Adultes

Les perturbateurs endocriniens en accusation – cancer de la prostate et reproduction masculine par André Cicolella

Depuis 1990, le nombre de cancers de la prostate au niveau mondial a triplé tandis que le nombre de cancers du sein a doublé. Une fatalité ? Non, car le lien avec les perturbations hormonales est de plus en plus établi, comme il est également reconnu pour le cancer du testicule ou les malformations génitales. Aujourd’hui, l’on sait que l’exposition aux perturbateurs endocriniens de l’embryon puis du petit enfant conditionne sa santé future et celle de ses enfants, petits-enfants voire arrière petits-enfants ! Raison de plus pour agir rapidement. Car pour le toxicologue André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé qui a fait interdire le bisphenol A dans les biberons, il existe des solutions : reconnaissance des causes environnementales dans le plan cancer, création de villes et de territoires sans perturbateurs endocriniens (dans l’entretien des espaces publics, dans l’alimentation…), adoption d’écogestes dans les hôpitaux, les crèches, renoncement des dentistes aux plombages contenant du mercure ou aux résines renfermant du bisphénol A… Les pistes d’action sont nombreuses, mais pour être mises en place, il faut d’abord que le problème soit reconnu, ce à quoi ce petit livre contribue très efficacement.

Éditions Les petits matins, 208 pages, 10 € – www.lespetitsmatins.fr
Contact presse : Macha Dvinina. Tél.: 06 89 65 43 38 / 01 43 48 77 27 – macha@lespetitsmatins.com
(Carine Mayo)

Composter en ville – Le recyclage des biodéchets pour tous et partout par Jean-Jacques Fasquel

Non, le compostage n’est pas une pratique réservée à ceux qui habitent à la campagne ! On peut composter en ville, dans son jardin, si l’on en possède un, au pied de son immeuble, voire dans un espace public si la commune aménage un site à cet effet. Et si cela n’est pas possible, pourquoi ne pas tenter le lombricompostage dans sa cuisine ? L’auteur, Jean-Jacques Fasquel, connaît son affaire. Après avoir créé un compost au pied de son immeuble parisien, il y a une dizaine d’années, à une époque où ce genre d’initiatives était très rare, il a entamé une reconversion professionnelle et est devenu maître composteur. Dans ce livre, il explique en détail les secrets d’un compost réussi, mélange de matières azotées et carbonées que l’on brasse pour apporter de l’oxygène et répond aux questions que peuvent se poser les citadins : peut-on mettre les noyaux, les boîtes d’oeufs ou les bouchons de liège dans le compost ? Tout cela en nous rappelant que le compostage est une nécessité et que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.


Rustica éditions, 128 pages, 12,95 € – www.rustica.fr
Contact presse : Marion Féneux. Tél. : 01 53 26 33 58 – m.feneux@fleuruseditions.com
(Carine Mayo)

Sapiens à la plage par Jean-Baptiste de Panafieu (JNE)

Allez savoir pourquoi, l’épopée d’Homo sapiens nous passionne. Jean-Baptiste de Panafieu nous raconte ici nos origines et nos histoires de famille, car plusieurs espèces d’humains ont existé et même coexisté. Mais avant les humains, il y a 7 à 10 millions d’années, existaient déjà des hominines, ces primates englobant Homo sapiens (nous sommes nous-mêmes des hominines) et toutes les espèces plus proches de nous que du chimpanzé, comme la fameuse Lucy et les autres australopithèques. JBdP nous met en garde contre cette image célèbre mais trompeuse d’une série de primates se « redressant » petit à petit pour devenir des hommes au cours de l’évolution, comme s’il y avait une « volonté » de parvenir à cette posture, ou un « dessein intelligent ». Au contraire l’évolution est buissonnante, elle part dans de nombreuses directions, et la bipédie n’en est qu’une parmi d’autres. Mais à quoi sert-elle ? Les réponses proposées – les autres questions qu’elles soulèvent – sont éclairantes.

D’autre part, le peu de fossiles d’hominines que l’on a pu trouver ne peuvent pas être considérés comme ceux de nos ancêtres directs, mais comme des témoignages de notre cousinage. Avec cette nouvelle question : « Qu’est-ce qu’un être humain ? »… Nous plongeons donc dans notre passé avec quelques petites pièces d’un grand puzzle presque vide et beaucoup de suppositions. La fabrication de pierres taillées, la maîtrise du feu, la perte des poils, les migrations, mais aussi le rôle du tartre dentaire ou l’arbre généalogique de nos poux sont évoqués dans cette grande saga. Pour tenter de comprendre comment notre espèce, Homo sapiens, est apparue ; ou encore pourquoi d’autres hommes ont disparu tandis que sapiens colonisait la planète entière.


