Journée mondiale des zones humides, ne soyons pas schizophrènes !

 


par Carine Mayo, présidente des JNE.
Mayo-Carine

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Dans quelques jours, le 2 février, on va célébrer les marais, les étangs, les lagunes. Pour une journée, une petite journée seulement. On montrera des images de grenouilles et de crapauds qui vont pondre leurs œufs dans les mares. Des rédactions plus fortunées illustreront peut-être le sujet par un reportage sur la mangrove, cet écosystème tropical qui abrite des arbres magnifiques aux racines qui plongent dans l’eau et alimente des myriades de poissons, crevettes… On vantera l’effet tampon des zones humides qui amortissent les crues, filtrent l’eau et recèlent une biodiversité remarquable et l’on rappellera que la moitié d’entre elles ont été détruites par l’aménagement côtier, l’urbanisation, l’assèchement des marais… Et l’on déclarera la main sur le cœur, qu’il est important de les protéger.

 

Puis le lendemain, on passera à autre chose et l’on oubliera. Pas tout le monde bien sûr, car de nombreux scientifiques, écologistes, acteurs de l’eau, se mobilisent pour essayer de conserver ces zones intactes. Mais leur action ne pèse souvent pas très lourd face à la volonté d’aménagement. Pour preuve, deux exemples récents : le projet du barrage de Sivens dans le Tarn et celui de construction d’un Center parcs à Roybon, en Isère. Dans les deux cas, la conservation des zones humides a été jugée moins nécessaire que le développement d’une activité agricole et la promesse d’emplois.

 

Avoir de bonnes récoltes et maintenir de l’emploi est important dans un pays qui a 66 millions d’habitants et 3,5 millions de chômeurs. Mais supprimer des zones humides, c’est un peu comme scier la branche sur laquelle on est assis. A moyen terme, on risque des inondations, des sécheresses et l’augmentation des températures, car ces écosystèmes stockent un cinquième du carbone mondial. Sans compter la disparition irréversible de la faune et de la flore qui peuplent ces milieux.

 

Mais qui se soucie du moyen terme dans un pays où un grand nombre de politiques ne voient pas souvent plus loin que la prochaine élection ? Et comment faire comprendre l’importance de ces merveilles de la nature à des citoyens, pour la plupart citadins, plus souvent occupés à essayer de joindre les deux bouts ou à travailler comme des fous ? Pas facile, quand on apprend dans une enquête commandée par le ministère du Développement durable, que 46 % des Franciliens ne connaissent pas l’expression « zones humides » et que 50 % d’entre eux pensent qu’elles sont inutiles.

 

Notre association de journalistes a donc décidé de s’atteler à la tâche en choisissant de tenir son congrès au mois de juin dans le Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande. Ce sera l’occasion de voir sur le terrain quelles sont les difficultés rencontrées et quelles solutions sont mises en œuvre pour préserver les marais et les prairies humides.

 

Et comme la préservation des milieux dépend aussi des conditions climatiques, nous avons prévu plusieurs rendez-vous tout au long de l’année 2015 afin de préparer le Sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site que nous avons réalisé pour l’occasion (www.ajec21.org) en partenariat avec l’Association des Journalistes de l’Environnement (AJE), avec laquelle nous avons créé l’Association des Journalistes de l’Environnement et du Climat pour la COP21.

 

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