OPINIONS ET DEBATS

Macron, ma conviction, les circonstances

Cet article n’engage que son auteur, mais appelle au débat. Vos contributions sur l’avenir écologique tel que vous le voyez pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron sont les bienvenues !

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par Michel Sourrouille

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Yannick Jadot m’a poussé dans les bras de Macron. Sa tâche était de personnifier l’écologie politique à la présidentielle 2017. C’était le seul mandat que lui avait notifié la primaire organisée par EELV. Son reniement au profit du socialiste Hamon laissait complète liberté de choix aux militants. Beaucoup ne s’en sont pas privés, même pour Mélenchon plutôt que pour Hamon. J’étais devenu orphelin, je n’avais plus de vote évident, moi qui avais voté sans interruption pour le candidat de l’écologie depuis la présidentielle de 1974, René Dumont. Alors je me suis posé la question, pourquoi pas Macron aujourd’hui ?

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Cécile Duflot m’a poussé dans les bras de Macron. Elle n’a pas accepté sa troisième place à la primaire écolo, soutenant du bout des lèvres Jadot, créant même une association parasite à sa dévotion. Quand elle a vu une alliance possible avec le candidat Hamon désigné par la primaire socialiste, elle qui copinait déjà avec lui depuis longtemps, elle s’est dépêché de désigner Hamon comme seul candidat de l’écologie politique après avoir manipulé son parti pour provoquer le reniement de Jadot. Il n’y avait plus de leadership possible dans le parti. Tout cela pour préserver, croyait-elle, sa réélection dans la 6e circonscription parisienne, subsidiairement pour assurer le repêchage de nos autres députés sortants. Elle a poussé EELV vers sa dissolution dans les « plus-à-gauche », Hamon ou Mélenchon, finie l’autonomie de l’écologie.

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Alors pourquoi pas Macron qui se présentait explicitement comme « de gauche et de droite et du centre », écartant les étiquettes périmées de la lutte des classes. Au moins il cherchait le consensus entre personnes différentes, rejetant l’opposition bête et méchante entre partisans formatés par quelques apparatchiks et quelques slogans idéologiques défraîchis. Macron, une possibilité !

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David Cormand m’a poussé dans les bras de Macron. Nommé par un congrès « secrétaire national » parce qu’il était dans le giron de Cécile Duflot, il a appelé à voter pour elle lors de la primaire EELV, reniant toute volonté de rassemblement non partisan. Il a manipulé le bureau exécutif pour qu’on y décide une procédure fantaisiste aboutissant au reniement de Jadot. Il a détruit toute cohérence de ce parti qui n’était plus celui de l’écologie politique mais un résidu de la firme construite autour de Duflot ; rappelez-vous le rôle qu’a joué à ses côtés JVP (Jean-Vincent Placé). Je n’avais plus de parti puisque les manœuvres politiciennes Jadot/Duflot/Cormand avaient abouti à l’éclatement de l’écologie institutionnelle revendiquant son autonomie idéologique. Macron devenait une option alternative.

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Alors j’ai choisi Macron après le second tour, quand il est devenu notre président pour cinq ans. Il était à même de promouvoir une certaine rupture avec les pratiques anciennes « bloc contre bloc » et les fausses alternances politiques. De toute façon j’ai passé dix ans chez les Verts/EELV et dix ans au PS. Je ne suis pas engagé au service d’un parti, encore moins aux basques d’un leader. Mon objectif est le même que celui de René Dumont, « écologiser les politiques et politiser les écologistes ».

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Le moyen de promouvoir au mieux l’écologie, c’est pour moi de créer une synergie entre les différents pôles de l’écologie, partis, associations, actions individuelles. Or Macron a su attirer plusieurs facettes de l’écologie, l’écologie dite réaliste de François de Rugy, l’écologie centriste de Corinne Lepage, l’écologie à droite de Serge Lepeltier, l’écologie apolitique de Matthieu Orphelin, l’écologie pensante de Jean-Paul Besset, l’écologie portée aussi par des militants anonymes. J’ai rejoint Macron, c’est facile, une déclaration d’intention sur Internet, rien à payer. Par la suite, Nicolas Hulot a rejoint Macron, il est devenu ministre d’État, dédié à l’écologie et la solidarité. Un écolo numéro 3 du gouvernement, c’est une opportunité réelle qui confirmait mon choix. Hulot au gouvernement, cet événement ne devrait pas déplaire à Jadot/Duflot/Cormand qui étaient tous prêts à une époque à le soutenir pour la présidentielle 2017.

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Comme je ne suis pas adepte du tout ou rien, je précise que ma démarche de soutien à Macron n’empêche pas la double étiquette. En effet le mouvement « en marche » (LREM) de Macron accepte les bipartisans quand on reste adhérent de base. De même, le statut de coopérateur permet la double étiquette aux membres d’EELV. Cela me va, moi qui étais en 2011-2012 à la fois encarté au PS et coopérateur EELV. Bien entendu, j’appartiens aussi à plusieurs associations environnementalistes. La synergie entre les différents pôles de l’écologie pousse à la multiplication des appartenances possibles. Les convictions profondes doivent utiliser les circonstances quand elles sont favorables à la mise en œuvre de ses convictions.

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Comment peut-on donner le goût de la Nature ?

On peut donner le goût de la Nature en étant convaincu soi-même, en s’engageant sur le terrain, en pratiquant le va-et-vient permanent entre la connaissance et l’amour de la Nature.

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par Roland de Miller

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Couverture du livre de Roland de Miller, « Célébration de la Beauté », éditions Sang de la Terre, parution 10 juillet 2017

On parle de « sensibiliser à l’environnement », mais le plus souvent on s’adresse non à la sensibilité mais à l’intellect. Au contraire, ce qui est important c’est l’élan du cœur, la réceptivité, l’empathie, la communion et surtout l’émotion : c’est être en sympathie plutôt que de faire. Ceux qui communiquent le mieux leur passion de la Nature sont les gens qui sont dans l’empathie, c’est-à-dire qui portent en eux un bon équilibre entre leurs pôles masculin et féminin. C’est par la capitalisation de nos émotions au contact de la grande Nature que nous réussirons à convaincre. Les appels à la raison pour la sauvegarde de la Nature sont insuffisants, désormais ce sont les appels à l’émotion qui sont incontournables.

