Un casse-tête pour les chercheurs : le mystère des cétacés échoués sur la côte algérienne

Les eaux algériennes sont réputées représenter l’une des régions de la Méditerranée où la présence des cétacés est des plus fréquentes.

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par M’hamed Rebah

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Une étude universitaire présentée au 3e colloque international sur la biodiversité et l’écosystème du littoral, qui a ouvert ses travaux mardi 26 novembre 2013 à Oran (Algérie), pour une durée de trois jours, s’est penchée sur le phénomène de l’échouage de cétacés, au nombre de 42, entre 2010 et 2012, sur la partie ouest du littoral algérien Tènes-Ghazaouet. Selon cette étude, la moitié a été découverte sur la côte de Mostaganem, le tiers à Oran et les reste réparti entre Ain Temouchent, Honaine et Ghazaouet, et Ténès.

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Il n’y a pas eu d’échouage massif, a noté l’étude, hormis des cas isolés (neuf espèces de cétacés dont la baleine à bosse et le grand dauphin). L’origine de l’échouage de ces mammifères marins n’a pas été déterminée, les scientifiques algériens manquant de moyens pour en connaître les causes. Toutefois, ils incriminent les pêcheurs, en estimant que près de la moitié des échouages sont expliqués par la capture accidentelle dans des filets de pêche, particulièrement pour les dauphins. Ils en donnent pour preuves, les analyses des lésions trouvées sur les cadavres des cétacés échoués. Les études font ressortir la grande hétérogénéité des engins de pêche et la très forte compétition entre les pêcheurs sur des zones précises et des espèces ciblées, qui aggravent cette situation. Les responsables du secteur de la pêche sont interpellés pour mettre en œuvre une politique halieutique à même d’éviter l’impact nuisible des activités de pêche sur les cétacés, à travers les captures accidentelles. Les pêcheurs sont sollicités pour participer à l’effort de conservation des cétacés, en signalant les spécimens repérés ou échoués.

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Les chercheurs algériens citent comme autre cause de mortalité des cétacés sur le littoral algérien, les contaminations chimiques, notamment sous l’effet des polluants organo-chlorés et des métaux lourds. La collision avec les navires n’est pas du tout citée alors qu’elle est considérée par une association française, Souffleurs d’Ecume, qui s’intéresse aux cétacés en Méditerranée, comme l’une des principales causes de mortalité non naturelle des rorquals communs et des cachalots.

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Les participants au colloque international envisagent la création d’un réseau comprenant les laboratoires de recherche universitaire, les secteurs de l’environnement, de la pêche et du tourisme, qui agiraient en coopération pour préserver le milieu marin et la biodiversité. Pour le professeur Boutiba Zitouni, directeur du Laboratoire de recherche réseau de surveillance environnementale (LRSE) de l’université d’Oran, l’un des organisateurs du colloque, avec la faculté des sciences de la nature et vie et le département de biologie, cette coopération doit d’étendre au niveau régional et prendre même une dimension euro-méditerranéenne. La protection de la biodiversité et de l’écosystème littoral et marin est une question d’urgence et s’agissant des cétacés, la solution qui a donné des résultats satisfaisants est celle des aires protégées et des sanctuaires. C’est ce qui se fait sur le côté nord de la Méditerranée, entre la France et l’Italie, où se trouve le sanctuaire Pelagos.

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Cet article est paru dans Reporters (quotidien algérien).

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