Covid-19

Sauver la biodiversité en étant confinés

Préserver la biodiversité, la faune et la flore devient une priorité pour faire face à la pandémie de coronavirus.

par Jean-François Noblet *

L’association le Pic vert a arrêté toutes ses activités, mais elle propose aux personnes confinées de recenser et de neutraliser les pièges involontaires mortels pour la faune qui existent chez vous, dans la maison ou le jardin. C’est le cas des baies vitrées qui assomment des oiseaux, des trous au ras du sol dans lesquels des animaux tombent, des chenaux qui capturent des lézards, etc. Il existe des systèmes très simples et peu coûteux pour neutraliser ces pièges et sauver des milliers d’animaux. Toutes les personnes qui souhaitent en savoir plus peuvent demander une plaquette numérisée gratuite sur le sujet à l’adresse mail suivante : jf@noblet.me

Avec notre association le Pic vert, nous avons aussi lancé un fil de discussion sur notre forum intitulé : Je regarde par la fenêtre. On a demandé à nos adhérents de nous signaler toutes les observations naturalistes qu’ils réalisent, même pour les espèces les plus communes. On détermine les photos d’insectes, on apprend comment distinguer le sexe d’un chardonneret ou d’un Pic épeiche. Cela marche fort et on enregistre toutes les infos sur la base de données naturalistes du Pic vert.

* Coprésident de l’association Pic Vert.

 

La santé environnementale, grande absente du débat sur la crise sanitaire du coronavirus

Alors que le personnel soignant doit faire face à l’afflux de malades et à l’absence de moyens, certaines voix s’élèvent pour nous inviter à faire un pas de côté et comprendre pourquoi cette crise sanitaire liée à l’apparition du Covid-19, nous ébranle tant. Si ce virus s’avère mortel pour beaucoup de personnes atteintes, c’est aussi parce que nos organismes sont trop souvent fragilisés par nos modes de vie.

par Jean-Claude Noyé

Jean-Dominique Michel – photo DR

Dans la masse des informations suscitées par la crise sanitaire, certaines sortent du lot par leur capacité à éclairer notre regard et à relativiser le tourment dans lequel nous sommes. Je pense en particulier à l’article que Jean-Dominique Michel a posté sur son blog : « Covid 19 : fin de partie ! ? ». Le titre est un clin d’oeil à la vidéo amplement diffusée dans laquelle le Pr Didier Raoult défend le recours à la chloroquine. Proche des thèses défendues par l’épidémiologiste marseillais, Jean-Dominique Michel, de nationalité suisse, est un anthropologue de la santé et expert en santé publique. Comme tel, il est intervenu dans de nombreux programmes universitaires. Et, affirme-t-il, il a créé plusieurs dispositifs socio-sanitaires innovants, en particulier en santé mentale. Quoi qu’il en soit, son article a lui aussi beaucoup circulé et il est aussi long que documenté. Je résume ici ses arguments en sept points.

Un : le vocabulaire guerrier adopté par tous les chefs d’Etat est inadéquat. Nous ne pourrons jamais « vaincre » le virus, mais juste se prémunir contre ses dégâts puis apprendre à vivre avec lui.

Deux : certes, à défaut de pouvoir appliquer un confinement restreint réservé aux personnes détectées, tel que pratiqué en Chine, en Corée du Sud et (jusqu’à nouvel ordre) en Allemagne, nous n’avons pas d’autres choix que de respecter les mesures de confinement général. Mais en aucun cas nous ne devons renoncer à notre esprit critique. « Mettre en dialogue ce que nous vivons est essentiel à la fois pour notre santé psychique individuelle et notre résilience collective », écrit Jean-Dominique Michel.

Trois : le Covid-19 semble être le plus souvent bénin en l’absence de pathologies préexistantes. Les données en provenance d’Italie confirment que la grande majorité des personnes décédées souffraient d’une à trois pathologies chroniques (hypertension, diabète, maladies cardiovasculaire, cancers, etc.) avec, selon l’auteur de cet article, un âge moyen des victimes de 79,5 ans et très peu de pertes en-dessous de 65 ans.

Quatre : « la dramaturgie collective hallucinée que nous vivons » masque la réalité des chiffres : alors que les affections respiratoires habituelles font chaque année bon an mal an 2 600 000 morts à travers le monde, la mortalité liée au Covid-19 s’établissait, au quatrième mois de l’épidémie, à 12 000 décès. Bref, « nous sommes très très loin d’avoir un effet statistiquement significatif au regard de la mortalité habituelle et en particulier de la surmortalité saisonnière ».

