RENDEZ-VOUS JNE

L’arbre champêtre, un allié indispensable contre le changement climatique

Voici le compte-rendu du petit-déjeuner JNE du 23 octobre 2018 à la Fondation pour le progrès de l’homme.

par Carine Mayo

Intervenants
Frédéric Coulon : Paysagiste et agronome (Solagro, Afac-agroforesteries)
Sylvie Monier : Directrice de la mission haies Auvergne, cofondatrice de l’Afac-agroforesteries
Christophe Pinard : chargé de mission Bureau changement climatique et biodiversité au ministère de l’agriculture et de l’alimentation, coordinateur du plan de développement de l’agroforesterie
Claude Fromageot : directeur de la Fondation Yves Rocher, partenaire de l’Afac-agroforesteries dans le cadre du programme Plantons pour la planète.
Débat animé par Jean-Philippe Beau-Douëzy, membre des JNE

D’après Frédéric Coulon, agronome et représentant de l’association Solagro, il reste aujourd’hui en France 850 000 kilomètres de haies. En moins d’un demi-siècle, deux millions de kilomètres de haies ont été arrachés et 7000 à 8000 kilomètres de haies disparaissent encore chaque année. Or il faudrait inverser la tendance et planter 750000 km de haies d’ici 2050 selon le scénario de transition agricole et énergétique Afterres 2050 conçu par Solagro.

En effet, l’arbre rend de nombreux services. L’un des moins connus est l’intérêt de son feuillage comme fourrage pour les troupeaux. Les feuilles apportent certains éléments qui dynamisent la digestion et favorisent l’approvisionnement en minéraux des animaux. Il est aussi utile de planter des arbres pour favoriser un effet brise-vent et limiter l’érosion des sols. De plus, les arbres stockent de l’eau sous les parcelles. Intéressant, quand on sait qu’aujourd’hui il y a un déficit de précipitations de 40 mm d’eau chaque année dans le sud-ouest et que les modèles climatiques prévoient un doublement de ce déficit en 2040. Globalement, un mètre de linéaire de haie permet de stocker entre 3 et 5 m3 d’eau. Un kilomètre de haie à maturité permet également de stocker 130 tonnes de CO2. Si l’on plantait 750000 kilomètres de haies d’ici 2050 et si l’on développait 100000 hectares d’agroforesterie, on pourrait compenser environ 10 % des émissions de CO2 de l’agriculture en 2050.

Un plan pour l’agroforesterie

« En 2012, Stéphane Le Foll a lancé le projet Agroécologie pour la France accompagné de plusieurs plans dont celui sur le développement de l’agroforesterie le 17 décembre 2015 », explique Christophe Pinard, chargé de mission biodiversité et agroforesterie au sein du ministère de l’Agriculture. Ce plan comporte cinq axes : recherche, questions juridiques et financières (la PAC intègre une mesure en faveur de l’agroforesterie), formation, valorisation économique, international. Un dispositif de suivi de l’évolution du bocage a été mis en place et une deuxième version de ce plan devrait voir le jour pour 2020 avec une déclinaison régionale. D’ores et déjà, trois régions se montrent très dynamiques : la Normandie, la Corse et l’île de la Réunion (plantations de café et de cacao en agroforesterie). Toutefois, on continue à arracher plus de haies qu’on en plante. Ce peut être lié à des chaudières surdimensionnées dans certaines régions, mais aussi à des résistances des agriculteurs. « Beaucoup d’agriculteurs considèrent qu’une haie représente une gêne pour tourner avec les machines, et coûte cher à entretenir », explique Sylvie Monier, chargée de la mission Haies Auvergne Rhône-Alpes.

Changer de regard

Il faut inverser cette vision négative et montrer que le bocage peut être un soutien à la production agricole et que la biomasse produite peut avoir une valeur économique. On passe d’une vision de l’arbre « décor » à une vision de l’arbre utile, source de revenu, souligne Sylvie Monier. Dans le contexte du changement climatique, il est intéressant de savoir qu’une température au-delà de 30° C entraîne l’échaudage du blé qui arrête de remplir son grain. Quand ça arrive au printemps, cela conduit à une perte de rendement importante. L’ombre, la transpiration des arbres, permettent d’atténuer la chaleur et de gagner quelques jours de rendement en plus. L’arbre agit comme un tampon climatique : il permet d’atténuer les excès de chaud, de froid, d’eau. Un service également bénéfique pour les éleveurs. Dès qu’il fait très chaud, les animaux souffrent. Il y a beaucoup de mortalité, l’été, dans les bâtiments. Sous un arbre, il y a 10 degrés de moins.

