LIVRES

Zéro déchet à la manière d’un lombric par Nathalie Tordjman

Le décryptage du zéro déchet réalisé par Nathalie Tordjman à l’aune de la nature est passionnant. Les humains qui gâchent et polluent considérablement auraient beaucoup à apprendre en observant ce qui se passe autour d’eux. Tout le monde sait aujourd’hui comment le ver de terre recycle les déchets organiques mais qui pense qu’en matière d’habillement, le sapin est un modèle ? C’est pourtant ce que nous apprend notre consœur. Je vous laisse découvrir comment page 127. Ce qui se passe dans la nature est l’occasion de rappeler l’incroyable gaspillage des humains : 30 à 50 % des vêtements achetés ne servent qu’une fois et 8 articles sur 10 finissent dans un poubelle et de les inciter à plus de sobriété notamment en évitant de tomber dans le piège des soldes ! Nathalie Tordjman passe en revue les différents domaines de notre vie : l’alimentation, le tri, l’emballage, le bâti et même les déchets ultimes dont on parle plus rarement dans un chapitre intitulé : éliminer ses excréments comme un blaireau. Elle démontre ainsi qu’il est urgent que les humains s’inspirent des bonnes pratiques du lynx, du collembole, de l’araignée, du vautour et même du sanglier !


Éditions Salamandre, 208 pages, 19 € – www.salamandre.net
Contact presse : Emmanuel Amar. Tél.: 06 18 06 42 71- amar.emmanuel92@gmail.com
(Danièle Boone)

Le crime est presque parfait par Fabrice Nicolino (JNE)

La nouvelle enquête de Fabrice Nicolino qui, sans relâche, dénonce l’empoisonnement collectif à grande échelle orchestré par les industriels, vient de paraître. L’histoire est la même à chaque fois : des mensonges éhontés, des conflits d’intérêts et une âpreté au gain sans scrupule. Leur alerte auprès des autorités sanitaires étant restée sans réponse, neuf scientifiques dont Pierre Rustin, directeur de recherches à l’Inserm ont signé en avril 2018, un article dans Libération pour alerter publiquement les autorités sanitaires des risques potentiels présentés par une nouvelle famille de pesticides appelés SDHI et demander la suspension de ces derniers. Ces pesticides que personne ne connaissait jusque là sont épandus partout en France. Utilisés sur de très grandes surfaces agricoles comme fongicides, ils agissent en bloquant une enzyme nécessaire à la respiration cellulaire, présente non seulement chez les champignons et les moisissures ciblés mais aussi chez les humains. Ils peuvent entraîner la mort des cellules en causant de graves encéphalopathies ou au contraire une prolifération incontrôlée des cellules provoquant des cancers non seulement chez ceux qui les épandent, mais possiblement aussi chez les consommateurs qui les retrouvent dans leur assiette.

Face au silence assourdissant de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) sensée nous protéger, on ne peut être que révolté. « La France autorise en 2019 onze substances actives de SDHI, dont la plupart ont été autorisées chez nous après 2013, ce qui est un point fondamental, écrit Fabrice Nicolino. Car si les SDHI sont désormais omniprésents, cela fait bien peu de temps. Les éventuels effets délétères de ces molécules ne peuvent encore être réellement connus .» Les SDHI posent la question de l’évaluation de la dangerosité des pesticides parce que les normes actuelles, la façon dont on homologue, dont on cherche l’éventuelle toxicité d’un pesticide sont totalement désuètes. L’Anses en ne levant pas les autorisations de mise sur le marché de ces produits, balaie le principe de précaution pourtant inscrit dans la loi française, un scandale récurrent dont nombreux citoyens ont désormais conscience. Dans cette enquête qui se lit comme un roman policier, Fabrice Nicolino dénonce avec véhémence les conflits d’intérêts qui règnent au sein même de l’Anses, une agence publique payée avec de l’argent public qui a refusé de recevoir le journaliste. Il est bien entendu que tant que l’on tergiverse, les substances dangereuses continuent à se vendre : le marché mondial des SDHI est passé de 100 millions de dollars en 2005 à 2,6 milliards de dollars en 2018 et pourrait atteindre 6,4 milliards de dollars dans cinq ans.


