RENDEZ-VOUS JNE

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Visite JNE au centre Visionpure dans le Vexin : à l’écoute des chevaux et de soi

Le 3 février 2017, un groupe de journalistes des JNE a visité le centre Visionpure, dans le Vexin français, autour du thème : chevaux et développement personnel.

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par Jane Hervé

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Jane Hervé avec le cheval Shaman lors de la visite des JNE au centre Visionpure dans le Vexin, le 3 février 2017 – photo Carine Mayo

Il y a chevaux et chevaux.

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Ici, les chevaux ne sont pas à diriger ou à manipuler comme ceux d’un banal centre équestre. Un tel lieu nommé Visionpure nous l’apprend. Ils y sont ce qu’ils devraient être : des partenaires de l’homme. Les participants (clients), invités à découvrir l’animal, se découvrent en vérité eux-mêmes. Chaque animal a sa personnalité, mais tous – presque – sont disponibles au dialogue, un certain dialogue. On oublie que ces equus caballus sont des poneys, des quarters, des painted, des arabes, etc..On oublie qu’ils peuvent vivre 35 ans. On oublie qu’ils ne voient que deux couleurs. On oublie qu’ils jouent parfois au mâle rétif ou à la femelle douce, qu’ils sont ou non des bachelors (célibataires) dragueurs de juments…

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A travers quelques exercices (engagement, travail sur les émotions, etc.) adaptés aux personnes et à leurs desiderata (dépasser parfois un traumatisme), l’animal quitte l’espace originel où le visiteur l’a placé (animal de trait, de légende, de monte, générateur de chutes, etc.). Finis donc les chevaux style Garde républicaine, les destriers ou les canassons, les rossinantes de Cervantès ou les sauteurs pour hippodrome ou concours épique…

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Le cheval cesse même d’être un objet pour éthologue ou scientifique, mais il se mue en être vivant susceptible d’un échange certes « non-verbal » (le ton du phrasé a plus d’efficacité que la définition du terme employé). Un tel échange se fait avec les moyens du bord d’un animal (le regard) qui a ses limites corporelles (corps massif, poids 500 à 600 kg, présence de sabots, etc.). Indépendant et libre, il mène sa propre vie sociale (compagnons, clan familial) et a appris à survivre dans un environnement subi.

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Visite des JNE au centre Visionpure dans le Vexin, 3 février 2017 – photo Carine Mayo

La présence d’un « praticien » – et même d’une praticienne ! – formé selon Linda Kohanov (Eponaquest) autorise cette prise de conscience novatrice. Eva Reifler, qui a monté en 2008 ce centre si particulier dans le Vexin français, y accueille des entreprises ou des indépendants, des groupes ou des individuels, des êtres souffrant ou non d’éventuels handicaps. Des « ateliers » travaillent en dynamique de groupe ou lors de séances individuelles, portant une attention systématique à la « vulnérabilité » des uns et des autres pour les inviter à plus d’autonomie.

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Le point commun à ces visiteurs, si diversifiés en personnalités, états d’esprit, fonctions et surtout « ressenti », est l’attention qu’ils sont capables de porter à un tel animal. Celui-ci est un « révélateur d’émotion » qui rend visible l’invisible. Ainsi la peur première de la bête (et sans doute de la vie), échelonnée de l’endormissement à la « dissociation », est susceptible de traverser une zone de croissance (ou décroissance selon l’état originel), au risque de traverser une vraie panique. Eva, initiatrice de ce projet où l’animal n’est plus si étranger à l’humain, a inversé le rapport traditionnel entre l’homme et l’animal. Le cheval devient un « guérisseur de l’homme ». Un des chevaux qui a la couleur de sable du désert se nomme ainsi shaman (voir sa photo ci-dessous)*. Ce n’est pas un hasard !
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  • Shaman : guérisseur et intermédiaire entre l’homme et les forces de la Nature.

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Visionpure, Eva Reifler, 20 rue des Vieilles Vignes, 95830 Frémécourt, Tel 06 99 19 02 95.

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Cette visite a été organisée par Nathalie Giraud avec Carine Mayo.

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Rencontre JNE/FRB sur le bilan de la COP Biodiversité 2016

Ce jeudi 19 janvier 2017, une rencontre était organisée par Pierre Lefèvre (JNE) avec le concours de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité à l’Institut des sciences de la communication CNRS pour faire un bilan de la treizième COP biodiversité qui s’est tenue à Cancun du 4 au 17 septembre 2016.

par Danièle Boone

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Pierre Lefèvre, Sandrine Bélier, Didier Babin et Xavier Sticker lors de la rencontre JNE/FRB du 19 janvier 2017 © Richard Varrault

Après une rapide présentation, Pierre Lefèvre a donné la parole à Pierre-Édouard Guillain, directeur de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB). Il avait pour mission de rappeler l’histoire de la COP biodiversité. Cette conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) est une sœur moins connue de la Convention sur le Climat.

Il existe une troisième Convention sur la lutte contre la désertification, elle aussi peu connue. Ces trois conventions ont été adoptées lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992.

Placée sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), la COB se réunit tous les deux ans. 196 pays en font partie, soit la quasi-totalité des pays à l’exception des États-Unis, observateur néanmoins très actif. La conservation de la nature, l’utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques sont les trois objectifs de la CDB.


 

Le plan stratégique pour la biodiversité pour 2011-2020

En 2010 a été adopté un plan stratégique pour la biodiversité pour 2011-2020 qui invitait les Etats à élaborer des plans de stratégie pour la biodiversité. C’est dans ce cadre que la France a adopté sa stratégie nationale pour la biodiversité, avec 20 sous-objectifs. Un des gros enjeux de la CDB est de couvrir tous les aspects de la biodiversité (exploitation forestière, gestion des eaux, océans, territoires très exposés des zones intertropicales, etc.), ce qui explique que cela devient vite un immense chaudron de réflexions et d’échanges.

Il y a des objectifs assez forts comme la suppression en 2020 des subventions dommageables à la biodiversité ou la création d’un espace protégé couvrant au moins 17 % de la surface terrestre et 10 % des océans. Et puis il y a une stratégie de mobilisation financière, notamment un doublement de l’aide au financement de la biodiversité dans les pays du Sud. C’est aussi un moment pour inciter les questions de biodiversité à s’internationaliser. Publication également de cahiers techniques assez reconnus dans le sérieux et l’aide qu’ils peuvent apporter

La CDB a poussé le sujet du principe de précaution en disant que ce n’est pas parce qu’on n’a pas de certitudes scientifiques qu’il faut repousser des mesures qui vont dans le sens de la réduction des menaces sur la biodiversité ou ne pas mettre en œuvre la création d’aires protégées. C’est également une convention qui n’est pas que protection la nature mais qui essaie aussi de regarder les implications sur les systèmes économiques, les systèmes sociaux. C’est pourquoi il est donné une grande place aux populations autochtones et locales (Article 8J).


Une COP intermédiaire

Cette année à Cancun, le thème principal était l’intégration des politiques de biodiversité dans tous les autres secteurs économiques – forêt, agriculture, pêche et tourisme. Il y a ainsi eu des grands forums d’échanges avec des rapprochements d’experts.

