Biobernai

BiObernai 2015 : pour comprendre le contexte de la guerre des semences

Le film La guerre des graines, projeté lors du Salon BiObernai 2015, auquel un groupe de journalistes des JNE a assisté (lire ici le compte-rendu de cette soirée par Roger Cans), est une enquête formidable sur ce sujet complexe. On y prend grand plaisir à écouter les intervenants et regarder de beaux champs de blés diversifiés. Je n’en dirai pas plus, car on peut le voir sur Internet ici. Mais Carine Mayo (présidente des JNE) m’ayant demandé de parler du contexte, voici quelques repères.

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par Marie-Paule Nougaret

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guerre-des-graines-640x360Dans les années 1920-30, deux initiatives ont changé le monde des semences. Les fermiers des Etats-Unis relèvent à peine de la famine du Dust Bowl  (saladier de poussière), sécheresse due aux labours et pâturages sur des surfaces immenses, sans conserver d’arbres pour retenir les sols.

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Le maïs, culture très fructueuse d’origine amérindienne, va se révéler encore plus productive, par la technique d’hybridation : un plant de maïs porte des fleurs mâles et femelles. Pendant plusieurs années, on cultive deux variétés très loin l’une de l’autre, pour éviter les croisements par voyage du pollen (mâle). On sélectionne, pour re-semer, des grains très identiques pour obtenir des lignées « pures » comme on aimait à dire (pauvres en fait).

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Dans un deuxième temps, on sème les deux lignées côte à côte en castrant les fleurs mâles de l’une des deux (à la main, mais aujourd’hui avec des produits chimiques). Résultat, la lignée « stérile mâle » donne (sur les fleurs femelles) des épis et des grains hybridés. A leur tour ressemés, ces grains montrent un rendement exceptionnel, du moins la première année. Dès la 2ème génération, le résultat devient hétérogène, selon les lois de Mendel : certains grains lèvent, d’autres pas, certains épis poussent minuscules, etc. Voilà pourquoi on ne peut pas re-semer les hybrides F1 et obtenir de bons résultats. Par ce bond de rendement, l’hybridation permet l’élevage industriel d’animaux enfermés, à condition de compléter le maïs avec les protéines du soja (par exemple). Elle permet aussi de vendre les semences F1 chaque année aux agriculteurs.

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Mais dès les années 20, Nicolas Vavilov, en URSS, travaille dans l’autre sens ; il visite 62 pays et envoie des émissaires sur les marchés du monde entier pour acheter des graines. C’est ainsi qu’il découvre les centre de diversité où la richesse en semences apparaît la plus importante. Vavilov conserve ses graines à 5° C et en cultive régulièrement pour renouveler le stock. Ces travaux ne plaisent pas, sous Staline. Vavilov sera  condamné à mort, peine commuée à vingt ans de prison (selon Wikipedia). Malgré les conditions précaires, des botanistes réussissent à sauver une bonne part de ses collections qui existent toujours à Saint-Petersbourg en Russie.

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En 1950, André Cauderon hybride des maïs hybrides américains avec des « maïs de pays », chétifs, qui végétaient dans les jardins des Pyrénées, en altitude, depuis la découverte de l’Amérique peut-être, objet d’une sélection naturelle et paysanne drastique sur le caractère résistance au froid. Il obtient les premiers cultivars de maïs productifs et résistants au froid, qu’on vendra jusqu’en Norvège : extension de l’élevage hors sol.

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Trente ans plus tard, les maïs de pays n’existent plus. Cauderon ne pourrait plus re-faire cette hybridation. Il sait que les chercheurs de l’INRA ne gardent pas leurs collections de travail. Cauderon fonde le Bureau des Ressources Génétiques, interministériel, c’est-à-dire sans grand pouvoir ni budget. Un peu partout dans le monde, s’ouvrent des banques de graines.

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Mais il importe aussi de conserver les semences en culture, en grand nombre, diversité qui permet l’adaptation à l’environnement changeant (comme le maïs de Pyrénées), sans parler des pannes de frigo ou des dégâts du froid. Voilà pourquoi quand la Syrie demande des graines au coffre-fort norvégien des glaciers du Svalbard, après le bombardement d’une banque de graines, pour en reconstruire une autre, en Jordanie, des associations françaises préfèrent envoyer des semences paysannes aux paysans et citadins de Syrie ou aux Syriens dans les camps de réfugiés.

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A la fin des années 1980, les négociations du GATT (accord de commerce) qui jusqu’alors ne concernaient que les tarifs de douane (ou leur absence) sur les produits industriels, se sont étendus à trois autres secteurs : agriculture, services et propriété intellectuelle, un nouveau concept. Auparavant existait la « propriété industrielle » de brevets sanctionnant des inventions, jamais les découvertes de phénomènes naturels. Mais cette notion a conquis le monde sous l’égide de l’organisation WIPO (World Intellectual Property Organization), sise à Genève. En effet la plupart des grands empires industriels vivent de royalties sur des brevets, marques franchisées et produits dérivés plutôt que de la production (laissée aux sous-traitants).

