Actualités nationales

Décès de la journaliste et réalisatrice Marie Hellouin

Les JNE apprennent avec tristesse le décès de Marie Hellouin, adhérente de longue date de notre association.

Marie Hellouin avait écrit ou réalisé de nombreux films sur des sujets liés à l’écologie, notamment pour l’émission Gaia de Dominique Martin Ferrari et pour Arte, comme le Futur à contre-courant, consacré à l’avenir de l’approvisionnement énergétique de l’Europe.

Longtemps fidèle des assemblées générales et autres réunion de notre association, Marie avait collaboré au magazine Ça m’intéresse, et écrivait parfois pour le site internet des JNE.

Voici le message envoyé par sa famille.

Amélie et Jean d’Hennezel ont au regret de vous faire part du décès de leur mère, Marie Hellouin le 1er décembre,
des suites d’une longue maladie. Merci de prévenir les membres de votre association. Si des membre de votre association désiraient adresser une intention à la famille, vous pouvez le faire :
    A sa fille Amélie : ameliedepanama@yahoo.fr
    A son fils Jean : autourdumonde07@yahoo.fr

 
Les obsèques de Marie seront organisées selon sa volonté, elle souhaitait être incinérée.
Pour respecter ses demandes, il y aura deux cérémonies:

Celle de la crémation qui sera totalement laïque.
Ce moment aura lieu :
Vendredi 7 Décembre de 15H30 à 16h
Crématorium du Père Lachaise,
71 rue des Rondeaux 75020 PARIS
Métro: GAMBETTA

La crémation aura lieu après la cérémonie. Nous n’y assisterons pas.
Pour ceux qui viendraient en voiture, l’accès à un parking dédié à cet effet est autorisé, il suffit de dire pour Madame Hellouin de Ménibus à l’entrée.

Une cérémonie religieuse avec une messe du souvenir, aura lieu jeudi 13 décembre à 15 h à la Paroisse Notre-Dame de L’Assomption de Passy, 88-90 rue de l’Assomption, M°Ranelagh.

Ceux qui le désirent sont les bienvenus à l’une comme à l’autre.

Sincères salutations

Les enfants de Marie Hellouin,  Amélie & Jean

 

Hommage à Roger Cans, grand journaliste et ami fidèle

Roger Cans est décédé le 27 novembre dernier. Un hommage personnel à un journaliste hors pair, qui était aussi un ami discret et fidèle.

par Laurent Samuel

Roger Cans ramassant une grenouille au marais de Cré-sur-le-Loir en 2010 © Jean-Baptiste Dumond

Précis, curieux, rigoureux, persévérant… Roger Cans avait toutes les qualités pour être un excellent journaliste. Sans oublier l’esprit critique, la solide culture générale, le refus des chapelles intellectuelles et un sens de l’humour exemplaire. Bien qu’ayant travaillé une vingtaine d’années dans le « quotidien de référence », à savoir le Monde (qu’il continuait bien après son départ à appeler affectueusement « le journal »), Roger n’avait jamais eu la grosse tête, contrairement à tant d’autres officiant dans des organes de presse moins prestigieux.

Passé à la rubrique environnement au début des années 1980 (où il avait succédé à un autre JNE, Marc Ambroise-Rendu), Roger Cans, porté par l’actualité (pluies acides, couche d’ozone, premières grandes alertes sur le changement climatique…), s’était battu avec succès pour que le Monde accorde davantage de place à ce sujet alors « émergent ». Sa gentillesse (qui n’excluait pas la force de caractère) et son sens de la convivialité faisaient qu’on ne pouvait pas se fâcher durablement avec lui, même quand il avait qualifié Brice Lalonde, alors fraîchement nommé ministre de l’Environnement, de « cosmopolite » (en référence à sa mère anglaise et à ses cousins américains), sans réaliser que ce terme était utilisé de façon codée par l’extrême-droite pour (dis)qualifier les juifs.

Membre actif des JNE depuis les années 1980, il avait participé à de nombreux voyages, congrès, colloques et autres petits déjeuners. Jusqu’à ce que la maladie l’affaiblisse trop ces derniers mois, il était l’un des collaborateurs les plus fidèles du site internet des JNE. Lors des réunions du Conseil d’administration dont il fut longtemps le secrétaire général, les membres non végans attendaient avec impatience les succulentes rillettes artisanales qu’il ne manquait jamais de nous apporter de la Sarthe !

Roger Cans n’était pas seulement un journaliste d’exception, rompu à la presse écrite ainsi qu’à l’audiovisuel (après son départ du Monde, il avait réalisé plusieurs sujets pour l’émission Gaia de Dominique Martin Ferrari), mais aussi, comme certains d’entre nous l’avaient découvert tardivement en 2014, lors de la publication de son livre Nature(s) Morte(s), édité aux éditions Grandvaux avec le concours de nos amis Catherine et Bernard Desjeux, un dessinateur et un peintre de nature de grand talent.

