Communiqués

Décret pigistes : une étape est franchie, passons à la suivante

Le décret sur le chômage partiel des journalistes pigistes vient d’être publié. Il énonce clairement les conditions d’accès aux mesures gouvernementales dans chaque entreprise : avoir trois bulletins de salaire au moins sur les douze mois précédant les mesures de chômage partiel, dont deux sur les quatre derniers mois ou avoir collaboré au dernier trimestriel. Il ne rend pas exigible la carte de presse ni n’instaure de seuil de revenu pour en bénéficier.

Nous, organisations syndicales représentatives de la profession, collectifs et associations de journalistes, nous réjouissons de cet accès enfin facilité. Nous saluons l’arbitrage de Franck Riester, ministre de la Culture, pour protéger la profession dans toutes ses formes, et notamment les plus précaires. Ce résultat est le fruit de l’action des organisations syndicales, puis des associations et collectifs qui se sont mobilisés pour l’obtenir.

Nous, de manière collective et unitaire, demandons aux entreprises de mettre en place le chômage partiel des journalistes pigistes selon les règles qui viennent d’être fixées. Nous serons vigilants sur leur application dans les médias. Nous veillerons à ce que nul n’en soit écarté.

Nous avons déjà identifié des catégories de journalistes pigistes dont la situation est particulièrement compliquée :
–  les journalistes pigistes des rédactions sportives et ceux spécialisés dans la culture qui, pour la plupart, sont sans travail depuis le début du confinement et parfois même avant ;
–  les photographes qui, pour une grande majorité, se trouvent eux aussi sans travail du fait de l’épidémie. Alors qu’ils sont nombreux à travailler avec plusieurs statuts, leurs revenus salariés doivent évidemment être pris en compte dans les plans de chômage partiel des entreprises ;
–  les « faux pigistes » qui travaillent postés dans les rédactions ;
–  les journalistes pigistes avec de multiples et « petites » collaborations. L’absence de seuil de revenu oblige les entreprises qui les font travailler à les inclure dans leurs plans de chômage partiel ;
–  les journalistes pigistes débutants, a priori les plus fragiles et aux revenus les plus faibles, et pour lesquels ces faibles revenus sont d’autant plus vitaux ;
–  les journalistes pigistes travaillant à l’étranger pour des médias français. Alors que beaucoup sont déjà privés de couverture maladie, nous demandons que soient pris en charge les soins liés à la pandémie dont ils pourraient avoir besoin, ainsi que les autres soins qu’ils pourraient nécessiter puisque leur retour en France pour raisons sanitaires est impossible.

Nul ne doit être laissé sur le bord du chemin.

Nous demandons aussi que les journalistes pigistes laissés sans travail soient prioritaires au moment de la reprise, quitte à leur commander, dans un même groupe, des piges sur d’autres titres que ceux avec lesquels ils collaborent habituellement. Pendant cette période d’inactivité les journalistes pigistes doivent aussi pouvoir bénéficier, comme les journalistes mensualisés, des formations en e-learning mises en place dans les entreprises. C’est aussi le moment de tirer profit du large volant de compétences détenues par les pigistes.

Nous rappelons que les journalistes pigistes sont le plus souvent rémunérés après parution de leurs articles, que leurs salaires de mars et avril correspondent alors à des piges réalisées avant le confinement et que le confinement lui-même impactera leurs bulletins de salaire suivants. Nous demandons donc que les mesures de chômage partiel soient prolongées pour les journalistes pigistes au-delà du 31 décembre 2020 et aussi longtemps que nécessaire de façon à pouvoir compenser leurs pertes de revenus sur tous les prochains mois.

Les primes d’ancienneté professionnelle et maison/groupe faisant partie intégrante de la rémunération conventionnelle, elles doivent naturellement être prises en compte dans le calcul de la rémunération de référence des pigistes.

Nous demandons que pour les journalistes pigistes inscrits à Pôle emploi, leurs droits à l’ARE (aide au retour à l’emploi) soient maintenus pour toute la durée de la crise.

