Films, DVD & CD

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« Le Lien » : bien plus qu’un documentaire, une expérience qui questionne notre besoin de nature

En introduction à son « grand » projet (lire ici l’article de Nathalie Torjdman), Frédéric Plénard a réalisé en 2016 un film documentaire, Le Lien, dans lequel on suit un petit groupe d’adolescents qui passent dix jours en pleine nature.

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par Adeline Gadenne

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Tous issus d’un quartier populaire de la banlieue bordelaise, ils ont comme point commun d’être coupés de la nature dans leur vie quotidienne ainsi que dans leurs loisirs. Frédéric organise pour eux une immersion en montagne dans les Pyrénées, avec l’appui de deux animateurs nature. Une première pour ces jeunes citadins.

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Après seulement quelques jours, ces adolescents, au début mal à l’aise sur les pentes pyrénéennes, se sentent chez eux, comme si le goût pour la vie dans la nature était enfoui en eux. Regarder les étoiles, goûter – et apprécier – des plantes sauvages, embrasser des arbres… : « au lieu de vivre sur nos écrans, nous avons vécu la vraie vie », commente Eva, l’une des adolescentes.

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Epuré et naïf dans sa forme, ce film est riche d’enseignements sur notre connexion aux éléments. « Dans la nature, nous nous sommes rapprochés les uns des autres », conclut Eva.

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www.lelienleprojet.fr

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L’éveil de la permaculture

Et si la révolution s’inspirait de la nature ? Tel est le sous-titre de ce documentaire de Adrien Bellay sur la permaculture. Celle-ci, n’est pas simplement une méthode de culture. Elle est devenue une façon de faire bouger le monde, une alternative à une société hors-sol, un mouvement en marche international.

par Danièle Boone


C’est quoi la permaculture ? Un projet de vie ? du bons sens organisé ? L’enseignement est au cœur du documentaire d’Adrien Bellay. Lui-même a suivi un cours de « design en permaculture » , deux semaines d’apprentissage sur le fonctionnement des écosystèmes où les valeurs de partage et d’humanité prennent sens. Au-delà des savoirs échangés, Andy et Jessie Darlington, les deux formateurs, insufflent une forte énergie entre les membres du groupe. On parle d’autonomie, de résistance et de pouvoir d’agir. 

Prendre soin de la terre, prendre soin de l’homme et partager équitablement les ressources sont en effet, les trois principes de base de la permaculture.

Deux approches divisent la pensée scientifique, l’approche analytique et l’approche systémique. La première étudie les phénomènes en les divisant. Elle s’appuie sur la précision des détails. La seconde les étudie dans leur globalité et se concentre sur les interactions entres les éléments. C’est de cette seconde que relève la permaculture. L’approche systémique remplace les solutions fragmentaires à court terme par des solutions globales à long terme. Ce changement total de perception du monde est résumé dans un des principes majeur de la permaculture : intégrer plutôt que séparer.

Dans L’éveil de la permaculture, il est beaucoup question de transmission. Aujourd’hui, l’économie de la permaculture repose en grande partie sur les revenus générés par les formations. Ce système de financement pourrait atteindre rapidement ses limites mais les micro-fermes qui naissent un peu partout montrent que les méthodes alternatives prônées par la permaculture se mettent en place concrètement. Derrière ce mouvement international, il y a un grand désir de changer de vie. Toutes les catégories sociales de la population se retrouvent dans les formations mues par une recherche communes de solutions aux problèmes que nous avons tressés sur la planète.

Parmi les intervenants : Éric Escoffier, Pascal Depienne, Darren J.Doherty, Jean-Philippe Beau-Douëzy, François Léger… Tous sont d’accord, la permaculture, c’est créer du capital naturel, du capital écologique et c’est une urgence absolue. Éric Escoffier a le mot de la fin : « C’est à la portée de tous. C’est facile. C’est juste un choix« .