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Quant aux semences, le règlement européen qui consent aux brevets sur les séquences génétiques menace la liberté de semer des variétés aussi banales que le chou brocoli sans avoir à payer ou risquer des amendes, pour un geste aussi naturel. Guy Kastler du réseau Semences paysannes l’explique dans le dernier n° d’inf-OGM, que les journalistes peuvent demander en service de presse à cette organisation. Le gouvernement prend enfin la mesure du danger selon l’auteur et prépare un texte à ce propos dans la future loi sur la biodiversité.

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Autre point important, le traité sur les ressources phylogénétiques, au sein de la Convention sur la Biodiversité (ONU, 1992). L’article 9 de ce traité (non signé par les Etats-Unis) reconnaît les droits des agriculteurs à utiliser les semences dites de ferme (de leur récolte), d’autant que des siècles de sélection paysanne ont beaucoup contribué à la diversité cultivée.

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Cependant le régime de protection des obtentions végétales UPOV ne respecte pas ces droits. Il s’agit en dernière analyse du droit à la nourriture, reconnu par la Déclaration universelle des droits humains de l’ONU. Multiplier ses semences, les cultiver, échanger ou les vendre, peut être une question de vie ou de mort.

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Mais les négociations à Rome la semaine dernière n’ont rien fait avancer. Un excellent article en anglais sur le sujet se trouve ici. Mais, encore mieux, l’excellente émission Terre à Terre de Ruth Stegassy (JNE) sur France Culture, diffusée samedi dernier 17 octobre.

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BiObernai 2015 : à la découverte de la ville d’Obernai

Au terme de leur voyage dans le cadre du salon BiObernai 2015, les journalistes des JNE ont visité une ville qui gagne à être connue.

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par Roger Cans

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biobernai15_info_merci!_325x488!_3!_0x0!_0!_FFFFFFTourisme seulement le dimanche matin 13 septembre. Un guide de l’Office du tourisme nous fait visiter la ville d’Obernai, qui gagne à être connue. Nous commençons par l’Hôtel de Ville, un vaste bâtiment composite avec un cœur XIIIe siècle, une aile XVIe et une autre aile reconstruite au XIXe. Nous visitons le bureau du maire, installé dans la salle de justice. Un décor entièrement refait au XVIIe (1609), avec des lambris de fine marqueterie et des panneaux peints. Plafond de stuc avec l’aigle à deux têtes, symbole de l’empire des Habsbourg. Au-dessus des fenêtres, des oiseaux peints symbolisant la justice : la colombe, c’est l’accusé (peut-être innocent), la chouette, c’est le juge, qui ferme les yeux, et le perroquet, c’est l’avocat… Dans un coin, un poêle en faïence de Sarreguemines où il est écrit en allemand : « je chauffe les riches et les pauvres ».

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Arrêt à la ruelle des Juifs, ou se trouve encore une maison marquée en hébreu, mais où il n’y a jamais eu de synagogue. L’ancienne a été détruite et la nouvelle construite près des remparts au XIXe . La communauté est aujourd’hui très réduite et il est difficile de trouver sept hommes pour valider l’office du Shabbat.

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Sur la place du marché, nous admirons les maisons à colombages des riches marchands de la Renaissance. Les dessins des colombages ont leur code. Les toitures sont très hautes, car tout est stocké au grenier (les maisons n’ont pas de cave). Sur certains toits, les tuiles faitières forment des cœurs. La Halle au blé comportait un abattoir au rez-de-chaussée, signalé par une tête de bœuf en pierre. Sur le toit, un nid de cigogne vide. L’explication : il y a tant de touristes qui parlent chacun leur langue à Obernai que lorsque la cigogne arrive, elle se croit encore loin de son Alsace d’origine.

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Nous terminons la visite par la chapelle du cimetière. Elle comporte une grotte artificielle où un sculpteur a reproduit grandeur nature Jésus au Mont des Oliviers (1517). A l’intérieur, une pietà sculptée au fond de la crypte et, dans une châsse noircie, la main de la Vierge sauvée d’un incendie. Le monument aux morts revendique le « morts pour la patrie », sans préciser laquelle, avec seulement l’indication des fronts.

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BiObernai 2015 : visite de la ferme de Francis Humann

Dans le cadre de leur voyage au salon BiObernai 2015, un groupe de journalistes des JNE a visité la ferme de Francis Humann à Ernolsheim-sur-Bruche, dans la plaine d’Alsace.