Toutes mes condoléances à son épouse Chantal, qui a elle aussi beaucoup oeuvré pour les JNE, à sa famille et à ses proches.

Une rencontre naturaliste avec Roger Cans

Roger Cans est décédé le 27 novembre 2018. Nous l’avions rencontré en 2015 pour faunesauvage.fr

par Jean-Baptiste Dumond

Roger Cans observe une vipère tuée trouvée sur la route © Jean-Baptiste Dumond

Quelques étapes de votre parcours de vie ?

Je viens d’avoir 70 ans. Depuis mes culottes courtes, je suis amoureux de la nature. J’habite alors à la campagne (Maule, 78), dans un grand jardin où coule la Mauldre et où ma mère élève poules, canards, lapins et même une chèvre pour le lait. Mon père, ingénieur agronome, rapporte de l’orge pour la basse-cour et fait la chasse aux rats. En classe de sixième, je découvre les sciences naturelles, une des rares disciplines scolaires qui me passionne, ainsi que le dessin. Avec les louveteaux, je pratique la pêche en mare. Dans un petit aquarium, j’élève tritons, épinoches, que dévorent un dytique et une sangsue !

Des maîtres à penser ? 

Mon premier maître, c’est  Jules Verne, que je dévore à 14/15 ans. En même temps, je participe à des sorties naturalistes que conduit un ancien chef éclaireur, qui se trouve être un collègue de mon père. Un mycologue très pointu. Avec mes jumelles et mes petits atlas Payot, illustrés par Robert Hainard, je fais de l’ornithologie de terrain entre Versailles et Chevreuse. J’apprécie beaucoup les séances de Connaissance du monde (Chasse à l’ours en Yougoslavie, Chasse à la baleine aux Açores, etc.).

Pourquoi l’animal sauvage ? 

Bien qu’initié très tôt à l’animal domestique, je préfère la faune sauvage. L’été, durant les vacances en Mayenne, je participe à la moisson. Je capture campagnols et mulots réfugiés sous les gerbes en meule, et parfois une couleuvre. J’observe les poules d’eau et les rats musqués à la queue de l’étang. Je pêche ablettes,  perches et gardons. Un été en Corse, j’observe une belette qui vient visiter régulièrement notre trou à ordures.

Si vous en étiez un ? 

Si je devais choisir une réincarnation en animal sauvage, je choisirais le fou de Bassan. Il vole merveilleusement, nage à la surface de la mer et y plonge jusqu’à plusieurs mètres pour attraper son poisson. Voler, nager, plonger, c’est tout ce que j’aime avec la marche et le vélo.

Quelques belles rencontres à relater ? 

Ma première rencontre, décisive, fut un squelette de lapin trouvé dans une haie mayennaise. J’entrepris de le monter à la seccotine, mais la colle de poisson ne tient pas à l’humidité. Je n’ai donc conservé que le crâne. Depuis ce jour, je garde les crânes, qui résument à eux seuls tout l’animal. Un été aux Sables d’Olonne, j’ai découvert un cadavre de tortue luth, exposé sous une tente, formolisé. Mon plus gros animal sauvage à portée de main. Très impressionné.

Des lieux préférés ?

Je n’ai pas de lieu préféré, car j’aime découvrir de nouveaux sites. J’ai inventorié les forêts d’Ile de France quand j’étais jeune. Adulte, j’ai exploré les fonds marins de Méditerranée en allant chaque été en Grèce, où j’ai retrouvé la tortue caouanne en train de pondre sur l’île de Zakynthos. J’ai aussi été passionné par la rencontre des « big five » en Afrique du sud, à deux reprises. Sans oublier les hippopotames et un oryctérope. En Guyane, où j’ai pu aller à plusieurs reprises, j’ai vu les tortues luth pondre sur la plage des Hattes et les ibis rouges dans les marais.

Et un lieu mythique où aller ? 

J’ai un trou dans mes visites à travers le monde : les îles Galapagos, pour côtoyer les iguanes marins, les phoques et les tortues terrestres géantes. Mais c’est un site trop couvert par le cinéma, la télévision et la presse. Mon vrai rêve serait de traquer le rhinocéros à dos d’éléphant au Népal ou en Inde. Un animal pour moi mythique, découvert par le dessin de Dürer et la dépouille présentée au Muséum. Avant qu’il ne soit trop tard…

Quelle œuvre illustre le mieux votre parcours ?

L’œuvre qui illustre mon parcours est le livre Nature(s) Morte(s), édité par Grandvaux en 2014. On y trouve un grand choix de mes dessins et peintures, réalisés depuis 1959. D’abord des oiseaux, puis des mammifères, reptiles ou batraciens, et enfin des champignons. Un hymne involontaire à la biodiversité.