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Ces émotions ne peuvent être vécues que dans la Nature elle-même, par une immersion qui exige nécessairement de se désintoxiquer de la consommation, du virtuel, de la télévision, du téléphone portable et des jeux vidéo. S’en affranchir exige un arrêt brutal et définitif, comme pour tous les toxiques. Il y a une distance phénoménale entre les idéologies urbaines si souvent abstraites et les réalités vivantes de la Nature. La plupart des jeunes n’ont aucune conscience de la Nature : branchés sur leur téléphone mobile et leurs gadgets, ils sont déconnectés des réalités bio-psychiques des mammifères primates que nous sommes.

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Même si le terrain psychologique est souvent très dégradé par ces dépendances de compensation et des conformismes sociaux aliénants, le goût de la Nature peut revenir vite, surtout chez des enfants dont on saura faire vibrer la corde sensible personnelle (à l’opposé de l’instruction de masse). Il faut toujours se souvenir que la connaissance confère l’amour et que la connaissance signifie « naître avec », donc elle passe par une libération corporelle et l’éveil des sens. « On ne sent vraiment la Nature que quand on la ressent dans ses muscles et cartilages », nous disait Jean-Claude Génot, au cours d’une randonnée dans une forêt pentue en libre évolution (NDLR : lors du congrès des JNE dans les Vosges du Nord en juin 2017).

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Il n’y a pas d’éducation véritable sans gestion des émotions et des peurs. C’est par le corps, par le plaisir et l’émotion que passent au mieux les processus de mémorisation. Développez une culture du sentiment de la nature, donnez le souffle des montagnes à vos projets éducatifs. Emmenez vos jeunes dormir la nuit en forêt, ils ne l’oublieront jamais ; célébrez le lever du soleil, harmonisez-vous avec les arbres et les oiseaux, enseignez la connaissance des plantes sauvages, faites sentir la valeur sacrée et divine de la Nature sauvage, et vous pourrez vous nourrir de sa Beauté et pacifier la société.

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Nous avons gravement sous-estimé le développement de nos sens. Nous vivons de plus en plus dans le mental, ce qui nous coupe de tout vécu sensible direct. La beauté de la Nature est d’abord visuelle : c’est un stimulus extraordinaire ! L’éveil de tous nos sens ouvre sur la palette complète de nos facultés psychiques. S’immerger dans un milieu sauvage, dans une ambiance forestière par exemple, est une garantie d’impressions inoubliables. Le spectacle d’une belle futaie de hêtres n’est rien sans l’appel du coucou, sans un geai qui donne l’alerte, sans l’éclat de rire du pic-vert, sans les odeurs de sureau ou de genêts et le goût des fraises des bois cueillies soi-même. À vrai dire, c’est plus qu’un spectacle parce que nous vivons alors le sentiment d’y être inclus. Caresser des cheveux d’ange (stipe penné) ou des joubarbes est très sensuel. Le chant flûté du hibou petit-duc en Provence ou le coassement des grenouilles nous parlent d’une Nature familière et fraternelle. Voir des bêtes, comme des marmottes ou des chamois en montagne, est toujours une expérience enrichissante : les animaux sont des déclencheurs d’émotion. La splendeur sévère d’un matin d’automne en altitude, voilée aux pressés et aux profanes, ne se livre que lentement. Résignons-nous à cette patience nécessaire. Approchée avec révérence, la Nature est une école initiatique.

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Il s’agit là d’une culture de la sensibilité vécue qu’aucun Internet ne peut remplacer. La sensibilité artistique et poétique * est d’une grande importance : elle constitue le complément indispensable de l’approche rationnelle et scientifique de la Nature. C’est ce qui fait la richesse des peintres animaliers, ou des descriptions d’oiseaux dans leurs milieux par Jacques Delamain ou Paul Géroudet. Le sentiment de la nature consacre l’alliance entre les cultures scientifique et littéraire. Mais cette sensibilité est étouffée par notre culture officielle, parce que « la société française est d’abord catholique et cartésienne », disait Robert Hainard. Celui-ci enjoignait donc les naturalistes à « développer une puissante culture du sentiment de la nature » *. Il importe de conserver toute la mémoire du patrimoine artistique et littéraire issu de la Nature.

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L’acceptation de sa solitude est la première condition pour aimer la Nature. Goûter la solitude dans la Nature, comme l’ont vécu les naturalistes d’autrefois, est encore possible si on le veut vraiment. Cela demande d’être très au clair sur ses motivations. C’est surtout vivre le ressenti, cela fait appel à notre richesse affective et cela demande de savoir se fondre dans un milieu qui ne nous est pas toujours familier mais que l’on peut apprendre à connaître puis à aimer. Cela exige donc d’apprendre en premier lieu à se déconnecter du monde humain, artificiel et urbain. Avec notre malaise social généralisé, on constate hélas dans toutes les familles de grandes carences affectives : beaucoup d’individus en déshérence sont devenus incapables d’aimer. Les gens qui ont connu la pénurie matérielle (guerres, misère, etc.) sont dispensateurs de pénurie affective. Notre société patriarcale axée sur la volonté de puissance fabrique des handicapés sentimentaux par millions. Un enfant carencé affectivement aura du mal à vivre une relation heureuse avec son compagnon ou sa compagne parce qu’il cherchera toujours à combler le vide qui est en lui. Et pourtant c’est par l’Amour que tout commence, c’est la seule chose qui sécurise ! Et quand il n’y a pas d’amour, la peur s’installe : la peur de l’Autre et la peur de la Nature.