C’était une COP intermédiaire et l’occasion de faire le point sur les objectifs d’Aichi adoptés lors de la conférence tenue en 2010 dans la ville japonaise du même nom. Ces 20 objectifs rassemblés dans un plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 s’inscrivent dans une vision à long terme où la diversité biologique est valorisée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse, en assurant le maintien des services fournis par les écosystèmes, en maintenant la planète en bonne santé et en procurant des avantages essentiels à tous les peuples.

La gestion des problèmes de biodiversité entre pays a été l’une des questions importantes abordées à Cancun. Des questions sont à régler en commun lorsqu’on partage de la biodiversité ou que la biodiversité circule entre pays. C’est le cas de la biologie de synthèse qui était un des sujets de discussions assez ardues. La mise en application du protocole de Nagoya (partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques) était un autre point important. Il y a en effet une frustration d’un certain nombre de pays qui possèdent de la biodiversité et voient des gens prélever, utiliser et identifier les connaissances traditionnelles ou des ressources génétiques (principes actifs de plantes, venin, etc.) pour fabriquer des produits qui génèrent beaucoup d’argent alors que ceux qui ont la ressource n’en tirent aucun avantage. Ils souhaiteraient donc qu’il y ait un rééquilibrage, pas forcément monétaire d’ailleurs. Cela pourrait être aussi de l’échange de savoir.

Après cette première intervention dense, Pierre Lefèvre a donné la parole à Xavier Sticker, ambassadeur français délégué à l’environnement qui a parlé entre autres des objectifs d’Aïchi et du protocole de Carthagène sur la biosécurité. Il nous a également annoncé que la prochaine COP biodiversité se tiendrait en 2018 en Égypte.


Les droits des peuples autochtones

Sandrine Bélier, directrice de l’association Humanité et Biodiversité, a ensuite parlé du droit des peuples autochtones, détenteurs et utilisateurs d’importantes ressources génétiques, la France avec ses territoires d’Outremers étant très concernée. Elle a la particularité d’être à la fois détentrice et utilisatrice, ce qui lui donne un rôle très particulier au sein de l’Europe. Toutefois, elle bloque avec le Danemark pour accorder des droits particuliers à ces peuples à cause de gros enjeux économiques, les brevets notamment. Le secteur économique n’était pas du tout favorable à l’adoption du protocole de Nagoya car cela leur fait perdre un certain nombre d’avantages. Le problème de la biopiraterie est posée car déposer des brevets et imposer des royalties ensuite à des populations qui détenaient et utilisaient une ressource naturelle génétique comme dans le cas du haricot jaune, où des paysans, pendant des centaines d’années, ont cultivé cette espèce essentielle et s’en nourrissent au Mexique. C’est ce type de situation que veut arrêter le protocole de Nagoya.

Côté acteurs économiques, la donne n’est pas la même qu’avec le climat, remarque Sandrine Bélier. Autant sur le climat, on peut expliquer que cela amène un bouleversement mais, que dans le même temps, la transition amène de l’activité. Prendre en considération les enjeux de biodiversité suppose des changements de pratiques profondes qui ne vont pas apporter d’avantages financiers immédiats ou vont apporter des avantages financiers et économiques à d’autres secteurs. Ainsi dans le domaine de l’agriculture, c’est le développement de l’agriculture biologique ou de l’agroforesterie au détriment de l’agriculture industrielle. C’est bien là la difficulté des négociations en faveur de la biodiversité.

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Denis Babin (MAB) lors de la rencontre JNE/FRB du 19 janvier 2017 © Richard Varrault

 

Didier Babin, président pour la France du Comité Man and Biosphère (MAB), succède à Sandrine Bélier. Il suit la COP biodiversité depuis 2001. Cancun était donc sa huitième COP. Pour lui, la COB n’est pas une convention qui traite de l’environnement en tant que tel, mais c’est la première convention qui traite de développement durable. Dès le début, la négociation sur la convention était véritablement de lier le développement et la protection de l’environnement. C’était dans la suite de la conférence de Stockholm (1972) qui était le début de ces réflexions au niveau des Nations Unies.

On a eu un cycle 72 – 82 – 92 et ces trois conventions, et puis il y a eu Rio +20. L’objectif fixé en 2002 était d’inverser la tendance en termes de biodiversité et l’Union européenne s’était engagée à stopper l’érosion de la biodiversité en 2010, donc les renégociations de 2010 étaient basées sur un échec. On s’est aperçu qu’avec la façon dont on s’y était pris, on ne pouvait pas stopper ni même inverser les tendances. Et pourtant, tous les scientifiques s’accordent pour dire que la biodiversité, c’est la base d’énormément d’activités économiques et la survie des pays en voie de développement, de leur alimentation, de leurs médicaments, de leurs habitations. Grâce à de nombreux rapports scientifiques, on sait que si la tendance à la dégradation continue, les conditions de vie de l’humanité, stables depuis plus de 10 000 ans, risquent d’être tellement bouleversées qu’on ne peut pas savoir où l’on va.


Les protocoles

Les seuls textes contraignants dans les conventions internationales, ce sont les protocoles. Le reste ce sont des décisions, c’est à dire que les pays qui vont s’engager à faire des actions, à mettre en œuvre un certain nombre de choses n’ont pas de contraintes s’ils n’atteignent pas leur objectif. C’est pour cela que la négociation de protocoles dans ces négociations internationales est essentielle.

Le protocole de Nagoya (partage juste et équitable des avantages) et le protocole de Carthagène (protocole négocié en 2000 et mis en œuvre en 2003 sur les échanges internationaux en termes d’organismes vivants modifiés et les risques par rapport à la biodiversité) sont sur des questions liées aux biotechnologies. Selon Didier Babin, l’enjeu pour la suite de cette décennie 2010-2020, c’est d’inclure dans la prochaine décennie de négociations pour 2030, un protocole qui obligerait les pays à utiliser durablement la biodiversité.

Suivent beaucoup de questions concernant des entreprises qui sont présentes sur la COP biodiversité ou bien encore à propos de la diversité. On parle en effet tout le temps de biodiversité, mais pas de la diversité en tant que telle alors qu’elle est le moteur du vivant. On n’a pas su encore démontrer pourquoi la diversité est nécessaire, comment elle permet d’assurer la résilience des écosystèmes, de la distance et de l’innovation.


Biologie de synthèse

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Barbara Livorei et Jean-François Silvain (FRB) lors de la rencontre JNE/FRB du 19 janvier 2017 © Richard Varrault

Barbara Livorei et Jean-François Silvain de la FRB nous parlent ensuite de l’un des sujets majeurs abordés à la COP biodiversité, la biologie de synthèse. Une définition en a été donné à Cancun : « la biologie synthétique est un nouveau développement et une nouvelle dimension de la biotechnologie moderne, qui combine la science, la technologie et l’ingénierie pour faciliter et accélérer la compréhension, la conception, la restructuration, la fabrication et/ou la modification de matériaux génétiques, d’organismes vivants et de systèmes biologiques ».

On connait tous les OGM. Les biotechnologies ne sont pas récentes, le fait de manipuler le vivant, de faire des croisements, des hybrides, des greffes, des portes-greffes, cela a toujours existé, mais on a une progression des techniques parce que la recherche progresse énormément ,notamment avec l’arrivée de nouvelles technologies comme CRISPR-Cas9 ou Gene drive, efficaces, faciles, rapides, bon marché et peu ou pas traçables. On entre de plus en plus dans le génome, dans les gènes.

