Roger Cans

Eoliennes et oiseaux : la réponse d’Allain Bougrain Dubourg à Roger Cans

Voici la réponse d’Allain Bougrain Dubourg à la tribune de Roger Cans mise en ligne ici sur notre site.

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Cher Roger,

 

Comme toi j’aime les oiseaux et j’aime aussi les éoliennes. C’est pourquoi ton billet d’humeur intitulé un « coup » de la LPO (sic) ne me parait ni fondé, ni argumenté.

J’ai suffisamment plaidé la nécessité de l’éolien, notamment  face à « vent de colère » pour ne pas avoir à subir le doute sur ce sujet. Par ailleurs, la LPO a, dès 2014, pris position officiellement en faveur des énergies renouvelables (dans la ligne de Négawatt bien sûr avec la réduction de la consommation etc.). Je te joins cet avis complété en 2016.

Mais cet à priori favorable interdit-il d’avoir la même exigence de prise en compte de la biodiversité que nous l’avons pour n’importe quelle autre activité ?

Les ZPS ont été définies grâce aux données fournies par la LPO. Ce sont des secteurs à fort enjeu pour les oiseaux (ainsi que les ZSC pour les chauves-souris). Nous constatons scientifiquement qu’il y a plus de casse sur les secteurs Natura 2000. A l’heure où de nouveaux projets d’implantations sont prévus sur des zones Natura 2000, il me parait légitime de souhaiter d’autres sites. Par ailleurs, quel mal y a-t-il à faire une étude documentée et objective sur la situation actuelle ? Sommes-nous devenus comme les nucléocrates des années 70 incapables, même de discuter ?

Dans son bilan, la LPO souligne que … » le nombre de cas de collisions constaté apparait faible »… mais montre aussi « l’urgence de disposer d’un protocole de suivi robuste ».

Pour étayer le mauvais procès fait aux éoliennes, tu sors le vieil argument (qui m’insupporte !) de situations plus meurtrières. Ainsi donc, parce qu’il y a pire ailleurs, le sujet devient négligeable.

Quoi qu’il en soit, la LPO n’a pas attendu ton jugement pour lancer des campagnes de sensibilisation sur la mortalité due aux collisions sur les baies vitrées. Il suffit d’aller sur le site pour voir les conseils donnés dans le programme « oiseaux en détresse ».

 

De même, tu sembles mal informé concernant la prédation des oiseaux par les chats : c’est la LPO qui a initié un programme visant à limiter l’impact avec des tests réalisés chez des propriétaires. Cette démarche est soutenue et alimentée par une thèse en cours sur le sujet au Muséum National d’Histoire Naturelle.

 

En résumé, cher Roger, tu fais un bien triste procès à la LPO ….

Et il me serait agréable que tu fasses suivre la présente réponse aux destinataires de ton mail initial.

Bien à toi,

Allain Bougrain Dubourg

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En complément de cette lettre, Allain Bougrain Dubourg a souhaité nous apporter ces précisions supplémentaires.

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La synthèse de la LPO permet de confirmer qu’il y a entre 0,3 et 18,3 oiseaux tués par an et par éolienne. Soit une moyenne de 7. Ce qui correspond aux chiffres avancés dans d’autres pays.

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Avec 6000 éoliennes installées, ce sont environ 42.000 oiseaux qui seraient tués chaque année en France. Dont la majorité est protégée et certains bénéficient de PNA comme le Faucon Crécerellette victime d’un parc implanté en ZPS dans l’Hérault.

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Pour 8000 éoliennes projetées en 2023, et 12.000 à terme, on obtiendrait donc les chiffres respectifs de 56.000 et 84.000 oiseaux tués par an. Sans compter les chauves-souris.

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D’où l’intérêt de rectifier les erreurs du passé. Il ne s’agit évidemment pas de ne plus installer d’éoliennes, mais de les installer hors ZPS et ZSC. Selon le principe éviter, réduire, compenser imposé à tous. C’est ce que font déjà la plupart des pays européens pour l’éolien en mer. Avec un véritable enjeu concernant les premières installations qui arrivent à terme et demandent leur renouvèlement. Car à cette époque pourtant récente on ne ce souciait pas de biodiversité, le croirez-vous !? C’est la condition de la pérennisation de cette légitime industrie.

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Congrès des JNE 2017

Le Congrès des JNE a eu lieu 9 au 11 juin 2017 à Haguenau et au château de Liebfrauenberg (Bas-Rhin). Sous le signe du partage !

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par Roger Cans

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Vendredi 9 juin

Le rendez-vous est fixé au petit matin à Paris à la gare de l’Est. On embarque dans le TGV de 7 h 44 pour Strasbourg, puis dans un TER pour Haguenau, notre destination finale, où nous retrouvons les membres transportés dans leur véhicule ou venus en voisins. Nous sommes accueillis par Françoise Delcamp, une élue chargée à la fois du fleurissement et de l’armée – la fleur au fusil, premier indice de partage ! Haguenau a fêté son 900e anniversaire en 2015. Elle compte 36.000 habitants, 2.000 entreprises et une communauté de 36 communes. Elle a gardé un mauvais souvenir de son annexion par Louis XIV, qui a démantelé alors toutes les installations de défense. Mais elle se vante d’avoir su conserver un centre-ville actif et convivial. Anémone Vierling, de la direction des grands projets d’aménagement, nous décrit les travaux engagés à la gare, avec cette grande passerelle à piétons au-dessus des voies, style Beaubourg. Le garage à vélos (200 places) va tripler et la gare sera reconstruite.

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Nous faisons alors un tour de ville en car, sous la conduite de Marthe Stiefel, historienne haguenovienne. Elle rappelle que la ville a été brûlée en 1677 et le château démantelé par Vauban. Elle nous fait admirer les vieilles rues avec leurs immeubles XVIIIe, un grand bâtiment qui a été successivement hôpital, prison, IUT, etc., et la Banque de France devenue Musée du bagage. Valentin Lett, des parcs et jardins, souligne combien la ville a fait d’efforts pour son verdissement : en 2011, elle a été gratifiée d’une « libellule » pour l’arrêt progressif des produits phytosanitaires, et de trois « libellules » en 2014, pour l’arrêt complet (« zéro phyto »).

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Anémone Vierling reprend le micro pour nous décrire l’éco-quartier Thurot (un général du temps des casernes) : un espace de 10 hectares naguère occupé par la cavalerie, qui accueillera un groupe scolaire, des logements sociaux (30 %) et des résidences pour seniors et juniors. Le bâtiment conservé est bordé par un parc longitudinal d’un hectare. Nous longeons ensuite la caserne d’artillerie, construite en brique (1888/1893), du temps où Haguenau était principalement une ville de garnison. Puis nous traversons un espace autrefois réservé à l’horticulture, et aujourd’hui planté d’immeubles d’habitation. Nous longeons le canal creusé au XVIIIe siècle contre les inondations et les berges de la Moder (affluent du Rhin) qui sont maintenues verdoyantes.

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Véronique Letan, chargée de l’Agenda 21 lancé en 2008, explique que le canal de la Moder est intégré dans la trame verte et bleue, et aussi dans la « trame noire », en l’occurrence un corridor sans éclairage pour aider les chauves-souris la nuit (une colonie de murins à oreilles échancrées s’est installée dans les combles de l’Hôtel de Ville). Il est prévu de créer des méandres dans le canal pour favoriser l’alevinage. Des moutons en bois ont été installés sur les berges pour habituer le public à la fauche tardive. On y laisse pousser les saules. Le car s’arrête au « plus beau rond-point de France », planté de vignes et d’herbes médicinales ou potagères, installées dans des palettes de récupération, avec des figurines en bois couleur garance, la plante que Haguenau cultivait pour obtenir des teintures rouges.

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Nous partons alors pour la forêt d’Haguenau, un massif de 19.000 hectares d’un seul tenant, dont 13.000 hectares de forêt « indivise », c’est-à-dire partagée à moitié par la ville d’Haguenau et à moitié par l’Etat. Ce régime unique en France d’une forêt domaniale partagée, remonte à une décision de l’empereur Sigismond, au XIVe siècle. Certains même la font remonter à la Charte de Frédéric Barberousse, en 1164… Ce statut n’a jamais été remis en cause depuis, malgré les guerres et les changements de tutelle. L’exploitation, la gestion et les investissements sont rigoureusement partagés à 50/50 entre l’ONF, chargé du domaine de l’Etat, et la ville d’Haguenau. L’exploitation du bois est encore assurée par une scierie, la Trendec, qui remonte à 1959, mais dont l’avenir n’est pas assuré. Car le bois est surtout exporté sous forme de grumes, et revient plus tard, après façonnage dans le Jura, le Massif Central ou l’Allemagne. Cette forêt de plaine, constituée surtout de chênes et de hêtres, fournit des merrains pour la tonnellerie de Bordeaux. La tempête Lothar, le 26 décembre 1999, a été une catastrophe. Des pans entiers de la forêt ont été jetés à bas, remplacés aujourd’hui par le bouleau.

