Actualités nationales

Premières réactions des JNE à l’entrée de Nicolas Hulot au gouvernement

Voici une « revue de web » non exhaustive des réactions des journalistes membres des JNE à la nomination le 17 mai dernier de Nicolas Hulot au poste de ministre d’Etat, chargé de la Transition écologique et solidaire.

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par Laurent Samuel (avec Christel Leca)
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Dessin de Daniel Maja publié sur le site du « Sauvage » sous le titre « Bonne chance, Monsieur le ministre d’Etat ! », et sous-titré : « Il n’y a plus qu’à… »

Quelle marge de manœuvre pour Nicolas Hulot au gouvernement ?, s’interroge Olivier Nouaillas sur le site de la Vie. « Un beau coup politique, mais qui n’est pas sans risques », estime-t-il.

Sur Reporterre, Hervé Kempf souhaite bonne chance à Nicolas Hulot, tout en mettant en avant les deux points sur lesquels il ne devra pas céder : le nucléaire et Notre-Dame-des Landes. « Le paradoxe est que la marge de manœuvre du nouveau ministre ne dépendra pas tant de sa force de conviction que du poids qu’aura à l’Assemblée nationale le groupe de députés de… La France insoumise, dont le programme est bien plus en accord avec les idées de Nicolas Hulot que ceux d’En Marche !, de Les Républicains, ou du Modem. Et que, comme pour tout ministre de l’Écologie, son principal allié sera « la société civile », c’est-à-dire toutes celles et ceux qui se battent sur le terrain pour empêcher la destruction du monde. Nicolas Hulot n’est pas à l’aise avec ces luttes et ces expérimentations concrètes. Mais c’est sur elles qu’il devra s’appuyer s’il veut vraiment agir. »

Dans un article au titre sans ambiguité, Hulot, 10 000 fois hélas, mis en ligne son blog Planète Sans Visa, Fabrice Nicolino se dit « stupéfait de tant de naïveté de la part de Hulot ». «  Il avait la responsabilité de préparer une génération au grand changement. Il préfère un poste d’illusionniste. »

A l’opposé, Jean-François Noblet, dans un message diffusé sur le net, s’exclame : « mon cœur s’envole et mon espoir est immense. Je sais que personne n’est parfait, que cela ne sera pas facile mais nous disposons tous d’une considérable ouverture dans ce ciel mondial si menaçant. Aussi je vous invite à tout faire pour que Nicolas soit écouté, défendu, soutenu. Je sais, par expérience, qu’il aura grand besoin du monde associatif et de tous les citoyens pour réussir. »

Sur son blog Biosphère, Michel Sourrouille titre son article : Nicolas Hulot au gouvernement, l’espoir d’un changement. « Il aura fort à faire avec le premier ministre, s’inquiète-t-il cependant. Car Edouard Philippe n’a jamais jusqu’à présent manifesté, dans son parcours professionnel comme que dans ses mandats électifs, un attrait pour les questions environnementales. (…) A l’Assemblée nationale, le député Edouard Philippe a voté en défaveur de la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte, de même que contre la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. »

Pour Claude-Marie Vadrot, « Hulot a raison d’avoir pris le risque du pouvoir ». Dans un texte publié sur le site de Politis, il affirme : « Le travail (et la chance ?) de Nicolas Hulot, ministre d’Etat, c’est de pouvoir imaginer une politique globale, d’impulser une réflexion pouvant déboucher sur des solutions, sur des décisions ou des inflexions. S’il tient le coup face aux productivistes qui l’entourent et ne rêvent que de courbes de croissance, il en restera quelque chose. Sinon, si dans huit mois ou dans quelques années, il doit démissionner, il en restera toujours quelque chose . Dans les textes ou dans les têtes. Nicolas Hulot a donc eu raison d’oser prendre des risques et d’ignorer les imbéciles qui, déjà, sur les réseaux sociaux nous resservent les vieilles rengaines sur les produits Ushuaia dont il toucherait les royalties, sur ses relations avec les entreprises chimiques et pétrolières. Toutes vieilles antiennes véhiculées par des « insoumis » ou les plumitifs de la fachosphère… Comme le disent ses amis, il était risqué, pour la France et pour la planète, d’attendre encore cinq ans ou que les écolos arrivent démocratiquement au pouvoir. »