L’avantage de la COP biodiversité, c’est que, pour une fois, on a beaucoup anticipé grâce au processus des questions émergentes où un Etat membre, accompagné en général de plusieurs autres, peut déposer une demande de questions auprès de la COP. Or, cela fait plusieurs années que la biologie de synthèse a été déposée et a reçu un accueil très mitigé. Les organismes vivants modifiés sont soumis au protocole de Carthagène qui permet leur règlementation. Un réseau international de laboratoires a également été mis en place afin d’identifier les risques.


Les espèces exotiques envahissantes

Maïté Delmas du Muséum National d’Histoire Naturelle parle maintenant des espèces exotiques envahissantes. Sur les 1 2000 espèces exotiques d’Europe, 10 % sont envahissantes. Dans le règlement européen, les champignons sont inclus. Ces espèces se maintiennent sans interventions humaines et ont des influences négatives sur tous les écosystèmes. Elles sont la troisième cause de perte de biodiversité dans des écosystèmes fragiles comme les îles. Certaines d’entre elles, comme l’ambroisie, ont un impact sur la santé humaine. Le constat est fait. Il faut mettre davantage de moyens pour la recherche des risques. Il faut agir sur les espèces les plus problématiques et également agir en amont pour empêcher si possible l’arrivée sur le territoire de ces espèces exotiques.


La financiarisation de la nature

Didier Babin termine cette matinée très dense avec la financiarisation de la nature. On a d’abord essayé de mettre un prix à la nature de façon à ce que cela soit présent dans la discussion pour le processus de décision. Cela a mis en évidence, notamment, le fait qu’il y a des choses qu’on ne paye pas et qui peuvent avoir une valeur. Le prix donné à la nature, c’est lorsqu’il y a des échanges marchands. Divers facteurs donnent de la valeur à la biodiversité, mais qui ne font pas partie de la sphère marchande et il existe un certain nombre de techniques pour essayer de mettre une somme en face des valeurs non marchandes.

A partir de 2005, la biodiversité est prise en compte en termes de services. C’est à ce moment qu’a émergé la question des services écosystémiques. Au delà de la présence d’une espèce, éléphant, tigre ou moustiques, il y a des services apportés par les écosystèmes qui ne sont pas forcément pris en compte dans l’économie.

Enfin, au début de ce phénomène de financiarisation, on mettait en avant la valeur de la biodiversité, maintenant on tient plutôt compte  de son coût, restauration, remise en état de ces éco-systèmes.

A la fin de ces débats très riches, plusieurs d’entre nous, restent et discutent avec les intervenants. Preuve s’il en est de l’intérêt de cette rencontre autour de la COP 13.

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Petit déjeuner JNE/AJE avec Yannick Jadot

Les JNE et l’AJE (Association des journalistes de l’environnement) ont organisé le mercredi 4 janvier 2017 à la mairie du IIe arrondissement de Paris un petit déjeuner avec Yannick Jadot, candidat des écologistes pour la présidentielle 2017.

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par Michel Sourrouille

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Yannick Jadot, candidat EELV à la présidentielle, entouré par Carine Mayo, présidente des JNE, et Michel Sourrouille (JNE) lors du petit déjeuner AJE/JNE le 4 janvier 2017

Yannick Jadot est le candidat des écologistes pour la présidentielle 2017, il en sera le 8e depuis René Dumont en 1974. Il trace les grandes lignes de la situation actuelle : « la science est affirmative sur la dégradation de environnement, le débat est omniprésent, mais il n’y a aucun dynamique politique. C’est étonnant alors que dans le même temps, certaines entreprises évoluent dans le bon sens. Il faut échapper à la deux tentations, celle du gouffre qui fait tomber dans les extrêmes comme aux Etats-Unis, et celle de la négation de la question écologique dont la primaire de droite a été une excellente illustration. Il s’agirait d’un incroyable retour en arrière de la pensée politique. »

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Il répond ensuite aux questions des journalistes. Nous reproduisons l’essentiel de ses réponses.

– au niveau constitutionnel : Yannick Jadot prévoit une troisième chambre qui se préoccupera uniquement du long terme et aura un droit de veto quand une loi ne suivra pas la feuille de route de l’écologie. Sa compétence sera large puisque tous les sujets de société peuvent être traités au prisme de écologie. Sa composition sera pluri-acteurs, un peu comme celle du CESE (Conseil économique, social et environnemental), mais en ajoutant des experts. Un vice-premier ministre en charge de la cohérence écologique, poste totalement nouveau, permettra de gagner des arbitrages. En effet, à l’heure actuelle, les Premiers ministres préfèrent l’économique à l’environnemental. La cas de Fillon sous Sarkozy a été significatif de cet état de fait.

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– budget de l’écologie : La purge de ces dernières années n’aide pas à traiter l’urgence écologique. Il faudra pallier le rapport de force qui penche trop systématiquement vers l’industrie, il faudra allier transversalité et cohérence.

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– biodiversité : la protection des aires marines et parcs naturels passe par le traitement des diverses pollutions, y compris le réchauffement climatique. Mais la gestion des conflits d’usage est complexe, le traitement par l’Union européenne de la pêche en haut profonde en est un bon exemple. La France avait une position ambiguë et l’Espagne faisait prévaloir l’intérêt de ses pêcheurs. Il ne suffit donc pas d’avoir introduit l’idée de pérennité de la ressource. Par exemple, les représentants de la flotte de pêche d’Intermarché prennent encore une réglementation comme un inconvénient sans en voir les avantages à long terme. Pour préserver la biodiversité, il faut aussi enrayer la destruction des écosystèmes par artificialisation des sols. A l’heure actuelle, les corridors de la trame verte et bleue sont mis à mal. Le gouvernement devra fixer une limite à l’artificialisation, avec des applications spécifiques au niveau régional.

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La protection de la nature implique surtout un changement de mentalité, une transformation culturelle qui fera abandonner le goût des ménages pour le pavillon individuel et le désir d’augmenter le nombre de m² par personne dans l’habitat. Il est nécessaire de savoir négocier, y compris avec les associations de chasseurs qui sont aussi en charge actuellement de la protection de la nature. Par contre, il faudra imposer des règles, comme l’interdiction de la chasse le dimanche.

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La problématique de la biodiversité renvoie enfin à notre rapport à l’animal. « Je ne suis pas végétarien » (dixit Yannick Jadot), mais notre plaisir-loisir ou gustatif ne peut passer par la souffrance animale. Notre façon de manger devrait évoluer. Quant aux loups ou à l’ours, les directives de protection édictée par l’UE sont claires.

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– agriculture : évidemment, le concept d’agro-écologie doit être valorisé. Le levier de la restauration collective sera utilisé pour orienter la consommation vers le bio et la paysannerie locale. Les aides à la conversion de la PAC iront dans ce sens. Le concept de souveraineté alimentaire est essentiel, ce qui remet en question aussi bien le CETA avec le Canada que le Tafta avec les Etats-Unis. Le modèle agroalimentaire à coût « compétitif » dans le commerce international est insupportable pour les paysanneries locales ; il faut combattre le poids des firmes multinationales, et pas seulement dans le secteur agricole. Pour une démocratie alimentaire, il faudra remettre en cause le couple FNSEA/gouvernement en vigueur aussi bien avec la droite qu’avec la pratique d’Hollande et Le Foll. Mais ce n’est pas tout, en matière alimentaire des considérations autres que le système syndical sont en jeu, telle la santé. Enfin, la perspective est bien entendu zéro phytosanitaires.