Cinq : en l’absence de dépistage systématique de la population, nous n’avons aucune donnée fiable car, en réalité, le nombre de personnes déclarées positives au Covid est très largement inférieur au nombre de personnes réellement infectées, « dont à peu près la moitié ne se rendra même pas compte qu’elle a contracté le virus ». Le taux de dépistage restant faible même dans les pays qui ont pris massivement cette voie, « on est de toute manière très loin des statistiques disponibles basées sur des données lacunaires ». Quant aux projections faites pour imaginer le nombre de morts possibles, elles sont « rien moins que délirantes car elles reposent sur un «forçage» artificiel et maximal de toutes les valeurs et coefficients ».

Six : hélas, le vrai point noir, c’est que cette épidémie entraîne des complications redoutables. « L’existence de ces cas graves justifie que l’on ne s’en remette pas simplement à l’immunité de groupe » (*) A fortiori parce que les services d’urgence sont engorgés, les équipes soignantes prenant de plein fouet la réduction drastique des moyens hospitaliers opérée depuis 20 ans.

Sept, enfin, et c’est là une donnée qui, pour nous, écologistes, résonne particulièrement : la santé environnementale est étroitement liée à cette crise sanitaire. De fait, les pathologies chroniques rendent une infection au SARS-CoV-2 potentiellement fatale aux patients touchés par ces maladies de société. Comme le souligne un communiqué de presse du Réseau environnement santé (RES), « alors que, classiquement, on oppose maladies transmissibles et maladies non transmissibles, cette crise oblige à les considérer d’un même point de vue ». Dès 2006, l’OMS elle-même a qualifié d’épidémie la progression foudroyante des maladies de longue durée ou maladies de civilisation largement liées à notre mode de vie. En France, entre 2003 et 2017, les maladies cardio-vasculaires ont ainsi progressé de 171 %, le diabète de 94 % et le cancer de 49 %. Rapportées au niveau mondial, les maladies chroniques sont désormais responsables de la grande majorité des décès non accidentels. Quelles en sont les causes majeures ? La malbouffe, le stress, la sédentarité. Et, last but not least, la pollution.

L’action délétère des pollutions environnementales sur notre santé est en effet aujourd’hui largement avérée. On sait ainsi que la pollution de l’air est responsable de près de 48 000 décès prématurés par an en France, que l’usage massif des pesticides n’est pas sans incidence sur l’obésité et le diabète. Ou que le recours trop longtemps impuni au chlordécone dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique a eu des effets négatifs sur le développement cognitif ou moteur des nourrissons, qu’il a augmenté significativement les cas de prématurité. Enfin, que son usage massif explique que la Martinique détienne le triste record du monde du nombre de cas de cancers de la prostate. Chimiste et toxicologue, André Cicolella, le président du RES, s’appuie sur des études scientifiques convergentes pour démontrer, dans Les Perturbateurs endocriniens en accusation. Cancer de la prostate et reproduction masculine (Editions Les Petits Matins), que les pollutions chimiques de tous ordres sont en réalité le premier déterminant de notre santé. Les perturbateurs endocriniens, outre qu’ils ont partie liée avec le développement inquiétant des maladies chroniques, seraient en cause, selon certains chercheurs, dans l’explosion fulgurante des cas d’autisme (aux États-Unis, 1 enfant sur 5000 en 1975, 1 enfant sur 45 aujourd’hui). Ces mêmes perturbateurs endocriniens « dont l’action pendant la grossesse induit des maladies chroniques à l’âge adulte, induisent, pour certains d’entre eux, une baisse des défenses immunitaires, ce qui favorise les maladies infectieuses », prévient le RES.

Or, que font les pouvoirs publics pour s’attaquer à ces causes ? Rien ou si peu. « On continue à dire que l’augmentation des maladies chroniques, dont le cancer, s’explique surtout par le vieillissement de la population. Or elles frappent des personnes de plus en plus jeunes. Les scientifiques comprennent mieux l’impact du stress chimique sur le bébé dans la période intra-utérine et les premiers mois », m’expliquait ainsi André Cicolella dans une interview à La Vie (01/08/18). Et de poursuivre : « On sait aujourd’hui que des femmes ont “démarré” leur cancer du sein dans le ventre de leur mère. Le paradoxe, c’est qu’on ne se donne pas les outils pour lutter contre les cancers dominants que sont le cancer du sein et le cancer de la prostate ».

De fait, la santé environnementale reste le parent pauvre des politiques de santé. Ainsi, dans le document d’une centaine de pages intitulé Stratégie nationale de santé 2018-2022, à l’initiative d’Agnès Buzyn, l’ex-ministre des Solidarités et de la Santé, la promotion d’une alimentation saine n’occupe qu’une demi-page. La réduction de l’exposition aux pollutions extérieures et aux substances nocives pour la santé ? Deux pages. La pollution de l’air ? Une peccadille. Autre exemple : dans le plan cancer 2014-2019, le terme « perturbateur endocrinien » n’a qu’une seule occurrence.