Quel matériel utilisez-vous dans votre activité ? 

Mon matériel est des plus simples : un crayon, une gomme et du papier. En passant à la couleur, j’ai utilisé les boîtes à godets qu’utilisent tous les enfants, avec divers pinceaux, plus des tubes de noir et blanc. Comme je ne peins que des cadavres, je les fais chez moi, sur mon bureau, en lumière artificielle, dans un grenier aveugle. L’éclairage est donc constant. Je peins sur papier blanc, l’animal seul, sans fond. Je peins aussi sur papier noir, notamment les champignons.

Et quelle technique de rencontre avec le sauvage ? 

Pour les animaux vivants, j’observe à l’affût ou en marche. Avec mes jumelles toutes neuves, j’ai découvert le grimpereau, jamais vu auparavant à l’œil nu. Puis j’ai observé un couple de mésanges à longue queue en train de construire son nid sur le tronc d’un chêne enveloppé de lierre. Un bon observatoire : une mare en forêt. On y voit les oiseaux venir s’y désaltérer ou y prendre des bains.

Un conseil à un débutant ? 

Au débutant, je conseille les jumelles et un petit carnet à spirale pour noter les coches. Je préfère la marche, mais le vélo permet de couvrir plus de terrain et de mettre pied à terre pour ramasser une trouvaille ou contempler un spectacle. Pour ceux qui aiment dessiner, le carnet accueille aussi les croquis. On peut faire des observations à plusieurs, mais le mieux est d’être seul, pour ne pas effaroucher.

Un animal disparu revient, lequel ?

Même un être fantastique. Le pic noir, jamais vu dans ma jeunesse, est maintenant présent. La grande aigrette aussi. La tourterelle turque est tellement abondante que l’épervier s’y attaque imprudemment. Je n’ai pas assez d’imagination pour rêver d’un animal fantastique.

Une initiative envers la faune sauvage ? 

Plutôt que de nourrir les oiseaux l’hiver, pour le plaisir de les voir, je préfère aménager le jardin avec des refuges pour les hérissons ou les tritons, que je ne vois pas. Je plante des arbres et laisse le lierre y monter, pour offrir des reposoirs et des abris à la petite faune. Je participe au ramassage des batraciens qui sortent de la forêt pour se reproduire dans le marais.

Une ou des associations qui vous tiennent à cœur ?

Je soutiens les actions de la LPO, de l’ASPAS, des CPN et de mon CPIE de La Flèche. Il a obtenu l’installation (à grands frais) de onze crapauducs sous une route de Cré-sur-le-Loir (72). Il procède à des comptages très précis de batraciens et de chauves-souris, malgré l’indifférence – voire la méfiance – de la population locale.

Quelle urgence pour la vie sauvage ? 

L’urgence, pour le respect de la vie sauvage, c’est la mise en réserve d’espaces privilégiés. On ne protège les espèces que si on protège leur territoire. Une priorité : la préservation ou la replantation des haies. Et la conservation des mares.

Vous disparaissez demain, quel message laissez-vous ? 

Je souhaiterais que les Français élèvent moins de chiens et de chats de compagnie, qui n’ont plus de rôle utile. Surtout les chats, qui sont de redoutables prédateurs de la petite faune, alors même qu’ils ont des croquettes à volonté. Sans parler des oiseaux en cage, alors que leur vocation est de voler librement.

Cet article a été publié sur le site Faune Sauvage (cliquez ici pour en lire la version intégrale).

 

Comment les écologues sont-ils affectés par la notion de services écosystémiques ?

La Société Française d’Écologie et d’Évolution (SFE2) vous propose ce regard de Lucas Brunet,  chercheur en sociologie à l’Université de Tampere (Finlande) :

Comment les écologues sont-ils affectés par une notion scientifique ?
Un compte-rendu émotionnel de la notion de services écosystémiques

par Lucas Brunet

Article édité et mis en ligne par Anne Teyssèdre (SFE2, JNE)

 

Quelques ‘services écologiques’ rendus par la forêt. Les tenants du concept soulignent qu’arbres et forêts stockent du carbone (freinant ainsi le changement climatique mondial, lié à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre), modèrent par leur évapotranspiration les variations du climat local, recyclent et purifient les eaux de surface, freinent l’érosion des terres, abritent et nourrissent insectes, champignons, oiseaux et mammifères (parmi d’autres organismes), peuvent fournir du bois et d’autres ressources matérielles aux humains, contribuent à leur bien-être et à leur créativité… (Cliché A. Teyssèdre)

Remontant jusqu’à Platon et réaffirmée par Descartes, la séparation des émotions et de la raison s’inscrit dans une longue tradition philosophique qui façonne notre compréhension de la science. Considérées comme irrationnelles, intuitives, impulsives et subjectives, les émotions seraient incompatibles avec une pratique scientifique supposée logique, objective et impersonnelle. Pourtant, l’engagement des écologues dans la protection de la nature contraste avec l’image du scientifique froid et dépassionné. À la lumière de leur amour de la nature ou de leur désespoir face aux dégradations environnementales, on ne peut pas sérieusement considérer que les écologues ne sont pas affectés par leurs recherches.

