Dossier changement climatique

Un bilan positif pour la COP 21

Fin 2015 s’est tenue la conférence de Paris sur le climat. L’objectif était de limiter la hausse moyenne des températures sur Terre à 2° C et, mieux encore si possible, à 1,5° C par rapport aux températures moyennes avant l’époque de l’industrialisation (vers 1750).

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par Christine Virbel

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ob_f655ba_p1000962-jpgL’accord de Paris est un succès car 195 pays, plus l’Union Européenne, soit 196 membres, ont accepté de modifier leur façon de produire, consommer, produire de l’énergie, se déplacer… pour émettre moins de CO2.

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A suivre, pour vérifier comment les choses se concrétisent… lire la suite ici.


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En Algérie aussi, un début chaud pour l’hiver

Le temps qu’il fait en Algérie (soleil, pas de vent, pas de pluie, température élevée pour fin décembre, mer calme) inquiète les gens. Voici un article à ce sujet paru dans Reporters le lundi 21 décembre 2015.

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par M’hamed Rebah

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alge18« Pas de BMS * », affichait, hier (20 décembre), le site de l’Office national algérien de la météorologie (ONM) à deux jours du début, plutôt chaud, le 22 décembre, de la saison d’hiver. La carte commentée par les présentateurs à la télévision algérienne est couverte de soleil et les prévisions sur 10 jours et plus, données par les sites spécialisés, annoncent, partout dans le pays, que le temps restera clément jusqu’au début de l’année prochaine.

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Il n’y a pas meilleur argument en faveur de la lutte contre le changement climatique au lendemain de la 21ème conférence des Nations unies sur le climat (COP 21) dont les résultats, salués par les délégations officielles, ont été diversement accueillis par les ONG et experts.

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En 2014, aussi, l’automne algérien a eu des allures estivales, ce qui avait suscité une profonde inquiétude chez les agriculteurs. Mais, comme l’a rappelé l’ONM dans sa rétrospective 2014, dès le mois de novembre, il y a eu d’importantes perturbations, provoquant des intempéries et des inondations de grande ampleur, y compris au sud et dans les régions steppiques, suivies à la fin de l’année par une vague de froid sur le nord du pays, accompagnée d’importantes chutes de pluie et de neige touchant particulièrement les régions de l’est et du centre.

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Sur le plan hydrologique, l’ONM a signalé que ces apports de précipitations enregistrées durant la période automnale 2014 (nov.-déc.) ont énormément contribué à la reconstitution des nappes phréatiques et à un remplissage des barrages en exploitation, qui a atteint au niveau national, un taux de 72,38 %, alors que, vers les régions de l’ouest, qui ont le plus bénéficié de ces perturbations, un taux exceptionnel de remplissage (87 %) avait été atteint.

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En 2015, il faut espérer que le retard sur la saison hivernale n’est qu’un décalage et que, bientôt, tout rentrera dans l’ordre.

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L’Organisation météorologique mondiale (OMM) estime que la température moyenne à la surface du globe en 2015 devrait être la plus élevée jamais constatée et franchira sans doute le seuil, aussi symbolique que significatif, que constitue un réchauffement de 1 degré Celsius par rapport à l’époque préindustrielle. L’OMM explique que cette situation résulte des effets conjugués d’un puissant épisode El Niño et du réchauffement climatique causé par les activités humaines.

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Le changement climatique a influencé de nombreux phénomènes météorologiques extrêmes – en particulier les vagues de chaleur – fait observer l’OMM, qui a mené une étude sur cinq ans indiquant que les années 2011 à 2015 représentent la période de cinq ans la plus chaude jamais enregistrée.

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« L’état du climat mondial en 2015 fera date pour un certain nombre de raisons », a déclaré le secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud. « Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont atteint de nouveaux pics : au printemps boréal 2015, pour la première fois, la teneur de l’atmosphère en CO2 a franchi la barre des 400 parties par million en moyenne mondiale. L’année 2015 sera probablement la plus chaude jamais enregistrée, les températures de surface de la mer atteignant des niveaux sans précédent depuis qu’il existe des observations. La barre des 1 ° C de réchauffement sera sans doute franchie », a-t-il ajouté.

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L’OMM est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau. Ses rapports sur l’état du climat mondial sont établis à partir des informations communiquées par les 191 membres de cette institution.

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* BMS : bulletin météorologique spécial. Depuis les inondations de Bab El Oued en novembre  2001, les Algériens connaissent la signification de ces initiales. Le BMS avertit sur un risque lié aux intempéries (inondations surtout) et appelle à des mesures de prévention.

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Voyage à Hambourg, ville en pointe contre le réchauffement climatique

Dans le cadre de l’AJEC 21, un groupe de dix journalistes des JNE et de l’AJE ont été invités à Hambourg (Allemagne), du 4 au 6 novembre 2015, afin de découvrir les expériences d’une ville qui se veut en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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par Roger Cans

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Sous la conduite de Geneviève de Lacour, l’organisatrice du voyage, nous avons été accueillis sur place par Vincent Boulanger, un pigiste français membre des JNE, spécialisé dans les énergies renouvelables.

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Le centre expérimental d’E.ON

Nous commençons notre tournée par la visite d’un site expérimental de l’entreprise E.ON, situé dans le quartier de Reitbrook. On s’efforce là d’innover pour stocker l’énergie, toutes les formes d’énergie, qu’elle soit produite par l’éolien, le solaire, les microalgues ou l’électrolyse de l’eau qui fournit l’hydrogène par osmose inverse. Ici, 80 % de l’électricité produite est transformée en hydrogène, et le reste en chaleur. Une faible proportion d’hydrogène (2 %) est envoyée après traitement dans le réseau de distribution du gaz.