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par Roger Cans

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Francis Humann

Francis Humann, éleveur de volailles en conversion au bio à Ernolsheim-sur-Bruche, dans la plaine d’Alsace @ Carine Mayo

Dernière visite d’exploitation agricole : la ferme de Francis Humann à Ernolsheim-sur-Bruche, toujours dans la plaine d’Alsace. L’éleveur de volailles est en cours de conversion au bio. Il conserve un poulailler Label rouge et vient d’installer trois poulaillers 100 % bio. Pour les cultures, moitié maïs et moitié blé, la conversion se fait progressivement. Il a abandonné le maïs cette année pour respecter les mesures de sauvegarde du grand hamster. Il a donc semé 36 % de céréales à paille et 5 hectares de luzerne.

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L’Office de la chasse a réintroduit 140 hamsters (d’élevage) et les cultivateurs se sont engagés à pratiquer un assolement collectif sur 200 hectares, pour passer de 24 % à 36 % de céréales à paille. Il a été compté 300 trous de hamsters, aujourd’hui aussi précieux que les six couples de cigognes qui subsistaient en Alsace avant la reconquête !

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« Il vaut mieux avoir des voisins que davantage de terres », dit Bernard Wentz. De fait, les exploitants du lieu se sont mis en CUMA pour partager le matériel agricole, comme la houe rotative ou le semoir en semis direct.

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Nous visitons les poulaillers. Pour le Label Rouge, le hangar fait 400 m2. Pour le bio, il est limité à 90 m2. Mais les animaux sortent toute la journée, à leur guise. Les renards ? Oui, il y en a, qui viennent de la forêt. Mais on n’attrape que des hérissons dans les nasses. Ils sont malins. C’est pour cela qu’il en reste, malgré tout ce qu’on leur fait subir. Nous apprenons la terminologie : poussins jusqu’à 21 jours, coquelets jusqu’à 36 jours, puis poulettes et coqs. Les chapons sont des coqs castrés à 5 semaines, pour garnir les tables de Noël. Les poulardes sont des poules stérilisées, pour le même usage. Pour les œufs, il faut un coq pour huit poules, en temps normal. S’il fait trop chaud, le coq ne « coche » plus (ne couvre plus les poules). Les petits poulets sont particulièrement soignés : une litière de paille hachée, plus absorbante, et des aliments complétés par des huiles essentielles comme l’eucalyptus et le clou de girofle, qui évitent les maladies. Ils vivent à 1.300 poulets dans leurs 90 m2. Les bâtiments peuvent être déplacés sur roues pour un nettoyage complet de la dalle.

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Francis Humann, éleveur plein de bonne volonté et entreprenant, a été lauréat de plusieurs récompenses : trophée Idées Alsace Création de filière en 2012 et trophée de l’Agriculture durable en 2014. Un bel exemple d’engagement.

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BiObernai 2015 : à la découverte du Jardin d’Agnès

Dans le cadre de leur voyage au salon BiObernai 2015, un groupe de journalistes des JNE a visité le Jardin d’Agnès, une ferme bio située dans la plaine d’Alsace.

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par Roger Cans

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Vincent Schotter

Vincent Schotter, exploitant de la ferme « le Jardin d’Agnès » dans la plaine d’Alsace @ Carine Mayo

L’après-midi du 12 septembre, visite du Jardin d’Agnès, une ferme bio de 13 hectares située à Ittlenheim, dans la plaine d’Alsace. Nous sommes accueillis par l’exploitant actuel, Vincent Schotter, qui retrace l’historique de l’exploitation. Ses parents cultivaient le tabac et élevaient des cochons. Quand il reprend la ferme, dans les années 1980, il passe de 25 truies à 90. Mais cela ne rend pas et il arrête le cochon en 1999.

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Nouveau changement en 2005 : il arrête aussi le tabac et se lance dans les fruits et légumes bio, sur 10 hectares, plus un élevage de poules pondeuses pour les œufs frais. Il vend d’abord sur les marchés puis se branche sur le réseau AMAP en 2007. Il vend aujourd’hui une moyenne de 220 paniers par semaine, pour 400 familles, échelonnées de Haguenau à Dambach. Mais l’essentiel de la clientèle est à Strasbourg. Il emploie cinq personnes pour préparer les paniers et faire les marchés. Les gens remplissent eux-mêmes leur panier conformément au tableau de service établi à l’avance. Les prix sont 20 % moins chers que sur le marché.

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Vincent Schotter ne cache pas la difficulté du métier. Une ferme AMAP a du mal à garder ses clients, faute de diversité. Il faut donc constituer un réseau de plusieurs fermes spécialisées. Et il vend toujours sur deux marchés de Strasbourg, sans compter les « paniers fraîcheur » disposés à la gare et dans les écoles. Il rêve d’un projet, Terra Symbiosis, avec épicerie, restaurant et lieu d’animation.

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Nous finissons la visite par les serres à tomates (cerises, cœur de bœuf ou cornue des Andes), où les plants surgissent d’une bâche tissée, non étanche, qui évite les plantes adventices. Enfin, l’enclos à 300 poules pondeuses, qui disposent chacune de 6m 2.