Des auteures féministes démontrent que l’opposition entre émotion et raison constitue une stratégie pour marginaliser certaines formes de savoir, en particulier celui de groupes dominés comme c’est le cas des femmes[1]. Elles invitent à documenter l’entremêlement entre raison et émotion, et la manière dont les deux fonctionnent conjointement. Cette position a aussi été soutenue par le neurobiologiste Antonio Damasio (1994), qui a montré l’interdépendance entre les circuits neuronaux mobilisés par les émotions et par la raison.

Pour lire la suite de ce texte en ligne et éventuellement participer au débat qui suit, cliquez ici sur le site de la Société française d’écologie et d’évolution.

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Le décès de Roger Cans, grande figure du journalisme de nature et d’écologie en France


Notre ami Roger Cans, grande figure du journalisme de nature et d’écologie en France et pilier de notre association dont il fut pendant plusieurs années le secrétaire général, nous a quittés dans la nuit de mardi 27 au mercredi 28 novembre 2018.

par Carine Mayo

Roger Cans lors du congrès des JNE dans les Vosges en 2017 © Carine Mayo


Ancien journaliste au Monde (1) où il avait succédé à Marc Ambroise-Rendu à la rubrique environnement de 1983 à 1996, Roger Cans s’était fait connaître par ses livres sur les figures pionnières de l’écologie : Cousteau : Captain Planet (éd. Sang de la Terre), Tazieff : le joueur de feu (éd. Sang de la Terre), Théodore Monod : savant tout terrain (éd. Sang de la Terre) et par ses livres sur l’eau, La bataille de l’eau (Le Monde) et La ruée vers l’eau (Gallimard). D’une grande culture, il était passionné d’histoire et avait raconté la naissance du mouvement écologiste dans son ouvrage Petite histoire du mouvement écolo en France (Delachaux & Niestlé).

Roger était aussi un naturaliste accompli, amoureux de la forêt, qui rendait hommage aux animaux défunts en les immortalisant à travers ses peintures réunies dans un livre Nature(s) Morte(s), édité aux éditions Grandvaux avec le concours de Catherine et Bernard Desjeux et préfacé par Allain Bougrain Dubourg.

Au sein des JNE, il fut un membre actif, devenant secrétaire général dans les années 2010 et participant à de nombreux voyages dont il se faisait le conteur sur notre site. Que d’anecdotes et de rires partagés avec lui ! Avant que la maladie ne gagne du terrain, il avait retranscrit sous forme numérique ses carnets de notes des voyages JNE au Brésil, à Tchernobyl, en Sibérie, en Guyane… Son grand regret était de penser qu’il ne serait pas là pour fêter avec nous les 50 ans de notre association en 2019. Il va nous manquer, mais son souvenir et ses écrits nous accompagneront pendant cette année particulière pour l’histoire de notre association.

Ses obsèques ont eu lieu lundi matin 3 décembre 2018 dans sa commune de Saint-Jean-de-la-Motte dans la Sarthe. Vous trouverez ici le faire-part réalisé grâce au concours de Catherine et Bernard Desjeux.

Nous adressons toutes nos condoléances à sa femme Chantal, qui a également beaucoup oeuvré pour notre association, à sa famille et à ses proches.

(1) Lire ici l’hommage rendu par Benoît Hopquin sur le site du Monde. Tous les hommages des JNE sont également bienvenus.

 

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Quel avenir pour le grand tétras dans le massif vosgien ?

Quel avenir pour le grand tétras dans le massif vosgien ? C’est pour répondre à cette question que le conseil scientifique du Parc naturel régional des Ballons des Vosges a réuni une trentaine d’experts et de personnes concernées par le grand tétras le 13 novembre 2018 à Strasbourg.

par Jean-Claude Génot

Grand tétras – photo Igor Byshnev

Le dernier colloque consacré à l’espèce s’étant déroulé en 2000, il y avait donc nécessité de refaire un point sur une espèce classée « en danger critique » dans le livre rouge des espèces menacées en Alsace, qui a subi une régression de 75 % de ses effectifs dans les trente dernières années ; l’actuelle population de grand tétras étant surtout cantonnée sur le versant lorrain du massif vosgien. Un membre du conseil scientifique a d’ailleurs présenté les conclusions de ce colloque de l’année 2000. Les facteurs de déclin identifiés alors étaient la régression des habitats, le dérangement, le changement climatique et la prédation. Les gens pensaient que la tempête Lothar de décembre 1999 serait favorable au grand tétras sur le plan de la disponibilité alimentaire, mais en fait elle a renversé de très nombreux vieux arbres et les stades âgés des forêts vosgiennes, habitats très favorables au grand tétras, ont régressé.