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Dans cette installation expérimentale, où chaque unité est en plein air, on ne stocke pas l’énergie. Tout est envoyé dans le réseau.

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L’Allemagne du nord, qui produit beaucoup d’électricité éolienne, envoie le gaz vers le sud. A Reitbrook, E.ON envoie 280 m3 de gaz à l’heure.

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La société LichtBlick

Nous retournons en ville pour rencontrer les jeunes promoteurs d’une entreprise ambitieuse, qui veut « fournir une énergie propre à tout moment, partout et à tout le monde ». Ralph, chargé de la communication, décrit une situation mondiale où tout change plus vite que prévu. On en est déjà à 58 % d’énergie renouvelable dans le monde. 2015 est une année charnière où tout bascule, des énergies fossiles aux renouvelables. En Allemagne, on a d’abord privilégié l’éolien, mais on mise maintenant sur le solaire.
La société LichtBlick (« lueur d’espoir ») n’avait que 8 clients en 1999. Elle en a plus d’un million aujourd’hui. Son principe : prévoir la production et la consommation d’énergie grâce à un Schwarm Dirigent, un logiciel chef d’orchestre qui permet à ses clients d’optimiser leur consommation et de payer leur énergie moins cher. Lorsqu’un immeuble produit son énergie solaire, LichtBlick peut à tout instant fournir une énergie complémentaire en cas de besoin. En Allemagne, 1,5 million de foyers ont des panneaux solaires, mais seulement 20 % peuvent la stocker grâce aux batteries Varta et Tesla.

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LichtBlick, qui reconnaît que « l’efficacité énergétique n’est pas notre objectif », ne cherche pas à réduire la consommation de ses clients, mais seulement de leur fournir l’énergie disponible au moindre prix. Elle envisage maintenant de proposer ses services à la Californie, à l’Etat de New York, au Royaume Uni, aux Pays-Bas et même au Vietnam et aux Philippines. Une start-up qui n’a pas froid aux yeux. On a remarqué par ailleurs les vastes locaux dont dispose LichtBlick dans l’immeuble Afrika Haus, gardé par deux éléphants de bronze grandeur nature. Le mobilier du salon est fait de palettes neuves habilement agencées. On sent le goût pour une simplicité moderne.

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L’université technique de Hambourg (TUHH)

Par un temps toujours ensoleillé, le 5 novembre, on nous conduit à l’Université technique de Hambourg (TUHH), où nous attend le professeur Ralf Otterpohl (« mare aux loutres » en allemand), qui parle un excellent français, avec des tournures belges, car il a vécu à Bruxelles. Il est spécialisé en génie de l’environnement et développement rural. Son obsession : les eaux usées de notre Terre vivante, le manque d’eau et la dégradation des sols. D’où les réfugiés climatiques. C’est pourquoi le TUHH coopère avec l’Afrique et le Proche-Orient. Un constat : les sols cultivés intensivement n’ont plus de vers de terre. De 1950 à 1990, un tiers des sols arables ont été détruits ou sérieusement dégradés.

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L’image de l’Allemagne est trompeuse : on y trouve beaucoup de consommateurs bio, mais peu de producteurs (2 % de la surface utile). Le Danemark en est à 17 %, suivi par l’Autriche et la Suisse. L’image écolo de l’Allemagne remonte à vingt ans. On assiste aujourd’hui à un retour en arrière. Certes, on fabrique du biogaz et des biocarburants, parce qu’ils sont subventionnés. Mais, en termes de rendement énergétique, le solde est nul pour les biocarburants. Beaucoup de producteurs qui ont vu leurs subventions diminuer de moitié ont mis la clé sous la porte.

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Le mouvement Terre Vivante, qui dispose d’une ferme modèle aux Etats-Unis (Rodale Institute), prône une agriculture soucieuse des sols, notamment par semis directs et moins de produits chimiques, donc moins de passages dans les champs. On obtient des rendements égaux à moindres frais et l’on souffre moins de la sécheresse et des inondations car le sol absorbe et filtre les précipitations. Dans les rizières, on sème seulement un grain au lieu de neuf, et son épi est plus productif. Le professeur présente le moringa, arbre qui nourrit les chèvres avec ses feuilles.
Et l’on en arrive au sujet chaud des toilettes sèches, en passant par les eaux grises (lavage) et les eaux noires (chasses d’eau). Le professeur explique que les phosphates du Maroc, utilisés comme engrais, contiennent de l’uranium et du cadmium que l’on retrouve dans les urines. Quant aux matières fécales, peu volumineuses, il ne faut surtout pas les mélanger aux eaux grises.

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Avant les toilettes sèches, inaugurées il y a quinze ans à Lübeck, on a installé pour les particuliers des réseaux de toilettes par aspiration (comme dans les trains et les avions). Cela n’utilise qu’un litre d’eau au lieu des 15 litres de la chasse ordinaire. Mais le système suppose de l’entretien, des réparations lorsque l’aspirateur est bouché, ce qui est fréquent avec les prototypes.

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A Hambourg, 2000 habitants ont été reliés en 2010 à un réseau de méthanisation qui produisait électricité et chaleur. Cependant, les eaux grasses de la cuisine encrassent les tuyaux et le système, compliqué, ne fonctionne plus. Mais il ne peut être changé.

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Le principe de base, c’est de séparer les eaux grises et les eaux noires. On peut réutiliser les eaux grises après filtrage pour les toilettes. Près de la gare centrale de Hambourg, 150 habitants produisent du compost ou du biogaz avec leurs matières fécales, selon la place dont ils disposent. Reste le problème des résidus médicamenteux, qui ne peuvent être retenus que par nanofiltration. Les microbes et les molécules sont tués à 300° C.