Distribution : Destiny films. En salle le 19 avril.
Contact presse : Alexia Coutant – alexia@anyways.fr

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Ma petite ferme sonore par Anna et Hervé Millancourt, Fernand Deroussen

Voici un CD original d’initiation aux cris des animaux pour tout petits, accompagné d’un livret avec de jolis dessins qui servent de support pour l’enfant. On entend d’abord les sons de chacun les uns après les autres (abeille, âne, canard, etc.), puis la voix explicative propose une imitation très simple (genre « coin coin » pour le canard ou « miaou » pour le chat) et nomme le verbe qui correspond (là, c’est parfois très pointu : la chèvre béguète, l’hirondelle trisse).

Après les sons de 20 animaux suivent 4 petites histoires simplissimes, qui sont en fait des prétextes à réentendre tous les cris déjà évoqués. À la fin du livret, des dessins montrent des paysages contenant les animaux. Pour le jeune auditeur, le jeu consiste à pointer du doigt chaque animal quand il entend le son qu’il produit. Pas bête.
(Marc Giraud)


Chiff-Chaff, 12,50 € – www.chiff-chaff.com
Contact presse : Hervé Millancourt. Tél.:  09 52 34 03 42 – h.millancourt@chiff-chaff.com
(Marc Giraud)

« Chasseur-Tueur-Imposteur ? » : un film-choc sur les abus de la chasse et la souffrance animale

Un film volontairement militant pour révéler les abus de la chasse moderne et montrer au public les souffrances qu’endurent les animaux face aux chasseurs. Un document inédit d’une grande qualité filmique qui devrait permettre de faire évoluer les consciences pour un meilleur respect de la faune sauvage.

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par Michel Cros

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Telle une reporter caméra au poing sur le terrain (suisse et français), Kate Amiguet part à la rencontre de ces hommes en tenue de chasse, traquant le gibier…

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Dans la ligne de mire du chasseur, le sanglier déjà blessé par balles se débat dans tous les sens. La boue est maculée par son sang. Il n’a aucune chance de s’en sortir. L’animal grogne terriblement, tellement la blessure le fait souffrir, mais ses plaintes restent comme lettre morte. La dernière balle lui sera fatale. Pour d’autres, l’agonie durera malheureusement plusieurs jours.

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Tel est ce monde de la chasse, qui est sans égard pour la sensibilité de la bête.

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Pourtant, comme le raconte Allain Bougrain-Dubourg (Président de la LPO et membre des JNE) – parmi les quelques intervenants écologistes qui participent à ce film – il fut un temps (et peut-être subsiste-t-il encore dans certaines tribus) où le respect de l’animal n’était pas incompatible avec l’acte de chasser. Les Amérindiens pour ne pas les citer nous ont laissé maints témoignages de leurs rituels (on se souviendra avec émotion la scène de chasse dans Le Dernier des Mohicans de Fenimore Cooper mis en images par Michael Mann).

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Mais le film de Kate Amiguet n’est pas une fiction, ni de la télé-réalité. Son but n’est pas de nous procurer des sensations fortes ni de nous mentir sur le monde de la chasse. Les images sont dures certes, mais parlent d’elles-mêmes ; des images chocs sur les techniques des chasseurs (déterrage, glu, lecque), mais aussi des révélations sur certaines pratiques mercantiles méconnues du grand public. On aimerait presque revenir aux « temps des secrets » avec les parties de chasse de la saga pagnolesque qui nous attendrissaient aux accents de la Provence, jusqu’à nous faire oublier le triste sort du lièvre ou de la grive voués au repas dominical tant attendu.