Sur Facebook, Yves Paccalet ironise : « Je me réjouis de lire tous ces commentaires enthousiastes sur la nomination de Nicolas Hulot au ministère de l’Ecologie… Les mêmes qui se félicitent de la nouvelle ont souvent attaqué avec méchanceté ceux qui se battaient pour qu’Emmanuel Macron devienne président. Notons bien que Nicolas Hulot ne serait pas ministre de l’Ecologie si Emmanuel Macron n’avait pas été élu président… J’adore avoir été traité (parmi d’autres) de traître à l’écologie par ces intégristes bizarres qui se réjouissent après coup des résultats d’une traîtrise qu’ils avaient dénoncée avec plus de haine que de clairvoyance ! »

Enfin, sur le site du Sauvage, Alain Hervé se réjouit dans un texte titré Hulot au gouvernement immense espoir : « La nomination de Nicolas Hulot ministre « de la transition écologique et solidaire » est la plus grande innovation de ce nouveau règne républicain. Il est à porter au crédit d’Emmanuel Macron qui autorise soudain des positions radicales à s’exprimer. Hulot est détenteur d’une longue pratique et d’une profonde connaissance de l’écologie. Reste à voir comment il pourra exprimer ses convictions. Je ne pense pas qu’il soit réductible à une ligne « économiste » du gouvernement. Que tous les écologistes le soutiennent, qu’il s’agisse des militants, des philosophes ou des politiciens carriéristes. Nous assistons à une prodigieuse innovation dans la politique française. Bonne chance Nicolas. »

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« Le grand secret du lien » : pour retrouver ce qui nous unit au vivant, au minéral et à la Terre

Après les nombreuses projections à travers la France de son film Le lien (lire ici l’article d’Adeline Gadenne) et de multiples rencontres avec des enseignants, des parents, des éducateurs et des associations d’éducation à l’environnement, Frédéric Plénard lance un très gros chantier : Le grand secret du lien.

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par Nathalie Tordjman

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Son objectif : trouver une stratégie pour restaurer le lien qui unit les enfants et les jeunes à la Terre et les amener à la protéger. Pour comprendre comment faire évoluer ce rapport à la nature, il s’est entouré d’un conseil des sages (Pierre Rabhi, Emmanuelle Grundmann, Vincent Munier, Françoise Serre-Collet et Philippe Meirieu), et a élaboré une méthodologie avec des chercheurs et plusieurs associations d‘éducation à l’environnement.

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De septembre 2017 à août 2018, 5 groupes de 8 à 10 enfants ou jeunes (âgés de 9 à 20 ans) vont vivre 7 séjours en immersion au cœur d’espaces naturels sauvages, semi-sauvages, ou urbanisés, dans 5 régions différentes de France (Auvergne Rhône Alpes, Centre Val de Loire, Grand Est, Nouvelle Aquitaine et Normandie). Au total, ce sont 50 jeunes qui vont chacun passer au minimum 20 jours (et 20 nuits !) dans la nature.

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Ils seront accompagnés de « passeurs » naturalistes qui les placeront dans des conditions favorables à l’exploration et de « guides » praticiens en somato-psychopédagogie qui pourront les aider à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent dans la nature. Chaque immersion sera filmée pour aboutir après montage à un documentaire de 90 minutes, qui permettra aux éducateurs au sens large de comprendre comment un contact accompagné avec la nature est susceptible de modifier les comportements écologiques. Un projet passionnant, de grande ampleur qui prend la mesure de l’urgence qu’il y a à reconnecter les jeunes générations à la nature.

