Colloque JNE condition animale

Colloque JNE : comment faire évoluer la condition animale ?

État des lieux, idées nouvelles ou peu connues – l’association JNE des Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie organise un colloque

Comment faire évoluer la condition animale ?

avec le soutien des Verts et de l’Alliance libre européenne au Parlement européen.
Un évènement ouvert aux journalistes, aux chercheurs,
aux militants associatifs et au grand public.

 

DATE : 7 septembre 2018 de 13 h 30 à 19 h 30

LIEU : Salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan 75002 Paris

ENTREE GRATUITE MAIS INSCRIPTION OBLIGATOIRE auprès de contact@jne-asso.net

13 h 30 Accueil des participants

14 h Préambule
Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement

14 h 15 Introduction
Georges Chapouthier,
neurobiologiste et philosophe, membre des JNE
Nouvelles découvertes sur la sensibilité animale : quelles conséquences en matière d’éthique ?

14 h 45-16 h : comment intéresser le public au sort de la faune sauvage ?

Animation Jean-Luc Fessard (JNE)

Allain Bougrain Dubourg, journaliste, producteur, réalisateur, président de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), membre des JNE
Les animaux, orphelins du respect

Julie Lasne, éthologue de terrain spécialisée dans les animaux sauvages et consultante en communication vie sauvage
Cirques, zoos, industries de loisirs : une exploitation des animaux contre nature

Manuel Mersch, président de l’association Véthique
Vétérinaire et changements sociétaux : comment rester le garant du lien Homme-Animal ?

Marc Giraud, écrivain, journaliste, chroniqueur, membre des JNE, porte-parole de l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages)
Comment s’adapter au grand public et installer la cause animale dans les médias

Yves Paccalet, écrivain, journaliste, réalisateur, membre des JNE
Les animaux ne sont pas seulement la nature, ils sont aussi notre culture

16 h-16 h15 : pause

16 h 15-17 h 30 : Améliorer le sol des animaux d’élevage

Animation Hervé Kempf (Reporterre)

Stéphane Dinard, président de l’association Quand l’abattoir vient à la ferme
Animaux d’élevage : Pour une vie et une mort dignes

Léopoldine Charbonneaux, directrice du CIWF
Des solutions pour un mode d’élevage respectueux des animaux, des êtres humains et de la nature

Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association L214
Scandales dans les abattoirs : faut-il remettre en question l’alimentation carnivore ?

Corine Pelluchon, philosophe
Vers une nouvelle place des animaux dans notre société ? Quelles stratégies adopter pour résoudre les dilemmes liés à l’élevage ?

17 h 30- 18 h 45 : quels droits donner aux animaux ?

Animation Carine Mayo (JNE)

Sabine Brels, docteure en droit, co-fondatrice et directrice du projet Global Animal Law GAL
Comment porter la protection animale à l’échelle globale ?

Antoine F. Goetschel, avocat, auteur, avocat pour les animaux en procédures pénales du Canton de Zurich (2007-2010), président de Global Animal Law GAL
Donner une représentation juridique aux animaux, pourquoi et comment ?

Hélène Thouy, avocate, cofondatrice du Parti animaliste
La cause animale, une question politique

Pascal Durand, eurodéputé (Les Verts-Alliance Libre Européenne), vice-président de l’intergroupe sur le bien-être animal au Parlement européen
Un statut européen de l’animal ? Quelles propositions pour changer la réglementation européenne ?

?

18 h 45-19 h : conclusion.

Quelles pistes pour l’avenir ?

19 h-19 h 30 Discussions autour d’un verre

.

.

.

Merci à Gérard Blondeau et à Maurice Chatelain pour leurs photos.


NOS PARTENAIRES

 

.


Condition animale : Hulot a fort à faire

Dans la perspective du colloque sur la condition animale organisé par les JNE le 7 septembre 2018, notre site vous propose tout au long de l’été des contributions sur le sujet. Voici le premier de ces textes, qui pointe la responsabilité du ministre de la Transition écologique et solidaire dans ce domaine.

.

par Michel Sourrouille

.

