Alain Connan

Quelques témoignages sur Jean Carlier

Voici quelques témoignages reçus ces jours derniers sur Jean Carlier, vice-président d’honneur des JNE, décédé le 5 avril 2011.

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M’hamed Rebah
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Si je fais partie aujourd’hui de la famille des JNE, alors que je suis de l’autre côté de la Méditerranée, j’en suis reconnaissant à Jean Carlier qui m’a aidé à participer au congrès de la FIJE d’octobre 1994 à Paris où j’ai rencontré les animateurs des JNE (Claude-Marie Vadrot, Nicole Lauroy, Louisette Gouverne, notamment).

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J’avais fait sa connaissance à Paris, en décembre 1991, à la conférence mondiale des ONG qui préparait la conférence de Rio; il m’avait abordé en voyant, sur mon badge, que je venais d’Algérie; il connaissait mon pays et on en a parlé surtout que l’actualité s’y prêtait, le danger de prise du pouvoir par les intégristes était proche à la veille des élections législatives de décembre 1991. Elles étaient préparées dans des conditions qui favorisaient les intégristes et ne permettaient pas aux démocrates de déployer tous leurs moyens. C’est ce que j’avais expliqué à Jean Carlier qui s’inquiétait pour l’avenir.

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Il m’avait demandé de lui envoyer la page hebdomadaire « Le Matin de l’écologie » que je réalisais dans Le Matin et il m’a souvent écrit par la suite pour m’encourager, il a fait passer mes articles dans les revues Combat Nature et TOS et rendu compte avec beaucoup de gentillesse de mon livre « L’écologie oubliée » dans ces revues. Dans les moments tragiques vécus par les journalistes algériens et tout le peuple algérien, durant les années 1990, ses lettres que j’ai conservées, témoignent de sa solidarité et de son grand humanisme.

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Après notre rencontre de décembre 1991, je ne l’ai revu que deux fois. Je l’ai surtout connu à travers ses lettres. Nos échanges avaient cessé depuis plusieurs années, mais je n’ai jamais oublié son accompagnement fraternel. Il reste vivant dans mes pensées.

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Alain Raveneau

D’abord, j’ai entendu sa voix, l’oreille collé à mon transistor. Une belle voix radiophonique, timbrée, d’une autorité naturelle lorsqu’il animait les débats pendant la présidentielle 1974 sur RTL. Plus tard, je l’ai rencontré aux JNE, moi jeune journaliste à Rustica, lui déjà ancien mais toujours présent quand il s’agissait de défendre la cause environnementale, interpellant souvent de son timbre de bronze, l’homme public ou le contradicteur.

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Je me souviens aussi d’un voyage JNE au Brésil, en 1984, dans le sillage d’Huguette Bouchardeau, alors ministre de l’Environnement. Le tempérament qui faisait l’homme, tonnait à l’occasion, dispensant toujours de bonnes histoires ou quelques anecdotes sur la lutte antinucléaire à Plogoff, contre le camp militaire du Larzac, pour la création du Parc national de la Vanoise.

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Oui, il ne cachait pas ses convictions, journaliste, militant, engagé sur le terrain, dans la presse écrite, à la radio et dans de nombreuses associations.

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Avoir croisé Jean Carlier sur le parcours de ma vie professionnelle fut une chance. Avec mes consoeurs et confrères, je salue la mémoire de ce grand aîné qui aura bien mérité le titre (parmi d’autres) de vice-président d’honneur des JNE.

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Alain Connan

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Je m’appelle Alain Connan, j’ai 78 ans et je suis un Commandant en retraite de la Marine Marchande.

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Je fus sans doute le premier marin professionnel français à avoir pris conscience de ce qu on faisait de la mer dans le début des années 70. J’ai ensuite rejoint Greenpeace où je fus Capitaine sur leurs bateaux puis co-Directeur de Campagne à GPI et President refondateur de Greenpeace en France….. Mon chemin devait imparablement croiser celui de Jean Carlier il y a une trentaine d’années.

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Nous participâmes ensemble à des colloques, nous fûmes intervenants ensemble à plusieurs reprises et Jean me faisait régulièrement participer à des émissions de radio qu’il animait.

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En 1989, je le faisais embarquer sur le Rainbow Warrior pour se rendre aux USA aux Nations Unies et je partais le rejoindre pour que nous déposions ensemble une proposition pour un article des droits de l’homme et de son environnement.

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Sur mon insistance il rejoignit Greenpeace lorsque nous redressions la barre en France et sous la Présidence de Rémi Parmentier, il devint avec moi même un des observateurs sérieux des actions de GPF en qualité de sage.

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Ensemble nous partagions des moments de qualité avec entre autres Théodore Monod.

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Nous nous téléphonions assez régulièrement.

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C’est mon ami Rémi Parmentier qui vient de m’apprendre la triste nouvelle.

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Avec Jean ce furent des moments intenses bien éloignés de ceux qui ont vu le jour avec l’écologie fonds de commerce.

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Merci Jean de m’avoir souvent aidé et encouragé.

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Ton Ami Alain

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Georges Chapouthier (CNRS)

Navré pour cette disparition. Toujours prêt à soutenir les plus jeunes, Jean Carlier fut l’un des premiers à m’accorder une interview à la radio ! Depuis nous nous étions croisés d’innombrables fois, lors des grandes manifestations en faveur de la nature. J’ai de lui le souvenir d’un homme très compétent et aussi particulièrement aimable.

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Loïc Michel

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Jean Carlier fut et restera avant tout une voix !

Il fut l’exemple réussi de l’information grand public, combinée avec l’indignation nécessaire.

Un grand éveilleur de consciences s’est éteint.

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