Évènements et visites

Congrès des JNE 2017

Le Congrès des JNE a eu lieu 9 au 11 juin 2017 à Haguenau et au château de Liebfrauenberg (Bas-Rhin). Sous le signe du partage !

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par Roger Cans

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Vendredi 9 juin

Le rendez-vous est fixé au petit matin à Paris à la gare de l’Est. On embarque dans le TGV de 7 h 44 pour Strasbourg, puis dans un TER pour Haguenau, notre destination finale, où nous retrouvons les membres transportés dans leur véhicule ou venus en voisins. Nous sommes accueillis par Françoise Delcamp, une élue chargée à la fois du fleurissement et de l’armée – la fleur au fusil, premier indice de partage ! Haguenau a fêté son 900e anniversaire en 2015. Elle compte 36.000 habitants, 2.000 entreprises et une communauté de 36 communes. Elle a gardé un mauvais souvenir de son annexion par Louis XIV, qui a démantelé alors toutes les installations de défense. Mais elle se vante d’avoir su conserver un centre-ville actif et convivial. Anémone Vierling, de la direction des grands projets d’aménagement, nous décrit les travaux engagés à la gare, avec cette grande passerelle à piétons au-dessus des voies, style Beaubourg. Le garage à vélos (200 places) va tripler et la gare sera reconstruite.

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Nous faisons alors un tour de ville en car, sous la conduite de Marthe Stiefel, historienne haguenovienne. Elle rappelle que la ville a été brûlée en 1677 et le château démantelé par Vauban. Elle nous fait admirer les vieilles rues avec leurs immeubles XVIIIe, un grand bâtiment qui a été successivement hôpital, prison, IUT, etc., et la Banque de France devenue Musée du bagage. Valentin Lett, des parcs et jardins, souligne combien la ville a fait d’efforts pour son verdissement : en 2011, elle a été gratifiée d’une « libellule » pour l’arrêt progressif des produits phytosanitaires, et de trois « libellules » en 2014, pour l’arrêt complet (« zéro phyto »).

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Anémone Vierling reprend le micro pour nous décrire l’éco-quartier Thurot (un général du temps des casernes) : un espace de 10 hectares naguère occupé par la cavalerie, qui accueillera un groupe scolaire, des logements sociaux (30 %) et des résidences pour seniors et juniors. Le bâtiment conservé est bordé par un parc longitudinal d’un hectare. Nous longeons ensuite la caserne d’artillerie, construite en brique (1888/1893), du temps où Haguenau était principalement une ville de garnison. Puis nous traversons un espace autrefois réservé à l’horticulture, et aujourd’hui planté d’immeubles d’habitation. Nous longeons le canal creusé au XVIIIe siècle contre les inondations et les berges de la Moder (affluent du Rhin) qui sont maintenues verdoyantes.

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Véronique Letan, chargée de l’Agenda 21 lancé en 2008, explique que le canal de la Moder est intégré dans la trame verte et bleue, et aussi dans la « trame noire », en l’occurrence un corridor sans éclairage pour aider les chauves-souris la nuit (une colonie de murins à oreilles échancrées s’est installée dans les combles de l’Hôtel de Ville). Il est prévu de créer des méandres dans le canal pour favoriser l’alevinage. Des moutons en bois ont été installés sur les berges pour habituer le public à la fauche tardive. On y laisse pousser les saules. Le car s’arrête au « plus beau rond-point de France », planté de vignes et d’herbes médicinales ou potagères, installées dans des palettes de récupération, avec des figurines en bois couleur garance, la plante que Haguenau cultivait pour obtenir des teintures rouges.

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Nous partons alors pour la forêt d’Haguenau, un massif de 19.000 hectares d’un seul tenant, dont 13.000 hectares de forêt « indivise », c’est-à-dire partagée à moitié par la ville d’Haguenau et à moitié par l’Etat. Ce régime unique en France d’une forêt domaniale partagée, remonte à une décision de l’empereur Sigismond, au XIVe siècle. Certains même la font remonter à la Charte de Frédéric Barberousse, en 1164… Ce statut n’a jamais été remis en cause depuis, malgré les guerres et les changements de tutelle. L’exploitation, la gestion et les investissements sont rigoureusement partagés à 50/50 entre l’ONF, chargé du domaine de l’Etat, et la ville d’Haguenau. L’exploitation du bois est encore assurée par une scierie, la Trendec, qui remonte à 1959, mais dont l’avenir n’est pas assuré. Car le bois est surtout exporté sous forme de grumes, et revient plus tard, après façonnage dans le Jura, le Massif Central ou l’Allemagne. Cette forêt de plaine, constituée surtout de chênes et de hêtres, fournit des merrains pour la tonnellerie de Bordeaux. La tempête Lothar, le 26 décembre 1999, a été une catastrophe. Des pans entiers de la forêt ont été jetés à bas, remplacés aujourd’hui par le bouleau.

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Claude Sturni, maire d’Haguenau (au centre) – entouré de Patrice Auro (à g.) et Roger Cans (à dr.) – a accueilli les JNE pour un déjeuner au Gros Chêne le 9 juin 2017 – photo Nadine Saunier

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Nous nous rendons pour déjeuner au site du « Gros chêne », ainsi appelé par la présence d’un chêne gigantesque de 7 m 60 de tour de taille, foudroyé en 1930. Il reste quelques beaux spécimens bien vivants, dont un chêne de 4 m 60 de tour, au port magnifique.

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Nous sommes accueillis au restaurant par Claude Sturni, maire d’Haguenau, qui précise que nous allons manger la fameuse flammekuche, qui n’est par une tarte flambée mais « lammée ». Elle nous est servie d’abord salée, avec oignons et lardons, mais aussi dans sa version végétarienne et même vegan, puis sucrée avec des pommes flambées au rhum.

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Le directeur régional de l’ONF, Benoît Cuiller, nous fait ensuite une présentation complète de la forêt, « sixième massif forestier de plaine en France ». Elle s’étend en effet sur 30 km d’est en ouest, avec une superficie totale de 21.000 hectares, dont 13.000 en indivis, et 12.100 hectares classés Natura 2000.

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Cette forêt mélangée, où cohabitent feuillus et résineux, représente un lien entre les massifs d’Occident gérés par l’Etat et les forêts d’Europe centrale plus variées. La tempête Lothar a détruit 4.000 hectares dans le tiers sud de la forêt, ce qui représente l’équivalent de dix récoltes annuelles.

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Balade dans la forêt de Haguenau lors du congrès des JNE le 9 juin 2017 – photo Nadine Saunier

En vitesse de croisière, la forêt d’Haguenau produit 50.000 m3 de bois par an. Elle n’abrite ni ours, ni loup, ni lynx. Le grand tétras y a disparu depuis 70 ans. Etienne Konn, chef du projet « Forêt d’exception » à l’ONF, annonce que la forêt d’Haguenau est l’une des 17 forêts domaniales à se porter candidate pour le label « forêt d’exception ». Sept forêts ont déjà reçu le label (pour cinq ans), et le comité national de pilotage étudie le cas Haguenau depuis 2015.