Nous demandons aux employeurs de contacter chacun des journalistes pigistes qui travaillent pour eux et de les informer des mesures mises en place. Nous rappelons fermement aux employeurs que ce sont eux qui ont décidé d’embaucher un certain nombre de journalistes en les rémunérant à la pige, ils doivent donc assumer leurs responsabilités comme pour tous les autres salariés, dans tous les domaines. Les journalistes pigistes ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire.

Nous appelons les organisations patronales, Audiens et l’État à créer un fonds d’aide exceptionnelle pour soutenir financièrement les journalistes pigistes, travaillant de manière occasionnelle et ayant de multiples et nombreux employeurs, non-éligibles à l’activité partielle dans les conditions fixées par le décret. Ce fonds pourrait s’inspirer de celui mis en place pour les intermittents. Ce fonds ne viendrait pas se substituer au fonds d’aide sociale d’Audiens déjà mis en place et ne constituerait pas une échappatoire destinée aux employeurs récalcitrants à appliquer les mesures en faveur des journalistes rémunérés à la pige.

Le cas échéant, nous porterons les cas litigieux en justice chaque fois que nécessaire pour faire respecter le droit des journalistes pigistes de bénéficier des mêmes dispositions d’activité partielle que les journalistes mensualisés.

Paris, le 17 avril 2020.

Les signataires : Syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO, Fédération internationale des journalistes, Fédération européenne des journalistes, SGLCE-CGT Correcteurs ; Profession : Pigiste ; Union des photographes professionnels (UPP), Divergence-Images ; Association de la Presse judiciaire (APJ), Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (Ajspi), Association des Journalistes Nature et Ecologie (JNE), Association des journalistes économiques et financiers (Ajef), Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), Association des journalistes spécialistes des PME (AJPME) Cercle des journalistes juridiques (CJJ) ; Collectifs We Report, Ras la plume, Indépendants.co, Reporters en colère (REC), Tu Piges, Extra Muros, YouPress, le réseau Spartacus des correspondants de l’étranger.

Protéger les journalistes rémunéré.e.s à la pige, quoi qu’il en coûte

A l’initiative des organisations syndicales représentatives de journalistes SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO, un communiqué interpelle les pouvoirs publics alors qu’un décret est en cours d’écriture au sujet des règles d’indemnisation des journalistes-pigistes en cas de chômage partiel. Plusieurs associations et collectifs de journalistes  (dont les JNE) ont co-signé ce texte, toujours ouvert à la signature.

« Aucune Française, aucun Français ne sera laissé sans ressources. […] Nous serons au rendez-vous pour que (…) l’ensemble des travailleuses et des travailleurs puisse avoir cette sécurité en termes de pouvoir d’achat, de continuité de leur vie. »

Lors de son discours à la Nation le 16 mars, le Président de la République s’est posé en défenseur des plus précaires et en soutien à tous les salariés de ce pays. Tout semble devenir compliqué quand il s’agit des journalistes rémunéré.e.s à la pige. La notion de solidarité cède finalement le pas au lobbying patronal. Pourtant, plus d’un.e journaliste sur trois en France travaille à la pige.

Le ministère de la Culture travaille sur un décret d’application à paraître ces prochains jours, qui concernera notamment les règles d’indemnisation des journalistes rémunéré.e.s à la pige. Ces dernier.e.s sont essentiel.le.s dans la production d’une information de qualité, au moment où le public doit faire le tri parmi les « fausses nouvelles » ou « Fake news ». Or, selon une étude récente de la Scam, la moitié des salarié.e.s non-permanents gagne moins de 20 000 euros par an auprès de plusieurs employeurs.