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Claude Sturni, maire d’Haguenau (au centre) – entouré de Patrice Auro (à g.) et Roger Cans (à dr.) – a accueilli les JNE pour un déjeuner au Gros Chêne le 9 juin 2017 – photo Nadine Saunier

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Nous nous rendons pour déjeuner au site du « Gros chêne », ainsi appelé par la présence d’un chêne gigantesque de 7 m 60 de tour de taille, foudroyé en 1930. Il reste quelques beaux spécimens bien vivants, dont un chêne de 4 m 60 de tour, au port magnifique.

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Nous sommes accueillis au restaurant par Claude Sturni, maire d’Haguenau, qui précise que nous allons manger la fameuse flammekuche, qui n’est par une tarte flambée mais « lammée ». Elle nous est servie d’abord salée, avec oignons et lardons, mais aussi dans sa version végétarienne et même vegan, puis sucrée avec des pommes flambées au rhum.

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Le directeur régional de l’ONF, Benoît Cuiller, nous fait ensuite une présentation complète de la forêt, « sixième massif forestier de plaine en France ». Elle s’étend en effet sur 30 km d’est en ouest, avec une superficie totale de 21.000 hectares, dont 13.000 en indivis, et 12.100 hectares classés Natura 2000.

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Cette forêt mélangée, où cohabitent feuillus et résineux, représente un lien entre les massifs d’Occident gérés par l’Etat et les forêts d’Europe centrale plus variées. La tempête Lothar a détruit 4.000 hectares dans le tiers sud de la forêt, ce qui représente l’équivalent de dix récoltes annuelles.

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Balade dans la forêt de Haguenau lors du congrès des JNE le 9 juin 2017 – photo Nadine Saunier

En vitesse de croisière, la forêt d’Haguenau produit 50.000 m3 de bois par an. Elle n’abrite ni ours, ni loup, ni lynx. Le grand tétras y a disparu depuis 70 ans. Etienne Konn, chef du projet « Forêt d’exception » à l’ONF, annonce que la forêt d’Haguenau est l’une des 17 forêts domaniales à se porter candidate pour le label « forêt d’exception ». Sept forêts ont déjà reçu le label (pour cinq ans), et le comité national de pilotage étudie le cas Haguenau depuis 2015.

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Photo de groupe des JNE lors de leur congrès de juin 2017 autour de monument au chêne calciné installé en 1995 par l’artiste allemande Gloria Friedmann dans la forêt de Haguenau – photo Nadine Saunier

Nous nous rendons alors dans un site renommé pour ses pèlerinages, fin juillet, où une chapelle est dédiée à l’ermite Saint Arbogast. On évoque la présence dans la forêt de nombreuses tombes antiques ou « tumuli ». On nous décrit la biodiversité avec la présence d’espèces rares comme le pic noir, la chouette de Tengmalm, le pic mar, et des poissons comme le chabot et la lamproie de Planer. Pour préserver cette biodiversité, 230 hectares sont en réserve intégrale, 470 hectares de ripisylves protégés, et 50 hectares laissés à eux-mêmes après la tempête. Une trame de vieux bois traverse tout le massif.

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Nous finissons la visite par le parcours sportif qui chemine dans les plus belles parcelles, avec sept stations pourvues de citations littéraires et, au bout du chemin, le monument au chêne calciné installé en 1995 par l’artiste allemande Gloria Friedmann. L’occasion de faire une photo de groupe avec la trentaine de participants.

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Nous traversons la forêt pour en sortir, par le village de Beishwiller, puis Surbourg, Hoelschloch, Merkwiller, Pechelbronn, Preuschdorf, Mitschdorf et enfin Goerdorf, à travers une campagne alsacienne vallonnée et bien verte. A Goersdorf, nous montons jusqu’au château de Liebfrauenberg, un centre de rencontres protestant qui offre un hôtel restaurant, où nous mangerons, et une maison des jeunes, où nous coucherons. De sa terrasse, nous apercevons loin à l’horizon la cathédrale de Strasbourg, à une centaine de kilomètres de là. Nous sommes accueillis au Centre par notre ami Jean-Claude Génot, membre des JNE, au nom du Parc naturel régional des Vosges du Nord. Il sera notre guide durant la journée de samedi.

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Jean-Claude Génot introduit Christelle Scheid, de l’association Luchs Projekt, chargée depuis 2015 de la réintroduction du lynx au titre du programme LIFE. Elle refait l’historique de la réintroduction du lynx dans les Vosges, commencée en France en 1983 à titre privé (Christian Kempf) et officiellement sous l’autorité du ministère de l’Environnement. Elle s’est poursuivie jusqu’en 1993 avec des succès divers. Cinq félins sur les 21 réintroduits ont été braconnés. Car il n’y a pas eu de concertation avec les chasseurs. En outre, il y avait trop de mâles, ce qui n’a pas aidé une natalité déjà faible (une seule portée par an, soit un ou deux petits). Les lynx ont été importés de Slovénie, où ils sont concurrencés par l’ours, à leur détriment.

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Tout change le 1er janvier 2015, lorsque l’association allemande SNU (Fondation pour la nature et l’environnement) et le WWF Allemagne, en accord avec le land de Rhénanie-Palatinat et le Parc naturel régional des Vosges du nord, décident de réintroduire le lynx en Allemagne selon un programme LIFE, financé à 50 % par l’Europe. Avant les premiers lâchers, de multiples réunions de concertation ont été organisées avec les chasseurs et les éleveurs, pour éviter tout malentendu. Il est donc prévu de réintroduire vingt lynx en six ans, équipés de colliers émetteurs qui permettent de les suivre la première année. Ces lynx viennent tous des Carpates, via la Slovaquie et la Suisse. Sur les sept déjà relâchés, l’un a complètement divergé en s’installant dans les Vosges françaises, du côté de Gérardmer. Et une femelle a donné naissance à deux petits. Ainsi, l’Allemagne et la France partagent d’une certaine façon la réintroduction du lynx, qui ne connaît pas de frontières. Les lynx ont tous été relâchés au même endroit, à 40 km de la frontière française, et ils sont suivis par GPS.

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Les proies principales du lynx sont le chevreuil, le chamois, mais aussi les rongeurs et, parfois, un jeune sanglier. A raison de 3 kilos de viande par jour, le lynx vit durant une semaine avec un seul chevreuil, dont il cache la carcasse sous des feuilles. Son territoire de chasse est en moyenne de 100 km2 (10 km x 10 km). Des pièges photographiques permettent d’identifier les félins durant leurs randonnées nocturnes, car ils ont des taches de pelage qui sont propres à chaque animal. Côté français, on a instauré un « parlement du lynx » regroupant chasseurs, éleveurs, forestiers, élus et associatifs. Sous la conduite d’un médiateur professionnel, un livre blanc a été rédigé, qui mentionne les engagements pris par les uns et les autres. Ce livre blanc a été transmis au préfet de région le 21 avril de cette année. Une inconnue subsiste : que se passera-t-il lorsque les lynx franchiront la frontière ?

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Après le dîner, offert par le Parc, c’est l’assemblée générale des JNE. La présidente des JNE, Carine Mayo, lit un message de Nicole Lauroy, présidente d’honneur des JNE, qui nous informe de la création d’une association de « vétérinaires éthiques », Véthic. Elle rappelle la création l’an dernier de l’AJEC (JNE + AJE), afin de couvrir complètement les préparatifs et le déroulement de la COP 21, en décembre 2015. L’AJEC s’est dissoute automatiquement après la COP 22 de Marrakech, en février 2017, où nous avons été très présents. Myriam Goldminc a été embauchée à mi-temps en novembre 2016, afin de trouver des annonceurs pour l’annuaire des JNE et d’aider à la préparation des voyages (Marrakech, La Haye, Aquitaine, Vercors et le congrès). Elle va aussi se charger de trouver des subventions. Il y a eu un débat au sein de l’association lorsque Michel Sourrouille et Claude-Marie Vadrot ont suggéré que les JNE appellent à la candidature de Nicolas Hulot à l’élection présidentielle. Carine rappelle le procès intenté par Vincent Bolloré contre plusieurs médias et journalistes, dont notre amie Dominique Martin-Ferrari. Elle indique que Pierre Demeure s’est retiré du CA mais qu’il souhaite continuer à être le webmaster du site JNE. Pour le reste de l’équipe, pas de changement : Laurent Samuel est chargé du site, Danièle Boone des livres, et Christel Leca de l’agenda. Le changement majeur est la volonté de Carine de passer la main comme présidente, quitte à aider par la suite son ou sa successeur(e).

