Films, DVD & CD

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« L’Empereur » de Luc Jacquet

Ce film animalier a eu une belle promo, et devrait plaire : typiquement disneyen, il convient à toute la famille.

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par Marc Giraud

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On suit l’histoire d’un couple de manchots empereurs dans un univers incroyablement rude, puis celle de leur petit, et de son aventure fantastique : rejoindre l’océan, sans ses parents, et plonger vers l’inconnu de son avenir.

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Le film ne s’intéresse pas aux autres animaux (c’est à peine si on aperçoit un phoque), et la prédation est quasi inexistante. En dehors des conditions difficiles de la reproduction des manchots, on apprend donc peu de choses sur la vie de ces animaux et leur milieu naturel.C’est donc presque une aventure familiale à laquelle nous sommes conviés, et on se laisse porter par les séquences drôles, tendres ou impressionnantes.

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La beauté des paysages de l’Antarctique, et les fantastiques fonds marins à eux seuls seraient suffisants pour nous motiver à aller voir ce film. Les voix humanisées des animaux, qui en avaient agacé plus d’un dans La Marche de l’Empereur, sont heureusement remplacés par le commentaire lu par Lambert Wilson. Les naturalistes les plus puristes seront heureux de voir exclusivement des animaux sauvages, libres dans leur milieu. L’Empereur est donc, vraiment, un film pour tout le monde…

 

Voici la bande annonce  de ce film

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Attachée de presse : Aude Thomas
Aude.Thomas@disney.com

Dossier de presse http://www.disney-television.com/Empereur_lefilm/

Affiche http://bit.ly/2hC8Zpr


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« Power to change » : une bonne raison d’aller au cinéma

Le film Power to change, la rébellion énergétique est une réalisation de Carl-A. Fechner sortie en Allemagne le 17 mars 2016. Une version originale allemande avec sous-titres français et une version doublée française sont prévues en France à partir du 11 janvier 2017. Voici un film qui invite chaque spectateur à participer à une rébellion énergétique, selon ses moyens et ses connaissances.

 

par Georges Lévêque

 

60-320x450Rêve ou réalité ? La vision mise en scène est celle d’une société où le système de fourniture d’énergie serait démocratique, durable et d’un coût abordable, à partir de sources 100 % renouvelables. Ce film nous entraîne dans un voyage à la découverte d’un pays (l’Allemagne) où des centaines de milliers de personnes transforment cette vision en une réalité tangible.

 

Ce sont les rebelles d’aujourd’hui, des pionniers combatifs, des bricoleurs amateurs qui luttent pour la révolution énergétique grâce à des technologies franchement innovantes et parfois surprenantes. Passionnés et pleins d’espoir, ils acceptent les revers mais célèbrent tout autant leurs succès. Car l’avenir de l’énergie du monde est bien liée à des sources décentralisées, propres, sans limite et bien entendu renouvelables. Carl Fechner signe là un puissant plaidoyer pour la mise en oeuvre rapide de cette révolution.

 

Voici quelques propos sur lesquels les espoirs des intervenants sont bâtis :
* sans énergie, rien n’est possible dans notre monde,
* la conquête du charbon et du pétrole donne lieu à des guerres,
* ces ressources-là sont d’ailleurs limitées à la fois en quantité et en durée,
* les nuisances provoquées par l’extraction du charbon, du pétrole, des gaz de schiste et de l’industrie de l’atome sont inquiétantes,
quelles explications donnerons-nous à nos petits-enfants plus tard quand ils seront confrontés à une quantité insoutenable de déchets toxiques et qu’ils demanderont pourquoi nous avons laissé faire ?

On sait que les changements ne viendront pas d’en haut, nous explique le film. Il est plus raisonnable d’imaginer que c’est la somme de nos petites contributions et d’idées nouvelles qui contraindront les Etats et les administrations à s’orienter vers des solutions qui ne font pas courir des risques aussi dramatiques. Les personnalités politiques qui participent à ce plaidoyer, scientifiques, industriels, journalistes, enseignants déjà convertis, affirment qu’il faut passer de la dictature énergétique à la démocratie énergétique. On a besoin d’une vision pour de meilleurs lendemains et la plus stupide serait de penser que tout peut continuer comme ça.