Françoise Preiss du Groupe Tétras Vosges (GTV), association chargée de suivre l’espèce, a indiqué que la population actuelle est d’une centaine d’oiseaux, dont un peu moins de 50 coqs chanteurs (données de 2015), répartie sur une zone de 12 400 ha. Le GTV a souligné que, malgré des habitats favorables, le dérangement reste important, notamment hors sentiers. Une étude génétique des grands tétras vosgiens a montré que leur diversité génétique était la plus faible comparée à celle des populations du Jura, des Cévennes et des Pyrénées. Cette étude a également montré que certains individus sont capables d’effectuer des grands déplacements (supérieurs à 10 km), ce qui présente un risque de dépense énergétique, mais permet un flux génétique dans une population en régression qui en a bien besoin. Mais ces déplacements sont-ils liés à la biologie de l’espèce, sachant que le grand tétras est sédentaire, ou sont-ils dus de la fragmentation des habitats vosgiens ? Concernant l’influence du changement climatique, il semblerait que certains coqs aient avancé leur date de chant et de reproduction, montrant ainsi une certaine adaptation.

Place de chant abandonnée par le grand tétras dans les Vosges centrales _ photo Jean-Claude Génot

Sur le plan de la protection de l’espèce, beaucoup a été fait au travers des documents d’objectifs Natura 2000, de la directive tétras de l’ONF pour les forêts publiques et d’un programme Life. A ce jour, le quart des forêts du Parc naturel régional des Ballons des Vosges (51 000 ha) a fait l’objet de mesures favorables visant à conserver des îlots de vieux arbres, des très gros arbres dans chaque parcelle et à gérer des forêts en futaie irrégulière avec des diamètres d’exploitabilité supérieurs à ceux utilisés dans les forêts de production sans grand tétras. Des peuplements forestiers ont été inscrits en parquets d’attente, sorte de moratoire sur les coupes pendant une période d’aménagement (15 à 20 ans). Enfin, les forêts ne sont plus rajeunies sur de grandes surfaces depuis 2000. Le Parc a fait un état des lieux sur les 130 000 ha de hêtraie sapinière qui constitue la matrice forestière dans laquelle sont répartis les noyaux à grand tétras. Depuis 2000, les très gros arbres (de plus de 70 cm de diamètre) sont en augmentation. L’habitat s’est amélioré avec toutefois un bémol, celui des densités d’ongulés sauvages : sangliers et cerfs. L’agrainage des sangliers au-dessus de 800 m d’altitude entraîne une augmentation des populations, d’où des risques de prédation sur les nids du grand tétras. De même les densités élevées de cerfs ont un impact sur la régénération du sapin qui joue un grand rôle dans l’habitat du grand tétras. Le cerf réduit l’alimentation herbacée du grand tétras et le prive d’une strate protectrice vis-à-vis des prédateurs (renards, martres). Cela a été confirmé par Jean-Louis Martin, chercheur au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive du CNRS à Montpellier. Ses travaux, menés au Canada sur des îles sans cervidés et avec, montrent à quel point une forte densité de cervidés réduit fortement la diversité des plantes et, par effet en cascade, la diversité des insectes et des oiseaux. Enfin, la fréquentation humaine du massif vosgien s’est densifiée et les zones les plus attractives pour les usagers correspondent exactement aux biotopes des grands tétras.

En ce qui concerne l’influence du réchauffement climatique sur une telle espèce, boréo-montagnarde, Frédéric Jiguet du Muséum National d’Histoire Naturelle a présenté une modélisation de la distribution du grand tétras en fonction des scénarios climatiques. Si l’on en restait à une température moyenne de + 2° C en 2100, le grand tétras verrait son aire de répartition se rétracter en Scandinavie. Mais le spécialiste a rassuré les participants en affirmant que tous ces modèles sont faux, ce qui ne les empêchent pas d’être utiles. En effet un oiseau peut très bien changer sa biologie pour s’adapter à l’intérieur de son aire de répartition actuelle, mais pour notre oiseau des montagnes et des latitudes nordiques, il est permis d’en douter. Des sécheresses estivales et automnales dans le massif vosgien pourraient avoir un impact négatif sur la croissance des plantes dont se nourrit le grand tétras. Mais il existe bien des grands tétras adaptés à des climats plus méridionaux au sud de la Sierra Cantabrique en Espagne dans des forêts de chênes. Enfin, une chose importante à souligner est le fait que les espèces s’adaptent mieux aux changements climatiques dans les aires protégées qu’en dehors car en zone de protection, elles n’ont que le problème du climat à affronter.