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Dans son bilan d’activité, la secrétaire générale Adeline Gadenne rappelle les six petits déjeuners organisés à la mairie du IIe arrondissement de Paris (Inde, Orang-outang, Fukushima, Guillaume Sainteny, etc.). Elle signale 13 nouveaux adhérents. L’effectif global est de 220 adhérents, plus ou moins à jour de cotisation. Le trésorier Richard Varrault rend compte du bilan financier. Les rapports sont tous approuvés à l’unanimité.

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Pour le programme à venir, un thème porteur est « l’animal et le droit » (lors d’un petit-déjeuner, inviter la philosophe interviewée par Claire Lecoeuvre, la L214, etc. – voir la thèse de l’INRA sur la contamination de la souffrance animale dans les abattoirs – voir l’anthropologie et les rituels sur les animaux, etc. – faire un appel aux articles écrits par les JNE sur le sujet). Autres sujets évoqués : les réfugiés climatiques et la réunion de novembre 2017 à Bonn pour les îles Fidji (communiqué de presse à Nicolas Hulot – voir le livre Paradis avant liquidation). Certains plaident pour la défense du plateau de Saclay (la « silicone vallée ») (lire ici l’article d’Annick et Serge Mouraret), ainsi que du domaine de Grignon, après le retrait du Qatar, et les projets de parc de loisir et centres commerciaux du côté de Gonesse, en banlieue nord (aller voir la ZAD de la Patate via Claire Lecoeuvre ?). Trois zones de terres agricoles de la région parisienne aujourd’hui très menacés.

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La soirée se termine par les votes pour le renouvellement de 5 administrateurs des JNE : sur 58 votants (30 par correspondance et 28 présents), Carine Mayo obtient 58 suffrages, Eric Samson 51 voix, Anne-Claire Poirier 50 voix, Laurent Samuel 47, voix Marie-Paule Nougaret 43 voix et Patrice Auro 24 voix. Ainsi, sur les 6 candidats, seul Patrice Auro n’est pas élu au Conseil d’Administration.

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Samedi 10 juin

Balade des JNE en forêt le 10 juin 2017 lors de leur congrès dans les Vosges du Nord – photo Nadine Saunier

Petit déjeuner à 8 h au château. Départ en car à 9 h pour une tournée en forêt, conduite par Jean-Claude Génot, familier des Vosges depuis 35 ans. Le car nous dépose dans la ferme auberge de Gimbelhof, en pleine montagne. Jean-Claude explique que cette forêt seigneuriale de 230 hectares a souvent changé de mains. Jusqu’en 1856, elle a appartenu à la riche famille industrielle De Dietrich. Elle a ensuite été rachetée par une compagnie d’assurances, et enfin par la région appelée aujourd’hui Grand Est. Le château de Fleckenstein, lui, appartient à la communauté de communes. A signaler une spécialité du lieu : la chasse à l’arc. Nous suivons Jean-Claude dans une très belle forêt, à base de hêtres et pins sylvestres, ponctuée de chênes, châtaigniers, merisiers, bouleaux et épicéas. Tous arbres de haute tige, au tronc effilé. Le sol a beau être « pauvre » (du grès rose), les arbres poussent très bien, grâce à leur densité et aux abondantes précipitations. Nous coupons à travers la forêt, en une descente très raide, afin de voir les traces d’anciennes activités comme les charbonnières et les mines de fer. Nous rejoignons la ferme auberge et allons déjeuner sur un autre site, aménagé en bar-restaurant, boutique et tables à l’ombre pour notre pique-nique.

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Les JNE en balade le 10 juin 2017 au cours de leur congrès dans les Vosges du Nord. Au loin, le château du Fleckenstein – photo Nadine Saunier

Quartier libre ensuite, avec le choix entre visite du château de Fleckenstein, parcours dans une réserve biologique à la frontière allemande ou sieste. Le château est en fait un formidable promontoire de grès rose qui domine la forêt de très haut. Des galeries ont été creusées à sa base et des murs élevés au sommet pour en faire un lieu de défense et d’habitation. La forteresse a été démantelée sous Louis XIV.

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Le car nous reprend à 16 h pour nous ramener au centre de Liebfrauenberg, où une séance de partage d’initiatives est organisée à l’ombre de deux grands pins laricio. Nicole Aussedat présente l’action de l’ONG Pew (où elle travaille) en faveur des océans. Marie-Joséphine Grojean raconte son expédition « semences » au Sénégal : Kokopelli lui a confié une valise de semences qu’elles a remises à un groupe de femme, une école, un potager en permaculture, une ferme modèle, au total 5 projets dans le Dialao à 50 km de Dakar. Marie-Joséphine Grojean défend l’idée que « si les jeunes retrouvent le goût de leur terre, il ne voudront plus partir ». Patrice Auro décrit tous ses contacts en faveur des populations menacées à travers le monde. Pierre Mann rappelle ses tournages de films en Afrique et distribue un DVD sur les Bushmen de Namibie. Michel Sourrouille évoque son dernier ouvrage sur l’écologie politique, publié au Sang de la Terre ; il souhaite « écologiser la politiques et politiser l’écologie ». Roland de Miller propose son livre Le besoin de nature sauvage. Marie Arnould présente son expérience de verger pour tous à Grenoble, le « Verger Essen’ciel ». Enfin, Frédéric Plénard annonce sa prochaine intervention d’après dîner. A la soirée en salle, Frédéric présente son prochain film Le grand secret du lien, qui sera tourné avec et par des enfants de la ville retournés à la nature. « Je ne crois pas à l’enseignement de la vie entre quatre murs », répète-t-il. C’est pourquoi il va emmener, de septembre 2017 à septembre 2018, 50 enfants de 56 régions de France passer 25 jours environ en pleine nature. Pierre Mann évoque la maison de l’orang-outang installée à Bornéo et sa série de films animaliers « Animaux à corps perdus ».

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Dimanche 11 juin

Grasse matinée pour beaucoup. L’occasion de mesurer le tour de taille des arbres du parc : les pins laricio (3 m 75 et 3 m 54), le grand sequoia (5 m 15) et un vieux houx devenu arbre (1 m 18), qui n’a plus de feuilles piquantes qu’à ses rejets du pied. Vers 9 h 30, Gérard Blondeau conduit une balade botanique, tandis que Roger Cans reste cueillir des cerises (plusieurs kilos). Après le déjeuner, un nouveau car nous emmène visiter une maison à structure bois. Nous faisons nos adieux à ceux qui ne rentrent pas à Haguenau, Strasbourg et Paris. A Preuschdorf, nous sommes déposés devant les bâtiments en bois appelés « Bat’Innovant ». Nous sommes accueillis par Till Harres, un ingénieur forestier qui présente le secteur : une comcom (communauté de communes) de 18.000 habitants, 24 communes et 2.000 km 2. Il reste trois petites scieries, dont deux en sursis. Le hêtre, malheureusement, sert de bois de chauffage ! Il a donc été construit là deux maisons d’habitation de 100 m2 chacune, reliées par un espace commun au milieu. On veut revenir à l’habitat rural dense, qui est de tradition, au lieu de pavillons dispersés dans leur pré carré. Un bâtiment d’activités pour artisans a été construit d’autre part à Eschbach. L’une des maisons va être occupée par un couple de dentistes. Les poutres des plafonds sont une expérience : du hêtre lamellé-collé. On dit que le bois de hêtre, trop lisse, colle mal, et l’on préfère généralement le bois résineux. On essaye. Les toits de tôle peints en noir sont une mesure d’économie pour couvrir de tuiles « queue de castor », il aurait fallu des charpentes capables de supporter une lourde charge. L’isolation, en revanche, est très performante avec les murs de paille pressée, entre planches de pin à l’extérieur et panneaux de fibres à l’intérieur. En ce jour de canicule, on constate la fraîcheur maintenue à l’intérieur.

