ACTUALITES

« L’eau et ses consorts : le vent, le ciel et leurs signes », une expo de Russell Boncey à Cherbourg

Russell Boncey (JNE) nous invite à son exposition de peintures contemporaines L’eau et ses consorts : le vent, le ciel et leurs signes du 3 mai 2019 au 29 mai 2019 à Cherbourg-en-Cotentin.

Artiste-peintre français passionnément européen, Russell Boncey expose pour la deuxième fois à Cherbourg-en-Cotentin. Certaines œuvres sont exposées pour la première fois.

Né dans le comté anglais du West Yorkshire, Russell travaille dans la forêt de Fontainebleau au sud de Paris. Grand défenseur de la côte sauvage dans le Cotentin, il s’y promène très souvent.

Les visiteurs sont conviés à un voyage dont la limite est leur imagination. « Lors de cette exposition les visiteurs sont invités à considérer les différentes manières de représenter l’eau. Réalistes, évocatrices, poétiques ou abstraites, c’est à chacun de découvrir dans mon travail, dans mes représentations de l’eau et de la nature, ce qui a trait à leur propre vie et à leurs propres conceptions du monde naturel. Je n’ai absolument pas la volonté d’imposer une lecture définitive. »

 

Voici un article paru dans La Manche Libre sur cette exposition, dans lequel il est question des JNE.

 

Contacts:
Russell Boncey
Susan Boncey
info@russell-boncey.eu
+33 684 64 52 27

Espace Culture
Lydia Cournée
lydia.cournee@cherbourg.fr
Chef du service Culture

+33 2 33 88 15 07

Une expo « Bouteilles à la mer, message in a bottle » au Muséum de Bourges

Le Muséum de Bourges développe son projet scientifique autour du concept de Muséum durable et responsable. Dans le cadre de l’année « Renaissance(s) Viva Da Vinci 2019 » et de l’année des langues Autochtones de l’UNESCO, le Muséum vous propose une exposition étonnante, mettant en parallèle d’une part, le climat de la Renaissance (petit âge glaciaire) et la découverte de nouvelles contrées lointaines et d’autre part, le changement climatique et l’état actuel du monde (disparition de certaines zones habités, apparition des continents de plastique dans les océans, questions des réfugiés climatiques).

Georges Nuku et Mathieu Letessier

Carte blanche est donnée à deux artistes que tout semble opposer pour réaliser et mettre en scène cette exposition. George Nuku, artiste maori de Nouvelle-Zélande, est un sculpteur de renommée internationale qui expose sur les sujets environnementaux depuis plus de 25 ans dans le monde entier (États-Unis, Canada, France, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Italie, Australie, Taiwan, Taipei…). Ses matériaux de prédilection sont le plexiglas, le polystyrène et le plastique. Mathieu Letessier est un jeune artiste français, peintre décorateur, ancien élève de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris et de l’École d’Avignon. A Bourges, George et Mathieu associent leur Histoire, leur Culture et leurs techniques artistiques pour aborder les enjeux climatiques et l’émergence de nouveaux territoires, passés, présents et futurs.

Voici le teaser vidéo de cette expo :

Contacts presse
Thierry Benoit : 02 48 57 81 43 / 06 12 50 46 96
Lucile Pinault : 02 48 57 80 12 / 06 29 45 06 49
11 rue Jacques Rimbault, 18000 Bourges •
presse@ville-bourges.fr
 

Une souscription pour le livre « Sélection » de Christophe Drochon

Artiste animalier au style très réaliste, Christophe Drochon prépare actuellement son troisième projet de livre pour la fin 2019, dont voici le document de souscription, destiné à aider à son financement. Ce livre est un recueil, un somptueux best of des œuvres de Christophe de 1985 à aujourd’hui, dont quelques inédites, accompagnées de leurs textes. La préface est d’Allain Bougrain-Dubourg (JNE).

par Marc Giraud

Pour la biographie et la démarche de Christophe Drochon, ainsi que son impressionnant palmarès… et pour souscrire : https://www.lelivredart.com/project/drochon/

Conférence-débat : la montagne à l’heure du changement climatique

Dans le cadre de leur Congrès 2019 qui a lieu du 17 au 19 mai dans le Parc naturel régional  des Pyrénées catalanes, les JNE organisent en partenariat avec le PNR le 17 mai à 16 h 45 au Chalet du Ticou à Bolquère (66) un débat sur La montagne à l’heure du changement climatique.