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– démographie (question sur la croissance de la population humaine qui empiète sur les écosystèmes des autres espèces) : la transition démographique repose surtout sur l’éducation des filles et le développement. Aller plus loin pose problème ; si on estime qu’il y a surpopulation, où faut-il agir, qui faut-il supprimer ? Attention à des discours comme celui de Sarkozy qui estime que le vrai problème, c’est la démographie africaine.

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– transports et énergie : il faut se méfier du discours technologique. La proposition de François de Rugy, « 0 % de transports carbonés en 2025 », repose sur l’hypothèse du recours à la voiture électrique. C’est une fausse bonne idée. Au niveau général, il y a une difficulté pour faire évoluer notre société : les lobbies pour protéger l’emploi existant sont déjà en place, mais les défenseurs des emplois à créer n’existent pas encore ! Nous (EELV) prévoyons une sortie complète du nucléaire en 2035. Il faudra revoir les rapports du gouvernement avec EDF et miser sur les coopératives citoyennes de production d’énergie.

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Voyage JNE dans le Vercors

Rendez-vous était pris de longue date pour ce week-end dans le Parc naturel régional du Vercors. Malgré les grèves à la SNCF, malgré une météo annoncée déplorable, ce fut un franc succès. Trois belles journées et une soirée festive mémorable. Merci Véronique !

par Danièle Boone

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« Green is my religion », une image symbole qui résume notre voyage © Anne-Claire Poirier

Les étoiles ont été avec nous pendant tout le séjour. Le TGV en provenance de Paris était affiché à l’heure et il est arrivé sans retard. Fleur Daugey a vu son TER annulé mais elle a co-voituré. Et nous voilà tous réunis à la Maison de l’Aventure, chaleureusement accueillis par Gil Borel, le responsable. Les végétariens y ont été particulièrement chouchoutés. Merci encore à l’inventivité de Lucie Valentin, la cuisinière. Gil, également correspondant pour Drôme Hebdo, n’a pas manqué de faire un article sur notre venue  à lire ⇒ ici

Pour rejoindre la plate-forme bois de Vassieux-en-Vercors, notre première visite, nous avons traversé la fameuse plaine de Vassieux, haut lieu de la Résistance. Le 21 juillet 1944, les maquisards, trahis, ont été tirés comme des lapins. Dans la nécropole, 192 tombes surmontées d’une croix chrétienne ou d’un croissant musulman rappellent qu’ici, des hommes et des femmes ont refusé de se plier aux ordres des politiques (Pétain). Hier insoumis et hors la loi, aujourd’hui, résistants et héros. Petit préambule historique et symbolique, pour souligner, qu’ici, aujourd’hui, dans un endroit de France où la densité des habitants par km2 est l’une des plus basse, des hommes et des femmes ont choisi de s’installer pour vivre différemment, dire non à la société consumériste et défendre leurs valeurs. Plus encore, leur vie est la preuve qu’il existe d’autres possibles. Nous en avons rencontré quelques-uns et cela met du baume au cœur..

A l'écoute de Éric Rousset © Danièle Boone

Lecture de carte avec Éric Rousset © Danièle Boone

Après un pique-nique convivial, Éric Rousset nous a présenté la plate-forme de production de bois énergie de Vassieux-en-Vercors qui produit actuellement 550 000 tonnes de plaquettes et représente  80 à 85 % de l’approvisionnement dans un rayon de 30 km. Elle appartient à ONF Énergie, une filiale de l’ONF. Ce type d’activité permet de valoriser des bois qu’on ne valorisait pas auparavant. Dans le Vercors, les forêts sont réparties à 50/50 entre l’ONF et le privé.

Tout cela semble parfait, pourtant, il faut assurer les contrats passés notamment avec les collectivités locales. C’est un peu compliqué à résumer en deux lignes, mais l’angoisse du manque pointe et il se pourrait qu’il faille un jour s’approvisionner en matière première plus loin pour pouvoir répondre aux contrats engagés à moins qu’une solution soit trouvée à ce paradoxe.

Nous avons poursuivi au col du Rousset, une station gérée par le département où nous a parlé de la gestion des déchets et notamment de la pratique de l’épandage des déchets verts sur les pistes de ski expérimentée avec succès.

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Un potager vagabond

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À l’écoute de Séverine Tallon © Danièle Boone

Nous terminons cette demie journée déjà bien remplie par la visite du Potager vagabond de Séverine Tallon et Chistophe Coussat. Ils ont réalisé leur rêve de maraîchage bio à la montagne. Le plus difficile, sans doute, a été de trouver des terres. La première année, on leur a prêté une parcelle, l’année suivante une autre, et l’année suivante encore une autre, d’où le nom de « potager vagabond » même si depuis 3 ans, ils ont 4500 mètres carrés en bail agricole (9 ans) auxquels sont venus s’adjoindre cette année 6000 mètres carrés.

Séverine a fait une formation agricole en bio à Die puis plusieurs stages chez des agriculteurs bio. La difficulté en montagne, c’est surtout la saison relativement courte alors pour l’allonger, ils font des plans de légumes et de fleurs parfaitement adaptés à la région. C’est un franc succès. Ils écoulent toute leur production de plans et de légumes en vente directe sur les marchés, en paniers à la carte ainsi qu’à certains restaurants. De fait, ils n’arrivent pas à répondre à la demande car le potentiel est énorme. Il faut dire qu’à Saint-Martin-en-Vercors, le seul agriculteur traditionnel vient de se convertir au bio aussi la plupart des gens d’ici sont très attentifs à leur nourriture. Cela fait rêver, non ?

Séverine et Christophe, originaire de la région lyonnaise, sont tous les deux convaincus que la relocalisation de la production résoudrait beaucoup de problèmes. En tout cas, ils prouvent que le marché est là.


Réserve biologique intégrale

Le lendemain, grand beau. La météo avait annoncé une journée catastrophique, preuve que nous sommes bénis des dieux!

Située sur les communes de Saint-Andéol-en-Vercors (Isère) et de Saint-Agnan-en-Vercors (Drôme), cette Réserve biologique intégrale (RBI) de plus de 2160 hectares fait partie des trois plus grandes de France. Sans aucune intervention de l’homme (exploitation forestière, chasse, etc.), les RBI sont des espaces idéaux pour l’observation de la faune sauvage. Plusieurs inventaires et/ou suivis ont été effectués ou sont en cours de réalisation : avifaune, insectes, ongulés, chiroptères. Le département de la Drôme est particulièrement riche avec ces derniers puisqu’il recense 25 espèces de chauve-souris sur les 27 espèces répertoriées en France métropolitaine.