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Nous reprenons le train à Haguenau, puis le TGV à Strasbourg pour arriver à Paris juste à temps pour voter (les Parisiens ont jusqu’à 20 h).

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Remarque générale : nous avons bénéficié d’un temps exceptionnel, beau et chaud, d’un cadre lui aussi exceptionnel, perdu dans la montagne vosgienne, au milieu de villages alsaciens à la fois coquets et pittoresques. Notre congrès s’est réuni sous le signe du partage : forêt d’Haguenau partagée entre la ville et l’Etat, lâchers de lynx partagés entre la France et l’Allemagne, soirées d’échanges partagés entre les membres de notre association. Un souci : la succession de Carine Mayo et la recherche d’un nouveau siège pour les JNE. Nicole Aussedat propose un local à l’Institut océanographique de Paris, très central (rue Saint-Jacques/rue Gay-Lussac). Mais il faut en discuter.

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Nouveau Président pour les JNE, nouvelles orientations ?


par Richard Varrault, président des JNE

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Je souhaite tout d’abord, avant de remercier le nouveau CA (Conseil d’administration) qui été élu pour un tiers de ses membres à notre Congrès-Assemblée Générale dans les Vosges du Nord, faire le lien avec les conversations que j’ai eu principalement avec Roger Cans, un de nos « anciens », qui, dans le Tgv qui nous conduisait à Strasbourg, puis au château du Liebfrauenberg, m’a cordialement poussé à postuler au poste qui allait être transmis par Carine Mayo. Depuis plusieurs mois, elle avait exprimé sa volonté de passer la main après 11 années de bons et loyaux services et des initiatives dynamiques porteuses d’échanges, à la tête de notre association. Le manque de motivation que produisit la vacance future de ce poste, et par voie de conséquence l’évidente pénurie de candidat.e, m’a incité à m’investir pour palier à cette situation de blocage. Je l’ai expliqué au CA du 22 juin qui, à l’unanimité, a accepté que je porte haut la feuille de houx, emblème de notre association.

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Je ne vous proposerais pas de rechercher un nouveau logo plus adapté à notre XXIe siècle, je ne vous demanderais pas non plus de revoir notre charte graphique ou d’autres aspects triviaux de notre vie quotidienne, bien qu’à la marge, avec la nouveauté, des améliorations sont toujours possibles.

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Nous allons plutôt nous engager pour les thèmes qui tiennent à cœur à de nombreux adhérents, comme le goût de la Nature, tel qu’il a été très bien exprimé au dernier congrès par Roland de Miller (lire son texte ici) et qui par extension pose les questions de la préservation des espèces (animales et végétales) et plus largement la protection de ce qu’il reste de biodiversité sauvage et des habitats naturels de diverses espèces qui disparaissent au fur et mesure d’un nouveau tronçon d’autoroute, de ligne Lgv, ou de projets de centres commerciaux qui n’intéressent que les grands actionnaires (en millions d’euros) et non les loups (sauf ceux de Wall Street), ni les lynx du Palatinat ou autres marmottes ou campagnols amphibies de nos campagnes.

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Je vous proposerai une association plus incisive et qui exprime plus clairement le fond de sa pensée, d’une manière publique, avec des communiqués de presse sur ses sujets, à destination de l’AFP, des autres agences, et des rédactions de quelques médias ciblés.

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Dans cet esprit, nous continuerons à débattre des droits et du bien-être animal qui déboucheront peut-être sur un colloque en 2018, en abordant tous les aspects de ces questions depuis la fermeture des Marinelands en France ou dans d’autres pays (notamment l’Inde), en développant tout à la fois les processus physiologiques en jeu comme les considérations juridiques qui commencent à encadrer les droits des animaux, qu’ils soient d’élevage, domestiques ou sauvages, ainsi que les conditions de vie et d’abattage des animaux d’élevage. Un chantier important et symbolique des relations humains-non humains, sans oublier la chasse à la baleine pratiqué par certaines flottes japonaises ou les tueries de globicéphales qui se pratiquent encore aux îles Féroé (Danemark).

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Nous poursuivrons bien entendu l’information et la participation aux colloques concernant la lutte contre les dérèglements climatiques, comme la COP23 de Bonn pour laquelle un déplacement est envisagé en novembre 2017, en coopération avec l’AJE (Association des Journalistes de l’Environnement), avec laquelle nous avions créé l’AJEC21 en 2014 (dissoute en 2016). Tout comme d’une manière générale nous continuerons à échanger régulièrement avec l’AJE comme nous l’avons fait jusqu’à présent, annonce de réunions, de colloques et autres rendez-vous en commun, comme celui qui devrait avoir lieu prochainement avec le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Sans oublier le nouveau pacte mondial pour l’environnement présenté par Laurent Fabius à la Sorbonne, qui doit être présenté par le Président de la République en septembre aux Nations Unies.

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Notre pays doit normalement se désengager de la production d’électricité par le nucléaire. Nous pourrons dans le courant de l’année 2018 visiter une centrale de la région parisienne, ce qui, je crois, n’a encore jamais été réalisé par les JNE. Les premiers renseignements montrent que ce type de visite est régulièrement effectuée et bien organisée par les instances en charge de la gestion de nos réacteurs. Nous avons tous et chacun.e des visions spécifiques du nucléaire. Une visite de quelques heures apportera à celles et ceux qui participeront un certain recul sur le sujet, sachant que nous négocierons un temps pour nos questions avec des interlocuteurs compétents pour nous répondre, sans le langage codé qui sied à ce type de visite.

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Nous nous pencherons également sur les mutations de la biologie, de la biologie de synthèse et crispr-cas9. Un colloque est d’ailleurs prévu en octobre 2017 pour tenter de comprendre ces transformations fondamentales puisque les OGM ne porteront plus ce nom, mais le vivant touché par ces ajouts subtils aura bien été transformé par ces nouvelles manipulations.

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Ce colloque est destiné à faire le point sur ces sciences sans précédents, prendre la mesure de l’implication de ces technologies dans notre vie et quel statut juridique auront ces nouvelles entités ainsi que leur acceptabilité par nos sociétés, celle des Etats-Unis étant différente de celle de la France.

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J’observe aussi que nous avons parmi nos adhérents des personnes de qualité aux compétences scientifiques avérées. Je vous propose de les regrouper pour former un collège des sages ou des sachants qui viendraient nous éclairer sur certains thèmes auxquels notre association pourrait ainsi apporter des avis et/ou des communiqués susceptibles de faire avancer le débat ou bouger les opinions, au sein des JNE ou publiquement par des colloques ou des débats qui nous organiserions en ouvrant nos séances au public et non plus seulement à nos confrères.

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Parmi les sujets, qui je l’espère, éveilleront votre intérêt, sous forme de petits-déjeuners presse, ou de matinales de formation, l’évolution des métiers de la presse me paraît un thème important. Qui, de l’homme ou de la machine, écrira les articles en 2020 ? La presse économique utilise déjà des robots-journalistes pour rédiger des articles sur les fusions, acquisitions et évolution des cours de bourse, puisque quelques modèles d’articles et de bons algorithmes suffisent à la fois pour collecter l’information sur la toile ou les sites spécialisés et inclure les éléments dans un modèle. C’est ensuite un jeu de mise en forme selon les canons d’écriture des professionnels. La presse sportive a également mis les pieds dans la robotique pour rendre compte des derniers matchs ou des exploits sportifs. L’enjeu est d’importance si cette « ubérisation » prend de l’ampleur et si de nouveaux logiciels viennent à devenir abordables financièrement pour des rédactions, finis les frais de déplacement, les choix humains qui ne conviennent pas au rédacteur en chef et autres appréciations discutables, notamment la masse salariale d’un journal, voire d’une radio et pourquoi pas une chaîne de TV ?

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En 2019, notre association aura 50 ans. Cela vaut bien une fête et quelques publications. Nous avons déjà commencé à poser les bases d’un travail de collecte des archives JNE dispersées auprès des adhérents au fil des années, avec des archivistes et des historien(ne) s.