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Photo de groupe des JNE lors de leur congrès de juin 2017 autour de monument au chêne calciné installé en 1995 par l’artiste allemande Gloria Friedmann dans la forêt de Haguenau – photo Nadine Saunier

Nous nous rendons alors dans un site renommé pour ses pèlerinages, fin juillet, où une chapelle est dédiée à l’ermite Saint Arbogast. On évoque la présence dans la forêt de nombreuses tombes antiques ou « tumuli ». On nous décrit la biodiversité avec la présence d’espèces rares comme le pic noir, la chouette de Tengmalm, le pic mar, et des poissons comme le chabot et la lamproie de Planer. Pour préserver cette biodiversité, 230 hectares sont en réserve intégrale, 470 hectares de ripisylves protégés, et 50 hectares laissés à eux-mêmes après la tempête. Une trame de vieux bois traverse tout le massif.

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Nous finissons la visite par le parcours sportif qui chemine dans les plus belles parcelles, avec sept stations pourvues de citations littéraires et, au bout du chemin, le monument au chêne calciné installé en 1995 par l’artiste allemande Gloria Friedmann. L’occasion de faire une photo de groupe avec la trentaine de participants.

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Nous traversons la forêt pour en sortir, par le village de Beishwiller, puis Surbourg, Hoelschloch, Merkwiller, Pechelbronn, Preuschdorf, Mitschdorf et enfin Goerdorf, à travers une campagne alsacienne vallonnée et bien verte. A Goersdorf, nous montons jusqu’au château de Liebfrauenberg, un centre de rencontres protestant qui offre un hôtel restaurant, où nous mangerons, et une maison des jeunes, où nous coucherons. De sa terrasse, nous apercevons loin à l’horizon la cathédrale de Strasbourg, à une centaine de kilomètres de là. Nous sommes accueillis au Centre par notre ami Jean-Claude Génot, membre des JNE, au nom du Parc naturel régional des Vosges du Nord. Il sera notre guide durant la journée de samedi.

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Jean-Claude Génot introduit Christelle Scheid, de l’association Luchs Projekt, chargée depuis 2015 de la réintroduction du lynx au titre du programme LIFE. Elle refait l’historique de la réintroduction du lynx dans les Vosges, commencée en France en 1983 à titre privé (Christian Kempf) et officiellement sous l’autorité du ministère de l’Environnement. Elle s’est poursuivie jusqu’en 1993 avec des succès divers. Cinq félins sur les 21 réintroduits ont été braconnés. Car il n’y a pas eu de concertation avec les chasseurs. En outre, il y avait trop de mâles, ce qui n’a pas aidé une natalité déjà faible (une seule portée par an, soit un ou deux petits). Les lynx ont été importés de Slovénie, où ils sont concurrencés par l’ours, à leur détriment.

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Tout change le 1er janvier 2015, lorsque l’association allemande SNU (Fondation pour la nature et l’environnement) et le WWF Allemagne, en accord avec le land de Rhénanie-Palatinat et le Parc naturel régional des Vosges du nord, décident de réintroduire le lynx en Allemagne selon un programme LIFE, financé à 50 % par l’Europe. Avant les premiers lâchers, de multiples réunions de concertation ont été organisées avec les chasseurs et les éleveurs, pour éviter tout malentendu. Il est donc prévu de réintroduire vingt lynx en six ans, équipés de colliers émetteurs qui permettent de les suivre la première année. Ces lynx viennent tous des Carpates, via la Slovaquie et la Suisse. Sur les sept déjà relâchés, l’un a complètement divergé en s’installant dans les Vosges françaises, du côté de Gérardmer. Et une femelle a donné naissance à deux petits. Ainsi, l’Allemagne et la France partagent d’une certaine façon la réintroduction du lynx, qui ne connaît pas de frontières. Les lynx ont tous été relâchés au même endroit, à 40 km de la frontière française, et ils sont suivis par GPS.

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Les proies principales du lynx sont le chevreuil, le chamois, mais aussi les rongeurs et, parfois, un jeune sanglier. A raison de 3 kilos de viande par jour, le lynx vit durant une semaine avec un seul chevreuil, dont il cache la carcasse sous des feuilles. Son territoire de chasse est en moyenne de 100 km2 (10 km x 10 km). Des pièges photographiques permettent d’identifier les félins durant leurs randonnées nocturnes, car ils ont des taches de pelage qui sont propres à chaque animal. Côté français, on a instauré un « parlement du lynx » regroupant chasseurs, éleveurs, forestiers, élus et associatifs. Sous la conduite d’un médiateur professionnel, un livre blanc a été rédigé, qui mentionne les engagements pris par les uns et les autres. Ce livre blanc a été transmis au préfet de région le 21 avril de cette année. Une inconnue subsiste : que se passera-t-il lorsque les lynx franchiront la frontière ?

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Après le dîner, offert par le Parc, c’est l’assemblée générale des JNE. La présidente des JNE, Carine Mayo, lit un message de Nicole Lauroy, présidente d’honneur des JNE, qui nous informe de la création d’une association de « vétérinaires éthiques », Véthic. Elle rappelle la création l’an dernier de l’AJEC (JNE + AJE), afin de couvrir complètement les préparatifs et le déroulement de la COP 21, en décembre 2015. L’AJEC s’est dissoute automatiquement après la COP 22 de Marrakech, en février 2017, où nous avons été très présents. Myriam Goldminc a été embauchée à mi-temps en novembre 2016, afin de trouver des annonceurs pour l’annuaire des JNE et d’aider à la préparation des voyages (Marrakech, La Haye, Aquitaine, Vercors et le congrès). Elle va aussi se charger de trouver des subventions. Il y a eu un débat au sein de l’association lorsque Michel Sourrouille et Claude-Marie Vadrot ont suggéré que les JNE appellent à la candidature de Nicolas Hulot à l’élection présidentielle. Carine rappelle le procès intenté par Vincent Bolloré contre plusieurs médias et journalistes, dont notre amie Dominique Martin-Ferrari. Elle indique que Pierre Demeure s’est retiré du CA mais qu’il souhaite continuer à être le webmaster du site JNE. Pour le reste de l’équipe, pas de changement : Laurent Samuel est chargé du site, Danièle Boone des livres, et Christel Leca de l’agenda. Le changement majeur est la volonté de Carine de passer la main comme présidente, quitte à aider par la suite son ou sa successeur(e).

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Dans son bilan d’activité, la secrétaire générale Adeline Gadenne rappelle les six petits déjeuners organisés à la mairie du IIe arrondissement de Paris (Inde, Orang-outang, Fukushima, Guillaume Sainteny, etc.). Elle signale 13 nouveaux adhérents. L’effectif global est de 220 adhérents, plus ou moins à jour de cotisation. Le trésorier Richard Varrault rend compte du bilan financier. Les rapports sont tous approuvés à l’unanimité.

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Pour le programme à venir, un thème porteur est « l’animal et le droit » (lors d’un petit-déjeuner, inviter la philosophe interviewée par Claire Lecoeuvre, la L214, etc. – voir la thèse de l’INRA sur la contamination de la souffrance animale dans les abattoirs – voir l’anthropologie et les rituels sur les animaux, etc. – faire un appel aux articles écrits par les JNE sur le sujet). Autres sujets évoqués : les réfugiés climatiques et la réunion de novembre 2017 à Bonn pour les îles Fidji (communiqué de presse à Nicolas Hulot – voir le livre Paradis avant liquidation). Certains plaident pour la défense du plateau de Saclay (la « silicone vallée ») (lire ici l’article d’Annick et Serge Mouraret), ainsi que du domaine de Grignon, après le retrait du Qatar, et les projets de parc de loisir et centres commerciaux du côté de Gonesse, en banlieue nord (aller voir la ZAD de la Patate via Claire Lecoeuvre ?). Trois zones de terres agricoles de la région parisienne aujourd’hui très menacés.