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BiObernai 2015 : visite de la ferme de Laurent Klein

a Dans le cadre de leur voyage au salon BiObernai 2015, un groupe de journalistes des JNE a visité la ferme de Laurent Klein à Griesheim, au nord de Strasbourg.

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par Roger Cans

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La ferme de Laurent Klein à Griesheim en Alsace @ Carine Mayo

Le samedi 12 septembre au matin, avec le minibus mis à notre disposition, Bernard Wentz nous emmène chez Laurent Klein (prononcer klaïn !), l’homme de la SAF entendu hier à la tribune du salon. En traversant le village de Griesheim, au nord de Strasbourg, nous remarquons la toiture de l’église entièrement recouverte de panneaux photovoltaïques.
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Nous commençons par visiter la vieille ferme familiale de Griesheim, où n’habitent plus que ses parents septuagénaires. Les bâtiments de la ferme, en colombages et torchis, ne sont plus utilisés depuis que Laurent Klein a déménagé sur le plateau. Mais il y a installé un magasin Tradition fermière où, avec son frère et sa sœur (commerciale), il vend les produits de l’exploitation sous forme de charcuterie ou de plats préparés, comme à la Nouvelle Douane (lire notre article ici). Il vend aussi des bananes et des citrons, et même de l’huile d’olive de Crète pour satisfaire ses 700 clients locaux (dont une colonie de Crétois). C’est donc une épicerie de village, spécialisée dans les produits frais, dont 81 % viennent de la ferme. Le magasin emploie 15 personnes et dégage un chiffre d’affaires d’un million d’euros.

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Le village de Griesheim, dont son père a été maire durant trente ans, est maintenant rattaché de fait avec deux autres villages, qui forment une agglomération de 5.000 habitants. Le quartier Le Corbusier, très recherché, est aujourd’hui occupé par des rurbains qui travaillent en ville, notamment au CNRS et chez Kronenbourg. Les vieilles fermes sont peu à peu abandonnées au profit d’immeubles de même hauteur.

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Laurent Klein, qui a passé un BTS « viande » au lycée agricole d’Obernai, se charge des élevages. En 1996, il a transféré ses installations agricoles sur le plateau, dans des bâtiments neufs, comme nombre d’éleveurs de volailles. La terre, ici, est très riche, grâce à une épaisse couche de loess, où le maïs (en Alsace, prononcer « mice », à l’anglaise) fait merveille. Les mauvaises langues disent que la terre est meilleure que ceux qui la cultivent…

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Nous visitons d’abord la porcherie, vaste quadrilatère fermé sur les quatre côtés. Ici, pas d’électricité. La lumière provient du ciel, très ouvert. Lorsqu’un camion vient chercher les porcs, ils viennent spontanément à la lumière des phares. Pas d’eau courante non plus, mais un puits doté d’une éolienne à pistons qui alimente en eau tous les bâtiments d’élevage. Le gisement d’eau a été découvert par un vieux sourcier (96 ans), venu de Saverne, là où les services départementaux niaient toute présence d’eau !

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Laurent Klein élève là 300 porcs, qu’il achète à quelques semaines et nourrit jusqu’à l’abattage. Les porcs vivent dans des boxes de 35 animaux, avec une partie couverte et une partie à l’air libre. La litière, de paille, reste propre car les porcs concentrent leurs déjections en un seul coin de leur parc. Comme les parois du quadrilatère sont toutes ajourées, l’air circule et l’on n’a pas de mauvaises odeurs.

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Les porcs sont nourris avec les produits de la ferme : maïs, blé, orge. La première année, on laboure profond pour semer le maïs, puis le blé et l’orge en semis direct. La dernière année, c’est l’engrais vert, puis on reprend le labour. Nous visitons les poulaillers, abrités derrière un talus planté de sapins pour éviter le vent. Les bâtiments ont des murs isolés par 15 cm de liège et bénéficient d’une « ventilation statique » (naturelle). Seule la poussinière dispose d’un chauffage au gaz. Les poulets au sol ont un espace d’un m2 pour cinq.

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Nous quittons le plateau d’élevage pour les serres à légumes. Le toit en plastique est isolé par une couche d’air de 50 cm. Sur une surface couverte de 7.000 m2 poussent tomates (4 m de haut !), aubergines, piments et poivrons. A l’air libre poussent haricots verts, mâche et scarole, dont le cœur est abrité sous un curieux chapeau blanc pour qu’il reste tendre.

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Laurent nous invite chez lui pour le déjeuner. Nous traversons l’atelier de céramique de sa femme et découvrons un charmant jardin plein de recoins secrets. La table est servie dehors, par un beau soleil. Crémant d’Alsace à l’apéritif. Tarte de légumes puis délicieux jambon en croûte maison (c’est lui qui fait la cuisine).

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BiObernai 2015 : projection-débat autour du documentaire « La Guerre des graines »

Le 11 septembre dernier, à la salle des fêtes d’Obernai, le salon BiObernai 2015 proposait une séance de cinéma suivie d’un débat autour du documentaire La Guerre des graines.