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De même que François Terrasson disait qu’il ne fallait pas « protéger la Nature » (sous-entendu dans les parcs et réserves) mais surtout arrêter de la détruire partout, on pourrait le paraphraser en disant qu’il faut avant tout supprimer les idéologies anti-nature, les entreprises d’abrutissement collectif (comme le Tour de France, le Rallye de Monte-Carlo, le Salon de l’Automobile, les Jeux Olympiques ou le Mondial de Football). Pour resacraliser la Nature, il faut désacraliser la Technique. Le choix est clair : il faut en finir avec ces addictions et folies collectives ou « en finir avec la Nature » (François Terrasson, 2002, 2008). Car beaucoup de mesures que nous aimons pratiquer dans nos milieux de l’Éducation à l’Environnement sont inadaptées et inopérantes pour des populations urbaines pauvres, inéduquées et soumises à toutes sortes d’addictions matérielles et de croyances.

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Je pense que l’opinion publique actuelle n’est pas plus réactive qu’autrefois. Malgré la vulgarisation médiatique sur l’écologie, le nombre de gens qui s’intéressent vraiment à la protection de la nature, à ce qui reste de nature sauvage, à la faune et à la flore n’augmente guère par rapport à la masse de la population. Dans une société anthropocentrique comme la nôtre, les pro-loups sont vite décriés. La conscience écologique, au lieu de renforcer le sentiment de la nature l’a souvent dilué. On pourra croire que la conscience écologique a progressé le jour où il y aura plus de gens intéressés et mobilisés contre le réchauffement climatique et la disparition du sauvage que de gens intéressés par le Rallye de Monte Carlo et le Tour de France.
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15 juin 2017

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  • Voir le chapitre « L’Art et la nature » dans mon livre Célébration de la Beauté, éditions Sang de la Terre, parution 10 juillet 2017.

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Nature, et l’homme dans tout ça ?

Lors d’un séminaire au cours duquel j’intervenais récemment pour parler de la nature, un participant m’a posé la question suivante : pourquoi l’homme (au sens de l’espèce humaine) est-il écarté de la définition de la nature ?

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par Jean-Claude Génot, écologue

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Je venais en effet de rappeler une définition de la nature généralement admise dans le monde occidental, à savoir tout ce qui échappe à la volonté humaine. Pour être précis, celle du Petit Robert indique : « Ce qui, dans l’univers, se produit spontanément, sans intervention de l’homme ». J’ai répondu que l’homme est « de » la nature, il est aussi « dans » la nature (le Petit Robert donne également la définition suivante : « L’ensemble des choses perçues, visibles, en tant que milieu où vit l’homme »), mais il n’est pas la nature dans sa globalité, seulement une partie. Il faut bien nommer les autres organismes vivants non humains ainsi que les facteurs non vivants abiotiques qui influencent le vivant avec qui nous partageons la planète.

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J’ai ajouté que si notre définition est fondée sur le dualisme homme/nature, ce dernier ne mène pas forcément à l’opposition mais peut très bien conduire à la complémentarité. C’est d’ailleurs de cette façon que l’artiste et philosophe suisse, Robert Hainard, définissait la nature : le complément indispensable de l’homme. Si d’autres cultures plus intégrées à la nature vivent plus en harmonie avec leur environnement naturel, ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas la même définition de la nature que nous ou que le concept de nature n’existe pas pour eux, mais bien parce qu’ils ont culturellement et spirituellement une autre relation à la nature que la nôtre. Par ailleurs ils nomment également les autres organismes vivants non humains et le non vivant avec qui ils partagent leur milieu de vie.

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Puis je me suis demandé si la personne qui avait posé cette question avait la tentation de croire qu’en fusionnant l’homme et la nature, la définition ouvrirait une voie vers un rapport homme/nature plus harmonieux ? D’abord il y a un risque à cette fusion, celui de dire qu’il n’y a plus de nature et que tout est culture. S’il n’y avait plus de concept de nature, l’homme pourrait tout se permettre, ce qui est déjà passablement le cas. Enfin, ce serait faire preuve d’une belle arrogance que de croire que tout est culture car les espèces sauvages ne doivent rien à l’homme.

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Alors est-ce qu’une définition faisant apparaître un équilibre harmonieux entre homme et nature est possible, souhaitable ? Le fait que l’homme fasse partie de la nature mais apparaisse aussi dénaturé à l’échelle planétaire (quelle espèce autre que l’homme détruit à ce point son milieu de vie ?) ne milite pas vraiment pour rendre possible une définition « harmonieuse ». Enfin ce n’est pas souhaitable car seule une définition rappelant à l’homme que la nature se passe de lui pour exister peut mener à une position moins arrogante, voire empreinte d’humilité.

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De plus, le rappel que la nature n’existe vraiment que lorsqu’elle est spontanée et sans intervention humaine peut servir à marquer une limite claire à notre emprise totalitaire. Certes la nature peut aussi résulter du fruit d’une interaction entre l’homme et les éléments naturels, mais à condition que l’homme respecte les règles de fonctionnement des écosystèmes, ce qui n’est plus le cas dans notre civilisation anti-nature actuelle. En fait il n’y a rien à changer dans cette définition dualiste sinon notre rapport à la nature. Ainsi la révolution du XXIe siècle consisterait à abandonner notre anthropocentrisme au profit d’un écocentrisme, seul moyen de fixer des limites à notre expansion insoutenable. L’homme est un animal cérébral qui se représente la nature en fonction de son éducation, de ses connaissances et de tous les éléments de conditionnement mental que distille notre civilisation anti-nature mais pas de la ressentir telle qu’elle est réellement. La nature est un miroir qui nous renvoie notre propre image. Comme nous percevons les choses par contraste, selon Hans Jonas seule la nature non changée parle à l’homme, elle nous renvoie à notre humanité.

