Vélotourisme et voies vertes

L’Association des journalistes du tourisme (AJT) a organisé le 6 mars 2014 à la Délégation générale Wallonie-Bruxelles, boulevard Saint-Germain à Paris, un débat sur le thème « Connaissance et avenir du vélotourisme et des voies vertes ». Les JNE étaient représentés par Marc Giraud et Roger Cans.

par Roger Cans

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Le nouveau président (octobre 2013) de l’AJT a rappelé que son association compte aujourd’hui quelque 150 journalistes. L’expression « voies vertes » est née en Saône-et-Loire en 1997. Mais le concept existait déjà aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et en Suisse notamment, où se sont multipliés les circuits transfrontaliers. Après les « voies vertes » est apparu le concept proche de « véloroute ». En France, nous avons maintenant des parcours complets du type La Loire à vélo (800 km) ou la Bretagne à vélo (1.200 km). Il existe aussi une grande transeuropéenne qui va de Nantes à la Mer Noire en passant par Budapest et Belgrade. A noter l’intérêt de l’assistance électrique pour les reliefs…

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Gilbert, de Bruxelles, président de l’association Voies Vertes, rappelle la Déclaration de Lille, en 2000, qui proposait des voies réservées aux usagers sans moteur, qu’ils soient randonneurs, cyclistes, en fauteuil roulant ou avec poussette. Il existe maintenant un Observatoire européen des voies vertes et un Central d’information, Greenways Product, qui assure l’accueil, la location de vélos, l’hébergement, etc. En Wallonie, il y a 700 km de voies vertes qui suivent le rail et 800 km qui suivent les chemins de halage. On propose aujourd’hui La Meuse à vélo, un parcours qui traverse les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique et la France.

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Le président français de Voies Vertes, Jean-Pierre Jonchère, précise qu’il existe 9.000 km de voies vertes en France et que l’on en prévoit 20.000 km en 2020. Certains parcours ne sont pas complets ou interrompus, tel le chemin de halage qui suit la Mayenne et s’arrête dans le Maine-et-Loire, ou encore le parcours Paris-Mont-Saint-Michel, où les Yvelines ont pris du retard. Un beau parcours en préparation, le V 43, qui joindra Ouistreham (Calvados) à La Rochelle en 2015-2016. Avec France Vélo Tourisme (www.francevelotourisme.com), on peut découvrir dix grands itinéraires qui traversent la France et cinq « eurovéloroutes ».

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Pour le président de Voies Vertes, il s’agit de faire venir les cyclistes d’Europe en France. On a fait venir les touristes par le golf ou la thalassothérapie, maintenant, c’est le vélo. On en vend trois millions par an et on compte 22 millions de pratiquants. On a déjà enregistré 8 millions de séjours à vélo, ce qui est d’un excellent rapport si l’on songe que le cyclotouriste dépense en moyenne 70 euros par jour (contre 50 euros pour les autres touristes).

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Bertrand X, de la Fédération française de cyclotourisme (90 ans d’âge et 125.500 licenciés) fait une distinction entre le cyclotourisme, qui est un tourisme sportif, et le vélotourisme, qui est un tourisme familial. Sans oublier le VTT, qui compte 71 bases d’activités en France. Le circuit Loire à vélo, qui joint le Cher à Saint-Brévin (Loire-Atlantique), a nécessité 50 millions d’euros en investissements (de 1994 à 2005). En 2013, il a rapporté 18 millions d’euros. C’est « la pépite du vélotourisme en France ». On peut dire aujourd’hui que l’itinérance surclasse le séjour en point fixe. En 1997, le conseil général de Saône-et-Loire a décidé de transformer une ancienne voie ferrée en voie verte sur 40 km entre Cluny et Givry, réservée aux marcheurs, rollers et vélos. En 2013, le département compte 164 km de véloroutes, qui se branche sur un circuit de 800 km (Tour de Bourgogne V 51). En 2009, ce circuit a rapporté 20 millions d’euros.

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Lors du débat, notre ami Marc Giraud a mis les pieds dans le plat en marquant sa préférence pour les chemins non goudronnés et même bien boueux, afin de laisser les hirondelles construire leurs nids. Pour lui, les chemins de terre sont indispensables à la petite faune, et notamment les abeilles solitaires qui vivent dans les trous du sol. Comme cavalier, il préfère les chemins de terre, car les sabots du cheval glissent sur le goudron (lire ici son point de vue).

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Pour faire bonne mesure, l’auteur de ces lignes a expliqué que, comme cycliste à la fois urbain et grand routier, il emprunte les routes normales dans ses déplacements et n’a donc pas besoin de « voies vertes ». Certes, les couloirs réservés sont bienvenus en ville, mais les pistes cyclables sont généralement moins bonnes et moins entretenues que les routes normales. C’est le cas de la piste des quais rive gauche à Paris, très biscornue. Quant aux pistes qui traversent la forêt des Landes, elles sentent bon la résine et sont bercées par les cigales, mais elles sont pleines de pièges (branches, pommes de pin, crevasses dans le béton, etc.). On peut parfaitement faire du vélotourisme sans emprunter les chemins de halage et les anciennes voies ferrées, surtout lorsqu’on parcourt les montagnes.

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Sur une table, à la sortie, on pouvait prendre des brochures comme « Vélo loisir en Luberon », « Découvrir la France à vélo » ou la revue de l’ASPAS « Protégeons nos chemins », qui crie « Non à l’urbanisation de nos campagnes ! » et « Chemins asphaltés, campagnes défigurées, nature dénaturée…Stop au suraménagement ! ». Le débat reste ouvert…

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