Jean-Dominique Michel, l’auteur de l’article ci-dessus décrypté, dénonce « les facilités coupables accordées à des industries hautement toxiques au détriment du bien commun et de la santé de population ». Courageuse pourfendeuse des profits colossaux réalisés par l’industrie pharmaceutique – trop souvent sur le dos des patients – et du poids écrasant des lobbyistes qui les représentent auprès des pouvoirs publics, la députée européenne Michèle Rivasi a, quant à elle, co-organisé à l’été 2018 la Marche des cobayes pour la santé environnementale. Une délégation a été reçue le 2 juillet 2018 par le cabinet de Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, pour y demander l’organisation d’États généraux de la santé environnementale. A ce jour, toujours rien. Pourtant, comme l’explique encore André Cicolella : « C’est un changement de paradigme qui s’impose, une vision globale de la santé, qui ne se résume pas seulement au système de soin. Faute de l’avoir compris, notre société risque être de plus en plus sensible aux épidémies infectieuses, même de faible intensité. »

* Le processus par lequel chaque personne qui contracte le virus et n’en meurt pas s’immunise, la multiplication des immunisés conduisant à un effet collectif de protection immunitaire…

Covid-19, le vertige des exponentielles

On ne se méfie jamais assez des exponentielles. Si tu es porteur du virus et que tu contamines deux personnes, ces deux personnes vont transmettre à leur tour le Covid-19 à quatre personnes, puis à 8, etc. Cela apparaît au début peu inquiétant, mais au bout de dix transmissions, une seule personne en a rendu malade 1 027 ; au bout de 20 transmissions il y a plus de un million (1 048 576) de personnes infectées.

par Michel Sourrouille

Ce schéma théorique est proche de la vitesse de diffusion du coronavirus. La courbe épidémique chinoise semble montrer un « R0 » de 2,2. Le R0 correspond au nombre moyen de personnes qu’un individu infecté peut contaminer en six jours. Cela peut paraître proche du 1,3 de la grippe, pourtant le nombre de contaminés s’envole beaucoup plus vite. D’où la période de confinement que les gouvernements généralisent dans la plupart des pays, il faut bloquer impérativement la chaîne de transmission le plus vite possible.

De façon imagée, la parabole du nénuphar nous indique qu’il ne faut pas tarder à prendre des décisions politiques. Imaginons un nénuphar planté dans un grand lac qui aurait la propriété de produire chaque jour son semblable tout en continuant à vivre et se reproduire. On estime qu’au bout de trente jours, la totalité du lac va être couverte, ce qui provoquera l’extinction de la vie. On se décide à n’intervenir qu’au moment où les nénuphars auront occupé la moitié du lac. Quel jour donc ? Réponse : non pas 15 jours, comme on pourrait le penser un peu hâtivement, mais bien au 29ème jour, c’est-à-dire la veille, puisque le double de superficie est recouvert chaque jour. Au bout du 24ème jour, 97 % de la surface du lac est encore disponible et on ne pouvait imaginer visuellement la catastrophe qui se préparait dans une semaine. Le cerveau humain semble difficilement saisir les propriétés d’une croissance exponentielle, une vitesse fulgurante, et il n’y a pas que le Covid-19 qui est en cause.

Notre consommation exponentielle des ressources naturelles épuisera beaucoup plus vite que nous l’imaginons le potentiel de la Terre. Malthus en 1798 avait déjà montré les méfaits de l’augmentation exponentielle de la population humaine : « Lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doubler tous les vingt-cinq ans, et croît de période en période selon une progression géométrique (autre expression pour dire évolution exponentielle ». Le rapport au Club de Rome de 1972 dénonçait aussi les exponentielles : « Chaque jour pendant lequel se poursuit la croissance exponentielle rapproche notre écosystème mondial des limites ultimes de sa croissance. Étant donné les temps de réponse du système, si l’on attend que ces limites deviennent évidentes, il sera trop tard. Décider de ne rien faire, c’est donc décider d’accroître le risque d’effondrement. Adopter un tel comportement, nous l’avons maintes fois démontré, c’est finalement courir au déclin incontrôlé de la population et des investissements par voie de catastrophes successives. Cette récession pourrait atteindre des proportions telles que le seuil de tolérance des écosystèmes soit franchi d’une manière irréversible. Il resterait alors bien peu de choses sur terre permettant un nouveau départ sous quelque forme envisageable que ce soit. »

Le problème de nos dirigeants, c’est qu’ils considèrent qu’ils sont comptables du nombre de nos morts seulement s’il s’agit d’un péril immédiat. Exemple avec ce coronavirus. Par contre, le nombre de morts par le réchauffement climatique provoqué par les émissions exponentielles de nos gaz à effet de serre, cela paraît trop lointain pour qu’on y prête attention. Nos décideurs devraient connaître la parabole du nénuphar…

Michel Sourrouille anime le blog Biosphère, sur lequel il a déjà mis en ligne de nombreux textes sur le Covid-19.

