Actualités internationales

WeOcean, un projet pour protéger le 6e continent

WeOcean est un projet passionnant créé grâce à Leslie Bissey, jeune océanologue formée dans le sillon de Jean-Michel Cousteau’s Ocean futures en Polynésie française. Depuis son retour en métropole, Leslie, accompagnée de Léa et David, a décidé de naviguer sur les flots de la connaissance à la rencontre des savoirs faire Océan pour protéger le 6e continent.

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par Michel Cros

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WeOcean project est le 1er ambassadeur de la mer et entend bien révolutionner les esprits Océan, comme le dévoile Leslie dans son manifeste artistique !

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LB MANIFESTE ARTISTIQUE

La mer est cette bouffée d’oxygène, élément indispensable à l’essence même de la vie et son horizon un objectif jamais atteint mais toujours ciblé pour avancer.

Photographier la nature est un art subtil que j’exerce pour retranscrire ce que je ressens en sa présence, écrire permet de compléter ma vision et de laisser exprimer l’inspiration.

Photographier, c’est rencontrer les éléments avec respect mais aussi apprendre à les observer pour mieux les appréhender et les illustrer.

Exposer est une façon de partager ces instants et de donner une chance à l’éternité.

Je suis imprégnée de liberté, celle que l’on acquiert dans la patience, l’expérience, avec son corps, son esprit, en gardant ses valeurs et en respectant ses convictions. Je garde sans cesse en tête cette idée que là-bas, sur la mer, derrière cet horizon, ma vie, mes espérances, ma liberté, seront comblés. Je sais que je dois y aller.

Alors, dans la recherche du bonheur et de ma juste place dans ce monde, j’avance, petit à petit vers un rêve, celui de voguer sur cet élément qui m’est si cher et d’essayer d’y ajouter la goutte d’espoir et de conviction à l’évolution vers un futur plus respectueux de cette planète bleue.

Je ne pensais pas que photographier puis écrire se révèleraient si puissants. Il y a une harmonie de l’expression, un ressenti de l’équilibre que rien ne pourra perturber.

Lorsque je photographie la vie marine, je la partage dans une utilité. Elle m’aide à prendre conscience de la richesse et de la diversité des espèces, à savourer leur beauté puis à partager.

Photographier, c’est libre de droit et d’idée, c’est un moment qui arrête le temps. Plonger, c’est respirer, comme un besoin au quotidien.

Partager, c’est la continuité de l’engagement.

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Pour en savoir plus :

 weoceanproject@gmail.com 

http://weoceanproject.com/

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COP 23 : a-t-on le droit de rester optimiste ?

Les ONG sont dans leur rôle de ne jamais se satisfaire des avancées onusiennes. C’est d’ailleurs peut-être grâce à cette « pensée unique », souvent relayée par une majorité de journalistes, que la pression reste maintenue sur les Etats.

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Plaidoyer des Iles Fidji pour rester ambitieux pour les générations futures lors de la séance plénière du 15 novembre 2017 de la COP 23 de Bonn

Mais une vision des choses peut en cacher une autre. Il y a eu de réelles avancées durant ses jours 15 jours de la COP23 à Bonn en Allemagne.

Rappels des objectifs de cette COP 23

Il s’agissait de poursuivre le travetats-Unisail de la COP 22 à Marrakech : la mise en oeuvre de l’Accord de Paris, le plus gros traité de l’ONU quasi-universel (seuls les USA ne l’ont pas signé), de 2015. Il a fixé l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 2° C alors qu’actuellement, on se dirige vers un réchauffement catastrophique de 3° C.

On a dit cette COP très technique. C’est vrai :

  • Elle n’était pas ouverte au grand public. Son accès était limité aux Etats et aux représentants de la société civile : ONG, entreprises, syndicats, associations, peuples autochtones, collectivités …
  • Les Etats ont travaillé sur différents points pour préparer la future COP 24 de Pologne à Katowice. En 2018, les Etats sont censés présenter les efforts qu’ils ont fait, qu’ils sont prêts à faire et leur budget alloué. C’est le fameux dialogue de facilitation de Talanoa. Tout l’enjeu est d’atteindre l’objectif Zéro Gaz à Effet de Serre (GES) en 2050.
  • Les négociateurs ont travaillé également sur la mise en place de règles afin de vérifier les efforts de chacun, avec un principe de non-régression : ceux qui s’engagent, ne peuvent pas faire moins que l’année suivante.

Que l’on ne se trompe pas, cette COP était technique mais pas ratée, elle a connu des avancées. Et les grandes annonces seront prévues pour la future COP 24 de Pologne, en 2018.