Certaines entreprises de presse ont déjà fait savoir qu’elles leur appliqueraient le même dispositif de chômage partiel que pour les journalistes mensualisé.e.s. D’autres sont dans l’attente d’un décret. D’autres encore ont d’ores et déjà fait part de leur refus d’inclure les journalistes rémunéré.e.s à la pige ou ont défini des conditions qui excluent une grande partie d’entre eux dans leurs demandes de chômage partiel. Les journalistes pigistes sont pourtant parmi les premier.e.s à avoir vu leurs revenus baisser, à cause d’annulations ou de baisses de commandes, situation qui risque de durer. Personne ne doit être laissé sur le bord du chemin.

Les éditeurs de presse opèrent en ce moment une forte pression sur les ministères du Travail et de la Culture pour s’exonérer de leurs obligations d’employeurs envers les journalistes les plus précaires, et ne pas définir de critères prenant en compte les spécificités du travail à la pige.

Si le ministère de la Culture donnait raison aux employeurs en refusant de définir des critères favorables dans ce décret en cours d’écriture, il livrerait les journalistes pigistes aux discussions au sein des entreprises, où les accords les concernant se comptent sur les doigts de la main.  Aussi, les organisations signataires exigent que les critères de prise en compte des journalistes pigistes dans l’activité partielle soient prévus dans le décret et refusent que ces critères soient renvoyés à l’incertitude d’un accord d’entreprise.

Les organisations syndicales représentatives de journalistes SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes et SGJ-FO en appellent au ministre de la Culture et à la responsabilité collective des éditeurs de presse pour que chaque journaliste pigiste soit indemnisé selon les mêmes critères que chaque journaliste mensualisé.e. Il ne peut y avoir d’inégalité de traitement entre salariés relevant du même statut, de la même convention collective.

Afin que les pigistes puissent bénéficier des mêmes droits, les organisations syndicales représentatives de journalistes SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes et SGJ-FO exigent :

– l’intégration des journalistes rémunéré.e.s à la pige (sans référence à un temps de travail, ni de possession de la carte de presse) dans les demandes d’activité partielle déposées par les entreprises, et le versement de l’indemnité d’activité partielle par l’employeur, comme pour les mensualisé.e.s;

– le seuil d’intégration suivant : journalistes rémunéré.e.s à la pige ayant reçu au moins 3 bulletins de salaire, consécutifs ou non, dans les 12 mois précédant la demande, dont 2 dans les 4 derniers mois (ou collaboration à la dernière parution dans le cas des trimestriels) ;

– le calcul de l’indemnité basé sur la moyenne des salaires des 12 mois précédant le dépôt de la demande (ou depuis la première fiche de paie pour ceux ayant débuté leur collaboration depuis moins d’un an) ;

– la possibilité pour l’administration de vérifier les montants déclarés par les entreprises auprès d’Audiens, qui connaît l’ensemble des revenus des pigistes.

– l’intégration dans le dispositif d’activité partielle des journalistes rémunérés à la journée dans l’audiovisuel, sous contrats de CDD, CDDU.

En tout état de cause, si l’administration devait céder aux employeurs, les organisations syndicales représentatives de journalistes SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes et SGJ-FO se réservent la possibilité d’attaquer toutes les demandes de chômage partiel qui excluront les pigistes. Avec leurs délégués et élus dans les entreprises, elles en appelleront à la mobilisation de tous les salarié.e.s, permanent.e.s comme pigistes, pour faire respecter les droits de ces derniers.

Au moment où le monde entier se bat contre un virus, les journalistes rémunéré.e.s à la pige doivent bénéficier de la solidarité nationale, au même titre que d’autres secteurs d’activité, et de la protection des entreprises qui les salarient. Quoi qu’il en coûte.

Paris, le 5 avril 2020.

Liste des signataires : Syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO, Fédération internationale des journalistes, Fédération européenne des journalistes ;
Profession : Pigiste ;
 Union des photographes professionnels (UPP), Divergence-Images ; Association de la Presse judiciaire (APJ), Association des Journalistes Nature et Ecologie (JNE) ; Collectifs We Report, Ras la plume, Indépendants.co, le réseau Spartacus, Les Pigistes du Monde.