Planter avec les agriculteurs

Cet hiver, la mission Haies Auvergne va planter 25 kilomètres de haies avec 200 agriculteurs et deux techniciens. Il y a de grandes disparités dans le financement et l’aide de la Fondation Yves Rocher permet d’homogénéiser le financement des agriculteurs sur tout le territoire. « On va atteindre avec la Fondation la plantation de 3 millions d’arbres depuis 2010, soit 3000 km de haies (un arbre tous les mètres) », note Sylvie Monier. L’Afac-Agroforesteries a développé la marque Végétal local, qui permet d’utiliser une grande diversité de graines adaptées à chaque région avec une trentaine de structures dont une dizaine de pépinières spécialisées en plants d’arbres et d’arbustes. Pour l’agriculteur, la haie est une source de biomasse dont le principal intérêt est que l’on peut la récolter quand on veut, à la différence des céréales qui se récoltent chaque année au même moment. Si demain, on gère la haie beaucoup mieux, en recréant des arbres têtards (trognes), récoltés régulièrement, on va produire entre 4 et 10 fois plus de biomasse. La haie peut aussi fournir des plaquettes de bois qui peuvent avantageusement remplacer la paille pour la litière des animaux. Intéressant, d’autant que la paille a doublé de prix cette année avec la sécheresse. L’AFAC accompagne aussi les communes pour qu’elles installent de petites chaudières et travaille avec le ministère sur un label de bois issu de bocage géré durablement.

L’aide de la fondation Yves Rocher

« Le village de La Gacilly, d’où était originaire Yves Rocher, n’a pas fait le remembrement, ce qui explique sans doute son attachement à l’arbre », indique Claude Fromageot, directeur de la fondation Yves Rocher. Cet attachement se traduit par une action de mécénat qui a conduit cette fondation à soutenir l’AFAC-agroforesteries depuis dix ans. En France, 400 kilomètres de haies ont été plantés par an. La fondation intervient aussi à l’international et a favorisé des échanges, par exemple entre des planteurs mexicains et français. Aujourd’hui, 82 millions d’arbres ont été plantés et l’objectif est d’atteindre la plantation de 100 millions d’arbres. « Planter des arbres nous remet en connexion avec la nature. La haie est un tiers-lieu végétal. Elle permet de recréer de la vie sociale et la notion de bien commun pour refaire corps social » souligne Claude Fromageot.

Quelles aides de la PAC ?

Depuis 2015, il y a des mesures de conditionnalité pour obtenir des aides pour le maintien et la création de haies, notamment la mesure BCAE7. Ces mesures ont une application régionale. Par exemple, dans les Pays de Loire, elles ne s’appliquent pas aux prairies ! « Aujourd’hui, un agriculteur qui a une haie dont l’emprise peut atteindre 10 mètres au sol touche une prime sur l’intégralité de sa surface agricole y compris la haie et peut avoir jusqu’à cent tiges d’arbres par hectare. Il n’y a donc pratiquement pas de limite à la plantation d’arbres pour obtenir la prime PAC », explique Sylvie Monier. Un arbre isolé compte aussi comme surface écologique et peut aider l’agriculteur à atteindre les 5 % de surfaces écologiques qui vont lui permettre d’obtenir les paiements verts de la PAC qui peut représenter une somme importante par rapport aux revenus très bas de certains. Mais on revient de loin : avant, l’arbre était exclu de la zone primée, l’arrachage était autorisé et les haies devaient faire moins de deux mètres de large. Aujourd’hui, la situation a changé. Ainsi, l’AFAC agroforesteries reçoit de plus en plus de demandes d’aides pour la plantation d’arbres et l’on est passé de 400 000 arbres plantés par an à 600000 arbres. Un observatoire national de suivi de ces plantations est en place sur le choix des essences, les motivations des agriculteurs, le type d’implantation…

