Actualités nationales

Naissance des éditions Goutte d’or

Une nouvelle maison d’éditions souhaite publier des livres d’enquêtes journalistiques en immersion. Cela mérite d’être signalé.

par Danièle Boone.

Geoffrey Le Guilcher et Clara Tellier Savary, deux journalistes, et Johann Zarca, un auteur, avaient envie de publier des livres d’immersion dans la lignée de la « narrative non fiction » anglo-saxonne qui emmènent le lecteur à la découverte d’univers de marge, mal connus. C’est ainsi que, dans un immeuble de la rue de Tombouctou, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, sont nées les Éditions Goutte d’Or..

 

Steak machine, le premier de la série, est signé Geoffrey Le Guilcher. Le journaliste a réussi à se faire engager dans un abattoir industriel en Bretagne. Pendant quarante jours, il a partagé le quotidien des ouvriers. Ce récit sera prochainement chroniqué sur le site. Prochain titre à paraître en juin : On ne naît pas grosse, par Gabrielle Deydier. L’auteur, 36 ans, 140 kg pour 1,54 m, fait semblant de suivre une procédure de chirurgie bariatrique pour enquêter, depuis son propre corps, sur ce que le monde médical propose aux personnes obèses.

 

Une autre collection sera consacrée à la fiction, mais pas n’importe laquelle, puisque ces fictions reposeront sur des univers existants. Premier titre à paraître le 7 septembre : Paname Underground. Ainsi, dans les deux collections, l’auteur doit connaître en profondeur le monde qu’il raconte pour le faire découvrir de l’intérieur. A suivre donc.

www.editionsgouttedor.com

Contact : editionsgouttedor@gmail.com

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Hommage à Pierre Pfeffer, grand défenseur des éléphants

Nous avons la tristesse d’apprendre la disparition de notre ami Pierre Pfeffer, survenue le 29 décembre à Paris. Grand zoologiste, il participa à l’émission de télévision Les animaux du monde à la fin des années 1960 et fut l’un des premiers membres de notre association créée en 1969. Ardent défenseur des animaux, celui qui fut également président du WWF, lança la campagne Amnistie pour les éléphants au sein de la Société Nationale de la Protection de la Nature (SNPN) en 1987. En cette fin d’année où la Chine vient d’annoncer l’interdiction du commerce de l’ivoire, souhaitons que son combat n’aura pas été vain. Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille. Voici sa biographie publiée dans l’Annuaire 2014 des JNE.

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par Roger Cans

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Pierre Pfeffer

Né à Paris en 1927, Pierre Pfeffer suit sa mère journaliste en Union Soviétique, et, déjà passionné d’animaux, adhère au cercle des Jeunes Naturalistes de l’école primaire qu’il suit à Moscou et se voit chargé de l’élevage des couleuvres ! Revenu en France à la veille de la guerre, Pierre Pfeffer s’engage à 16 ans, en 1944, dans les maquis FFI de l’Ardèche, puis, lorsqu’elle débarque en France, dans la première armée française du général De Lattre et participe aux campagnes de France, d’Allemagne et d’Autriche, dans le 19e Bataillon de Chasseurs (!) à pied. Sa première université, c’est donc la guerre et ses combats au cours de laquelle il ne rate cependant pas l’occasion d’observer la faune, notamment celle des montagnes d’Autriche.

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Démobilisé, il reprend le lycée au niveau du bac et sur recommandation de Théodore Monod, part en 1959 en Côte d’Ivoire, en tant que « naturaliste-voyageur » chargé de collecter des spécimens de faune pour le Muséum de Paris. Parmi ces « spécimens », il est malheureusement dans l’obligation, à la demande de l’administration française, d’abattre à deux reprises un éléphant blessé par des braconniers et ayant causé des accidents parmi les paysans africains. De là naît son premier intérêt pour ces animaux et les problèmes que posent leurs relations avec l’homme.

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De retour en France, il se lance sur le tard dans des études de sciences naturelles à la Sorbonne. Attaché au Muséum en 1957 et assistant de biologie animale à la faculté des sciences, il part pour un premier séjour (1955-1957) en Indonésie dans le centre de Bornéo et les Petites îles de la Sonde où il se consacre à l’étude du varan de Komodo et en fait son mémoire de DES en 1958. L’année suivante, il est nommé stagiaire, puis attaché de recherches au CNRS et travaille d’abord au laboratoire des Reptiles et Poissons du Muséum (professeur J. Guibé), puis définitivement cette fois, à celui des Mammifères et Oiseaux (professeur J. Berlioz).