Lettre ouverte à M. Edouard Philippe, 1er ministre : dissoudre la cellule Demeter est indispensable pour apaiser les relations avec le monde paysan

Paris, le 27 février 2020

Copie : M. le Ministre de l’Intérieur, Mme la Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, M. le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Dissoudre la cellule Demeter est indispensable pour apaiser les relations avec le monde paysan

Monsieur le Premier ministre,

Nous avons pris connaissance de la mise en place de la Cellule Demeter, cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole, ainsi que ses déclinaisons territoriales. Après analyse des fondements et des objectifs de cette cellule, nous vous demandons instamment la dissolution de cette structure.

La présentation de l’état des agressions affectant les exploitants agricoles est un constat que nous ne pouvons que déplorer. Face à ces infractions, il est du devoir des services de l’Etat d’assurer la protection des citoyens, de tous les citoyens. Par contre, nous ne pouvons admettre qu’une profession, quelle qu’elle soit, puisse bénéficier de dispositions spécifiques. Le principe constitutionnel souligné par la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 affirme que la Loi « doit être la même pour tous, soit qu’elle punisse, soit qu’elle protège ». Aussi dénonçons-nous vivement que des moyens publics soient mis à la disposition préférentielle d’une branche professionnelle. Cette inégalité représente une injure pour les autres populations qui ne bénéficient pas des mêmes services spécifiques. Tous les citoyens doivent être traités de façon équitable.

Le périmètre d’activité de cette cellule constitue un autre sujet de questionnement. S’il est bien dans la mission des services du ministère de l’Intérieur de prévenir toute action pouvant conduire à la destruction, ou au vol de matériels, nous ne pouvons pas admettre que le domaine soit étendu à des « actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole (…) », comme vous l’annoncez dans le dossier de presse de création de cette cellule, mention dont le caractère général peut générer un usage extensif. Certaines organisations professionnelles s’en servent déjà pour mettre en cause ceux qui documentent et dénoncent les impacts de l’agriculture industrielle, voire mobilisent les citoyens par des moyens légaux. Par cette assertion, la création de cette cellule vise à criminaliser l’expression d’une opinion, ce qui est en contradiction avec le principe fondamental de liberté d’opinion, autre principe de base de notre République.

Les organisation signataires agissent en permanence pour accompagner et soutenir la transition agro-écologique, que nous avons toujours défendue dans toutes les instances concernées et en soutien permanent aux agriculteurs et à leur santé, à l’instar de centaines de milliers de citoyens qui dénoncent les dégâts de l’agriculture productiviste sur la santé, l’eau, les sols, la biodiversité, l’air et le climat. Les démarches de nos organisations s’inscrivent toujours dans un cadre légal et non violent, dans une démarche de défense de l’intérêt général.

Néanmoins nous constatons que les agressions se multiplient contre les défenseurs de la nature. Nous avons alerté la ministre de la Transition Ecologique et Solidaire sur ce sujet, qui nous a répondu en renvoyant au cadre légal commun. Aussi sommes-nous étonnés qu’une tout autre réponse ait été apportée à des représentants de la profession agricole.

Par ces éléments factuels, nous dénonçons donc la mise en place de la cellule Demeter qui met à disposition des moyens publics au service d’une profession, de façon discriminatoire, et par la présente vous demandons sa dissolution.