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Le compost de matières fécales est fait pour enrichir le sol, mais pas pour être déposé sur les tomates ! Un modèle est l’Amazonie, où l’on tire les fruits du sol, de la strate arbustive et des arbres. On appelle Terra preta des sols sombres très riches grâce au compost des matières fécales et du charbon de bois accumulés avant l’arrivée des Européens, il y a 500 ans. On pratiquait aussi la fermentation des résidus dans des jarres de terre cuite.

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Le TUHH a mis au point un prototype de toilettes sèches avec cuvette et réservoir de 100 litres en plastique, pour l’usage d’une famille pendant une semaine. L’appareil est prêt, mais pas encore installé. Il suppose une vidange faite par des professionnels. Faute de charbon de bois, on peut brûler la paille du riz, mais cet élément est indispensable pour un bon compost. « Nous avons installé des foyers à gaz de bois au Sénégal, mais l’exode rural continue. C’est pourquoi nous envisageons de nouveaux villages pour reconquérir les terres abandonnées, avec 100 ou 200 personnes motivées, soucieuses de laisser une « empreinte positive ». Comme Jean-Marie Fortier fait au nord du Québec, nous proposons un terrain de 100 hectares découpé en 100 petits jardins, selon le Neues Dorf Prinzip (le principe du nouveau village). Ces jardins seraient cultivés par des gens motivés, et non pas frustrés par la vie urbaine. Le village, pourvu de petites maisons à faible coût, serait situé à moins de 100 km de la ville pour y écouler facilement les produits. Ces villages sont envisageables en Allemagne du nord et de l’est. Un premier projet est en vue sur un ancien terrain militaire d’Osnabrück. »

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Ci-dessous, une interview du Pr Otterpohl, mise en ligne sur la toute nouvelle chaîne YouTube des JNE créée par Jérémi Michaux.

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La montagne de l’énergie (Energieberg)

On nous emmène l’après-midi sur une colline verdoyante, dominée par une éolienne de belle taille. Du sommet, on voit au loin les grues du port et d’autres éoliennes qui tournent lentement. Nous sommes en fait sur une ancienne décharge à ciel ouvert, installée en 1967 sur le site d’une ancienne briqueterie, donc de l’argile étanche. Naturellement, la décharge dégageait des odeurs et des jus dont les riverains se plaignaient. Elle a fonctionné jusqu’en 1975. Le ministère de l’environnement et l’Europe ont alors financé la réhabilitation du site avec une couche de terre de 2 mètres d’épaisseur, la collecte et l’épuration des jus et la production de méthane.

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En 2006, le site, ouvert au public, est devenu Energieberg, où l’on accède par de longs escaliers ou un chemin sinueux. Au sommet, l’éolienne a demandé une infrastructure spéciale pour se dresser sur une montagne de déchets en fermentation. Côté sud, des panneaux solaires complètent le dispositif. On a donc sur ce site de 45 hectares la production de trois énergies : éolienne, solaire et gaz. D’après les gestionnaires du site, il y aura du gaz pour encore vingt ans.

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Le bunker de l’énergie (Energiebunker)

Une espèce de gigantesque donjon moyen-âgeux en béton, construit en 1943 par les prisonniers des camps pour servir d’abri contre les bombes anglaises et en même temps de plateforme de tir de défense anti-aérienne. Pour le IIIe Reich, il s’agissait de montrer que le peuple allemand était toujours debout et offensif. En 1947, les Anglais ont voulu détruire l’édifice, mais faire exploser un bunker aux murs de trois mètres d’épaisseur aurait été dangereux pour le voisinage. Ils se sont donc contentés de bombarder la plateforme pour y faire un vaste trou, rendant le bunker inutilisable.

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De 1947 à 2010, le bunker est resté là comme une énorme verrue, ainsi qu’un autre aussi énorme et inutile en pleine ville, souvenirs d’une guerre qui a saigné l’Allemagne et qui fait tache dans une cité résolument moderne. En 2006, les autorités décident de recycler l’immeuble dans le cadre de l’IBA (sigle allemand pour l’Exposition internationale de la construction) qui a lieu en Allemagne depuis 1901 et permet de développer un quartier, un site ou de restaurer un monument.

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Pour l’IBA de 2012 organisée à Hambourg, le bunker a donc été entièrement réhabilité pour en faire, en son cœur, une chaudière de production de gaz, et sur son toit, une unité de production électrique par panneaux solaires. La chaudière de stockage a une contenance de 2 millions de m3 et chauffe actuellement 1200 foyers des environs. Avec le solaire, le potentiel pourrait servir 3500 foyers.

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Le monument est ouvert au public et des ascenseurs conduisent à la plateforme supérieure, transformée en un immense balcon terrasse avec café panoramique. L’endroit peut être loué pour des réceptions, avec vue imprenable sur la ville de Hambourg.

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Le quartier IBA de Wilhemsburg

Pour profiter des derniers rayons du soleil, nous visitons un quartier entièrement rénové à l’occasion de l’IBA de 2012, appelé « le nouveau centre » (Neuer Mitter). Il a été implanté dans une île autrefois marécageuse, formée au sud de la ville par l’Elbe et ses affluents. Wilhemsburg a longtemps été une zone d’habitat pauvre, protégée des inondations par 29 km de digues, dont certaines atteignent la hauteur de 8 m 60. Ce qui n’a pas empêché une grave inondation en 1962, qui a fait au moins 200 morts. Car une bonne partie de l’île se trouve sous le niveau de l’eau de l’Elbe, malgré les dragages pratiqués dans le lit du fleuve.

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Les immeubles construits à l’occasion de l’IBA de 2012 sont tous différents, de couleur, de formes et de taille. Mais ils sont résolument modernes et d’une qualité recherchée, qu’il s’agisse de bâtiments publics ou de logements privés. Il reste encore à construire 5 projets architecturaux, soit 700 logements.