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Découvrez « Le grand secret du Lien » : un projet éducatif en connexion avec la nature

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Ornithomaniacs : une BD et une expo à ne pas rater

En ce printemps, on retrouve le bec-en-sabot (étrange oiseau auquel la photojournaliste JNE Geneviève Renson a consacré un livre en 2008) dans les pages d’une bande dessinée et sur les murs d’une exposition de dessins.

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par François Moutou

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La BD, bel ouvrage entièrement noir et blanc, raconte l’étrange histoire d’une jeune adolescente accro à son portable et/mais affublée d’une petite paires d’ailes dans le dos. Peut-être plus oiseau qu’ange, elle va à la rencontre d’un curieux professeur à l’étrange nom : Balaeniceps rex. Ce patronyme ne devrait pas être totalement étranger aux JNE car il s’agit du nom latin d’un oiseau, le bec-en-sabot, auquel notre consoeur photojournaliste JNE Geneviève Renson a consacré un livre, Sur les traces du roi des marais, paru en 2008 chez Kubik.

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Retrouver cet oiseau dans cette bande dessinée n’est pas juste une coïncidence. Daria Schmitt et Geneviève Renson ont collaboré pour ce nouvel album. Les trois dernières pages sont d’ailleurs consacrées au travail de Geneviève. Le professeur vient lui rendre visite.

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A l’occasion de la sortie du livre, une exposition de dessins de l’artiste a lieu du 12 au 27 mai à la Galerie 9e Art, 4 rue Crétet, 75009 Paris. Le vernissage est prévu le jeudi 11 mai. Geneviève sera présente à la galerie avec des exemplaires de son propre livre sur le bec-en-sabot.

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Ornithomaniacs, bande dessinée, Daria Schmitt,104 pages, Casterman, en librairie le 10 mai 2017.

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Relations presse : Kathy Degreef (k.degreef@casterman.com) 06 11 43 50 69

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Le putois doit être protégé

« Le putois doit être protégé », tel est le titre d’un communiqué de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) paru le 2 mai 2017. Cette demande s’appuie sur un rapport bien documenté de 90 pages rédigé pour la SFEPM par Pierre Rigaux.

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par François Moutou

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Cela fait des années que les naturalistes notent une apparente régression de ce petit mustélidé, adepte des zones humides et du bocage, consommateurs de grenouilles, de rongeurs et de lapins de garenne. Utilisant des données issues de nombreux partenaires, exploitant également les publications et les études des équipes de l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), Pierre Rigaux dresse un constat qui devrait être de nature à reconsidérer le statut actuel de l’espèce. Aujourd’hui le putois (Mustela putorius) est classé gibier et espèce susceptible d’occasionner des dégâts (avant 2016, on disait « susceptible d’être classée nuisible »). La liste rouge des mammifères de France, en cours de révision, devrait tenir compte de ces éléments et de l’évolution des connaissances à son sujet.

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Le rapport complet est téléchargeable depuis le site de la SFEPM.

 

 

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L’écologie dans la campagne du 2e tour de la présidentielle : quelques liens pour éclairer vos réflexions

En complément du comparatif entre les deux candidats du 2e tour en matière d’écologie dressé sur notre site par Frédéric Denhez, voici une sélection (non exhaustive) d’articles sur l’écologie dans la campagne présidentielle pour éclairer vos réflexions à la veille du vote.