En voici les participants :

● Séverine CASASAYAS, directrice du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes
● Nathalie FROMIN, chercheuse au Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive du CNRS d’Odeillo.
● Olivier SALVADOR, Fédération des Réserves Naturelles Catalanes
● Vincent VLES, Président du Comité Scientifique du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes.
● Christophe ANDREUX, chargé de la mise en œuvre du projet transfrontalier d’adaptation au changement climatique « ECTAdapt » et de la création d’outils et d’actions pédagogiques à l’attention du public jeune (7-15 ans).

Le débat sera animé par Olivier Nouaillas, vice-président des JNE et auteur des livres Quel climat pour demain ? avec Jean Jouzel, et Le changement climatique pour les Nuls.

Inscription gratuite et conseillée : 04 68 04 97 60.
contact@parc-pyrenees-catalanes.fr

Notre ami Alain Hervé est mort, l’écologie en deuil

Né en 1932, Alain Hervé est mort le 8 mai 2019. C’était un pionnier de l’écologie, il était radical, il était notre ami. Il avait fondé la branche française des Amis de la Terre en 1970 et supervisé le hors-série du Nouvel Observateur en avril 1972 : « La dernière chance de la Terre ». À partir de 1973, il dirigeait le mensuel écologique Le Sauvage. Lors de la candidature de René Dumont à la Présidence de la République en 1974, il a été responsable du bureau de presse. Il avait relancé Le Sauvage sur Internet et écrit de nombreux livres, dont Le Paradis sur Terre, le défi écologique. Il s’était confié à nous en 2011.

 

Propos recueillis par Michel Sourrouille

Quelle est l’origine de ton engagement écologiste ?

Ma vocation remonte à l’enfance. Je suis né à Granville, en Normandie, les pieds dans l’eau. J’ai toujours souffert de l’environnement urbain, de l’enfermement dans le métro, dans un bureau. J’ai pendant trois ans parcouru les tropiques à bord d’un voilier : l’homme est un animal des latitudes chaudes qui s’est exilé dans le froid. Il a alors été obligé d’inventer des techniques qui nous ont menées là où nous en sommes actuellement… Je ne crois pas du tout au progrès technique qui a entraîné cet âge industriel qui sévit sur notre planète et la ravage.

Une autre origine de ma sensibilité écologique, c’est ma participation aux jardins potagers que mon père avait entrepris pour nous nourrir pendant la Seconde Guerre mondiale. J’aimais retourner la terre, planter des légumes et des arbres fruitiers, écraser les doryphores…

Ta vision actuelle de l’écologie ?

Nous sommes tous écologistes, nous n’avons pas le choix, nous devons tous respirer, déféquer. C’est une évidence. C’est beaucoup plus qu’une approche de droite ou de gauche, il s’agit d’une vision globale de l’univers dans lequel nous sommes. Nous sommes conscients des limites. Il faut observer, comprendre et se conformer aux lois de la nature.

Mais les Trente Glorieuses sont en fait trente désastreuses. En 1967-68, j’étais journaliste à la FAO, j’en ai démissionné au bout de six mois. J’ai compris qu’ils menaient une politique criminelle. Le marché mondial a détruit l’agriculture vivrière traditionnelle pour installer les monocultures du coton, du café, du maïs, du soja, du cacao… pour l’exportation. Les personnes chassées de leurs terres peuplent les banlieues de capitale bidon où ils meurent. J’en arrive à penser que ce génocide de millions de paysans est similaire à la Shoah.

Tu crois donc à la catastrophe ?

L’abus de la nature a atteint sa limite létale. Je me pose la question (futile) de savoir si elle aura lieu de mon vivant… Mes amis millénaristes Pierre Samuel, Teddy Goldsmith ou André Gorz sont morts avant que la catastrophe qu’ils avaient annoncée advienne.

La catastrophe peut servir de pédagogie et déclencher une prise de conscience. Mais la mémoire de l’humanité est extrêmement courte, nous cultivons un opportunisme de l’immédiat, nous n’apprenons rien de notre passé. Ni la retraite de Russie, ni Tchernobyl ne nous ont rien appris. Fukushima pourra peut-être servir de catharsis, surtout si Tokyo devait être évacué. Car il faudra que le drame aille très loin pour que les hommes abandonnent leur utopie technicienne.

Que faut-il changer ?