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Notre visite est surtout motivée par « la maison aux algues », un immeuble d’habitation censé produire une partie de son énergie par des panneaux extérieurs où nagent des micro-algues. Sous l’action du soleil, les micro-algues prolifèrent et produisent du biogaz, transformable en électricité ou chaleur. Mais le système en est encore au prototype et montre ses limites : il est bruyant, car l’immeuble est cerné de vitrages où bouillonnent les micro-algues. D’autre part, la loi interdit de brûler le biogaz à l’intérieur de l’immeuble (risque d’explosion). Résultat : l’immeuble n’est pas autosuffisant, comme on l’espérait, et les circuits sont à revoir. Quand nous le contemplons, presque tous les panneaux de bioréacteurs ont été démontés et sont entassés dans le jardin. Le système donne du gaz, mais pas d’électricité.

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L’usine de Hamburg Wasser

Pour notre dernière matinée, le 6 novembre, nous visitons sous la pluie une énorme installation industrielle où la ville de Hambourg recueille ses eaux usées, brûle les boues d’épuration ou les laisse fermenter pour en faire du gaz. Chez nous, à Paris, l’usine d’Achères recueille les boues d’épuration de la ville pour en faire de l’engrais, pour les maraîchers. A Hambourg, ville Etat qui n’a pas beaucoup de terres agricoles, on préfère l’énergie (indéfiniment renouvelable avec les eaux usées).

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Hamburg Wasser est la plus grande usine allemande de traitement des eaux. La société, publique, a été créée en 2006 pour regrouper deux sociétés privées chargées l’une de la distribution d’eau et l’autre de l’assainissement (dont Veolia). Hamburg Wasser vend son énergie à une société sœur, elle aussi publique, Hamburg Energie.

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Le site, qui occupe toute une île au bord de l’Elbe, comporte une usine d’incinération des boues construite en 1998 (VERA). Celle-ci recourt à un système de traitement des gaz unique en Allemagne, qui permet d’enlever 40 % du CO2. C’est pourquoi VERA est toujours visitée aujourd’hui par les experts. Mais elle reste fermée aux visiteurs profanes.

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Le site comporte donc une multitude de bassins de décantation, qui recueillent les eaux usées de la ville en un point bas (- 30 m). Les boues d’épuration sont ensuite dirigées vers l’usine VERA, qui les brûle, ou vers « les œufs », un site extraordinaire qui comporte d’énormes biodigesteurs en inox où le gaz est produit par fermentation. Là, des ascenseurs nous conduisent au chemin de ronde couronnant ces œufs géants, où fermente le méthane. Spectacle impressionnant quand on voit les petits hommes en bleu qui s’activent au sol.
Ici, le biogaz produit chaleur et électricité. Le réseau de chaleur alimente les installations environnantes, entrepôts et ateliers divers.

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Outre le traitement des boues, qui fournit 80 % de l’énergie (gaz ou chaleur), Hamburg Wasser dispose aussi de panneaux photovoltaïques et d’une éolienne, pour la forme. Le dressage de l’éolienne, au milieu des bassins de décantation, a été un tour de force. Certaines installations sont dotées d’un toit pour les protéger d’éventuelles chutes de glace lorsque les pales de l’éolienne sont givrées !

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Le bilan de cette installation est totalement positif car elle produit de plus en plus d’énergie et en consomme de moins en moins pour fonctionner. C’est sur cette dernière impression, plus que positive, que nous faisons nos adieux à Hambourg après un déjeuner en ville quelque peu éclaté dans le centre commercial proche de l’Hôtel Pacific.

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« La Terre jusqu’au trognon », un livre de Piem à rééditer d’urgence !

Le livre est épuisé. En cette année de COP21, il apparaît d’une actualité criante. A quand sa réédition ?

 

par Michel Cros

PiemA neuf mois de la conférence à Paris sur le réchauffement climatique, (COP 21), il est bon d’ouvrir et revoir l’album de Piem LA TERRE jusqu’au Trognon. Dans la « Genèse » de son ouvrage, l’humoriste s’exclame, texto à l’appui : «  Le 1er déchet produit par l’humanité fut le trognon de pomme qu’Adam et Eve ont laissé en partant » . S’en suivent, entre satire et poésie, 129 dessins sur notre société de consommation, où pollution, ozone, nucléaire, capitalisme et colonialisme, droits de l’homme et réfugiés climatique, crise économique et écologique, s’entrechoquent sur les traces de l’humain…, sans oublier Dieu !


Le ton est fantastique, parfois brutal, mais jamais vulgaire.

 

Piem, avec la courtoisie et l’élégance qu’on lui connaît, nous accompagne dans cette folle histoire de l’homme vouée à sa perte et dans sa dérision jubilatoire à vouloir à tout prix sauver sa planète.


Qu’on ne s’y trompe pas, nous étions déjà foutus avant notre arrivée, comme l’en atteste Dieu sur son nuage psychanalytique, avouant « Je crois que j’ai fait une boulette ».
Piem tire un trait (de crayon) définitif sur un monde révolu…
N’en déplaise à Adam et Eve, l’Amour n’est plus dans le près, mais dans la solidarité.


Editions Le Cherche Midi, 2009.


 


 

Climat : pour tout savoir sur la conférence COP20 de Lima

L’AJEC21, l’association sur le climat que les JNE ont créée avec l’AJE, a commencé très sérieusement son travail (formation, site, rendez vous).

 

LogoAJEC21Pour tout savoir sur la conférence COP20 qui se déroule actuellement à Lima, vous pouvez nous retrouver sur le site élaboré par Pierre Demeure  : www.ajec21.org. Vous y trouverez régulièrement des articles sur l’évolution des négociations, comme ce point à mi-parcours posté le 6 décembre par Dominique Martin Ferrari, et une rubrique agenda très fournie.