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par Laurent Samuel

.Nicolas Hulot « affligé » par l’absence de l’environnement du débat présidentiel (le Monde)

L’écologie totalement absente du débat d’entre-deux tours (Reporterre)

Le Pen – Macron : ce qu’ils proposent en matière d’environnement (Actu-Environnement)

L’écologie douce d’Emmanuel Macron : le regard d’un juriste (Arnaud Gossement, Actu-Environnement)

La « non-écologie » de Marine Le Pen : le regard d’un juriste (Arnaud Gossement, Actu-Environnement)

Arnaud Gossement: «Les idées écologistes ont progressé, pas le parti» (Libération)

L’écologie ne passe pas au second tour  (Libération)

Présidentielle : Marine Le Pen, l’écologie minimale (le Monde)

Edgar Morin : « Cette élection est un saut dans l’inconnu » (le Monde)

Brigitte Bardot invite «ceux qui aiment les animaux à ne pas voter Macron» (le Parisien)

« Sur l’écologie, tout oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen » (JDD)

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Ecologie : les programmes de Mme Le Pen et M. Macron au banc d’essai

Comment résumer les programmes des deux ultimes candidat sen matière d’écologie ? Pour reprendre à peu près notre formule utilisée lors du débat (à écouter ici sur le site de CO2 Mon Amour) que Denis Cheissoux et moi avons conduit avec Philippe Murer, qui représentait Madame Le Pen, et Corinne Lepage, pour Monsieur Macron : « Macron, c’est l’écologie qui soutient l’économie, Le Pen, c’est l’écologie qui justifie la préférence nationale ». Voyons dans le détail.

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par Frédéric Denhez

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Ecologie patriote…

Marine Le Pen plaque la préférence nationale sur des idées, des initiatives, une philosophie que chacun de nous partage et défend : celle de l’économie sociale, des circuits courts, de l’agriculture plus douce et des entrées de ville moins laides. « La véritable écologie consiste à produire et consommer au plus près, et retraiter sur place ». Nul ne pourrait la contredire. Concrètement, elle prône l’interdiction des produits alimentaires et agricoles qui ne respecteraient pas les normes de production françaises en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal et d’environnement. Tout en soutenant l’exportation de nos produits à haute valeur ajoutée, les labellisés, qui respectent bien mieux l’environnement, les paysans et leurs paysages, les consommateurs, aussi, que les produits banals. Cohérente, Marine Le Pen pousse à une traçabilité totale de l’origine géographique et du lieu de transformation sur l’étiquette. Deux ans après son entrée en fonction, elle ferait établir des prix minimums d’achat aux agriculteurs par les industriels et les hypermarchés, garantis par l’État. Interdiction des fermes géantes, des OGM, du Ceta, du Tafta et des abattages rituels, incompatibles avec le respect du bien-être animal.

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En matière d’énergie, c’est simple : nucléaire prolongé par la filière thorium, vieille lune des ingénieurs atomistes, centrales perpétuées tant qu’on peut, arrêt de l’arrêt de Fessenheim, et promotion de l’hydrogène par électrolyse. Pas au pied des éoliennes, réputées « immondes », y compris sur les horizons marins, et que la candidate d’extrême-droite souhaite suspendre au moyen d’un moratoire immédiat, non, de l’hydrogène fabriqué dans les centrales à thorium. De l’hydrogène qui trouverait naturellement sa place dans les voitures, qu’il ne s’agit néanmoins pas de priver de diesel, afin de ne pas affliger les pauvres. On continue donc le gasoil, en allant vers l’électricité sans passer par le gaz naturel pour véhicule. Normal, Marine Le Pen veut interdire toute exploration et exploitation de gaz de schiste. Quant à l’isolation thermique des bâtiments, au transport des marchandises et à la mobilité, rien, hormis la nationalisation des autoroutes pour en rendre moins cher l’usage et l’interdiction de la concurrence sur les lignes de train.

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… ou écologie libérale ?