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Mais au fait, parler de définition de la nature n’est-il pas dépassé à l’heure où celle-ci a été supplantée par la biodiversité ? Certes la biodiversité a gagné les sphères techno-scientifiques de la nature et même le monde politique car ce concept est taillé pour faire sérieux et crédible et pour ranger la nature au musée des accessoires verbaux. Pourtant le terme nature est encore très employé dans les milieux artistiques ainsi que dans les sciences sociales et également chez de nombreux profanes. Enfin, son pouvoir évocateur est mille fois supérieur à la biodiversité, trop technocratique pour plaire au plus grand nombre. La nature donne envie de rêver, de fantasmer et de s’inspirer. Enfin, on ne peut résumer la nature à la seule diversité biologique. La biodiversité ne reflète en rien les concepts de l’écologie, à savoir la naturalité des espèces, des espaces et des processus, la complexité des interactions, la fonctionnalité des écosystèmes, la spontanéité du vivant et l’évolution. N’ayons donc pas peur de nommer nature le foisonnement végétal et animal qui peut s’installer partout, y compris au cœur des villes, sans rien nous demander.

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Nicolas Hulot au gouvernement : réactions en chaîne au sein des JNE

Notre « revue de web » consacrée aux articles des membres des JNE sur la nomination de Nicolas Hulot au gouvernement a suscité des réactions en cascade que nous vous livrons ci-dessous.

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Dessin de Daniel Maja publié sur le site du « Sauvage » sous le titre « Bonne chance, Monsieur le ministre d’Etat ! », et sous-titré : « Il n’y a plus qu’à… »

Christel Leca a été la première à s’exprimer.

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Ça montre bien la diversité des JNE, c’est intéressant !

J’aurais aussi souligné le fait que participer à ce gouvernement néolibéral est en contradiction avec ce qu’Hulot semblait penser, il y a peu, à travers l’Appel aux solidarités ou mieux encore le Syndrome du Titanic, comme dit Hervé Kempf : « Reste que le choix individuel croise une situation générale : en apportant son poids à Emmanuel Macron, Nicolas Hulot conforte un camp dont l’orientation est globalement néolibérale et à peu près opposée à ce qu’il pense, si l’on en croit le film qu’il a réalisé en 2009, Le Syndrome du Titanic, et son récent Appel aux solidarités. » Ce qui ne me semble pas le moindre « oxymore » (mais on vit dans son règne) de la situation !

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Dans un message suivant, Christel Leca a ajouté :

Pas mal aussi le papier de notre ami Maxime Combes 😉
https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/170517/nicolas-hulot-au-gouvernement-de-la-confusion-et-des-exigences-politiques-clarifier

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La réaction de Christel Leca a suscité cette réponse de Frédéric Denhez :

Salut Christel,

Certes, tu as raison, ainsi qu’Hervé, mais il y a un air du temps que l’on sent sur le terrain, celui des initiatives spontanées, privées, publiques, particulières, associatives, qui, pour pallier la crise et l’abandon de l’État, développent des réponses basées sur les relations entre gens « qu’on connaît » et qui, de fait circonscrites dans un territoire de vie réduit, le font redécouvrir et, de là, considérer l’écologie comme une vision de long terme à la fois dans le passé (ce qu’on a fait), et dans l’avenir (ce dont on a envie pour nous tous). L’écologie en filigrane, comme trame pour retisser de clients entre les gens et entre eux et leur lieu de vie. Ces initiatives font tellement sens aujourd’hui qu’elles emmerdent l’État, qui veut les encadrer par des appels d’offre et des critères de performance, et ont sans aucun doute contribué à pousser Macron à l’Élysée. Or, cet air du temps, c’est bien celui que travaille la FNH, sur le terrain (cf partenariat avec l’UNCPIE) et Hulot.
J’ai fait un papier sur un exemple précis, celui de la Scic Rhizobiome, dans une récente infolettre parue également sur mon blog https://blogs.mediapart.fr/frederic-denhez/blog/020517/biodiversite-l-etat-veut-il-decourager-l-action-sociale. Révélateur, me semble-t-il.
Par ailleurs, comme je le dirai dans CO2 Mon Amour (NDLR : à écouter ici) – je serai technique, comme d’hab’, il y a quand même des choses qui sont révélatrices :
ministère d’État, ce qui rendra Hulot supérieur hiérarchiquement aux autres ministères, et donc au même rang que le Premier ministre quant aux arbitrages ;
– intitulé intéressant (« solidaire » ) qui enfin fait le lien entre écologie et social, vous savez peut-être ma position là-dessus depuis toujours, qui m’a longtemps valu l’hostilité de beaucoup d’écolos pour qui le social et donc la politique avec un grand P, n’est pas une dimension d’un discours écolo circonscrit à l’eschatologie et au naturalisme gnangnan – il faudrait qu’un jour je raconte la rédaction de mon dernier livre avec FNE (…) ;
– intitulé intéressant du ministère de l’agriculture (agriculture et alimentation), qui fait le lien entre l’assiette et le paysage, en vue d’un Grenelle dont il ne peut sortir que du bon  ;
– ministère de transports de plein exercice, avec enfin, connaissant la ministre (NDLR : Elisabeth Borne), une dimension « mutimodale », « énergie » et « logistique» assumée.
Croisons les doigts, camarades, c’est moins fatigant que de lever le poing !

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Voici enfin la réponse de Fabrice Nicolino à Frédéric Denhez.

Frédéric,
Comme je suis aussi destinataire, je me permets de souligner que tout le monde ne partage pas cette énième illusion, qui arrange tant d’affaires personnelles. Et je te prie, et je prie tout le monde de ne pas s’en tenir à une commode opposition factice entre pragmatiques et intégristes. Pour ma part, moi qui suis un mécréant, j’ai créé en 2009 une revue – Les Cahiers de Saint-Lambert – avec un prêtre catholique, Dominique Lang (NDLR : lui aussi membre des JNE). Son sous-titre : Ensemble face à la crise écologique. Le clivage n’oppose donc pas une supposée pureté et une introuvable traîtrise. L’opposition, car il en est une, entre des gens comme toi et des gens comme moi, est autrement fondamentale. Je remarque avec une pointe de tristesse qu’aucun aficionado de la séquence en cours n’explique rien. Ne dit rien sur la marche réelle du monde, la structuration de l’économie et ses poids lourds, les forces sociales en présence, les traités commerciaux qui sont autant de combustible pour le dérèglement climatique, la mort accélérée – restons une seconde en France – des oiseaux, papillons, abeilles, grenouilles, hérissons, ni rien bien sûr du Sud et de ces paysanneries que les politiques à venir du tandem Le Maire-Darmanin continueront de bastonner. Et cela n’a rien d’étonnant, car cela les intéresse bien moins que leurs aventures picrocholines, ici et maintenant.
Frédéric, ce n’est pas une affaire personnelle, et je n’ai aucune animosité contre toi. Je crois t’avoir montré plutôt de la sympathie. Mais je dois avouer que je suis fatigué de tant de bullshit.