 

Vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter :  @Ajec21climat.

 

On vous recommande chaudement aussi ce site de « liveblogging » où l’on trouve des liens avec les webcasts officiels de la conférence, les « livetweets » postant tous les tweets avec les hashtags #COP20 et #LimaCOP20, ainsi que quantité de liens, articles et photos.

 

Des chrétiens d’Europe se mobilisent pour l’écologie et le climat 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre en Hongrie, à l’occasion de la 10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network).

 

par Christine Kristof-Lardet

 

Assemblée de l'ECEN en Hongrie - photo Christine Kristof

Assemblée de l’ECEN en Hongrie – photo Christine Kristof

 

Planter d’anciens pommiers dans le jardin d’une église, installer des panneaux solaires sur le toit d’un monastère, aménager des nichoirs pour les oiseaux dans un clocher…

 

Autant d’actions portées par des chrétiens issus de différentes églises d’Europe qui pourraient sembler bien insignifiantes, mais qui,  par-delà leur portée symbolique, peuvent  réellement changer la face du monde car elles témoignent d’une attitude intérieure tournée vers le respect de la vie..

 

A l’heure où les regards convergent vers le sommet climat des Nations Unis qui se déroulera à Paris en 2015 (COP 21), et où nous commençons à prendre la mesure des conséquences des changements climatiques, des chrétiens, issus de diverses Eglises d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre dernier en Hongrie, à l’occasion de la  10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network), afin de s’interroger sur la responsabilité morale de l’Eglise et d’apporter des réponses concrètes à la crise environnementale, sociale et spirituelle que nous traversons.

 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, ont témoigné d’approches théologiques et écologiques de grande qualité, mais ont surtout partagé leurs expériences de terrain, inspirantes pour chacun. Ces chrétiens vivent leur engagement écologique comme un élément constitutif et essentiel de leur foi, et non comme une préoccupation périphérique. La Création étant l’œuvre de Dieu, il est tout naturel pour eux d’en prendre soin !

 

Cet engagement se décline à tous les niveaux de responsabilité, tant au niveau des institutions, avec, pour exemple, l’initiative récente prise par l’Eglise de Suède de se désinvestir totalement des énergies fossiles, qu’au niveau de certains responsables religieux, tels James Jones, Evêque de l’Eglise d’Angleterre, ou le Révérent Henrik Grape de l’Eglise de Suède, qui n’hésitent pas à interpeller les politiques.

 

Mais l’impulsion, il faut le dire, vient plus souvent de la base, des paroisses avec l’exemple des innombrables « églises vertes » ou des  « éco-congrégations » qui fleurissent aux Pays-Bas, en Suisse, en Ecosse ou en Hongrie, ou  encore des associations chrétiennes ou des individus qui tentent d’apporter des réponses pragmatiques aux problèmes locaux, qu’il s’agisse de réduire la consommation énergétique des bâtiments et des églises, de mettre en culture le jardin d’une paroisse, de promouvoir le « temps pour la création » (traduire par « temps spécifique consacré à l’écologie », du 1er septembre au 4 octobre, institué par le Patriarche Bartholomée et porté par l’ECEN), de proposer un jeûne de voiture ou un carême sans viande, ou encore de sensibiliser les enfants au respect de la nature dans les écoles chrétiennes…

 

Les initiatives de coopération telles que celles portées par l’ECEN semblent d’autant plus précieuses dans le contexte des bouleversements climatiques qui nous concerne tous. Les Eglises, unissant leurs voix, peuvent jouer un rôle déterminant pour interpeller les politiques qui porteront les négociations lors de la COP21. Des initiatives internationales tel le Jeûne pour le climat, ou le grand pèlerinage qui se prépare en provenance de plusieurs pays d’Europe vers Paris en 2015, sont le signe de la prise de conscience, au sein d’un nombre grandissant de chrétiens, de notre responsabilité partagée face au devenir de l’humanité et d’une partie du vivant sur Terre.

 

 Qu’est-ce que l’ECEN ?

 

L’ECEN (European Christian Environnemental Network) est un réseau d’églises, de communautés, d’ONG et d’individus qui, au-delà des frontières et des confessions, œuvrent pour le respect et la sauvegarde de la création. Le but de l’ECEN est de partager les informations sur l’écologie et les bonnes pratiques présentes dans les différentes traditions chrétiennes d’Europe, et d’œuvrer à une coopération efficace, notamment à travers des jumelages ou des actions communes. L’ECEN est le principal outil de la Conférence des Eglises Européennes (corollaire du Conseil Œcuménique des Eglises en France) et se réunit tous les deux ans. Cette année, deux-tiers des personnes participaient à ces rencontres pour la première fois, dont de nombreux jeunes. Dans sa mission d’interpellation des autorités religieuses et politique, deux lettres ont été rédigées durant cette dernière assemblée – une à destination des Eglises, l’autre à destination de l’Union Européenne : « Nous sommes appelés à agir localement avec une perspective globale. En tant qu’églises et communauté de foi, nous sommes appelés à prendre soin de notre voisins, et notre voisin est chaque créature vivante dans la création de Dieu. Nous appelons les églises et les responsables d’églises à travers l’Europe à répondre à la crise spirituelle et matérielle du changement climatique ! ».

 

Cet article a été publié dans l’hebdomadaire Réforme.

 

 

Comment convertir du gaz carbonique en énergie verte ?

La technologie est-elle une réponse au changement climatique ? Voilà qui suscite bien des débats. De même, le captage et la séquestration du carbone sont loin de faire l’unanimité. Dans un premier temps, nous publions un article sur un procédé qui a conquis l’un des membres de notre association.