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En 1963, il publie son premier ouvrage : Bivouacs à Bornéo. En 1966, sa thèse de doctorat porte sur le mouflon de Corse (« Systématique, écologie et éthologie comparées »), fruit de quatre années d’observations dans le massif de Bavela dans le centre de l’île. Il devient alors, presque malgré lui, spécialiste des ongulés montagnards d’Europe, mais aussi de ceux des forêts d’Asie et d’Afrique.

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Contacté par le journaliste François de la Grange, Pierre Pfeffer se lance aussi, malgré les objections de certains de ses collègues, dans les émissions animalières de la télévision, présentant à partir de 1969, l’émission Les animaux du monde sur la 1ère chaîne, puis Des animaux et des hommes sur A2. En 1969, il devient maître, puis directeur de recherches au CNRS, section « écologie ». Avec Théodore Monod et Jean Dorst, il milite activement pour l’écologie et la protection de la nature, mais à leur grande déception, ils ne sont que trois à s’engager dans cette direction sur les quelque 300 scientifiques du Muséum !

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Pierre Pfeffer a également été président du WWF France et membre du bureau international, ainsi que coordinateur de l’UICN et du PNUE pour les aires protégées d’Afrique occidentale et centrale. En France, il a été membre et secrétaire du Conseil national pour la protection de la nature au ministère de l’environnement. Egalement président du comité scientifique du parc national du Mercantour (Alpes Maritimes), il a eu, en 1992, la responsabilité d’identifier le premier loup tué en France et de confirmer, dans un cadre polémique dont on se souvient, la présence de l’espèce dans notre pays. Jusqu’à sa mort, il a plaidé pour sa protection, ainsi que pour celle de nombre d’autres espèces menacées, dont bien sûr, les éléphants !

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Retour à la terre, une histoire vécue

C’était un village abandonné au cœur de la Charente, perché en haut de la colline, qui ne demandait qu’à revivre.

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par Michel Sourrouille

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Les grosses exploitations ont chassé les paysans, revenir à la terre reste difficile. S’installer c’est compliqué, cela exige d’affronter une administration complexe ; il y a la MSA, la DDT et même la « Direction de la cohésion sociale et de la protection des populations » ! Donc beaucoup de papiers à remplir, c’est jamais clair et les interlocuteurs adaptés restent introuvables. C’est pourtant l’expérience multiple que traverse Pierre Varaillon, un éducateur environnement attiré par le concret du retour à la terre et par l’importance de la relocalisation.

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Dans Lavidaud abandonné, Pierre a voulu créer un élevage de poulet bio. Il est vrai qu’un BTS « gestion et protection de la nature » et des ancêtres agriculteurs aident à avoir foi en la terre. La maison n’avait qu’un seul point d’eau, tout était à refaire. Il vit dans une pièce, avec poêle à bois… mais ordinateur quand même. Il a bénéficié pour les travaux des bras de plusieurs membres de la famille, et bien sûr des copains. Une aventure solitaire a besoin de ressentir qu’on vit toujours en communauté.

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Il faut aussi pouvoir investir, 80 000 euros pour la maison et ses 9 hectares, sans compter la construction des poulaillers, qu’il a réalisés lui-même : 3000 volailles à l’année, ça prend de la place en plein air et on a a besoin quand on est poulet de sa maison refuge. Le déplacement des poulaillers à la fin de chaque lot de volailles permet de détruire tous les germes de maladies par le soleil et la pluie ; ce déplacement permet au lot suivant d’être sur une zone neutre avec un nouvel herbage. Que du bonheur ! Les poulets peuvent vivre le plus possible leur vie de poulet. Leur alimentation provient du travail d’un paysan en agriculture biologique à une quinzaine de kilomètres. Les aliments sont composés principalement de triticale (blé), pois, tourteau de tournesol, maïs et bien sûr tous les insectes et vers de terre présents sur les parcours. Les jeunes poulets raffolent même des orties ! Il faut dans tous les domaines rechercher la proximité pour être heureux.

