Les Sargasses, ça agace !

Depuis quelques mois, les îles de la Guadeloupe et de la Martinique connaissent un fléau naturel dont elles se seraient bien passées. Un amoncellement d’algues sur les rivages enchanteurs de ces îles paradisiaques. Mais voilà, le paradis se transforme en enfer pour ceux qui cherche des solutions à ce phénomène appelé « les Sargasses ».

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par Patrice Auro

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Algues stockées en bord de plage au Vauclin (Martinique) – photo Patrice Auro

Injustement appelées Sargasses, en référence au problème éponyme qui souille les côtes brésiliennes, les algues des Antilles semblent avoir une origine plus proche, voire quelquefois locale.

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L’apparition massive d’algues dans un milieu marin est d’abord due à une modification chimique du milieu marin. Une acidification de l’eau salée en est la première cause. Cela peut être dû à des produits polluants déversés dans la mer par les rivières qui s’y jettent.

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Ce phénomène existe en Bretagne avec les « algues vertes » suite aux nombreux pesticides qu’utilisent les agriculteurs bretons associés aux lisiers (les déjections des cochons).

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La deuxième cause est l’augmentation de la température de l’eau (un ½ degré suffit). Une eau naturellement chaude, comme celle des Caraïbes, favorise le développement de ces deux variétés d’algues, Sargassum fluitans et Sargassum natans.

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La venue concomitante du Président de la République et de sa ministre de l’Ecologie a accéléré le processus de prise en charge de l’Etat de ce fléau dont les élus guadeloupéens et martiniquais ont signalé la dangerosité. Dangerosité, puisque une fois une fois échouées, les algues « sargasses » dégagent, en se décomposant, l’odeur d’œuf pourri caractéristique de l’hydrogène sulfuré (H2S). Cela va sans dire que les personnes à proximité de ces algues sont exposées à des risques sanitaires majeurs.

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Si l’odeur de « d’œuf pourri » remplace les odeurs épicées habituellement véhiculées par les alizés, le tourisme, première force économique des Antilles, « va en prendre un coup ». D’autant que le moral est plutôt morose dans ce secteur bien affaibli par de successives fermetures d’hôtels.

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Sur le million d’euros demandé « en urgence » par M. Victorin Lurel, président du conseil régional, la ministre de l’Ecologie en a accordé 800 000 pour résoudre le problème « dans les meilleurs délais ».

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Malgré ce geste généreux et (presque) spontané, il y a gros à parier que la cagnotte « royalement » attribuée par notre ministre vert esera largement insuffisante. Les solutions mises en place ne visent en réalité que l’évacuation des algues importunes et non pas le traitement du problème à sa source. Même si des sociétés opportunistes ont déjà proposées des solutions (onéreuses), elles s’avéreront inefficaces quand le phénomène va s’accélérer ! Ces proliférations, d’abord saisonnières, sont devenues continues.

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Après quelques questions posées aux personnes directement impliquées (maires des communes, pécheurs, hôteliers…), la réponse semble simple pour ne pas dire simpliste : « Il faut empêcher les algues d’atteindre le rivage par des systèmes de filets tout en tenant compte des courants (capricieux en Caraïbes) ». Pour ma part, je rajouterais : contrôler également les pollutions des rivières (résultats déplorables en 2012 en Martinique pour les pesticides). Pour les algues déjà échouées, il faut les faire sécher au soleil (90 % d’eau) et ensuite les brûler (ou les intégrer dans le compost agricole).

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Si les moyens utilisés pour traiter ce fléau restent « des emplâtres sur une jambe de bois », ce problème va être long et coûteux, générant un impact négatif sur le tourisme dont les iles antillaises auront du mal à se relever… S’il existe encore des sceptiques sur le réchauffement climatique et ses conséquences, je les invite à profiter d’une algothérapie à peu de frais dans les eaux chaudes des Antilles. Prévoir un masque pour les odeurs !!

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