 

par Michel Cros

 

Usine BFS à Alicante (Espagne) - photo BFS

L’usine BFS à Alicante (Espagne) – photo BFS

Alors que les conflits autour des énergies fossiles se font de plus en plus ressentir sur la planète (conflits armés, transactions financières sur les mines de charbon, exploitation du sous-sol…), l’éco-citoyen responsable, mesurant son empreinte carbone de son côté, semble bien décidé à modifier ses gestes pour utiliser une énergie moins polluante qui va surtout réduire ces gaz à effet de serre qui nous préoccupent tant.

 

Mais quand un ami me déclara, qu’on pouvait faire du pétrole avec du CO2 et que ça marche depuis 4 ans grâce à une usine installée en Espagne, je suis resté dubitatif ! Son insistance m’a encouragé à en savoir un peu plus sur cette entreprise qui a son siège à Alicante. BFS (Bio Fuel System) a réussi à mettre en application un procédé incroyable mais élémentaire permettant la conversion du gaz carbonique en pétrole artificiel, appelé Blue Petroleum, garanti sans soufre et métaux lourds.

 

Serait-ce l’émergence d’un combustible de plus sur le marché, un super algo-carburant en quelque sorte ? Une aubaine pour tous les automobilistes qui sont à la recherche de nouveaux carburants plus équitables pour la planète !

 

Sur la route de mes vacances espagnoles, je m’interroge sur la production de ce biopétrole. Vais-je pouvoir faire mon plein avec du Blue Petroleum ?

 

Son nom magique résonne déjà dans mon réservoir tellement ma pensée s’emballe, mais pourquoi ça ne s’est pas développé chez nous, alors que l’Allemagne propose aussi du carburant végétal dans ses stations services depuis longtemps ?

 

La France, qui vient juste d’accepter, via le major de l’automobile PSA, le moteur à air comprimé de M. Guy Nègre, après 15 années d’hésitation (voir ici un article de la Tribune), a-t-elle raté une opportunité de plus dans sa transition énergétique ?

 

Mais d’où vient-il, ce « pétrole bleu », au design élégamment présenté sur le web ? Est-il vraiment opérationnel et surtout, quelle est cette formule magique ?

 

Autant de questions qui vont s’accumuler jusqu’à ma venue sur place à Alicante, où je décide de rencontrer la tête pensante de l’usine pilote BFS, installée depuis 2010.

 

Bernard Stroïazzo-Mougin, le Président Fondateur de Blue Fuel System, n’a pas pu venir pour l’interview, mais son fils, Alix Stroiazzo, Directeur International Business Development, me reçoit cordialement dans leurs bureaux pour me présenter ce procédé grâce à un montage vidéo.

 

Sur la table, une rangée circulaire de bloc-notes laisse apparaître en grosses lettres la formule magique CO2 = Energy. Une formule simple, voire contradictoire comme la « vérité qui dérange » d’Al Gore . C’est d’ailleurs suite aux déclarations alarmantes de ce sénateur américain que l’application de ce procédé prit forme en 2006 dans l’esprit de Bernard Mougin, ingénieur français en thermodynamique, passionné par les recherches sur le pétrole, et soucieux d’un avenir meilleur pour les générations futures.

 

Un procédé génial inspiré par les travaux de Giacomo Luigi Ciamician, professeur de chimie à l’université de Bologne (de 1889 à 1922), qui fut le premier scientifique à faire des recherches dans le domaine des réactions photochimiques. Cet universitaire d’origine arménienne, considéré comme le père de la photochimie, proposa d’ailleurs en 1912 à New York, en amorce du VIIIe Congrès International de Chimie, l’utilisation de l’énergie solaire comme moyen de production d’un carburant artificiel pour remplacer le charbon, l’énergie fossile de l’époque.

 

Comme il en témoigne dans ses travaux :« Le rayonnement solaire peut être utilisé pour des applications industrielles. Dans des régions désertiques, inadaptées aux cultures, on pourrait installer des forêts de tubes en verre où le processus photochimique qui aurait lieu à l’intérieur de ses tubes constitue le secret le mieux gardé par la nature jusqu’à nos jours ».

 

Alors, ce secret tant recherché, quel est-il exactement ? Imaginer un procédé recréant le processus qui a lieu depuis des millions d’années dans les océans grâce à la photosynthèse pour donner tout naturellement du pétrole.

 

Car dans ces gigantesques tubes en verre, l’équipe scientifique de BFS a installé des micro-algues avec du phytoplancton et des cyanobactéries qui se multiplient à vitesse grand V sous le soleil. Leur concentration moyenne de base, qui est de 100 à 300 cellules par millilitre dans l’eau de mer, atteint 500 millions à 1 milliard de cellules par millilitre dans les réacteurs de BFS. Ces organismes vivants unicellulaires « autotrophes », appelés « échangeurs », sont les plus lointains ancêtres de toute forme de vie sur Terre et fonctionnent comme de véritables usines biochimiques miniaturisées. Leur décomposition est l’origine de ce pétrole tant convoité sur la planète.

 

Mais Bernard Mougin est allé plus loin que Luigi Ciamician, car l’inventeur français relie les rejets de dioxyde de carbone industriels directement à son usine et accélère le procédé de conversion de CO2. La photosynthèse permet alors de capter le carbone du CO2 et d’en faire une chaîne carbonée sous forme d’une bio-masse pouvant servir de carburant, avec un bonus non négligeable pour notre environnement ; pour chaque baril de pétrole utilisant environ 2 tonnes de CO2 d’émissions industrielles, 1 tonne est totalement neutralisée et ne se retrouvera plus dans l’atmosphère. Ainsi, 2.500 tonnes de CO2 ont pu être captés depuis le démarrage de l’usine en 2010.