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Un colloque est prévu, dans un lieu emblématique (lieu d’histoire), et la publication soit d’un ouvrage ou de fascicules sur la vie de notre association et de ses relations avec le monde extérieur et des personnalités qui en ont été adhérentes comme par exemple Marguerite Yourcenar, Paul-Emile Victor, François Terrasson et d’autres dont vous retrouverez les noms dans notre annuaire 2017 (Les JNE en quelques dates clés, pages 22 & 23).

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Vous conservez bien sûr toute latitude pour proposer des sujets nouveaux, dès à présent, et vous avez toute liberté de mettre en œuvre vos propres débats, petits déjeuners presse et autres rencontres dont le CA se fera un plaisir de vous donner avis et propositions pour attirer votre public et rendre le plus intéressant possible les manifestations envisagées. Le conseil d’administration et moi-même restons également à votre écoute pour l’organisation de voyages en région ou hors de France.

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Nouveau Président des JNE, Richard Varrault est directeur de publication de Waternunc.

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Hommage à Roland Bechmann (1919-2017), fondateur de la revue « Aménagement et Nature »

Roland Bechmann s’est éteint le 25 janvier 2017, après cinq années rendues difficiles par la mort de sa femme Martine. Pour la communauté des protecteurs de la nature, Roland Bechmann restera l’homme de l’association Aménagement et Nature et de la revue du même nom.

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par Roger Cans

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La couverture d’un des premiers numéros d’Aménagement et Nature, revue fondée en 1964 par Roland Bechmann

Né le 1er avril 1919 à Paris, Roland Bechmann est le fils d’un architecte reconnu, qui a entre autres construit la Cité internationale de Paris, conçue pour accueillir les étudiants étrangers derrière le parc Montsouris. Lui aussi deviendra architecte, mais, alors qu’il n’est seulement qu’élève-architecte, il passe une licence ès-lettres – dont trois certificats d’histoire – à la Sorbonne, où il a comme professeur Marc Bloch. Par la suite, l’historien Jacques Le Goff l’encourage dans ses recherches sur l’influence des différents facteurs du milieu (ou de l’environnement) sur les méthodes de construction et l’évolution de formes de l’architecture au Moyen-Age, thème de son doctorat en géographie.

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Survient la guerre. Roland Bechmann, amoureux de la montagne depuis toujours, rejoint en 1943 le maquis du Vercors, où il retrouve l’écrivain Jean Prévost, grand prix de littérature de l’Académie française. Lors d’une offensive allemande, le 1er août 1944, Jean Prévost est tué à la tête d’une compagnie des Forces françaises de l’intérieur. Il avait 43 ans. Roland Bechmann sera par la suite décoré de la Croix de guerre avec citations à l’ordre de l’armée et nommé chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire. En 1960, il va animer l’association des amis de Jean Prévost, à laquelle adhère Haroun Tazieff, « un admirateur de Jean Prévost depuis les années trente », notamment pour sa culture du sport.

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Dès lors, Roland Bechmann se lance dans une carrière d’architecte originale, tant en France qu’en Afrique. Il construit de nombreux ensembles de logements sociaux, dont un resté fameux en Mauritanie. En 1969, il dessine les plans d’un lycée agricole, près d’Avignon, qui sera ensuite inscrit à l’inventaire des Monuments historiques.

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La vocation « écologiste » de Roland Bechmann survient au début des années 1960, lorsqu’il se porte candidat pour l’aménagement de la vallée de Saint-Martin-de Belleville, en Savoie, près du parc national de la Vanoise en préparation. A cette occasion, l’architecte ne se contente pas de soumettre ses plans. Il réunit une équipe pluridisciplinaire qui comprend des architectes, des urbanistes et un ingénieur agronome. Cette équipe parcourtl e terrain à pied, survole la vallée en avion, étudie les sols et la géologie, consulte les documents historiques, rencontre les habitants et leurs élus. Le projet d’aménagement qui en résulte surprend par son ampleur « multifonctionnelle ». Le représentant du ministère de l’agriculture, Paul Harvois, est séduit par le projet, mais l’administration penchera finalement pour un projet plus classique, genre « Sarcelles des neiges ».

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Roland Bechmann rencontre tout de même le ministre, Edgard Pisani, toujours ouvert aux idées nouvelles, qui lui dit : « Vous devriez créer une association car, dans les ministères, on n’a pas le temps de réfléchir ». L’architecte prend alors contact avec les associations existantes, comme la SNPN à Paris ou la SEPNB en Bretagne. Il leur propose de fédérer tous ceux qui se préoccupent d’aménagement du territoire et de protection de la nature. Mais le mot « aménagement » fait peur aux protecteurs. Roland Bechmann réunit donc chez lui, le 28 juin 1964, une soixantaine d’architectes, urbanistes, professeurs, médecins et professionnels divers soucieux de réfléchir à l’avenir. La journée, intitulée « Nature et Développement », est présidée par Eugène Claudius-Petit, ancien ministre de la Construction. Parmi les participants, on retrouve Serge Antoine (DATAR), Paul Harvois, Pierre Joxe, commissaire au Plan, Pierre Cot, ancien ministre et conseiller général de Savoie, des professeurs de la Sorbonne et un militant de la protection de la nature, Jean-Baptiste de Vilmorin, directeur de la SNPN.

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Le groupe adopte un nom qu’il garde jusqu’en 1979 : Association pour les espaces naturels et les parcs nationaux. Il se fixe quatre objectifs : 1) Promouvoir l’inventaire général du patrimoine naturel, des sites à préserver et des vocations des sols. 2) Harmoniser, moderniser et compléter les textes visant à la protection de la nature et du cadre de vie. 3) Inclure dans tous les projets d’aménagement ce qu’on appellera plus tard une étude d’impact. 4) Introduire dans l’enseignement ces notions nouvelles.

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Dès cette année 1964, Roland Bechmann publie une revue appelée Aménagement et Nature, d’abord boudée par les protecteurs de la nature qui refusent le mot « aménagement ». Tant pis. La revue va traiter des thèmes environnementaux (les zones côtières, les résidences secondaires, industrie et paysage rural, les études d’impact, etc.)

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Pour son premier anniversaire, en 1965, l’association organise à l’abbaye de Royaumont deux journées d’étude sur « L’homme et la nature ». On y entendra Bertrand de Jouvenel demander que l’on fasse entrer la nature dans la comptabilité nationale, puis une communication sur les pollutions dues au transport de pétrole – deux ans avant le naufrage du Torrey-Canyon !

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De son côté, Roland Bechmann se lance dans la publication d’ouvrages qui lui tiennent à cœur, concernant le Moyen-Age. En 1981, il publie Les racines des cathédrales (Payot), inspiré de sa thèse de géographie soutenue en 1978. Il veut montrer que les cathédrales gothiques ne sont pas nées des caprices d’un architecte, mais sont le fruit de leur milieu, de leur époque, des circonstances géographiques, politiques, sociales, des changements de l’agriculture et de l’exploitation du bois. Il récidive en 1984 avec Des arbres et des hommes : la forêt au Moyen-Age (Flammarion). En 1986, il publie en collaboration le Carnet de Villard de Honnecourt XIIIe siècle, récompensé par l’Académie française. En 1991, il publie enfin Villard de Honnecourt, la pensée technique au XIIIe siècle et sa communication (Picard, 1991). Il décrit là les machines et engins de siège fabriqués en bois, qui seront aussi utilisés pour la construction des cathédrales.

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A la fin de sa vie, Roland Bechmann écrit une « fiction prospective écolo-satirique », L’arbre du ciel (HB Editions 1997) qui sera repris en poche au Serpent à Plumes en 2000. Jusqu’à la fin, il réunit chez lui le comité de rédaction d’Aménagement et Nature, et charge son petit-fils Nils Ferrand, de scanner tous les articles pour les mettre en ligne.

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Pionnier de l’environnement, Roland Bechmann a constamment défendu une idée chère : la protection de l’environnement ne doit pas être confinée aux militants locaux, mais doit devenir l’affaire de tous, y compris dans les sphères gouvernementales.

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Hommage à Pierre Pfeffer, grand défenseur des éléphants

Nous avons la tristesse d’apprendre la disparition de notre ami Pierre Pfeffer, survenue le 29 décembre à Paris. Grand zoologiste, il participa à l’émission de télévision Les animaux du monde à la fin des années 1960 et fut l’un des premiers membres de notre association créée en 1969. Ardent défenseur des animaux, celui qui fut également président du WWF, lança la campagne Amnistie pour les éléphants au sein de la Société Nationale de la Protection de la Nature (SNPN) en 1987. En cette fin d’année où la Chine vient d’annoncer l’interdiction du commerce de l’ivoire, souhaitons que son combat n’aura pas été vain. Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille. Voici sa biographie publiée dans l’Annuaire 2014 des JNE.

