LIVRES

Paysans mutins, paysans demain par Gérard Choplin. Préface de José Bové.

Agronome de formation, Gérard Choplin, a joué un rôle moteur dans la construction, le développement et l’animation de la Coordination Paysanne Européenne de 1982 à 2008. Il raconte donc le mouvement paysan de l’intérieur. On pourrait lui reprocher de ne pas être tout à fait objectif mais, l’avantage de l’ouvrage est d’être particulièrement bien documenté. On revit les grandes batailles agricoles – hormones laitières, OGM – mais aussi la toute puissance du commerce international qui dicte sa loi aux politiques agricoles, les dégâts collatéraux du productivisme, la souveraineté alimentaire, la naissance de Via Campesina, etc. Bref, ce livre est un incontournable pour tous ceux qui s’intéresse au monde et à la politique agricole.


Éditions Yves Michel, collection société civile, 248 pages, 15 € – www.yvesmichel.org
Contact presse : Marion Ducasse. Tél.: 04 92 65 10 63 – presse@yvesmichel.org
(Danièle Boone)

Steak machine par Geoffrey Le Guilcher

Voilà une enquête sur les abattoirs, de l’intérieur. Le journaliste Geoffrey Le Guilcher a réussi à se faire embaucher grâce à un CV quelque peu manipulé. Il commence ce job le 18 juillet 2016. Il y restera 40 jours. Bien sûr, il n’est pas à la tuerie – une vache abattue toute les minutes – isolée du reste de l’usine mais sur la chaîne qui suit la même cadence infernale. Chaque ouvrier doit « traiter » une vache par minutes. Ce rythme absurde engendre aussi bien la maltraitance animale qu’humaine d’ailleurs peu d’ouvriers franchissent la cinquantaine en bonne santé. Avec les gestes répétitifs, le canal carpien et les tendons des épaules s’usent de façon accélérée.

Geoffrey Le Guilcher a non seulement partagé le quotidien des ouvriers mais aussi, avec certains, les temps de loisirs. Les ouvriers d’abattoirs sont généralement appâtés par le CDI qui leur est proposé et d’autres avantages en voie de disparition ailleurs : le treizième mois, des primes d’assiduité et d’intéressement, de jolis cadeaux à Noël.

Geoffrey Le Guilcher parle également du rapport du consommateur à la viande. Généralement, il ne veut pas savoir. L’abattoir est un espace clos hors de la ville. La mort qui y règne est occultée. Les ouvriers ne parlent pas de la souffrance animale,  bien qu’une formation de sept heures sur le sujet  soit obligatoire depuis le 31 juillet 2012. Dans les faits, près d’une vache sur six et un veau sur quatre peuvent quitter la saignée dans être morts. Ces bêtes inachevées peuvent avoir une réaction dangereuse mais le silence est de mise. Les ouvriers d’abattoir ne font pas cela par plaisir mais pour gagner leur vie. Alors, il leur faut tenir et surtout, ne pas trop penser. La lecture de ce livre sobre est édifiante.

Éditions de la Goutte d’or, 170 pages,  12 € – www.editionsgouttedor.com
Contact : editionsgouttedor@gmail.com

(Danièle Boone)

Les petites bêtes qui font peur… mais pas trop – 50 antisèches pour parents en détresse par François Lasserre (JNE), Candice Hayat


Si on touche un crapaud, attrape-t-on des boutons ? Les chauves-souris sucent-elles le sang ? François Lasserre joue avec la peur de la nature en y apportant la meilleure réponse qui soit : la connaissance. On y apprend que l’on peut toucher un crapaud, mais que c’est un animal fragile et protégé et que les trois espèces de chauves-souris qui se nourrissent de sang sont loin de ressembler à Dracula. Un petit livre plein d’humour destiné aussi bien aux parents qu’aux enfants, avec de grandes illustrations vives et colorées.


Éditions Salamandre, 14,90 € – www.salamandre.net
Contact presse : Géraldine Rémond. Tél.: 06 73 58 05 41 – geraldine@salamandre.net
(Carine Mayo)

La science à contrepied

Quand la science se fait simple et amusante, il ne faut pas hésiter ! C’est ce que le lecteur pourra découvrir avec cet ouvrage réalisé par 40 fans de science, blogueurs, dessinateurs et youtubeurs. Les chapitres comportent quelques pages seulement, de quoi lire sur la plage ou dans le métro aussi. On rit, on est intrigué, on n’en croit pas nos yeux, bref un ouvrage réussi. Pas besoin d’en dire plus !