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La soirée se termine par les votes pour le renouvellement de 5 administrateurs des JNE : sur 58 votants (30 par correspondance et 28 présents), Carine Mayo obtient 58 suffrages, Eric Samson 51 voix, Anne-Claire Poirier 50 voix, Laurent Samuel 47, voix Marie-Paule Nougaret 43 voix et Patrice Auro 24 voix. Ainsi, sur les 6 candidats, seul Patrice Auro n’est pas élu au Conseil d’Administration.

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Samedi 10 juin

Balade des JNE en forêt le 10 juin 2017 lors de leur congrès dans les Vosges du Nord – photo Nadine Saunier

Petit déjeuner à 8 h au château. Départ en car à 9 h pour une tournée en forêt, conduite par Jean-Claude Génot, familier des Vosges depuis 35 ans. Le car nous dépose dans la ferme auberge de Gimbelhof, en pleine montagne. Jean-Claude explique que cette forêt seigneuriale de 230 hectares a souvent changé de mains. Jusqu’en 1856, elle a appartenu à la riche famille industrielle De Dietrich. Elle a ensuite été rachetée par une compagnie d’assurances, et enfin par la région appelée aujourd’hui Grand Est. Le château de Fleckenstein, lui, appartient à la communauté de communes. A signaler une spécialité du lieu : la chasse à l’arc. Nous suivons Jean-Claude dans une très belle forêt, à base de hêtres et pins sylvestres, ponctuée de chênes, châtaigniers, merisiers, bouleaux et épicéas. Tous arbres de haute tige, au tronc effilé. Le sol a beau être « pauvre » (du grès rose), les arbres poussent très bien, grâce à leur densité et aux abondantes précipitations. Nous coupons à travers la forêt, en une descente très raide, afin de voir les traces d’anciennes activités comme les charbonnières et les mines de fer. Nous rejoignons la ferme auberge et allons déjeuner sur un autre site, aménagé en bar-restaurant, boutique et tables à l’ombre pour notre pique-nique.

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Les JNE en balade le 10 juin 2017 au cours de leur congrès dans les Vosges du Nord. Au loin, le château du Fleckenstein – photo Nadine Saunier

Quartier libre ensuite, avec le choix entre visite du château de Fleckenstein, parcours dans une réserve biologique à la frontière allemande ou sieste. Le château est en fait un formidable promontoire de grès rose qui domine la forêt de très haut. Des galeries ont été creusées à sa base et des murs élevés au sommet pour en faire un lieu de défense et d’habitation. La forteresse a été démantelée sous Louis XIV.

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Le car nous reprend à 16 h pour nous ramener au centre de Liebfrauenberg, où une séance de partage d’initiatives est organisée à l’ombre de deux grands pins laricio. Nicole Aussedat présente l’action de l’ONG Pew (où elle travaille) en faveur des océans. Marie-Joséphine Grojean raconte son expédition « semences » au Sénégal : Kokopelli lui a confié une valise de semences qu’elles a remises à un groupe de femme, une école, un potager en permaculture, une ferme modèle, au total 5 projets dans le Dialao à 50 km de Dakar. Marie-Joséphine Grojean défend l’idée que « si les jeunes retrouvent le goût de leur terre, il ne voudront plus partir ». Patrice Auro décrit tous ses contacts en faveur des populations menacées à travers le monde. Pierre Mann rappelle ses tournages de films en Afrique et distribue un DVD sur les Bushmen de Namibie. Michel Sourrouille évoque son dernier ouvrage sur l’écologie politique, publié au Sang de la Terre ; il souhaite « écologiser la politiques et politiser l’écologie ». Roland de Miller propose son livre Le besoin de nature sauvage. Marie Arnould présente son expérience de verger pour tous à Grenoble, le « Verger Essen’ciel ». Enfin, Frédéric Plénard annonce sa prochaine intervention d’après dîner. A la soirée en salle, Frédéric présente son prochain film Le grand secret du lien, qui sera tourné avec et par des enfants de la ville retournés à la nature. « Je ne crois pas à l’enseignement de la vie entre quatre murs », répète-t-il. C’est pourquoi il va emmener, de septembre 2017 à septembre 2018, 50 enfants de 56 régions de France passer 25 jours environ en pleine nature. Pierre Mann évoque la maison de l’orang-outang installée à Bornéo et sa série de films animaliers « Animaux à corps perdus ».

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Dimanche 11 juin

Grasse matinée pour beaucoup. L’occasion de mesurer le tour de taille des arbres du parc : les pins laricio (3 m 75 et 3 m 54), le grand sequoia (5 m 15) et un vieux houx devenu arbre (1 m 18), qui n’a plus de feuilles piquantes qu’à ses rejets du pied. Vers 9 h 30, Gérard Blondeau conduit une balade botanique, tandis que Roger Cans reste cueillir des cerises (plusieurs kilos). Après le déjeuner, un nouveau car nous emmène visiter une maison à structure bois. Nous faisons nos adieux à ceux qui ne rentrent pas à Haguenau, Strasbourg et Paris. A Preuschdorf, nous sommes déposés devant les bâtiments en bois appelés « Bat’Innovant ». Nous sommes accueillis par Till Harres, un ingénieur forestier qui présente le secteur : une comcom (communauté de communes) de 18.000 habitants, 24 communes et 2.000 km 2. Il reste trois petites scieries, dont deux en sursis. Le hêtre, malheureusement, sert de bois de chauffage ! Il a donc été construit là deux maisons d’habitation de 100 m2 chacune, reliées par un espace commun au milieu. On veut revenir à l’habitat rural dense, qui est de tradition, au lieu de pavillons dispersés dans leur pré carré. Un bâtiment d’activités pour artisans a été construit d’autre part à Eschbach. L’une des maisons va être occupée par un couple de dentistes. Les poutres des plafonds sont une expérience : du hêtre lamellé-collé. On dit que le bois de hêtre, trop lisse, colle mal, et l’on préfère généralement le bois résineux. On essaye. Les toits de tôle peints en noir sont une mesure d’économie pour couvrir de tuiles « queue de castor », il aurait fallu des charpentes capables de supporter une lourde charge. L’isolation, en revanche, est très performante avec les murs de paille pressée, entre planches de pin à l’extérieur et panneaux de fibres à l’intérieur. En ce jour de canicule, on constate la fraîcheur maintenue à l’intérieur.

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Nous reprenons le train à Haguenau, puis le TGV à Strasbourg pour arriver à Paris juste à temps pour voter (les Parisiens ont jusqu’à 20 h).

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Remarque générale : nous avons bénéficié d’un temps exceptionnel, beau et chaud, d’un cadre lui aussi exceptionnel, perdu dans la montagne vosgienne, au milieu de villages alsaciens à la fois coquets et pittoresques. Notre congrès s’est réuni sous le signe du partage : forêt d’Haguenau partagée entre la ville et l’Etat, lâchers de lynx partagés entre la France et l’Allemagne, soirées d’échanges partagés entre les membres de notre association. Un souci : la succession de Carine Mayo et la recherche d’un nouveau siège pour les JNE. Nicole Aussedat propose un local à l’Institut océanographique de Paris, très central (rue Saint-Jacques/rue Gay-Lussac). Mais il faut en discuter.

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Nous les lynx, sauvagement concurrencés par les humains

Le congrès des JNE, qui se tenait du 9 au 11 juin 2017 dans le Parc naturel régional des Vosges du Nord, s’est penché sur le sort du lynx. La parole est à ce noble animal !