 

Le spectateur voit défiler pendant une heure et demie beaucoup d’intervenants. Comme le professeur Claudia Kemfert, par exemple, qui défend brillamment son point de vue. Elle est à la tête du département de l’Energie, du Transport et de l’Environnement à l’Institut allemand pour la recherche économique. Elle analyse les affirmations erronées qui nous sont familières, depuis les coûts prétendument plus élevés pour l’électricité photovoltaïque jusqu’à la menace des pannes d’électricité. Elle contredit les lobbyistes des grandes multinationales pétrolières et énergétiques à l’aide d’arguments scientifiques et factuels.

 

Parmi les solutions avancées, sont évoquées les chaudières à granulés de bois et de paille, les centrales au biogaz, les énergies géothermiques et hydroélectriques. On met en avant les unités de stockage qui aident à stabiliser le réseau lorsqu’un excès d’électricité est injecté. Encore plus fort et novateur avec la visite d’une grande unité de conversion d’électricité en gaz. Cette centrale située à Werlte en Basse-Saxe fonctionne par électrolyse. Les surplus d’électricité, quand il s’en trouve, sont utilisés pour créer de l’hydrogène à partir de l’eau. Le CO2 libéré par une unité de biogaz est isolé. L’hydrogène et le CO2 vont ensuite être transformés en méthane comparable au gaz naturel qui peut alors être utilisé en tant que carburant par les voitures propulsées au gaz, ou bien injecté dans le réseau de gaz naturel. D’autres technologies existent. Power to change les présente de manière plaisante et compréhensible par la plupart d’entre nous.

 

Le film sort au cinéma le 11 janvier à Paris et partout en France, avec très souvent des soirées-débats, notamment le mercredi 11 janvier à 20 h, en présence du réalisateur Carl-A. Fechner, au cinéma Espace Saint-Michel à Paris.

Voici la bande-annonce du film :

La distribution est assurée par jupiter-films.com
Jupiter Films/Jean Roelotts

41, rue Claude Terrasse. Paris 16e
Tél : 01 53 84 40 90 Programmation@jupiter-films.com

Facebook PowertoChangelefilm

 

Matériel de presse téléchargeable sur Jupiter-films.com

 

Relations presse
Liliane Sloimovits
>06 64 88 44 42
lilianesloimovits@gmail.com

 

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« Qu’est-ce qu’on attend ? », un film qui rend heureux

Le dernier film de Marie-Monique RobinQu’est ce qu’on attend ?, raconte l’histoire d’Ungersheim, un village en transition à 15 kilomètres de Mulhouse. Si ce n’est déjà fait, ce documentaire est à voir absolument en ce début d’année, histoire de partir sur un bon pied.

par Danièle Boone


afficheA Ungersheim, les impôts locaux n’ont pas augmenté depuis 2005. Mieux, la commune d’Ungesheim a économisé plus de 120 000 euros et a créé une centaine d’emplois. Un miracle ? Non, mais la volonté sans faille de Jean-Claude Mensch, son maire depuis 1989. Mineur pendant 35 ans, de l’âge de 17 ans jusqu’à 52 ans, il se définit comme un « enfant de la potasse ». Toute sa vie a été dans l’engagement militant. Ce végétarien qui ne boit pas d’alcool a réussi à faire passer ses idées et surtout à les réaliser. Ainsi, sa commune est devenu un village en transition, un modèle donc. Parmi ses réussites : le trèfle rouge, un jardin en maraîchage bio de 8 hectares qui fait partie du réseau des Jardins de cocagne et qui fournit en légumes bio et solidaires la cantine scolaire et des paniers de légumes pour les habitants; la filière de la graine à l’assiette qui transforme les légumes impropres à la vente et produit des repas, une régie de l’eau, une monnaie locale, une centrale photovoltaïque installée sur une friche industrielle de 5 hectares qui fournit de l’électricité pour 10 000 habitants, un écoquartier…

Parmi le casting, notons Alice Schneider, cette habitante de 84 ans, pétillante et pétulante qui annonce avoir envie de tout et surtout d’être active pour faire avancer les choses; Sophie Haby, 23 ans, benjamine du conseil municipal, en charge du photovoltaïque ou encore Christophe et Lili Moyses, un couple de paysans boulanger extraordinaire. Un des temps forts du film est la visite à Ungersheim de Rob Hopkins, le fondateur du mouvement des villes en transition venu saluer le travail du maire et de ses concitoyens.