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Pierre avait besoin de ce contact étroit avec les animaux. Les humains vivent en interrelations, plantes et animaux aussi. Il a un gros chien pour éloigner les renards, trois moutons de race rustique solognote qui ne dédaignent pas de manger ronces et lierre. Les ruches servent à la pollinisation, les arbres fruitiers au milieu des poules servent à digérer l’azote des déjections, culture et élevage sont associés.

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Pierre a donc beaucoup pensé son projet, il le mène à bien depuis octobre 2015. Mais il faut aimer la solitude, loin du vacarme de la ville… et se contenter de peu au niveau de son mode de vie. Une situation professionnelle en production bio n’est jamais idyllique, le poids de l’agriculture industrielle pèse encore sur Pierre. Faire son propre abattage et conditionnement est interdit sauf conditions drastiques, mieux vaut passer par une entreprise spécialisée qui prend quand même 2,44 euros par tête de poulet. Pour les débouchés, Pierre a trouvé en plus de la vente directe une municipalité de tendance écolo à 35 kilomètres qui veut promouvoir le bio par l’intermédiaire de ses cantines sociales et de l’EPHAD. C’est pourquoi il a fallu s’équiper d’une camionnette frigorifique avec certificat ATP (Autorisation de transport de produits). Les circuits courts sont préférables, mais avoir le bio et la proximité à la fois est un objectif encore lointain dans une société française très urbanisée. Il n’empêche que les poulets de Pierre vivent quatre mois en pleine nature alors que les poulets industriels ne connaissent que des cages pendant moins de deux mois.

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L’objectif de Pierre, c’est de vivre en harmonie avec ses convictions : produire sainement, conserver la biodiversité et le rapport au concret, dynamiser nos petites campagnes, et à terme sensibiliser la population à la nature qui nous entoure. Une trop large partie de la population, enfermée dans sa voiture et ses écrans, a oublié notre lien primordial avec la terre, cela doit changer. C’est pourquoi je préfère aller chez lui à pied en 25 minutes, mais tout le monde n’a pas ma disponibilité de retraité… et une maison à la campagne.

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Une conférence au Mans sur la pollution lumineuse

A l’initiative de Sarthe Nature Environnement, le secrétaire général de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes, Pierre Brunet, est venu donner une conférence le 18 novembre 2016 à l’ENSIM (Ecole nationale supérieure d’ingénieurs du Mans) pour présenter les divers aspects de la pollution lumineuse.

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par Roger Cans

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ANPCEN-LOGO Bandeau_violet.epsLes premiers à dénoncer les méfaits de la pollution lumineuse ont été les astronomes, gênés dans leurs observations par des ciels trop éclairés. Mais ce sont aujourd’hui les naturalistes qui s’en plaignent, en constatant les méfaits de l’éclairage public sur la faune sauvage aux habitudes nocturnes. « La nuit, c’est la moitié de la vie », dit-on à juste titre. En effet, une bonne part de la faune sauvage s’active durant la nuit, et notamment à l’aurore et au crépuscule. Les réverbères allumés la nuit attirent les insectes, complètement déroutés de leurs parcours habituels, et les insectes attirent à leur tour les chauves-souris, elles aussi déroutées.

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Pierre Brunet présente alors des images tournées à New York au-dessus de Ground Zero, où deux projecteurs verticaux attirent les oiseaux migrateurs, complètement déboussolés. Il montre aussi les ponts de Lyon, inondés de lumière toute la nuit par des projecteurs. Il cite un fait peu connu : aux Pays-Bas, les serres ne peuvent s’allumer qu’à minuit pour ne pas gêner les riverains. Mais elles diffusent alors une lumière qui perturbe la vie de bien des animaux nocturnes. Il rappelle que la pêche au lamparo, très pratiquée à travers le monde, provoque chaque fois un afflux anormal de poissons qui facilite les pêches miraculeuses. La lumière naturelle, comme le clair de lune, régule les migrations verticales du plancton dans l’océan et la reproduction des coraux dans les eaux tropicales. Mais toute lumière artificielle perturbe ces cycles naturels et compromet parfois gravement la vie des animaux.