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Mais ce n’est pas cette chasse-là que la réalisatrice a voulu nous montrer, non pas qu’elle n’existe plus du tout… juste que l’univers de la chasse s’est orienté vers une autre direction ; celle du loisir et du commerce avec des réseaux de plus en plus sophistiqués comme pour le braconnage sur le gros gibier, déclare Pierre Athanaze (Président d’Action Nature Rewilding France). En effet, celui-ci souligne que cette activité est passée en quelques décennies, d’une chasse de subsistance à une chasse spectacle où il est permis de tuer pour se faire plaisir, avec des trophées de chasse en série qui finissent en grande partie à la poubelle. Alors, si le besoin de nourriture n’est plus la raison vitale, quelle serait alors la motivation profonde d’une partie de chasse ; quel est ce besoin d’aller décharger sa carabine sur des êtres innocents ?

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Y aurait-il deux sortes de chasseurs, un des temps anciens et un des temps modernes ?

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Kate Amiguet ne nous laisse pas le choix, le portrait du chasseur moderne est camouflé dans son titre Chasseur-Tueur-Imposteur ?. Et son portrait-robot est d’emblée révélé au fil des images sur notre écran. Je ne peux m’empêcher d’aller chercher dans la littérature quelques indices de réponses : « Le chasseur vise, et tire sur son malheur, ou sa malchance, en tout cas quelque chose de présent en lui et dont il entend se venger », dit le narrateur de La chasse dans les collines, une nouvelle de l’écrivain japonais Yasushi Inoue.

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Pour Gérard Charollois (Président de la Convention Vie & Nature), tuer pour le plaisir n’est pas sans conséquence sur l’homme. Il est désormais prouvé (c’est appelé le lien) que faire du mal à un animal a des répercussions sur le psychisme qui vont un jour s’activer dans le même sens envers l’humain.

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Il est surprenant voire contradictoire que la classe politique, de plus en plus sensible à toute émergence de la violence, ne prenne pas acte de cette réalité.

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Face à ce constat morbide, car la chasse fait aussi des victimes humaines, on aimerait entendre les chasseurs s’expliquer sur leurs réelles motivations, mais le dialogue semble impossible et la confrontation non sans risques, comme le révèlent certaines séquences de ce film.

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Pourtant, les alternatives à la chasse existent tant en France qu’à l’étranger. Gottlieb Dandliker, inspecteur de la faune à Genève, explique que la chasse a été abolie en 1974 dans le canton genevois. Depuis, des clôtures électriques protègent les cultures.

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Un autre aspect abordé au cours de ce documentaire est que notre biodiversité est arrivée à un point critique. En conséquence, nous ne pouvons plus en tant que citoyens responsables d’une planète en péril, accepter ces pratiques d’un autre âge. Les statistiques le prouvent, mais aussi la conscience citoyenne internationale de plus en plus opposée à de telles pratiques qui ne respectent pas la vie. Affirmer que l’animal ne souffre pas est un non-sens que désapprouve l’opinion publique, de plus en plus sensibilisée par les images sur la maltraitance animale, qu’elle soit domestique ou sauvage.

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Chasseur- Tueur-Imposteur ? devrait apporter des « pièces à conviction » supplémentaires au législateur pour une reconnaissance de la sensibilité de l’animal sauvage. Droit qui ne lui a pas été accordé dans le nouveau statut de l’animal entré en vigueur le 16 février 2015.

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Ce film confirme les réflexions apportées lors du colloque Animal Politique, avec notamment le professeur Jean-Pierre Marguénaud et la philosophe Florence Burgat, qui interpelle l’intérêt financier, voire marchand, lié aux animaux, véritable frein à l’évolution du droit animalier en France.

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« Quelle misère que l’intelligence soit limitée mais la bêtise sans limite ! » avait dit l’ancien chancelier allemand Konrad Adenauer. Souhaitons que ce début du XXIe siècle fasse émerger de nouvelles perspectives entre l’homme et l’animal, pour un meilleur partage du territoire profitable à chacun.

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Réalisatrice : Kate Amiguet
65 minutes, 2016.