Éditions Dunod, 15,90 € – www.dunod.com
Contact presse : Elisabeth Erhardy. Tél.: 01 41 23 66 10 – presse@dunod.com
(Marc Giraud)

Ré-ensauvageons la France par Gilbert Cochet et Stéphane Durand

C’est LE livre à lire d’urgence, et pas seulement pour apprendre une foule de choses, mais aussi pour retrouver la pêche. Cet ouvrage enthousiasmant nous révèle à quel point la nature est résiliente, et pourrait, pour peu que nous la laissions s’exprimer, nous apporter énormément, écologiquement et même économiquement. 

Il y a quelques décennies, apercevoir un chevreuil, un héron ou une buse était exceptionnel. Grâce à des mesures de protection, entre autres les lois de 1976 (qui seraient impensables aujourd’hui), ces animaux ont repris une partie de leur place. Il en a été de même avec les castors ou les loutres. Il pourrait en être ainsi avec des animaux aussi inattendus que les tarpans, les bisons, les aurochs ou les élans, qui ont tous vécu en France et qui sont de retour dans les pays voisins. Tout comme les gloutons, les ibis chauves ou les chouettes de l’Oural…

Les cerfs, qui seraient bien plus répandus si la pression de chasse était moindre, formeraient de grandes hordes dans nos montagnes comme en Italie ou joueraient plus efficacement les débroussailleurs dans nos garrigues. Les aigles, les bouquetins et les chamois descendraient des montagnes, car ils n’y sont pas inféodés : des chamois se montrent d’ailleurs dans la plaine des Maures près de Saint-Tropez, au bord de la Méditerranée. 

Tout cela, et bien d’autres choses, nous donne une vision nouvelle extraordinaire des possibilités écologiques offertes par la France, qui recèle encore de très beaux milieux naturels, prêts à accueillir une faune fantastique. Mais cette nature magnifique est vide de de belles populations animales. L’écrasante pression de chasse, le piégeage et le braconnage éliminent chaque année des millions d’animaux, y compris des espèces fragiles. 

Heureusement les pays voisins, moins soumis au lobby des fusils et plus sensibles au sauvage, laissent prospérer leurs richesses naturelles, qui traversent les frontières et s’installent chez nous : les loups et les cormorans pygmées viennent d’Italie, les Lynx de Suisse et d’Allemagne, les bouquetins ibériques et les vautours d’Espagne, les cigognes noires et les spatules blanches du nord, les phoques d’Angleterre, etc. Déjà, des phoques veaux-marins se montrent dans nos fleuves jusqu’en Bourgogne, regagnant leurs territoires perdus, les balbuzards et les chacals sont de retour. Nous comprenons vite que la France est victime de la politique incompréhensiblement destructrice de nos dirigeants, mais ne baissons pas les bras : rien n’est définitif. Le ré-ensauvagement est en marche, que les anti-nature le veuillent ou non. Et nous avons tout à y gagner.


Actes Sud, 20 € – www.actes-sud.fr
Contact presse : Emmanuelle Gaulier. Tél.: 01 55 42 63 24 – e.gaulier@actes-sud.fr
(Marc Giraud)

Destinées animales par Anne-Yvette Peyrard

Dans la préface de Destinées animales, Péma Wangyal Rinpoche, maître tibétain de la tradition bouddhiste, remercie l’auteur Anne-Yvette Peyrard d’avoir eu la gentillesse et le courage d’avoir écrit ces quelques histoires animales qui pourront ouvrir notre cœur et notre manière de nous relier à toute forme de vie.