Les arbres de bord de route sont menacés

« Quand il s’agit de sécurité, de fibre ou de réseaux à faire passer le long des routes, l’arbre n’est jamais respecté », relève Sylvie Monier. Mais la prise de conscience arrive au sein des conseils départementaux. Dans le département de l’Allier, on ne taille plus les haies au carré mais de manière latérale et en hauteur, ce qui les laisse pousser. Les haies sont entretenues et le conseil départemental cherche à valoriser le bois récolté pour chauffer les collèges. En Haute-Garonne, le bois déchiqueté est utilisé comme paillage lors de plantations de nouvelles haies. Du coup, on réfléchit à la façon de gérer les arbres et ils sont davantage respectés. En outre, la loi du 8 août 2016, pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages comporte des mesures nouvelles de protection des alignements d’arbres de bord de route.

Coopération internationale

Les échanges avec des planteurs mexicains ont permis de conforter l’idée que les graines de plantes végétales locales poussent mieux. En zone tropicale, le développement de l’agroforesterie consiste souvent à retrouver des pratiques anciennes abandonnées « comme au Togo où l’on trouve des systèmes à plusieurs étages comme dans les forêts comestibles décrites par Robert Hart en Angleterre », note Jean-Philippe Beau-Douëzy. Si l’on ne pratique pas l’agroforesterie en Afrique, on verra les sols disparaître. La question se pose aussi pour les sols européens. « Pour le moment, ils contiennent 1,5 % de matière organique, mais au-dessous de 1 %, c’est la désertification », explique Frédéric Coulon, de Solagro.

L’Europe soumise au risque de désertification

Ainsi, des études montrent que la moitié des sols agricoles européens est soumise au risque de désertification. Avec le changement climatique, la vitesse à laquelle le carbone est consommé par les bactéries et les champignons va augmenter. Si l’on n’enclenche pas un processus fort de plantation d’arbres pour remettre du carbone dans le sol, on ne s’en sortira pas. Les lycées agricoles commencent à s’intéresser à l’agroforesterie. Ainsi, le lycée agricole de Montluçon a mis en place une expérimentation de litière sur plaquettes de bois pour des vaches. Sur 189 établissements agricoles publics en France, 80 ont un enseignement d’agroforesterie. Pour que ça marche, il faut arriver à faire passer l’idée que l’écologie n’est pas une perte d’argent. L’effet de brise-vent d’une haie peut amener une amélioration du rendement de 30 % sur l’espace protégé par la haie une année sèche. Avec 200 euros, on peut créer un parcours arboré pour des volailles. Mais au-delà, à travers la plantation d’arbres, c’est un nouveau rôle qui échoit aux paysans, plus en lien avec les attentes de la société.

L’introduction du colloque des JNE sur la condition animale

Voici le compte-rendu de l’introduction du colloque des JNE sur la condition animale, qui a eu lieu le 7 septembre 2018.

Accueil de Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris

Jacques Boutault ©Antoine Bonfils



Mettre en œuvre l’écologie implique une vraie volonté politique d’agir. Or nous sommes face à une situation où les pouvoirs publics continuent à donner des passe-droits aux chasseurs, à autoriser le massacre des oiseaux par exemple, incapables de faire le lien entre leurs discours, les constats scientifiques et l’action qu’il faudrait mener de toute urgence.

A notre niveau dans le 2e arrondissement, les élèves peuvent s’alimenter de façon non carnée dans les cantines. Au-delà de l’acte concret, cela permet de contribuer à l’éducation de la jeunesse pour que ceux-ci, une fois adultes, comprennent qu’on peut changer leurs habitudes et que la priorité est de sauver cette nature qui est en train de mourir sous nos yeux, cette nature dont nous sommes issus.

Georges Chapouthier, neurobiologiste, philosophe, membre des JNE

Georges Chapouthier © Maurice Chatelain

La sensibilité animale prend un tour décisif au XVIIe siècle avec Descartes. Qui dit en substance : le corps humain et le corps animal sont des objets, mais l’homme échappe à ce statut d’objet parce qu’il a une âme qui provient de Dieu. La conséquence positive de ce dualisme cartésien, c’est le développement de la science : puisque le corps est un objet matériel, on peut le disséquer, l’analyser…. La négative, c’est d’avoir traité les animaux comme des machines, et souvent de façon abominable.