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par Roger Cans

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guerre-des-graines-640x360Roland Storck, de l’association Nature et Vie, créée en 1978, présente le film intitulé La Guerre des graines, un documentaire réalisé par Stenka Quillet et Clément Montfort, diffusé en mai dernier sur France 5. Nous y retrouvons Vandana Shiva, l’infatigable militante indienne (de l’Inde) contre les multinationales de l’agro-alimentaire.
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Nous découvrons une exploitante indomptable, Marie Durand, qui s’obstine à semer ses propres semences en toute illégalité, mais avec succès. Nous faisons la connaissance de Christian Dalmasso, un agriculteur boulanger qui pratique la culture avec semences mélangées. Nous retrouvons l’agronome Jean-Pierre Berlan, pourfendeur du brevetage du vivant. Enfin, nous visitons la fameuse « Arche de Noé végétale », une banque de graines installée dans un tunnel creusé dans le permafrost du Spitzberg, en Norvège. Cette banque conserve 800.000 échantillons à température constante (- 18° C). Le pouvoir de germination de ces graines, en cas de besoin, est estimé à 400 ou 500 ans…

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Le débat est lancé par le représentant du mouvement Kokopelli, cofondé par Pierre Rahbi. Kokopelli est le nom de l’Amérindien «bossu », qui porte un sac de graines sur son dos. Un mouvement qui vend des graines non homologuées et perd tous ses procès. Le Kokopellien dénonce la banque de graines installée en Norvège à 300 mètres sous terre, avec l’aide des multinationales et de l’entreprise française Limagrain. Une graine sortie de son environnement naturel, selon lui, perd une grande part de ses qualités. Il préfère la banque de graines créée par Babilov à Saint-Pétersbourg, aujourd’hui menacée de disparition. « La révolution verte, c’était le vert du dollar, rien de plus ». Il est approuvé par le représentant de l’association Kerna ùn Sohma (graines et semences), qui défend les semences paysannes d’Alsace. Créé en 2010 par des paysans boulangers, ce mouvement commercialise aujourd’hui 2.700 variétés potagères non cataloguées.

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L’agriculture : des révolutions en marche, un débat au salon BiObernai 2015

Intitulé « L’agriculture : des révolutions en marche », le débat inaugural du salon BiObernai 2015, qui se déroulait le 11 septembre dernier dans la salle des fêtes d’Obernai, était animé par notre confrère Frédéric Denhez (JNE), complice de Denis Cheissoux (JNE) dans l’émission CO2 mon amour, sur France Inter.

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par Roger Cans

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« L’agriculture : des révolutions en marche ». Débat inaugural du salon BiObernai 2015 @ Carine Mayo

« L’agriculture : des révolutions en marche ». Débat inaugural du salon BiObernai 2015 @ Carine Mayo


Il revient à Maurice Meyer, directeur fondateur de BiObernai, d’introduire rapidement le débat. Frédéric Denhez présente la thématique du jour et donne la parole à Jean-Louis Peyraud, chargé de mission auprès du directeur scientifique des productions animales à l’INRA. Celui-ci brosse un tableau général de l’agriculture en France, où 52 % des exploitations sont « végétales » (céréales, fruits et légumes), 34 % sont spécialisées dans l’élevage, et seulement 14 % encore mixtes. On constate dans les zones d’élevage une chute des prairies permanentes, au profit d’un élevage intensif. C’est le cas dans l’ouest de la France, comme aussi en Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas, en Irlande et dans la plaine du Pô. Le rendement du blé plafonne depuis 1990, alors qu’il continue à augmenter pour le maïs et la betterave. On commence à cultiver le soja pour l’alimentation du bétail, ce qui évite de l’importer du Brésil.

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La parole est alors donnée à un exploitant agricole alsacien, Laurent Klein, qui est aussi président de la Société des Agriculteurs de France (SAF). Fondée en 1867, la SAF est une société savante qui se veut aujourd’hui un think tank, autrement dit un groupe de « remue méninges » au service des agriculteurs. Il constate que la production agricole, aujourd’hui, est soumise au marché mondial. Les producteurs céréaliers de Beauce dépendent des prix fixés à la bourse de Chicago. Les éleveurs de porcs bretons dépendent des prix obtenus par les élevages industriels de l’Europe du nord. En Alsace, on est cantonné à une production de niche. A la différence des autres pays d’Europe, la France reste centrée sur l’exploitation familiale. Durant les deux dernières guerres, les femmes ont dû se substituer aux hommes pour maintenir l’exploitation en activité. L’agriculture française en reste marquée.

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Le blé pose un problème pour le bio. S’il est cultivé sans engrais chimique, il est peu protéiné et donc réservé à l’alimentation du bétail. Si l’on veut du blé panifiable, à haute valeur en protéines, il faut ajouter de l’azote.