Production : AudioVisu-Elle
Diffusion : TV Mart

Vous pouvez visionner le film en cliquant sur le lien ci-dessous
http://www.tvmart.ch/Chasseur-Tueur-Imposteur-LE-FILM_v184.html

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« L’Empereur » de Luc Jacquet

Ce film animalier a eu une belle promo, et devrait plaire : typiquement disneyen, il convient à toute la famille.

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par Marc Giraud

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On suit l’histoire d’un couple de manchots empereurs dans un univers incroyablement rude, puis celle de leur petit, et de son aventure fantastique : rejoindre l’océan, sans ses parents, et plonger vers l’inconnu de son avenir.

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Le film ne s’intéresse pas aux autres animaux (c’est à peine si on aperçoit un phoque), et la prédation est quasi inexistante. En dehors des conditions difficiles de la reproduction des manchots, on apprend donc peu de choses sur la vie de ces animaux et leur milieu naturel.C’est donc presque une aventure familiale à laquelle nous sommes conviés, et on se laisse porter par les séquences drôles, tendres ou impressionnantes.

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La beauté des paysages de l’Antarctique, et les fantastiques fonds marins à eux seuls seraient suffisants pour nous motiver à aller voir ce film. Les voix humanisées des animaux, qui en avaient agacé plus d’un dans La Marche de l’Empereur, sont heureusement remplacés par le commentaire lu par Lambert Wilson. Les naturalistes les plus puristes seront heureux de voir exclusivement des animaux sauvages, libres dans leur milieu. L’Empereur est donc, vraiment, un film pour tout le monde…

 

Voici la bande annonce  de ce film

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Attachée de presse : Aude Thomas
Aude.Thomas@disney.com

Dossier de presse http://www.disney-television.com/Empereur_lefilm/

Affiche http://bit.ly/2hC8Zpr


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« Power to change » : une bonne raison d’aller au cinéma

Le film Power to change, la rébellion énergétique est une réalisation de Carl-A. Fechner sortie en Allemagne le 17 mars 2016. Une version originale allemande avec sous-titres français et une version doublée française sont prévues en France à partir du 11 janvier 2017. Voici un film qui invite chaque spectateur à participer à une rébellion énergétique, selon ses moyens et ses connaissances.

 

par Georges Lévêque

 

60-320x450Rêve ou réalité ? La vision mise en scène est celle d’une société où le système de fourniture d’énergie serait démocratique, durable et d’un coût abordable, à partir de sources 100 % renouvelables. Ce film nous entraîne dans un voyage à la découverte d’un pays (l’Allemagne) où des centaines de milliers de personnes transforment cette vision en une réalité tangible.

 

Ce sont les rebelles d’aujourd’hui, des pionniers combatifs, des bricoleurs amateurs qui luttent pour la révolution énergétique grâce à des technologies franchement innovantes et parfois surprenantes. Passionnés et pleins d’espoir, ils acceptent les revers mais célèbrent tout autant leurs succès. Car l’avenir de l’énergie du monde est bien liée à des sources décentralisées, propres, sans limite et bien entendu renouvelables. Carl Fechner signe là un puissant plaidoyer pour la mise en oeuvre rapide de cette révolution.

 

Voici quelques propos sur lesquels les espoirs des intervenants sont bâtis :
* sans énergie, rien n’est possible dans notre monde,
* la conquête du charbon et du pétrole donne lieu à des guerres,
* ces ressources-là sont d’ailleurs limitées à la fois en quantité et en durée,
* les nuisances provoquées par l’extraction du charbon, du pétrole, des gaz de schiste et de l’industrie de l’atome sont inquiétantes,
quelles explications donnerons-nous à nos petits-enfants plus tard quand ils seront confrontés à une quantité insoutenable de déchets toxiques et qu’ils demanderont pourquoi nous avons laissé faire ?

