Dossier Rivières sauvages

Les rivières sauvages ont enfin leur label !

Le 29 avril 2014 de 14 h 30 à 17 h, à l’Entrepôt à Paris (14éme) le label «Rivières sauvages » sera présenté officiellement en présence des représentants du ministère de l’écologie, de l’ONEMA, des agences de l’eau et des partenaires.

 

Rivieres-SauvagesA cette occasion, un court-métrage « des rivières sauvages et des hommes » sera diffusé. Des témoignages et des retours d’expériences permettront d’échanger avec les invités. www.rivieres-sauvages.fr

 

Après la constitution du Fonds pour la conservation des rivières sauvages en 2010, une réflexion entamée dès 2011 lors d’une large concertation avec les pouvoirs publics, les scientifiques, le monde associatif a abouti à la naissance d’un label. C’est un outil au service de la valorisation des territoires et de la préservation du patrimoine naturel d’eau courante. Il permettra la reconnaissance du travail mis en œuvre sur les bassins par les gestionnaires. C’est une initiative française qui a vocation à s’étendre en Europe. Deux bassins sont d’ailleurs en tests actuellement en Slovénie (la Soca) et en Irlande (l’Owenduff). Un comité national de suivi du label a été instauré : il est composé de représentants du Fonds pour la conservation des rivières sauvages, des gestionnaires labellisés et des acteurs publics pour la gestion de l’eau (agences de l’eau, ONEMA, ministère de l’écologie, ERN).

 

Une reconnaissance nationale

Un accord cadre national sur 2 ans réunit les institutions publiques et le ministère, l’ONEMA, les agences de l’eau, ERN, ce nouveau cadre va permettre d’accompagner les premières labellisations et la construction du réseau des rivières sauvages labellisées dès 2014

 

Les rivières candidates :

Le Chéran en Savoie et Haute Savoie (parc naturel régional du massif des Bauges et syndicat d’aménagement du Chéran).

La Vis dans le Gard et l’Hérault.

La Valserine dans l’Ain qui sera la première rivière labellisée avant l’été.

L’Artoise dans l’Aisne

Le Léguer en Bretagne (Côtes d’Armor)

Le Fangu et le Travu en Corse.

La Beaume – Drobie en Ardèche.

 

Un court-métrage, un outil au service de la communication sur le label

Cette cérémonie de lancement sera l’occasion de diffuser le court-métrage : « des rivières sauvages et des hommes » réalisé par Philippe Laforge pour le Fonds pour la conservation des rivières sauvages. Des témoins (partenaires, candidats, agences de l’eau…) viendront échanger avec la salle après cette diffusion et évoqueront leurs expériences et projets.

« Cette manifestation a une dimension toute particulière. Celle de lancer officiellement ce nouvel outil opérationnel et concret au service de la conservation des joyaux de notre patrimoine. Mais aussi de montrer l’importance des partenariats privés et publics nécessaires aux projets « Rivières sauvages ». Car il est essentiel de se rassembler et de fédérer des partenariats pour consolider le réseau naissant, assurer son animation, son ancrage dans le paysage des outils français et européens de conservation de la nature…. », explique Denis Caudron, l’un des porte-parole du fonds pour la conservation.

 

Le Programme :

Accueil à 14h30

Film 15h-15h20

Témoignages 15h30-16h15

Echanges avec la salle 16h20-16h50

Pot de clôture

 

Les prises de paroles :

Monsieur Martin Guespereau, Directeur Général de l’Agence de l’Eau RM&C,

Violette Dumont et Jonathan Dumont, Fonds Humus,

Roberto EPPLE, ERN,

Denis CAUDRON, Fonds rivières sauvages,

Des représentants d’un candidat au label (parc naturel régional du Haut Jura et Conseil Général de l’Ain),

Des  représentants du Ministère de l’écologie et de l’ONEMA

Un représentant des entreprises partenaires et mécènes du Fonds, Watt Value

 

Y aller :

Lieu : L’Entrepôt   7 Rue Francis de Pressensé, 75014 Paris –

Téléphone : 01 45 40 07 50 – Métro : Pernety – Ligne 13

Horaires : de 14h30 à 17h – confirmation : agencerp@orange.fr

A propos du fonds pour la conservation des rivières sauvages : C’est un fonds de dotation qui attribue le label à des territoires. Il développe des partenariats privés autour du soutien des territoires labellisés et accompagne les gestionnaires dans le processus de labellisation. Le fonds de dotation fait appel à la générosité privée et publique.

Contacts : Contacts-presse Marie-Pierre Medouga tél. : 06 22 78 71 38 –

agencerp@orange.fr– www.mp-c.eu – twitter : @mapyntonga

 

A votre disposition pour recevoir votre confirmation de présence (par mail ou sur twitter), organiser un reportage sur place ou sur site, caler des interviews, vous adresser des photos ou copie du film.