Emmanuel Macron partage avec Madame Le Pen la passion du BTP. Tous les deux sont pour le Canal Seine-Nord, lui soutient par ailleurs le tunnel Lyon-Turin tandis qu’elle veut nationaliser les tunnels du Fréjus et du Mont-Blanc. C’est tout pour le fret ferré et fluvial, quant au fret routier, il est résumé à l’hydrogène qui a semble-t-il réponse à tout. À l’inverse de son adversaire, Monsieur Macron soutient la mise en concurrence des trains de voyageurs, il veut même la hâter. Pour la voiture, le candidat d’En Marche ! va plus loin que tout le monde : il dit qu’en 2040, il ne devra plus y avoir un seul véhicule thermique vendu en France. Un pari osé, qu’il espère gagner en taxant le diesel autant que l’essence, en aidant les ménages pauvres à changer d’auto, et en favorisant, lui aussi, devinez quoi, l’hydrogène. Une commune obsession. Mais voilà, les trajets quotidiens, ce n’est pas que du moteur, c’est aussi de l’information. Gérer le trafic et le stationnement en développant l’échange d’informations entre des voitures connectées, des routes connectées, des péages connectés, des parkings connectés de façon à, par exemple, réserver selon le trafic et le niveau de pollution la voie de gauche de l’autoroute aux voitures à trois occupants, entre 7 h 15 et 7 h 25, Emmanuel Macron a compris ce sur quoi travaillent les métropoles pour dissuader chacun de venir travailler tout seul dans son auto.

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La « route intelligente » de Monsieur Macron est en cohérence avec sa maison intelligente. Entendez, la promotion de l’autoconsommation d’énergie. Dans ce domaine comme dans celui de la transition énergétique, le candidat à la présidence de la République est dans la continuité de François Hollande et de Ségolène Royal. Ni plus, et même un peu moins sur les objectifs. Il ne va pas contre le sens du vent, il va même résolument dans celui des éoliennes, qu’il veut développer vraiment en simplifiant les procédures d’autorisation. Y compris pour les champs off-shore, six au total, mais toujours rien à l’horizon, car il reste des écolos et des propriétaires de résidences secondaires pour qui un mât de 2 m de haut dans le champ visuel est une insulte à la nature.

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Emmanuel Macron est plus inventif en matière d’agriculture. Comme tous les candidats, sans exception, il veut renforcer le poids des agriculteurs dans leurs négociations avec les aimables centrales d’achat, dans le cadre d’un Grenelle de l’alimentation qui mettra tout le monde autour de la table. On y pourra aborder par exemple l’objectif de 50 % de bio local et de labels de qualité dans les menus des restaurants scolaires et d’entreprises d’ici la fin du quinquennat. Faut-il interdire les OGM ? Oui. Mais pas la recherche, car on ne sait jamais. De même en ce qui concerne les gaz de schiste et les hydrocarbures non conventionnels : exploiter, non, explorer, oui, afin de ne pas insulter l’avenir. Mais revenons-en à l’agriculture.

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Emmanuel Macron veut instaurer pour les paysans, comme pour tout le monde d’ailleurs, un droit au chômage ainsi qu’un droit à l’erreur. C’est-à-dire qu’il veut substituer au contrôle systématique qui infantilise, et à la sanction immédiate qui décourage, la pédagogie d’une bonne foi qui serait reconnue, sans pénalités. Une révolution dans notre administration dont la complexité des textes place chacun de nous dans l’incapacité d’être bien dans les clous. Le candidat d’En Marche ! souhaite également séparer la vente de matériels agricoles et d’intrants chimiques du conseil, afin que les agriculteurs ne soient plus pieds et poings liés à des interlocuteurs en conflit d’intérêts. Autre élément novateur, un plan d’un modeste 200 millions d’euros pour rémunérer les agriculteurs pour l’entretien des services rendus par les haies, les tourbières, les bandes enherbées etc. Un plan dans un autre beaucoup plus généreux de 5 milliards d’euros dévoué à soutenir et encourager l’innovation agricole, quelle qu’elle soit, tant qu’elle ne nuit pas à l’environnement ni au bien-être animal. Enfin, à l’exemple de la politique agricole américaine, Emmanuel Macron souhaite développer, ainsi que le proposait aussi François Fillon, l’assurance comme moyen de soutenir les prix en cas d’aléa naturel ou économique. Une assurance sous forme d’épargne de précaution individuelle, favorisée d’une façon ou d’une autre par l’État. Une façon de contourner la PAC qui interdit – contrairement au gouvernement fédéral américain – de garantir les prix pour les agriculteurs. Enfin, Emmanuel Macron veut que toute forme d’établissement agricole soit soumise au contrôle des Safer. Il va plus loin que Marine Le Pen, tout en restant dans le sens des choses de Stéphane Le Foll.