On sait que les changements ne viendront pas d’en haut, nous explique le film. Il est plus raisonnable d’imaginer que c’est la somme de nos petites contributions et d’idées nouvelles qui contraindront les Etats et les administrations à s’orienter vers des solutions qui ne font pas courir des risques aussi dramatiques. Les personnalités politiques qui participent à ce plaidoyer, scientifiques, industriels, journalistes, enseignants déjà convertis, affirment qu’il faut passer de la dictature énergétique à la démocratie énergétique. On a besoin d’une vision pour de meilleurs lendemains et la plus stupide serait de penser que tout peut continuer comme ça.

 

Le spectateur voit défiler pendant une heure et demie beaucoup d’intervenants. Comme le professeur Claudia Kemfert, par exemple, qui défend brillamment son point de vue. Elle est à la tête du département de l’Energie, du Transport et de l’Environnement à l’Institut allemand pour la recherche économique. Elle analyse les affirmations erronées qui nous sont familières, depuis les coûts prétendument plus élevés pour l’électricité photovoltaïque jusqu’à la menace des pannes d’électricité. Elle contredit les lobbyistes des grandes multinationales pétrolières et énergétiques à l’aide d’arguments scientifiques et factuels.

 

Parmi les solutions avancées, sont évoquées les chaudières à granulés de bois et de paille, les centrales au biogaz, les énergies géothermiques et hydroélectriques. On met en avant les unités de stockage qui aident à stabiliser le réseau lorsqu’un excès d’électricité est injecté. Encore plus fort et novateur avec la visite d’une grande unité de conversion d’électricité en gaz. Cette centrale située à Werlte en Basse-Saxe fonctionne par électrolyse. Les surplus d’électricité, quand il s’en trouve, sont utilisés pour créer de l’hydrogène à partir de l’eau. Le CO2 libéré par une unité de biogaz est isolé. L’hydrogène et le CO2 vont ensuite être transformés en méthane comparable au gaz naturel qui peut alors être utilisé en tant que carburant par les voitures propulsées au gaz, ou bien injecté dans le réseau de gaz naturel. D’autres technologies existent. Power to change les présente de manière plaisante et compréhensible par la plupart d’entre nous.

 

Le film sort au cinéma le 11 janvier à Paris et partout en France, avec très souvent des soirées-débats, notamment le mercredi 11 janvier à 20 h, en présence du réalisateur Carl-A. Fechner, au cinéma Espace Saint-Michel à Paris.

Voici la bande-annonce du film :

La distribution est assurée par jupiter-films.com
Jupiter Films/Jean Roelotts

41, rue Claude Terrasse. Paris 16e
Tél : 01 53 84 40 90 Programmation@jupiter-films.com

Facebook PowertoChangelefilm

 

Matériel de presse téléchargeable sur Jupiter-films.com

 

Relations presse
Liliane Sloimovits
>06 64 88 44 42
lilianesloimovits@gmail.com

 

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« Qu’est-ce qu’on attend ? », un film qui rend heureux

Le dernier film de Marie-Monique RobinQu’est ce qu’on attend ?, raconte l’histoire d’Ungersheim, un village en transition à 15 kilomètres de Mulhouse. Si ce n’est déjà fait, ce documentaire est à voir absolument en ce début d’année, histoire de partir sur un bon pied.

par Danièle Boone


afficheA Ungersheim, les impôts locaux n’ont pas augmenté depuis 2005. Mieux, la commune d’Ungesheim a économisé plus de 120 000 euros et a créé une centaine d’emplois. Un miracle ? Non, mais la volonté sans faille de Jean-Claude Mensch, son maire depuis 1989. Mineur pendant 35 ans, de l’âge de 17 ans jusqu’à 52 ans, il se définit comme un « enfant de la potasse ». Toute sa vie a été dans l’engagement militant. Ce végétarien qui ne boit pas d’alcool a réussi à faire passer ses idées et surtout à les réaliser. Ainsi, sa commune est devenu un village en transition, un modèle donc. Parmi ses réussites : le trèfle rouge, un jardin en maraîchage bio de 8 hectares qui fait partie du réseau des Jardins de cocagne et qui fournit en légumes bio et solidaires la cantine scolaire et des paniers de légumes pour les habitants; la filière de la graine à l’assiette qui transforme les légumes impropres à la vente et produit des repas, une régie de l’eau, une monnaie locale, une centrale photovoltaïque installée sur une friche industrielle de 5 hectares qui fournit de l’électricité pour 10 000 habitants, un écoquartier…

