Nous avons appris avec beaucoup de tristesse le décès le 16 janvier 2025 à l’âge de 91 ans de Guy de Faramond, un professionnel exemplaire qui fut longtemps un fidèle adhérent des JNE.
par Laurent Samuel
Journaliste, mais aussi écrivain et traducteur, Guy de Faramond était né le 29 octobre 1933 au Danemark, d’un père français en poste dans les pays nordiques et d’une mère suédoise. Ses parents s’étaient rencontrés à Stockholm. Après avoir passé son bac en France, le jeune Guy part en Suède pour y suivre des études de journalisme. Dès 1954, il travaille pour différents médias suédois, avant de devenir à partir de 1968 correspondant en Suède du Monde et de plusieurs autres journaux français. En juin 1972, il signe ainsi dans le « quotidien de référence » plusieurs articles consacrés à la première Conférence des Nations-Unies sur l’environnement, qui se tient à Stockholm, comme celui-ci sur les forums « parallèles » qui se déroulent en marge du Sommet officiel. Toujours dans le Monde, il écrit sur un quartier de Stockholm réservé aux piétons (sans doute une première mondiale à l’époque !) ou sur le report d’un an du lancement d’un programme de construction de centrales nucléaires.
Rentré à Paris en 1974, Guy de Faramond publie en 1975 un livre sur la Suède et la qualité de la vie (éditions Basic), puis Suède, la réforme permanente (éditions Stock) en 1977. Cette année là, il s’engage activement dans la campagne de Paris-Ecologie pour les élections municipales dans le VIe arrondissement (lors de laquelle l’auteur de ces lignes le rencontre pour la première fois). La liste, menée par Alain Hervé (fondateur des Amis de la Terre France et du magazine le Sauvage, lui aussi membre des JNE), obtient plus de 10 % des voix. Dans le Monde du 6 juin 1977, notre journaliste franco-suédois exprime le ras-le-bol des piétons parisiens dans une cinglante tribune, dont voici un extrait :
Pour quelqu’un qui a longtemps vécu dans un pays où les automobilistes respectent les piétons, en s’arrêtant dès qu’ils sont engagés sur la chaussée, même s’ils traversent à un passage sans feux, une telle agressivité, un tel sans gêne, provoquent graduellement l’étonnement, l’irritation, enfin la colère.
Entre août 1977 et janvier 1978, Guy de Faramond occupe un poste à plein temps au quotidien J’Informe, lancé par l’ancien ministre centriste Joseph Fontanet, qui cesse de paraître au bout de quelques mois en raison de ventes très médiocres. Il fait ensuite des piges pour des titres aussi divers que le Figaro, l’Usine Nouvelle, Témoignage Chrétien ou le Canard Enchaîné, avant de retourner au Monde (et au Monde Diplomatique) comme pigiste régulier entre 1982 et 1988.
En septembre 1986, il intègre le magazine Energie Plus, tout en pigeant pour d’autres médias, comme la radio publique suédoise, le mensuel Ça m’intéresse (où votre serviteur met à profit sa fine connaissance de la Suède pour enrichir un dossier sur les Prix Nobel) ou encore Courrier International. En 2007, Guy de Faramond publie Svea et Marianne (éditions Michel de Maule), un livre consacré à la « fascination réciproque « entre la France et la Suède, deux pays qui n’ont jamais été en guerre.
On gardera le souvenir d’un journaliste enthousiaste et rigoureux, toujours soucieux de vérifier ses informations bien avant le « fast checking », et ouvert tout au long de sa vie aux idées nouvelles, en premier lieu l’écologie dont il n’était pas facile de parler dans les colonnes du Monde au début des années 1970…
Les JNE adressent leurs condoléances à son épouse Dominique et à sa fille Julie, ainsi qu’à toute leur famille. Ils saluent sa décision de donner son corps à la science.
Photo : Guy de Faramond devant le Café de la Mairie, en face de la mairie de ce VIe arrondissement qu’il aimait tant © DR