L’urgence à agir, tous les voyants sont au rouge

Nous sommes aujourd’hui sur une trajectoire qui nous mène vers un réchauffement climatique de 3degrés.  Cela s’est accéléré depuis 2015. Il faut donc viser comme objectif de ramener le réchauffement climatique à 1,5° C. Pour ça, le calendrier des actions est fixé sur deux horizons : stabilisation des GES d’ici 2030 et division par deux (par 4 pour les pays riches comme la France, c’est le facteur 4) d’ici 2050, si on ne veut pas perdre le contrôle du climat.

Que retenir de positif de la COP 23 ?

  • Au niveau agricole, ça fait 6 ans que les Etats n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur de nouveaux modèles. On sait que les pesticides, l’élevage intensif et l’industrie agro-alimentaire représentent un tiers des gaz à effet de serre. Ca y est, un accord a été trouvé, ainsi que des financements, pour aller notamment vers l’agro-écologie et renforcer la sécurité alimentaire. C’est une sacrée évolution des mentalités, alors que jusqu’à maintenant, on se concentrait uniquement sur le problème des énergies fossiles.
  • Une autre évolution des mentalités : on fait enfin le lien entre commerce et changement climatique. C’est nouveau. Certains accords sont climaticides. C’est pourquoi la France demande que les négos en cours au niveau du CETA (accords transatlantiques censés faciliter le commerce entre l’Europe et le canada) prennent en compte la transition écologique. Et que les futurs accords avec le Japon et le Mercosur reconnaissent la supériorité du droit environnemental sur le droit commercial, selon l’Accord de Paris. L’idée est qu’à terme, un accord de commerce ne puisse pas accélérer l’émission de gaz à effet de serre.
  • Le Suisse Bertrand Piccard a annoncé la création de l’Alliance Mondiale pour les Solutions Efficientes avec à ses côtés, le Prince Albert II de Monaco. On se souvient, il avait fait le tour du monde avec son avion solaire Solar Impulse. Il a décidé de recenser plus de 1000 technologies propres dans le monde et de les soutenir financièrement. On peut déjà poster son projet sur son site http://www.solarimpulse.com
  • Une forte mobilisation américaine, des villes et des Etats, malgré la position de Trump de se retirer de l’Accord de Paris. Elles ont créée une plate-forme  : Centre d’action climatique des Etats-Unis. Et plus généralement, elles étaient plus de mille à venir du monde entier le 2e week-end, pour exprimer des revendications, transmises ensuite aux négociateurs. Leur souhait : relever l’ambition des plans climat de chaque pays. En parallèle, ça permet aux villes et régions de renforcer leurs coopérations dans ce domaine.
  • La Déclaration des droits et des devoirs de l’humanité est de plus en plus reconnue. Elle a été lancée à la COP 21, elle est portée par Corinne Lepage et de plus en plus de pays, de villes, d’entreprises la signent. Cette déclaration réaffirme le lien entre l’humain et l’environnement.
  • Les pays du G77 se sont sentis entendus (coalition de 77 pays en voie de développement) grâce à cette présidence assurée par les Iles Fidji, même si certains trouvaient qu’ils manquaient de fermeté dans les négociations et les revendications. D’ailleurs, il a été annoncé que les Iles Fidji devraient garder la main sur ce dialogue de Talanoa tout au long de 2018, y compris pendant la COP 24, en tandem bien sûr avec la Pologne qui prendra la présidence au 1er jour de la COP 24. En effet, le maintien du leadership fidjien sur le dialogue de Talanoa (plutôt que la transmission à la Pologne) est considéré par beaucoup de pays comme une garantie de plus grande ambition pour ce dialogue.
  • Il y a toujours autant d’enthousiasme du côté de la société civile (les associations, les entreprises, les ONG, les peuples autochtones). Chaque pavillon des différents pays rivalise d’imagination en terme de décoration et d’animation. Ils organisent beaucoup de conférences, d’évènements culturels. L’objectif est que tout le monde se croisent, présentent leurs expériences, tissent de nouvelles relations. Car on sait que 70 % des changements viendront des territoires et de la société civile.
  • Du côté des pays industrialisés, on a vu que la France et l’Allemagne ont pris le leadership sur les questions du climat. C’est assez rare que sur des COP techniques, des chefs d’Etats se déplacent. Or Emmanuel Macron et Angela Merkel étaient présents mercredi dernier.
  • La Chine et l’Inde ont décidé d’accélérer les investissements dans les voitures électriques.
  • Et pour la première fois, une coalition de 25 pays a été créée pour étudier la fin des centrales à charbon dans le monde. C’est un vrai challenge, face aux puissants lobbys de nombreux pays qui pour l’instant freinent sur ce point, notamment la Pologne qui accueille la COP 24 l’année prochaine.