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La montagne saccagée à Bellecombe-en-Bauges

Au-dessus du village de Bellecombe-en-Bauges, on ne cultive pas la poésie ni le roman, mais la tranchée à travers les alpages. Ces alpages si bucoliques avec un petit chemin qui sentait bon la nature vierge…

par Loïc Quintin

« Il existe un monde d’espace, d’eau libre,
        De bêtes naïves
        Où brille encore
        La jeunesse du monde.
        Et il dépend de nous,
        Et de nous seuls, qu’il survive. »

Ainsi s’exprimait le grand poète et illustrateur de la montagne, Samivel.

La commune a ouvert une large piste pour permettre aux alpagistes qui sont légion – un ou deux ! – de grimper avec leurs 4 x 4 dans cette combe verdoyante. Résultat, le terrain a été massacré. Des arbres mutilés, cadavres enchevêtrés – pour la seule raison qu’ils dérangeaient, jonchent les bas-côtés de la piste. Le sentier qui serpentait, bordé d’une flore intéressante, endémique et abondante, est scindé en morceaux, a disparu sur la plupart de son trajet. C’est écœurant quand on aime la montagne.


On se pose la question : les élus aiment-ils « leur » montagne ?

On peut répondre : non.
Quand on casse la flore et par voie de conséquence la faune qui en profite, quand on laisse des monceaux de terre et des troncs mourir comme de vulgaires  débris sans importance, on n’aime pas la montagne. On privilégie l’économie, le confort de certains qui utilisaient bien avant la piste leurs véhicules polluants sur le chemin saccagé. On ne privilégie pas les paysages, on les assassine.
Car Bellecombe-en-Bauges n’est malheureusement pas le seul cas. Un peu plus haut, dans la combe sauvage du Charbon, une autre piste du genre saigne la pelouse alpine. Pétitions et autres résistances n’y ont pas suffi.

Que diraient les parents et grands-parents en voyant ces terres maltraitées ? A cela, élus locaux et alpagistes répondent souvent : « Faut vivre avec son temps. »
D’accord, allons-y. Lâchons-nous. Un jour ces pistes seront goudronnées – cela a d’ailleurs été demandé il y a quelques années par des alpagistes des Bauges -, et puis l’on érigera un parking pour les touristes, et puis l’on bâtira des infrastructures pour les recevoir. Continuons de bétonner les montagnes, construisons des villes sur les cimes, assoiffons les sources et les torrents déjà siphonnés jusqu’à l’usure par les canons à neige. Des villages manquent d’eau en fin d’hiver. Peu importe, tirons encore plus sur la corde et les Alpes, en l’occurrence la Haute-Savoie, deviendront un lunapark pour privilégiés. Poursuivons la destruction des campagnes, urbanisons à qui mieux mieux, traçons, ouvrons, coupons, brisons !


Il dépend de nous tous, élus et non élus que ce monde survive

Il est déjà bien atteint et tente de ne pas succomber à ces blessures. Il essaie d’émerger des pollutions qu’on lui inflige par la volonté  d’inonder ses vallées par les voitures. Et même quand on monte un peu plus haut pour s’évader de ce cloaque, on subit les affres de l’envahissement cupide.
Toute cette gabegie alimente le changement climatique. Tout le monde s’en fout ! La preuve, élections présidentielles obligent, les deux candidats restant en lice ne disent piètre mot de la situation alarmante et catastrophique du climat. Nous sommes en sécheresse et tout le monde ferme les yeux. Nous sommes déjà dans le mur et ouvrir des pistes, abattre des pentes, ne fait qu’aggraver la collision avec le mur.
Sans doute les citoyens se complaisent-ils dans cet environnement qui se dégrade insidieusement, par petites touches. Ils se plaisent sans réaction ostentatoire à la détérioration des paysages, et empruntent sans frémir ces pistes qui fleurissent, ou bénéficient des canons à neige qui se dressent sur leur passage sans réagir. Au contraire, ils en profitent sans réfléchir.


Les citoyens sont-ils amoureux de leurs montagnes ?

On peut répondre : non, pas vraiment.
Sinon, ils les défendraient avec virulence. Au lieu de cela, ils se laissent bercer par les sirènes du toujours plus.
Très bien. Alors, allons-y gaiement et ne nous étonnons pas qu’un jour très proche la montagne se réveillera pour déverser ses flots de dépit devant cette passivité, que le climat nous secouera une bonne fois pour toutes devant cet orchestre humain qui joue dans sa folie la symphonie de l’inconscience.

C’est en aimant véritablement, les montagnes, la nature, la Terre que l’Homme se sauvera.

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Nature : du sauvage à la sauvageté

Sauvage vient du latin silvaticus, qui signifie la forêt. Rien d’étonnant puisque la forêt a longtemps été considérée comme le refuge des animaux sauvages ou des bêtes fauves mais aussi des humains vivant en dehors des lois et des règlements, donc qui appartiennent au monde sauvage.