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par Michel Sourrouille

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Lâcher de lynx dans la réserve de biosphère Pfälzerwald-Vosges du Nord : le bond vers la liberté – photo Jean-Claude Génot

Mes ancêtres lynx ont été sauvagement exterminés au cours des derniers siècles. Pourtant nous, lynx boréal, ne sommes pas plus gros qu’un berger allemand, nous ne vivons qu’une quinzaine d’années et nous pesons seulement 20 à 30 kilos. Au XVe siècle, nous existions encore partout en France, en plaine comme en montagne. Pourtant au milieu du XVIIe siècle, nous n’avions plus aucun représentant dans le massif vosgien et étions frappé d’extinction un peu partout ailleurs. Relégués dans les Carpates, nous ne pouvions que cultiver le souvenir de ce dernier lynx tué dans les Alpes en 1928.

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Miracle, au début des années 1970, notre espèce fait son retour sur le versant français du Jura depuis la Suisse toute proche où une vingtaine de lynx avait été relâchée. Notre réintroduction dans les Vosges débute en 1983, mais en 2014, plus aucun lynx n’avait été détecté. Aujourd’hui en 2017 ils font une nouvelle tentative à partir de l’Allemagne. Mais méfiance, des chasseurs nous attendent déjà avec impatience pour nous éliminer encore et toujours. Nous sommes persona non grata, considérés comme un perturbateur dans une nature jardinée. Il n’y a plus de nature sauvage, il n’y a que des humains et des routes à perte de vue, même dans leurs forêts d’exception modelées et remodelées, parfois détruites pour en faire du charbon de bois.

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La plupart des chasseurs sont des monstres, ne regardant que leur nombril. Pour eux la nature doit rester figée telle qu’on l’a organisée par la main de l’homme, un espace domestiqué. Comme si les chevreuils étaient des animaux domestiques ! Ils croient qu’avec nous les lynx il n’y aura plus de chevreuils alors que nous n’en consommons chacun qu’une cinquantaine par an. Le taux de prédation d’un seul chasseur (à superficie comparable) est 4 ou 5 fois supérieur ! Le nombre de chevreuils abattus en France frise les 550 000, et pourtant ce prélèvement reste inférieur à l’augmentation naturelle de cette population. Les chasseurs se considèrent comme seuls propriétaires du « stock » de chevreuils. Ils ne comprennent pas ce que nous pouvons apporter, une régulation naturelle au lieu d’une biodiversité-fardeau. Le chasseur se croit tout puissant, il veut produire la totalité de son environnement à lui tout seul, incapable de comprendre que la raréfaction de la nature sauvage qu’il provoque fait disparaître une composante essentielle de son humanité.

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Juste un peu de statistiques pour mieux comprendre le problème. Chacun de nous, lynx, a besoin individuellement de 100 km² pour vivre et se nourrir. En France il y a plus de 100 habitants au km², 117 exactement, une surpopulation qui étouffe toutes les autres espèces animales en prenant leur espace vital. Le nombre de chasseurs dépasse le million, nous les lynx sommes moins de 200 individus et nous perdons encore beaucoup d’entre nous, braconnés ou écrasés sur des routes. Les chiens en France sont plus de 7 millions ! La France compte 67 millions de personnes qui s’entassent dans des maisons verticales au lieu de parcourir librement les forêts comme nous. Quand les humains seront seuls sur Terre avec leurs commensaux, pourront-ils survivre si ce n’est au milieu de leurs immondices ?

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Heureusement commence à émerger une minorité de chasseurs plus clairvoyante, qui estime la prédation normale, donc ouverte à tous, les lynx compris. Ils sont conscients de la dynamique des écosystèmes, loin d’une vision figée de l’environnement, prenant les lynx comme des partenaires à part entière. A quand un « parlement du lynx » qui rassemblera toutes les parties prenantes ? Il semble que cela soit mis en place, avec des humains qui se font les avocats des acteurs absents, ceux qui ne peuvent participer directement aux négociations dites démocratiques comme nous les lynx, privés de parole, mais si heureux de notre liberté quand on nous laisse vivre. Notre ami Jean-Claude Génot (JNE) estime que la révolution du XXIe siècle consisterait à abandonner l’anthropocentrisme dominant chez les humains au profit d’un écocentrisme, seul moyen de fixer des limites à l’expansion insoutenable de leur nombre et de leur activisme. C’est bien là l’expression d’une sagesse de lynx.

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Sources
Congrès JNE des 9 au 11 janvier 2017 dans les Vosges, conférence de Jean-Claude Génot, membre des JNE, et Christelle Scheid, chargée côté français de la communication sur le projet de réintroduction du lynx
Annales scientifiques de la réserve de biosphère transfrontalière Vosges du nord
http://www.ferus.fr/lynx/le-lynx-conservation-et-presence-en-france

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Une balade écologique dans le Jardin des Plantes en compagnie de Marc Giraud

Folâtrer dans le Jardin des Plantes en compagnie de Marc Giraud (JNE), naturaliste de terrain, donne une vie imprévue à la verdure.

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par Jane Hervé

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Balade botanique au Jardin des Plantes de Paris le 28 mars 2017 autour de Marc Giraud (2e en partant de la gauche) – photo Sunmi Kim

La promenade collective initiée par l’auteur de Fleurs et arbres en bord de chemin * (lire ici la recension de ce livre par Danièle Boone), transmet – au hasard des rencontres de plantes -, un double savoir. Elle apprend à découvrir le monde autrement, tout d’abord au ras des pâquerettes (le vécu de la plante en quelque sorte !), puis au-delà de ses feuilles/racines/houppiers vers l’émergence d’échanges avec le monde extérieur (autres plantes, animaux, hommes). Ainsi s’esquisse subrepticement une perception comportementaliste d’une flore dont on perçoit peu à peu la « logique » behavioriste ?

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A quoi aboutissent les observations objectives des naturalistes de terrain ? A une première strate. Tout d’abord la personnalité (en quelque sorte) des plantes ? Les plantes ont une intelligence « dans les racines » dont Darwin estimait qu’elles leur étaient un cerveau. Les arbres ont une « timidité », car ils essaient de ne pas se toucher et laissent un espace entre eux. Les plantes « voient » deux couleurs, le rouge et le bleu. Elles distinguent le rouge lointain du crépuscule et se ferment, puis le rouge pâli de l’aube et s’ouvrent. La couleur bleu les incite à s’orienter vers la lumière. Certaines possèdent des bourgeons qui peuvent être dominants. Ainsi quand on coupe les plantes par le haut : le bourgeon supérieur inhibe les autres (épicéa, conifères). De même, si le haut du rosier est taillé, la base de la plante s’exprime et s’étale.

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Les plantes fixes assurent une fonction de photosynthèse, à partir de la lumière le sucre assure croissance et la vie. Une vie qui nous vient des plantes car nous ne saurions pas exister sans elles. Fixes, elles testent leur environnement par leurs extrémités. Certes il faut reconnaître qu’elles ne vont pas « à la même vitesse » que nous : les racines cherchent leur chemin, cherchent un support, tel un organisme vivant (cf. animaux lents).

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Ensuite les attitudes (toujours en quelque sorte) entre elles. Elles s’entraident : les algues sorties de l’eau se muent en champignons souterrain, puis en lichens. Elles font des échanges : un partenariat « mystérieux »s’installe entre racines et champignons (mycorhize). Les plantes communiquent entre elles : ainsi le vieil arbre nourrit le plus jeune, tandis que l’arbre attaqué avertit les autres. Parfois les arbres se regroupent en colonies, sans avoir toujours le même patrimoine végétal. Même l’herbe qui se fait « brouter » réagit.