La question des renforcements de populations à partir d’oiseaux d’élevage ou d’oiseaux sauvages a été abordée au travers de l’expérience du Parc national des Cévennes qui a lâché 600 grands tétras d’élevage entre 1978 et 1994 avec un taux de survie situé entre 23 et 60 % pour les mâles et 16 à 50 % pour les femelles. Entre 2002 et 2005, 43 oiseaux provenant d’un élevage autrichien ont été lâchés et seules 3 poules ont survécu ! Malgré ces résultats plus que mitigés, une expertise rendue par les spécialistes français du grand tétras (Bernard Leclerc, Emmanuel Ménoni et Marc Montadert) a estimé que les résultats étaient positifs au niveau de la survie des oiseaux, alors que le Parc souhaitait mettre un terme à ce projet. Il y a encore des habitats favorables dans le Parc et également sur les hauteurs de la Margeride et un renforcement serait possible, cette fois à partir d’oiseaux sauvages issus de la population pyrénéenne, estimée à 5 à 6 000 oiseaux par Emmanuel Ménoni de l’ONCFS.

Les énormes difficultés pour réintroduire le grand tétras dans la nature (à ce jour un seul projet a réussi en Ecosse) ne semblent pas inquiéter le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche qui veut se lancer dans l’aventure. Le débat entre ceux qui veulent un renforcement de la population et ceux qui misent sur l’habitat n’est pas que technique. En effet derrière chaque option se cache une conception du rôle de l’homme dans la nature et de son degré d’intervention. Le sociologue Guillaume Christen de l’université de Strasbourg a abordé ce sujet en évoquant la part d’autonomie laissée à la nature. En effet ce qui compte, comme l’aurait dit François Terrasson, ce n’est pas d’avoir des grands tétras mais c’est qu’ils soient sauvages. Trop souvent les lâchers sont accompagnés de l’élimination des prédateurs, ce qui pose des questions éthiques auxquels les conversationnistes ne doivent pas se soustraire. Mais les gens qui veulent agir pour améliorer l’habitat ne sont pas exempts de reproches sur le plan éthique avec la création de clairières artificielles et de couloirs d’envol, comme s’il fallait démontrer que le grand tétras a absolument besoin de l’homme.

Il n’y a pas eu de véritable conclusion à cette journée car il appartiendra au conseil scientifique du Parc naturel régional des Ballons des Vosges de proposer aux élus du Parc des recommandations pour la protection du grand tétras. Mais Christian Dronneau, chargé de mission de la Région Grand Est sur les questions de biodiversité, a rappelé en conclusion du débat que le grand tétras était un emblème des forêts naturelles sauvages du massif vosgien et un enjeu pour la trame verte intra-forestière qui vise à protéger les îlots de vieux arbres. Pour la Région, le grand tétras s’inscrit dans un programme intitulé « des forêts pour le grand tétras », soulignant l’importance des actions en faveur de l’habitat. Christian Dronneau a estimé que malgré tout ce qui a été fait, les résultats restent modestes en termes surfaciques. Et peut-être classe-t-on un peu vite certains habitats comme favorables en regardant la structure des forêts alors même que la diversité de leur strate herbacée laisse à désirer. Cela a d’ailleurs été souligné par Jean Poirot, représentant de France Nature Environnement, pour qui il manque un outil de mesure de la qualité de l’habitat pour le massif vosgien. Ce dernier a également proposé que les réserves biologiques domaniales créées pour le grand tétras (une quinzaine dans tout le massif) où l’espèce a disparu depuis parfois 15 à 20 ans, soient transformées en réserves intégrales et laissées en libre évolution. La balle est dans le camp de l’Etat, propriétaire des forêts domaniales, lui qui accorde très généreusement 1 % des forêts en libre évolution (îlots de sénescence et réserves intégrales) alors que l’Allemagne prévoit 10 %…

 

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Hommage au sociologue Serge Karsenty, dans les pas d’Ivan Illich

Survenu le 23 octobre dernier, le décès de Serge Karsenty, sociologue de la santé dont les travaux avaient été inspirés par la grande figure d’Ivan Illich, est passé tristement inaperçu.

Serge Karsenty, chargé de recherche honoraire CNRS sociologie

par Laurent Samuel

Chargé de recherche honoraire au CNRS, Serge Karsenty était âgé de 74 ans. Le Monde a publié un faire-part de sa famille (ci-dessous), mais n’a pas jugé utile à ce jour de lui consacrer une « nécro ».

Pourtant, Serge Karsenty avait publié en 1974 avec Jean-Pierre Dupuy un livre qui avait fait date : L’invasion pharmaceutique (éditions Seuil).

Cet ouvrage avait été inspiré par les théories sur la médecine d’Ivan Illich (1926-2002), penseur de l’écologie politique, exprimées dans de nombreux textes au début des années 1970, puis résumées dans Nemesis médicale (éditions Seuil), paru en 1975.