Ce qui reste à faire

  • Accélérer la recherche de financements, pour faire face à la déforestation qui continue et pour soutenir les Etats les plus vulnérables. On craint une nouvelle tension entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement. On sait qu’il faut trouver 100 milliards d’euros par an. On n’y est pas du tout. Le Fonds Vert, qui a recueilli une promesse de dons de 10 milliards, commence à être distribué aux pays du G77. Mais certains experts qui tentent d’accompagner ces Etats, soulignent le problème de la corruption localement, qui détourne les fonds.
  • Organiser la fermeture des centrales à charbon extrêmement polluantes. De nombreuses manifestations ont eu lieu d’ailleurs en Allemagne, dénonçant son modèle de centrales à charbon. L’année prochaine, la COP 24 aura lieu en Pologne, qui a également de nombreuses centrales du même type et qui est assez réfractaire à remettre en cause son modèle. L’accueil de la 24e COP fera peut-être bouger les lignes.
  • Bettina Laville, qui dirige le Comité 21 et qui suit les COP depuis 23 ans, constate également que les Etats ne sont pas allés assez vite dans la préparation de la COP 24.  Les Etats doivent mettre les bouchées doubles dans les 12 prochains mois.
  • Certaines grandes entreprises ont été dénoncées par les ONG, comme le Groupe AXA, qui détient tout de même 848 millions de dollars en actions et obligations dans des entreprises développant les centrales à charbon (rapport Les Amis de la Terre France). BNP Paribas a également été dénoncée par le Réseau Action Climat. On voit que les entreprises, malgré un puissant greenwashing, ne sont pas toujours de bonne foi.
  • Trois millions d’euros annoncés par Nicolas Hulot le 16 novembre pour financer des technologies propres via la plateforme : http://www.monprojetpourlaplanète.fr

 

Qu’attendre du Sommet du climat le 12 décembre 2017 à Paris ?

Ce Sommet interviendra 2 ans après la signature de l’accord de Paris, 20 ans après le protocole de Kyoto, le premier qui annonçait la nécessité de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Selon des journalistes rencontrés à la COP 23, l’idée de ce sommet aurait été glissée à l’oreille d’Emmanuel Macron, par le patron de la Banque Mondiale, au printemps dernier.

L’objectif est de :

  • se concentrer sur l’aspect du financement pour aider les Etats les plus vulnérables et de mobiliser davantage le secteur privé.
  • en off, renforcer le leadership d’Emmanuel Macron sur les questions du climat et de faire revivre le « Make our planet great again », lancé par le président le 1er juin lors du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris.

Ce sommet se déroulera du 12 au 14 décembre à La Seine Musicale, sur l’île Seguin (Hauts-de-Seine) et s’articulera autour des allocutions de dirigeants et de personnalités, de la présentation de projets innovants et de la tenue de quatre tables rondes toutes orientées vers les problématiques financières : comment soutenir la transition énergétique des territoires, avancer vers l’économie bas carbone et l’adaptation au changement climatique, mobiliser les financements publics, verdir la finance privée ?

Comment était l’ambiance sur place à la COP ?

Au sein de la COP, on a senti beaucoup d’énergie. Clairement, il y avait 2 groupes, celui des négociateurs et celui de la société civile. Ils se croisaient de temps en temps bien sûr.

Dans les salles des négociations, c’était très sérieux, les journalistes ne pouvaient pas assister aux réunions. Il y avait les salles plénières où intervenaient les ministres ou les présidents, comme ça a été le cas mercredi 15 novembre avec Emmanuel Macron.

Entre le site des négociations et le site de la société civile qui regroupe les ONG, les pavillons nationaux, les entreprises, les peuples autochtones, il y avait près de 20 mn de déplacement. Certains ont trouvé que cela compliquait les relations entre les négociateurs et les acteurs de la société civile.

Qu’en ont pensé les habitants de Bonn ? 

Nombreux sont ceux qui étaient ravis que cet évènement se passe chez eux. C’est une ville nostalgique du temps où elle était la capitale de l’Allemagne de l’Ouest. Avec la réunification, la ville a perdu beaucoup de ministères, les ambassades et une aura internationale. Aujourd’hui, ses principales activités sont celle des télécoms, des activités de quelques ministères et du siège allemand de l’ONU.

Ses habitants sont par ailleurs très sensible aux questions de la pollution et du changement climatique. A quelque 60 km de Bonn, près d’Aix-la-Chapelle, se trouve une des plus importantes mines de charbon à ciel ouvert, dévastatrice pour l’environnement. Elle a déjà déplacé des villages entiers et émet beaucoup de gaz à effet de serre.