Chevêchette d’Europe © Danièle Boone

Chevêchette d’Europe © Danièle Boone

Jacques L’Huillier, technicien de terrain et responsable de la RBI, nous a guidés jusqu’à la Chevêchette d’Europe, notre plus petite chouette. Il est le responsable du suivi de l’espèce sur les départements de la Drôme et de l’Isère. De fait, l’activité de cette petite chouette est plutôt diurne contrairement aux autres chouettes et hiboux. Elle affectionne tout particulièrement les vieux boisements en altitude de conifères mêlés de feuillus. Jacques nous avait prévenus : « vous ne la verrez peut-être pas ou seulement quelques secondes ». L’oiseau était absent de son nid, mais il est arrivé une minute après nous, et il est resté jusqu’à notre départ, bien en vue, dans une jolie lumière. Nous avons eu tout le loisir de l’observer et même les moins naturalistes d’entre nous ont été émerveillés. De toute évidence, peu habituée à rencontrer l’homme, elle n’en a pas peur et se montre même curieuse. Peut-être n’en reverrons nous jamais dans notre vie. Ce fut là un cadeau précieux.

Pendant le pique-nique dans une jolie clairière, Véronique nous a fait une démonstration d’encres végétales tandis qu’un pipit des arbres nous faisait des démonstrations de chutes libres accompagnées de longs crescendos sonores.


Balade naturaliste

C'est vertigineux mais tellement beau © Diana Semanska

C’est vertigineux mais tellement beau © Diana Semaska

L’après-midi, sur le plateau de Font d’Urle nous croisons des marmottes, des chocards à bec jaune et même quelques individus de craves à bec rouges, oiseaux habituellement absents ici, signe incontestable du réchauffement climatique.

Les prairies sont toutes en fleurs, une aubaine pour les botanistes à profiter avant l’arrivée des troupeaux prévue pour le week-end suivant. La grande gentiane jaune déploie ses feuilles vigoureuses. Les trolles d’Europe écrivent une symphonie lumineuse où les narcisses leur servent de faire-valoir tandis que les gentianes bleues ponctuent l’ensemble comme des percussions pleines d’énergie. Véronique, experte en la matière, nous présente et nous fait goûter quelques plantes comestibles, notamment la grande Berce, absolument délicieuse, à ne pas confondre avec la Berce du Caucase.


Et le loup dans tout ça ?

Le loup ? Et bien nous l’avons rencontré au travers d’un bel étron ! Pour un naturaliste assurément, c’est déjà une rencontre, le signe certain de sa présence, une belle crotte de canidé, mais bien différente de celle d’un chien, avec plein de poils dedans et des petits morceaux d’os.

Jean-Marie Ouary © Myriam Goldminc

Jean-Marie Ouary © Myriam Goldminc

Jean-Marie Ouary, notre référent sur le sujet, est inépuisable. Il y a là, deux meutes bien installées, l’une de 7 loups, l’autre de 5. Entre les deux, un no man’s land parfaitement respecté. Dans la nuit précédente, les patous, ces chiens de protection des troupeaux ont beaucoup aboyé, signe qu’un prédateur rodait par là, sans doute le loup. C’est ainsi que Jean-Marie, en notre compagnie, a repéré cette crotte de loup!

Mille traces, l’association fondée par Véronique Thiery, se bat, avec Jean-Marie en première ligne, pour faire changer les regards. Oui, une meute de loups peut cohabiter avec un troupeau si toutes les mesures de protection sont respectées. Oui, mais… c’est tellement plus simple de lâcher les ovins et de les laisser vivre leur vie – voire leur mort quand une mise bas se passe mal et qu’aucun berger n’est là pour assister la brebis – et de faire porter sur le loup la responsabilité de tous les accidents. Rappelons que les chiens errants sont également responsables de nombreuses attaques sur les troupeaux.

Jean-Marie nous parle d’un éleveur qui cohabite avec les loups depuis 22 ans et nous montre ses bêtes qui pâturent sous la surveillance d’un patou mais cet éleveur ne veut pas témoigner eu égard à ses confrères ! L’omerta d’un côté, la mauvaise foi de l’autre, comment dépasser tout cela ?


Et maintenant, dansons

Soirée festive © Diana Semaska

Soirée festive © Diana Semaska

Une soirée festive nous attend après cette journée déjà très riche. Christophe Morini, maire de Saint-Agnan-en-Vercors, nous accueille avec plaisir. Après un dîner participatif absolument délicieux, place à la danse au rythme des Faucon Folk. Aucun d’entre nous ne renâcle et nous voilà tous en piste ! Envahis par une saine fatigue et éblouis par les splendides paysages, nous nous endormirons sans sourciller.


Transition énergétique

La matinée du lendemain, nous découvrons quelques unes des solutions choisies par certains élus locaux dans le domaine de la transition énergétique.

Julie Faivre, élue à Saint-Martin, et Gilles Chazot, adjoint au maire de Saint-Julien-en-Vercors en charge de l’éclairage public, nous expliquent pourquoi et comment leurs communes ont décidé de réduire leur éclairage nocturne. Les économies réalisées sont réinvesties pour l’amélioration de l’équipement.

Ensuite, nous rencontrons Jean-Éric de Rango et Alexandre Michel de « Vercors Soleil » qui nous expliquent comment est née la centrale villageoise citoyenne. Des habitants et des bâtiments publics de Saint-Martin-en-Vercors, Saint-Julien-en-Vercors et Vassieux-en-Vercors prêtent leurs toits pour installer des panneaux photovoltaïques. Le projet concerne environ 80 actionnaires, le but étant une certaine autonomie énergétique. En effet, même si l’électricité produite repasse dans le réseau, elle est majoritairement consommée sur place, ce qui évite les pertes.


Bouclette et compagnie

Dernier pique-nique © Danièle Boone

Dernier pique-nique © Danièle Boone

Notre ultime visite est pour Laure et Igor Marconnet (Bouclette et Cie), un couple d’éleveurs qui exploite une petite ferme à Saint-Martin-en-Vercors. Leurs 60 brebis laitières de race Lacaune leur permettent de vivre avec leurs trois enfants. Ils ont même accueilli Moubarak, un réfugié soudanais et nous ont demandé si par hasard nous pourrions intervenir pour qu’il puisse faire venir sa fille de 7 ans. Elle vit actuellement avec sa grand mère car sa mère a été assassinée. On connaît le sort des jeunes filles là-bas, du coup, la demande est parfaitement légitime.

D’une très grande exigence et d’un très grand bon sens, ils bichonnent leur troupeau avec amour et ont refusé le puçage électronique de leurs moutons. « On a payé l’amende mais on est libres », résume Igor. Laure nous montre le cahier où tout est noté, naissance, départ, etc. Alors question traçabilité – l’argument pour le puçage – ils sont imparables. Ils vivent principalement de la vente directe de leurs fromages qui sont absolument divins. En les quittant, on se dit que s’ils n’existaient pas, il faudrait les inventer. C’est sûr en tout cas, que tous ceux que nous avons croisé au court de ce séjour nous ont redonné plein d’énergie et la foi en tous les possibles.

Pour aller plus loin :
Mille traces
La Maison de l’aventure
Le site du PNR du Vercors
Centrale villageoise citoyenne


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Les Grands Voisins, un quartier vert et solidaire

Lieu d’innovation sociale et écologique, ce site unique a ouvert ses portes aux JNE. Compte-rendu de cette visite réalisée le 8 juin 2016.