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La parole revient à un ingénieur agronome, Jacques Caplat (JNE), administrateur de l’association Agir pour l’environnement. Il souligne d’abord qu’il n’y a pas un modèle d’agriculture. Historiquement, le monde a en effet connu cinq foyers d’agriculture différents : d’abord en Mésopotamie, puis en Chine, en Amérique latine (dans les Andes), puis en Europe et en Amérique du nord. Autant de pays, autant d’agricultures. Un exemple intéressant : dans le nord du Bénin (ex-Dahomey), on pratique une agriculture originale, avec 13 cultures associées sur le même espace. Résultat : une végétation verdoyante, comme le prouve la photo.

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En France, la culture du vin a complètement changé avec l’attaque du phylloxéra. Jusqu’en 1910, dans les bistrots, on payait le vin « à l’heure », tant il avait peu de valeur. La crise du phylloxéra a obligé à replanter, et donc, progressivement, à rechercher la qualité plus que la quantité. C’est cette recherche de qualité qui doit nous mobiliser aujourd’hui.

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Le président de Biocoop, Claude Gruffat, présente alors ses magasins, où coopèrent producteurs, salariés et consommateurs. Il souligne que le modèle de distribution influence le modèle de production. Chez Biocoop, on planifie sur quatre ans. Le système repose sur trois principes :

1) La coopération.

2) L’équité, ou « interdépendance positive ».

3) La transparence.

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Biocoop dispose aujourd’hui d’un réseau de 370 magasins – dont seulement trois en Alsace.

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La parole est ensuite au politique, en l’occurrence Antoine Herth, député du Bas-Rhin et vice-président du Conseil régional d’Alsace. Il se présente comme un « paysan », qui a été élève du lycée agricole d’Obernai, et disciple de Marcel Mazoyer, grand connaisseur du monde agricole. Il constate une « baisse tendancielle des prix agricoles », ce qui pose un problème pour les exploitants, où le revenu agricole ne suffit plus à entretenir un ménage et pousse à la pluriactivité. Il observe à ce propos qu’en Allemagne, l’éleveur gagne sa vie avec le biogaz et non avec la viande de porc. Le paradoxe des coopératives : on vend des intrants aux agriculteurs pour qu’ils vendent moins cher aux distributeurs ! Pour rendre la production de lait rentable, il suffit d’acheter le litre 3 centimes de plus, soit seulement 3 euros pour 100 litres. Mais personne ne veut le faire.

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Pour clore le débat, Jean-Louis Peyraud souligne qu’il ne faut pas opposer la grande et la petite exploitation. « On a besoin de tout le monde ! ».

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La Nouvelle Douane, un magasin dédié à la vente directe de produits alimentaires locaux à Strasbourg

Dans le cadre de leur voyage au salon BiObernai 2015, un groupe de journalistes des JNE a visité la Nouvelle Douane, magasin dédié à la vente directe de produits alimentaires locaux au coeur du vieux Strasbourg.

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par Roger Cans

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Accueil des JNE au magasin La Nouvelle Douane de Strasbourg par (de gauche à droite) la représentante de l’Eurométropole, Martin Schwaederlé, une représentante de la chambre d’agriculture et Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg chargée de l’agriculture et de l’environnement – photo Carine Mayo

Comme chaque année, nous sommes accueillis en gare de Strasbourg par Bernard Wentz, notre guide détaché par le salon BiObernai. Il nous emmène à la Nouvelle Douane, un magasin qui vient d’être inauguré au centre du vieux Strasbourg pour la vente directe de produits alimentaires. Ce local municipal, affecté aux expositions d’art temporaires, est resté fermé pendant plusieurs années après un incendie. Il n’avait plus de fonction depuis l’ouverture du tout nouveau Musée d’arts modernes.

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Sous l’impulsion de Françoise Buffet, adjointe chargée de l’agriculture et de l’environnement, elle-même amapienne, et en association avec la Chambre d’agriculture du Bas-Rhin, le local est finalement affecté à une expérience nouvelle : un magasin de vente directe de produits agricoles de proximité. Un cahier des charges a été établi, une formation mise sur pied, et, après des mois de préparation et un million de travaux, 22 producteurs locaux sont finalement retenus pour fournir et gérer le magasin, à tour de rôle.

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Nous sommes accueillis au magasin par l’un d’entre eux, Martin Schwaederlé, au parcours original. Ancien soudeur formé à l’électronique, il bifurque en 1993 pour devenir agriculteur. Il se spécialise dans une production de champignons qui n’existe pas encore en Alsace : les pleurotes et le lentin du chêne (le chitaké japonais), champignons qui poussent directement sur le bois. L’avantage de cette production, c’est qu’elle ne nécessite pas de terres. Quelques hangars climatisés suffisent. Il achète la semence (mycélium) fournie par l’INRA de Bordeaux, et aussi le substrat de paille pour l’incubation, fournis par deux producteurs en France, en Bretagne et dans l’Allier.

