Ecocity 2013, tout le monde est content

Comme tout bon congrès, Ecocity 2013 s’est achevé par une plénière de clôture, après trois jours d’ateliers, de discussions, de rencontres et aussi de moments festifs.

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 par Nathalie Torjdman

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Comme dans tout bon congrès, les officiels ont été invités à partager ce moment. Pour cet opus, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre du l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie, Philippe Martin, ont fait le déplacement, et bien entendu, Patrick Rimbert, maire de Nantes qui accueillait ce 10e sommet mondial de la ville durable, était présent.

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A noter que les congressistes qui n’avaient pas de badges nominatifs, une petite centaine, essentiellement des représentants d’associations, n’ont pas eu accès à cet auditorium. Ils ont été refoulés dans une autre salle pour assister à la séance de clôture en vidéoconférence, mais sans traduction simultanée. Le service d’ordre craignait-il que des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des Landes se glissent parmi eux ? Au final, ceux qui ont manifesté devant la cité des congrès n’étaient qu’une dizaine, et protestaient contre le mariage pour tous et l’avortement !

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Comme dans tout bon congrès, tout le monde, et surtout les organisateurs étaient satisfaits ! Ronan Dantec, porte-parole de l’Organisation mondiale des villes, et président du conseil d’orientation d’Ecocity 2013, a affirmé que cette session avec ses 2200 participants venant de 70 pays différents a été la plus importante Ecocity, que le Banquet des 5000 a finalement réuni 6000 personnes, étant ainsi le plus grand jamais organisé par Tristram Stuart, créateur de ces repas gratuits et végétariens entièrement préparés avec des produits destinés à être jetés. Bref, à l’heure d’un premier bilan, des records ont donc été battus !

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Des rendez-vous ont été pris : Forum mondial urbain de Medellin en 2014, congrès du réseau mondial des villes, Habitat III, en 2016 (vingt ans après celui d’Istanbul) et désignation d’Abou Dhabi pour organiser Ecocity 2015. La représentante de l’Emirat est venue sur scène pour affirmer que son pays serait à la hauteur pour accueillir les congressistes dans des conditions optimales. On se serait cru à la désignation d’une ville olympique… Alors que le jour même, le Giec rendait son cinquième rapport confirmant notre trajectoire vers un bouleversement climatique majeur. Cela faisait froid dans le dos d’imaginer tous ces « experts » en ville et développement durable sillonner la planète, pour se réunir à l’intérieur de salles climatisées, aseptisées et bien éclairées !

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Comme pour justification, Ronan Dantec déclarait que la ville durable n’est « possible que dans une dynamique de coopération entre les territoires ». Selon Pierre Calame, rapporteur général d’Ecocity, nous sommes à un moment historique de rupture entre Ville et Etat. Avec l’absence de décisions à Copenhague et à Rio+20, les états ont remis les clés de la planète aux villes qui se déclarent aptes à agir en traitant l’organisation globale. En s’appuyant sur la multiplicité des expérimentations, l’idée de ville durable permet une convergence de différents mouvements allant dans le sens d’un changement de modèle.

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Une centaine d’étudiants ont travaillé, avec Pierre Calame, à la synthèse des 62 ateliers pour une mise en ligne prochaine sur le site d’Ecocity 2013*, mais aussi pour dégager des lignes directrices d’un processus de transformation. Le slogan de ce sommet mondial n’était-il pas « accélérer le changement » ? Parmi ces lignes directrices, la question de la gouvernance est ressortie comme centrale. La ville doit être apte à gérer les relations. Les responsables ne doivent plus imposer leurs idées. Une confiance mutuelle entre citoyens et entre responsables et citoyens doit s’établir, car le bien public est une co-construction.

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Autre axe fort : la motivation à agir. Il faut des éléments de plaisir pour réussir la transition. Enfin, une réflexion doit s’engager sur le territoire doit se définir plutôt avec des membranes permettant le flux de ressources, plutôt que par des frontières.

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Plus concrète, plus positive et plus enthousiaste, fut l’intervention du grand témoin d’Ecocity 2013, Severn Cullis-Suzuki, qui n’a rien perdu de ses talents d’oratrice depuis Rio 1992. Elle a proposé d’imaginer la culture de l’éco-cité, comme une façon commune et nouvelle de penser nous permettant de voir plus loin. Elle a aussi renvoyé chaque congressiste à ses choix, mentionnant qu’un des plus grands défis était l’augmentation de la consommation de viande de bœuf.

 

Puis, selon des techniques habituelles en dynamique de groupe depuis les années 1970, elle a demandé aux congressistes calés passivement dans leur fauteuil de se lever, et de penser, pendant une minute, à une action qu’ils pourraient dorénavant faire pour réduire leur propre empreinte sur le planète. Avant de se rasseoir, il fallait saluer ses voisins et leur dire quelle action vous vous engagiez à faire. Mes voisins sont restés cois et moi aussi, mais chacun a dû, comme moi, repenser à Severn en modifiant certains petits gestes quotidiens (cliquez ici pour visionner l’intervention de Severn Cullis-Suzuki sur le site Media Peps).

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Ecocity s’est ainsi achevé après les interventions du maire de Nantes, de Madame Naoko Ishii du Fonds mondial pour l’environnement, de Richard Register, fondateur de l’ONG Ecocity Builders, et de Jean-Marc Ayrault.

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* http://www.ecocity-2013.com

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