Il paraît donc primordial de faire remonter auprès du grand public des annonces positives de la COP 23 car n’oublions pas  : « 100 % du public est au courant du réchauffement climatique. Seuls 10 % se mettent en action. Il faut convaincre les 90 % restants » (Hervé Pignon, directeur régional Hauts-de-France de l’Ademe)
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A voir pour découvrir les coulisses de la COP 23 : les vidéos du Youtuber Vincent Verzat et Facebook Partager c’est sympa.

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Cet article a été d’abord été publié sur le blog DD-Lab
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COP 23 : Une demi-victoire pour les pays en développement

Les négociations des nations unies  sur les changements climatiques ont pris fin ce matin 18 novembre 2017 avant 7 h sur fond musical fidjien. Ces négociations de deux semaines se sont éternisées, comme d’habitude, pour établir un compromis entre pays développés et en développement. Pas facile. Récit.

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par Houmi Ahamed-Mikidache

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La mise en oeuvre de l’accord de Paris comporte plusieurs éléments : l’adaptation et l’atténuation, à travers les contributions nationales, les pertes et dommages, l’adaptation, le fond d’adaptation, la finance, le transfert des technologies, la transparence, le soutien, et le renforcement des capacités. La plupart de ces éléments ont été pris de façon isolée à travers un dialogue facilitatif établi pendant la COP 21, poursuivi à Marrakech pendant la COP 22, puis à Bonn cette année, avec la présidence fidjienne, et le dialogue de Talanoa, une conversation entre pays du nord et du sud pour atteindre  les objectifs de 1,5° C sur du long terme.

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Le dialogue de Talanoa

« Nous avons  rempli notre mission : avancer les lignes directrices de la mise en oeuvre de l’accord de Paris et nous avons aussi preparé les actions d’ambitions pour le dialogue de Talanoa en 2018 », a affirmé le Premier ministre des îles Fidji et Président de la COP 23, Frank Bainimarama. Pour ce dernier, de nombreux aspects positifs ont marqué cette COP : la communauté internationale a épousé le concept fidjien de grande coalition pour de meilleures ambitions en intégrant les gouvernements nationaux, les Etats et villes, la société civile, le secteur privé et toutes les femmes du monde.

« Nous avons lancé un partenariat global pour permettre à des millions de personnes vulnérables aux changements climatiques d’avoir accès à une assurance », a déclaré le Président de la COP 23. Selon lui, cette Conférence des Nations Unies sur le Climat a mis en avant la population. Elle a permis aux personnes non expertes sur les changements climatiques de participer aux négociations. Avec pour objectif  : montrer au monde qu’il existe des personnes souffrant des changements climatiques tous les jours.

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Ce qui a été accompli

Samedi, 2 h 40 du matin, le groupe de négociateurs africains sort encore une fois d’une des salles de négociations et cette fois-ci, ils sont ravis : « Nous avons résolu la question sur le fonds d’adaptation et celle sur l’article 9.5 »,affirme l’ambassadeur Nafo du Mali, président du groupe des négociateurs africains. Les décisions adoptées précisent qu’il y aura des modalités de mises à dispos ition des ressources financières  mobilisées à travers des interventions publiques en lien avec l’article 9 de l’accord de Paris.

L’article 9.5 de l’accord de Paris explique que les pays développés doivent communiquer de façon biennale des informations indicatives, quantitatives et qualitatives liées au financement de l’adaptation et de l’atténuation.

Autre point résolu : la question des pertes et dommages. Mais, cette fois-ci  les ministres  ne sont pas intervenus selon Seyni Nafo : « Le programme sur 5 ans est passé : il va y avoir un forum annuel, il va y avoir un dialogue des experts sur la finance, sur le soutien et un groupe de travail sur la question des migrations sera mis en place. »

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Aller et retour

La nuit dernière a été marquée par de nombreux va-et-vient des délégués. Et cela s’est poursuivi jusqu’à l’aube. A 3 heures du matin, la République d’Equateur, au nom du Groupe 77+Chine (134 pays), a exprimé ses inquiétudes sur les engagements pré-2020 que doivent respecter les pays développés. Les délégués ont encore une fois quitté la salle plénière. Et, à 5 h du matin, la République Démocratique du Congo, au nom des 52 pays de la Coalition des Nations à Forêts Tropicales Humides, émet une autre objection : « Nous avons perdu l’opportunité de conclure une bataille pour la REDD+ et par la même occasion de faire gagner les îles Fiji : nous regrettons que les consultations de haut niveau n’aient pas eu lieu plus tôt », déclare Tosi Mpanu Mpanu, qui est aussi le chef de la délégation de la République démocratique du Congo, situé donc dans le bassin du Congo, le deuxième poumon du monde après l’Amazonie.