Contact presse : Florence Bardin. Tél.: 01 82 83 81 90 / 06 77 05 06 17 – florence.bardin@agencef.com

Voici la bande-annonce de ce film :

 

« La vallée des loups » vue par Jean-François Noblet

La vallée des loups, qui sort dans les salles le 4 janvier 2017, est un film formidable !

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par Jean-François Noblet

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lavalle_visuel_aff2_600Mon ami Jean-Michel Bertrand nous avait déjà régalés avec son précédent film Vertige d’une rencontre, qui racontait son admiration des aigles royaux.

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Naturaliste accompli, parfaitement intégré dans les montagnes alpines où il est né, « Milou » pour les intimes, avait le rêve de filmer des loups sauvages dans sa vallée d’enfance. Il raconte dans le film La vallée des loups sa longue quête, les innombrables nuits d’affûts par tous les temps et il nous montre, pour la première fois en France, des images extraordinaires de vrais loups en liberté. Non pas des loups apprivoisés ou prisonniers d’un parc animalier, mais une meute et ses louveteaux acceptant une certaine promiscuité avec un naturaliste respectueux, discret et compétent.

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Je ne vous raconterai rien des détails de l’histoire pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais j’affirme que ce film est un chef d’œuvre qui fera date dans l’histoire de la protection de la nature. En effet, les nombreuses scènes d’animaux sauvages filmés sont d’une qualité exceptionnelle : cadrage impeccable, lumière d’enfer et comportements rarement observés. On sent là l’amour immense de l’auteur pour toutes les formes de vie.

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De multiples pointes d’humour et un commentaire pris sur le vif enregistré par Milou lui-même, sobre et profond à la fois, nous démontre qu’il est possible de faire partager autrement la passion pour la nature et le respect du sauvage.

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C’est là que réside l’intérêt majeur de ce film. Il montre comment les naturalistes ressentent intimement leur place au milieu du monde vivant, les émotions de rencontres avec des animaux libres sur le terrain et il nous fait partager ce bonheur. On est loin des explications scientifiques moralisatrices ou des interviews de personnalités reconnues voulant nous convaincre. Non, Milou renverse, à lui tout seul, toutes les bêtises et les rumeurs qui circulent sur le loup, par la beauté des images et la sincérité d’un homme du pays.

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Courez voir ce film et emmenez-y vos enfants. Ce sera la plus formidable manière de démarrer la nouvelle année pour que nous puissions espérer sauver enfin la nature et tolérer la présence de quelques loups à nos côtés.

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La vallée des loups, film de Jean-Michel Bertrand, durée : 1 h 30. Sortie le 4 janvier 2017.
Pathé distribution, Tel : 01 71 72 30 00

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Presse : Delphine Olivier, Tel : 04 42 59 19 15, P : 06 89 09 57 95. delphineolivier.presse@gmail.com

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Retrouvez Jean-François Noblet ici sur son site.

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« La Vallée des loups » vue par Jane Hervé

Ce film d’une stupéfiante beauté, qui sort en salles le 4 janvier 2016, nous entraîne dans un parcours initiatique imprévu. Il semble si impossible à réaliser que le cinéaste a mis trois années à pénétrer dans la terre des loups, au fond d’une vallée alpine restée secrète.

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par Jane Hervé

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lavalle_visuel_aff2_600Jean-Michel Bertrand nous introduit à sa suite dans une quête vertigineuse de « nature sauvage ». Ce sont les aigles royaux* qui l’ont conduit là, relayés par une minuscule chouette, au milieu d’agiles chamois et bouquetins. Le cinéaste avance (et nous avec lui), suivant le flux d’images de sa caméra et de son intuition détective. Où est.sont le.s loup.s  sauvage.s ? C’est là qu’il continuera à chercher, été comme hiver, d’abord sur le piton rocheux, puis dans la vallée de sapins giboyeuse à souhait. Idéale. Il campera ici et là dans cette vallée d’éden, armé d’une patience infinie. Il placera des caméras automatiques, filmant de nuit les bêtes de passage. Il verra – de jour et un jour – un loup. La nuit, la caméra en montrera un autre, serrant un cerf dans ses mâchoires.