L’écologie n’est pas une prise de position religieuse ou politique, c’est admettre que nous sommes de simples éléments de la nature, c’est une nouvelle philosophie. Il nous faut abandonner notre anthropocentrisme pour ressentir profondément notre appartenance à la communauté des vivants. L’humanisme qui donne la priorité absolue à l’homme ne me satisfait absolument pas. L’humanisme devrait consister à nous faire accéder à des stades supérieurs d’intelligence de la coévolution.

Sinon nous devenons des destructeurs terrifiants, nous enfantons beaucoup plus de Hitler que de Mozart. Il y a une écologie superficielle qui perpétue l’anthropocentrisme, qui dit que la planète est en danger, qu’elle nous appartient. On fait des parcs naturels, ce sont des alibis pour répandre la merde autour. L’homme a été doté d’une capacité de transformation trop brutale de l’environnement. Nous sommes devenus des dictateurs assassins du vivant. Nous échappons aux régulations naturelles comme les épidémies. Pasteur a conjuré la mortalité infantile naturelle. Il ne savait pas qu’il contribuait ainsi à rompre l’équilibre démographique. Maintenant le milliard d’hommes qui naissent et meurent affamés n’accède plus vraiment à l’état humain, il en reste à un état infra-animal.

N’as-tu pas l’impression d’exagérer ?

On peut me traiter d’antihumaniste ; le politiquement correct est devenu une peste intellectuelle. Je me fous complètement de la réputation qu’on peut me faire, je vais bientôt mourir, j’ai atteint l’âge de la liberté. Le progrès social, l’égalitarisme et la démocratie ne peuvent advenir avec le pullulement humain.

Cette chronique de mars 2011 était parue sur lemonde.fr. Extrait de nos archives : Alain Hervé, une figure historique de l’écologie.

La biodiversité enfin prise en compte… dans les discours

 


par Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO)
BOUGRAIN-DUBOURG-Allain

 

Et voilà qu’enfin la biodiversité semble renaître de ses cendres. Du moins dans les plus hautes sphères qui ne lui accordaient qu’une attention discutable.

Rappelez-vous, la lettre du Grand Débat. Le Président de la République s’attarde sur la biodiversité en indiquant qu’elle doit être gérée à partir des connaissances scientifiques. Pas un mot sur l’éthique… Et d’enchaîner : il ne faut pas qu’elle pèse sur la concurrence en matière d’agriculture ou d’industrie. La fragilité du vivant, le devoir de solidarité, les services rendus par la nature, etc. ne sont pas au programme.

Quoiqu’il en soit, à l’occasion du sommet de l’IPBES, Emmanuel Macron témoigne, à l’arraché, de son empathie pour la biodiversité. Très franchement, si la démarche ne peut qu’être saluée, les mesures proposées ne bouleversent pas le paysage écologique. Elles reprennent, une nouvelle fois, les préconisations du Grenelle de l’Environnement, de la loi 2016 sur la reconquête de la biodiversité ou du plan d’actions pour la biodiversité de Nicolas Hulot.

Mais ne soyons pas grincheux, réjouissons-nous des bonnes résolutions… même tardives. Reste que, dans le même temps, on constate que le CNPN (Conseil National de la Protection de la Nature), honorable assemblée consultative de 70 ans d’âge, pourrait perdre de sa sagesse au profit des régions. Sans entrer dans le détail d’une stratégie qui, au final, ne peut qu’affaiblir la nature, il s’agit de simplification administrative. À propos de simplification qui ouvre la porte à toutes les maltraitances du vivant, on pourrait évoquer la loi destinée à simplifier la gestion des dons en faveur de la reconstruction de Notre Dame. Son article 9 laisse abasourdi : « le projet ne doit pas être affecté par les contraintes environnementales !» lit on en résumé. Alors même que la stratégie de reconstruction n’a pas encore été déterminée, on prend la précaution de ne pas être embarrassé par le respect de l’environnement !

Faut il ajouter qu’alors que le Président nous rassure sur sa volonté de préserver la biodiversité depuis le perron de l’Élysée, son ministère de la Transition écologique et solidaire s’obstine à mettre la belette, la martre, la fouine et le putois sur les listes d’espèces dites nuisibles. Pour information, l’UICN souhaite que le putois en question rejoigne la pathétique liste rouge tellement l’espèce est devenue fragile. Et la chasse ? Silence radio sur les 6 000 tonnes de plomb qui polluent nos territoires, pas un mot sur les tourterelles des bois à l’agonie et sur la vingtaine d’espèces chassables figurant elles aussi sur les listes de l’UICN. Doit-on ajouter l’absence de solidarité de l’Etat pour les programmes Life désormais financés exclusivement par l’Europe et des collectivités ou des privés ?