LLL – Les liens qui libèrent, 256 pages, 20 € – www.editionslesliensquiliberent.fr
Contact Presse : Anne Vaudoyer. Tél.: 06 63 04 00 62 – anne@anneetarnaud.com
(Danièle Boone)

Poulailler sain pour poules en bonne santé par Michel Audureau

Voilà un guide de construction pas à pas pour construire un poulailler fonctionnel. Les poules y seront bien et son entretien est facile. Sa conception permet surtout de prévenir les invasions de parasites comme les poux rouges ou le développement des affections bactériennes. Les pathogènes sont devenus en effet insensibles aux molécules autorisées. Même s’il existe des méthodes alternatives plus naturelles, ne faut-il pas plutôt repenser l’architecture même des poulaillers ? L’expert Michel Audureau propose les plans de deux poulaillers, un petit sur roues pour 6 poules maximum et un grand, fixe, pour 6 à 20 poules qui devraient répondre aux exigences des propriétaires soucieux de la bonne santé de leur volatiles et explique comment les construire. Y’a plus qu’à se lancer !


Éditions Terre vivante – conseils d’expert, 174 pages, 25 € – www.terrevivante.org
Contact presse : Agathe Béon. Tél.: 04 76 34 26 60 – agathe.beon@terrevivante.org
(Danièle Boone)

Alors, ça roule ? Idées reçues sur les transports par Frédéric Denhez (JNE)
- Illustrations de Red !

« En voiture au moins je suis en sécurité », « je ferai du vélo quand il y aura des pistes cyclables bien protégées », « le métro le soir ? Non merci, pas envie de me faire agresser ». Qui d’entre nous n’a pas entendu un(e) proche tenir de tels propos sur un ton définitif rendant difficile la réplique ? Dans ce petit livre de la collection « l’humour est dans le pré », l’écrivain et journaliste Frédéric Denhez nous donne les clés pour répliquer sans se démonter à ces affirmations. Chacune de ces idées reçues est démontée avec précision et sagacité, sans oublier l’humour. Ainsi, en réponse à la première question, l’auteur indique qu’en roulant en ville à 50 km/h et en faisant attention, on ne prend quasiment aucun risque, mais que, sur la route, la voiture reste et de loin le moyen de transport le plus dangereux. Bref, cet ouvrage qui s’adresse avant tout à un public junior pourra être lu à tout âge avec plaisir. Et bravo à Red ! pour ses excellents dessins !


Éditions Delachaux et Niestlé, 128 pages, 13,90 €  – www.delachauxetniestle.com
Contact presse: Julia Bocquin. Tél.: 01 70 96 88 20 – jbocquin@lamartiniere.fr
(Laurent Samuel)

L’odyssée du renard par Laurent Geslin et François Moutou (JNE) – préface de Marc Giraud (JNE)

La réhabilitation du renard se fait tout doucement mais sûrement. Ce livre va inconstestablement y participer. Les photos de Laurent Geslin sont sublimes. On imagine les heures et les heures d’affût pour obtenir ce résultat sans jamais déranger le goupil. On voit l’animal se promener, muloter, aimer, dormir et même chaparder une part du festin d’un lynx. 

La préface de Marc Giraud rappelle qu’il y a une quarantaine d’année, l’association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) dont il est le porte-parole, a choisi le renard comme emblème. L’ASPAS a largement contribué à faire évoluer l’image du Goupil auprès du grand public. Il faut dire que dans le même temps, les biologistes et les éthologues ont étudié l’animal et que, désormais, on le connaît beaucoup mieux. « L’image qui en émerge est celle d’un animal étonnant, souple, capable de s’adapter à de nombreuses situations, réactif et fascinant à regarder. »

Le texte de François Moutou raconte une histoire tout en nous informant sur les mœurs et coutumes du rouquin. Les deux auteurs ont en effet décidé de raconter l’odyssée d’un renardeau né à la campagne dans une fratrie de cinq frères et sœurs qui va s’installer en ville une fois devenu adulte. Comme le signale François Moutou, c’est une fable tirée d’une histoire vraie. L’objectif des auteurs, de fait, est de faire découvrir le renard tel qu’il est et non pas celui des fabulistes ou autres chasseurs qui rêvent encore de le décimer. Les amoureux du canidé sauvage vont être comblés.