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J.M. Bertrand sait désormais qu’il est sur leur territoire, lieu de sauvagerie dont l’homme est exclu. Il urinera alors ponctuellement, toujours au même endroit pour les habituer à sa présence d’humain. A l’affût, il devient dès lors « invisible ». Il comprend ce que la bête représente dans l’inconscient collectif et découvre qu’il se « retrouve » un peu lui-même. Enfin.

 

 

Camouflé à un endroit stratégique, dans la neige et la tempête, parfois cerné de lumière, il saisira peu à peu leur passage et la présence de leur tanière. Au terme de sa recherche, il comprendra la naissance, puis le jeu simple des louveteaux qui au printemps suivant se rouleront dans les herbages sous ses yeux (les siens et ceux de la caméra), parfois surveillés par leur mère. On ne regrette qu’une chose, que Bertrand ne soit pas devenu un loup pour continuer à filmer les loups ! Au loin, un coup de fusil a résonné dans les montagnes voisines, rappelant que les chasseurs sont aussi à l’affût, mais pour d’autres raisons.

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* Les aigles constituent son observation ethno-cinématograhique originelle.

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La vallée des loups, film de Jean-Michel Bertrand, durée : 1 h 30 Sortie le 4 janvier 2017
Pathé distribution, Tel : 01 71 72 30 00

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Presse : Delphine Olivier, Tel : 04 42 59 19 15, P : 06 89 09 57 95. delphineolivier.presse@gmail.com

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00_couv3d_g_vallee_loups_defEn novembre 2016, un ouvrage La vallée des loups, un homme au cœur du sauvage, est paru aux éditions de la Salamandre. Texte Jean-Michel Bertrand, Photos Bertrand Bodin, Préface Yves Paccalet (JNE), , Prix 29 €. Contact médias : Géraldine Rémond. Tel : 06 73 58 05 41. geraldine@salamandre.net

 

 

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Cousteau and sons

L’Odyssée, le récent film sur Cousteau, souligne une vérité du personnage : il n’est devenu protecteur de la planète que sur le tard, à 62 ans, après une expédition en Antarctique en 1972 qui l’a positivement fasciné.

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par Roger Cans

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208_343322Son fils Philippe, c’est vrai, avait essayé de le tirer plus tôt vers la protection de la nature, quitte à sacrifier les goûts du grand public pour l’anecdotique, mais en vain. Cousteau savait ce que demandait la télévision américaine, et il n’hésitait pas à privilégier des montages très personnels pour satisfaire la demande générale, plutôt que de prêcher pour la protection des requins ou des baleines. En outre, il faut l’avouer, Philippe avait surtout le goût de l’aviation, comme son père à l’origine, ce qui n’est pas en soi une démarche écologique.

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C’est donc bien l’Antarctique, où il était avec ses deux fils, qui a converti Cousteau à la croisade écologique. Le film L’Odyssée, centré sur la mort de Philippe, le fils préféré, s’ouvre et s’achève sur l’accident d’avion qui lui a coûté la vie lors d’un survol de l’estuaire du Tage, au Portugal. Du coup, le film occulte le fils aîné Jean-Michel, réduit à une très pâle figuration. C’est un parti pris du réalisateur, parfaitement légitime, mais il faut quand même rappeler que les deux fils ont joué un rôle important dans la plupart des expéditions Cousteau, le remplaçant même souvent en son absence sur le bateau.

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Lors d’une grande expédition aux antipodes en 1968, via la Mer Rouge, Madagascar et l’Afrique du Sud, c’est Jean-Michel qui mène la barque. Le commandant est resté à terre, toujours à la recherche de nouveaux contrats, de nouvelles opportunités et de nouvelles trouvailles techniques. Philippe est en Californie avec l’Américaine qu’il vient d’épouser. Et Jean-Michel, chargé de la logistique, prépare les escales de la Calypso. C’est alors lui qui pousse l’équipe de tournage à aller filmer dans les mines de diamant. C’est donc à son fils aîné que Cousteau le marin doit l’idée de filmer aussi à terre, et donc de se lancer plus tard dans l’exploration des grands fleuves.