Agiter le beau drapeau des grands principes de résilience ne suffira pas à générer un vent de confiance.

Membre « historique » des JNE, Allain Bougrain-Dubourg est Président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Retrouvez-le tous les samedis matins à 6 h 48 sur Europe1 pour sa chronique Entre chien et loup.

Le train-train d’un train écolo

Au départ de Perpignan, il y avait un train qui était très train-train. Pas du train-train version Salvador Dali qui adulait tant cette gare proche de Figueras (NDLR : né et mort dans cette ville). Non. Ce train-là trimballe quotidiennement 1 400 tonnes de fruits et légumes par jour à partir de la plate-forme logistique de fruits et légumes Saint-Charles International (Perpignan) jusqu’au marché de Rungis.

par Jane Hervé

Mise à jour  du 11 mai 2019 : Rungis va investir 300 000 euros pour sauver le train des primeurs (le Parisien)

Un train quotidien usé par 40 ans d’allers-retours et de bons et loyaux services. Ses 82 wagons réfrigérés vont rendre l’âme. Or le contrat en cours avec les transporteurs (Roca et Rey) se termine le 30 juin, sans la moindre solution de remplacement ferroviaire.

Alors quoi, qu’est-ce qu’on va faire pour nourrir le ventre de Paris ? Eh bien, ni plus ni moins imposer une noria de poids lourds pour sillonner routes et autoroutes, six jours par semaine dans les deux sens ! Ca fera près de cinquante camions par jour selon le Parisien« Nous, on ne demande qu’à continuer, assure pourtant un responsable de Fret-SNCF. On a les locomotives, les agents, les wagons neufs à louer. Mais on ne peut pas signer un contrat à perte ! ». Quant à Stéphane Layani, président du Marché d’intérêt national de Rungis, il « regrette cette situation, dont le marché n’est pas responsable ».

Restent les élus locaux (ceux de la région parisienne directement concernés) oscillant entre consternation et colère. « Cette information résonne comme un affront à l’enjeu environnemental », déplore même Michel Leprêtre, président (PCF) du Territoire Grand-Orly Seine Bièvre. « C’est inacceptable », ajoute Christian Métairie, maire EELV d’Arcueil. « Moins de camions, c’est moins de pollution, moins de circulation, et donc une meilleure qualité de vie. » Une fois de plus, on s’étonne de notre incurie à la française. A l’heure du réchauffement climatique, de l’élévation du niveau des océans, de la pollution endémique, de la disparition proche d’un million d’espèces animales et végétales, on aurait attendu un peu plus d’efforts..

Et ne l’oublions pas en grimpant dans le Paris-Perpignan pour nous rendre au congrès des JNE  du 17 au 19 mai à Bolquère, dans le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes !!!!

Alain Hervé par lui-même

Voici la version intégrale du texte que nous avait adressé Alain Hervé (décédé le 8 mai 2019) pour la rubrique « Grands Témoins » de l’édition 2017 de l’annuaire des JNE.

par Alain Hervé, membre de JNE, fondateur du journal Le Sauvage.

Je suis né en 1932 les pieds dans la mer à Granville.

Pour ce qui est du journalisme : après des études de philosophie à la Sorbonne avec Gaston Bachelard, et un diplôme du CFJ, je commence par La Vie catholique illustrée en 1956, je démissionne au bout de trois mois. Puis Paris Normandie, je démissionne au bout de trois mois, après avoir refusé un cigare que m’offrait le directeur qui n’écoutait pas ma demande
d’augmentation. 1957 : service militaire en Algérie où sur ordre de Delouvrier, je crée Femmes Nouvelles, un mensuel pour les femmes musulmanes.Une fois libéré en 1960, repasse un an par la Vie catho, démissionne. Reporter à Réalités pendant deux ans, démissionne pour faire un tour du monde à la voile de trois ans, que je publie dans Neptune Nautisme. 1967 : pigiste, 1968 : Cérès, revue de la Fao à Rome, démissionne en total désaccord avec la politique de développement agricole de cette agence des Nations Unies.
1969-71 : pigiste Le Nouvel Adam, Planète, Réalités.
1970-71 : je crée les Amis de la Terre et le journal le Courrier de la Baleine.
1972 : Entrée au Nouvel Observateur.
1973 : création et direction du Sauvage jusqu’en 1981.
1982-1985 : co-rédaction en chef des grands reportages à Géo.
1989 : je crée Fous de Palmiers et la revue le Palmier.
1985-1993 : rubrique mensuelle dans Grands Reportages et piges dans le Monde, Normandie Magazine, Côté Ouest, Vogue.
1991 : la Lettre du Sauvage.
Depuis 2009 :  Le Sauvage.org sur internet. Chronique dans chaque numéro de l’Ecologiste.