Un bio-pétrole en quelque sorte artificiel qui plus est réducteur de CO2… Mais aussi une bio-masse (chaîne carbonée) source d’importants apports alimentaires grâce aux OMEGA (EPA, DHA…), issus des phytoplanctons, des acides gras que l’homme n’arrive pas à synthétiser, alors qu’ils sont déterminants au bon fonctionnement du métabolisme des êtres vivants. Sans compter toutes les applications pour la cosmétique. La molécule phycoérythrine découverte cette année dans les laboratoires de BFS en est un parfait exemple.

 

Bernard Stroïazzo-Mougin fabrique du pétrole avec de la fumée !

 

Le CO2, notre ennemi juré, est devenu entre ses mains un véritable allié… Un coup fumant que le gouvernement français risque de regretter dans la perspective de la COP 21, où tous les pays concernés vont devoir se réunir à Paris en 2015, pour faire le point sur le climat. Et surtout proposer des solutions. Un challenge que pourrait lancer la France sur la table internationale, annulant ainsi, le fameux dicton : « en France on n’a pas de pétrole… »

 

Mais le challenge est assurément mondial, car il suffirait d’une surface équivalente à 500 km x 500 km dans un désert pour produire 20 millions de barils par jour qui permettraient de réduire 20 % de gaz à effet de serre, affirme BFS !

 

Le rêve de Giacomo Ciamician serait-il, presque un siècle après, enfin réalisé ? Sur les terres de la province d’Alicante, s’érigent des tubes verts pointés vers le ciel de 8 mètres de hauteur, de plein pied sur 3 hectares. Un bon début, mais pas suffisant pour produire en masse du carburant, précise son fondateur qui estime la barre de démarrage pour le marché espagnol entre 50 et 100 hectares.

 

Reste à trouver 100 millions d’euros, et le « tour » est joué ! Dans l’attente de nouveaux contrats qui pourraient se concrétiser prochainement, notamment avec la Chine et le Japon (via Japan Airlines), une voie parallèle et encourageante se profile avec une participation citoyenne bien décidée à promouvoir cette nouvelle énergie verte. Des citoyens conscients que cette alternative au pétrole bio doit bien répondre à l’urgence climatique et non à une nouvelle utilisation irraisonnée de sa production.

 

Lien sur le captage et stockage du dioxyde de carbone :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Le-gouvernement-francais-soutient.html

 

Lien sur l’ozone :
http://www.asef-asso.fr/mon-air-exterieur/nos-syntheses/1959-tout-savoir-sur-la-pollution-de-l-air-en-3-minutes

 

AJEC 21 : les journalistes de l’environnement et de l’écologie unis contre les changements climatiques

C’est une évidence, les changements climatiques sont en cours. Le 5e rapport d’évaluation du GIEC nous rappelle l’ampleur du phénomène et de ses conséquences prévisibles. Publié le 6 septembre, le 4e tome du rapport sur l’évolution du climat de la France annonce, sans ambigüité, des lendemains qui déchanteront dans certaines régions, si nous n’agissons pas dès maintenant.

 

Dans quinze mois, la France sera l’hôtesse de la 21e conférence des parties à la convention de l’ONU sur les changements climatiques. C’est à l’issue de cette 21e « COP » que devrait être conclu un « accord universel » de maîtrise des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

 

Cet accord engagera l’humanité toute entière, des plus grandes nations aux individus. En informant ses milliards de lecteurs, d’auditeurs, de téléspectateurs et d’internautes, la communauté journalistique mondiale sera l’un des rouages de ce changement de paradigme.

 

Pour accélérer le rythme, la communauté française des journalistes spécialisés en environnement s’engage. Ce mardi 16 septembre 2014, leurs deux associations — l’AJE et les JNE — créent l’Association des journalistes de l’environnement et du climat (AJEC 21).

 

L’AJEC 21 accompagnera, dans leur préparation, les journalistes francophones appelés à couvrir la COP 21. Régulièrement, l’AJEC 21 organisera formations, séminaires et reportages pour alourdir le « bagage climatique » de nos consoeurs et confrères et sensibiliser leurs rédacteurs en chef à l’urgence de la situation. Pendant la COP, l’AJEC 21 poursuivra son travail de sensibilisation et d’information en direction du grand public.

 

L’association des journalistes de l’environnement et du climat pour la COP21 (AJEC21) a été créée par l’association des journalistes de l’environnement (AJE) et l’association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE).

 

Face à l’enjeu que représente le sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en 2015, les deux associations françaises de journalistes spécialisés en environnement ont décidé d’unir leurs forces et leurs moyens afin de mieux informer le public sur le changement climatique. Dans cette perspective, l’AJEC21 propose d’organiser des sessions de formation à l’attention des journalistes et de recenser les contacts, les manifestations et les articles qui pourront leur être utiles. Elle souhaite également constituer un relais pour les journalistes étrangers pendant la COP21.

 

Co-fondée, en 2014, par l’AJE et les JNE, l’association des journalistes de l’environnement et du climat a pour objectif d’aider les journalistes francophones à préparer et couvrir la COP 21 de Paris. Co-présidée par les présidents des JNE et de l’AJE, elle a vocation à se dissoudre au début de l’année 2016.

 

L’AJE : Crée en 1994, l’Association des journalistes de l’environnement (AJE) a deux vocations : former ses membres, tous journalistes professionnels, et les aider à exercer leur métier dans les meilleures conditions.

Les JNE : Fondée en 1969, l’association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) regroupe des professionnels de la presse, de l’information et de l’écriture passionnés d’écologie et d’environnement.