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par Carine Mayo

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Carton plein

L’association Carton plein, aux Grands Voisins (Paris XIVe) © Carine Mayo

Une vraie ruche ! A l’entrée de ce site, caché par des murs, avenue Denfert-Rochereau, à Paris, c’est un va-et-vient permanent. Pas étonnant !

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L’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul accueille aujourd’hui 600 habitants, des personnes sans domicile, des travailleurs étrangers, mais aussi des artistes, des associations et des entreprises de l’économie sociale et solidaire, comme Carton plein, qui donne une seconde vie aux cartons usagés et emploie 10 personnes en insertion sur ce site.

 

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Atelier artiste

Atelier d’artiste sur le site des Grands Voisins (Paris XIVe) © Carine Mayo

Au total, plus de 1000 personnes fréquentent chaque jour ce site. Dans la Lingerie, reconvertie en café, les animateurs de ce projet innovant, qui a pris forme en une année, nous présentent le site. Sa gestion est confiée à l’association Aurore spécialisée dans l’hébergement et le soin des personnes en situation de précarité, aidée de l’association Plateau urbain qui s’occupe de l’aspect économique et contribue au choix des autres occupants (artistes, associations et entreprises) et du collectif Yes we camp, chargé de la cohésion entre les différents publics.

 

 

Lingerie

Le restaurant la Lingerie, aux Grands Voisins (Paris XIVe) © Carine Mayo

Ici, pas de fronde des habitants, comme dans le XVIe arrondissement de Paris. Sans doute parce que les Parisiens ont été associés dès le départ au projet.

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Aujourd’hui, ils peuvent venir boire un verre ou déjeuner à la Lingerie, acheter des vêtements à la Ressourcerie ou des plantes à Mama Petula…

 

 

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Mama Petula

Mama Petula, aux Grands Voisins (Paris XIVe) © Carine Mayo

C’est sur demande qu’est née lors d’un Conseil des voisins, l’idée de développer l’agriculture urbaine sur le site. Depuis le mois de janvier, plusieurs associations développent des projets sous la houlette d’Oscar Landais, chargé de l’aménagement des espaces extérieurs.

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Philippe Gibert, de l’association Abeille Francilienne, fait des animations pour le public autour des deux ruches qu’il a installées à l’entrée du site. Avec cinq ruchers dans Paris, cette association compte aider au développement des populations d’abeilles dans la capitale.

 

Léa Teillet (association Aurore) devant les kits de « la Boîte à Champignons » © Carine Mayo

Depuis 2015, la société Upcycle commercialise sur internet des kits pour faire pousser des champignons sous la dénomination La Boîte à Champignons.

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Avec deux résidents, employés 6 heures par semaine, Léa Teillet, de l’association Aurore, va récupérer du marc de café dans les bistrots du coin, pour l’ajouter au substrat qui leur est fourni en même temps que les kits.

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Le poulailler est apprécié par les résidents © Richard Bonnet

Amélie Anache et Loubliana Petroff font partie de l’association Pépins production, qui cherche à développer des pépinières de quartier. Le but ? Apprendre aux gens à faire des semis et fournir des plants issus de graines bio ou non traitées et de substrats issus de déchets urbains aux habitants de la ville. Ainsi, elle approvisionne NaturEspaces, une autre structure qui jardine avec dix personnes en insertion sur le site.

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Nina Gicquel, qui travaille pour cette entreprise d’insertion, explique que le but est de professionnaliser des jardiniers, ce qui n’est pas évident avec des personnes qui ont parfois des années de rue derrière elles. Prendre soin des plantes, c’est une façon de redonner de la dignité aux personnes qui ont connu l’exclusion sociale.

 

Miel de quartier Grands Voisins

Les ruches de l’association Miel de quartier © Carine Mayo

Jérôme Veil, de l’association Miel de quartier, cherche à promouvoir « une apiculture qui s’appuie sur l’agroécologie et la permaculture ».

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Il veut initier des personnes en difficulté à ce métier car « on manque d’apiculteurs pour installer des ruches en entreprise ».

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Lucas Manganelli, de l’association Ici Terre, a créé des buttes de permaculture et développé un projet pour apprendre à cultiver des jeunes pousses en appartement. Une source de verdure et de vitamines intéressante pour les citadins. La philosophie de ce praticien de la médecine chinoise ? « Vivre et agir joyeusement dans son environnement ».

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Le module aquaponique de l’association Zone-AH! © Carine Mayo

Bruno Vitasse, de l’association Zone-AH!, cherche à développer la valorisation des drêches de brasserie, c’est-à-dire le résidu organique du brassage du malt, qui peut être utilisé parmi de nombreuses applications comme substrat ou paillage pour le potager.

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L’association travaille également sur l’aquaponie, une technique qui consiste à faire pousser des légumes grâce à leur fertilisation par l’eau d’élevage de poissons, enrichie par leurs excréments. Dans la serre dédiée à l’aquaponie, avec l’association de biohackers La Paillasse, qui gère cette installation pour les besoins du projet OpenAquaponie, il va tester l’usage des drêches pour l’alimentation des poissons et en substrat pour la culture hors-sol

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Ici, on innove sans cesse et on teste des solutions qui pourraient inspirer un nouveau modèle urbain, plus écologique et solidaire. Mais toutes ces initiatives sont destinées à rester éphémères, car la convention avec l’Etablissement Foncier d’Ile-de-France, propriétaire des lieux, prend fin en juin 2017, date à laquelle commenceront les travaux de construction d’un écoquartier. Mais cela n’entame pas l’enthousiasme des porteurs de projets. « On voudrait montrer que ça fonctionne et que c’est reproductible ailleurs », explique Florie Gaillard, chargée de communication aux Grands Voisins pour l’association Aurore. Et quand on leur demande s’il n’y a pas de risques de conflits à la fermeture du site, tous assurent qu’il n’en sera rien. « La spécialité des structures comme Aurore, Plateau urbain et Yes we camp, c’est d’occuper temporairement des sites. »

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Les associations pensent toutefois que certaines activités pourront continuer pendant la construction de l’écoquartier qui durera jusqu’en 2022. Le temps de continuer d’innover et d’essaimer. En attendant, ceux qui veulent s’informer sur la vie du site peuvent venir y assister à une animation ou prendre un café. « Le bar est une vitrine de nos activités. On prend du temps pour discuter avec les gens et expliquer le projet », explique Elena Manente, chargée de communication aux Grands Voisins pour l’association Yes We Camp.

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Hamacs

Le site est ouvert aux touristes qui peuvent y dormir dans un hamac © Carine Mayo

Des moments qui ne sont pas réservés aux Parisiens.

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En effet, le site est également ouvert aux touristes qui peuvent y passer une nuit sous tente ou dormir dans un hamac dans une cabane en bois pour 8 euros.

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« Les touristes vont parler du projet ailleurs », souligne Elena. Un bon moyen de propager les pratiques et les idées développées aux Grands Voisins !

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Merci à Florie Gaillard de l’association Aurore, Jean-Baptiste Roussat de Plateau Urbain, Elena Manente et Oscar Landais de Yes we camp pour avoir organisé cette visite.

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Voyage JNE en Aquitaine : Hugo Verlomme nous explique le Gouf de Capbreton

En préambule de la journée capbretonaise du récent voyage JNE/AJE/AJEC 21 en Aquitaine, Hugo Verlomme nous a (presque) tout dit en quelques minutes sur le Gouf de Capbreton.