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par Roger Cans

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Pierre Pfeffer

Né à Paris en 1927, Pierre Pfeffer suit sa mère journaliste en Union Soviétique, et, déjà passionné d’animaux, adhère au cercle des Jeunes Naturalistes de l’école primaire qu’il suit à Moscou et se voit chargé de l’élevage des couleuvres ! Revenu en France à la veille de la guerre, Pierre Pfeffer s’engage à 16 ans, en 1944, dans les maquis FFI de l’Ardèche, puis, lorsqu’elle débarque en France, dans la première armée française du général De Lattre et participe aux campagnes de France, d’Allemagne et d’Autriche, dans le 19e Bataillon de Chasseurs (!) à pied. Sa première université, c’est donc la guerre et ses combats au cours de laquelle il ne rate cependant pas l’occasion d’observer la faune, notamment celle des montagnes d’Autriche.

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Démobilisé, il reprend le lycée au niveau du bac et sur recommandation de Théodore Monod, part en 1959 en Côte d’Ivoire, en tant que « naturaliste-voyageur » chargé de collecter des spécimens de faune pour le Muséum de Paris. Parmi ces « spécimens », il est malheureusement dans l’obligation, à la demande de l’administration française, d’abattre à deux reprises un éléphant blessé par des braconniers et ayant causé des accidents parmi les paysans africains. De là naît son premier intérêt pour ces animaux et les problèmes que posent leurs relations avec l’homme.

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De retour en France, il se lance sur le tard dans des études de sciences naturelles à la Sorbonne. Attaché au Muséum en 1957 et assistant de biologie animale à la faculté des sciences, il part pour un premier séjour (1955-1957) en Indonésie dans le centre de Bornéo et les Petites îles de la Sonde où il se consacre à l’étude du varan de Komodo et en fait son mémoire de DES en 1958. L’année suivante, il est nommé stagiaire, puis attaché de recherches au CNRS et travaille d’abord au laboratoire des Reptiles et Poissons du Muséum (professeur J. Guibé), puis définitivement cette fois, à celui des Mammifères et Oiseaux (professeur J. Berlioz).

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En 1963, il publie son premier ouvrage : Bivouacs à Bornéo. En 1966, sa thèse de doctorat porte sur le mouflon de Corse (« Systématique, écologie et éthologie comparées »), fruit de quatre années d’observations dans le massif de Bavela dans le centre de l’île. Il devient alors, presque malgré lui, spécialiste des ongulés montagnards d’Europe, mais aussi de ceux des forêts d’Asie et d’Afrique.

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Contacté par le journaliste François de la Grange, Pierre Pfeffer se lance aussi, malgré les objections de certains de ses collègues, dans les émissions animalières de la télévision, présentant à partir de 1969, l’émission Les animaux du monde sur la 1ère chaîne, puis Des animaux et des hommes sur A2. En 1969, il devient maître, puis directeur de recherches au CNRS, section « écologie ». Avec Théodore Monod et Jean Dorst, il milite activement pour l’écologie et la protection de la nature, mais à leur grande déception, ils ne sont que trois à s’engager dans cette direction sur les quelque 300 scientifiques du Muséum !

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Pierre Pfeffer a également été président du WWF France et membre du bureau international, ainsi que coordinateur de l’UICN et du PNUE pour les aires protégées d’Afrique occidentale et centrale. En France, il a été membre et secrétaire du Conseil national pour la protection de la nature au ministère de l’environnement. Egalement président du comité scientifique du parc national du Mercantour (Alpes Maritimes), il a eu, en 1992, la responsabilité d’identifier le premier loup tué en France et de confirmer, dans un cadre polémique dont on se souvient, la présence de l’espèce dans notre pays. Jusqu’à sa mort, il a plaidé pour sa protection, ainsi que pour celle de nombre d’autres espèces menacées, dont bien sûr, les éléphants !

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Une conférence au Mans sur la pollution lumineuse

A l’initiative de Sarthe Nature Environnement, le secrétaire général de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes, Pierre Brunet, est venu donner une conférence le 18 novembre 2016 à l’ENSIM (Ecole nationale supérieure d’ingénieurs du Mans) pour présenter les divers aspects de la pollution lumineuse.

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par Roger Cans

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ANPCEN-LOGO Bandeau_violet.epsLes premiers à dénoncer les méfaits de la pollution lumineuse ont été les astronomes, gênés dans leurs observations par des ciels trop éclairés. Mais ce sont aujourd’hui les naturalistes qui s’en plaignent, en constatant les méfaits de l’éclairage public sur la faune sauvage aux habitudes nocturnes. « La nuit, c’est la moitié de la vie », dit-on à juste titre. En effet, une bonne part de la faune sauvage s’active durant la nuit, et notamment à l’aurore et au crépuscule. Les réverbères allumés la nuit attirent les insectes, complètement déroutés de leurs parcours habituels, et les insectes attirent à leur tour les chauves-souris, elles aussi déroutées.

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Pierre Brunet présente alors des images tournées à New York au-dessus de Ground Zero, où deux projecteurs verticaux attirent les oiseaux migrateurs, complètement déboussolés. Il montre aussi les ponts de Lyon, inondés de lumière toute la nuit par des projecteurs. Il cite un fait peu connu : aux Pays-Bas, les serres ne peuvent s’allumer qu’à minuit pour ne pas gêner les riverains. Mais elles diffusent alors une lumière qui perturbe la vie de bien des animaux nocturnes. Il rappelle que la pêche au lamparo, très pratiquée à travers le monde, provoque chaque fois un afflux anormal de poissons qui facilite les pêches miraculeuses. La lumière naturelle, comme le clair de lune, régule les migrations verticales du plancton dans l’océan et la reproduction des coraux dans les eaux tropicales. Mais toute lumière artificielle perturbe ces cycles naturels et compromet parfois gravement la vie des animaux.

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Le conférencier évoque alors la trame verte et bleue, instaurée lors du Grenelle de 2010, et la loi sur la biodiversité promulguée l’été dernier. Cette loi ne comporte qu’une phrase sur la pollution lumineuse, en fin de paragraphe, comme pour mémoire, mais sans le moindre détail. A l’aide de cartes qui présentent les zones lumineuses de la Sarthe et les régions préservées, comme dans le Perche, il propose de mettre en œuvre une politique de corridors biologiques qui permettent aux animaux nocturnes de se déplacer sans « barrières lumineuses ».

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Et l’on aborde alors l’éclairage public, qui est de la compétence exclusive du maire. Mais ce sont les vendeurs de matériel qui emportent presque toujours la décision. Il existe une panoplie de réverbères, lampadaires et luminaires de toutes formes et de toutes puissances, mais les communes se laissent trop souvent forcer la main. Lorsque la commune décide de supprimer les lampadaires boules, qui éclairent le ciel, ils adoptent aujourd’hui les réflecteurs à LED, qui diffusent une lumière blanche très violente. Pierre Brunet présente alors des photos de l’éclairage public en Autriche et en Allemagne, beaucoup plus faible qu’en France.

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Dans beaucoup de communes, on revient maintenant à l’extinction des feux durant la nuit, et même à aucun allumage durant l’été, lorsque le jour est beaucoup plus long que la nuit. Les statistiques de la gendarmerie sont formelles : l’extinction des feux n’a aucune incidence sur les délits et diminue les accidents de circulation. On roule moins vite dans le noir.

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Le scandale de Notre-Dame-des-Landes

Après le Larzac, Plogoff, Serre de la Fare, voici maintenant Notre-Dame-des-Landes. Même combat. Même entêtement des promoteurs, qui veulent absolument se lancer dans une vaste opération immobilière et un équipement surdimensionné par rapport aux besoins réels.

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par Roger Cans

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non-landesLe projet, qui remonte au temps du Concorde, n’a plus de raison d’être. Déplacer un aéroport du centre-ville dans le bocage est une aberration pour la clientèle, déjà habituée au TGV. Un aéroport commun à Nantes et Rennes ? C’est une farce. Le TGV va aussi arriver prochainement à Rennes.