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par Jean-Claude Génot *

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Le terme sauvage désigne ce qui n’est pas domestique ou ce qui n’est pas apprivoisé. Il caractérise un animal ou une plante qui vit ou pousse librement dans la nature. Mais un animal domestique ou une plante de jardin peut se mettre à vivre en pleine nature. Dans ce cas, on dit que l’animal ou la plante s’ensauvage. Un espace sauvage est aussi un lieu qui n’est pas transformé par l’homme, mais qui a très bien pu l’être dans le passé ou qui le sera dans le futur. La nature étant ce qui se développe en dehors de notre volonté à un moment donné, nul besoin de la qualifier de sauvage. Mais face à la perception générale de la nature qui ne se conçoit plus que « améliorée » par l’homme, l’expression nature sauvage rappelle que la nature est un monde non contrôlé par l’homme et peuplé d’espèces sauvages.

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Dans l’Amérique anglaise du XVIIe siècle, l’expression Wild Woods signifiait « profondeur des bois » alors que la forêt à cette époque était suffisamment sauvage pour ne pas l’évoquer en lui ajoutant cet adjectif. Mais dans ce cas, il s’agissait sans doute de souligner l’éloignement de ces territoires autochtones non colonisés, livrés à la nature sauvage, et peuplés d’Indiens. Pour le philosophe de la nature Paul Shepard, l’homme porte en lui les racines du monde sauvage des origines, celles du Pléistocène : « le contexte de notre être dans le passé est de toute évidence la nature sauvage ». La sauvagerie caractérise la nature sauvage mais aussi ceux qui y vivent, humains et non humains. Elle peut traduire autant le caractère indépendant du monde des hommes que la violence du comportement, qu’il s’agisse d’un humain ou d’un non humain. Pour Shepard : « la sauvagerie est un état génétique » et la dimension sauvage de l’homme est nourrie par la nature sauvage. La nature sauvage n’est pas seulement le lieu peuplé de créatures sauvages mais elle existe dans nos gènes : « Le « retour » vers la nature sauvage est un voyage que nous effectuons sans cesse, puisque nous en sommes imprégnés ».

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Lors de la colonisation de l’Amérique du Nord, les Européens voyaient les Indiens comme des sauvages. L’image fantasmée du « Sauvage » était la suivante : « nu, chasseur, nomade, païen, polygame, superstitieux, oisif, insubordonné, sans Etat, licencieux, instable maritalement, gourmand et festif ». A cette époque, les coureurs de bois qui étaient en contact avec les Indiens étaient également assimilés au « Sauvage » américain : sans loi, sans roi, sans foi, sans police, sans magistrat.

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Il y a souvent une confusion entre nature sauvage et nature vierge ou primitive. Cela peut être le cas, mais le sauvage peut exister au sein du monde des hommes. C’est la nature en ville, la friche en zone agricole, la forêt délaissée par son propriétaire, le paysage contaminé de la zone d’exclusion de Tchernobyl ou encore le loup qui se joue des frontières pour parcourir l’Europe urbanisée. Alors que la biodiversité semblait triompher, signant la fin de la nature devenue insupportable, le Journal Officiel (JO) du 15 janvier 2017 vient d’entériner un néologisme pour le moins inattendu : la sauvageté ! La sauvageté est définie comme « le caractère d’un espace naturel que l’homme laisse évoluer sans intervenir ; par extension, cet espace lui-même ». Est-ce que ce nouveau terme (pas si nouveau que cela puisqu’il vient du vieux français et correspond aux termes anglais wildness et allemand Wildnis) sert enfin à reconnaître la nature réelle et la nécessaire existence de son caractère spontané, de sa libre évolution et de son autonomie dans un paysage que nous dominons de façon despotique ? Ou bien n’est-ce qu’une nouvelle façon de socialiser la nature comme le laisse entendre le philosophe Julien Delord qui voit dans la sauvageté la part civilisée du sauvage ? La définition du JO semble pencher vers un lâcher prise puisqu’il est question « que l’homme laisse évoluer sans intervenir ». Souhaitons que dans le gradient des actions de conservation, depuis la gestion interventionniste très dominante jusqu’à la non intervention, la libre évolution soit plus mise à l’honneur.

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* Ecologue

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Références
Delord J. 2005. La « sauvageté » : un principe de réconciliation entre l’homme et la biosphère. NSS 13 : 316-320.
Havard G. 2016. Histoire des coureurs de bois. Amérique du Nord 1600-1840. Rivage des Xantons. 885 p.
Shepard P. 2013. Retour aux sources du Pléistocène. Editions Dehors. 251 p.

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Protection de la nature : adhérons !

Alors que les fêtes approchent et que l’année se termine, il serait difficile de ne pas parler de ce que vivent actuellement les associations de protection de la nature.

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par Elise Rousseau

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La FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) s’est faite traiter par les politiques de « bobos » (en plus, totalement absurde : les naturalistes sont pour la plupart des ruraux !), et s’est vue supprimer ses subventions, conduisant l’association dans le mur. Ne manquant pas d’humour, elle a lancé la campagne « Adopte un bobo des villes ».

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Bretagne Vivante, plus grosse association de protection de la nature bretonne, contrainte de licencier 9 personnes suite à des retraits de dotations. Voir le communiqué, ici. On lui a expliqué qu’elle était un peu trop militante pour protéger la nature et, de fait, pas indispensable.

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Une des réponses de Bretagne Vivante
Et toutes les autres, qui dans ce contexte et faute de financements ont un mal énorme à poursuivre correctement le travail de protection de la nature. 3000 adhérents seulement pour Bretagne Vivante (eh les Bretons, mais vous êtes où ??), 42 000 pour la LPO à l’échelle de la France, c’est que dalle ! Nous sommes des millions, mais comment c’est possible ?

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Adhérer à une association de protection de la nature d’utilité publique, en gros, c’est 20 à 30 euros déductibles des impôts (soit, sur la base de 30 euros = 10 euros à l’arrivée).

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10 euros pour protéger la nature, pour soutenir ceux qui la protègent. C’est quoi 10 euros ?
– Quelques boules de Noël
– Quelques chocolats, quelques marrons glacés
– Moins qu’un sapin de Noël.