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Gaillet gratteron – photo Marc Giraud

Au fil de la promenade dans le Jardin des Plantes, se découvre le bugle rampant qui pousse à terre – en rase motte – pour éviter les dents des herbivores avant de se redresser d’un jet. Les ornithogales, surnommées « dames de onze heures » qui est celle de l’ouverture des fleurs (ça marche aussi à 10 h 30, heure de notre passage !). L’hellébore blanche qui, lorsqu’elle est noire, se nomme rose de Noël. La chélidoine toxique, dont le suc orange est efficace sur les verrues (mais fait gonfler l’inflammation du bout du doigt de la journaliste qui le teste, ce qui prouve au moins a contrario que ce n’est pas une verrue !) Et le foutu gaillet, ce gratteron invasif à la fois comestible et médicinal.

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Selon une seconde strate d’observation, la flore invite à observer la faune qui hante son territoire. Ici une corneille mécontente, là une mésange castafiore, ici un merle qui fouine de feuilles mortes, là un pigeon dodu qui plastronne sur une branche, ici un geai des chênes opportunément nommé garrulus glandarius car il se goinfre de glands, etc. A l’heure des amours et des pariades, les nids s’élaborent avec un réel enthousiasme, brindille par brindille.

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Qu’en conclure, sinon que les plantes donnent des leçons de biodiversité et de comportement (entraide, échange, etc.), j’oserais dire avec audace… civique. A nous d’en prendre de la graine ! Au terme d’un tel parcours (conforté par l’opportune consultation du livre de Marc Giraud, dense, vivant et illustré d’aguichantes photos) s’opère une inversion du rapport homme-nature. L’homme cesse de la dominer et de la maîtriser, c’est la nature qui devient première, qui s’observe, qui observe et surveille. Reste que c’est un humain qui met au jour ces « comportements » !!! Le livre de la nature ne pouvant l’être qu’avec ces mots de la nature que sont des racines et des feuilles….qui ne sont pas encore de papier.

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Fleurs et arbres en bord de chemin. Texte Marc Giraud. Photographies Fabrice Cahez et Marc Giraud, Editions Delachaux et Niestlé, 2017, 24,90 €.

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Visite JNE au centre Visionpure dans le Vexin : à l’écoute des chevaux et de soi

Le 3 février 2017, un groupe de journalistes des JNE a visité le centre Visionpure, dans le Vexin français, autour du thème : chevaux et développement personnel.

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par Jane Hervé

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Jane Hervé avec le cheval Shaman lors de la visite des JNE au centre Visionpure dans le Vexin, le 3 février 2017 – photo Carine Mayo

Il y a chevaux et chevaux.

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Ici, les chevaux ne sont pas à diriger ou à manipuler comme ceux d’un banal centre équestre. Un tel lieu nommé Visionpure nous l’apprend. Ils y sont ce qu’ils devraient être : des partenaires de l’homme. Les participants (clients), invités à découvrir l’animal, se découvrent en vérité eux-mêmes. Chaque animal a sa personnalité, mais tous – presque – sont disponibles au dialogue, un certain dialogue. On oublie que ces equus caballus sont des poneys, des quarters, des painted, des arabes, etc..On oublie qu’ils peuvent vivre 35 ans. On oublie qu’ils ne voient que deux couleurs. On oublie qu’ils jouent parfois au mâle rétif ou à la femelle douce, qu’ils sont ou non des bachelors (célibataires) dragueurs de juments…

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A travers quelques exercices (engagement, travail sur les émotions, etc.) adaptés aux personnes et à leurs desiderata (dépasser parfois un traumatisme), l’animal quitte l’espace originel où le visiteur l’a placé (animal de trait, de légende, de monte, générateur de chutes, etc.). Finis donc les chevaux style Garde républicaine, les destriers ou les canassons, les rossinantes de Cervantès ou les sauteurs pour hippodrome ou concours épique…

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Le cheval cesse même d’être un objet pour éthologue ou scientifique, mais il se mue en être vivant susceptible d’un échange certes « non-verbal » (le ton du phrasé a plus d’efficacité que la définition du terme employé). Un tel échange se fait avec les moyens du bord d’un animal (le regard) qui a ses limites corporelles (corps massif, poids 500 à 600 kg, présence de sabots, etc.). Indépendant et libre, il mène sa propre vie sociale (compagnons, clan familial) et a appris à survivre dans un environnement subi.

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Visite des JNE au centre Visionpure dans le Vexin, 3 février 2017 – photo Carine Mayo

La présence d’un « praticien » – et même d’une praticienne ! – formé selon Linda Kohanov (Eponaquest) autorise cette prise de conscience novatrice. Eva Reifler, qui a monté en 2008 ce centre si particulier dans le Vexin français, y accueille des entreprises ou des indépendants, des groupes ou des individuels, des êtres souffrant ou non d’éventuels handicaps. Des « ateliers » travaillent en dynamique de groupe ou lors de séances individuelles, portant une attention systématique à la « vulnérabilité » des uns et des autres pour les inviter à plus d’autonomie.

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Le point commun à ces visiteurs, si diversifiés en personnalités, états d’esprit, fonctions et surtout « ressenti », est l’attention qu’ils sont capables de porter à un tel animal. Celui-ci est un « révélateur d’émotion » qui rend visible l’invisible. Ainsi la peur première de la bête (et sans doute de la vie), échelonnée de l’endormissement à la « dissociation », est susceptible de traverser une zone de croissance (ou décroissance selon l’état originel), au risque de traverser une vraie panique. Eva, initiatrice de ce projet où l’animal n’est plus si étranger à l’humain, a inversé le rapport traditionnel entre l’homme et l’animal. Le cheval devient un « guérisseur de l’homme ». Un des chevaux qui a la couleur de sable du désert se nomme ainsi shaman (voir sa photo ci-dessous)*. Ce n’est pas un hasard !
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  • Shaman : guérisseur et intermédiaire entre l’homme et les forces de la Nature.

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Visionpure, Eva Reifler, 20 rue des Vieilles Vignes, 95830 Frémécourt, Tel 06 99 19 02 95.

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Cette visite a été organisée par Nathalie Giraud avec Carine Mayo.

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Voyage JNE dans le Vercors

Rendez-vous était pris de longue date pour ce week-end dans le Parc naturel régional du Vercors. Malgré les grèves à la SNCF, malgré une météo annoncée déplorable, ce fut un franc succès. Trois belles journées et une soirée festive mémorable. Merci Véronique !

par Danièle Boone

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« Green is my religion », une image symbole qui résume notre voyage © Anne-Claire Poirier

Les étoiles ont été avec nous pendant tout le séjour. Le TGV en provenance de Paris était affiché à l’heure et il est arrivé sans retard. Fleur Daugey a vu son TER annulé mais elle a co-voituré. Et nous voilà tous réunis à la Maison de l’Aventure, chaleureusement accueillis par Gil Borel, le responsable. Les végétariens y ont été particulièrement chouchoutés. Merci encore à l’inventivité de Lucie Valentin, la cuisinière. Gil, également correspondant pour Drôme Hebdo, n’a pas manqué de faire un article sur notre venue  à lire ⇒ ici

Pour rejoindre la plate-forme bois de Vassieux-en-Vercors, notre première visite, nous avons traversé la fameuse plaine de Vassieux, haut lieu de la Résistance. Le 21 juillet 1944, les maquisards, trahis, ont été tirés comme des lapins. Dans la nécropole, 192 tombes surmontées d’une croix chrétienne ou d’un croissant musulman rappellent qu’ici, des hommes et des femmes ont refusé de se plier aux ordres des politiques (Pétain). Hier insoumis et hors la loi, aujourd’hui, résistants et héros. Petit préambule historique et symbolique, pour souligner, qu’ici, aujourd’hui, dans un endroit de France où la densité des habitants par km2 est l’une des plus basse, des hommes et des femmes ont choisi de s’installer pour vivre différemment, dire non à la société consumériste et défendre leurs valeurs. Plus encore, leur vie est la preuve qu’il existe d’autres possibles. Nous en avons rencontré quelques-uns et cela met du baume au cœur..

