Rio+20 : Benoît Hamon accueilli par les favelas

C’était l’évènement pour les 60 000 habitants de cette favela Alemao du nord de Rio, mardi 19 juin : un ministre français se déplaçait pour découvrir leur quartier, mais surtout leur téléphérique.

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par Anne Henry-Castelbou

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Le téléphérique - Photo Anne Henry-Castelbou

 

Benoît Hamon, ministre délégué à l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), était à l’initiative de cette visite : « 10 % du PIB au Brésil est réalisé par l’ESS, et ce comme en France. Avec ce pays, nous avons la même volonté de soutenir ce secteur de l’économie. Et ce téléphérique construit par l’entreprise Poma est emblématique du succès d’une initiative de l’ESS. »

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Il faut dire que la réalisation est impressionnante : 3,5 km de câbles tirés au-dessus de treize communautés – nouveau terme pour désigner favelas – et ses constructions erratiques en parpaings illégales où régnait il y a encore peu de temps violence et trafic de drogue. « Nous avons commencé la construction alors que la favela n’était pas encore pacifiée. Comme nous employions les habitants du quartier, nous n’avons jamais été inquiétés par les barons de la drogue. Puis l’année dernière, la police a chassé les trafiquants. Le téléphérique et ses cinq stations, reliées au train, ont été ouverts au public le 4 juillet 2011 et depuis, nous enregistrons 10 000 passages par jour ! », explique Benjamin Dumen, le directeur du projet, chez Poma. Ce projet s’inscrit aussi dans le développement de la formation professionnelle du quartier, la mise en place du tout à l’égout et tout un projet social important. Résultat : plus de 2000 emplois créés, de meilleures conditions de vie et une valorisation de l’immobilier.

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Le Nord-Pas-de-Calais intéressé par un téléphérique

Ce projet fait d’ailleurs écho chez les élus de notre pays. Citons Damien Carême, maire de Grande-Synthe (capitale française de la biodiversité 2010) dans le Nord, rattachée à la Communauté urbaine de Dunkerque, et présent au Sommet de Rio avec 26 personnes de la délégation Nord-Pas-de-Calais : « Depuis un an, je suis l’ouverture du téléphérique. New-York en a également installé un au-dessus de l’East River et j’aimerais convaincre la Communauté Urbaine de Dunkerque d’en installer un pour nos 200 000 habitants. Nous n’avons pas d’obstacle naturels, mais des tas de nœuds routiers. Cela coûterait 6 millions d’euros le km, soit moins cher qu’une ligne de bus qui coûte 7,3 millions d’euros et l’empreinte écologique est réduite. »

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Voilà une initiative qui pourrait, grâce au Sommet de Rio, faire le tour du monde. A défaut d’accord international significatif entre les États, une fois de plus, les régions et villes donnent l’exemple en agissant concrètement sur le terrain en matière de développement durable.

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