Florence Faucompré

Sortie de l’annuaire 2016 des JNE : un temps de partage

Les JNE ont célébré la sortie de leur annuaire 2016 le mercredi 16 mars 2016 au centre Maison 13 Solidaire dans le XIIIe arrondissement de Paris.

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par Danièle Boone


Annuaire 2016

Quelques JNE « frigorifiés » avec Philippe Chêneaux dans le jardin partagé de l’Amiral Mouchez © Carine Mayo

Rendez-vous aux Jardins familiaux et partagés de l’Amiral Mouchez, situés au sein d’une résidence Paris Habitat dans le XIIIe arrondissement. Créés en juillet dernier, ces jardins sont divisés en parcelles individuelles de 1 m2 avec une grande parcelle de jardin partagé d’une trentaine de m2. La demande a été d’emblée forte. Les parcelles, tirées au sort, sont octroyées pour trois ans. A échéance, il y aura un nouveau tirage au sort pour les personnes inscrites sur la liste d’attente.

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Les jardins ont été aménagés sur la prairie qui recouvrait le toit d’un parking, ce qui explique certaines contraintes pour les jardiniers comme l’interdiction de planter un arbre. En cette journée grise d’hiver, les jardins sont un peu tristounets, mais à y regarder de plus près, plusieurs indices permettent d’imaginer la luxuriance des beaux jours : de beaux choux de Bruxelles, un superbe chou frisé de Milan, des salades, rougettes, Trévise, pain de sucre, de la tanaisie en pleine forme, un pied gaillard de cerfeuil, et quelques autres plantes aromatiques, thym, menthe, etc. Quelques jardiniers ont déjà préparé leur parcelle pour semer et récolter au plus vite. Une jardinière est d’ailleurs en plein travail malgré la petite bise glaciale.

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maison13-logoNous rejoignons un peu plus tôt que prévu le centre Maison 13 Solidaire, où Catherine Delpech nous parle du SEL de Paname. Échanges de savoir-faire, troc d’objets, de vêtements, etc. : telles sont les bases de ces Systèmes d’Échange Local.

Chaque SEL a sa propre monnaie, qui fonctionne comme des points. Les différents SEL de France partagent également entre eux. Ce grand réseau national permet notamment l’accès à des vacances pour des familles ayant peu de moyens, notamment par le biais d’échanges de maisons. Le principal intérêt des SEL est que l’échange n’est pas bilatéral. Ainsi, lorsqu’une personne va faire une heure de plomberie chez quelqu’un, il reçoit de la personne un certain nombre de points qui lui servira à acheter un autre service, à une autre personne, un cours d’informatique par exemple. La personne qui a bénéficié du service plomberie offrira ce qu’elle sait faire à d’autres membres du réseau. Il existe deux SEL sur Paris. Florence Faucompré (JNE) qui fait partie du SEL de Paris apporte son propre témoignage.

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Philippe Chêneaux, qui nous a accueilli aux jardins, présente ensuite les activités sociales, culturelles et intergénérationnelles du centre qui a ouvert ses portes il y a juste un an. Mais rien est simple. Nathalie Tordjman (JNE) intervient pour expliquer que le conseil d’administration du centre qui accueillait la distribution de quelque 45 paniers de son AMAP n’a pas voté le renouvellement du contrat et qu’à la fin du mois, l’AMAP se retrouve à la rue. Elle souligne la contradiction de ne plus accueillir un système de vente directe au sein de cet éco-quartier, d’autant que de nombreux habitants sont d’ores et déjà inscrits sur une liste d’attente et que les responsables de l’AMAP sont en quête de nouveaux producteurs pour tenter de répondre à la demande.

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Notre présidente, Carine Mayo, remercie nos hôtes, puis présente l’annuaire 2016 dont la photo de couverture est signée Nadine Saunier (JNE). Elle nous invite enfin à partager le verre de l’amitié, ce qui fut fait dans la bonne humeur.