A l'écoute de Éric Rousset © Danièle Boone

Lecture de carte avec Éric Rousset © Danièle Boone

Après un pique-nique convivial, Éric Rousset nous a présenté la plate-forme de production de bois énergie de Vassieux-en-Vercors qui produit actuellement 550 000 tonnes de plaquettes et représente  80 à 85 % de l’approvisionnement dans un rayon de 30 km. Elle appartient à ONF Énergie, une filiale de l’ONF. Ce type d’activité permet de valoriser des bois qu’on ne valorisait pas auparavant. Dans le Vercors, les forêts sont réparties à 50/50 entre l’ONF et le privé.

Tout cela semble parfait, pourtant, il faut assurer les contrats passés notamment avec les collectivités locales. C’est un peu compliqué à résumer en deux lignes, mais l’angoisse du manque pointe et il se pourrait qu’il faille un jour s’approvisionner en matière première plus loin pour pouvoir répondre aux contrats engagés à moins qu’une solution soit trouvée à ce paradoxe.

Nous avons poursuivi au col du Rousset, une station gérée par le département où nous a parlé de la gestion des déchets et notamment de la pratique de l’épandage des déchets verts sur les pistes de ski expérimentée avec succès.

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Un potager vagabond

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À l’écoute de Séverine Tallon © Danièle Boone

Nous terminons cette demie journée déjà bien remplie par la visite du Potager vagabond de Séverine Tallon et Chistophe Coussat. Ils ont réalisé leur rêve de maraîchage bio à la montagne. Le plus difficile, sans doute, a été de trouver des terres. La première année, on leur a prêté une parcelle, l’année suivante une autre, et l’année suivante encore une autre, d’où le nom de « potager vagabond » même si depuis 3 ans, ils ont 4500 mètres carrés en bail agricole (9 ans) auxquels sont venus s’adjoindre cette année 6000 mètres carrés.

Séverine a fait une formation agricole en bio à Die puis plusieurs stages chez des agriculteurs bio. La difficulté en montagne, c’est surtout la saison relativement courte alors pour l’allonger, ils font des plans de légumes et de fleurs parfaitement adaptés à la région. C’est un franc succès. Ils écoulent toute leur production de plans et de légumes en vente directe sur les marchés, en paniers à la carte ainsi qu’à certains restaurants. De fait, ils n’arrivent pas à répondre à la demande car le potentiel est énorme. Il faut dire qu’à Saint-Martin-en-Vercors, le seul agriculteur traditionnel vient de se convertir au bio aussi la plupart des gens d’ici sont très attentifs à leur nourriture. Cela fait rêver, non ?

Séverine et Christophe, originaire de la région lyonnaise, sont tous les deux convaincus que la relocalisation de la production résoudrait beaucoup de problèmes. En tout cas, ils prouvent que le marché est là.


Réserve biologique intégrale

Le lendemain, grand beau. La météo avait annoncé une journée catastrophique, preuve que nous sommes bénis des dieux!

Située sur les communes de Saint-Andéol-en-Vercors (Isère) et de Saint-Agnan-en-Vercors (Drôme), cette Réserve biologique intégrale (RBI) de plus de 2160 hectares fait partie des trois plus grandes de France. Sans aucune intervention de l’homme (exploitation forestière, chasse, etc.), les RBI sont des espaces idéaux pour l’observation de la faune sauvage. Plusieurs inventaires et/ou suivis ont été effectués ou sont en cours de réalisation : avifaune, insectes, ongulés, chiroptères. Le département de la Drôme est particulièrement riche avec ces derniers puisqu’il recense 25 espèces de chauve-souris sur les 27 espèces répertoriées en France métropolitaine.

Chevêchette d’Europe © Danièle Boone

Chevêchette d’Europe © Danièle Boone

Jacques L’Huillier, technicien de terrain et responsable de la RBI, nous a guidés jusqu’à la Chevêchette d’Europe, notre plus petite chouette. Il est le responsable du suivi de l’espèce sur les départements de la Drôme et de l’Isère. De fait, l’activité de cette petite chouette est plutôt diurne contrairement aux autres chouettes et hiboux. Elle affectionne tout particulièrement les vieux boisements en altitude de conifères mêlés de feuillus. Jacques nous avait prévenus : « vous ne la verrez peut-être pas ou seulement quelques secondes ». L’oiseau était absent de son nid, mais il est arrivé une minute après nous, et il est resté jusqu’à notre départ, bien en vue, dans une jolie lumière. Nous avons eu tout le loisir de l’observer et même les moins naturalistes d’entre nous ont été émerveillés. De toute évidence, peu habituée à rencontrer l’homme, elle n’en a pas peur et se montre même curieuse. Peut-être n’en reverrons nous jamais dans notre vie. Ce fut là un cadeau précieux.

Pendant le pique-nique dans une jolie clairière, Véronique nous a fait une démonstration d’encres végétales tandis qu’un pipit des arbres nous faisait des démonstrations de chutes libres accompagnées de longs crescendos sonores.


Balade naturaliste

C'est vertigineux mais tellement beau © Diana Semanska

C’est vertigineux mais tellement beau © Diana Semaska

L’après-midi, sur le plateau de Font d’Urle nous croisons des marmottes, des chocards à bec jaune et même quelques individus de craves à bec rouges, oiseaux habituellement absents ici, signe incontestable du réchauffement climatique.

Les prairies sont toutes en fleurs, une aubaine pour les botanistes à profiter avant l’arrivée des troupeaux prévue pour le week-end suivant. La grande gentiane jaune déploie ses feuilles vigoureuses. Les trolles d’Europe écrivent une symphonie lumineuse où les narcisses leur servent de faire-valoir tandis que les gentianes bleues ponctuent l’ensemble comme des percussions pleines d’énergie. Véronique, experte en la matière, nous présente et nous fait goûter quelques plantes comestibles, notamment la grande Berce, absolument délicieuse, à ne pas confondre avec la Berce du Caucase.


Et le loup dans tout ça ?

Le loup ? Et bien nous l’avons rencontré au travers d’un bel étron ! Pour un naturaliste assurément, c’est déjà une rencontre, le signe certain de sa présence, une belle crotte de canidé, mais bien différente de celle d’un chien, avec plein de poils dedans et des petits morceaux d’os.

Jean-Marie Ouary © Myriam Goldminc

Jean-Marie Ouary © Myriam Goldminc

Jean-Marie Ouary, notre référent sur le sujet, est inépuisable. Il y a là, deux meutes bien installées, l’une de 7 loups, l’autre de 5. Entre les deux, un no man’s land parfaitement respecté. Dans la nuit précédente, les patous, ces chiens de protection des troupeaux ont beaucoup aboyé, signe qu’un prédateur rodait par là, sans doute le loup. C’est ainsi que Jean-Marie, en notre compagnie, a repéré cette crotte de loup!