Éditions Belin, collection Science à plumes, 336 pages, 22 € – www.editions-belin.com
Contact presse : Susan Mackie. Tél. : 06 30 58 77 78 – susan.mackie@editions-belin.fr
(Christine Virbel)

Mon petit jardin en permaculture par Joseph Chauffrey

Dans la préface, Jean-Paul Thorez, jardinier confirmé, explique comment ce livre qui s’adresse aux jardiniers urbains débutants lui a donné envie de se renouveler. Un compliment extraordinaire et mérité. L’alimentation pèse pour plus de 30% sur notre empreinte écologique. C’est à partir de ce constat que Joseph Chauffrey a décidé de cultiver un jardin comestible urbain qui respecte l’environnement. Il l’a pensé comme un vecteur de liens au service de l’évolution de notre société. Les jardins urbains permettent, en effet, de relocaliser une partie de la production alimentaire, participent à la préservations des trames vertes et bleues et soutiennent les politiques publiques de gestions différenciées des espaces verts. Le milieu urbain facilite en outre l’essaimage des « bonnes pratiques » grâce aux dynamiques collectives mais aussi grâce à la visibilité et l’accessibilité des jardins urbains dans lesquels des pratiques culturales écologiques sont mises en œuvre.

Aujourd’hui le potager de 150 m3 de Joseph Chauffrey lui permet d’être autonome en légumes avec sa famille excepté pour les pommes de terre et les endives. Il explique comment il est parvenu à cette prouesse en invitant la biodiversité dans son jardin, en favorisant les interactions, en utilisant au mieux les ressources, en prenant soin de son sol et surtout en observant. Il met en pratique les principes de la permaculture notamment en densifiant ses cultures, accélérant leur succession et en optant pour le tout comestible. Et il n’oublie pas d’anticiper le creux de production notamment en démarrant tôt au printemps et en prolongeant la saison en automne et en hiver. En refermant son livre, on voit sa manière de cultiver, différemment.


Éditions Terre vivante, 120 pages, 14 € – www.terrevivante.org
Contact presse : Agathe Béon. Tél.: 04 76 34 26 60 – agathe.beon@terrevivante.org
(Danièle Boone)

Des fleurs sauvages dans mon jardin par Brigitte Lapouge-Dejean et Serge Lapouge

La vie animale est entièrement liée à la vie végétale, elles ont co-évolué au fil des millénaires et sont indissociables. Que deviendraient les plus beaux papillons de l’été sans le feuillage de l’ortie pour nourrir leurs chenilles ? Que deviendraient les syrphes ou les coccinelles sans les colonies de pucerons installées sur les plantes relais ? La disparition des plantes sauvages au profit d’une production potagère ou d’espèces horticoles détruit ces fragiles équilibres.

En 1870, François Ayasse, un savant inspiré écrivait une Étude agricole, conseillant d’enchanter la campagne en plantant partout un maximum de fleurs « pour lutter contre les fléaux, les maladies e la stérilité de l’agriculture. » Il avait tout compris mais, hélas, son idée ne fit pas recette !

Tout le monde sait aujourd’hui que les plantes sauvages sont bénéfiques pour les pollinisateurs mais on sait moins qu’elles sont le seul moyen pour les fidéliser. Elles nous donnent aussi de précieuses indications sur l’état de notre sol. Elles peuvent même panser les terres malmenées. Aujourd’hui, on sait que pour ceux qui savent les utiliser, elles simplifient la vie et enrichissent le jardin gratuitement.

Brigitte Lapouge-Dejean et Serge Lapouge nous propose donc de les… cultiver. Un paradoxe pour des plantes sauvages, mais rassurez-vous, une fois réintroduite dans votre jardin, vous les laisserez vivre leur vie. Ils nous invitent à découvrir les plantes bio-indicatrices qui nous parlent de notre sols puis celles pour accueillir les insectes et les oiseaux. Et bien sûr, côté pratique, ils nous livrent leurs expériences pour semer, repiquer, planter et récolter leurs graines. Un ouvrage indispensable pour tous ceux qui aspirent à un jardin naturel plein de vie.