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Les habitants de Nantes en ont assez de voir passer les avions. Et alors ? Les habitants de Choisy-le-Roi et de Palaiseau en voient passer beaucoup plus avec la plate-forme d’Orly, très bien reliée à la capitale. J’ai habité Nice, où l’aéroport de la Côte d’Azur est depuis longtemps le deuxième aéroport international de France. Les habitants de Nice, notamment dans le quartier de la Californie, sont aux premières loges pour le bruit des avions. Mais ils savent que l’aéroport est vital pour l’économie de la ville et ils s’en accommodent. De toute façon, il est impossible de transférer les pistes ailleurs, dans la montagne. Mais, comme le trafic aérien a décuplé, il a fallu agrandir l’aéroport. Et l’on a alors décidé de construire une nouvelle piste en pleine mer, moyennant un apport colossal de matériaux pour combler la fosse méditerranéenne – ce qui n’a pas été sans mal.

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A Nantes, il n’y a pas de fosse marine. Agrandir l’aéroport ne pose aucun problème technique. Mais la municipalité espère récupérer des terrains avec le transfert de la plateforme à une quinzaine de kilomètres de là, dans des prairies humides peu favorables à des pistes d’atterrissage. Comme il n’y avait pas d’urgence (on est loin de la saturation à l’aéroport de Nantes), les choses ont traîné, jusqu’à ce qu’une conjoncture politique favorable se présente : le maire de Nantes nommé premier ministre d’un gouvernement de gauche. D’où la relance d’un projet mille fois examiné, reporté et réexaminé.

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La France, depuis le plan Marshall et l’installation du quartier général de l’OTAN (le SHAPE), en 1949, est dotée d’une multitude de plateformes aéroportuaires, souvent transformées en terrains militaires dormants ou en parkings utilisés pour les grands rassemblements gitans. Chez nous dans la Sarthe, l’aéroport du Mans ne sert plus qu’à accueillir – à grands frais – des avions privés de plus en plus rares. Même La Flèche a son aérodrome, utilisé pour les sports aériens. Les pistes peu fréquentées abritent une flore intéressante, dans la mesure où l’aérodrome n’est qu’un terrain d’atterrissage enherbé.

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Dans une région où l’on construit la ligne à grande vitesse Le Mans-Rennes, où l’on a tracé une autoroute (A 28) pour relier Caen à Tours, on nous demande maintenant de participer au financement d’un équipement ruineux, inutile et même nuisible à l’environnement, au profit du transport aérien ! Trop, c’est trop. Le gouvernement, à quelques mois d’une échéance électorale décisive, ne va tout de même pas se donner le ridicule d’évacuer manu militari les défenseurs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

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Même Mitterrand avait compris en 1981 qu’il fallait renoncer à des projets contestés – à juste titre – et il avait mis un terme au long combat du Larzac (dix ans) et au projet de Plogoff, qui aurait défiguré la Pointe du Raz, aujourd’hui devenue Grand site de France. Son gouvernement avait aussi renoncé au barrage de Serre de la Fare, qui devait engloutir 14 kilomètres des gorges de la Loire, « dernier fleuve sauvage d’Europe ». Que le gouvernement abandonne maintenant, pendant qu’il en est encore temps, le stupide projet de Notre-Dame-des-Landes.

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Ménigoute 2016

Comme chaque année, un détour par Ménigoute (Deux-Sèvres) pendant les vacances scolaires de la Toussaint, apporte son lot de bonnes surprises naturalistes. Le 32e Festival international du film ornithologique (FIFO), à cet égard, nous a gâtés.

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par Roger Cans

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affiche-fifo2016-webOutre un soleil automnal insolent, propice aux sorties de terrain, le programme comportait cette année la projection de 35 films (plaignons les membres du jury !), avec des séances le matin (nouveau), l’après-midi et en soirée. Pas d’invité de marque cette année, mais une abondance de stands, expositions, projections et conférences, où chacun a pu trouver son miel, dans cette atmosphère de franche convivialité propre à ce festival.

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Sans tenir compte du palmarès final, je retiendrai ici les séquences qui m’ont le plus accroché parmi la vingtaine de films que j’ai pu voir. Ainsi le film néerlandais Kestrel (faucon crécerelle) qui met en scène une histoire simple avec de superbes images. Une femelle crécerelle est capturée sur l’aéroport d’Amsterdam Schipol, où les rapaces envahissent les pistes à la recherche des campagnols, qui pullulent comme chez nous les lapins à Roissy. L’oiseau est transporté dans une ferme isolée, dotée d’une grange de briques déjà occupée par une chouette effraie. Mais si le faucon et la chouette sont concurrents pour le menu (les campagnols), ils ne chassent pas en même temps. Comme les hirondelles et les chauves-souris alternent pour la chasse aux moustiques. Un couple de faucons crécerelles se forme donc et pond quatre œufs, qui deviennent vite des oisillons exigeants. Il faut donc multiplier les sorties pour rapporter mulots et campagnols.

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Survient une période d’intempéries, qui rend le nourrissage problématique : les rongeurs ne sortent plus de leurs terriers. Même les nids d’hirondelles de fenêtre, pourtant bien à l’abri des rebords du toit, sont partiellement détruits par les rafales de pluie. Les faucons se rabattent sur les vers de terre… et les hirondelles, maigre pitance. Heureusement, le beau temps revient et les quatre petits faucons vont survivre et prendre finalement leur envol, non sans hésitations. Des moments de grâce avec une faune pourtant très commune, mais filmée avec art et talent.

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Un film suisse intitulé Instants sauvages passe de la grâce ailée à la violence du rut des chamois, qui se traduit par une folle poursuite dans la neige et les rocs de deux boucs concurrents, durant quatre minutes. On découvre ensuite le brame du cerf à plus de 2.000 m d’altitude, qui confirme que ces ongulés à grande ramure ne sont pas à l’origine des animaux forestiers, mais plutôt des herbivores de landes et savanes, bien dégagées pour la course.

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Une très belle surprise : un film chinois qui nous fait découvrir une région reculée du Yunnan, inaccessible aux touristes, dans les hautes vallées du Mékong et du Yang Tsé, dont les forêts montent à plus de 4.000 m d’altitude, adossées au plateau tibétain. Dans ces forêts perdues aux confins du pays vivent des groupes de singes qui supportent les pluies tropicales de mousson et les neiges de l’hiver en haute montagne. Ces rhinopithèques ont de grands yeux noirs dans une fourrure blanche, avec un nez en creux formé par deux narines bleues ou vertes. Les jeunes opérateurs chinois ont payé de leurs personnes pour suivre ces petits singes à longueur de saison et nous révéler leur vie de famille, très attachante.

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Je passe sur les films à grands fauves, où les crocodiles disputent le cadavre d’un buffle à des lions, et où les hyènes, par leur nombre, finissent par déloger les lions et s’attribuer leur proie. Une sauvagerie aujourd’hui bien connue. Et je reviens à deux petits films charmants, l’un, écossais, qui fait découvrir, sans un mot de commentaire, la vie du cincle plongeur, et l’autre, suisse, qui suit des nuages de pinsons du nord en migration. Le cincle plongeur, ou merle d’eau, est l’un des rares oiseaux terrestres capables de plonger sous l’eau des torrents pour manger et d’en ressortir parfaitement secs. Quant aux pinsons du nord, insectivores durant l’été dans les forêts boréales, ils descendent vers le sud à l’automne pour se nourrir de graines durant l’hiver. Et c’est ainsi que les ornithologues suisses ont eu la chance, l’automne dernier, d’accueillir des millions – oui, des millions—de ces petits passereaux en migration, attirés par les hêtraies des montagnes du Jura, très riches en faînes. Les opérateurs suisses ont pu suivre ces Nuages nomades (le titre du film) où les pinsons, par millions, sillonnent le ciel en tous sens à la manière des bancs de poissons. Ces vols stupéfiants, aux circonvolutions imprévisibles, s’achèvent dans des arbres dortoirs où les oiseaux se reposent pour la nuit, serrés les uns contre les autres. Des scènes sidérantes, que certains ont déjà vu en France et en Allemagne, et d’autre encore ailleurs, mais qui n’avaient jamais été filmées avec ce soin et cette attention de chaque instant.

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Cousteau and sons

L’Odyssée, le récent film sur Cousteau, souligne une vérité du personnage : il n’est devenu protecteur de la planète que sur le tard, à 62 ans, après une expédition en Antarctique en 1972 qui l’a positivement fasciné.