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Le conférencier évoque alors la trame verte et bleue, instaurée lors du Grenelle de 2010, et la loi sur la biodiversité promulguée l’été dernier. Cette loi ne comporte qu’une phrase sur la pollution lumineuse, en fin de paragraphe, comme pour mémoire, mais sans le moindre détail. A l’aide de cartes qui présentent les zones lumineuses de la Sarthe et les régions préservées, comme dans le Perche, il propose de mettre en œuvre une politique de corridors biologiques qui permettent aux animaux nocturnes de se déplacer sans « barrières lumineuses ».

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Et l’on aborde alors l’éclairage public, qui est de la compétence exclusive du maire. Mais ce sont les vendeurs de matériel qui emportent presque toujours la décision. Il existe une panoplie de réverbères, lampadaires et luminaires de toutes formes et de toutes puissances, mais les communes se laissent trop souvent forcer la main. Lorsque la commune décide de supprimer les lampadaires boules, qui éclairent le ciel, ils adoptent aujourd’hui les réflecteurs à LED, qui diffusent une lumière blanche très violente. Pierre Brunet présente alors des photos de l’éclairage public en Autriche et en Allemagne, beaucoup plus faible qu’en France.

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Dans beaucoup de communes, on revient maintenant à l’extinction des feux durant la nuit, et même à aucun allumage durant l’été, lorsque le jour est beaucoup plus long que la nuit. Les statistiques de la gendarmerie sont formelles : l’extinction des feux n’a aucune incidence sur les délits et diminue les accidents de circulation. On roule moins vite dans le noir.

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Procès Bolloré contre plusieurs journalistes : l’heure de l’appel

Attaqués par Bolloré pour diffamation, notre consoeur Dominique Martin-Ferrari (JNE), nos confrères de Bastamag, le journaliste Pierre Haski ainsi que des blogueurs passent en appel aujourd’hui, 1er décembre (voir le communiqué de Bastamag ici).

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par Carine Mayo

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Un procès qui pose la question de la liberté d’informer (voir ici le communiqué que nous avions publié le 31 janvier)

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Affaire à suivre sur notre page Facebook et notre compte Twitter

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Niger et Loire, fleuves de vie

Catherine et Bernard Desjeux (JNE) se sont pris de passions pour des fleuves et les régions qu’ils traversent. Le Niger et la Loire sont aucun doute ceux qu’ils fréquentent depuis le plus longtemps. Ils exposent une série de diptyques qui montrent que la vie le long des deux fleuves est finalement souvent identiques. Une bien belle expo.

par Danièle Boone

 

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Un pêcheur au Bec d’Allier (Cher) et un pêcheur sur le Niger © Catherine et Bernard Desjeux

Catherine et Bernard Desjeux sont des inconditionnels du fleuve Niger et de la Loire, alors il semble tout à fait logique qu’un jour leur soit venue l’idée de confronter des scènes de vie de l’un et de l’autre car les hommes de fleuves se ressemblent tous, les bateaux à fond plats et à voiles, aussi. Parfois ils s’éloignent de la rive pour confronter des monuments. Le château de Chambord en face à face avec la mosquée de Djenné. A première vue, c’est osé et pourtant c’est la même architecture imposante d’un pouvoir, qu’il soit royal ou religieux. Côté flore, les habitants des fleuves se trouvent confrontés aux mêmes problèmes des plantes invasives, la jussie chez nous, la salade d’eau là-bas. Lorsque les photographes s’intéressent à la faune, la correspondance est encore plus flagrante quand il s’agit de la même aigrette, l’une est en terre de nidification, l’autre d’hivernage !

 

Centre céramique contemporaine de La Borne à Henrichemont (Cher), jusqu’au 24 novembre.

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Notre terre : une journée d’échange de la France au Mali et du Mali à la France

Notre terre est une. Et l’agriculture connaît les mêmes problèmes, les mêmes dérives dans les pays du sud et dans ceux du Nord. Cette journée d’échanges organisée par le Comité d’Aide à Sangha se déroulera le samedi 19 novembre à Rambouillet.

notre-terreIl y a beaucoup de questions communes aux agriculteurs maliens et français : qualité des semences, main mise du secteur agro-alimentaire par les industriels, recul des terres agricoles par l’avancée du désert, l’étalement urbain ou l’accaparement. Ce que l’on croyait hier réservé au pays du sud est en train de devenir également un réalité en Europe.