Nicolas Hulot

Nicolas Hulot, avant de devenir ministre, avait une vision très claire de la détérioration de la condition animale, vision qu’il a exposé dans plusieurs livres : « Il faut reconnaître que l’homme sait aussi vous donner la nausée tant parfois il excelle dans l’indifférence, l’ignorance, la cupidité, la vanité, la lâcheté, la cruauté. Les élevages intensifs d’animaux sous l’effet d’une mode, où les bêtes croupissent lorsque celle-ci est passée, sont inadmissibles. Combien de huskies ont grandi dans des vitrines minuscules. Les murs épais des laboratoires cosmétiques qui dissimulent le martyre d’animaux innocents me rendent malade. Que pour satisfaire quelques coquetteries futiles on se fasse tortionnaire illustre le peu de cas que notre société fait de la condition animale. Concernant la chasse ou les abattoirs, j’appelle à limiter au maximum la souffrance de l’animal. L’animal n’a plus le temps de s’adapter aux modifications de son environnement. Son univers a trop vite évolué en moins d’un siècle pour que ses gènes conditionnent de nouveaux réflexes. Surtout, l’homme, dans son développement, ne les prend pas en compte. S’échapper, pour les animaux, c’est s’exposer à des projectiles monstrueux lancés sur toutes les routes. Partout dans le monde, en modifiant le paysage, l’humanité dans son expansion fait fi de la condition animale… Si vous me demandez mon sentiment sur l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques, évidemment ça ne me plaît pas. Le mouvement contre la présence d’animaux sauvages dans les cirques prend de l’ampleur. Les 2 000 animaux sauvages qui y sont détenus en France présentent des troubles du comportement et des souffrances chroniques. Le plus choquant, c’est que cette activité a pour fin le divertissement. On fait des animaux des produits de consommation.  J’ai de l’estime pour les gens du cirque, mais je sais combien les prouesses des animaux sont le fruit de privations et parfois de sévices. Rien de plus désolant, l’été, que ces bêtes en cage étroite, agglutinés et exposés au regard de promeneurs distraits. J’ai en horreur ceux qui privent l’animal de liberté à des seules fins mercantiles…. »

Brigitte Bardot était donc satisfaite de sa nomination au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire. En juin 2017, elle se battait avec le maire du Luc pour empêcher l’installation d’un cirque avec animaux sauvages sur son sol. Elle appelle Hulot par téléphone, il lui répond : « Je suis ministre, mais je ne sais pas ce que je peux faire. » * Début août 2017 sur France Inter, il déclare en tant que ministre ne pas être favorable à la captivité des animaux, pas favorable à l’idée que l’on fasse du spectacle avec cette activité-là. « Artistes à quatre pattes » pour les uns, « êtres emprisonnés et brisés » pour les autres. Mais il préfère mener une réflexion globale plutôt que l’interdiction. Le gouvernement crée par décret une commission consultative interministérielle afin d’organiser une concertation permanente entre les cirques, les ministères concernés (Culture, Intérieur, Transition écologique, Agriculture) et les élus. Dans le monde, 27 pays ont totalement interdit les cirques avec animaux (parmi lesquels l’Autriche, la Belgique, la Grèce, l’Inde, le Pérou, la Slovaquie et la Suède) et 16 partiellement (dont l’Allemagne, l’Australie et le Canada).

Janvier 2018, lors de ses vœux à la presse, il en reste encore aux intentions : « J’ai décidé de réfléchir cette année à un sujet qu’on reporte régulièrement au prétexte qu’il est un peu touchy, celui de la condition animale, un sujet de civilisation. J’ai convié à cette réflexion la présidente de la FNSEA (la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), ainsi que les chasseurs. J’estime que l’animal a une conscience et je souhaite conduire bientôt une grande réflexion sur sa condition avec le ministre de l’Agriculture. Je suis convaincu que les mentalités ont énormément évolué sur ce sujet, et c’est un indice de civilisation. Ces questions convoquent souvent de vieilles traditions. On peut les aborder sans stigmatiser personne, mais on ne peut plus les occulter. » Dans le programme du présidentiable Macron, il était écrit : « Pour le bien-être animal, nous prendrons notamment l’engagement d’interdire d’ici 2022 de vendre des œufs de poules élevées en batterie. » Il n’y avait pas grand-chose d’autre !

* Larmes de combat de Brigitte Bardot (avec Anne-Cécile Huprelle) aux éditions Plon.

.

Cet article a été rédigé à partir d’éléments du livre de Michel Sourrouille, à paraître le 1er octobre 2018 : Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir.
.

.


.

ANNUAIRE 2019
Spécial 50 ans


Ils nous soutiennent
pour nos 50 ans