 

A SUIVRE

Marche mondiale pour le climat, samedi 21 septembre 2014 à l’appel de nombreuses organisations. A Paris, rendez-vous, place de la République à 14h.

Sommet sur le climat au siège de l’ONU à New York, le 23 septembre 2014.

 

Découvrez dès maintenant ici le site de l’AJEC 21.

 

Compte-rendu d’un atelier de l’AJE sur le cycle du carbone

Voici le compte-rendu d’une matinée organisée par l’AJE (Association des journalistes de l’environnement) au Conservatoire du littoral, le 18 juin 2014.
 par Roger Cans

 

Jean-Luc Fessard (NDLR : également membre des JNE) accueille les participants au nom de l’AJE. Il donne la parole à Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) à Gif-sur-Yvette. Première constatation : le C02 a une durée de vie très longue. 100 ans après son émission dans l’atmosphère, il en reste 40 %. Et 20 % 1.000 ans après ! Les émissions d’aujourd’hui sont donc pour les générations futures. Ce n’est pas tant le rythme des émissions qui est dangereux, mais son accumulation au fil du temps. Les émissions de méthane, qui semblaient stabilisées, recommencent de plus belle depuis 2005.

 

Global Carbon Project : il s’agit d’évaluer les émissions de carbone depuis l’année de référence (1990, Kyoto). Les émissions de carbone ont depuis baissé en Europe et aux USA, mais elles ont beaucoup augmenté dans les pays émergents, notamment la Chine et l’Inde qui brûlent beaucoup de charbon. Aujourd’hui, le taux d’émissions de carbone par habitant est identique en Chine et en Europe.

 

Global Carbon Atlas : lorsqu’on observe la planète entière, on constate que la moitié des émissions de carbone est absorbée par les océans et la végétation. L’océan absorbe de manière très régulière, mais pas la végétation. Pour maintenir la température moyenne au niveau de + 2° C, il faudrait se limiter à l’émission de 1.000 milliards de tonnes de carbone. Or il en a été émis déjà 500 milliards… En 2014, l’augmentation a été de 3 % par an, alors qu’il faudrait une diminution de 3 % par an.

 

El Nino : il joue le rôle de métronome dans l’océan Pacifique. Le réchauffement global est actuellement moins prononcé que pendant les 20 années précédentes. La dernière décennie a été plus humide et plus froide. Ce qu’on observe, c’est la formidable résilience de la végétation après un stress hydrique (photos des Ghats, en Inde, avant et après). Le cas de l’Australie qui reverdit après la sécheresse. D’une manière générale, les forêts boréales apprécient le réchauffement, alors que les forêts tempérées souffrent de stress hydrique. Le dérèglement climatique multiplie les événements extrêmes, quels qu’ils soient.

 

En juillet 2014, la NASA va lancer le satellite OCO2 pour étudier le CO2 dans l’atmosphère (le lancement précédent avait échoué). Cela devrait apporter les informations qui manquent encore. On observe à l’heure actuelle une extension de la zone tropicale. Le résultat, c’est davantage de pluies à l’Equateur, et davantage de sécheresse en zone subtropicale.

 

On aborde le rôle des océans avec Laurent Bopp. Les puits de carbone de la mer absorbent environ un quart des émissions. Le carbone anthropique est concentré dans l’Atlantique nord, car le CO2 se dissout mieux dans l’eau froide. On assiste donc à l’acidification des océans, qui relève de quatre facteurs : la température de surface, le PH de surface, l’appauvrissement en oxygène et une baisse de la production de phytoplancton. L’acidification, sous forme de « neige océanique », peut descendre jusqu’à 4.000 m de profondeur et donc nuire aux milieux riches en diversité biologique. L’océan stocke 95 % de la chaleur additionnelle totale.

 

Avec Nicolas Viovy, on s’intéresse au rôle de la végétation et des sols, aux flux biosphériques, c’est-à-dire aux échanges entre l’air et la terre. On constate les effets bénéfiques du CO2 sur la photosynthèse, donc une croissance favorisée par la température et une meilleure résistance au stress hydrique. Pour mesurer les effets du CO2 sur la végétation, on édifie des tours expérimentales dans la forêt qui diffusent le gaz carbonique sur un périmètre bien délimité. C’est le cas aux Etats-Unis, mais aussi en Chine et au Brésil. On observe une augmentation très rapide de la croissance avec un doublement de CO2. Mais il faut pour cela un minimum d’azote (oxydes d’azote de l’air) et de phosphore dans le sol.

 

Le CO2 est donc bénéfique pour la végétation. Le réchauffement prolonge la saison de végétation dans le Nord. Le dégel du permafrost dégage du CO2 en plus. Il faut aussi tenir compte des feux, qui ont un puissant impact. Le carbone terrestre est aussi transporté par les rivières. Mais la plus grande masse est sédimentée avant d’arriver à la mer.

 

Le méthane est produit pour moitié dans les zones tropicales inondées, et pour moitié par les activités humaines comme les mines de charbon et surtout l’élevage. Le méthane peut être « nettoyé » par les hydroxydes (OH), un élément très puissant mais en quantité infime.

 

Une question est posée sur l’agriculture bio, qui serait la solution. « Pas forcément, répond Philippe Ciais. Au mètre carré cultivé, oui, mais il faudra beaucoup plus de surface. » Il observe qu’il faut dix fois plus de surface pour les protéines animales que pour les protéines végétales.

 

Suivez la réunion du GIEC en « live tweet »

Réuni depuis le début de la semaine à Stockholm, le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) rend public le 27 septembre 2013 le premier volet de son rapport sur le changement climatique.

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Le  « live tweet » ci-dessous vous permet d’être informé en « temps réel» sur cette réunion.

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Vous trouverez d’autres informations et liens utiles sur cette page spéciale.

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