Éditions Salamandre, 142 pages, 29 € – www.salamandre.net
Contact presse : Emmanuel Amar. Tél.: 06 18 06 42 71- amar.emmanuel92@gmail.com
(Danièle Boone)

Les intelligences animales : l’état des connaissances par les meilleurs experts sous la direction de Yolaine de la Bigne

La liste des contributeurs est solide : Éric Baratay, Georges Chapouthier (JNE), Fleur Daugey, Ludovic Dickel, Raphaël Gamand, Julie Garnier, Agatha Liévin-Bazin, Sébastien Moro, Kalina Raskin et Didier van Cauwelaert. Les textes le sont tout autant, avec une multitude d’infos passionnantes explorant des sujets variés. Le genre de bouquin qui vous transporte et vous enrichit, qui vous rappelle à quel point le savoir est un plaisir.

Comme il est impossible ici de développer chaque thème, en voici le sommaire juste pour vous donner envie : Les mille facettes de l’intelligence animale ; Les dessous de l’intelligence animale ; Crânes de piafs et autres têtes de linottes… et si les oiseaux avaient de l’intelligence à revendre ? ; Biomimétisme, quand la diversité du vivant nous inspire ; L’intelligence des pieuvres et de leurs cousins ; La fourmi, simple robot biologique ou animal doté d’une intelligence collective ? ; Qui sont les poissons ? ; Ce que nous apprennent les peuples autochtones sur l’intelligence animale à travers leurs relations avec la nature ; Les animaux homos ; Et si tu étais une abeille ?

Tous ces textes brillants sont le recueil des conférences données par leurs auteur(e)s lors de l’Université d’été de l’animal d’août 2018 et de la Journée mondiale des intelligences animales de février 2019, toutes les deux créées par la journaliste Yolaine de la Bigne, qui nous a concocté là un bien beau bouquet. Ce titre fait suite à d’autres recueils (« L’animal est-il l’avenir de l’homme ? » Larousse 2017 ; « Les secrets de l’intelligence animale », Larousse 2018), et nul doute que celui de l’Université de cet été 2019 (avec d’autres JNE dedans) est en préparation… Plus de renseignements sur le site lanimaletlhomme.com 


Éditions Ulmer, 224 pages, 28 € – www.editions-ulmer.fr
Contact presse : Christine Dychus. Tél.: 06 80 46 77 50 – cdychus@relationsdurables.fr
(Marc Giraud)

Éloge du ver de terre, notre futur dépend de son avenir par Christophe Gatineau

Grâce à Charles Darwin, dont le dernier livre traitait des vers de terre, nous savons aujourd’hui l’importance colossale de cet être minuscule. Christophe Gatineau en sait quelque chose, car c’est un praticien de la terre au quotidien. Agriculteur et fils d’agriculteur, agronome spécialisé en agriculture innovante (agroécologie et permaculture) mais aussi en idées innovantes, Christophe a déjà écrit plusieurs ouvrages, dont « L’éloge de l’abeille » rédigé avec Sylvie Corré (Flammarion 2018). Celui-ci ayant connu un gros succès médiatique, voici donc la suite avec un invertébré peut-être moins glamour a priori, mais irremplaçable et incroyablement omniprésent. 

Première biomasse animale terrestre, la bestiole est aussi « l’un des premiers marqueurs de la biodiversité et de la bonne santé des sols », et dont dépend 95% de notre alimentation. Or, depuis 50 ans, « les populations s’effondrent au point d’être passées dans certaines régions françaises de grandes cultures, de 2 tonnes de poids vif à l’hectare, à 50 kg ! ». 