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par Roger Cans

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208_343322Son fils Philippe, c’est vrai, avait essayé de le tirer plus tôt vers la protection de la nature, quitte à sacrifier les goûts du grand public pour l’anecdotique, mais en vain. Cousteau savait ce que demandait la télévision américaine, et il n’hésitait pas à privilégier des montages très personnels pour satisfaire la demande générale, plutôt que de prêcher pour la protection des requins ou des baleines. En outre, il faut l’avouer, Philippe avait surtout le goût de l’aviation, comme son père à l’origine, ce qui n’est pas en soi une démarche écologique.

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C’est donc bien l’Antarctique, où il était avec ses deux fils, qui a converti Cousteau à la croisade écologique. Le film L’Odyssée, centré sur la mort de Philippe, le fils préféré, s’ouvre et s’achève sur l’accident d’avion qui lui a coûté la vie lors d’un survol de l’estuaire du Tage, au Portugal. Du coup, le film occulte le fils aîné Jean-Michel, réduit à une très pâle figuration. C’est un parti pris du réalisateur, parfaitement légitime, mais il faut quand même rappeler que les deux fils ont joué un rôle important dans la plupart des expéditions Cousteau, le remplaçant même souvent en son absence sur le bateau.

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Lors d’une grande expédition aux antipodes en 1968, via la Mer Rouge, Madagascar et l’Afrique du Sud, c’est Jean-Michel qui mène la barque. Le commandant est resté à terre, toujours à la recherche de nouveaux contrats, de nouvelles opportunités et de nouvelles trouvailles techniques. Philippe est en Californie avec l’Américaine qu’il vient d’épouser. Et Jean-Michel, chargé de la logistique, prépare les escales de la Calypso. C’est alors lui qui pousse l’équipe de tournage à aller filmer dans les mines de diamant. C’est donc à son fils aîné que Cousteau le marin doit l’idée de filmer aussi à terre, et donc de se lancer plus tard dans l’exploration des grands fleuves.

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Jean-Michel Cousteau

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Après la mort de Philippe, Jean-Michel ne quitte plus son père, et ils feront un tandem très performant. Sur tous les documents, affiches et couvertures de livres, le père et le fils apparaissent ensemble, duo emblème de l’écologie planétaire. Pour couronner cette démarche commune, Jean-Michel, architecte, est chargé de concevoir le « Parc océanique Cousteau » du Forum des Halles à Paris, inauguré en grande pompe en 1989 par le Président Mitterrand et le Premier ministre Michel Rocard. Mais le parc fait un flop, imputable à la fois au père et au fils : le père, qui ne voulait pas d’animaux vivants, conformément aux nouveaux canons de l’écologie, et le fils qui a accepté de concevoir un lieu de curiosité océanographique dans un souterrain minuscule, où l’on ne trouve que des écrans de télévision montrant le commandant avec son bonnet rouge et des boutiques souvenirs où l’on vend des peluches.

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Après le sommet de la Terre de Rio, en 1992, qui consacre Cousteau « Captain Planet », Jean-Michel rompt avec son père, remarié avec une ancienne hôtesse de l’air. Installé aux Etats-Unis, il prend la tête de la « Cousteau Society » et multiplie interventions et conférences, au nom de son père. Cela a le don d’irriter le commandant et sa nouvelle femme Francine, qui s’estiment les seuls à représenter les « Equipes Cousteau », le nom de la fondation en France. Mais les Américains ne font pas la différence entre les deux institutions et continuent à vouer un culte à Jean-Michel, qui vit chez eux.

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La rupture définitive entre le père et le fils intervient lorsque Jean-Michel crée un « Cousteau Resort » aux îles Fidji. Le commandant ne supporte pas que l’on utilise son nom pour une opération touristique et commerciale où il n’a aucune part. Il ne pourra pas s’opposer à un « Jean-Michel Cousteau Resort », qui ne fait référence qu’à son fils, libre d’utiliser son nom comme il l’entend. Depuis la mort de son père en 1997, Jean-Michel exploite à fond l’aura planétaire et surtout américaine du commandant, en plaidant pour la bonne cause : la sauvegarde de la planète, comme naguère son frère Philippe. Il a été nommé en octobre 2016 Chairman de l’ONG Green Cross International, succédant à ce poste à Mikhail Gorbatchev.

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Sur le film L’Odyssée, voir aussi la critique de Laurent Samuel.

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« L’Odyssée », ou le mythe de la rédemption du Commandant Cousteau

Sorti dans les salles le 15 octobre 2016, L’Odyssée, film de Jérôme Salle consacré à Jacques-Yves Cousteau, se laisse voir sans déplaisir, grâce à une réalisation efficace et aux interprétations impeccables de Lambert Wilson (le Commandant), Audrey Tautou (sa première épouse Simone) et Pierre Niney (son fils Philippe). Ce long-métrage de fiction a aussi le mérite de ne pas tomber dans l’hagiographie, et de montrer certains « mauvais » côtés de « JYC », comme par exemple son indifférence au sort de deux otaries mises en cage à bord de la Calypso.

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par Laurent Samuel

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arton32487Pourtant, tout en faisant mine de déconstruire le « mythe » Cousteau, L’Odyssée nous en bâtit un autre. Car ce film monte en épingle une brouille survenue au milieu des années 1960 entre JYC et son fils Philippe, ce dernier reprochant à son père de se soucier comme d’une guigne des problèmes d’écologie et de condition animale et d’être uniquement motivé par l’argent, via notamment ses contrats avec la chaîne américaine ABC dont les documentaires font du « Captain Cousteau » une célébrité internationale. Si l’on en croit le film, cette rupture aurait été suivie d’une réconciliation dans les années 1970, Philippe acceptant de travailler avec son père sur une nouvelle série de documentaires, plus « écolos » que les précédents, consacrés à l’Antarctique. Au cours du tournage, le Commandant aurait vu la lumière, et le salaud, indifférent même au décès de son propre père, serait devenu un héros, un capitaine courageux dévoué au sauvetage de la planète en danger. Une rédemption que la mort accidentelle de Philippe en 1979 aurait parachevé, faisant du « Captain Planet » une figure quasi-christique.

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Comme on s’en doute, la réalité est plus nuancée. « JYC » n’a jamais été ni ce méchant intégral dépeint dans la première partie du film, ni ce héros exemplaire loué dans sa deuxième partie. Ainsi que le rappelait notre confrère JNE Yves Paccalet, longtemps membre de l’équipe Cousteau, dans une émission de la Tête au Carré sur France Inter consacrée à la sortie du film, le Commandant s’était ému de la pollution de la Méditerranée dès ses premiers films dans les années 1940, avait participé à une manifestation contre les armes nucléaires au tout début des années 1960, et avait dénoncé dès cette époque les déversements en mer de déchets radioactifs. Il est donc faux de dater des années 70, comme le fait le film, sa « conversion » à l’écologie. Au cours de la dernière partie de sa vie (entre la mort de Philippe en 1979 et la sienne en 1997), sur laquelle L’Odyssée a choisi de faire l’impasse, Cousteau a d’ailleurs continué à concilier son engagement écologiste avec la poursuite d’opérations commerciales pas toujours profitables, ainsi que l’a illustré le gouffre financier retentissant de son Centre océanique dans le Forum des Halles à Paris.

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On regrette aussi qu’à se focaliser sur le conflit avec Philippe, L’Odyssée occulte celui, bien plus documenté (voir le livre de notre confrère JNE Roger Cans, Cousteau : Captain Planet, aux éditions Sang de la Terre) du Commandant avec son autre fils, Jean-Michel. De même, sont rayés du paysage le frère maudit collabo, Pierre-Antoine Cousteau, ancien de Je Suis Partout, mort en 1959, ainsi que sa seconde femme, Francine Triplet, épousée en 1991 après le décès de Simone en 1990, mais avec qui il avait fondé une seconde famille dès 1979, avec la naissance de deux enfants, Diane en 1979 et Pierre-Yves en 1981. La présence dans le film de ces deux personnages controversés aurait-elle risqué de faire tache ?

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En sortant de la salle, on a pensé à la célèbre phrase du film de John Ford, L’homme qui tua Liberty Valance : « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende ». La légende de Cousteau telle que nous la raconte Jérôme Salle est sans conteste plus séduisante que la réalité du personnage, bourré (comme chacun de nous…) de contradictions et capable du pire ou du meilleur. Alors, ne boudons pas notre plaisir, à condition de ne pas oublier que tout ceci n’est qu’une belle histoire…

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