 

 

Marie-Pierre Medouga-Ndjikessi

Responsable du service presse

06 22 78 71 38 – agencerp@orange.fr ou servicepresse@mp-c.eu

twitter @mapyntonga

Retrouvez les informations sur  www.mp-c.eu & sur www.rivieres-sauvages.fr

Avons-nous besoin de rivières sauvages ?

Dans le cadre de leur congrès 2013, les JNE ont organisé le 31 mai 2013 à Madières (Gard) une table ronde sur le thème « un label rivières sauvages, pour quoi faire ? »

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par Michel Sourrouille

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Il était question de la Vis, un torrent qui coule dans un canyon profond. Or une rivière totalement naturelle n’existe plus en France. Après 15 kilomètres de parcours souterrain, la résurgence de la Vis, près du cirque de Navacelles, est occupée depuis près de mille ans par un moulin maintenant abandonné qui fournissait la farine aux villages environnants. Aujourd’hui, une partie de l’effluent est captée par un canal qui court au flanc de la montagne pour alimenter une centrale hydroélectrique à Madières.

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Où est la sauvagitude, le wilderness, diraient les Anglo-Saxons ? Les écrevisses ont disparu, chassées par l’espèce invasive américaine. Il y a bien des truites autochtones. Les plus anciennes, « océaniques », subsistent depuis des siècles avant la résurgence. Mais Olivier Lebrun, le maire de Rogues, commune dont Madières fait partie, n’est pas dupe : une extension du tourisme est « mortellement dangereuse ». C’est ce qu’on appelle le tourisme autodestructeur.

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A l’origine, des pêcheurs découvrent un coin de nature sauvage qu’ils décrivent comme un paradis à leurs amis : des truites océaniques, dans le Gard, sur la Vis ! C’est bientôt un essaim de pêcheurs  qui s’affaire autour du cours d’eau. Les poissons endémiques disparaissent, il faut maintenant faire des lâchers de truites d’élevage. Alors, le maire rêve d’une « maison de la Vis » pour éveiller les gens à ce que la nature peut nous apporter sans nécessairement y toucher.

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Nous en sommes là, nous ne pouvons plus côtoyer la nature sauvage, le wilderness ; nous ne pouvons plus rencontrer qu’un environnement anthropisé. C’est pourquoi le combat pour la préservation et l’extension d’aires proches de la vie sauvage doit s’étendre. Aux Etats-Unis, le Wilderness Act de 1964 protège intégralement certains espaces non habités de façon permanente par l’homme. En France, il y a des parcs naturels, il y aura bientôt des rivières sauvages : le label est en voie de création. Il s’agit de lutter contre la volonté de puissance des humains qui débouche nécessairement sur l’hubris, la démesure. Cette démesure finit par supprimer toute extériorité, tout référent basé sur une nature protégée de l’emprise humaine. Il n’y a plus que des finalités anthropocentriques. Alors l’homme se retrouve seul, confronté à lui-même, à la violence sociale ou économique. Il a donc besoin d’une nature sauvage, sanctuaire nécessaire à la pensée d’un équilibre entre humains et écosystèmes.

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Il s’agit de donner une valeur intrinsèque à la nature : les éléments de la biosphère possèdent une valeur en soi, leur valeur n’est plus simplement relative à l’usage que l’on peut en faire. Il s’agit d’une nouvelle conception de l’existence, d’un humanisme élargi porté par l’écologie profonde. Il s’agit d’affirmer un profond respect et même de la vénération pour toutes les formes de vie. Pour qualifier ce sentiment, Arne Naess emploie le terme de care : « Nous ne cherchons pas à déplacer notre souci [care] des humains vers les non-humains, mais à l’étendre et à l’approfondir [deepen]. Il n’y a aucune raison de supposer qu’il y aurait un potentiel de care humain constant et fini, et que, de tout accroissement du care pour certaines créatures, s’ensuivrait nécessairement une quantité plus réduite pour d’autres. »

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On aimerait vérifier cette conception avec la restauration des espaces naturels dégradés et la réhabilitation de rivières sauvages. Comme l’exprime Catherine Larrère, « Là où disparaît le wilderness, le care apparaît ». C’est pourquoi à notre avis, sur les rives à nouveau sauvage de la Vis, il ne faudrait que regarder et rien toucher. C’est la philosophie de la plongée sous-marine, regarder et rien toucher. Seulement contempler, ressentir, revivre. Sur une rivière à nouveau sauvage, il ne faudrait pas pêcher, même pas le « no kill » des pêcheurs à la mouche. Il faudrait même fermer des routes : la nature sauvage se mérite, il est nécessaire de marcher pour la retrouver.

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Alors un jour nous pourrions admirer les nuages en pensant à la beauté de notre planète. Alors un jour nous pourrions observer les truites s’approcher et nous regarder sans crainte. Alors le combat écologique prendrait sa véritable dimension, éthique, l’éthique de la Terre. Toutes les choses sont liées entre elles, telle devrait être la maxime principale qui résume l’écologie.

