Compte à rebours

Compte
“Jusqu’où pourrons nous être trop nombreux sur terre?”, tel est le sous-titre du livre. Combien de temps encore la planète pourra-t-elle fournir l’eau, la nourriture, l’énergie nécessaire ? L’auteur ne prétend pas répondre à ces questions mais il interpelle le lecteur à travers une série de reportages dans le monde sur les effets de la surpopulation et les divers tentatives de planification des naissances. Le voyage commence en Israël. « C’est Dieu qui engendre les enfants. Et il leur trouve une place à tous » soutient Rachel Ladani, éducatrice à l’environnement. Israëliens et palestiniens pieux semblent s’être engagés dans une guerre des bébés persuadés que ceux qui en engendreront le plus, seront les vainqueurs.

Des aberrations au nom de la religion, il y en aussi chez les chrétiens et les musulmans. A Manille, l’église interdit la planification des naissances, pourtant il y a dans cette ville de 25,5 millions d’habitants l’un des plus grands bidonvilles du monde. Il aura fallu au président Benigno Aquino une terrible ténacité pour enfin arriver à faire voter une loi en ce sens. Au Nigeria, beaucoup pense encore que Dieu y pourvoira et en Iran,une remarquable politique de planification des naissances a été balayée en 2006, par le président Ahmadinejad qui a décrété que ce programme contrevenait à l’islam.

Au fil des pages, il apparaît évident que éducation et contrôle des naissances vont de pair comme il apparaît évident aussi que surpopulation et environnement ne font pas bon ménage. « Essayer de faire tourner une ONG écologiste, c’est redéfinir le mot défaite ». remarque amèrement un biologiste pakistanais. Mais ce livre foisonnant n’est pas noir. Il déclenche une grande révolte face à la bêtise de certains décideurs qui agissent bien souvent au nom du profit. Toutefois beaucoup de pays occidentaux sont arrivés à un taux légèrement supérieur du renouvellement de la population. Le Japon a même abordé sa décroissance. Une chance pour l’économiste Akihiko Mastutani qui propose de revoir l’idée de prospérité sur le qualitatif et non sur le quantitatif.

Trouver de  nouveaux équilibres, tel est le passionnant défi que pose la nécessaire contraction des populations. Puisqu’il n’y a pas d’autre choix possible, l’auteur souhaite, en conclusion, que l’humanité prenne son destin en main et prenne la décision elle-même plutôt qu’elle ne nous soit imposée par des catastrophes naturelles, la famine entre autre.


Editions Flammarion, 430 pages, 23,90 €
Contact presse : Francine Brobeil. Tél. : 01 40 51 31 29
(Danièle Boone)

CANARD SAUVAGE
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ANNUAIRE 2019


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