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Pour en savoir plus

https://www.facebook.com/Maison-13-Solidaire-1091987447607631/

http://www.radioethic.com/les-emissions/art-de-vivre/alimentation—sante/consom-solidaire-une-amap-a-la-rue.html`
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Francine Néago : l’énergie et la bonté

Les JNE ont organisé le 12 février 2016 un petit déjeuner avec Francine Néago à la mairie du 2e arrondisssement de Paris. En voici un compte-rendu.

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Francine Néago au petit déjeuner JNE du 12 février 2016 à la mairie du 2e arrondissement de Paris @ Bernard Boisson

 

par Florence Faucompré

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Quand je serre la main de Francine Néago, je note qu’elle a des doigts très longs et très fins, mais leur apparence fragile cache une grande énergie délivrée dans la poignée. Des yeux bleus pleins de bonté et de fraîcheur. Immédiatement, je pense à l’abbé Pierre, lequel avait répondu à la question du questionnaire de Marcel Proust : « quelles sont les principales qualités pour vous chez une femme ? »  par : « l’énergie et la bonté »…. Ses mains sont sans doute l’héritage de son père, violoniste roumain.

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Le docteur Francine Néago a vécu 55 ans avec les orangs-outans, écrit dix livres sur eux. C’est une spécialiste mondiale. Elle a connu Diane Fossey, est amie avec Jane Goodall. Je n’ai jamais entendu parler d’elle… et vous êtes aussi sûrement dans ce cas.
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En une semaine, ses anges gardiens l’ont fait quitter le Samu Social d’Ivry pour un hôtel du 14e arrondissement, payé par l’écrivain Daniel Pennac jusqu’à la fin de son séjour à Paris, jusque fin février.

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Mais voilà qu’elle nous parle d’eux, les orangs-outans, et la magie s’installe. Un voyage sans billet. Chez eux, un son égale une phrase entière. Ils sifflent comme des oiseaux. En 1963, quand la révolution s’installe en Indonésie, rien n’existait pour eux. Les mères étaient tuées, les bébés vendus. Des êtres plus intelligents que nous (selon Francine Néago), quel sort injuste…

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Leur alimentation exclut viande et poisson. Ils raffolent de plantes, de fruits, et connaissent toutes les plantes pour se soigner, qu’ils apprennent à leurs enfants dans des promenades herborisantes.

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Ils peuvent apprendre l’anglais en deux mois et ne jamais l’oublier pour la vie. Ils s’expriment avec leurs quatre mains, leur regard, ils offrent compassion et plus encore à l’humain …

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«  Mais qui es-tu, toi ? Je veux te connaître ! », dit Francine subjuguée à sa première rencontre avec ce singe roux…
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Elle a fait réaliser un ordinateur spécial pour eux avec un clavier phonétique. Ils apprennent vite des centaines de mots.
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Elle a eu le temps de faire leur connaissance … Aujourd’hui, en 2016, la forêt brûle de tous côtés, rien n’y échappe, ni les bêtes, ni les hommes, ni les arbres. Tout flambe pour l’huile de palme si bon marché. «  Il suffirait que le prix des autres huiles baisse », dit Francine, attristée. La déforestation est colossale. La fumée est visible depuis Singapour.

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Qui écoute encore la vérité ? Les gens ont bien trop peur de l’apprendre… L’intelligence des bêtes martyrisées remet toute leur vision du monde en question et les fait plonger dans la marmite de la honte….

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Ecouter Francine Néago raconter est un enchantement. Francine Néago a le geste et l’oeil vif, l’amour de ses amis de la jungle la porte. Elle n’a pas d’âge. Ce qu’elle veut, c’est réaliser ses projets d’avenir : reforester, créer un sentier d’herboristerie, protéger aussi les ours…

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Je suis heureuse de l’avoir rencontrée avant qu’elle ne s’envole pour retourner chez elle.