Scénario catastrophe numéro dix : les nouvelles épidémies

Un adhérent “historique” des JNE nous envoie le texte qu’il avait consacré aux virus et aux nouvelles maladies épidémiques dans son livre L’Humanité disparaîtra, bon débarras ! (première édition 2006 ; édition “revue et aggravée” 2013 ; chez Arthaud). C’était (sur treize possibles) la dixième solution par laquelle il imaginait que notre espèce pouvait s’éteindre et se faire définitivement oublier du reste des vivants.

par Yves Paccalet

La forêt du Guatemala…

Odeur d’humus et d’orchidée. Je marche au hasard des temples de Tikal. Je foule une pierre plate qui (mon Dieu ! protégez-moi de mes doux rêves : mes cauchemars, je m’en charge…) fut un autel où les prêtres aztèques arrachaient le cœur palpitant des jeunes vierges. Une guêpe me vrombit autour du crâne, tel un prêtre aztèque armé de son poignard. Le dieu du Soleil rend fous ceux qu’il veut perdre.

Je contemple le fouillis d’arbres, de fleurs, de fougères, de mousses et de champignons qu’arpentent, croquent, lèchent ou sucent des légions d’insectes, d’araignées, de mollusques… Encore n’aperçois-je que les grandes créatures. Mille milliards de fois plus nombreuses sont les petites : acariens, amibes, bactéries, mycoplasmes… Jusqu’aux virus !

Voici un demi-siècle, peu de touristes visitaient les temples mayas. De nos jours, les avions atterrissent à deux pas. La population humaine explose, vaque, brasse et se mêle. Les migrations s’accélèrent. Les guerres et les glorieux assassinats jettent sur les routes des cortèges de réfugiés. Dans le même temps, nous saccageons les milieux naturels. Nous rasons les forêts. Nous draguons les océans. Nous nous installons dans les lointaines oasis ou au sommet des montagnes.

Je ne suis pas le seul à redouter que nous n’ouvrions ainsi une boîte de Pandore bien plus dangereuse que celle de la mythologie. Nous avons appris à vivre avec une cohorte de parasites qui nous veulent du mal, mais que notre système immunitaire contrôle à peu près. Notre espèce pourrait devoir affronter bientôt d’impitoyables tueurs, qu’elle s’ingénie à déterrer dans les recoins de la planète. La première cause de mortalité des Indiens du Nouveau Monde, qui amena en un siècle leur population de quatre-vingts à quatre millions d’individus, ne fut pas la barbarie des Européens (pourtant inspirés par ce noble massacre), mais les maladies introduites par les colons, y compris par les missionnaires et les amis des « bons sauvages ». Les Indiens trépassèrent en masse de grippe, variole, rougeole, syphilis ou poliomyélite.

Nous nous retrouvons, aujourd’hui, dans la situation des Hurons, des Aztèques ou des Quechuas du XVIIe siècle. Les envahisseurs sont parmi nous et nous l’ignorons. Ils ne descendent pas d’une autre planète et n’ont pas le petit doigt en l’air. Ils sont invisibles. Là, au coin de la rue, dans l’autobus, au café, à l’hôpital, au ministère de la Santé… Nous en connaissons quelques-uns. Le VIH du sida nous a agrippés dès les années 1950, probablement à partir d’une souche de singes d’Afrique centrale. D’autres surgissent. Les virus du singe vert, de la fièvre de Marburg et de la maladie du légionnaire. Ceux de Junin, de Machupo et de Sabla, apparus en Amérique du Sud, et que les microbiologistes surveillent d’un œil nerveux. Le hantavirus, exalté par le collapsus de l’Union soviétique et la prolifération concomitante des souris. Les agents de la fièvre d’Ebola, de la fièvre West Nile, de celle de Lassa… L’étrange « virus X » a tué des milliers de personnes au sud du Soudan, avant de disparaître. Totalement ? N’en croyons rien… Je glisse sur les souches pathogènes du SRAS (le syndrome respiratoire aigu sévère). Ou sur les sueurs froides que donne aux spécialistes la perspective d’une recombinaison des caractères épidémiques et morbides des virus de la grippe des oiseaux, des cochons et des hommes…

Je ne veux effrayer personne, mais je regarde les microbes avec de moins en moins d’humour. Je n’oublie pas les bactéries du choléra, de la tuberculose ou de la syphilis, ni les protozoaires comme ceux du paludisme : tous ces micro-organismes « classiques » semblent animés d’une énergie nouvelle. Ils résistent aux antibiotiques. Ils sont plus virulents et plus teigneux que leurs pères.