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Jean-Michel Cousteau

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Après la mort de Philippe, Jean-Michel ne quitte plus son père, et ils feront un tandem très performant. Sur tous les documents, affiches et couvertures de livres, le père et le fils apparaissent ensemble, duo emblème de l’écologie planétaire. Pour couronner cette démarche commune, Jean-Michel, architecte, est chargé de concevoir le « Parc océanique Cousteau » du Forum des Halles à Paris, inauguré en grande pompe en 1989 par le Président Mitterrand et le Premier ministre Michel Rocard. Mais le parc fait un flop, imputable à la fois au père et au fils : le père, qui ne voulait pas d’animaux vivants, conformément aux nouveaux canons de l’écologie, et le fils qui a accepté de concevoir un lieu de curiosité océanographique dans un souterrain minuscule, où l’on ne trouve que des écrans de télévision montrant le commandant avec son bonnet rouge et des boutiques souvenirs où l’on vend des peluches.

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Après le sommet de la Terre de Rio, en 1992, qui consacre Cousteau « Captain Planet », Jean-Michel rompt avec son père, remarié avec une ancienne hôtesse de l’air. Installé aux Etats-Unis, il prend la tête de la « Cousteau Society » et multiplie interventions et conférences, au nom de son père. Cela a le don d’irriter le commandant et sa nouvelle femme Francine, qui s’estiment les seuls à représenter les « Equipes Cousteau », le nom de la fondation en France. Mais les Américains ne font pas la différence entre les deux institutions et continuent à vouer un culte à Jean-Michel, qui vit chez eux.

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La rupture définitive entre le père et le fils intervient lorsque Jean-Michel crée un « Cousteau Resort » aux îles Fidji. Le commandant ne supporte pas que l’on utilise son nom pour une opération touristique et commerciale où il n’a aucune part. Il ne pourra pas s’opposer à un « Jean-Michel Cousteau Resort », qui ne fait référence qu’à son fils, libre d’utiliser son nom comme il l’entend. Depuis la mort de son père en 1997, Jean-Michel exploite à fond l’aura planétaire et surtout américaine du commandant, en plaidant pour la bonne cause : la sauvegarde de la planète, comme naguère son frère Philippe. Il a été nommé en octobre 2016 Chairman de l’ONG Green Cross International, succédant à ce poste à Mikhail Gorbatchev.

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Sur le film L’Odyssée, voir aussi la critique de Laurent Samuel.

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Tant qu’il y aura des tourterelles de Marion Petit et Joachim Bouyjou

Réalisé par deux jeunes cinéastes formés par l’IFFCAM, ce documentaire est projeté en ouverture du 32ème Festival de Ménigoute (27 octobre au 1er novembre 2016).

par Marc Giraud

tourterelleProduit par Fifo distribution, Tant qu’il y aura des tourterelles est donc un produit maison, pro et efficace, ornithologique mais pas que. Il raconte l’histoire d’un oiseau que l’on croirait banal, la tourterelle des bois, mais dont les populations sont en plein effondrement (moins 95 % en Angleterre !), et des protagonistes humains concernés par l’espèce. Chacun se souvient des batailles épiques, chaque 1er mai, entre Allain Bougrain Dubourg et les braconniers du Médoc. La chasse de printemps (ou plutôt le braconnage) a évidemment beaucoup contribué à raréfier ces oiseaux. Il s’y ajoute la disparition de leur habitat en France (arrachement des haies où elle niche) et en Afrique, et une mystérieuse maladie qui n’arrange rien.

Les protecteurs des tourterelles s’étonneront de la présence de chasseurs dans ce doc, qui est sans doute aussi un outil de diplomatie : seuls, les chasseurs pourraient décider d’un moratoire de la chasse de cette espèce, comme l’un d’eux le propose. L’un des passages les plus étonnants de ce documentaire est la découverte d’une réserve clôturée en Afrique, où repoussent les arbres et reviennent les tourterelles, et où une agriculture salutaire est de retour. Un autre passage, qui révèle l’impact des chasses privées au Maroc, a dû demander quelques prises de risques à Marion Petit et à Joachim Bouyjou, qu’il faut saluer pour cette belle entreprise.