Plus qu’un énième livre sur les animaux, cet ouvrage qui a vu le jour grâce à un financement participatif chez Ulule nous fait prendre conscience de notre incroyable ignorance dans notre relation aux autres espèces, qui plus est personnes non humaines. Car, les choses sont bien plus complexes que l’enveloppe animale qui apparait devant nous quand, au hasard d’une rencontre imprévue nous nous retrouvons face à face. Décrit avec beaucoup d’attention et de finesse avec l’aide de l’illustratrice Zoé Dumond, cet ouvrage raconte dans une première partie, les aventures animalières d’Anne-Yvette Peyrard qui ont marqué sa vie tant en France qu’à l’étranger. Qu’elles furent furtives comme le sanglier magique ou temporelle comme Nahuatl la chatte de son ermitage ardéchois, jamais anodines…telle l’accouchement d’une singe en Inde du sud se réfugiant dans son dos, ses récits nous révèlent à quel point nous sommes tous reliés et nous montrent, dans la deuxième partie de l’ouvrage, les voies possible à mettre en place contre la barbarie qui environne le monde animal. Une réflexion sur la cause animale qui nous emmène à découvrir leurs richesses sensitive et cognitive qui en font des individus à la fois uniques et intelligents. Et l’auteur de conclure par une action de compassion pour la libération des animaux à mettre en pratique par chacun d’entre nous, à découvrir dans ces destinées animales, véritables petits miroirs de nous-mêmes qui nous rappellent nos origines communes.


Édition La Loupiotte, 184 pages, 27 € – https://fr.ulule.com/destinees-animales  & http://espritdesfleurs.org
Contact presse : espritdesfleurs07@yahoo.fr
(Michel Cros)

En route vers l’extinction finale par Gilles Macagno

Très illustré (par l’auteur), très pédagogique, très drôle : ce livre résume de façon agréable une situation qui l’est moins. Grâce à l’humour des dessins, qui rapprochent ce recueil d’une BD, la pilule passe facilement. L’essentiel des grands dossiers ayant trait à la nature et à la biodiversité sont abordés : disparition des espèces avec quelques exemples frappants, définition d’une espèce (Gilles Macagno est prof de SVT, il sait de quoi il parle et il sait en parler), évolution, domestication, chasse, surpêche, trafic routier, agriculture intensive, urbanisation, déforestation, réchauffement climatique, pollutions diverses, espèces invasives, surpopulation, déséquilibre entre riches et pauvres, etc. Le constat est suivi par un argumentaire solide sur la nécessité de préserver les forêts, les océans et la nature, y compris des bestioles minuscules mais dont le rôle est planétaire, comme le krill ou les recycleurs. Enfin, Gilles Macagno nous donne des pistes de solutions, avec quelques exemples bienvenus de combats écologiques qui ont été gagnés, histoire de bien nous motiver. Le tout forme une présentation complète et accessible des enjeux vitaux de l’écologie, que l’on peut recommander à tous les âges. Sérieux sur le fond et léger sur la forme, il ferait un réjouissant manuel scolaire, et il aurait sa place dans toutes les bibliothèques. Voici une excellente idée d’acquisition ou de cadeau pour tous ceux qui voudraient s’initier à l’écologie sans s’enliser dans les détails ou sombrer dans le découragement. Tonique et indispensable !


Éditions Delachaux et Niestlé, 15,90 € – www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Jean-Baptiste Blocquaux. Tél.: 01 41 48 82 63 – pressedelachaux@lamartiniere.fr
(Marc Giraud)

La cigogne blanche par Marc Duquet, illustrations François Desbordes

Pour qui s’intéresse un tant soit peu à la faune, ce genre de biographie complète, sur une seule espèce, est rare et précieux. Une mine d’informations nous est donc proposée par l’ornithologue Marc Duquet sur la cigogne blanche, avec le déroulé classique du genre : la taxonomie avec les oiseaux de la même famille, les Ciconiidés (jabirus, marabouts, tantales, bec-ouverts ou cigogne noire, l’autre espèce présente dans l’hexagone) ; la répartition des effectifs en Europe et ailleurs (11 couples en France en 1974, plus de 3 000 en 2015 !) ; les habitats favoris (prés humides et marais) ; le comportement individuel, social et alimentaire (non, les cigognes ne mangent pas que des grenouilles. Elles peuvent avaler des couleuvres, et leurs proies favorites sont les insectes et les rongeurs. Elles se rendent également utiles en limitant l’invasion des écrevisses de Louisiane) ; la biologie de reproduction (parades, nids, œufs, couvée et cigogneaux) ; comportement migratoire ; et bien sûr les rapports avec les humains (menaces, protection et observation). Quelques belles photos, parfois étonnantes, comme cette chatte essayent d’attraper un moineau friquet dans un nid de cigognes occupé, ou ces échassiers entourant une girafe en Afrique, révélant soudain leur face exotique. De superbes dessins ponctuent l’ensemble : comportements, éventail des plumes, œuf représenté grandeur nature, à peine plus volumineux qu’un œuf de poule ! Le bémol d’usage : le nom de l’illustrateur, l’excellentissime François Desbordes, n’est indiqué que dans les remerciements, alors qu’il est omniprésent dans l’ouvrage. Il méritait mieux.