J’ai publié une vingtaine de livres à commencer par l’Homme sauvage (1979) jusqu’à Promesse d’îles en 2016.

Pour ce qui est de l’écologie : ma jeunesse au bord d’une mer à marées grandioses, m’a familiarisé avec la nature vierge, en particulier aux îles Chausey. Il en est résulté un appétit des espaces ouverts et une méfiance pour les villes et les entreprises humaines. Je lisais Montaigne plutôt que Sartre, Monfreid et Cendrars plutôt que Marx. Le journalisme n’a jamais été pour moi ni un métier ni un travail mais une position extraordinaire pour observer le monde et la vie des hommes et y participer. Ce fut une passion, un bonheur qui petit à petit se sont exprimés dans le sens de la prise de conscience écologique naissante.

Après avoir créé les Amis de la Terre j’ai rêvé de lancer un grand magazine style Match pour répandre la bonne parole. Ce fut le Sauvage grâce à Philippe Viannay et Claude Perdriel. Ce fut un échec car les intellectuels dominants ont vu dans l’écologie une menace électorale pour la gauche et ses vieilles bastilles. Et le public ivre des délices de la modernité, une menace pour son tout neuf paradis de la consommation. Le Sauvage, jamais plus de 45.000 exemplaires vendus. Je me suis à cette époque inscrit à l’association de l’ami Pierre Pellerin, l’AJEPN (NDLR devenue les JNE) de 1971 à 1995 pour rencontrer tous ceux qui chacun à leur manière commençaient à exprimer les mêmes convictions. Je me suis réinscrit aux JNE en 2008, pour rencontrer ces phénomènes qui ont mieux compris ce qui se passait, que toute notre classe politique bouchée à l’émeri à propos de l’écologie.

Je crois que nos idées cheminent en profondeur et que la réflexion se trouve précipitée par la faillite des modèles de gestion dits modernes des sociétés humaines.

Le décès d’Alain Hervé, fondateur des Amis de la Terre France, du « Sauvage » et des Fous de Palmiers

Nous venons d’apprendre avec beaucoup de tristesse le décès d’Alain Hervé, adhérent historique des JNE, survenu le 8 mai 2019 à Saint-Cloud.

par Laurent Samuel


Fondateur des Amis de la Terre France en 1970, du magazine le Sauvage en 1972 et de l’association des Fous de Palmiers en 1989, Alain Hervé était âgé de 86 ans.

Cliquez ici pour consulter sa biographie sur Wikipedia.

Nous reviendrons plus longuement sur la vie et l’action de ce grand journaliste, pionnier de l’écologie en France.

Les JNE adressent toutes leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

Du vert en ville pour lutter contre le réchauffement

Depuis 2004, le congrès international GreenSys réunit tous les deux ans l’avant-garde de l’horticulture mondiale. Cette année, il a lieu pour la première fois en France, du 16 au 20 juin prochain à Angers.

par Jane Hervé

Depuis une quinzaine d’années, les fenêtres et les balcons de nos villes s’ornent d’abord de fleurettes (géraniums, azalées, etc.), puis d’arbustes (palmiers, oliviers, néfliers, sapins, etc.) quand la suspension ou l’espace le permet. Des taches de verdure spontanées surgissent petit à petit. Aujourd’hui, des terrasses s’organisent sur les toits. Des murs végétalisés proposent leurs parois verdies et fleurie sau milieu du béton parisien. Ce dernier phénomène, qui gagne peu à peu du terrain à la verticale, oblige à repenser l’architecture du bâtiment… Et le regard plein d’espoir des passant.es se tournent vers ce vert.