Fifo Distribution, 52 minutes – www.fifo-distribution.com
Voir la bande annonce
Contact :  Marie-Christine Brouard – fifo-distribution@wanadoo.fr

 

« L’Odyssée », ou le mythe de la rédemption du Commandant Cousteau

Sorti dans les salles le 15 octobre 2016, L’Odyssée, film de Jérôme Salle consacré à Jacques-Yves Cousteau, se laisse voir sans déplaisir, grâce à une réalisation efficace et aux interprétations impeccables de Lambert Wilson (le Commandant), Audrey Tautou (sa première épouse Simone) et Pierre Niney (son fils Philippe). Ce long-métrage de fiction a aussi le mérite de ne pas tomber dans l’hagiographie, et de montrer certains « mauvais » côtés de « JYC », comme par exemple son indifférence au sort de deux otaries mises en cage à bord de la Calypso.

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par Laurent Samuel

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arton32487Pourtant, tout en faisant mine de déconstruire le « mythe » Cousteau, L’Odyssée nous en bâtit un autre. Car ce film monte en épingle une brouille survenue au milieu des années 1960 entre JYC et son fils Philippe, ce dernier reprochant à son père de se soucier comme d’une guigne des problèmes d’écologie et de condition animale et d’être uniquement motivé par l’argent, via notamment ses contrats avec la chaîne américaine ABC dont les documentaires font du « Captain Cousteau » une célébrité internationale. Si l’on en croit le film, cette rupture aurait été suivie d’une réconciliation dans les années 1970, Philippe acceptant de travailler avec son père sur une nouvelle série de documentaires, plus « écolos » que les précédents, consacrés à l’Antarctique. Au cours du tournage, le Commandant aurait vu la lumière, et le salaud, indifférent même au décès de son propre père, serait devenu un héros, un capitaine courageux dévoué au sauvetage de la planète en danger. Une rédemption que la mort accidentelle de Philippe en 1979 aurait parachevé, faisant du « Captain Planet » une figure quasi-christique.

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Comme on s’en doute, la réalité est plus nuancée. « JYC » n’a jamais été ni ce méchant intégral dépeint dans la première partie du film, ni ce héros exemplaire loué dans sa deuxième partie. Ainsi que le rappelait notre confrère JNE Yves Paccalet, longtemps membre de l’équipe Cousteau, dans une émission de la Tête au Carré sur France Inter consacrée à la sortie du film, le Commandant s’était ému de la pollution de la Méditerranée dès ses premiers films dans les années 1940, avait participé à une manifestation contre les armes nucléaires au tout début des années 1960, et avait dénoncé dès cette époque les déversements en mer de déchets radioactifs. Il est donc faux de dater des années 70, comme le fait le film, sa « conversion » à l’écologie. Au cours de la dernière partie de sa vie (entre la mort de Philippe en 1979 et la sienne en 1997), sur laquelle L’Odyssée a choisi de faire l’impasse, Cousteau a d’ailleurs continué à concilier son engagement écologiste avec la poursuite d’opérations commerciales pas toujours profitables, ainsi que l’a illustré le gouffre financier retentissant de son Centre océanique dans le Forum des Halles à Paris.

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On regrette aussi qu’à se focaliser sur le conflit avec Philippe, L’Odyssée occulte celui, bien plus documenté (voir le livre de notre confrère JNE Roger Cans, Cousteau : Captain Planet, aux éditions Sang de la Terre) du Commandant avec son autre fils, Jean-Michel. De même, sont rayés du paysage le frère maudit collabo, Pierre-Antoine Cousteau, ancien de Je Suis Partout, mort en 1959, ainsi que sa seconde femme, Francine Triplet, épousée en 1991 après le décès de Simone en 1990, mais avec qui il avait fondé une seconde famille dès 1979, avec la naissance de deux enfants, Diane en 1979 et Pierre-Yves en 1981. La présence dans le film de ces deux personnages controversés aurait-elle risqué de faire tache ?

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En sortant de la salle, on a pensé à la célèbre phrase du film de John Ford, L’homme qui tua Liberty Valance : « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende ». La légende de Cousteau telle que nous la raconte Jérôme Salle est sans conteste plus séduisante que la réalité du personnage, bourré (comme chacun de nous…) de contradictions et capable du pire ou du meilleur. Alors, ne boudons pas notre plaisir, à condition de ne pas oublier que tout ceci n’est qu’une belle histoire…

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« L’intérêt général et moi » : un film édifiant sur la démocratie des grands projets