Je me demande si, au-delà des vieilles querelles écologiques, la première raison de lutter contre le saccage de la Terre ne va pas devenir un pur souci de santé publique. Les scientifiques ont établi, par exemple, qu’il existe, dans les profondeurs du sol, à plus de trois mille mètres, d’incroyables grouillements de bactéries. Certains de ces anaérobies, peut-être aussi vieux que la vie même, ont reçu le nom de Bacillus infernus. On en trouve dans des poches de pétrole très profondes.

Réveillerons-nous ces monstres endormis pour quelques barils de future marée noire ?

Au XVe siècle, la population humaine atteignait cinq cents millions de sujets. En quelques années, de l’Extrême-Orient à l’Asie mineure, à l’Afrique du Nord et à l’Europe, d’abominables pestes tuèrent quatre-vingts millions d’individus. Une personne sur six ! Si une épidémie aussi féroce et fulgurante frappait l’humanité actuelle en y causant la même proportion de victimes, on dénombrerait plus d’un milliard de cadavres !

Je ne veux paniquer personne, mais cela pourrait se produire bientôt. Mettons : l’année prochaine !

Le virus Covid-19, vecteur de décroissance

Les militants de la décroissance l’ont rêvé, le coronavirus l’a fait : l’activité productive est à l’arrêt, le krach boursier est arrivé, les perspectives de croissance sont en berne, les déplacements sont réduits au strict minimum, les voyages par avion sont supprimés, les enfants restent en famille chez eux, le foot spectacle se joue à huis clos, et même les gouvernements sont en danger.

par Michel Sourrouille

La Bourse de Paris a vécu, jeudi 12 mars, la pire journée de son histoire en subissant une chute de − 12,28 %, à l’image des principales places européennes, qui se sont toutes effondrées, provoquant un krach boursier historique. Wall Street s’est également effondrée de 7,3 % (Dow Jones) à l’ouverture, ce qui a provoqué une interruption automatique des échanges. La BCE constate une « considérable aggravation des perspectives de croissance ». Lors de la crise financière de 2008, la panique avait finalement été enrayée quand les leaders du G20, les principales économies de la planète, avaient réussi à se coordonner. Leur front commun s’était avéré décisif. Pour l’instant, les réactions en ordre dispersé face à la pandémie de Covid-19 accentuent la panique et rendent inaudibles les plans de secours.

Pour lire la suite de cet article, rendez vous sur le blog Biosphère de Michel Sourrouille.

Covid-19 : #BienSinformer avec quelques sites clefs

La pandémie du Covid-19 qui met le monde sur pause pour une durée encore indéterminée se double actuellement d’une autre pandémie sur les réseaux sociaux : la diffusion de fausses informations ou d’informations inexactes et imprécises sur la maladie et les façons de lutter contre. Comment faire, donc, pour disposer d’informations fiables ?

par Anne-Sophie Novel

Covid-19 – photo DR

Etonnamment, c’est une réflexion que je me suis faite à plusieurs reprises depuis que je travaille sur notre rapport à l’information et aux médias : alors que nous sommes tous connectés, en ligne, via les réseaux, notre rapport au monde dépend de plus en plus de la façon dont nous accédons à l’information. « Que se passerait-il si, un jour, nous étions isolés avec pour seule fenêtre sur le monde l’image que nous en donnent les médias et réseaux sociaux ? » me suis-je même demandé il y a quelques semaines… Et nous y voilà, confinés à cause d’un con fini, l’histoire d’un être humain qui mange un pangolin et chope alors un mauvais rhume qu’il passe à son voisin qui à son tour en contamine d’autres massivement… au point qu’on se retrouve toutes et tous dans une situation de pause forcée, où nos ressources et notre rapport au monde, aux autres, doit se redéfinir sur la maxime du « seul, ensemble », solitaires et solidaires à la fois.

Pour lire la suite de ce texte, cliquez ici sur le site Les médias, le monde et moi.

Effet du coronavirus ? La transition énergétique passe au vert en Algérie

L’effet de l’épidémie de coronavirus sur les prix du pétrole a rehaussé la place prioritaire de l’énergie verte dans la politique énergétique de l’Algérie.