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L’entreprise de Martin Schwaederlé est aujourd’hui bien lancée, avec dix salariés et une production de 25 tonnes par an. L’astuce est de ne pas vendre les champignons bruts à 15 euros le kilo, mais d’en faire des préparations : tourtes, gratins, lasagnes, pizzas, brochettes, salades, etc. Un impératif : utiliser le produit tout frais. La production n’a pas le label bio car il est impossible de garantir le substrat d’incubation. Mais le champignon pousse sans le moindre produit chimique.

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Nouvelle douane vitrine

La vitrine du magasin La Nouvelle Douane, à Strasbourg – photo Carine Mayo

Le magasin de la Nouvelle Douane a été inauguré en novembre 2014. Sous la forme d’un dépôt vente, régi par le statut de SAS (Société par action simplifiée), il vend les produits fournis par toute une gamme de producteurs différents : fruits et légumes, boucherie, charcuterie, produits laitiers, boulangerie, poisson, escargots, miel et vin. Chaque producteur, qui exploite dans un périmètre de 40 km autour de Strasbourg, fait son prix. Il n’y a pas de concurrence entre producteurs, qui s’engagent à assurer la gestion du magasin une demi-journée par semaine. Certains sont bio, pour les fromages, d’autres pas, en boucherie. Moins d’un an après l’ouverture, le bilan est difficile à dresser. La clientèle, motivée, est fidèle et ne répugne pas à payer la qualité plus cher, notamment pour la viande et les légumes. Le panier moyen tourne autour de 16 ou 17 euros par client.

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Pour la ville de Strasbourg, propriétaire des murs, la Nouvelle Douane n’est qu’un élément d’une politique générale d’encouragement au bio et à la consommation locale. Pour la restauration scolaire (10.000 repas par jour), l’objectif de départ était 20 % de bio. En 2014, on en était déjà à 40 %. C’est la ville qui paie le surcoût dans le primaire. Au lycée, le bio se cantonne au chou, à la pomme, à la carotte et au céleri.

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Pour l’ensemble de la population, la ville installe chaque année une « ferme » place Kléber, et elle organise en septembre une tournée de fermes à vélo. Un cours de cuisine est donné une fois par mois à la Nouvelle Douane.

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Pour cette cinquième année de participation des JNE au salon alsacien de BiObernai, du 11 au 13 septembre 2015, nous nous sommes retrouvés à sept ou huit journalistes membres des JNE, selon les jours : Roger Cans, Myriam Goldminc, Carine Mayo, Noriko (nouvelle adhérente), Marie-Paule Nougaret, Françoise Tondre, Richard Varrault, plus Marie Marty, co-fondatrice du site Rue 89 Strasbourg (qui est une entreprise indépendante). Le thème du salon : « Les agricultures ».

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Agriculture, des révolutions en marche !


par Frédéric Denhez
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« Agriculture, des révolutions en marche ! »  : c’est le titre de la conférence d’ouverture du Salon Biobernai 2015, qui se tiendra le week-end prochain à Obernai, bonne ville brassicole des confins alsaciens de la République. Les JNE en seront, j’en serai l’animateur et co-organisateur.

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Des révolutions ? Multiples et contradictoires. On l’a vu avec le prurit des manifestations d’éleveurs. On l’entend au « viande bashing » permanent. On le renifle aux algues vertes étalées à Plestin-les-Grèves. On le ressent à notre mauvaise conscience à écrire sur les bons produits tout en achetant au moins cher à l’hyper. L’agriculture est le point de cristallisation de nos contradictions. On l’aime pour ce qu’on y projette, on la déteste pour ce qu’elle est, mais l’on se rend compte qu’elle est en train de changer.

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L’agriculture est dans une situation étrange, et c’est l’élevage qui en parle le mieux. Voilà une profession qui disparaît dans une indifférence polie. Le plus grand plan social de notre histoire concerne 250 000 personnes, et la majorité de nos paysages nés de la dent des vaches et du sabot du mouton. Appauvris par la grande distribution qui leur achète sous le prix de revient, les éleveurs sont poussés par la FNSEA et les banques à s’endetter pour investir afin de réduire un peu plus leurs frais de production. Un engrenage qui ne peut pas connaître de fin dans la mesure où nous, consommateurs, souhaitons le moins cher que la concurrence internationale nous offrira toujours. Alors les éleveurs reprennent régulièrement un crédit pour moderniser leurs salles de traites. Jusqu’à l’épuisement.

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S’ils ne font pas faillite, ils profitent des aides pour retourner leurs prairies, abattre leurs stabulations et faire du maïs ou du blé, bien mieux rémunérateurs. Et bien pire d’un point de vue écologique. Souvent, aussi, ils se suicident : la profession d’éleveur est deuxième sur le podium, juste derrière la Police et la Gendarmerie nationale. Pour achever l’avenir, les jeunes sont peu nombreux à se présenter quand la Safer propose une reprise de bail. Éleveur, c’est passer plus de temps avec ses vaches qu’avec sa famille. Les statistiques de L’amour est dans le Pré, qui circulent dans le milieu, sont éloquentes : aussitôt fléché par Cupidon, l’éleveur se barre !