Et puis ça et là, sur la terre – presque ferme – dans les friches urbaines, dans les squares, au carrefour des rues, sur les toits des centres commerciaux, des jardins partagés naissent avec tomates, patates, plantes aromatiques, etc. Là, la reconquête de l’espace à verdir offre en outre une expérience sociale d’échanges et de mixité généreuse. Il y en a ainsi une bonne dizaine de ces jardinets dans le XVe arrondissement. Ils portent des noms où s’engouffrent les rêves urbains : Fleurs de Bitume, Jardin de la Félicité, Jardin aux Petits Oignons, Jardin de l’Emancipation, Jardin’âges, etc. La ville étant jadis la ville (tautologie), nul ne pensait vraiment à installer ces villes à la campagne (hormis Alphonse Allais !) ou à mettre un bout de campagne dans la ville (ex : aménagement de la promenade de petite ceinture, bords de Seine devant le musée d’Orsay, etc.). Dans les années 60, les Parisiens n’étouffaient pas encore en pleine chaleur *. Les puanteurs dangereuses des gaz d’échappement n’agressaient pas les narines et les poumons.

Oui, mais… Il faut aller plus loin. Qu’apporte un tel virage au vert du béton ou des immeubles haussmanniens ? Quel intérêt – hors esthétique – pour le présent ? Des chercheurs angevins d’Agrocampus Ouest se sont penchés sur les effets que ce verdissement a sur la chaleur. L’ingénieur Pierre-Emmanuel Bournet a travaillé sur l’interaction du végétal dans les milieux artificialisés et analysé son impact en milieu urbain. Pour ce faire, les chercheurs ont ni plus ni moins reconstitué dans les locaux d’Agrocampus (Belle-Beille, près d’Angers) une maquette de ville (échelle 1/5e) avec une allée centrale bordée d’arbres miniatures. « On va faire toute une batterie de mesures, étudier le rayonnement, le potentiel du sol, la teneur en eau, la transpiration du végétal, etc. » ** Cet ingénieur-chercheur diplômé de l’École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique et d’hydraulique de Toulouse, accompagné de ses étudiants, compte combattre le réchauffement climatique sur la base de ses observations. Comment ? « Avoir recours au végétal réduit l’effet du rayonnement par l’ombrage et la transpiration des plantes rafraîchit ». Il faut donc « quantifier ces mécanismes pour évaluer leur impact réel et préconiser des choses aux aménageurs ». Un début prometteur.

Ce chercheur est complet en quelque sorte car… il a travaillé sur l’hydraulique et fait un stage à la Société hydroélectrique du Midi (laquelle fournissait le tiers de l’énergie des réseaux ferrés SNCF) grâce aux barrages dans les Pyrénées et le Massif Central. Il a étudié les eaux du lac du Bourget (sédiments charriés et masses d’eau). Diverses approches pour réfléchir autrement sur la mécanique des fluides (liquide, gaz). En outre, depuis 2001, il a intégré l’Institut national de l’horticulture pour étudier les serres et … la conservation des fruits et légumes sur des palettes réfrigérées. En conséquence, il s’inscrit directement dans le programme européen Nature for Cities (N4C).

Aujourd’hui, P.-E. Bournet prépare (avec Etienne Chantoiseau) le congrès international GreenSys à Angers, du 16 au 20 juin prochain, avec 400 scientifiques et 200 professionnels venus du monde entier. Une première en France ! Depuis 2004, GreenSys réunit l’avant-garde de l’horticulture mondiale tous les deux ans. La dernière édition a eu lieu à Pékin en 2017. « GreenSys a vocation à aborder le système serre dans toutes ses dimensions. Il couvre un large spectre de travaux de recherches relatifs aux cultures protégées et au domaine de l’ingénierie sous abri. Les nouvelles technologies de contrôle de l’environnement, des économies d’énergie, de la production des cultures sous serre et dans les fermes de culture y sont présentées ». Pour être vraiment concrets, les congressistes visiteront même le Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes de Carquefou (pays nantais), une entreprise de production de tomates et concombres et un site de fabrication de serres dans cette région si propice… aux vignobles comme aux châteaux.

* Aujourd’hui après les récentes canicules, Paris teste ainsi un rafraîchisseur qui déversera des gouttelettes d’eau si nécessaire, rue Lecourbe, arrêt du bus 39.

** Courrier de l’Ouest, page Angers, 21 avril 2019, article d’Yves Tréca.

 

Action complémentaire d’une certaine façon, l’institut Momentum participe à un «week-end à la campagne » à Gonesse pour lutter contre l’installation du complexe commercial EuropaCity et d’une gare en plein champ (sur 300 ha de terres fertiles), les 18-19 mai.

ANNUAIRE 2019
Spécial 50 ans


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