Comment y remédier, que faire en pratique, voilà quelques-unes des questions qui ne manqueront pas d’être posées avec, sans aucun doute, des esquisses de solutions qui ne demanderaient qu’à être expérimentées à grande échelle.

Après la présentation des associations qui œuvrent au Mali, Nadine Wanono, présidente de l’association Comité d’aide à Sangha, présentera l’évolution de la société Dogon et les enjeux économiques et sociétaux auxquels cette population est actuellement confrontée.

Ensuite, deux documentaires,  Les gardiens des semences (réalisation F.Delonnay, Pérou, 2012 – production Kokopelli, 30 minutes) et Et maintenant nos terres (film de Benjamin Polle et Julien Le Net, Afrique de l’Ouest, 2015, une autoproduction, 30 min) précéderont les tables-rondes.

La première, animée par Françoise Vernet, fondatrice de la Fondation Pierre Rabhi et Présidente de Terre et Humanisme, sera consacrée aux problèmes des semences. Les participants : Ibrahima Coulibaly, président de l’organisation malienne Coordination Nationale des Organisations Paysannes, Gilles Domenech, auteur de Jardiner sur sol vivant et Fabien Perrot, directeur d’exploitation à la Bergerie Nationale.

La seconde, animée par Danièle Boone (JNE), sera consacrée à la disparition des terres agricoles. Les participants : Sophie Chapelle (JNE), Amadou Sidibe, directeur général de Sidibe Agro Techniques et Rick Vandererven du ministère de l’Agriculture, sous-direction Performance environnementale et valorisation des territoires.

Après une entracte autour d’un plat malien, place à la musique avec Djeli Moussa Condé, griot urbain aux allures de rocker.

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Samedi 19 novembre à partir de 14 h 30
« La lanterne », pôle culturel de Rambouillet

Programme

Plus d’infos : www.sanghapaysdogon.fr

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Hommage à Bella Belbéoch, noble figure de la lutte antinucléaire

Les JNE saluent la mémoire de Bella Belbéoch, pionnière de l’information indépendante sur l’énergie nucléaire, décédée le 24 septembre dernier.

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par Laurent Samuel

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Bella Belbéoch, pionnière de la lutte antinucléaire

Avec son mari Roger, mort fin 2011, Bella Belbéoch avait été pendant une trentaine d’années l’un des piliers du GSIEN (Groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire). Après avoir quitté cette ONG en 2004, Bella et Roger, tous deux physiciens nucléaires, avaient continué inlassablement à diffuser les informations sur l’atome dit « pacifique », en particulier sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl.

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Comme le rappelle Jean-Claude Zerbib, autre « vétéran » des combats contre le nucléaire, dans un beau texte mis en ligne sur le site de Reporterre, Bella Belbéoch fut l’une de toutes premières, dès le 1er mai 1986 dans les colonnes du magazine Ecologie de Jean-Luc Burgunder, à tirer la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la catastrophe de Tchernobyl.

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Ces dernières années, Roger et Bella Belbéoch avaient beaucoup travaillé sur les malfaçons des cuves et générateurs de vapeur des réacteurs nucléaires français. Leur lutte contre le mur du silence qui a longtemps régné sur ce sujet a contribué à ce que cette question soit aujourd’hui enfin débattue sur la place publique.

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Passionnée, parfois intransigeante, Bella Belbéoch était un personnage hors du commun. Même si la plupart d’entre eux ne l’ont pas connue, tous les journalistes qui nous informent aujourd’hui (avec une liberté impensable il y a 40 ans) sur les impasses du nucléaire lui doivent doivent une fière chandelle !

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Avec retard, les JNE adressent leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

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14 novembre 2016 : lancement du Parti animaliste en France

La présentation officielle s’est déroulée à Paris, en compagnie des sept fondatrices et fondateurs, et de représentants de partis animalistes d’autres pays. Celui des Pays-Bas a été créé il y a 10 ans, celui d’Espagne est très puissant. Il ne restait que la France, toujours à la traîne.

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par Marc Giraud

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parti-animalisteIl existe près d’une vingtaine de mouvements animalistes dans le monde, du Canada à l’Australie. Ces mouvements sont portés par une forte volonté publique, très majoritairement sensible à la condition animale, et se développent vite, car ils sont les seuls à répondre à cette demande sociale. Celui des Pays-Bas a été créé à cause du vide sidéral sur ces questions chez les politiques, y compris chez les écologistes. Malgré les succès du parti néerlandais, les écologistes restent d’ailleurs toujours en retard sur ces questions.