Mille traces, l’association fondée par Véronique Thiery, se bat, avec Jean-Marie en première ligne, pour faire changer les regards. Oui, une meute de loups peut cohabiter avec un troupeau si toutes les mesures de protection sont respectées. Oui, mais… c’est tellement plus simple de lâcher les ovins et de les laisser vivre leur vie – voire leur mort quand une mise bas se passe mal et qu’aucun berger n’est là pour assister la brebis – et de faire porter sur le loup la responsabilité de tous les accidents. Rappelons que les chiens errants sont également responsables de nombreuses attaques sur les troupeaux.

Jean-Marie nous parle d’un éleveur qui cohabite avec les loups depuis 22 ans et nous montre ses bêtes qui pâturent sous la surveillance d’un patou mais cet éleveur ne veut pas témoigner eu égard à ses confrères ! L’omerta d’un côté, la mauvaise foi de l’autre, comment dépasser tout cela ?


Et maintenant, dansons

Soirée festive © Diana Semaska

Soirée festive © Diana Semaska

Une soirée festive nous attend après cette journée déjà très riche. Christophe Morini, maire de Saint-Agnan-en-Vercors, nous accueille avec plaisir. Après un dîner participatif absolument délicieux, place à la danse au rythme des Faucon Folk. Aucun d’entre nous ne renâcle et nous voilà tous en piste ! Envahis par une saine fatigue et éblouis par les splendides paysages, nous nous endormirons sans sourciller.


Transition énergétique

La matinée du lendemain, nous découvrons quelques unes des solutions choisies par certains élus locaux dans le domaine de la transition énergétique.

Julie Faivre, élue à Saint-Martin, et Gilles Chazot, adjoint au maire de Saint-Julien-en-Vercors en charge de l’éclairage public, nous expliquent pourquoi et comment leurs communes ont décidé de réduire leur éclairage nocturne. Les économies réalisées sont réinvesties pour l’amélioration de l’équipement.

Ensuite, nous rencontrons Jean-Éric de Rango et Alexandre Michel de « Vercors Soleil » qui nous expliquent comment est née la centrale villageoise citoyenne. Des habitants et des bâtiments publics de Saint-Martin-en-Vercors, Saint-Julien-en-Vercors et Vassieux-en-Vercors prêtent leurs toits pour installer des panneaux photovoltaïques. Le projet concerne environ 80 actionnaires, le but étant une certaine autonomie énergétique. En effet, même si l’électricité produite repasse dans le réseau, elle est majoritairement consommée sur place, ce qui évite les pertes.


Bouclette et compagnie

Dernier pique-nique © Danièle Boone

Dernier pique-nique © Danièle Boone

Notre ultime visite est pour Laure et Igor Marconnet (Bouclette et Cie), un couple d’éleveurs qui exploite une petite ferme à Saint-Martin-en-Vercors. Leurs 60 brebis laitières de race Lacaune leur permettent de vivre avec leurs trois enfants. Ils ont même accueilli Moubarak, un réfugié soudanais et nous ont demandé si par hasard nous pourrions intervenir pour qu’il puisse faire venir sa fille de 7 ans. Elle vit actuellement avec sa grand mère car sa mère a été assassinée. On connaît le sort des jeunes filles là-bas, du coup, la demande est parfaitement légitime.

D’une très grande exigence et d’un très grand bon sens, ils bichonnent leur troupeau avec amour et ont refusé le puçage électronique de leurs moutons. « On a payé l’amende mais on est libres », résume Igor. Laure nous montre le cahier où tout est noté, naissance, départ, etc. Alors question traçabilité – l’argument pour le puçage – ils sont imparables. Ils vivent principalement de la vente directe de leurs fromages qui sont absolument divins. En les quittant, on se dit que s’ils n’existaient pas, il faudrait les inventer. C’est sûr en tout cas, que tous ceux que nous avons croisé au court de ce séjour nous ont redonné plein d’énergie et la foi en tous les possibles.

Pour aller plus loin :
Mille traces
La Maison de l’aventure
Le site du PNR du Vercors
Centrale villageoise citoyenne


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Les Grands Voisins, un quartier vert et solidaire

Lieu d’innovation sociale et écologique, ce site unique a ouvert ses portes aux JNE. Compte-rendu de cette visite réalisée le 8 juin 2016.

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par Carine Mayo

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Carton plein

L’association Carton plein, aux Grands Voisins (Paris XIVe) © Carine Mayo

Une vraie ruche ! A l’entrée de ce site, caché par des murs, avenue Denfert-Rochereau, à Paris, c’est un va-et-vient permanent. Pas étonnant !

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L’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul accueille aujourd’hui 600 habitants, des personnes sans domicile, des travailleurs étrangers, mais aussi des artistes, des associations et des entreprises de l’économie sociale et solidaire, comme Carton plein, qui donne une seconde vie aux cartons usagés et emploie 10 personnes en insertion sur ce site.

 

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Atelier artiste

Atelier d’artiste sur le site des Grands Voisins (Paris XIVe) © Carine Mayo

Au total, plus de 1000 personnes fréquentent chaque jour ce site. Dans la Lingerie, reconvertie en café, les animateurs de ce projet innovant, qui a pris forme en une année, nous présentent le site. Sa gestion est confiée à l’association Aurore spécialisée dans l’hébergement et le soin des personnes en situation de précarité, aidée de l’association Plateau urbain qui s’occupe de l’aspect économique et contribue au choix des autres occupants (artistes, associations et entreprises) et du collectif Yes we camp, chargé de la cohésion entre les différents publics.

 

 

Lingerie

Le restaurant la Lingerie, aux Grands Voisins (Paris XIVe) © Carine Mayo

Ici, pas de fronde des habitants, comme dans le XVIe arrondissement de Paris. Sans doute parce que les Parisiens ont été associés dès le départ au projet.

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Aujourd’hui, ils peuvent venir boire un verre ou déjeuner à la Lingerie, acheter des vêtements à la Ressourcerie ou des plantes à Mama Petula…

 

 

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Mama Petula

Mama Petula, aux Grands Voisins (Paris XIVe) © Carine Mayo

C’est sur demande qu’est née lors d’un Conseil des voisins, l’idée de développer l’agriculture urbaine sur le site. Depuis le mois de janvier, plusieurs associations développent des projets sous la houlette d’Oscar Landais, chargé de l’aménagement des espaces extérieurs.

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Philippe Gibert, de l’association Abeille Francilienne, fait des animations pour le public autour des deux ruches qu’il a installées à l’entrée du site. Avec cinq ruchers dans Paris, cette association compte aider au développement des populations d’abeilles dans la capitale.

 

Léa Teillet (association Aurore) devant les kits de « la Boîte à Champignons » © Carine Mayo

Depuis 2015, la société Upcycle commercialise sur internet des kits pour faire pousser des champignons sous la dénomination La Boîte à Champignons.

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Avec deux résidents, employés 6 heures par semaine, Léa Teillet, de l’association Aurore, va récupérer du marc de café dans les bistrots du coin, pour l’ajouter au substrat qui leur est fourni en même temps que les kits.

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Le poulailler est apprécié par les résidents © Richard Bonnet

Amélie Anache et Loubliana Petroff font partie de l’association Pépins production, qui cherche à développer des pépinières de quartier. Le but ? Apprendre aux gens à faire des semis et fournir des plants issus de graines bio ou non traitées et de substrats issus de déchets urbains aux habitants de la ville. Ainsi, elle approvisionne NaturEspaces, une autre structure qui jardine avec dix personnes en insertion sur le site.