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10 euros, pour des trucs inutiles, on les a. Et pour changer le monde ? Plus personne ?

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Des associations de protection de la nature, il y en a forcément une qui vous convient, qui correspond à votre état d’esprit, à votre personnalité. Elles sont apolitiques, elles ne préconisent que quelque chose de tellement simple et de bon sens : protéger la nature, notre cadre de vie, notre planète.

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WWF et son fameux panda… LPO pour les amoureux des oiseaux et de leurs milieux… Greenpeace pour ceux qui aiment l’action… Ou encore l’Aspas… Associations de proximité, régionales, comme Bretagne Vivante, la Sepanso ou la Frapna… Il y en a plein, il y a forcément la vôtre.

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Ça ne convient à personne, la pollution, le réchauffement climatique, les pesticides, la disparition des espèces animales, végétales, des milieux chers à notre enfance…

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En 2017, contribuez à faire changer le monde. Adhérez, ré-adhérez, soyez à jour de vos adhésions.

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Si les questions environnementales intéressent si peu les politiques, s’ils pensent qu’il est inutile de consacrer de l’argent à préserver la nature, c’est parce qu’aucune force ne leur montre que si, ça compte. Or ça compte pour tout le monde, non ?

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Soyons cette force.

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Ce texte a été publié sur le blog les Biodiversitaires.

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De la barbarie gastronomique

Détecté pour la première fois sur le continent français en novembre dernier sur quatre oiseaux sauvages déjà morts, l’influenza aviaire H5N8, considéré par les experts internationaux comme très contagieux et hautement pathogène, ravage les élevages asiatiques (plus de 18 millions en Corée du Sud) et européens (plus de 660 000 aux Pays-Bas et de 160 000 en France…) à ce jour, mettant fortement en question les structures des élevages intensifs.

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par Michel Cros

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Assez d’ignorance. Des milliers de volailles d’élevage abattues chaque jour dans le monde… Grippe aviaire oblige !

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C’est leur destin, diront certains. Mais triste destin que celui de se faire canarder pour une raison ou pour une autre… Qu’est-ce que quelques millièmes victimes animales de plus dans ce monde ?
L’animal ça pue, ça ne se révolte pas contre nous et puis surtout… ça ne vote pas !

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N’a-t-on pas fini de cumuler autant d’ignorance de par le monde pour le seul plaisir de nos palais qui se gavent de sang et de souffrance en oubliant que ces êtres de chair sont également des êtres sensibles comme nous. Que dirions-nous, s’il fallait nous supprimer nous aussi à cause de telle ou telle maladie infectieuse ?

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Ah mais non, ce n’est pas pareil dirons-nous, nous avons une conscience et nous sommes intelligents.

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La création artistique et la science, c’est nous !
La liberté et la démocratie, c’est nous !
La religion, c’est encore nous !

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Et sous prétexte que c’est toujours nous qui décidons pour eux, nous les enfermons pour mieux les reproduire à l’infini jusqu’à les confectionner en petits paquets pour nos menus besoins alimentaires.
Faut dire que ce marché lucratif rapporte beaucoup. Surtout à Noël !
Quelle bêtise, diront plus tard les générations futures, quelle grave ignorance !

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Ne serait-il pas temps de remuer nos méninges, chers nous, et nous rappeler certains faits historiques à l’instar de M. Alfred Foucher, membre de l’Institut, qui suite à une judicieuse analyse comparative des contes de l’Inde * avec ceux de l’Occident conclut en ces termes :
  … A cette revue générale des idées dominantes de l’Inde sur la destinée humaine, il manquerait enfin un trait essentiel si nous passions sous silence le corollaire le plus immédiat de la transmigration, à savoir l’attitude qu’elle commande à ses croyants envers les animaux ; et, en effet, si les âmes peuvent selon leurs œuvres renaître dans n’importe quelle espèce vivante « depuis l’homme jusqu’aux fourmis », il va de soi que l’opinion cartésienne, contre laquelle s’insurgeait La Fontaine, sur l’automatisme des bêtes, est d’avance réfutée. Et puisque celles-ci souffrent comme nous, il est non moins évident que nous devons avoir les plus grands égards pour elles, ne serait-ce que parce qu’elles peuvent fort bien avoir été nos proches parents au cours d’une existence antérieure…

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N’en déplaise aux cartésiens qui persistent à tisser leur animal machine dans cette société de consommation à l’agonie, oui, notre palais mérite mieux qu’une boucherie. Assez de tueries en série !

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Et puisque les politiques n’ont pas assez de cran pour chasser cette agonie, montrons-leur que ce nous anime aussi nos mémoires animales. Il serait outrageux, voire indécent, de se voir ainsi ranger dans « la catégorie à abattre ».

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C’est pourtant le triste destin de cette humanité dégénérée qui se dessine autour de nous, nous qui entrons de plein pied dans ce qu’il convient de nommer comme la 7e extinction.

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A nous de choisir si nous voulons en sortir la tête haute ou à quatre pattes ?

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Et nous pourrions alors rajouter : la destruction de l’humanité…c’est encore nous !

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Selon la LPO, les oiseaux sauvages ne sont pas une menace !
https://www.lpo.fr/actualites/grippe-aviaire-les-oiseaux-sauvages-ne-sont-pas-une-menace

 

Pour en savoir plus sur la grippe aviaire et les réseaux d’experts internationaux
http://www.oie.int/fr/pour-les-medias/communiques-de-presse/detail/article/new-oie-web-portal-on-avian-influenza/

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Sur l’évolution de l’influenza H5N8 classée par pays dans le monde

http://www.oie.int/wahis_2/public%5C..%5Ctemp%5Creports/fr_fup_0000021946_20161216_182523.pdf

http://agriculture.gouv.fr/influenza-aviaire-le-suivi-des-foyers-en-france

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Autres sources

http://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/0211609164044-grippe-aviaire-abattages-massifs-en-coree-du-sud-et-au-japon-2051579.php

http://www.lapresse.ca/international/europe/201612/19/01-5052874-grippe-aviaire-292-000-poules-abattues-aux-pays-bas.php

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Ouvrage de M. Alfred Foucher

Les vies antérieures du Bouddha, d’après les textes et monuments de l’Inde, Presses Universitaires de France,1955 (passage cité en page 25)

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Dire non au nucléaire

Quand donc arrêterons-nous cette folie énergétique qui explose (!) à travers une politique nucléaire planétairement aberrante ?

