Arbres en péril. Nos villes, leur dernier sanctuaire par David Happe

Voilà un inquiétant voyage botanique planétaire ! Lorsque j’ai refermé le livre de David Happe, mon regard sur les arbres a vraiment changé ! Très vite, je me suis aperçu que ces grands arbres familiers, fiertés de nos parcs et jardins botaniques depuis si longtemps, ont commencé à me raconter une autre histoire : celle de ces arbres à l’état sauvage sur leur terre d’origine, là où ils tentent de survivre ou sont tellement menacés que la question de leur survie se pose : « Combien de cèdres, de séquoias, de marronniers et de milliers d’autres espèces subissent les nuisances causées par les hommes », s’interroge Happe, qui a le regard aiguisé du forestier et de l’écologue : Un arbre sur deux menacé dans le monde … grâce à nous !

Les causes de ce déclin d’un arbre sur deux sont trop bien connues : surexploitation forestière, sécheresse, stress hydrique, pathogènes, urbanisation, tout cela sur fond de changement climatique. « Ce déclin massif, écrit l’auteur, affecte près de la moitié de la diversité agricole de la planète ». La France n’est pas épargnée, spécialement dans les territoires ultra-marins, dont la biodiversité naturelle est exceptionnelle.

Dans ce livre de 200 pages, illustré de centaines de notes historiques et de photographies en noir-et-blanc – timbres-poste ou pleine page – David Happe nous raconte l’aventure de ces arbres à la manière d’un voyage planétaire botanique : les plus grands arbres du monde (un séquoia en Californie), les plus hauts (75 mètres environ), ceux dont le tour de taille est imbattable (50 mètres) ou encore les grands vétérans toujours en vie : des pins américains (jusqu’à 5.000 ans).

Les performances de ces arbres sont une chose, leur survie en est une autre : ils sont victimes d’une « tempête silencieuse », selon la formule dramatique de Claudine Richter (Office national des forêts), citée par Happe. « Tempête silencieuse », car nous n’imaginons pas ce qui se passe vraiment pour ces grands arbres dans leur milieu naturel, et non pour ceux qui ont été transplantés dans les parcs occidentaux, au retour de grandes expéditions. L’auteur nous conte en détail l’histoire de ces géants sur les cinq continents, ces « migrants végétaux » qu’il décrit comme « des survivants des forêts (…), témoins du déclin de la nature planétaire ».


Éditions Le mot et le reste, 198 pages, 19 € – www.lemotetlereste.com
Contact presse : Margot Mucci. Tél.: 04 91 73 41 88 – presse.lemotetlereste@gmail.com
(Yves Leers)

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