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Il en a d’autant plus la motivation, que son métier est honni par la société. Car voyez-vous, la viande et le lait, c’est pas bien pour la planète. Manger du faux-filet, c’est comme faire un Paris-Lune en Apollo-diesel. Et l’on ne parle pas de la pollution des eaux. Ni des veaux, des vaches, des cochons et des couvées que l’éleveur fait horriblement souffrir. Non seulement il est un destructeur de planète, l’éleveur est aussi un tortionnaire. Il faudrait vraiment être maso pour se lever encore à 5 heures Il faut les écouter : ils en ont marre d’être accusés de tous les maux.

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C’est en fait plus profond que cela, car ils ont peur, aussi, de cette ferme des Mille Vaches qui a poussé en Somme. Pourtant, elle leur promet de produire du lait à moindre émission de CO2 et de coût par une gestion optimale des intrants et des extraits ! Du « minerai » fort couru dans le secteur agroalimentaire, qui a besoin de molécules-base, et facile à exporter vers les marchés émergents qui en boivent à satiété. Alors, pourquoi cette ferme leur fait autant peur ?

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Parce qu’elle symbolise la menace profonde que les demandes contradictoires de la société font peser sur l’essence même du métier d’agriculteur.

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Produire mieux (pour nous), plus (pour l’exportation) en polluant moins, c’est possible, si l’on s’engage dans une démarche industrielle, qui massifie pour diminuer les impacts par unité de produit ; ou bien si l’on se replace sur le sol, dans une démarche dite « agro-écologique » qui ne peut trouver de rémunération qu’en contrôlant peu ou prou la distribution et ou la vente de ses produits. Agriculteur… et vendeur. La philosophie est différente, la révolution est la même : la millénaire anthropologie de l’élevage dit « anglo-normand », fondée sur la cellule familiale et le rapport étroit entre l’homme et l’animal, est menacée de disparition. Quelle sera sa remplaçante ? Nul ne le sait vraiment, et c’est angoissant, comme une révolution qu’on sent poindre.

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Alors, puisqu’ils sont aussi lucides qu’incapables de choisir, car ils ont accepté comme des moutons trois malheureux centimes de plus par litre de lait généreusement abandonnés par leurs maîtres exploiteurs (qu’ils ne nomment jamais dans les congrès professionnels : « grande distribution », c’est comme Voldemort dans Harry Potter), et puisqu’ils font mine de se réjouir d’une énième aide gouvernementale au renouvellement de leurs endettements, aidons-les. Par nos choix de consommateurs, certes, en cessant surtout de les enfermer dans notre manichéisme bien pratique. Il n’y a que l’agriculture pour entretenir nos paysages dont les services n’ont pas de prix. Il n’y a qu’elle pour nous nourrir.

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Frédéric Denhez a publié de nombreux ouvrages, dont Cessons de ruiner notre sol, aux éditions Flammarion. Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.
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BiObernai 2014 – Quel avenir pour la vallée de la Bruche ?

Au terme de leur voyage en Alsace effectué lors du salon BiObernai, les JNE se sont penchés sur l’avenir de la vallée de la Bruche.

 

par Roger Cans

 

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Au coeur de la vallée de la Bruche en Alsace – photo Françoise Tondre

Avec Pierre Grandadam, président de la communauté de communes (comcom) de la vallée de la Bruche, et Jean-Sébastien Laumond, chargé de mission paysage, nous jetons un coup d’œil à un belvédère aménagé pour contempler le résultat d’une politique d’ouverture des paysages au profit d’associations foncières pastorales.

 

La vallée de la Bruche, nous dit-on, a périclité après la mort des industries textiles, vers 1950. Les pâtures se sont embroussaillées et les paysages se sont fermés avec l’extension naturelle des épicéas. L’objectif de la comcom : « enlever la forêt où elle n’est pas à sa place ; retrouver des espaces ouverts avec des prés et des brouteurs (chèvres, chevaux, etc.) ». Cette politique d’ouverture a commencé dans les pâturages d’altitude, que l’on maîtrise mieux. Et l’on descend maintenant dans les fonds de vallées, beaucoup plus sensibles.

 

On poursuit la piste jusqu’au col de la Perheux (700 mètres), où se trouve une ferme auberge rachetée par la comcom et louée à un éleveur allemand. Sur 75 hectares, il produit du lait, du fromage et de la viande. Puis c’est la descente de la basse vallée, qui permet d’apercevoir l’immense et unique scierie de la Bruche à Urmatt (Bas-Rhin). Elle est la propriété d’un groupe finlandais.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage JNE au Salon BiObernai 2014.

 

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