Résumé  de ce livre par l’auteur : « L’entreprise médicale menace la santé. La colonisation médicale de la vie quotidienne aliène les moyens de soins. Le monopole professionnel sur le savoir scientifique empêche son partage. Une structure sociale et politique destructrice trouve son alibi dans le pouvoir de combler ses victimes par des thérapies qu’elles ont appris à désirer. Le consommateur de soins devient impuissant à se guérir ou à guérir ses proches. Les partis de droite et de gauche rivalisent de zèle dans cette médicalisation de la vie, et bien des mouvements de libération avec eux. L’invasion médicale ne connaît pas de bornes. » 

Dans la foulée de cette réflexion de fond, Jean-Pïerre Dupuy et Serge Karsenty décortiquent les pratiques de l’industrie pharmaceutique. Résumé par les auteurs : « Pourquoi donc les médicaments sont-ils devenus les meilleurs alibis de notre médecine ? Parce que les malades demandent ce que les techniques médicales ne peuvent donner ; parce que les médecins ne savent plus comment démontrer leur désir d’efficacité ; parce que les laboratoires pharmaceutiques préfèrent se concurrencer dans la pseudo-innovation plutôt que de se risquer dans la vraie recherche. Dans ce système à trois acteurs, chacun est prisonnier de la solution que lui imposent tout à la fois les deux autres et des institutions sociales conservatrices. »

Au cours des années 1970, Serge Karsenty milite aux Amis de la Terre, avant d’être l’un des animateurs de la campagne présidentielle de Brice Lalonde en 1981.

Après avoir travaillé au CEREBE (Centre de recherche sur le bonheur), il entre au CNRS en 1978 comme chargé de recherche. Dès les années 1980, il se spécialise dans l’évaluation des politiques publiques sur les drogues et toxicomanies, publiant notamment en 1992 avec Albert Hirsch le Prix de la fumée (éditions Odile Jacob). Serge Karsenty avait reçu la Médaille d’honneur du CNRS le 22 janvier 2010. Depuis de nombreuses années, il exerçait ses activités à Nantes au sein de la Faculté de droit.

L’auteur de ces lignes l’avait revu pour la dernière fois en avril dernier, lors de la soirée organisée en mémoire de la défenseure des océans Nicole Aussedat (membre des JNE), avec laquelle Serge Karsenty avait travaillé lors de la campagne Lalonde en 1981. « A simple twist of fate » (un simple coup du destin), comme le chantait Bob Dylan.

On souhaitait par ce texte rendre hommage à un homme modeste, dévoué et chaleureux, et à un sociologue dont la réserve naturelle l’a empêché sans doute d’occuper un premier rôle que la qualité de ses travaux aurait mérité.

Toutes nos condoléances à sa famille, ses amis et ses collègues.

En conclusion, on vous présente l’un de ses derniers retweets.

 

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Près de 400 rassemblements à travers la France pour les coquelicots et contre les pesticides de synthèse

Près de 400 rassemblements ont eu lieu dans toute la France vendredi soir 5 octobre pour protester contre l’utilisation des pesticides de synthèse.

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« Répondant à l' »Appel des coquelicots » contre les pesticides de synthèse, de nombreux petits rassemblements ont fleuri au soir du vendredi 5 octobre dans plusieurs villes de France, notamment à Caen, Lyon, Vannes, Rennes ou Paris, résume le site de RTL. Quelque 375 rassemblements devant des mairies, dans toute la France, étaient annoncés sur les réseaux sociaux, pour demander la fin des pesticides, dans la foulée d’un appel relayé par Charlie Hebdo en septembre. »

« Les organisateurs envisagent de reconduire ces rassemblements le premier vendredi de chaque mois à 18 h 30 devant les mairies ou sur les places principales des villes et villages », indique encore le site de RTL. « « On s’est lancé dans une course de fond qui devrait durer deux ans pour obtenir 5 millions de soutiens », avait dit le journaliste spécialiste de l’environnement Fabrice Nicolino (NDLR membre des JNE), grièvement blessé lors de l’attaque jihadiste contre Charlie Hebdo en 2015, à l’origine de cet appel (NDLR avec François Veillerette, lui aussi membre des JNE). L’appel a pour l’instant récolté près de 246.000 signatures.

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Voici le texte de l’appel.

Le vendredi 5 octobre à 18 h 30, les signataires de l’Appel des Coquelicots (lire notre article ici) se retrouvent devant les mairies de leurs villes et villages. Ça va swinguer, coquelicots à la boutonnière ! Il y aura des instruments de musique, des chorales, des verres de vin, de champagne et d’orangeade, des cris d’enfants, des sonnettes de vélos, des tambours et des casseroles, des clowns de toute sorte. Juré, on va s’amuser et faire du bruit.