Parmi le casting, notons Alice Schneider, cette habitante de 84 ans, pétillante et pétulante qui annonce avoir envie de tout et surtout d’être active pour faire avancer les choses; Sophie Haby, 23 ans, benjamine du conseil municipal, en charge du photovoltaïque ou encore Christophe et Lili Moyses, un couple de paysans boulanger extraordinaire. Un des temps forts du film est la visite à Ungersheim de Rob Hopkins, le fondateur du mouvement des villes en transition venu saluer le travail du maire et de ses concitoyens.

Contact presse : Florence Bardin. Tél.: 01 82 83 81 90 / 06 77 05 06 17 – florence.bardin@agencef.com

Voici la bande-annonce de ce film :

 

« La vallée des loups » vue par Jean-François Noblet

La vallée des loups, qui sort dans les salles le 4 janvier 2017, est un film formidable !

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par Jean-François Noblet

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lavalle_visuel_aff2_600Mon ami Jean-Michel Bertrand nous avait déjà régalés avec son précédent film Vertige d’une rencontre, qui racontait son admiration des aigles royaux.

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Naturaliste accompli, parfaitement intégré dans les montagnes alpines où il est né, « Milou » pour les intimes, avait le rêve de filmer des loups sauvages dans sa vallée d’enfance. Il raconte dans le film La vallée des loups sa longue quête, les innombrables nuits d’affûts par tous les temps et il nous montre, pour la première fois en France, des images extraordinaires de vrais loups en liberté. Non pas des loups apprivoisés ou prisonniers d’un parc animalier, mais une meute et ses louveteaux acceptant une certaine promiscuité avec un naturaliste respectueux, discret et compétent.

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Je ne vous raconterai rien des détails de l’histoire pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais j’affirme que ce film est un chef d’œuvre qui fera date dans l’histoire de la protection de la nature. En effet, les nombreuses scènes d’animaux sauvages filmés sont d’une qualité exceptionnelle : cadrage impeccable, lumière d’enfer et comportements rarement observés. On sent là l’amour immense de l’auteur pour toutes les formes de vie.

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De multiples pointes d’humour et un commentaire pris sur le vif enregistré par Milou lui-même, sobre et profond à la fois, nous démontre qu’il est possible de faire partager autrement la passion pour la nature et le respect du sauvage.

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C’est là que réside l’intérêt majeur de ce film. Il montre comment les naturalistes ressentent intimement leur place au milieu du monde vivant, les émotions de rencontres avec des animaux libres sur le terrain et il nous fait partager ce bonheur. On est loin des explications scientifiques moralisatrices ou des interviews de personnalités reconnues voulant nous convaincre. Non, Milou renverse, à lui tout seul, toutes les bêtises et les rumeurs qui circulent sur le loup, par la beauté des images et la sincérité d’un homme du pays.

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Courez voir ce film et emmenez-y vos enfants. Ce sera la plus formidable manière de démarrer la nouvelle année pour que nous puissions espérer sauver enfin la nature et tolérer la présence de quelques loups à nos côtés.

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La vallée des loups, film de Jean-Michel Bertrand, durée : 1 h 30. Sortie le 4 janvier 2017.
Pathé distribution, Tel : 01 71 72 30 00

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Presse : Delphine Olivier, Tel : 04 42 59 19 15, P : 06 89 09 57 95. delphineolivier.presse@gmail.com

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Retrouvez Jean-François Noblet ici sur son site.