par M’hamed Rebah

Pour la première fois, la voiture électrique s’est invitée dans la réunion d’un Conseil des ministres. Le dimanche 9 mars, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné d’encourager l’acquisition par le secteur public de voitures électriques. Tout récemment, le ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Aït Ali Braham, a annoncé que les voitures électriques hybrides remplaceraient les voitures à moteurs Diesel exclues de l’importation des véhicules de moins de 3 ans. Son argument est écologique: « les véhicules Diesel posent un problème de pollution majeur ». En novembre 2019, les députés n’étaient pas de cet avis puisqu’ils ont adopté un amendement de l’article 106 du projet de loi de finances 2020, relatif à l’autorisation d’importation des véhicules touristiques d’occasion de moins de 3 ans, pour inclure les véhicules Diesel, alors que dans le texte qui leur a été présenté par le gouvernement, l’article initial prévoyait que les citoyens algériens ne pourront pas importer les véhicules Diesel. Il faut s’attendre à ce que la disposition interdisant l’importation de véhicules à moteur Diesel, soit réintroduite dans la loi de finances complémentaire annoncée par le président Tebboune. En 2018, plus du tiers du parc automobile roulait au gas oil. Le chef de l’Etat a également ordonné la conversion au Sirghaz (marque commerciale du carburant GPL, gaz de pétrole liquéfié) des voitures de service dans le secteur public. A une autre occasion, le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a affirmé que l’Etat a mobilisé tous les moyens pour équiper, à l’horizon 2023, un million de véhicules en kit de GPL.

Autre fait notable qui ressort du communiqué du Conseil des ministres : l’introduction de l’énergie nucléaire dans le projet énergétique, accompagnée de la maîtrise de la gestion et du traitement des déchets nucléaires. Cette annonce n’est pas nouvelle. Il y a une quinzaine d’années, un ancien ministre de l’Energie estimait déjà opportun de commencer à envisager le développement de l’énergie nucléaire en Algérie pour la production d’électricité. Le lancement de la première centrale électrique fonctionnant à l’énergie nucléaire était même prévu pour 2020 (cette année). L’échéance est maintenant reculée à 2035. Au préalable, il faut surmonter les contraintes liées à l’électronucléaire et précisément à sa technologie réputée pour ses exigences particulièrement élevées en capitaux, en expertise scientifique et technique, en savoir-faire industriel et managérial, en maîtrise administrative, en ressources humaines hautement et très hautement qualifiées. Sur ce dernier point, l’Algérie a demandé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) une aide en matière de formation. Un centre de formation et d’appui à la sécurité nucléaire a vu le jour en 2012. Un comité de sécurité nucléaire, chargé d’élaborer et de mettre à jour le programme intersectoriel de sécurité nucléaire, existe depuis août 2014 et un Institut national de génie nucléaire a été créé, à la même période, pour former les ingénieurs et techniciens chargés de faire fonctionner deux centrales nucléaires de 1000 mégawatts chacune. A l’époque, rien n’avait été décidé pour le site qui conviendrait à la construction de ces centrales nucléaires, le nord du pays étant visiblement exclu pour cause de forte sismicité. Les sources officielles avaient indiqué qu’elles pourraient être implantées dans la région des Hauts-Plateaux en privilégiant, évidemment, les endroits suffisamment pourvus en ressources en eau. En octobre 2013, un haut responsable du secteur de l’Energie avait défini la consommation des diverses sources d’énergie envisagée après 2030 en Algérie, comme suit : moins de 50 % en pétrole et gaz naturel, 20 % en charbon, 25% en énergies renouvelables et le reste en nucléaire.

Aujourd’hui, on ne parle pas de charbon et l’accent est mis sur le développement des énergies renouvelables, la maîtrise de la consommation énergétique et l’efficacité énergétique, qui constituent l’essentiel de la transition énergétique inscrite dans le plan d’action du gouvernement. Dimanche 8 mars, en Conseil des ministres, le Président Tebboune a également donné des instructions pour l’utilisation immédiate de l’énergie solaire dans l’éclairage public à travers toutes les communes du pays. Selon les derniers chiffres fournis en décembre 2019 par le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, l’éclairage public constitue la plus importante source de consommation d’énergie au niveau local avec un taux de 56 % et une facture qui avoisine les 14 milliards de dinars par an (plus de 100 millions d’euros). Enfin, fait significatif : le communiqué officiel ne mentionne pas le gaz de schiste dans l’exposé du ministre de l’Energie présenté au Conseil des ministres.

Cet article a été publié dans La Nouvelle République (Alger) du jeudi 12 mars 2020.

Coronavirus : pouce, on ne joue plus !

 


par Danièle Boone

.Un virus nous impose une pause mondiale. Comme dans chat perché, il faut une vraie raison pour crier « Pouce ! » Le Covid-19 est-il une vraie raison ? Sans aucun doute, mais les décisions prises à la hâte ressemblent à un aveu de l’impuissance de nos gouvernants ? Et d’incohérence : est-ce que cela a du sens de tout fermer et de maintenir le premier tour des municipales ? Est-ce que cela a du sens d’interdire toute sortie dans les 36 heures, juste suffisamment de temps pour que tous les citadins ayant un refuge à la campagne se précipitent dans des trains pleins ? Un vent de panique semble avoir saisi l’humanité alors que 96 % des personnes atteintes par le Covid-19 guérissent.  Si le Covid-19 est assurément une vraie raison, il y a eu beaucoup d’autres vraies raisons qui auraient dû nous inciter à stopper notre course folle bien avant, notamment l’épidémie de SRAS de 2002-2003 ou la grippe aviaire de 2009 dont nous n’avons pas su retenir les leçons.