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Ce vendredi 12 février 2016, à la mairie du 2e arrondissement, nous avons tous eu un grand privilège.

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Francine Néago au petit déjeuner JNE du 12 février 2016 à la mairie du 2e arrondissement de Paris @ Bernard Boisson

 

En complément de l’article de Florence Faucompré, voici quelques éléments d’information sur la situation actuelle de Francine Néago.
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Cette amoureuse des grands singes a monté un refuge pour animaux sauvages sur l’île de Sumatra  (Indonésie). Elle a été contrainte de revenir en France car son allocation de solidarité vieillesse de 800 euros par mois ne lui est plus versée. Et ce en raison d’une règle obligeant à résider 6 mois par an sur le territoire national pour la toucher. Après avoir été hébergée quelques semaines au Samu social, Francine Néago en est sortie grâce à la gériatre Laurence Hugonot-Diener.  Cette dernière a impulsé la création d’un comité de soutien, dont un communiqué a alerté les JNE. D’où l’organisation de ce petit déjeuner. Ce comité de soutien l’aide à résoudre ses problèmes administratifs et à poursuivre son activité en Indonésie.

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Pour en savoir plus, lire ici l’article de Loïc Chauveau sur le site de Sciences et Avenir.

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Les Saisons

Voici une critique du nouveau film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, Les Saisons, qui sort dans les salles le 27 janvier 2016.

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par Florence Faucompré

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55b74a6d26c45Le film commence avec des images poétiques, on devine les animaux dans les bois…. Puis, peu à peu, on pénètre dans leur vie sauvage : les hordes de loups, les sangliers, renards, marmottes, chevaux sauvages, ours et oursons, hérissons, grive, mésanges, insectes, toutes espèces européennes familières aux enfants. Des gros plans des yeux des animaux nous communiquent leurs sentiments.

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Une étonnante performance de prise de vues – sans doute par drone – nous permet de voir le monde comme un lucane (cerf volant), suivi de près durant son périple… magique !

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Puis on assiste aux combats de cerfs, on découvre l’écureuil, la chouette à l’oeil étonné, la corneille ou le pic…

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Peu à peu, le spectateur voyage dans le temps et comprend que nous avons volé le territoire des animaux dans leurs forêts.

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Le loup carnassier et sanguinaire du début du film nous montre un visage plus souriant quand il s’approche du bébé d’un campement des premiers hommes en forêt pour lui lécher les quenottes…

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Mais d’autres séquences moins pacifiques montrent la cruauté des humains avec une chasse à courre auquel nous n’assisterons plus fort heureusement lorsque le veneur sort sa dague pour assassiner le cerf épuisé..(J’avais déjà rassemblé mes affaires pour sortir du cinéma ! Heureusement, le spectateur n’est pas transformé en voyeur de jeux du cirque…).

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La musique composée spécialement par Bruno Coulais nous invite à l’émerveillement.

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Gageons que ce superbe film incitera petits et grands à une attention plus soutenue dans la nature, et sans doute à un engagement militant sérieux pour protéger les dernières forêts encore habitées….

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Une courte séquence inoubliable : celle des tranchées de la guerre 14/18, avec un petit chien portant un masque à gaz, et un soldat dessinant sur son carnet une grive qui mélodie…Scènes annonçant le recyclage des gaz toxiques en pesticides sur les plantations, une fois la paix revenue… Un autre plan montre un autre champ de bataille : les abeilles décimées en quantité …

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Sans commentaire, les images parlent d’elles-mêmes.

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Ce film pourra être utilisé par les parents ou les éducateurs nature avec des enfants qui ne manqueront pas de leur poser des questions essentielles…

 

A lire également sur ce site la chronique du livre du film

Application Morphosis pour Iphone et Ipad déjà en ligne gratuitement.