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Ci-dessous, le lien sur le débat rivière sauvage du vendredi 31 mai (106 Mo, environ 1h 50mn)
http://www.internuntia.fr/audio/ag_jne_riviere_sauvage/AG_JNE_Madieres_130531_plus_27db.mp3

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A écouter aussi, l’interview d’un propriétaire qui explique que le débat est biaisé (environ 11 minutes) :
http://www.internuntia.fr/audio/ag_jne_riviere_sauvage/DVT_D007_130601_Ghilhem_proprietaire_Fete_de_la_Vis_Gornies.MP3

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Merci à Richard Varrault pour ces enregistrements.

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Reconstruction du barrage des Plats, sur la Semène, dans la Loire : 3,2 millions d’euros d’argent public pour alourdir la dette et laisser filer les nitrates ?

La France traverse une importante crise de la dette publique, qui assombrit son avenir. Cette crise préoccupe au premier rang les Français, qui ont bien compris que notre pays ne pouvait pas continuellement vivre à crédit. La dette nous oblige à réviser la forme et le montant des dépenses publiques. Pour tout bon gestionnaire, il est donc nécessaire de mieux utiliser l’argent du contribuable, particulièrement en matière de gestion de la ressource en eau, un bien vital. Et la gestion de cette ressource n’est pas satisfaisante en France, comme l’a soulignée le récent Rapport Annuel 2013 de la Cour des Comptes, pour ce qui touche à la question des polluants agricoles, nitrates en particulier. « Alors que des actions contentieuses ont été engagées contre la France sur le non-respect de la directive européenne sur les nitrates, la « pression de contrôle » est insuffisante pour faire diminuer ce type de pollution et se prémunir contre de nouveaux contentieux » (p.331 du rapport).

Gaspiller l’argent public pour le béton ou l’investir pour lutter contre les nitrates dans la Loire ?

Le résultat de cette gestion déficiente ? Plus de la moitié de l’Hexagone est touchée par la pollution liée aux nitrates. 18 860 communes sont concernées, 860 de plus qu’en 2011, le bassin Loire Bretagne comptant à lui seul 434 communes supplémentaires. C’est donc, dans la Loire aussi, dans ce domaine qu’il faut investir l’argent public, pour aller vers une agriculture durable, permettant d’améliorer la qualité de l’eau et non pas dans le bétonnage de la Semène qui, en coulant librement, contribue à améliorer de la qualité de l’eau ! Nous n’allons pourtant pas dans cette direction : l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, mise sous pression par une minorité d’élus locaux, dont le parlementaire de Firminy Dino Cineri, risque d’ être obligée de gaspiller 1.860 000 d’euros (auxquels il faut rajouter 744 000 euros de l’Etat, 250 000 euros Conseil Général de la Loire, 353 000 euros Conseil général de Haute-Loire) pour reconstruire le barrage obsolète des Plats, sur la Semène, un affluent de la Loire en rive droite au sud de Saint Etienne. De la gestion d’avenir, conforme à ce qu’exige l’Union Européenne et sa Directive nitrates 91/676/CEE ?

Un moratoire et une alternative pour économiser l’argent du contribuable.

Pour la construction du nouveau barrage des Plats, la « pression de contrôle de l’Etat » n’a pas été insuffisante, elle a été inexistante. Dans la Loire, la DDT et quelques élus semblent continuer à con- sidérer que les poches de l’Etat et de ses établissements sont toujours pleines et que l’indispensable mobilisation des deniers publics pour l’effort national de lutte contre la pollution par les nitrates, et donc pour la protection de la biodiversité, passe au second rang.

Le WWF, les ONG du Collectif Loire Amont Vivante demandent donc à nouveau un moratoire sur un chantier coûteux, qui n’a pas de justification avérée et qui va altérer le potentiel de développement économique durable autour d’une « rivière joyau ». Une alternative pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable, étudiée par la SOGREAH en 2009, à la demande du Conseil Général de Haute-Loire existe. Elle consisterait pour l’essentiel dans la réalisation d’une conduite de 17 km reliant l’usine de potabilisation du SYMPAE (le Syndicat Mixte de Production et d’Adduction des Eaux) de Monistrol-sur-Loire. Il faut l’étudier plus avant. Qu’attendons-nous ?

Le Collectif Loire Amont Vivante demande également que la question de la reconstruction du barrage des Plats soit une examinée dans le futur « Rapport d’évaluation des politiques de l’eau » dans notre pays qui va être mise en œuvre sous l’égide du Conseil Général du Développement Durable dans les prochaines semaines.

Investissons l’argent public pour sauver l’eau, pas pour la couler !

Renseignements pratiques : www.loireamontvivante.fr
Alain Bonard Frapna Loire : 04 77 41 46 60 bonard.alain@gmail.com
Martin Arnould WWF France programme « rivières vivantes » : 06 15 41 68 62 marnould@wwf.fr
Roberto Epple : SOS Loire Vivante /Ern tél. 04 71 05 57 88 roberto.eppel@rivernet.org
Antoine Lardon : fédération de pêche de Haute-Loire tél. 04 71 09 09 44 antoine.lardon@wanadoo.fr
Solange Ménigot : Cdafal tél. 04 77 33 98 08

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