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« La Vallée des loups » vue par Jane Hervé

Ce film d’une stupéfiante beauté, qui sort en salles le 4 janvier 2016, nous entraîne dans un parcours initiatique imprévu. Il semble si impossible à réaliser que le cinéaste a mis trois années à pénétrer dans la terre des loups, au fond d’une vallée alpine restée secrète.

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par Jane Hervé

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lavalle_visuel_aff2_600Jean-Michel Bertrand nous introduit à sa suite dans une quête vertigineuse de « nature sauvage ». Ce sont les aigles royaux* qui l’ont conduit là, relayés par une minuscule chouette, au milieu d’agiles chamois et bouquetins. Le cinéaste avance (et nous avec lui), suivant le flux d’images de sa caméra et de son intuition détective. Où est.sont le.s loup.s  sauvage.s ? C’est là qu’il continuera à chercher, été comme hiver, d’abord sur le piton rocheux, puis dans la vallée de sapins giboyeuse à souhait. Idéale. Il campera ici et là dans cette vallée d’éden, armé d’une patience infinie. Il placera des caméras automatiques, filmant de nuit les bêtes de passage. Il verra – de jour et un jour – un loup. La nuit, la caméra en montrera un autre, serrant un cerf dans ses mâchoires.

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J.M. Bertrand sait désormais qu’il est sur leur territoire, lieu de sauvagerie dont l’homme est exclu. Il urinera alors ponctuellement, toujours au même endroit pour les habituer à sa présence d’humain. A l’affût, il devient dès lors « invisible ». Il comprend ce que la bête représente dans l’inconscient collectif et découvre qu’il se « retrouve » un peu lui-même. Enfin.

 

 

Camouflé à un endroit stratégique, dans la neige et la tempête, parfois cerné de lumière, il saisira peu à peu leur passage et la présence de leur tanière. Au terme de sa recherche, il comprendra la naissance, puis le jeu simple des louveteaux qui au printemps suivant se rouleront dans les herbages sous ses yeux (les siens et ceux de la caméra), parfois surveillés par leur mère. On ne regrette qu’une chose, que Bertrand ne soit pas devenu un loup pour continuer à filmer les loups ! Au loin, un coup de fusil a résonné dans les montagnes voisines, rappelant que les chasseurs sont aussi à l’affût, mais pour d’autres raisons.

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* Les aigles constituent son observation ethno-cinématograhique originelle.

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La vallée des loups, film de Jean-Michel Bertrand, durée : 1 h 30 Sortie le 4 janvier 2017
Pathé distribution, Tel : 01 71 72 30 00

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Presse : Delphine Olivier, Tel : 04 42 59 19 15, P : 06 89 09 57 95. delphineolivier.presse@gmail.com

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00_couv3d_g_vallee_loups_defEn novembre 2016, un ouvrage La vallée des loups, un homme au cœur du sauvage, est paru aux éditions de la Salamandre. Texte Jean-Michel Bertrand, Photos Bertrand Bodin, Préface Yves Paccalet (JNE), , Prix 29 €. Contact médias : Géraldine Rémond. Tel : 06 73 58 05 41. geraldine@salamandre.net

 

 

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Cousteau and sons

L’Odyssée, le récent film sur Cousteau, souligne une vérité du personnage : il n’est devenu protecteur de la planète que sur le tard, à 62 ans, après une expédition en Antarctique en 1972 qui l’a positivement fasciné.

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par Roger Cans

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208_343322Son fils Philippe, c’est vrai, avait essayé de le tirer plus tôt vers la protection de la nature, quitte à sacrifier les goûts du grand public pour l’anecdotique, mais en vain. Cousteau savait ce que demandait la télévision américaine, et il n’hésitait pas à privilégier des montages très personnels pour satisfaire la demande générale, plutôt que de prêcher pour la protection des requins ou des baleines. En outre, il faut l’avouer, Philippe avait surtout le goût de l’aviation, comme son père à l’origine, ce qui n’est pas en soi une démarche écologique.