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Voici le teaser officiel de ce film

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« Intox », un documentaire choc de l’association Bloom

Intox, passionnant documentaire sur les lobbies de la pêche industrielle a déjà été visionné près de 35 000 fois sur YouTube. Il a été réalisé par Laure Ducos pour l’association Bloom,

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par Florence Faucompré

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Bloom-BanIl y a deux ans, Laure Ducos, ingénieure à AgroParisTech, a découvert la catastrophe océanique due à la destruction massive des fonds marins, et a pris son courage à deux mains et sa caméra pour réaliser un film d’alarme qui nous fait prendre conscience de la lâcheté de certains députés…. et de certaines enseignes qui continuent à promouvoir la pêche en eau profonde.

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Pour l’arrêter, 300 scientifiques avaient écrit au Parlement européen, et 600 000 citoyens ont signé une pétition pour s’opposer à cette destruction.

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Aujourd’hui, Laure Ducos dresse le bilan : « Carrefour a arrêté de commercialiser des espèces profondes, Système U a fortement réduit les ventes, et Intermarché s’est engagé à arrêter de chalutier au delà de 800 mètres. La situation est très différente entre ce dernier, qui possède sa propre flotte (la Scapêche) et les autres acteurs de la grande distribution, qui ne font qu’acheter et revendre le poisson. »

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Quand on voit dans ce film la beauté des fonds marins, les coraux rouges vieux de 4000 ans, raclés comme de vulgaires fonds de poubelles, on pleure de rage. Matthieu Ricard, moine bouddhiste tibétain et écrivain, parle « d’un tableau de Rembrandt qu’on utiliserait pour faire un feu de bois ».

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On ne peut plus qualifier ce procédé de pêche. Tous les citoyens peuvent en prendre conscience.

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Toutes ces armes de destruction appellées « chalutiers » sont financées par vous, à 100 % par les subventions de l’Europe …  Et en plus, ces bateaux sont en déficit permanent ! Nous avons le droit de refuser de cautionner cette guerre cachée.

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Dans les cantines de vos enfants, dans celles des aînés, posons la question : où ces poissons ont-ils été péchés ?

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Citons un communiqué de Bloom, publié le 16 juin 2015 :

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« L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) vient de publier la première évaluation exhaustive de l’état de santé des poissons des mers européennes et conclut que deux des trois espèces ciblées en eaux profondes, principalement par la flotte de pêche d’Intermarché, sont menacées d’extinction ! Le grenadier de roche (Coryphaenoides rupestris) s’avère ainsi être « en danger d’extinction » au niveau régional selon les critères de la Liste Rouge des espèces menacées tenue par l’UICN, et la lingue bleue (Molva dypterygia) est évaluée comme étant « vulnérable ».
Le grenadier de roche et la lingue bleue rejoignent ainsi officiellement le panthéon des espèces les plus menacées de la planète, au même titre que le panda géant ou le léopard des neiges. Certains poissons capturés en eaux profondes par les filets non sélectifs des chalutiers, comme les requins profonds, sont également menacés d’extinction, notamment le requin chagrin Centrophorus granulosus considéré en danger critique d’extinction. »

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De son côté, Greenpeace s’alarme sur le sort du flétan, de l’empereur, de la lingue blanche (julienne), de la lingue bleue et du sabre noir.

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Rappelez-vous que lorsque vous faites vos courses, ou lorsque vous mangez, vous votez. Alors, votez pour la préservation du plus grand réservoir de vie sur terre, et évitez à tout prix les espèces profondes.

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Pour aller plus loin, consultez ici le site de Bloom.

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Ce film a été projeté au Salon Marjolaine. Vous pouvez le visionner ci-dessous.

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La récup en fanfare

Une Fête de la récup a eu lieu les 4 et 5 avril derniers à l’Espace des Blancs Manteaux de Paris.

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par Florence Faucompré

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Un dimanche de Pâques peu banal dans le Marais ! Ils sont tous là, les jeunes, les écolos, nos Français inventifs et généreux !