Le style ne manque pas d’un certain lyrisme, et le fond bouscule pas mal d’idées toutes faites, y compris chez les écologistes. Christophe Gatineau ne doit pas se faire que des amis… Lisez ses livres, allez voir son site, qui fourmille d’idées originales et engagées ; vous avez là un « bon client » pour les défendre ! www.lejardinvivant.fr


Éditions Flammarion, 224 pages, 16,90 € – editions.flammarion.com
Contact presse Anne Blondat. Tél.: 01 40 51 34 28 – anne.blondat@flammarion.fr
(Marc Giraud)

Les bactéries ressemblent-elles à des saucisses à cocktail ?  80 clés pour comprendre le monde bactérien par Jean-Jacques Pernelle

Oui, les bactéries ressemblent souvent à des saucisses à cocktail, mais pas toujours. Cette réponse ne « spoile » pas le livre, car celui-ci ouvre ses textes par 80 questions diverses, qui évoquent l’origine du monde bactérien et la vie privée des bactéries, leur conquête du monde, la diversité bactérienne, les bactéries de l’environnement, les bactéries pathogènes et les bactéries domestiquées. 

Le monde microscopique des bactéries nous a été dévoilé il y a peu, depuis le premier microscope au XVIIe siècle, alors qu’il existe depuis des milliards d’années, depuis le début de la vie sur Terre. Les bactéries pathogènes ont beaucoup fait parler d’elles, bien qu’elles soient une minorité et que beaucoup nous soient nécessaires : nous savons désormais l’importance vitale des microbiotes dans nos organismes. Les bactéries ont rendu la planète respirable, elles interviennent aussi dans la formation des nuages ou de la neige, elles dissolvent les épaves sous-marines, et – ça marche toujours de prendre le lecteur par les sentiments – elles interviennent dans la fabrication du saucisson, du fromage, du vin ou de la choucroute. Enfin, s’il faut toujours rapporter tout à nous-mêmes, les bactéries produisent bon nombre de nos médicaments. Eh oui, c’est passionnant les bactéries !


Éditions Quæ, 152 pages, 19 € – https://www.quae.com
Contact presse : Megane Piredda. Tél.: 01 84 16 04 52 – megane.piredda@dscommunication.fr
(Marc Giraud)

50 idées fausses sur les serpents  par Françoise Serre-Collet, préface Allain Bougrain Dubourg (JNE), avant-propos Xavier Bonnet

La femme-serpent a encore frappé avec ce nouvel opus sur les idées reçues. Et avec les reptiles, les préjugés ne manquent pas ! Des vipères lâchées par hélicoptères à celles qui s’affûtent les dents sur les ronces en passant par celles qui se dressent pour mordre ou qui forment des roues, il y a déjà de la matière. Françoise Serre-Collet explore aussi les légendes de pays plus lointains, qui ne sont pas en reste. Les serpents qui engloutissent les bébés, qui se jettent dans le feu ou qui ont des pierres magiques dans le corps, tout cela montre à quel point les animaux sans pattes peuvent faire fantasmer les bipèdes. Il n’empêche que certains venins sont réellement dangereux, et des conseils de bon sens sont donnés en cas de morsure. Tout cela rassemblé forme un livre bien utile pour réhabiliter des animaux aussi mal connus que mal aimés, l’un entraînant l’autre. Place à la connaissance !


Éditions Quæ, 144 pages, 23 € – www.quae.com
Contact presse : Megane Piredda. Tél.: 01 84 16 04 52 – megane.piredda@dscommunication.fr
(Marc Giraud)

Les mammifères de tout poil, 90 clés pour comprendre  par Patrick Haffner et Audrey Savouré-Soubelet

Les mammifères sont les animaux qui nous sont les plus familiers, et pour cause : nous faisons partie de la confrérie. Pourtant, leurs aspects sont extrêmement diversifiés : singes, baleines, tatous, chauves-souris, loups, hérissons, kangourous ou éléphants ont des mœurs forcément bien différentes. Ce livre fait un inventaire de ce qu’il faut savoir sur la manière dont les mammifères « fonctionnent », comment ils voient et sentent le monde, leurs anatomies particulières, leur reproduction, l’alimentation, la sociabilité, la communication, les déplacements, l’évolution et leurs rapports avec nous. Le tout sous forme de questions avec le label Muséum, les deux auteurs étant experts mammalogistes à l’IMS Patrinat, au Muséum national d’histoire naturelle, et membres de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM).


Éditions Quæ, 168 pages, 20 € – www.quae.com
Contact presse : Megane Piredda. Tél.: 01 84 16 04 52 –  megane.piredda@dscommunication.fr
(Marc Giraud)