes compactés égayent de leurs couleurs et de leurs textures les hangars de l’entreprise Schroll.

.

http://www.schroll.fr

Contact presse Caroline Finantz – Schroll SAS au 03 88 40 58 40

.

Biobernai 2012 – Le parc naturel régional des Ballons des Vosges victime de son succès ?

Dans le cadre d’un voyage organisé à l’occasion du salon BiObernai, plusieurs journalistes des JNE ont visité le 15 septembre 2012 le parc naturel régional des Ballons des Vosges. L’occasion de faire le point sur les problèmes posés par la surfréquentation touristique, ainsi que sure le sort du lynx et du grand tétras.

.

 

par Roger Cans

.

Nous sommes accueillis à la mairie de Thannenkirch (Bas-Rhin) par le maire Hubert Bihl et des responsables du parc naturel régional des Ballons des Vosges et du parc naturel régional des Vosges du Nord. Thannenkirch (l’église des sapins) est un charmant village situé à moins de 500 m d’altitude, au pied d’un massif de grès et de granite qui culmine à 950 m, le Taennchel.

.

Le parc naturel régional des Ballons des Vosges

 

Claude Michel, chargé de mission au Parc naturel du Ballon des Vosges, Hubert Bihl, maire de Thannenkirch, et des membres de l’association Les Amis du Taennchel – photo Michel Gunther

 

Traditionnellement, la randonnée dans les Vosges était encouragée par les membres du Club Vosgien, qui ouvraient sentiers et chemins dans la montagne pour le confort et le plaisir des promeneurs.Aujourd’hui, la politique du parc régional des Ballons des Vosges, où nous nous trouvons, est dictée par le souci d’éviter la surfréquentation. Car c’est pratiquement un parc périurbain, fréquenté par les gens de Colmar, de Sélestat et aussi par les randonneurs suisses et allemands. Le parc des Ballons des Vosges, qui comprend 60 % de forêt, est relativement peuplé (85 habitants au km2, alors que la moyenne des parcs est de 15 habitants). Le massif du Taennchel, en particulier, qui forme un promontoire au milieu de la plaine, attire beaucoup les randonneurs.

.

C’est pourquoi les responsables du parc ont entrepris de fermer certains chemins et sentiers afin de préserver la tranquillité de la faune sauvage. Car vivent là plusieurs espèces rares comme le lynx, le grand tétras, la gélinotte, la chouette de Tengmalm et le grand corbeau.

.

Un quart du parc est classé en zone Natura 2000. Chaque fois qu’ils le peuvent, les animateurs du parc accueillent les gens en bas du massif, afin de les guider selon des itinéraires peu dérangeants. La réserve naturelle du Tanet-Gazon du Faing (505 hectares) est elle-même cernée par deux corridors très fréquentés : la route des crêtes et le GR5, sans compter les pistes qui sont damées l’hiver pour la pratique du ski de fond.

.

A la surfréquentation s’ajoutent l’exploitation forestière et la chasse. Sur le versant lorrain du parc, la forêt est surtout domaniale. Sur le versant alsacien, la forêt est soit privée, soit communale. Pour bien faire, on devrait arrêter l’exploitation du bois sur le massif du Taennchel. Mais c’est trop demander aux parties prenantes. Seule concession : 2.000 hectares ont été classés en réserves naturelles intégrales et des « îlots de sénescence » (pas de coupe durant 30 ans) ont été créés grâce au programme européen Life. Quant à la chasse, il n’est pas question de la limiter, car elle offre deux avantages : les recettes (16.000 euros par an pour la seule commune de Thannenkirch), et la régulation des sangliers, qui sont une nuisance pour tout le monde. Afin de trouver ses protéines, le sanglier adore en effet labourer les prairies à la recherche de vers de terre, au détriment des éleveurs. Et il adore aussi le maïs, au détriment des cultivateurs… et des chasseurs obligés de rembourser les dégâts. On essayait naguère d’agrainer pour attirer les sangliers, mais c’est aujourd’hui une pratique révolue dans le périmètre du parc (50.000 hectares).

.

Le cas du grand tétras et du lynx

.

Avant 1976, alors qu’il était encore chassé, on comptait 250 couples de grands tétras (ou coqs de bruyère) sur les 50.000 hectares du parc (dont la forêt de Haguenau). On n’en compte plus que 50 couples aujourd’hui, alors qu’il y a encore 350 spécimens en Forêt Noire, de l’autre côté de la vallée.

.

Oiseau mythique, le grand tétras reste dans l’esprit des gens « l’espèce royale », l’oiseau qu’on tire une fois dans sa vie. Aujourd’hui, ce n’est plus sa chasse qui le menace, mais le dérangement, en particulier l’hiver lorsque les randonneurs en raquettes sillonnent ses lieux de repos. Durant la saison hivernale, en effet, le grand tétras ne mange plus que des aiguilles de sapin, peu nourrissantes, et il reste perché dans le même arbre. S’il est dérangé, il dépense une énergie qu’il n’a plus et risque sa vie. Dans le massif du Taennchel, pourtant propice à son habitat (hêtraie-sapinière à gros arbres, forêt claire et sous-bois à myrtilles), il n’en reste plus qu’un ou deux couples. On mise beaucoup sur les îlots de sénescence pour le voir revenir…

.

Quant au lynx, encore plus discret que le grand tétras, il a été réintroduit à partir de 1983 dans les Vosges, précisément par les agents de l’Office national de la chasse alors basés à Thannenkirch. Au total, entre 1983 et 1993, il a été relâché 21 lynx (importés de Slovaquie). Au début, ils étaient suivis par collier émetteur. Aujourd’hui, c’est fini. Ses proies favorites : chevreuils et chamois. A la différence du Jura, où il y a entre 80 et 100 individus, on n’a pas noté de mort par collision sur la route de nuit dans les Vosges. Depuis le retour du lynx en Suisse, il y a eu 46 victimes de la route. « Ici dans les Vosges, c’est le braconnage qui tue le lynx ». Curieusement, jamais les chasseurs ne mentionnent la rencontre d’un lynx, alors qu’ils arpentent la forêt en même temps que sortent lynx et chevreuils… Un couple de loups est présent dans le massif (ils ont répondu à l’appel). Ils auraient quelque 150 moutons à leur « actif ». Dans les Vosges, le mouton est très vulnérable car il est élevé dans de petits enclos, sans berger ni chiens.

.

Après un copieux repas alsacien (avec sanglier en daube) à l’auberge Melkerhof (la laiterie), nos hôtes nous emmènent à l’assaut du Taennchel, en guise de promenade digestive. Nous traversons de grandes sapinières plantées par des privés (sapins, douglas ou pins noirs), puis des forêts communales « jardinées », avec sapins, hêtres, pins sylvestres et érables sycomores.

.

Nous marchons dans des chemins ou sentiers semés de granite décomposé, assez raides. Puis c’est le sentier de crête, pratiquement horizontal. Superbe balcon sur la plaine d’Alsace, avec ses chaos rocheux de grès ou de granite. Nous nous regroupons pour finir au refuge du Kutzig Buech (hêtre échevelé), étiqueté 945 m. Et nous redescendons par des sentiers plus raides encore pour regagner Obernai et son salon bio.

.

Le voyage des JNE à Obernai en photos

Voici un reportage photo de Bernard Desjeux sur le voyage des JNE en Alsace à l’occasion du salon Biobernai, qui se tenait du 14 au 16 septembre 2012.

Pour voir le diaporama, cliquez ci-dessous sur [View with PicLens]

[nggallery id=15]