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La Disco Soupe, vous connaissez ? Une association qui récupère les fruits et légumes d’un grand distributeur (en l’occurrence, Monoprix) … En voyant ces dizaines de kilos de tomates, aubergines, champignons, fraises, melons, avocats, je crus que la récolte résultait d’une semaine de trouvailles… Mais non, il s’agissait juste d’une seule journée de déchets !!! Incroyable !

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Préparation d’un guacamole d’avocat lors de la Fête de la Récup’ le 5 avril 2015 dans le Marais (Paris) – photo @ Florence Faucompré

Comme vous pouvez le voir sur la photo, les petites mains réquisitionnées dans la foule mettaient joyeusement la main à la pâte (sur la photo à gauche, du guacamole d’avocat) !

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Le soir même, la soupe a été servie gratuitement aux Parisiens …

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Sous la tente où l’on a installé les fourneaux, trois énormes marmites, et des tables pour la vaisselle, se trouve une deuxième association Les Tabliers volants, laquelle confectionne des plats complètement bio (comme le taboulé rose aux betteraves) avec des ingrédients qu’ils ont achetés : le repas est servi pour la modique somme de 2,50 euros !

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Et vive l’écologie généreuse !

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11 janvier 2015 : une autre foule

Un témoignage très personnel sur la « manifestation » du 11 janvier 2015 à Paris.

 

par Florence Faucompré

 

Le 11 janvier 2015 à Paris - photo  @ Florence Faucompré

Le 11 janvier 2015 à Paris – photo @ Florence Faucompré

Présents ! On est tous là ! Présents. Une manifestation ? Pas du tout.
 
Des individus en marche. Tous dans la même direction. Accompagnés par le soleil bienveillant. Sans dire un mot.
 
Des adultes, des enfants. Des drapeaux bleu blanc rouge flottent au vent – ils pourraient tout aussi bien être tout blancs. Chaque individu redouble de gentillesse et de respect pour les autres dans les transports en commun – expression qui n’a jamais eu autant de vérité !

 

Et là, sur la place, tous serrés, enchassés par une ronde de télévisions venues du monde entier, voilà que jaillit d’un silence absolu… une vague d’applaudissements tacites, surgie de nos fors intérieurs, suivie d’un retour au silence absolu. Impressionnant. Le monde entier réuni. Du jamais vu. Mais qu’est-ce donc que les gens applaudissent ? Tout le monde se tait, personne ne dit rien. Et j’applaudis aussi.

 

Je me retrouve ici à vivre le concert de silence de La Belle Verte, ce film prémonitoire de Coline Serreau. Les humains se retrouvent, bien vivants, loin du virtuel. Au grand jour. On n’a pas voulu rester dans un coin. Et là, les esprits envoient un signal silencieux : l’humanité est lasse des guerres, des meurtres, de la violence. Un homme nouveau veut vivre. Une complicité d’amour – qui se passe de langage.

 

Je n’avais pas de pancarte. Rien que mon appareil photo pour cueillir la réalité. Mon ressenti est dense. Il me faudra plusieurs jours pour le décanter.

 

Le 11 janvier 2015, ce n’est pas la nouvelle année, mais les prémices d’un nouveau monde: pacifique. Et impératif.

 

Le silence et l’herbe : deux grands sinistres

Voici le « coup de gueule » d’une journaliste des JNE contre la pollution sonore qui n’épargne hélas pas nos campagnes et  nos parcs…

 

par Florence Faucompré

 

Le dernier camping « aire naturelle «  chez une fermière trouvé en septembre dernier où ma caravane a été tirée s’approchait vraiment de mon idéal de vie dans une nature semi-sauvage (pâture parsemée de lapins, haies lyriques regorgeant d’oiseaux et de chants).

 

Hélas ! J’ai déchanté assez vite..

 

Car si la fermière avait bel et bien une basse-cour et un verger pour son cidre, elle avait aussi une grange – pour mon mal-être. Car devinez à quoi sert sa grange ? C’est une boîte de nuit privée.