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Voilà, faites votre choix. En ayant à l’esprit que sur l’aménagement du territoire, la logistique, la fiscalité, la biodiversité, l’eau, les deux candidats sont aussi flous que le débat du second tour a été embrouillé. Tout de même, ils parlent beaucoup de la mer – dans leurs programmes, pas sur les plateaux – oui, de la mer, enfin reconnue comme essentielle à l’avenir de la France, notre pays qui dispose du premier linéaire côtier d’Europe, de la deuxième surface maritime du monde, qui est la seule puissance à être présente sur tous les continents, sur tous les océans. Ils en parlent mais sans s’y aventurer, comme des baigneurs allongés sur la plage.

Retrouvez ici la version intégrale de cet article sur le blog de Frédéric Denhez sur Mediapart, également diffusée par mail via son Infolettre.

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Energies renouvelables : Jean-Michel Germa tourne la page

Alors qu’ENGIE réunissait les journalistes au Club de la presse de Montpellier pour communiquer sur la bonne santé de la Compagnie du Vent et du groupe en matière d’énergies renouvelables, nous apprenions que Jean-Michel Germa, fondateur de la Compagnie du Vent, devenu actionnaire minoritaire, venaient de conclure un accord de cession de ses actions après cinq longues années de bataille juridique .

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par Dominique Martin Ferrari

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Jean-Michel Germa

La Compagnie du Vent est donc devenue une filiale à 100 % d’ENGIE, sachant que Jean-Michel Germa dans une quinzaine de mois au maximum en récupèrera le nom « trop connu pour être abandonné. Et puis c’est affectif » .

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La Compagnie du Vent a été la pionnière de l’éolien en France, riche d’un formidable savoir-faire et capital humain. Créée en 1989, elle compte aujourd’hui 150 collaborateurs et exploite 423 MW en éolien et 88 MW en solaire photovoltaïque. Ces actifs de production ont généré une production annuelle de 815 000 MWh, soit la consommation électrique, chauffage inclus, d’environ 340 000 personnes. En 2016, la Compagnie du Vent a investi plus de 88 millions d’euros dans le développement et la construction de nouveaux actifs dans l’éolien terrestre et le solaire photovoltaïque au sol.

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A Port la Nouvelle, ENGIE prévoit le remplacement des petites machines par de plus grosses avec une nouvelle concentration ; à Rivesaltes, avec la construction d’une centrale solaire de 13,5MW se mène un projet de production autoconsommée en lien avec l’université de Perpignan. Le groupe prend évidemment le train de l’objectif « région positive » et lance une campagne d’étude d’évolution des vents en lien avec les climatologues sur un ou deux ans.

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Jean-Michel Germa, devenu une des grandes fortunes françaises, a tourné la page et se consacre désormais à Sunti® et MGH®, ses deux créations de 2015.

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Avec Sunti®, jouant des fluides thermiques, Jean-Michel Germa a souhaité développer l’utilisation de l’énergie solaire associée à des mesures d’efficacité énergétique. « Le système proposé par Sunti® a un intérêt tant économique qu’écologique, explique Jean-Michel Germa : il permet de remplacer une consommation d’énergie carbonée par une consommation d’énergie renouvelable ». L’offre Sunti® cible les industriels ayant recours à la chaleur dans leurs procédés de fabrication, dans l’agroalimentaire (produits laitiers, boissons, conserves, sucre, etc.), la pharmacie, la chimie, la papeterie ou encore le secteur des textiles. Sont également visées les activités tertiaires énergivores, notamment les complexes hôteliers. Si le prix du pétrole retrouve ses couleurs, Jean-Michel Germa table sur un développement sur le marché français, mais également en Europe du Sud et en Afrique du Nord, notamment au Maroc.