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Nina Gicquel, qui travaille pour cette entreprise d’insertion, explique que le but est de professionnaliser des jardiniers, ce qui n’est pas évident avec des personnes qui ont parfois des années de rue derrière elles. Prendre soin des plantes, c’est une façon de redonner de la dignité aux personnes qui ont connu l’exclusion sociale.

 

Miel de quartier Grands Voisins

Les ruches de l’association Miel de quartier © Carine Mayo

Jérôme Veil, de l’association Miel de quartier, cherche à promouvoir « une apiculture qui s’appuie sur l’agroécologie et la permaculture ».

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Il veut initier des personnes en difficulté à ce métier car « on manque d’apiculteurs pour installer des ruches en entreprise ».

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Lucas Manganelli, de l’association Ici Terre, a créé des buttes de permaculture et développé un projet pour apprendre à cultiver des jeunes pousses en appartement. Une source de verdure et de vitamines intéressante pour les citadins. La philosophie de ce praticien de la médecine chinoise ? « Vivre et agir joyeusement dans son environnement ».

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Le module aquaponique de l’association Zone-AH! © Carine Mayo

Bruno Vitasse, de l’association Zone-AH!, cherche à développer la valorisation des drêches de brasserie, c’est-à-dire le résidu organique du brassage du malt, qui peut être utilisé parmi de nombreuses applications comme substrat ou paillage pour le potager.

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L’association travaille également sur l’aquaponie, une technique qui consiste à faire pousser des légumes grâce à leur fertilisation par l’eau d’élevage de poissons, enrichie par leurs excréments. Dans la serre dédiée à l’aquaponie, avec l’association de biohackers La Paillasse, qui gère cette installation pour les besoins du projet OpenAquaponie, il va tester l’usage des drêches pour l’alimentation des poissons et en substrat pour la culture hors-sol

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Ici, on innove sans cesse et on teste des solutions qui pourraient inspirer un nouveau modèle urbain, plus écologique et solidaire. Mais toutes ces initiatives sont destinées à rester éphémères, car la convention avec l’Etablissement Foncier d’Ile-de-France, propriétaire des lieux, prend fin en juin 2017, date à laquelle commenceront les travaux de construction d’un écoquartier. Mais cela n’entame pas l’enthousiasme des porteurs de projets. « On voudrait montrer que ça fonctionne et que c’est reproductible ailleurs », explique Florie Gaillard, chargée de communication aux Grands Voisins pour l’association Aurore. Et quand on leur demande s’il n’y a pas de risques de conflits à la fermeture du site, tous assurent qu’il n’en sera rien. « La spécialité des structures comme Aurore, Plateau urbain et Yes we camp, c’est d’occuper temporairement des sites. »

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Les associations pensent toutefois que certaines activités pourront continuer pendant la construction de l’écoquartier qui durera jusqu’en 2022. Le temps de continuer d’innover et d’essaimer. En attendant, ceux qui veulent s’informer sur la vie du site peuvent venir y assister à une animation ou prendre un café. « Le bar est une vitrine de nos activités. On prend du temps pour discuter avec les gens et expliquer le projet », explique Elena Manente, chargée de communication aux Grands Voisins pour l’association Yes We Camp.

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Hamacs

Le site est ouvert aux touristes qui peuvent y dormir dans un hamac © Carine Mayo

Des moments qui ne sont pas réservés aux Parisiens.

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En effet, le site est également ouvert aux touristes qui peuvent y passer une nuit sous tente ou dormir dans un hamac dans une cabane en bois pour 8 euros.

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« Les touristes vont parler du projet ailleurs », souligne Elena. Un bon moyen de propager les pratiques et les idées développées aux Grands Voisins !

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Merci à Florie Gaillard de l’association Aurore, Jean-Baptiste Roussat de Plateau Urbain, Elena Manente et Oscar Landais de Yes we camp pour avoir organisé cette visite.

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Voyage JNE en Aquitaine : Hugo Verlomme nous explique le Gouf de Capbreton

En préambule de la journée capbretonaise du récent voyage JNE/AJE/AJEC 21 en Aquitaine, Hugo Verlomme nous a (presque) tout dit en quelques minutes sur le Gouf de Capbreton.

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Propos recueillis par Myriam Goldminc

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Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter l’intervention d’Hugo Verlomme, membre des JNE.

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Si vous n’arrivez pas à ouvrir le fichier audio ci-dessus, vous pouvez télécharger le logiciel gratuit VLC qui lit la plupart des vidéos et des sons. En cas de difficulté, vous pouvez enregistrer le fichier sur votre ordinateur en double-cliquant sur le lien, ouvrir le logiciel, puis ouvrir le fichier à l’aide de celui-ci.

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Tous nos remerciements au maire de Capbreton, Patrick Laclédère, et à son équipe pour leur accueil, ainsi qu’au Casino de Capbreton.

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Voyage JNE/AJE/AJEC 21 : les effets du réchauffement en Aquitaine

A l’occasion des Rencontres scientifiques sur le littoral sud-aquitain du 8 avril dernier, un événement incontournable à Capbreton, un voyage de presse AJE/JNE/AJEC 21 nous a permis de faire le point des impacts climatiques sur le littoral aquitain.

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par Dominique Martin Ferrari

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Affiche_Rencontres_mira_8_avril-fill-400x532Visite de Lacanau, Hossegor, Capbreton et rencontre à Bordeaux des chercheurs qui, entre recherche fondamentale et terrain, sondent les capacités d’adaptation, l’évolution des écosystèmes et les technologies du futur.

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A n’en pas douter, la région Aquitaine, désormais mariée à Charente Poitou, s’implique à relever le défi climatique.

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Vous pouvez lire la suite de ce dossier spécial Aquitaine dans la lettre Options Futurs n° 33, à télécharger en cliquant ici (lien direct vers le PDF du dossier).

 

 

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Les JNE visitent un jardin partagé au coeur d’une cité (Amiral Mouchez Paris XIIIe)

Lors de la soirée de sortie de leur annuaire 2016 le 16 mars dernier, les JNE ont visité un jardin partagé au coeur d’une cité (Amiral Mouchez Paris XIIIe).

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Voici une vidéo réalisée à cette occasion par notre adhérent Jérémi Michaux (Greenprod).

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Vous pouvez lire le compte-rendu de cet évènement JNE en cliquant ici.

Pour commander l’annuaire JNE 2016, c’est là.

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A Capbreton, des actions originales contre l’érosion des plages et des dunes

Voici une interview audio de Jean-Marie Marco, adjoint à l’environnement du maire de Capbreton (Landes) réalisée le 8 avril 2016 dans le cadre du voyage AJEC21/JNE/AJE en Aquitaine.

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par Myriam Goldminc

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Chaque année, avant l’arrivée des vacanciers, Capbreton reconstruit sa plage grâce à un « by pass». Ce système de transfert hydraulique charrie du sable prélevé sur la plage voisine d’Hossegor à travers l’embouchure du chenal du Boucarot  – photo @ Laurent Samuel

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Cliquez ici pour écouter l’interview de Jean-Marie Marco.

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Si vous n’arrivez pas à ouvrir le fichier audio ci-dessus, vous pouvez télécharger le logiciel gratuit VLC qui lit la plupart des vidéos et des sons.

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Tous nos remerciements au maire de Capbreton, Patrick Laclédère, et à son équipe pour leur accueil.

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