Curieusement, à force d’étudier le corps des animaux, on a pu constater qu’ils fonctionnaient comme nous. Qu’ils mangeaient, respiraient comme nous, avaient de l’affection, de la sensibilité comme nous. Avec le développement de la théorie de l’évolution, on s’est aperçu que non seulement l’homme est proche de l’animal par ses mécanismes biologiques et génétiques, mais qu’il est issu de l’animalité.

Hors quelques-uns – les éponges, les vers solitaires – l’écrasante majorité des animaux, des huîtres à l’orang-outan en passant par l’abeille, a une sensibilité qu’on appelle nociception, soit la capacité d’avoir des récepteurs dans le corps qui alertent l’organisme si quelque chose de dangereux se manifeste – trop grande chaleur, froid, etc.

Chez les animaux plus céphalisés, au système nerveux plus complexe, la nociception existe toujours, mais, lorsqu’elle comprend une part d’émotion, on parlera de douleur, lorsqu’elle s’accompagne d’une part de cognition ou conscience, on parlera de souffrance.

Un mot assez commode permet de séparer les animaux qui n’ont qu’une nociception brute, réflexe, comme les moules par exemple, de ceux qui ont une nociception plus compliquée, plus cognitive, comme le chimpanzé : la sentience (nociception + conscience).

Quid des invertébrés ? Prenons les céphalopodes, comme la pieuvre et la seiche. Sur le plan anatomique, ce sont des escargots transformés, mais, sur le plan intellectuel, ils font des choses extraordinaires, très proches de ce que font certains mammifères ou oiseaux. On a des raisons de penser qu’ils ont une forme de conscience, de leur environnement au moins, et que des régions de leur cerveau correspondent au cortex cérébral. On suppose que quand ils changent de couleur par exemple, ils manifestent des émotions. Tout cela est à l’étude.

Si, effectivement, les animaux ne sont plus des machines, s’ils ressentent douleur, souffrance, ne faut-il pas les traiter mieux que nous les traitons ? Longtemps la morale traditionnelle ne s’est intéressée qu’aux hommes. Peu à peu des penseurs ont défendu l’idée qu’il y avait une morale à avoir aussi vis-à-vis des animaux. Aujourd’hui, on se demande : peut-on faire n’importe quoi avec l’environnement ? Du coup, beaucoup demandent qu’il y ait une morale plus unitaire, qui respecterait à la fois les hommes, les animaux, l’environnement. Cela ne veut pas dire qu’il faut traiter les trois sur le même pied. L’une des meilleures façons de le faire, c’est la Déclaration universelle des droits de l’animal de 1989 qui considère qu’il faut respecter les animaux, leur donner des droits, mais dit aussi qu’ils ne sont pas tous équivalents, qu’ils ont des besoins qui diffèrent, que le besoin de la moule n’est pas celui du chimpanzé, qu’il faut aussi tenir compte des équilibres naturels, que l’homme n’a pas a priori à intervenir quand il y a un conflit entre un tigre et un daim… Cette Déclaration, enfin, se distingue clairement de la Déclaration des droits de l’homme. C’est important : s’il faut donner des droits aux animaux parce qu’ils sont sensibles, il ne faut pas confondre droits de l’animal et droits de l’homme.

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Toutes les vidéos du colloque sur la condition animale en ligne sur le site des JNE

L’intégralité des captations vidéo des tables-rondes du colloque JNE  sur l’amélioration de la condition animale est désormais disponible en ligne sur ce site, ainsi que sur la toute nouvelle chaîne YouTube des JNE.

Colloque des JNE sur la condition animale : la table-ronde sur le sort des animaux d’élevage. De g. à d., S. Dinard, L. Charbonneaux, H. Kempf, C. Pelluchon et B. Gothière © Antoine Bonfils

Le message de bienvenue de Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris, et l’introduction du biologiste Georges Chapouthier : c’est ici.

La table-ronde « comment intéresser le public au sort de la faune sauvage » : c’est là.

La table-ronde « comment améliorer le sort des animaux d’élevage ? » : c’est ici.

La table-ronde « quels droits donner aux animaux ? »: c’est là.

Quant à la chaîne YouTube des JNE, vous la trouverez ici.

Merci à Michel Cros et à Pierre-Yves Touzot pour la captation et la mise en forme de ces enregistrements vidéo.