Pour le négociateur congolais, le secteur forestier ne doit pas être ignoré, parce qu’il contribue  à la réduction de gaz à effet de serre. M. Mpanu Mpan a aussi exprimé sa déception sur plusieurs notions liées aux efforts de la Coalition qu’il préside pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en voulant intégrer les acteurs non étatiques dans les négociations. Il a aussi listé les différentes difficultés au niveau procédurier pendant les deux semaines de négociations.La Coalition des Nations à Forêts Humides Tropicales a aussi exprimé son soutien sur la déclaration du groupe 77 et la Chine sur les  engagements pré-2020 des pays développés.

Le groupe des négociateurs africains a lui aussi appuyé la déclaration du Groupe 77+Chine et aussi exprimé son mécontentement concernant le manque d’action accélérée pour la période pré-2020. « L’amendement de Doha, une décision du protocole de Kyoto, n’est toujours pas mis en œuvre et les moyens de mise en œuvre des pays en développement régressent », explique l’ambassadeur Nafo.

Perspective

Finalement, avant 7 h du matin,  le Président de la COP donne ses conclusions,  après que tous les délégués aient pris la parole, notamment l’Union Européenne (qui a encore une fois affirmé cette année vouloir ratifier l’amendement de Doha), les Petits Etats Insulaires en Développement, l’Australie, les Pays les Moins Avancés, l’Iran, le Mexique, le Perou, et la société civile qui avait évoqué plus tôt dans la journée le déséquilibre des actions de réduction de gaz à effet de serre entre les pays développés et en développement.

Point résolu : la question des pertes et dommages. Mais, cette fois-ci  les ministres ne sont pas intervenus selon Seyni Nafo.« Le programme sur 5 ans a été adopté : il va y avoir un forum annuel, il va y avoir un dialogue des experts sur la finance, sur le soutien et un groupe de travail sur la question des migration sera mis en place », fera remarquer plus tard le chef des négociateurs africains dont le mandat s’est terminé à l’issue de cette COP.*

Pour la présidence de la COP 23, cette conférence des Nations Unies pour le climat est cependant un succès. « Nous quittons Bonn avec de remarquables réalisations : l’initiative sur la préservation des océans, l’accord historique sur l’agriculture, le plan d’action sur les femmes, les décisions en faveur des autochtones et des populations locales et nous nous sommes assurés d’obtenir plus de sécurité financière pour le fonds d’adaptation : je suis d’ailleurs heureux de voir que le fonds d’adaptation serve l’accord de Paris, précise le Président de la COP 23. Toutefois, pour les négociateurs africains, les 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour le financement des plans d’action nationaux semblent difficiles à atteindre, même si cette question, qui devrait faire l’objet de discussions poussées en 2018, a été évoquée lors de consultations et dialogues parallèles. «  Cela restera une chimère », a lancé un négociateur africain sous couvert d’anonymat.

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La présidence du groupe de négociateurs africains revient cette année pour deux ans à l’Egypte.

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Cet article a été publié sur le site ERA Environnement.

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Gestion des déchets : une poubelle dorée pour le pain à Alger

A Alger, les restes de pain, parfois des baguettes entières non entamées, qui sont habituellement jetés mêlés aux ordures ménagères, font maintenant partie de la liste des déchets comme le papier, le carton, les emballages en matière plastique… à collecter de manière sélective, le fameux tri.

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par M’hamed Rebah

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Une poubelle est réservée au pain, de couleur jaune vers le doré, comme la sienne. Elle est posée bien en vue, dans des rues de la capitale, et porte l’indication « pain» , en arabe et en français. Dans la campagne d’explication et de sensibilisation organisée en ce moment par une association de protection de l’environnement en partenariat avec la wilaya d’Alger, des enfants, dépliants illustrés en main, sont chargés d’apprendre aux adultes à jeter le pain dans la poubelle « jaune» en montrant sa photo sur le dépliant.

Ces enfants accompagnés et encadrés par des jeunes, sont transportés dans un bus à dominante verte, référence à la nature et à l’écologie, portant le slogan « Pour une ville propre ». Il parcourt les artères de la capitale et s’arrête sur les lieux de passage très fréquentés pour permettre aux membres de l’association de rencontrer les citoyens et faire leur travail de sensibilisation sur la protection de l’environnement, mais, en fait, exclusivement sur le thème des déchets ménagers.

Le bus « écologique » stationne parfois sur le trottoir, avec le moteur en marche, ses vibrations ne semblent pas déranger les enfants et les jeunes, vêtus d’un tee-shirt vert et d’une casquette du même ton, entièrement pris par leur travail d’explication avec les passants. Les gaz qui s’échappent du bus, qui brûle le carburant le plus polluant qui soit, le gas oil, n’interpellent aucun de ces petits acteurs de l’écologie ni leur encadrement.