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Créé en mars 2016 et lancé le 11 novembre, ce jeune Parti animaliste est en cours de développement. Il ne se positionnera que sur les problèmes liés à la cause animale, et sera partenaire de tous les partis politiques qui correspondent à ses valeurs universelles. Il s’agit de rendre visible la question animale généralement marginalisée, et d’amener les décideurs à prendre en compte ces attentes des électeurs. Le parti français rejoint une dynamique internationale connue chez nous des seuls spécialistes, dont les différents partis se réunissent tous les ans.

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Parmi les mesures phares proposées, la création d’un ministère de la Protection animale, l’instauration d’un droit de visite inopinée dans les abattoirs, l’abolition de la corrida, du gavage, du piégeage et de la chasse de loisir, la facilitation d’admission des animaux de compagnie dans les EHPAD et autres centres d’aide, l’interdiction des mutilations pratiquées en élevage, etc. Il y a encore du boulot…

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Se préoccuper de la cause animale ne sous-entend pas délaisser les humains en détresse, et beaucoup de partis animalistes l’indiquent dans leur appellation. Un visage humain figure d’ailleurs en bonne place sur le logo du parti français. Et si vous regardez bien, il y a aussi un chat…

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Contact bureau@parti-animaliste.fr

Site www.parti-animaliste.fr
Pour plus d’infos, dossier de presse à télécharger www.parti-animaliste.fr/ressources-presse

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Alerte aux déchets en forêt de Fontainebleau

Quelque 357 tonnes de déchets ont été collectés en 2015 en forêt de Fontainebleau, contre 200 tonnes en 2014.

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par Annick Mouraret

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On recense 30 % de déchets diffus au bord des routes et aires d’accueil, et 70 % de dépôts sauvages : encombrants, déchets verts, gravats, 6 tonnes de pneus, 1,5 tonne de déchets amiantés…

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Les dépenses occasionnées par ces déchets ont encore augmenté en 2015, atteignant 200 000 euros, dont 50 000 euros pour leur seul traitement.

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L’ONF se mobilise pour sanctionner les pollueurs :
. installation d’un dispositif de contrôle photographique à certains endroits et sanctions financières ;
. limitation systématique des poubelles;
.fermeture nocturne des sites les plus sales, notamment les parkings de Franchard et de l’Epine nord ;
. recherche de partenariats pour la gestion des déchets ;
. opérations « Forêt propre » en juin.

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cahiernoir-une-2L’ONF a cessé de collecter les déchets en juin 2016, sans réactions communales. Les AFF (Amis de la forêt de Fontainebleau) ont réalisé en octobre un cahier noir pour faire prendre conscience du problème et trouver une solution efficace et réaliste. Le massif s’étend sur plusieurs communes, dont Fontainebleau ; paradoxalement, elles ne se sentent pas responsables de la propreté de la forêt, à quelques exceptions près, pour ses lisières ou les bas-côtés des routes.

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Paradoxalement aussi, l’ONF est facturé par les déchetteries pour le dépôt des ordures collectées (sauf pour les opérations « Forêt propre »), comme s’il en était responsable et reçoit une contribution financière en baisse régulière du département de la Seine-et-Marne. Cette situation est inacceptable dans une Forêt de protection au label Forêt d’exception. C’est incompatible aussi avec le souhait des collectivités locales de postuler à l’inscription sur la liste du Patrimoine mondial établie par l’UNESCO.
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Les communes doivent s’engager… Les retombées économiques apportées par les visiteurs sont évaluées à 11 millions d’euros par an. La forêt ne pourra retrouver une situation de propreté satisfaisante qu’avec une prise en charge des coûts justement répartie. Une convention pourrait lier, dans le cadre de Fontainebleau-Forêt d’exception, tous les acteurs : conseil départemental, communes, SMICTOM, ONF, associations. A suivre…

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Pour en savoir plus, lire ici un article récent du Parisien.

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Cet article paraîtra dans Paris-Chamonix, revue du Club alpin Ile-de-France, au 1er trimestre 2017.

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