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Sabine Brels, docteure en droit, cofondatrice du GAL Project : une majorité de Français demande une meilleure protection des animaux

Sabine Brels, docteure en droit, cofondatrice du GAL Project, dresse un bilan du colloque des JNE sur la condition animale, dont elle était l’une des intervenantes. Pour elle, un consensus s’est dégagé parmi les participants et dans l’opinion publique en faveur d’une protection accrue des animaux.

Propos recueillis par Michel Cros

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Présentation d’une proposition de convention universelle sur la santé et la protection des animaux destinée à l’ONU, par Sabine Brels, docteure en droit

Sabine Brels, docteure en droit, qui était l’une des intervenantes du colloque des JNE du 7 septembre 2018 sur la condition animale, nous explique dans cette vidéo le projet de convention-cadre universelle sur le droit des animaux.

Propos recueillis par Michel Cros

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En vidéo, une table-ronde du colloque des JNE sur la condition animale : quels droits donner aux animaux ?

Voici la captation vidéo intégrale de la troisième et dernière table-ronde du colloque des JNE du 7 septembre 2018 sur la condition animale, consacrée au thème : quels droits donner aux animaux ?

 

Animé par Carine Mayo, vice-présidente des JNE, ce débat a réuni :
– Sabine Brels, docteure en droit, cofondatrice de Global Animal Law (GAL),
– Antoine F. Goetschel, avocat, auteur, avocat pour les animaux en procédures pénales du Canton de Zurich (2007-2010), président de Global Animal Law (GAL),
– Hélène Thouy, avocate, cofondatrice du Parti animaliste,
– Pascal Durand, eurodéputé (Les Verts-Alliance Libre Européenne), vice-président de l’intergroupe sur le bien-être animal au Parlement européen.

Vous trouverez ici un compte-rendu écrit de cette table-ronde.

Merci à Michel Cros et à Pierre-Yves Touzot pour la captation et la mise en forme de cet enregistrement.

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En vidéo, une table-ronde du colloque des JNE sur la condition animale : comment améliorer le sort des animaux d’élevage ?

Voici la vidéo de l’intégralité de la deuxième table-ronde du colloque des JNE sur la condition animale  du 7 septembre 2018, dont le thème était : comment améliorer le sort des animaux d’élevage.

 

Merci à Michel Cros et à Pierre-Yves Touzot pour la captation et la mise en forme de cet enregistrement.

Vous trouverez ici un compte-rendu de cette table-ronde.

Animé par Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre et membre des JNE, ce débat a réuni :
● Léopoldine Charbonneaux, directrice du CIWF (Compassion in World Farming)
● Stéphane Dinard, éleveur, président de l’association Quand l’abattoir vient à la ferme
● Brigitte Gothière, co-fondatrice, porte-parole et directrice de l’association L214
● Corine Pelluchon, philosophe

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En vidéo, une table-ronde du colloque des JNE sur la condition animale : comment intéresser le public au sort de la faune sauvage ?

Voici l’enregistrement vidéo intégral de la première table-ronde du colloque des JNE du 7 septembre 2018 sur la condition animale, dont le thème était : comment intéresser le public au sort de la faune sauvage.

 

Merci à Michel Cros et à Pierre-Yves Touzot pour la captation et la mise en forme de cet enregistrement.

Vous trouverez ici un compte-rendu de cette table-ronde.

Les intervenants
Allain Bougrain Dubourg, journaliste, producteur, président de la LPO, membre des JNE
Julie Lasne, éthologue de terrain, spécialisée dans les animaux sauvages et consultante en communication
Manuel Mersch, vétérinaire, président de Véthique, Association Vétérinaire Pour le Respect et la Dignité de l’Animal
Yves Paccalet, journaliste, écrivain, réalisateur, membre des JNE

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En vidéo, l’introduction du colloque des JNE sur la condition animale

Voici la vidéo intégrale de l’introduction du colloque des JNE sur la condition animale, qui s’est tenu le 7 septembre 2018 à la salle Jean Dame, dans le IIe arrondissement de Paris.

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Après un message de bienvenue de Jacques Boutault, maire du IIe arrondissement, le biologiste Georges Chapouthier, membre des JNE, nous expose les enjeux scientifiques de la question.

Merci à Michel Cros et à Pierre-Yves Touzot pour la captation et la mise en forme de cet enregistrement.