Ils sont également indifférents aux « autres » atteintes à l’environnement, comme les nuisances sonores provoquées tout autour d’eux, par les klaxons et les sirènes de voitures spéciales, les coups de sifflets incessants, les vociférations de gens qui ne savent parler entre eux qu’en hurlant, et toutes sortes de bruits qui empoisonnent le cadre de vie urbain. A quelques mètres, sous leurs yeux, le montage d’une scène sur le trottoir d’en face, pour une soirée dite « musicale », annonce l’affreux tapage nocturne qui va empoisonner la vie des riverains dès le soir. Mais le plus important pour les « voyageurs » du bus écologique est que les gens comprennent que « le pain doit être jeté dans la poubelle qui lui est affectée ».

Il est clair que cette « campagne » de sensibilisation manque de préparation et qu’elle servira à remplir un bilan où sont notés des chiffres qui traduisent le nombre de personnes rencontrées, le nombre de quartiers visités et peut-être le nombre de km parcourus par le bus, mais il n’y aura jamais la quantité de carburant gaspillé quand le moteur continue de tourner alors que le bus est à l’arrêt (pendant une heure ou deux) et encore moins la quantité de polluants rejetés par ce bus et respirés par les enfants.

La crédibilité de toute l’opération s’en ressent et son résultat aussi. Les gestes éco-citoyens se font attendre et la gestion des déchets ménagers ne sort pas de l’impasse. Cette campagne se passe à Alger. Dans d’autres villes de l’intérieur, la protection de l’environnement est traitée directement en liaison avec les exigences posées par l’amélioration du cadre de vie quotidien des citoyens. A El-Bayadh, dans le sud-ouest du pays, à près de 600 km de la capitale, une vaste campagne de lutte contre les nuisances sonores a été menée le mois dernier par les éléments de la police chargés de la voie publique, nous a appris une dépêche de l’APS. « Elle s’est soldée par la mise en fourrière d’une cinquantaine de motocyclettes qui pétaradent à longueur de journée sur les artères principales de la ville. Il s’agit de la seconde opération du genre menée dans ce sens vers la fin du premier semestre qui s’est achevée par la mise en fourrière de plus de 120 mobylettes ». A Alger, les motos « pétaradent » aussi à longueur de journée, et même la nuit, en toute liberté comme si elles étaient non concernées par les lois qui punissent les fauteurs de bruit (loi sur l’environnement et code de la route, en attendant la nouvelle loi sur la santé).

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Cet article a été publié dans La Nouvelle République (Alger) du mercredi 8 novembre 2017.

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Comment voyager de manière responsable à Cuba ?

Cuba, qui a inscrit l’écologie dans sa constitution, a créé des Parcs nationaux dans lesquels les visiteurs, par leur nombre restreint, ne nuisent pas à la protection des espèces végétales ou animales ayant justifié leur instauration.

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par Jean-Pierre Lamic

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Ecomobilité pour écotouristes à Cuba – photo Corinne Bazin

Ce pays possède bien des particularités propres et uniques, dues à son système politique particulier, avec pour principales conséquences :
– Une organisation étatique du secteur touristique, et
– Un système de double monnaie difficile à comprendre pour un étranger.
Comment dans ces conditions est-il possible de participer à une certaine redistribution des revenus touristiques vers les Cubains eux-mêmes ? Et faire en sorte que l’État ne perçoive pas la totalité des devises provenant du secteur ? Le tout en parfaite légalité au sein du pays.

Que se passe-t-il la plupart du temps, voire toujours ?

1er cas de figure : un opérateur de voyages achète un package touristique organisé par une agence cubaine.

Et ce, que le circuit se réclame d’un tourisme conventionnel ou d’« aventure ».

Les prestations sont alors toutes fournies par des structures étatiques, même, lorsque certaines nuitées s’effectuent dans des casas particulares (1) (une possibilité très récente, car il y a peu, seuls les voyageurs individuels y avaient accès).

2e cas de figure :  des personnes n’utilisant pas les services d’une agence louent un véhicule, réservent des hôtels, dorment en chambre d’hôte, mangent dans des restaurants d’État ou des paladars (2) (privés).

Considérant que :
Les deux seules compagnies de location de voitures (trois avec Gaviota) appartiennent à l’État;
Les hôtels sont soit propriété de l’État, soit des joint-ventures avec au moins 51 % des parts qui restent cubaines. Leur gestion est confiée à des chaînes hôtelières étatiques;
Les Maisons d’hôtes et paladars affichent leurs prix en devises ; c’est-à-dire qu’ils facturent leurs prestations à des tarifs environ dix fois supérieurs à ce que payerait un Cubain en monnaie nationale pour des repas et prestations identiques.