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par Jane Hervé

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logoLa dangerosité de cette énergie destructrice, prouvée dans les accidents à Fukushima, Tchernobyl et les actions guerrières à Hiroshima et Nagasaki, est désormais reconnue en amont au niveau de la recherche (Reggane, Tahiti, etc.), en aval au niveau de l’élimination impossible des déchets (haute mer ou autre).

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Entre amont et aval, elle existe sous une autre forme (fragilité des centrales nucléaires existantes parfois fissurées, etc.). Cessons d’être des apprenti.es sorcier.es. Cessons d’ouvrir nos radiateurs et d’allumer nos lampes et d’utiliser nos cuisinières, etc. sans penser à l’origine de l’énergie que nous utilisons. Reconnaissons là une manière schizophrénique de se chauffer, de se nourrir, etc. Il faut que la raison nous revienne et que nous développions la recherche et l’utilisation d’énergies renouvelables non dangereuses pour le vivant (hommes, animaux, plantes). Elles existent : éoliennes, panneaux photovoltaïques, etc. Nous les avons déjà trouvées. Notre avenir est là.

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Il nous faut reconnaître que le nucléaire est dépassé, que des risques prévisibles pèsent sur les générations futures, que nous n’avons pas le droit humain de les détruire a priori, que notre responsabilité est prospective (Hans Jonas) et – enfin – que nous avons le devoir de faire cesser de telles exactions scientifiques.

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Pour une meilleure information, le réseau Sortir du nucléaire propose à la fois un état des lieux et la quête d’un avenir viable énergétiquement.

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rezo-info@sortirdunucleaire.org

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Le scandale de Notre-Dame-des-Landes

Après le Larzac, Plogoff, Serre de la Fare, voici maintenant Notre-Dame-des-Landes. Même combat. Même entêtement des promoteurs, qui veulent absolument se lancer dans une vaste opération immobilière et un équipement surdimensionné par rapport aux besoins réels.

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par Roger Cans

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non-landesLe projet, qui remonte au temps du Concorde, n’a plus de raison d’être. Déplacer un aéroport du centre-ville dans le bocage est une aberration pour la clientèle, déjà habituée au TGV. Un aéroport commun à Nantes et Rennes ? C’est une farce. Le TGV va aussi arriver prochainement à Rennes.

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Les habitants de Nantes en ont assez de voir passer les avions. Et alors ? Les habitants de Choisy-le-Roi et de Palaiseau en voient passer beaucoup plus avec la plate-forme d’Orly, très bien reliée à la capitale. J’ai habité Nice, où l’aéroport de la Côte d’Azur est depuis longtemps le deuxième aéroport international de France. Les habitants de Nice, notamment dans le quartier de la Californie, sont aux premières loges pour le bruit des avions. Mais ils savent que l’aéroport est vital pour l’économie de la ville et ils s’en accommodent. De toute façon, il est impossible de transférer les pistes ailleurs, dans la montagne. Mais, comme le trafic aérien a décuplé, il a fallu agrandir l’aéroport. Et l’on a alors décidé de construire une nouvelle piste en pleine mer, moyennant un apport colossal de matériaux pour combler la fosse méditerranéenne – ce qui n’a pas été sans mal.

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A Nantes, il n’y a pas de fosse marine. Agrandir l’aéroport ne pose aucun problème technique. Mais la municipalité espère récupérer des terrains avec le transfert de la plateforme à une quinzaine de kilomètres de là, dans des prairies humides peu favorables à des pistes d’atterrissage. Comme il n’y avait pas d’urgence (on est loin de la saturation à l’aéroport de Nantes), les choses ont traîné, jusqu’à ce qu’une conjoncture politique favorable se présente : le maire de Nantes nommé premier ministre d’un gouvernement de gauche. D’où la relance d’un projet mille fois examiné, reporté et réexaminé.

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La France, depuis le plan Marshall et l’installation du quartier général de l’OTAN (le SHAPE), en 1949, est dotée d’une multitude de plateformes aéroportuaires, souvent transformées en terrains militaires dormants ou en parkings utilisés pour les grands rassemblements gitans. Chez nous dans la Sarthe, l’aéroport du Mans ne sert plus qu’à accueillir – à grands frais – des avions privés de plus en plus rares. Même La Flèche a son aérodrome, utilisé pour les sports aériens. Les pistes peu fréquentées abritent une flore intéressante, dans la mesure où l’aérodrome n’est qu’un terrain d’atterrissage enherbé.

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Dans une région où l’on construit la ligne à grande vitesse Le Mans-Rennes, où l’on a tracé une autoroute (A 28) pour relier Caen à Tours, on nous demande maintenant de participer au financement d’un équipement ruineux, inutile et même nuisible à l’environnement, au profit du transport aérien ! Trop, c’est trop. Le gouvernement, à quelques mois d’une échéance électorale décisive, ne va tout de même pas se donner le ridicule d’évacuer manu militari les défenseurs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

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Même Mitterrand avait compris en 1981 qu’il fallait renoncer à des projets contestés – à juste titre – et il avait mis un terme au long combat du Larzac (dix ans) et au projet de Plogoff, qui aurait défiguré la Pointe du Raz, aujourd’hui devenue Grand site de France. Son gouvernement avait aussi renoncé au barrage de Serre de la Fare, qui devait engloutir 14 kilomètres des gorges de la Loire, « dernier fleuve sauvage d’Europe ». Que le gouvernement abandonne maintenant, pendant qu’il en est encore temps, le stupide projet de Notre-Dame-des-Landes.

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