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C’est donc bien l’Antarctique, où il était avec ses deux fils, qui a converti Cousteau à la croisade écologique. Le film L’Odyssée, centré sur la mort de Philippe, le fils préféré, s’ouvre et s’achève sur l’accident d’avion qui lui a coûté la vie lors d’un survol de l’estuaire du Tage, au Portugal. Du coup, le film occulte le fils aîné Jean-Michel, réduit à une très pâle figuration. C’est un parti pris du réalisateur, parfaitement légitime, mais il faut quand même rappeler que les deux fils ont joué un rôle important dans la plupart des expéditions Cousteau, le remplaçant même souvent en son absence sur le bateau.

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Lors d’une grande expédition aux antipodes en 1968, via la Mer Rouge, Madagascar et l’Afrique du Sud, c’est Jean-Michel qui mène la barque. Le commandant est resté à terre, toujours à la recherche de nouveaux contrats, de nouvelles opportunités et de nouvelles trouvailles techniques. Philippe est en Californie avec l’Américaine qu’il vient d’épouser. Et Jean-Michel, chargé de la logistique, prépare les escales de la Calypso. C’est alors lui qui pousse l’équipe de tournage à aller filmer dans les mines de diamant. C’est donc à son fils aîné que Cousteau le marin doit l’idée de filmer aussi à terre, et donc de se lancer plus tard dans l’exploration des grands fleuves.

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Jean-Michel Cousteau

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Après la mort de Philippe, Jean-Michel ne quitte plus son père, et ils feront un tandem très performant. Sur tous les documents, affiches et couvertures de livres, le père et le fils apparaissent ensemble, duo emblème de l’écologie planétaire. Pour couronner cette démarche commune, Jean-Michel, architecte, est chargé de concevoir le « Parc océanique Cousteau » du Forum des Halles à Paris, inauguré en grande pompe en 1989 par le Président Mitterrand et le Premier ministre Michel Rocard. Mais le parc fait un flop, imputable à la fois au père et au fils : le père, qui ne voulait pas d’animaux vivants, conformément aux nouveaux canons de l’écologie, et le fils qui a accepté de concevoir un lieu de curiosité océanographique dans un souterrain minuscule, où l’on ne trouve que des écrans de télévision montrant le commandant avec son bonnet rouge et des boutiques souvenirs où l’on vend des peluches.

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Après le sommet de la Terre de Rio, en 1992, qui consacre Cousteau « Captain Planet », Jean-Michel rompt avec son père, remarié avec une ancienne hôtesse de l’air. Installé aux Etats-Unis, il prend la tête de la « Cousteau Society » et multiplie interventions et conférences, au nom de son père. Cela a le don d’irriter le commandant et sa nouvelle femme Francine, qui s’estiment les seuls à représenter les « Equipes Cousteau », le nom de la fondation en France. Mais les Américains ne font pas la différence entre les deux institutions et continuent à vouer un culte à Jean-Michel, qui vit chez eux.

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La rupture définitive entre le père et le fils intervient lorsque Jean-Michel crée un « Cousteau Resort » aux îles Fidji. Le commandant ne supporte pas que l’on utilise son nom pour une opération touristique et commerciale où il n’a aucune part. Il ne pourra pas s’opposer à un « Jean-Michel Cousteau Resort », qui ne fait référence qu’à son fils, libre d’utiliser son nom comme il l’entend. Depuis la mort de son père en 1997, Jean-Michel exploite à fond l’aura planétaire et surtout américaine du commandant, en plaidant pour la bonne cause : la sauvegarde de la planète, comme naguère son frère Philippe. Il a été nommé en octobre 2016 Chairman de l’ONG Green Cross International, succédant à ce poste à Mikhail Gorbatchev.

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Sur le film L’Odyssée, voir aussi la critique de Laurent Samuel.

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