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Par ailleurs, en lançant la société MGH®, il développe un autre projet innovant de stockage d’électricité en mer. Le système MGH® utilise le principe de la gravité appliqué à un système de poids de plusieurs dizaines de mètres de hauteur reliés à des structures flottantes de la taille de plateformes offshores, elles-mêmes connectées par un câble sous-marin au réseau électrique terrestre haute tension. « Il s’agit d’une technologie innovante, à faible empreinte environnementale par rapport aux systèmes de stockage massif existants, avec des structures flottantes situées à plusieurs dizaines de kilomètres des côtes », explique Jean-Michel Germa. Un marché global évalué à 130 milliards d’euros à l’échelle mondiale.

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Mais il reste encore un certain nombre de verrous technologiques à lever, quatre au moins ont été identifiés par l’équipe MGH®.

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D’abord, il faudra maintenir en posture fixe un navire par 3000 mètres de fond. « Pour l’instant, on ne sait pas faire à un coût acceptable », précise JM Germa. Ensuite, les génératrices nécessaires à la production d’électricité tournent rapidement. Or les poids montent et descendent lentement entre les moteurs et les treuils, « ils subissent des efforts aujourd’hui trop importants. Il est difficile d’en réaliser supportant les efforts induits par ces différences de vitesse ». Autre difficulté, venant des câbles de traction cette fois. Ils servent aux mouvements de montée et descente. « Ils doivent avoir une densité proche de celle de l’eau, sinon leur poids serait trop important lorsque les lests sont en position basse.» Des câbles en textile synthétique sont bien utilisés dans le monde de la marine, mais de manière très irrégulière. « Nous ne savons pas s’ils pourraient résister en fonctionnant 24h/24, sept jours sur sept. Ils risquent de s’user très rapidement » et d’entraîner une onéreuse maintenance. Enfin la résistance des câbles électriques qui serviront de jonction entre le stockage et le lieu de consommation est mal connue à 3000 mètres de profondeur : « ils sont extrêmement rigides, or le déplacement du navire, même faible, oblige à une certaine flexibilité. »

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On le voit, la matière résiste et les obstacles identifiés nécessitent encore de longues recherches coûteuses.

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En parallèle, Jean-Michel Germa, toujours attiré par la mer, travaille sur la propulsion électrique des navires. A Sète, un projet expérimental, baptisé Green Pilot, est en cours sur la pilotine Maguelone, un de ces petits bateaux rapides qui transportent les pilotes maritimes à bord des gros navires. Une expérience qui pourrait également s’appliquer aux remorqueurs ou à tout navire ayant un rayon d’action limité. Il s’agit de remplacer l’usage du gasoil par des batteries.

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Innovateur mais tenace, Jean-Michel Germa poursuit un autre combat : « je continue à défendre une évolution de la loi française destinée à favoriser les relations entre les PME et les grands groupes ». Sa rencontre avec le cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy s’était soldée négativement, mais demain peut-être l’horizon peut s’éclaircir …

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Manicaretti, un restaurant inattendu dans le Veggietown parisien

Parmi les magasins de bio-ceci ou bio-cela de notre Veggietown *, ville vegan sise dans le Xe arrondissement de Paris, se trouve un restaurant inattendu.

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par Jane Hervé

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Inattendu non parce qu’il est tenu par trois Italiennes (et un Italien) à la vitalité épanouie, mais parce qu’il propose de la burrata (prononcez bourrata). Malgré son nom, ce fromage à base de mozzarella ne bourre en rien, mais est simplement produit avec du lait de bufflonne….