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Propos recueillis par Myriam Goldminc

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Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter l’intervention d’Hugo Verlomme, membre des JNE.

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Si vous n’arrivez pas à ouvrir le fichier audio ci-dessus, vous pouvez télécharger le logiciel gratuit VLC qui lit la plupart des vidéos et des sons. En cas de difficulté, vous pouvez enregistrer le fichier sur votre ordinateur en double-cliquant sur le lien, ouvrir le logiciel, puis ouvrir le fichier à l’aide de celui-ci.

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Tous nos remerciements au maire de Capbreton, Patrick Laclédère, et à son équipe pour leur accueil, ainsi qu’au Casino de Capbreton.

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Voyage JNE/AJE/AJEC 21 : les effets du réchauffement en Aquitaine

A l’occasion des Rencontres scientifiques sur le littoral sud-aquitain du 8 avril dernier, un événement incontournable à Capbreton, un voyage de presse AJE/JNE/AJEC 21 nous a permis de faire le point des impacts climatiques sur le littoral aquitain.

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par Dominique Martin Ferrari

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Affiche_Rencontres_mira_8_avril-fill-400x532Visite de Lacanau, Hossegor, Capbreton et rencontre à Bordeaux des chercheurs qui, entre recherche fondamentale et terrain, sondent les capacités d’adaptation, l’évolution des écosystèmes et les technologies du futur.

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A n’en pas douter, la région Aquitaine, désormais mariée à Charente Poitou, s’implique à relever le défi climatique.

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Vous pouvez lire la suite de ce dossier spécial Aquitaine dans la lettre Options Futurs n° 33, à télécharger en cliquant ici (lien direct vers le PDF du dossier).

 

 

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Les JNE visitent un jardin partagé au coeur d’une cité (Amiral Mouchez Paris XIIIe)

Lors de la soirée de sortie de leur annuaire 2016 le 16 mars dernier, les JNE ont visité un jardin partagé au coeur d’une cité (Amiral Mouchez Paris XIIIe).

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Voici une vidéo réalisée à cette occasion par notre adhérent Jérémi Michaux (Greenprod).

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Vous pouvez lire le compte-rendu de cet évènement JNE en cliquant ici.

Pour commander l’annuaire JNE 2016, c’est là.

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Nucléaire russe : Natalia Manzurova et Nadezhda Kutepova, deux témoignages exceptionnels


En cette période anniversaire, les victimes des accidents de Tchernobyl (30 ans) et de Fukushima (5 ans) témoignent à travers le monde. Le 13 avril, les JNE ont eu le privilège d’inviter Natalia Manzurova, liquidatrice à Tchernobyl, et Nadezhda Kutepova, fondatrice et présidente de l’association « Planète des espoirs » à la mairie du 2e arrondissement. Un moment intense.


par Danièle Boone


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De gauche à droite : Nadezhda Kutepova, Pascale d’Erm, Caroline Kim, Natalia Manzurova, Valeria Maubec © Carine Mayo

Pascale d’Erm (JNE) est à l’origine de cette rencontre qui privilégie le témoignage de femmes. Natalia Manzurova, radiobiologiste, a été liquidatrice à Tchernobyl, Nadezhda Kutepova, avocate et sociologue, a fondé l’association Planète des espoirs. Elle défend les victimes de Maïak, premier grave accident nucléaire qui a eu lieu en 1957 dans l’Oural. Caroline Kim (JNE) et Valeria Maubec ont assuré avec brio la lourde tâche de traduction.

Dans un premier temps, la parole est donnée à Natalia Manzurova. Cette radiobiologiste se raconte d’une voix douce. « J’ai participé à la création du centre de recherche de Maïak après l’accident de 1957. » Si ce nom est moins connu que Tchernobyl, il est pourtant associé à un désastre d’une gravité comparable, mais il aura fallu attendre 1976 pour que l’accident soit dévoilé. Une immense explosion de déchets nucléaires affecta une zone de 800 km2 et près de 300 000 personnes.


« J’ai été chercheuse pendant dix ans. Nous travaillions sur les effets des radiations sur l’environnement et nous avions pour mission de mettre au point des techniques de survie pour les hommes en cas d’accident nucléaire. » Ces recherches étaient totalement secrètes. Après la catastrophe de Tchernobyl, les équipes de chercheurs de Maïak ont tout naturellement été réquisitionnées. Dans un premier temps, par précaution, les femmes en âge de procréer n’y sont pas allées, mais, très vite, devant l’ampleur de la catastrophe et l’urgence d’agir, elles ont rejoint leurs collègues. C’est ainsi que Natalia est arrivée à Tchernobyl en mai 1986. Elle avait 34 ans.

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Natalia Manzurova entourée de ses traductrices, Caroline Kim et Valeria Maubec © Carine Mayo

Ingénieur en chef d’une équipe chargée de l’enterrement des déchets radioactifs, Natalia Manzurova est restée sur place pendant quatre ans et demi. Elle faisait partie des rares femmes liquidatrices. Elles étaient en effet environ une pour mille hommes. La plupart étaient cuisinières, femmes de ménage, comptables, nettoyeuses du sol, travailleuses médicales et bien sûr, des scientifiques comme Natalia. Elles travaillaient en alternance, 15 jours d’activité puis 15 jours de repos. Le salaire était versé à la fin de la période de travail. Au quotidien, elles étaient toutes logées à la même enseigne : elles n’avaient pas le droit de se déplacer seules et, comme pour les hommes, elles devaient toujours garder leur argent sur elles. Malgré tout, il y a eu de nombreuses agressions, des vols, des viols et même des meurtres. Les victimes étaient enterrées en toute impunité.

En 1957, lors du premier accident nucléaire à Malak, personne n’avait demandé aux femmes si elles étaient enceintes ou non. 2000 femmes ont participés au nettoyage du site. Elles ont mis au monde des enfants qui ont développés des maladies (leucémie, etc..). Ces enfants ont reçu par la suite le statut de « liquidateur in utero ». A Tchernobyl, il a été demandé à toutes les femmes enceintes au moment de la catastrophe d’avorter. Cela a été fait dans l’urgence dans un hôpital de la ville proche de Pripyat juste avant l’évacuation des mères. Les fœtus et les enfants morts-nés restés sur place ont été retrouvés momifiés par les radiations.

« Ma relation à la vie a changé, explique Natalia. Lorsque tu vois beaucoup de malheur autour de toi, tu te désintéresses des choses matérielles, de l’argent. Ce qui devient important, c’est la santé et la relation avec les autres. » De fait, les liquidateurs entièrement pris en charge par l’État, nourris, logés, habillés vivaient hors du monde. Lorsque Natalia quitte Tchernobyl à la fin de l’année 1990, c’est un choc. L’URSS s’est écroulée. Elle n’est plus soviétique mais russe et il lui faut réapprendre la vie « normale » c’est-à-dire faire les courses, mettre des jupes, se coiffer, s’occuper de sa fille, en d’autres termes, ne plus être seulement un soldat. Il lui faut aussi affronter les conséquences sur sa santé. Natalia a eu une attaque cardiaque et s’est retrouvée en état de mort clinique. Elle a subi une ablation de la thyroïde. Et, surtout, elle est diagnostiquée porteuse d’aberrations chromosomiques à 20% , cela veut dire que si elle avait eu un autre enfant, il aurait eu 20 % de risques de naître avec des malformations. La voilà, à 42 ans, invalide de catégorie 2. Elle ne peut plus travailler. La pension (invalidité et retraite) de 300 €  lui permet tout juste de vivre et elle souffre de maladie chronique qui rend son quotidien difficile et douloureux.