Éditions Delachaux et Niestlé, 28 € – www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Jean-Baptiste Blocquaux. Tél.: 01 41 48 82 63 – pressedelachaux@lamartiniere.fr
(Marc Giraud)

L’intelligence des plantes par Fleur Daugey (JNE)

Les découvertes les plus récentes de la recherche ont changé notre regard sur les animaux, et la même révolution s’opère désormais sur les plantes, et pas seulement les arbres. Notre bien nommée consœur Fleur Daugey nous propose ce tour d’horizon de l’univers sensoriel des plantes, de leurs facultés à transmettre ou mémoriser des informations, à apprendre ou à prendre des décisions, selon les dernières découvertes scientifiques. Les végétaux connaissent aussi le sommeil, ils sont vraisemblablement dotés de conscience et de sensibilité à la douleur. Ce qui ne fait pas d’eux des sortes d’humains verts, car ils ont une identité et un fonctionnement propres, mais cela met en valeur des points communs inattendus qui relativisent encore notre place supposée unique dans le monde vivant. Une nouvelle éthique sur les plantes est en train de voir le jour, et cet ouvrage y contribue.


Éditions Ulmer, 18 € – www.editions-ulmer.fr 
Contact presse : Christine Dychus. Tél. : 06 80 46 77 50 – cdychus@relationsdurables.fr
(Marc Giraud)

Les secrets de l’intelligence animale – Collectif

Rédigé sous la direction de Yolaine de la Bigne, préfacé par Pascal Picq, ce livre inspiré des interventions des Universités d’été de l’animal réunit les spécialistes Anne-Claire Gagnon (vétérinaire et comportementaliste pour chats), Christine Rollard (aranéologue au Muséum), Sabina Krief (primatogue), Pierre Jouventin (ancien éthologiste au CNRS) et Bernard Séret (notre « requinologue » national). L’ouvrage relate tous ces faits extraordinaires et nouveaux que nous révèlent les chercheurs depuis quelques années : en Ouganda, les chimpanzés parcourent des kilomètres pour trouver et consommer une plante médicinale ; le loup est capable d’empathie ; les araignées peuvent crier, voler, nager, tendre des pièges ; les requins sont de fins stratèges, et leurs adaptations sont étonnantes. Enfin, le chat, à la fois si familier et si méconnu, est capable de compassion. Ce livre fait partie d’une lignée de publications qui nous montrent les animaux sous un jour entièrement nouveau et qui changent notre regard sur eux. Avant celui-ci, Yolaine de la Bigne avait publié en 2017 « L’animal est-il l’avenir de l’homme ? », toujours chez Larousse.


Éditions Larousse, 17,95 € – www.editions-larousse.fr
Contact Presse : Maryline Crocq. Tél. : 01 44 39 44 41 – mcrocq@larousse.fr
(Marc Giraud)

Guide Delachaux des amphibiens et reptiles de France et d’Europe par J. Speybroek, W. Beukema, B. Bok, J. Van der Voort

Même s’il s’agit d’une traduction, cet excellent guide d’identification est typique des ouvrages ayant contribué à la réputation des éditions Delachaux ; la « marque » est d’ailleurs indiquée en gros dans le titre. Celui-ci, clair, net et précis, montre les 219 espèces d’amphibiens et de reptiles européens à la fois en photos et en dessins, accompagnés d’une cartographie indiquant la répartition de chaque animal. Les dessins réalistes sont parfaits, les photos et les schémas ajoutent des infos supplémentaires fort utiles, les textes tiennent compte des derniers remaniements de la classification et des dernières découvertes de la biologie. Comme on y trouve aussi bien des tortues marines que des couleuvres ou des salamandres, le guide est épais, mais il reste transportable sur le terrain. L’inconvénient est la présence d’espèces très localisées dans divers pays ou sur de petites îles, l’avantage est que l’on peut emmener son livre partout dans des voyages en Europe. C’est encore un excellent outil de travail pour tous les curieux de nature, naturalistes ou journalistes spécialisés.


Éditions Delachaux et Niestlé, 35,90 € –  www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Julia Bocquin. Tél.: 01 41 48 82 63 – jbocquin@lamartiniere.fr
(Marc Giraud)