N’oubliez pas de prévenir la presse locale, d’enrôler les pêcheurs à la ligne, les mamies du club de scrabble, les pongistes, les pompiers bénévoles, les chefs cuisiniers, étoilés ou non, les amoureux, les fous de musique classique, sans oublier les écorchés vifs. Bien sûr, on se congratulera d’être déjà si nombreux, en se donnant rendez-vous le mois suivant, car tout recommencera 23 fois au total, soit les 24 mois de durée de notre Appel. N’oubliez pas les appareils photos.

Seulement, il faut s’organiser. Une page Facebook est désormais consacrée à l’événement et relaiera vos propres pages consacrées à l’évènement. Sur le site de l’Appel, nous avons mis en ligne une carte évolutive qui permet de suivre le nombre de villes engagées dans l’action (visible ici). Mais il nous faut de TOUTE URGENCE des volontaires, qui deviendront les correspondants locaux et régionaux du 5 octobre et des rendez-vous suivants. Vous pouvez nous écrire à coquelicots@nousvoulonsdescoquelicots.org, en précisant vos nom, prénom, commune, département, mail et n° de téléphone.

Assez parlé, on agit. Tous ensemble, on va gagner.

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Le 5 octobre à 18 h 30, les signataires de l’Appel des Coquelicots se retrouvent devant les mairies de leurs villes et villages

Amis des coquelicots, les affaires sérieuses commencent.

Le vendredi 5 octobre à 18 h 30, les signataires de l’Appel des Coquelicots (lire notre article ici) se retrouvent devant les mairies de leurs villes et villages. Ça va swinguer, coquelicots à  la boutonnière ! Il y aura des instruments de musique, des chorales, des verres de vin, de champagne et d’orangeade, des cris d’enfants, des sonnettes de vélos, des tambours et des casseroles, des clowns de toute sorte. Juré, on va s’amuser et faire du bruit.

N’oubliez pas de prévenir la presse locale, d’enrôler les pêcheurs à la ligne, les mamies du club de scrabble, les pongistes, les pompiers bénévoles, les chefs cuisiniers, étoilés ou non, les amoureux, les fous de musique classique, sans oublier les écorchés vifs. Bien sûr, on se congratulera d’être déjà si nombreux, en se donnant rendez-vous le mois suivant, car tout recommencera 23 fois au total, soit les 24 mois de durée de notre Appel. N’oubliez pas les appareils photos.

Seulement, il faut s’organiser. Une page Facebook est désormais consacrée à l’événement et relaiera vos propres pages consacrées à l’évènement. Sur le site de l’Appel, nous avons mis en ligne une carte évolutive qui permet de suivre le nombre de villes engagées dans l’action (visible ici). Mais il nous faut de TOUTE URGENCE des volontaires, qui deviendront les correspondants locaux et régionaux du 5 octobre et des rendez-vous suivants. Vous pouvez nous écrire à coquelicots@nousvoulonsdescoquelicots.org, en précisant vos nom, prénom, commune, département, mail et n° de téléphone.

Assez parlé, on agit. Tous ensemble, on va gagner.

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Nous voulons des Coquelicots : appel à la résistance pour l’interdiction de tous les pesticides

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Cent citoyen.nes anonymes de tous horizons, partout en France lancent, ce 12 septembre 2018, un Appel solennel Nous voulons des coquelicots. Soutenus par de nombreuses ONG et des personnalités et grâce à l’élan impulsé par Fabrice Nicolino, journaliste à Charlie Hebdo (et adhérent des JNE), ils demandent l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

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Voici le texte de cet appel :

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.
Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.
Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides* en France. Assez de discours, des actes.

* de synthèse

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Dans cette interview accordée au site de l’Obs, Fabrice Nicolino nous explique les raisons de cet appel.

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A l’occasion de la sortie de cet appel, Charlie Hebdo publie un numéro spécial pesticides.

Pour l’occasion, les journalistes de la rédaction de Charlie Hebdo se sont coupés les cheveux pour les faire analyser. Résultat : ils sont tous contaminés, parfois par jusqu’à 50 types de pesticides différents.

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Pour signer cet appel et pour plus d’informations : https://nousvoulonsdescoquelicots.org/

Qui sont les initiateurs de cet appel ?
Un groupe de bénévoles sans argent, composé d’une quinzaine de personnes, parmi lesquelles une directrice de crèche (retraitée), des décorateurs, une étudiante, une céramiste, deux paysans, une enseignante, une psychanalyste, des membres d’ONG, deux journalistes. Nous avons créé dans l’urgence une association, Nous voulons des coquelicots, dont le président est Fabrice Nicolino.
L’Appel est lancé par ces bénévoles et les 100 premiers signataires, hommes et femmes «anonymes», résidant partout en France, ayant des professions aussi diverses qu’artisan, coiffeur, responsables des ventes, agent immobilier, ouvrier, enseignant, infirmier, maraicher, photographe, instituteur, vétérinaire etc.

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