Cécile Ostria, directrice générale de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme
Gérard Caussimont, président du Fonds d’Intervention Eco Pastoral
Hughes Ferrand, président de La Garance Voyageuse
Alexandre Gannier, président du Groupe de Recherche sur les Cétacés
Bernard Chevassus-au-Louis, président de Humanité & Biodiversité
Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux
Malik Salemkour, président de la Ligue des Droits de l’Homme
Rémi Luglia, président de la Société Nationale de Protection de la Nature
Agnès Michelot, présidente de la Société Française du Droit de l’Environnement
Isabelle Autissier, présidente du WWF
Benjamin Sourice co-président de Combat Monsanto
Eric Feraille, président de FNE Auvergne-Rhône-Alpes
Hervé Bellimaz, Président de FNE Bourgogne- Franche-Comté
Jean-Luc Toullec, président de FBNE
Samuel Senave, président de FNE Centre-Val de Loire
Pascale Combettes, président de FNE Grand Est
Thierry Dereux, président de FNE Hauts-de-France
Muriel Martin-Dupray, vice-présidente de FNE Ile-de-France
Simon Popy, président de FNE Languedoc- Roussillon
Thierry de Noblens, président de FNE Midi-Pyrénées
Joël Gernez, président de FNE Normandie
Isabelle Loulmet, présidente de FNE Nouvelle- Aquitaine
Jean-Christophe Gavallet, président de FNE Pays de la Loire
Gilles Marcel, président de FNE PACA
Klaus Waldeck, président de Poitou Charentes Nature
Direction collégiale d’U Levante

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement. C’est la porte-parole d’un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 68 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. Retrouvez-nous sur fne.asso.fr, Facebook et Twitter (@FNEasso).

ONF détruit, service public bradé, forêt et personnels sacrifiés

Rassemblement le jeudi 13 février, 9h30, devant la direction territoriale de l’ONF, 5 rue Girardet Nancy.

Alors que face au changement climatique, nos concitoyens prennent conscience de l’urgence de l’action pour atténuer le réchauffement de notre planète, le gouvernement a décidé de détruire un service public au service de tous les citoyens et qui est en première ligne pour protéger la biodiversité, permettre le stockage du carbone et l’approvisionnement d’une filière représentant 400 000 emplois (2ème filière nationale en emploi derrière l’automobile).

Un nouveau Directeur Général vient être nommé à l’ONF, il a déjà annoncé :

– La poursuite des suppressions de postes. 1 emploi sur 2 détruit en 35 ans : ce n’est pas suffisant ?

– Démantèlement de l’ONF : filialisation à minima des services études & travaux

– Fin du recrutement des fonctionnaires et transformation du statut de l’ONF

– Vote d’une loi d’habilitation permettant la modification du Code forestier, par ordonnance

– Remise en cause du marquage des arbres à couper par les forestiers, pour confier ce choix à l’exploitant

Toutes ces annonces, pour un établissement en tensions permanentes, ont des conséquences délétères sur les personnels. Elles précisent la menace d’une privatisation de fait de la gestion des forêts publiques.

Nous appelons à une mobilisation d’ampleur des usagers, militants, syndicats et élus pour défendre l’écosystème forestier, bien commun vital pour notre avenir. La région Grand Est en tant que première en surface de forêts publiques, doit montrer l’exemple !

Contact presse : Bedel Frédéric 06 16 30 74 34 Gomez Nicolas 06 87 45 93 02

Indonésie : le reporter américain Phil Jacobson libéré

Le journaliste américain Philip Jacobson a été libéré le 31 janvier. Il avait été mis en détention, puis placé en résidence surveillée par la police de Palangka Raya, en Indonésie. Les JNE et Reporters sans frontières (RSF) avaient envoyé une lettre à l’ambassade d’Indonésie pour exiger sa libération immédiate et inconditionnelle.

 

Philip Jacobson travaille entre les Etats-Unis et l’Indonésie depuis une dizaine d’années (photo : Mongabay.com).

Pour en savoir plus, cliquez ici sur le site de Mongabay, l’organisation pour laquelle travaille Philip Jacobson.

Ci-dessous, le communiqué de RSF qui expliquait les « raisons » de son arrestation.

Journaliste pour un site d’information spécialisé dans l’environnement, il est accusé d’avoir enfreint la loi sur l’immigration. Faute d’éléments suffisants pour nourrir ces charges, Reporters sans frontières (RSF) exige sa libération immédiate et inconditionnelle.