Alors oui, pouce, mais pour en profiter pour réfléchir plutôt que paniquer, voire d’orchestrer la panique. Que nous dit la crise actuelle ? La mondialisation néolibérale révèle sa fragilité. La Chine, le modèle de la croissance économique, en chute libre, entraîne à sa suite tout le monde occidental. La menace du krach financier fait frémir toutes les places boursières. Mais prendrons nous conscience que la financiarisation du monde et le consumérisme qui va avec est une voie absurde qui mène l’humanité à sa perte ou plutôt allons nous cesser de faire l’autruche et prendre enfin notre destin en main ?

A l’aune de la crise, nous découvrons de nouvelles aberrations comme ces avions qui ont volé quasi à vide juste pour ne pas perdre leurs créneaux horaires ou les molécules les plus courantes de l’industrie pharmaceutique qui sont fabriquées pour la plupart en Chine, nous rendant complètement dépendants. «.Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour.», a affirmé le président Macron dans son discours aux Français du 12 mars.

« Pouce, on ne joue plus », cela ne veut pas dire : « on ne joue plus tout court mais on fait une pause ». Il est sous-entendu que le jeu va reprendre. Plus tard. Avec les mêmes règles. Dans son discours du 16 mars, Macron a affirmé que demain ne sera plus comme avant. Nous verrons si, enfin, il s’attaquera à ce qui semble le plus fondamental à un nombre croissant d’entre nous. L’épidémie de coronavirus nous montre la voie : elle a fait baisser les émissions de CO2 de la Chine de 25 % et les émissions mondiales de gaz à effet de serre et toutes les autres pollutions ont reculé fortement sous l’effet de la nette décrue de la croissance mondiale.

Avec cette épidémie inédite, nous vivons les conséquences du dérèglement climatique et de la perte de la biodiversité dans notre chair et ce n’est qu’une première étape si nous ne changeons pas de manière radicale. Le moment semble venu de se mobiliser tous ensemble, non pas seulement momentanément pour lutter contre un virus ,mais pour transformer notre société ultra-libérale en société plus résiliente. Alors oui, pouce. Posons-nous, remettons tout à plat, mobilisons nous et changeons les règles ! Et si nos gouvernants ne le font pas, faisons le nous-même. «.Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens engagés et imaginatifs puisse changer le monde, car il en a toujours été ainsi.», disait l’anthropologue américaine, Margaret Mead.

Danièle Boone est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Je sauve les oiseaux (Rustica 2020), la version pour les enfants de son manifeste Sauvons les oiseaux (Rustica, 2019) et de Accueillir les insectes dans mon jardin  – ma contribution à la biodiversité (Jouvence nature, 2019). Elle co-anime la mensuelle environnementale Planète Nièvre sur RCF Nièvre.


voir son blog


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A propos du nouveau coronavirus 2019-nCoV

Un adhérent des JNE, épidémiologiste et spécialiste des mammifères, nous fait le point sur l’épidémie causée par le coronavirus 2019-nCoV.

par François Moutou

 

Modèle en 3 D du coronavirus 2019 n-CoV montrant ses composants – source Scientific Animations (CC BY-SA 4.0) (hyperlien https://www.scientificanimations.com/wiki-images/)

Certains se souviennent sans doute de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), peut-être moins de celle de MERS (Middle East respiratory syndrome). Le SRAS, de fin 2002 à mi-2003, parti de Chine, a touché environ 9000 personnes, dont 800 ont malheureusement perdu la vie. Le MERS a débuté en 2012 en péninsule arabique et se poursuit toujours avec environ 2500 cas dont plus de 850 décès fin 2019 dont on parle peu. Ce virus n’a fait qu’une sortie hors de sa région d’origine vers la Corée du Sud où il a été ensuite maîtrisé.