Ces maisons d’hôtes et paladars appartiennent à des personnes qui ont pu mettre leur demeure au niveau d’un confort exigé par la clientèle internationale, donc aux habitants les plus aisés.

Par conséquent, on voit bien que l’argent dépensé par les visiteurs arrive soit dans les caisses de l’État, soit dans les poches de la frange la plus riche des Cubains.

Alors direz-vous ; nous sommes bien loin des concepts régissant, ailleurs, la notion de tourisme responsable.

Oui et non, à la fois.

Non parce que l’État cubain réinvestit massivement cet argent dans ses services publics de haut niveau, améliore ses réseaux d’adduction d’eau potable et d’assainissement, a réorganisé ses centrales électriques, ses hôpitaux, la téléphonie mobile et Internet, dont l’ensemble profite aux habitants. Les transports publics sont en voie d’amélioration en dépit de manques encore importants.

Oui, parce que la plupart des Cubains ne profitent pas de la manne touristique par le fait qu’eux vivent majoritairement et principalement avec leur monnaie nationale et n’ont pas un accès direct aux devises dépensées par les touristes.

Et que donc, pour que l’argent de ceux-ci profite aux Cubains les plus modestes, il conviendrait que les étrangers achètent leurs fruits, cafés, et denrées de base, en pesos cubains, ce qui est tout à fait possible et légal, contrairement à une idée largement et faussement répandue par la presse touristique, guides de voyage en tête !

Voilà pourquoi voyager de manière responsable à Cuba n’est pas si simple, et est très peu développé.

Ce qui est certain, c’est qu’aucune agence de voyages de quelque sorte que ce soit, n’apporte une quelconque plus-value en matière de tourisme responsable…

Et que très peu de voyageurs font vivre directement des Cubains par leurs voyages, sauf à enrichir un peu plus les potentats locaux qui détiennent les maisons particulières et paladars

Cuba : centre d’écotourisme construit en 1960 – photo Jean-Pierre Lamic

L’exception – il en existe toujours – est représentée par les sites que l’État a confiés, pour leur gestion, à des communautés, dans des zones d’écotourisme reconnues, comme Las Terrazas ou la Caverne de Santo Tomas… Là, les populations locales en profitent réellement !

Voici encore un particularisme de Cuba : in fine, c’est l’État cubain lui-même, qui applique le mieux les principes de l’écotourisme !

Depuis 1994, le tourisme a été totalement réorganisé dans l’île, et si l’on parle généralement du tourisme de masse développé pour la survie du pays dans des zones restreintes et isolées3, on oublie de saluer le travail d’Ecotur.

Cette structure, en collaboration avec Gaviota, organise des séjours et visites dans les espaces protégés, nombreux dans tout le pays. Et ici, il n’existe pas de sur-fréquentations !

Tout est fait pour que le territoire ne reçoive pas plus de visiteurs qu’il ne peut en tolérer.

Cuba est en effet l’un des très rares pays au monde où la capacité de charge ou d’accueil d’un Parc national ne peut être dépassée, et où les constructions, intégrées au paysage, sont conçues pour ne pas recevoir un nombre de personnes supérieur à ce qui a été défini au préalable par des scientifiques.

Urubu à tête rouge – Cuba – photo Corinne Bazin

En résumé, Cuba, qui a inscrit l’écologie dans sa constitution, a créé des Parcs nationaux dans lesquels les visiteurs, par leur nombre restreint, ne nuisent pas à la protection des espèces végétales ou animales ayant justifié leur instauration.

Dans ces Parcs, des guides bien formés à l’écologie, et diplômés, œuvrent à l’information du public, dans un rôle de médiateur indispensable à la compréhension des espaces visités.

Il existe donc un écotourisme bien organisé à Cuba ! Il permet au voyageur curieux, prenant le temps de s’immerger dans l’île, de découvrir un environnement bien préservé, unique et original.

Ce n’est pas l’image qui est généralement donnée au tourisme dans ce pays !

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Jean-Pierre Lamic est l’auteur de Cuba 1988-2017 Voyages en immersion au cœur d’un Pays Controversé, paru aux Éditions Kalo Taxidi en août 2017.

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Note de Laurent Samuel, rédacteur en chef du site des JNE : selon Reporters sans Frontières, Cuba est « année après année le pire pays d’Amérique latine en matière de liberté de la presse. Le décès de Fidel Castro en 2016 n’a pas changé la donne : le régime castriste, au pouvoir depuis 1959, maintient un monopole quasi-total de l’information et ne tolère aucune voix indépendante. Arrestations et détentions abusives, menaces, campagnes de dénigrement, confiscation de matériel et fermeture de sites web sont les formes les plus courantes d’un harcèlement permanent, renforcé par un arsenal de lois restrictives ». voir https://rsf.org/fr/cuba

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(1) Maisons d’hôtes.