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Aymeric Caron : « supprimons tous les élevages ! »

Nous connaissions déjà le livre d’Aymeric Caron, Antispéciste (éditions Don Quichotte). Nous avons écouté son discours lors d’une conférence-débat devant les membres du mouvement Utopia fin septembre 2018.  Pour prolonger les réflexions engagées lors du colloque des JNE du 7 septembre sur la condition animale, en voici le contenu.

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Propos recueillis par Michel Sourrouille

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Aymeric Caron, invité du mouvement Utopia

«  L’écologie se diffuse partout, même pour Macron ! L’écologie porte en effet moralement quelque chose de juste, mais qui n’a pas encore de réels résultats en politique. Il faut en effet distinguer l’écologie molle (superficielle selon Arne Naess) et l’écologie essentielle, profonde. La première est ethnocentrée, estime que les animaux sont à notre service. Nous chiffrons tous les aspects du vivant, parlons de quotas de CO2 et l’introduction de deux ours… Tout cela exprime notre préférence pour la valeur utilitaire. Pour moi au contraire toute forme de vie a une valeur intrinsèque, nous ne sommes pas le centre de tout. Actuellement toutes les décisions dépendent de l’économie, de la circulation monétaire. La bio-démocratie serait un autre rapport au vivant, une optique éthique. La bio-démocratie se pose la question des conséquences de notre action. La notion de solidarité, nos possibilités d’empathie, rendre heureux les autres, c’est cela qui rend vraiment heureux. L’utilité de notre existence, c’est de minimiser la souffrance autour de nous. La question animale se positionne dans la même lignée. Nous devons passer du statut de tueur à celle de tuteur, sinon on s’autodétruit.

Un ministre de l’environnement ne sert à rien car l’écologie est transversale, devrait imbiber l’état d’esprit de tous les ministères. Un citoyen non informé est inefficace, or le système actuel empêche de penser. A mon avis, il faudrait instituer un permis de voter, vérifier la maîtrise du sujet sur lequel on est appelé à se prononcer. Le CESE (Comité économique, social et environnemental) devrait être remplacé par un Comité du Vivant, une assemblé naturelle constituée d’experts. Cette nouvelle chambre du Parlement représenterait les enjeux environnementaux étendus aux intérêts des animaux non humains.

Le spécisme est une discrimination liée à l’espèce. Nos distinctions actuelles posent problème. Par exemple un lapin peut être un animal de compagnie et protégé en conséquence, ou un animal sauvage sans aucun protection, un lapin d’élevage destiné à être mangé ou un animal de laboratoire subissant des expérimentations. On s’autorise des actes qu’on ne ferait pas pour des humains, par exemple égorger un cochon alors que c’est une espèce sensible. Nous avons différencié les gens selon leur sexe ou leur couleur, nous devrions tendre pour les animaux à cet universalisme auquel nous sommes parvenus pour les humains. Quid des végétaux ? Le cri de la carotte ? Les études sur la sensibilité des végétaux ne me semblant pas fiables. Il ne possèdent ni synapses, ni système cérébral central. Par contre il m’est personnellement très pénible de voir un arbre qu’on abat.

Nous avons besoin de morale, de définir les valeurs qui nous disent ce qui est bien ou mal. Le sens historique, c’est l’ouverture de notre considération morale au-delà des humains. J’aime mon chat et mes poules, on se comprend, on a le même vouloir vivre. Le curseur est simple, il n’y a pas de demi-mesure entre esclavage et non esclavage. On est pour ou on est contre. Si le lion mange la gazelle, il n’a pas le choix. Nous, nous avons le choix. L214 a lancé des actions qui n’aboutissent pas. J’ai donc créé le Rassemblement des écologistes pour le vivant (REV) car il me semble que rentrer dans le champ politique est nécessaire pour faire avancer ses idées. On pèse sur le calcul électoral en faisant perdre de voix aux autres partis, on peut alors rentrer dans un processus de négociation. Mon parti est anti-productiviste, anti-libéral. Mais nous allons plus loin, nous militons contre tous les élevages, y compris l’élevage bio de proximité. Je suis pour un modèle agricole exclusivement végétal avec fermeture de toutes les boucheries. L’action physique de certains militants, on n’y peut rien, même si insulter son interlocuteur ne sert pas la cause que je défends. »

Comme les autres textes mis en ligne sur ce site, ce point de vue n’engage bien sûr pas les JNE.

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