Malgré tout, elle continue à témoigner sans cesse pour sensibiliser aux risques nucléaires. Elle a connu Maïak, Tchernobyl, Fukushima. «J’ai l’impression qu’aucune conclusion n’a été tirée de ces catastrophes. Il va forcément y en avoir une autre. »

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Pascale d’Erm et Nadezhda Kutepova © Carine Mayo

Puis c’est au tour de Nadezhda Kutepova de prendre la parole. La jeune femme commence par remercier la France qui vient tout juste de lui octroyer le statut de réfugiée politique. Accusée d’espionnage industriel, elle risquait douze ans de prison. Aussi, en juillet 2015, a-t-elle décidé de quitter son pays avec ses trois enfants. Son histoire est elle aussi hors du commun. Sa grand-mère, ingénieure chimiste, est arrivée à Maïak en 1948. Elle a fait partie de l’équipe qui a élaboré le plutonium nécessaire à la bombe A soviétique. Elle est morte d’un cancer du système lymphatique à 56 ans. Son père, mobilisé en 1957 en tant que liquidateur à 19 ans, est mort des suites d’un cancer aux intestins à 47 ans. Sa mère, médecin neurologue, a soigné pendant quarante ans, les habitants de Maïak. Elle n’a obtenu aucune reconnaissance de l’Etat après la mort prématurée de son mari et a sombré dans la démence avant de mourir.

« J’étais une enfant normale de la ville de Maïak. Je ne remettais pas en question le bien fondé de l’énergie nucléaire. Mais, pendant mes études universitaires, j’ai été invitée à assister à une conférence sur l’environnement et j’ai ainsi découvert par hasard que toute la zone d’Ozersk (la ville où est située l’usine de Maïak) est contaminée, alors que la population locale l’ignorait complètement. Officiellement, la région n’était pas polluée. Les habitants mangeaient les champignons et pêchaient dans la rivière sans se poser de questions… Cette conférence a été une révélation. » A vingt-sept ans, elle fait enfin le lien entre les activités de la ville et les tragédies qui ont frappé sa famille et décide de créer une ONG. Planeta Nadejd (Planète Espoir) sera fondée l’année suivante, en 2000. « J’avais étudié le droit, la sociologie et les sciences  politiques à l’université je voulais que les habitants qui résidaient encore dans la région contaminée aient les moyens de partir et que les victimes non reconnues puissent se défendre. »

Car il n’y a pas eu que l’accident de 1957. Pendant les premières années de fonctionnement de l’usine, entre 1949 et 1952, tous les déchets, hautement radioactifs, ont été déversés dans la rivière Tetcha. Des cas de leucémies et des décès prématurés se sont multipliés dans les villages le long de la rivière. L’usine a alors aménagé des réservoirs de métal pour stocker les déchets, et pendant la décennie qui a suivi, 34 des 39 villages qui se trouvaient le long de la rivière ont été évacués. Parallèlement, des déchets radioactifs ont été déchargés dans le lac Karatchaï. En 1962, les autorités ont annoncé mettre fin à ces pratiques, mais Maïak reste aujourd’hui le plus gros centre de stockage de déchets radioactifs au monde. Et l’usine d’armement initiale transformée en usine de retraitement devrait être améliorée pour en recevoir encore davantage.

Nadezhda nous a expliqué comment fonctionnait une ville fermée. Ce statut était assez fréquent en Union soviétique pour les complexes militaro-industriels. Ils n’apparaissaient pas sur les cartes et ne pouvaient être identifiés, portaient donc le nom de la grande ville voisine, suivie d’un code postal. Ainsi, à l’époque soviétique, Ozersk s’appelait Tcheliabinsk-65. Une dizaine de ces villes étaient dédiées à l’armement atomique. Jusqu’en 1955, les personnes qui travaillaient dans les villes fermées, étaient interdites d’en sortir et n’avaient aucun contact avec l’extérieur. Le système est resté très dur jusqu’à 1993. Les gens pouvaient certes sortir, mais s’engageaient au silence : tout ce qui concernait le nucléaire était secret d’Etat. Pourtant les habitants des villes fermées ne protestaient pas. Derrière ces inconvénients, il y avait plus de confort et d’avantages qu’ailleurs. Mais plus inquiétant sans doute, l’omerta semble être de retour. Depuis 2011, plus aucune donnée scientifique n’est disponible sur la région. On comprend pourquoi le combat de Nadezhda n’est pas du goût des autorités.

Nadezhda a notamment représenté nombre de victimes auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. L’action de son ONG lui a valu une reconnaissance internationale comme en témoignera ensuite Anne Barre du WECF (Women in Europe for a Common Future) auquel Planète Espoir est affiliée. Les autorités russes n’ont évidemment pas apprécié sa pugnacité. En mai 2015,  Nadezhda a été condamnée à une forte amende pour avoir refusé de se déclarer comme “agent de l’étranger” en tant qu’association recevant des soutiens financiers de l’étranger; elle a fait l’objet de dénonciations et d’une campagne hostile sur les médias régionaux, allant jusqu’à montrer là où elle habite et diffuser son adresse personnelle.

De nombreuses questions ont été posées aux intervenantes. L’une d’elle concernait la santé de Nadezhda qui est bonne. Mais sa demi-sœur née de premier mariage de son père a eu énormément de problèmes et est décédée très jeune. Après avoir entendu ces témoignages, c’est dans une sorte de sidération que nous nous avons quitté la salle. Nous savions bien sûr, mais être face à cette réalité dans ce qu’elle a de plus concret, c’est, incontestablement, la percevoir au plus profond de nous-même. Alors une question et beaucoup de révolte jaillissent face à l’entêtement de nos politiques dans cette voie sans issue, que faire pour les convaincre d’arrêter avant qu’il ne soit trop tard ?

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Tous nos remerciements à la mairie du 2e arrondissement pour son accueil.

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A Capbreton, des actions originales contre l’érosion des plages et des dunes

Voici une interview audio de Jean-Marie Marco, adjoint à l’environnement du maire de Capbreton (Landes) réalisée le 8 avril 2016 dans le cadre du voyage AJEC21/JNE/AJE en Aquitaine.

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par Myriam Goldminc

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Chaque année, avant l’arrivée des vacanciers, Capbreton reconstruit sa plage grâce à un « by pass». Ce système de transfert hydraulique charrie du sable prélevé sur la plage voisine d’Hossegor à travers l’embouchure du chenal du Boucarot  – photo @ Laurent Samuel

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Cliquez ici pour écouter l’interview de Jean-Marie Marco.

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Si vous n’arrivez pas à ouvrir le fichier audio ci-dessus, vous pouvez télécharger le logiciel gratuit VLC qui lit la plupart des vidéos et des sons.

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Tous nos remerciements au maire de Capbreton, Patrick Laclédère, et à son équipe pour leur accueil.

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