Il risque jusqu’à cinq ans de prison. Le journaliste Philip Jacobson a été formellement arrêté et placé en détention hier, mardi 21 janvier, par la police de Palangka Raya, une ville du sud de l’île de Bornéo, au centre de l’Indonésie. Il aurait, selon la police, violé la loi sur l’immigration de 2011 – sans pour autant préciser clairement l’objet du litige.

Rédacteur pour le site d’informations environnementales Mongabay, Philip Jacobson, citoyen états-unien détenteur d’un visa d’affaires multi-entrées, s’est rendu à Palangka Raya le 14 décembre dernier pour y rencontrer, entre autres, des membres de la section locale de l’Alliance des peuples autochtones de l’archipel indonésien (Aliansi Masyarakat Adat Nusantara, AMAN). Deux jours plus tard, il a assisté à une session de dialogue au Parlement local entre des représentants de l’AMAN et des élus de la province du Kalimantan central.

Il n’en a pas fallu plus pour que les agents de l’immigration lui confisquent son passeport trois jours plus tard et le convoquent le lendemain, afin de lui notifier une assignation à résidence avec interdiction de quitter la ville de Palangka Raya. Contacté par RSF au début du mois de janvier, Philip Jacobson a expliqué que les agents de l’immigration “menait une enquête” sur son cas, tout en confirmant qu’il s’était contenté d’assister à une réunion publique.

“L’arrestation de Philip Jacobson, totalement disproportionnée, relève clairement de l’intimidation, déclare Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Les agents de l’immigration du Kalimantan central ont largement outrepassé leurs compétences. Nous appelons le ministère de la Justice et des Droits humains, qui chapeaute la Direction générale de l’Immigration, à faire en sorte que le journaliste soit libéré immédiatement, en conformité avec l’Etat de droit indonésien.”

Des suspicions entourent le zèle avec lequel les agents de l’immigration de la province ont traité le dossier de Philip Jacobson, qui pourraient utiliser ce type de pression pour le faire taire. Le journaliste, qui travaille entre les Etats-Unis et l’Indonésie depuis une dizaine d’années, a couvert plusieurs scandales environnementaux – en particulier les cas de déforestation illégale sur la même île de Bornéo.

L’Indonésie occupe la 124e place sur 180 pays au Classement mondial 2019 de la liberté de la presse (RSF).

A lire aussi, le texte de protestation de la Society of Environmental Journalists (Etats-Unis).

Téléchargez le Guide de défense des journalistes

L’Association de la presse judiciaire (APJ) et  le SNJ ont travaillé, avec Me Patrick Spinosi sur un « GUIDE DE DEFENSE DES JOURNALISTES » destiné à rappeler leurs droits à toutes celles et ceux qui se trouvent confronté(e)s à des intrusions policières et judiciaires dans le cadre de l’exercice de leur profession.

Voici les deux versions de ce guide, en libre consultation sur les deux sites. La version courte est destinée à répondre aux questions les plus urgentes. La version longue, plus fouillée, s’enrichira, au fil du temps et au fur et à mesure des nécessités.

Ce guide a été rendu nécessaire par les multiples tentatives d’atteintes à la liberté de la presse, particulièrement pour identifier les sources des journalistes, comme ce fut le cas le 4 février dernier lors de la perquisition repoussée à Médiapart ou avec les 10 convocations de la DGSI.

Téléchargez la version courte et la version longue.

SNJ – 33 rue du Louvre – Paris 75002 – 01 42 36 84 23 – snj@snj.fr 

Non au détricotage de la loi sur la liberté de la presse

Communiqué commun des syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO

Dans une interview accordée le 16 juin au Journal du Dimanche, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, envisage de sortir l’injure et la diffamation de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, pour faire rentrer ces délits de presse dans le droit pénal commun, afin « d’accélérer la réponse ».

Sous le prétexte de lutter contre les « discours de haine » sur Internet, cette mesure porterait un coup extrêmement grave à la liberté de la presse, garantie par la loi du 29 juillet 1881, texte fondateur de la liberté d’expression, socle de nos valeurs républicaines.