Éditions Terre vivante, 120 pages, 14 € – www.terrevivante.org
Contact presse : Agathe Béon. Tél.: 04 76 34 26 60 – agathe.beon@terrevivante.org
(Danièle Boone)

Robinson des glaces – Une aventure au bout du monde pour sauver la planète par Emmanuel Hussenet (JNE)

Pour comprendre la réalité du réchauffement climatique, il nous manque sans doute une expérience sensible. En racontant son expédition dans les eaux polaires en kayak de mer, Emmanuel Hussenet nous fait entrevoir une région encore très peu connue, une immensité sauvage dont les forces nous dépassent. Mais bien plus qu’un récit d’aventures, c’est l’objet d’une quête hautement symbolique. Car à travers ce livre, Emmanuel Hussenet nous fait part de son combat pour faire reconnaître l’île Hans, un minuscule territoire revendiqué par le Canada et le Danemark comme « terra nullius », c’est-à-dire comme un territoire n’appartenant à personne. En effet, il ambitionne de faire de ce caillou dont l’emplacement va devenir hautement stratégique avec la fonte des glaces, un symbole de la lutte contre le changement climatique. A ce récit se mêlent de nombreuses réflexions sur notre empreinte écologique, nos efforts encore trop dérisoires mais pourtant si nécessaires pour ralentir nos émissions de gaz à effet de serre et la montée des eaux et conserver une partie de cette nature sauvage dont l’avenir de la planète dépend.


Éditions Les Arènes, 18 € – www.arenes.fr
Contact presse : Isabelle Mazzaschi. Tél.: 01 42 17 47 91 – i.mazza@arenes.fr
et Adèle Hybre. Tél.: 01 85 73 02 11 – a.hybre@arenes.fr
(Carine Mayo)

50 histoires d’animaux pour comprendre Darwin par Marc Giraud (JNE)

On connaît les observations de Darwin aux îles Galapagos comme éléments fondateurs de sa théorie de l’évolution, mais on ignore souvent qu’il était un spécialiste des cirripèdes (des crustacés) et qu’il a pratiqué l’élevage de pigeons pour observer les variations liées à la sélection artificielle. A travers de courts chapitres articulés chacun autour d’un animal, Marc Giraud nous fait découvrir l’histoire du concept d’évolution et de la classification des espèces. Mais qu’avons-nous fait de ce fabuleux héritage ? Pas grand chose nous répond l’auteur. Il y a de moins en moins de naturalistes et de moins en moins de nature. D’ailleurs Darwin avait lui-même prévu l’expansion de l’espèce humaine et la destruction de certaines espèces sauvages dont les singes. Un petit livre pédagogique qui nous invite à réfléchir…


Éditions Librio (coll. Librio Memo) 3 € – www.librio.net
Contact presse : Claire Fercak. Tél.: 01 40 51 31 26 – cfercak@flammarion.fr
(Carine Mayo)

L’Éveil stade 2 par Jean-Baptiste de Panafieu (JNE)

A la fin du premier volet, la biologiste Laure Goupil avait été enlevée et emmenée aux États-Unis sous l’ordre du président de la WOFF, une multinationale agroalimentaire. Il voulait qu’elle trouve un contre-virus à celui qui s’était échappé de son laboratoire et qui rendait les animaux intelligents et doués de pensée. Dans ce « Stade 2 », son jeune frère, ses amis et leurs animaux « éveillés » se sont lancés à sa recherche. Jean-Baptiste a l’imagination fertile et on le suit volontiers. Il y a un petit côté club des cinq dans cette équipe prête à affronter tous les dangers pour sauver Laura. Et ils y parviennent après des tas de péripéties et de rencontres, pas toujours évidentes, avec les loups, les ours et les grizzlis « éveillés ». À la fin du livre, on découvre que cela pourrait bien ne pas se finir comme ils l’avaient rêvé. Rendez-vous en août, pour de nouvelles aventures avec le stade 3, dernier volet de la trilogie.


Éditions Gulfstream, 320 pages, 17 € – www.gulfstream.fr

Contact presse : Angela Lery. Tél.: 02 40 48 48 42 – angela.lery@gulfstream.fr

(Danièle Boone)

Observer les baleines et autres cétacés par Mark Carwardine

Les eaux européennes abritent un bon nombre d’espèces de cétacés, et certaines sont relativement accessibles à l’observation. Après une introduction générale sur ces animaux, ce guide présente, fiche par fiche, les baleines, les dauphins et les marsouins. Chaque espèce est illustrée d’au moins un dessin d’identification, d’une photo et accompagnée d’une cartographie indiquant son aire de distribution. Des graphiques simples montrent parfois le profil de la bête dépassant de l’eau, ou encore une manière typique de sauter ou de souffler. La seconde partie de l’ouvrage est consacrée aux lieux où l’on peut observer des baleines et des dauphins en Europe, avec un zoom sur la France, détaillant les richesses des eaux atlantiques et méditerranéennes. Oui, les baleines nous deviennent accessibles !


Éditions Delachaux et Niestlé, 27,50 €  – www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Julia Bocquin. Tél.: 01 41 48 82 63 – jbocquin@lamartiniere.fr
(Marc Giraud)