 

Dès le vendredi soir, techno garantie décibels maximum, jusqu’à 3 heures du matin. J’ai subi ce supplice d’heure en heure. N’ayant pas été prévenue, je croyais qu’il s’agissait d’une fête d’anniversaire. Au très petit matin, les dizaines de jeunes très bruyants ont envahi les caravanes alentour pour y « dormir ». Bien sûr, ma nuit fut totalement blanche, et la journée qui suivit, je somnolai.

 

Quand je revins fin juin, tel un oiseau migrateur, à mon refuge champêtre, je suis prête à revendre illico la caravane quand j’entends la fermière déclarer : »Ah ! J’ai oublié de vous prévenir (sic) de dormir ailleurs vendredi soir et samedi soir parce qu’il va y avoir la fête… » La coupe est pleine : la vie sauvage se mue en chambre d’hôtel ! Tout cela coûte plus cher que prévu. (Mais je découvre les merveilleux hébergements pour pèlerins…)

 

« L’aire naturelle » n’est donc pas de tout repos : vérifiez avant de partir qu’elle ne cache pas une boîte de nuit ! Le silence n’a plus cours, surtout à la campagne.

 

Par exemple, si vous avez la folle ambition de pique-niquer dans le silence : dans un parc naturel en Ile-de-France à midi. A peine installé sur l’herbe, voyez venir deux soldats anti-herbes, harnachés de casques performants. Vous n’existez pas. Seuls les ordres comptent. Ils les appliquent avec zèle : ils viennent pulvériser l’herbe du chemin jusqu’à vos pieds ! Bruit assourdissant garanti.

 

Comme moi, vous pouvez vous mettre en colère, et avec un peu de chance, ils ôtent leurs casques pour déclarer qu’ils reviendront dans une heure…

 

Vous avez l’appétit coupé ? Moi aussi. Les tortionnaires du silence, bien à l’abri du bruit, reviendront vous arroser de stress.

 

Mieux vaut quitter cette nature attaquée de toute part par le bruit des engins et de la techno.

 

Le silence n’est pas médiatique.

 

Il ne coule plus que dans les monastères.

 

 

« La Pie Porteuse » : un triporteur écologique et social

Comme son nom ne l’indique pas forcément, « la Pie Porteuse » est un triporteur dédié à la promotion des chants d’oiseaux.

 

par Florence Faucompré

 

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Le triporteur de « la Pie Porteuse » – photo Florence Faucompré

Plusieurs animateurs de la Fédération régionale des Maisons de Jeunes et de la culture (ouf !) ont inventé un concept de pédagogie nomade avec des roulettes… celles du triporteur (mais doté d’une batterie électrique s’il vous plaît !). J’ai pu le voir à l’inauguration de la Fête de la Nature à Bercy. Les citadins auront l’attention dirigée vers leur environnement proche en écoutant des chants d’oiseaux :

– par des panneaux plantés dans le sol,

– par un microscope.

 

Tous trésors contenus dans le coffre roulant… Les animations sont très courtes, on peut parler de « microanimations ». Elles ont lieu au pied de l’immeuble par exemple, dans la rue, près de l’école, de l’entreprise… L’objectif : toucher les gens sur leur lieu de vie, leur apprendre à voir les choses sous un autre angle, à apprécier leur milieu, à le respecter….

 

Les deux triporteurs circulent dans Paris depuis mars 2014. L’un est à Montparnasse, l’autre dans le IVe, rue Simon Lefranc. Il y en aura deux autres bientôt : c’est le vœu de Claude Bourquard, le sympathique animateur de « La Pie Porteuse » !

 

Destruction de stocks d’ivoire : au royaume des symboles

Au milieu du Champ de Mars, une broyeuse gigantesque, des barrières autour des journalistes et des VIP … On va détruire solennellement deux tonnes d’ivoire saisies aux douanes de Roissy, en présence des ambassadeurs d’Allemagne et de Russie. La broyeuse est à la taille de la tâche auquelle vont s’atteler les trois pays : démanteler les réseaux de trafic d’ivoire.