Sortir la diffamation de la loi de 1881 reviendrait à sortir le journalisme du cadre de la 17e chambre, ou Chambre de la presse, et sa jurisprudence, qui permet aux journalistes de faire valoir leur bonne foi en démontrant le sérieux de leur enquête, devant des magistrats spécialisés.

Faire basculer les délits de presse dans le droit commun reviendrait à vider de sa substance cette loi de 1881, et à fragiliser l’enquête journalistique, à la merci des procédures-bâillons. Les groupes de pression divers et variés se frottent les mains : ils n’auront même plus à passer par la procédure très précise de la loi de 1881, volontairement protectrice pour les journalistes.

Ce gouvernement a décidément un problème avec la liberté de la presse. Il n’a pris aucune mesure pour protéger les reporters molestés et pris pour cibles par les forces de l’ordre et/ou des manifestants, depuis plusieurs mois. Il laisse un procureur piétiner allègrement la protection des sources.

Face à cette nouvelle attaque contre une loi protectrice d’une liberté fondamentale, les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO appellent l’ensemble de la profession à se mobiliser pour mettre en échec collectivement ce projet désastreux.

Paris, le 19 Juin 2019

Colloque le 8 juin à Paris sur «  La Bienveillance dans le soin ; regards croisés des médecines humaines et vétérinaires »

Organisé conjointement par l’IUT de Saint-Denis, le centre de formation Animal Université et l’UFR Sciences Médecine et Biologie Humaine (SMBH) de l’université Paris 13, ce colloque ouvert gratuitement à tous permettra aux étudiants comme à tout citoyen soucieux de bienveillance à l’égard des êtres vivants humain et non humain su contact des praticiens de la santé.

Une première dans ce thème pluridisciplinaire qui permettra de comparer les prises en charges du patient en médecine humaine et vétérinaire.

Ce colloque aura lieu sur le campus de la faculté de médecine de l’Université Paris 13 à Bobigny de 10h à 17h.

L’entrée est gratuite sur simple inscription à : melanie.david@univ-paris13.fr

+ d’infos sur le programme : https://www.facebook.com/events/2285080171708349/<

Denis Cheissoux (JNE), lauréat du prix Reporters d’Espoir 2019 pour son émission « CO2 mon amour » sur France Inter

L’association Reporters d’Espoir, qui agit pour le journalisme de solutions, a choisi de décerner le prix Reporters d’Espoirs 2019 dans la catégorie radio à France Inter et Denis Cheissoux (JNE) pour CO2 mon amour première émission d’environnement en France (diffusée le samedi de 14h à 15h).

Denis Cheissoux, lauréat du Prix Reporters d’Espoir 2019

Pour la quinzième édition de ce prix, Denis Cheissoux a été choisi par un jury constitué de professionnels des médias parmi sept nominés. Sa volonté à délivrer des informations décryptées, qui donnent envie d’agir a été saluée : « Cette année nous mettons à l’honneur une voix engagée, libre dans le ton et de solutions qui consacre depuis plusieurs années son travail à des émissions constructives. C’est l’engagement dans la durée, en plus de son travail de décryptage, de découverte de la nature en France, dans les villes qu’il s’agit de saluer »

Le prix Reporters d’Espoirs 2019 met à l’honneur les journalistes, innovateurs des médias et futurs professionnels, pour leurs sujets traités sous l’angle « problème + solution ». Depuis 2004, il a distingué plus de 100 lauréats. Cette année, six prix sont décernés parmi six catégories : presse écrite, télévision, radio, innovation, jeunes et international.

Le jury est composé de 14 membres de la presse écrite (Voix du Nord, Figaro, La Croix), de la télévision (Envoyé spécial, BFM Business, TF1, Clique TV, France 5), de la radio (Europe 1, Eloquentia) ainsi que Hugo Décrypte, Unifrance Film, etc.