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Venir ici impose de « préparer ses papilles ». A quoi ? Les « manicaretti » sont ni plus ni moins de délicieux « petits plats préparés avec amour ». Or tout le monde sait à quel point cela (l’amour autant que les petits plats) manquent en ce bas monde. La chef.e Vittoria Romain, aux yeux verts magnifiques, en est parfaitement consciente. Elle a ouvert son Manicaretti depuis quatre mois, après une première expérience de resto parisien déjà dans le style fait maison. Cette fille de diplomates mêle volontiers les cultures culinaires de ses grands-mères venues d’Autriche, de Sicile et de Rome. Elle se sent une peu une « maman du dimanche », celle qui aime passer du temps aux fourneaux.

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Alors ici on mange du bio, du local, du « fait maison ». Et même du « sans gluten » – sans le dire – car tout se prépare sur place à partir de maïs, de riz, du sarrasin et de légumes frais. On peut choisir entre trois plats végétariens. Seul un plat carné est destiné aux réticents ou impréparés au végétarien ou aux amoureux du bœuf-cochon-agneau. Chaque plat mélimélo – risotto, gnocchis, lasagnes agrémentés de parmesan – s’accompagne de salade, de burrata, de lentilles et d’un jus de fruits et légumes assurément frais. Les herbes odoriférantes poussent dans sa courette-potager. Il lui suffit de tendre la main. Les prix modérés s’étalent de 6 à 12 €.

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Oui, mais la bouche peut aussi servir à autre chose qu’à manger. Pourquoi pas à… parler. On découvre que Vittoria a été élève au lycée français de Rome. Son restaurant (30 places) n’est pas un simple resto, mais aussi un « lieu » d’échange et de convivialité. L’association Fare et Parlare (Faire et Parler) donne matin, après-midi et soir des cours de cuisine, de lecture et de langue…italienne. Le tout en collaboration avec La Libreria du faubourg Poissonnière. Il y a même des possibilités de « cafés connectés » (wi-fi présent) le matin, d’ateliers avec apéritifs dinatoires ou de soirées sur mesure. Il lui reste à rejoindre au soir sa péniche du bord de Seine.

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* Ce surnom est attribué par l’Association végétarienne de France.

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Restaurant Manicaretti
60, rue de Paradis 75010 Paris
Du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30
Métro Poissonnière
vittoriaromain@aliceadsl.fr
https://www.facebook.com/manicaretti.paris/?fref=ts

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« Choose Life », la nouvelle campagne de l’ASPAS

Ces images ne montrent pas ce que l’on croit décrypter au premier coup d’œil. A bien les regarder, ce ne sont pas des images de trophées de chasse mais des hommages à ceux qui protègent la vie sauvage.

par Danièle Boone


L’agence Young & Rubicam communication met chaque année son savoir-faire publicitaire, ses moyens humains et techniques, au service d’associations caritatives afin de défendre les causes qui la touche particulièrement. Cette année, Éric Lavenac et Guillaume Auboyneau, créatifs seniors au sein de l’équipe dirigée par Pierrette Diaz, ont souhaité mettre bénévolement, toute leur énergie innovante au service de l’ASPAS pour cette campagne choc. Les photos sont inspirées des nombreuses images de trophées de chasse très largement relayées sur le net. Et c’est l’une d’elle qu’on croit d’abord voir. Toutefois, ces hommes qui posent fièrement auprès d’un animal à terre n’ont pas de fusil à la main. Ce sont des promeneurs, bâton de marche en main, qui sont heureux d’avoir aidé une mère à faire naître son petit. Choose life !

La campagne vise évidemment ceux qui choisissent d’éliminer une vie par pure vanité, plaisir ou ignorance moyennant des sommes exorbitantes. À chaque animal qui tombe, gros ou petit, braconné, chassé, piégé, laissé pour mort, c’est un peu de notre monde qui s’écroule, notre meilleure part qui disparaît. L’ASPAS se positionne, comme toujours, du côté de l’espoir et du renouveau, du côté des naissances, du côté du choix pour la vie.

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