Le film réalisé par Sophie Metrich et Julien Milanesi est une réflexion sur l’intérêt général à partir de trois projets d’infrastructure de transport : l’autoroute Langon-Pau (A65), la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Sud Ouest et l’aéroport Notre-Dame-des-Landes à Nantes. Sortie en salle le 1er juin.


par Danièle Boone


Affiche-Interet-generalUn mois avant le référendum sur Notre-Dame-des-Landes, ce documentaire qui invite à la réflexion tombe à pic. Sophie Metrich, réalisatrice, et Julien Milanesi, économiste, maître de conférences à l’université Paul Sabatier de Toulouse et chercheur au Laboratoire d’Etude et de Recherche appliqué en Sciences Sociales (LERASS), partent d’un projet qu’ils connaissent bien : la construction de l’autoroute A65 Pau-Langon. Ils s’étaient personnellement engagés dans la lutte. C’est après que la décision soit prise, qu’ils ont décidé de faire un film en élargissant à deux autres projets, la LGV Sud-Ouest et l’aéroport Notre-Dame-des-Landes.

Pendant six ans, ils ont donné la parole à des élus, dirigeants politiques nationaux et locaux, militants associatifs, journalistes, fonctionnaires, pour tenter de définir ce qu’est l’intérêt général, qui le définit et sur quels fondements. Il est question d’un sacrifice, celui d’une terre habitée, de ses paysages, de ses cours d’eau, de ses chemins, de ses villages, de ses maisons, de ses souvenirs. Et la question est celle de la justification : au nom de quoi ce territoire est-il sacrifié ? en échange de quoi ? Sur l’autel de quels espoirs, de quels principes ?

Démontant la caricature médiatique récurrente opposant l’intérêt général incarné par des élus et l’intérêt particulier porté par des riverains touchés par le syndrome NIMBY (de l’anglais « not in my back yard »), ils entraînent le spectateur vers une réflexion de plus en plus approfondie et très documentée notamment avec des images d’archives ou la lecture d’un arrêté de la Direction Environnement de l’Aquitaine autorisant la destruction par Aliénor d’une impressionnante liste d’espèces protégées pour la construction de l’A65.

Le film pointe les manipulations de chiffres, les surestimations, l’hypocrisie des PPP (Partenariats PublicPrivé), car il y a toujours une clause qui dit qu’en cas de faillite c’est la collectivité qui récupère l’équipement et les dettes qui y sont liées ! Cette clause est l’article 40 dans le contrat de concession de l’A65. Elle apparaît également dans celui avec Vinci pour l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Aujourd’hui, les pertes de l’A65 s’élèvent à 35 millions d’euros par an ! Hervé Kempf (JNE) rappelle le cas de Bernard Hagelsteen, préfet de Loire-Atlantique, responsable de l’enquête coût-bénéfice du projet d’aéroport, qui a quitté son poste pour devenir quelque temps plus tard conseiller chez… Vinci !


Le film est rythmé par des séquences d’expression corporelle avec Géraldine Borghi et Sébastien Dumont, un couple de danseurs immédiatement suivies de citations. Ma préférée : « A l’instant qu’un peuple se donne des représentants, il n’est plus libre » ,signée Jean-Jacques Rousseau.


En salle le 1er juin
L’intérêt général et moi est distribué par Coopérative Direction des Ressources Humaines

Voir bandes annonces : Bande-annonce #1Bande-annonce #2

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Le potager de mon grand-père

A la mort de sa femme, le grand-père de Martin Esposito n’a plus goût à rien. Alors le jeune cinéaste imagine la plus belle des thérapies.

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par Carine Mayo

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8990317-14267743Martin Esposito va aller filmer son grand-père dans son jardin, qui a occupé une place importante dans sa vie. Mois après mois, on suit le grand-père, qui récolte, cuisine un voluptueux coulis de tomates, sème les graines issues de ses légumes… perpétuant les gestes appris de ses grands-parents italiens. Et au printemps, alors que la vie bat son plein, on voit le grand-père renaître lui aussi à la vie !

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Entre le petit-fils, qui s’intéresse à la permaculture, et le grand-père qui pratique l’agriculture naturelle, la complicité s’installe. Une belle histoire d’amour…

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Voici la bande annonce de ce film.

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Contact presse  : Julie Coignet, emmapom, l’agence nouvelle culture
06 19 46 49 70, Julie@emmapom.com
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