Convocations de journalistes à la DGSI : lettre ouverte au procureur de la République

De nombreux avocats, des syndicats et des organisations professionnelles s’élèvent contre les auditions de journalistes ayant travaillé sur les ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis. Lettre ouverte publiée dans Libération. Cette lettre ouverte a été signée par les JNE.

Monsieur le Procureur de la République,

Nous écrivons en qualité d’avocats, d’organisations professionnelles et de syndicats, pour vous demander solennellement de mettre un terme à la procédure ayant conduit d’ores et déjà à l’audition des journalistes pour une supposée violation du « secret-défense » concernant la vente par la France d’armements utilisés au Yémen.

Tout d’abord, nous rappelons avec force que le droit à la liberté d’expression, tel qu’il résulte de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme, comprend la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques. Cette ingérence est manifestement caractérisée lorsque des journalistes sont entendus alors qu’ils se bornent à exercer leur mission d’informer et qu’ils concourent au droit d’accès à l’information sur un débat d’intérêt général. C’est incontestablement le cas s’agissant des journalistes qui réalisent des investigations sur la fourniture et l’usage d’armes françaises au Yémen.

Comment dans ces conditions a-t-on pu considérer que ces auditions puissent en quoi que ce soit concourir à la manifestation de la vérité et ne pas anticiper le fait qu’elles seraient nécessairement perçues comme une initiative susceptible de brider la liberté d’information ?

Ensuite, la Cour européenne des droits de l’Homme réaffirme avec solennité régulièrement que la protection des sources journalistiques est l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse. Or, le fait que la DGSI, service administratif avec des fonctions de police judiciaire, interroge des journalistes est par nature susceptible de porter atteinte au secret des sources, qui est pourtant la garantie de la liberté de la presse, condition indispensable de la démocratie.

Enfin, nous ne pouvons que constater qu’il incombe au pouvoir exécutif de décider ou non de classifier des informations. Ce droit relève donc d’une appréciation dont le caractère discrétionnaire sinon arbitraire ne saurait être contesté. Il faut ajouter à cela que les magistrats du parquet sont placés sous l’autorité du Garde des Sceaux. L’administration est donc à la fois juge de l’opportunité de la classification des informations mais également de l’initiative des sanctions qui pourraient éventuellement être prises. Ce cumul de prérogatives est d’autant plus problématique s’agissant du Yémen où des intérêts commerciaux considérables, mais également politiques, sont en jeu et semblent l’emporter aux yeux de nos décideurs sur des considérations humanitaires et de droits de l’Homme et ce alors même que le pays traverse, selon l’ONU, la « pire crise humanitaire au monde ».

C’est dans ces conditions que nous vous demandons de mettre un terme aux auditions et éventuelles poursuites contre les journalistes en cause.

Nous adressons copie de la présente à Monsieur le Président de la République Emmanuel Macron, monsieur le secrétaire général du Conseil de l’Europe, à Madame le Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies et au rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression de l’ONU.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Procureur de la République, l’expression de notre considération distinguée.

Premiers signataires :
Avocats : Me Basile Ader, Me Arié Alimi, Me Christophe Bigot, Me Mattéo Bonaglia, Me William Bourdon, Me Vincent Brengarth, Me Apolline Cagnat, Me Antoine Comte, Me Marie Dosé, Me Léa Forestier, Me Raphaël Kempf, Me Henri Leclerc, Me Judith Levy, Me Jean-Pierre Mignard, Me Jean-Baptiste Soufron, Me Henri Thulliez.
Organisations professionnelles et syndicats : SAF, SNJ, SNJ-cgt, Cfdt journalistes, APJ (Association confraternelle de la presse judiciaire), Informer n’est pas un délit, On ne se taira pas
Société des Journalistes : France 3, TV5 Monde, France Soir
Journalistes : Elodie Guegen, Geoffrey Le Guilcher, Hervé Kempf, Jean-Baptiste Naudet, Philippe Piot, Nicolas Vescovaci.