Les premiers cas humains de SRAS sont liés au contact de bouchers ou de cuisiniers avec des civettes palmistes masquées dans des restaurants du sud de la Chine. Ni les éleveurs, ni les consommateurs n’ont été touchés. Ensuite le virus s’est rapidement adapté aux humains et l’essentiel des cas correspond à des transmissions intra-humaines. Quelques malades ont été des diffuseurs extraordinaires du virus avec un schéma épidémiologique très particulier. Un médecin chinois contaminé auprès de malades est venu du Guangdong se reposer dans un hôtel de Hong Kong. A lui seul, il explique l’arrivée du virus dans plusieurs pays. Les équipages de plusieurs compagnies d’aviation internationales y faisaient escale. Ces personnes se sont croisées dans le hall de l’hôtel, dans l’ascenseur, dans les escaliers…

Les premiers cas de MERS semblent liés à un virus présent chez les dromadaires qui est passé aux humains en 2012 et en Arabie sans que l’on sache pourquoi là et à ce moment. Il y a aussi des transmissions entre humains, mais ce virus semble moins « agressif » que le précédent. La notion de contact avec des dromadaires revient dans de nombreux cas.

D’un point de vue viral, il s’agit dans les deux cas de Betacoronavirus dont les ancêtres circulent chez diverses espèces de chiroptères. Cependant, les virus responsables du SRAS comme du MERS ne sont pas des virus de chauves-souris et n’ont pas été identifiés chez elles même s’ils en restent proches. Ils se sont adaptés à un mammifère terrestre dans un premier temps, puis aux humains dans un deuxième temps.

Le nouveau virus est appelé pour l’instant 2019-nCoV. Nommer un nouveau virus est toujours compliqué et prend en compte de nombreux paramètres. Certains noms sont difficiles à porter. A ce jour (30 janvier 2020), on ne sait pas encore quelle espèce a contaminé les premiers humains. Cela semble s’être produit dans la ville de Wuhan au centre de la Chine, dans ou autour d’un marché aux poissons mais qui ne vendait pas que des poissons, loin s’en faut. Ce type de marché accumule des dizaines d’espèces animales vivantes, domestiques et sauvages, dans des conditions de stress élevées. C’est idéal pour tester la sensibilité croisée de diverses espèces animales, et vers les humains, à leurs virus, bactéries et parasites respectifs. Ces conditions ne correspondent pas du tout aux environnements naturels de ces espèces, quelles qu’elles soient. Il est difficile de calculer la probabilité de réussite, mais cet évènement survient 17 ans après l’émergence du SRAS, ce n’est donc pas si fréquent.

Toutes les leçons de 2002-2003 n’ont peut-être pas été retenues. La Chine n’a interdit la vente d’animaux sauvages vivants que tout récemment (janvier 2020). Seule la vente des civettes était officiellement interdite depuis 2003. SRAS et 2019-nCov semblent liés à des marchés ou à des restaurants où des animaux sauvages sont vendus et dépecés, le MERS à l’élevage des dromadaires.

Aujourd’hui, le nouveau virus semble bien adapté à Homo sapiens et l’épidémie qui se développe actuellement ne paraît plus avoir besoin d’une source animale. Ce sont bien des humains qui circulent et prennent l’avion avec le virus « humanisé ». Les transports aériens déplacent entre 3 et 4 milliards de passagers par an à travers la planète. Même si certains prennent l’avion plusieurs fois par an, ce qui arrive maintenant n’a rien de surprenant.

L’incubation d’une maladie infectieuse correspond à la période de temps qui sépare le contact avec l’agent pathogène et le début des signes cliniques de la maladie. Dans le cas du nouveau virus, l’incubation pouvant durer quelques jours, peut-être une dizaine (la « quarantaine » est fixée à 15 jours par mesure de sécurité), elle permet à un nouveau contaminé de rester apparemment sain avant de changer de continent et de tomber malade ensuite. Les maladies infectieuses, les virus, bactéries, les parasites, n’ont pas tellement changé, c’est nous qui leur offrons la planète.

D’autres informations vont certainement combler peu à peu les interrogations encore en suspens. Dans le cas du SRAS, apparu fin 2002, probablement en novembre, l’animal source, la civette, a été découvert en juillet 2003. Dans le cas du nouveau, on ne sait pas si cela ira plus vite mais en fait, le risque est maintenant lié aux activités, déplacements, voyages des humains. L’enjeu est de couper la transmission du virus depuis les malades vers les personnes saines. Dans le cas du SRAS, les malades avaient des symptômes cliniques avant d’être contagieux alors que dans le cas de la grippe, c’est le contraire. Les futurs malades de grippe, en incubation et sans symptôme, sont déjà contagieux. Pour le nouveau, on ne sait pas encore. Si le schéma est celui du SRAS, les prévisions sont plus favorables que dans le schéma grippal. Il faut encore attendre.

A lire
– Des épidémies, des animaux et des hommes, François Moutou, Le Pommier, Paris, écrit et publié en 2018, où le SRAS est présenté avec les données disponibles.

– Le communiqué de la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères, dont François Moutou est l’un des responsables.

– L’opinion de Jean-François Silvain, président de la FRB : Ne tirez pas sur les chauves-souris !

ANNUAIRE 2020

CANARD SAUVAGE
Spécial 50 ans