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par Florence Faucompré

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Photo Florence Faucompré

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Un des douaniers présents de mon côté me présente celui qui a saisi les stocks à la douane (et n’avait même pas été invité à la cérémonie). Claude Batout, c’est son nom, me dit tout ce qu’il a sur le cœur : il estime que l’événement ne servira à rien, et qu’il est urgent en France de créer trois zones de quarantaine, l’une à Roissy, l’autre à Marseille, la troisième au Havre. Comme il n’en existe toujours pas, les animaux acheminés en France (la plupart du temps par Air France) faute de carnet de santé et sans zone de quarantaine disponibles, sont purement et simplement euthanasiés en bonne santé.

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Triste réalité qu’il est urgent de dénoncer à la faveur de cet acte symbolique – nul si non suivi d’actes réels…

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Et pleurez, pleurez, les éléphants, les grands absents…

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Sur cet événement, à lire aussi l’article de Reporterre.

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Caméra Réparcafé

Choses vues et vécues lors d’un « Réparcafé » dans le XVe arrondissement de Paris…

 

par Florence Faucompré

 

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« Réparcafé » dans le XVe arrondissement de Paris – photo Florence Faucompré

 

J’ai beaucoup appris en deux après-midi ! « Villes en transition » du XVe organisait un « Réparcafé » qui remporta un vif succès… Chacun pouvait apporter ,qui un petit appareil électroménager, qui un vêtement à rapiécer. Une table pour la couture, une table pour le bricolage. Une femme apporta une machine à coudre qu’elle avait trouvée jetée sur le trottoir… et qui fut réparée ! Une autre une lampe ancienne avec une ampoule à baïonnette, dont la douille était indévissable… Il fallut beaucoup de force, des pinces crocodile et du dégrippant pour en venir à bout !

 

Pour ma part, j’avais apporté un petit batteur à œufs Moulinex électrique qui oeuvra en pâtisserie durant 22 ans, et dont une tige ne tenait plus dans son habitacle.

 

Les bricoleurs sont bien outillés et trouvent un plaisir fou à devoir résoudre des difficultés. Acharnement, astuces et force musculaire font le reste. Parmi les outils, notons : les tournevis à claquets, les élastiques, les épingles à nourrice, les allumettes, les bouts de fils de fer, le fer à souder… et j’en passe ! Un inventaire à la Prévert !

 

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« Réparcafé » dans le XVe arrondissement de Paris – photo Florence Faucompré

Nous avons appris à nettoyer un séchoir électrique (voir photos, les élèves attentifs autour du maître !) à réparer un grille-pains (un jeu d’enfant), une radio, un sac à dos troué, une poche de pantalon itou… « Il faut graisser » : voilà une des clés de l’entretien des appareils électriques !

 

Sachez que nous sommes tous entrés dans l’ère du Machiavélique, les fabricants inventant des vis en forme d’étoiles ou de u, de façon à ce que nous ne personne ne puisse les tourner ; le must étant les capots hermétiques sans vis : ainsi, le consommateur n’a plus qu’à jeter et à racheter. La Terre n’a pas été consultée.

 

Ici, on ne déprime pas, on agit, on sauve, on récupère, on apprend ! Un jeune homme en train de coudre, c’est une vue réjouissante. On s’informe, on rit, on boit du thé bio. On coud joyeusement pour le voisin qui n’aime pas ça… On se sent vivants !

 

 

 

« Réparcafé » dans le XVe arrondissement de Paris - photo Florence Faucompré

« Réparcafé » dans le XVe arrondissement de Paris – photo Florence Faucompré

 

Je suis repartie aux anges avec mon batteur à œufs badigeonné de scotch bleu, et fermement décidée à renouveler l’expérience. Je vais guetter sur les trottoirs … les machines à coudre !