(2) Restaurants privés.

(3) Les Cayos sont des îlots déserts qui ont été reliés à l’île principale par des jetées artificielles, parfois longues de plusieurs dizaines de kilomètres.

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Gestion des déchets en Algérie : une poubelle intelligente en projet à Oran

Le 8e Salon international des énergies renouvelables, des énergies propres et du développement durable (Era), qui s’est tenu à Oran du 23 au 25 octobre 2017, a permis, comme ses éditions précédentes, à la fois, de faire le point sur les capacités nationales dans ces domaines, et de donner aussi, cette année encore mieux, la mesure des potentialités qui s’affirment.

par M’hamed Rebah

Inauguration du 8e Salon international des énergies renouvelables, des énergies propres et du développement durable (Era) – Oran, 23-25 octobre 2017

La présence des jeunes et des étudiants a été remarquable comme exposants, dans les stands de leurs micro-entreprises, de l’Université des sciences et de la technologie Mohamed Boudiaf et de l’Ecole polytechnique Maurice Audin. Ils ont également constitué une bonne proportion parmi les milliers de visiteurs qui ont fréquenté durant les trois jours le Salon Era, organisé par Myriade Communication. Leur forte participation est significative de l’intérêt des jeunes algériens pour les énergies renouvelables, déjà noté en d’autres occasions. Il suffit de rappeler qu’à l’Ecole nationale polytechnique d’Oran Maurice Audin (ENPO-MA), le cours inaugural de la rentrée 2017-2018, présenté par le Professeur Khiat Mounir, a porté sur « énergies renouvelables: état des lieux et perspectives ».

Des étudiants du Laboratoire de Fabrication FabLab de l’ENPO-MA ont obtenu le prix du meilleur impact sociétal, avec la Poubelle Intelligente (Probelle), et le prix du meilleur produit de l’année 2017, grâce à leur Détecteur Intelligent de Gaz, dans le cadre de la compétition Injaz El Djazair 2017. Présente au 8e Salon Era, une micro-entreprise, appelée Clean Touch, créée cette année dans le cadre d’Injaz El Djazair par des étudiants de l’ENPO-MA, s’est spécialisée dans la gestion intelligente des déchets urbains. C’est elle qui a mis au point le concept innovant de la poubelle intelligente destinée à faciliter la gestion des déchets qui, de plus en plus, prend les dimensions d’une mission impossible dans la plupart des villes algériennes. La poubelle intelligente fait le compactage des ordures pour en réduire le volume et élimine les odeurs. Les jeunes dirigeants de cette entreprise ont l’ambition d’aider les gestionnaires des villes à collecter les déchets et à réduire les coûts opérationnels en éliminant les prises de commandes inutiles, en fournissant des itinéraires de collecte dynamiques et des horaires pour une optimisation complète des opérations de collecte. Ils expliquent que l’optimisation des trajets et des horaires de collecte des déchets est basée sur des données chronologiques en temps réel. Des analyses prédictives permettent de prendre judicieusement des décisions préalables.

Selon eux, cette solution intelligente de logistique de gestion des déchets réduit la fréquence de collecte d’une manière considérable, ce qui permet d’économiser le carburant, la main-d’œuvre et les coûts d’entretien des parcs. Son but : répondre au besoin pressant exprimé par les Algériens de voir leurs villes plus propres et plus saines. Les jeunes dirigeants de Clean Touch font remarquer que « dans les zones à forte concentration de population, une génération rapide de déchets conduit très souvent à un débordement des poubelles et à des rues très sales ». La solution qu’ils proposent « permet au personnel de collecte de déchets d’être informé des niveaux de remplissage en temps réel et de recevoir des notifications de débordements de déchets ».

Autre avantage de cette solution intelligente : « un minimum de camions de collecte en circulation et des temps de collecte plus courts, d’où une réduction de l’émission de gaz à effet de serre, de la pollution sonore et de la surcharge des routes ». La poubelle intelligente est dotée d’un panneau solaire pour son alimentation en énergie et d’un système de localisation et de commande à distance. Les jeunes qui ont exposé au Salon Era ou l’ont visité ne semblent pas découragés par les échecs de la démarche des pouvoirs publics dans la gestion des déchets ménagers ni par les hésitations dans la réalisation du programme national des énergies renouvelables. Apparemment insensibles au sempiternel débat sur le mauvais « climat des affaires », qui sert parfois de prétexte pour justifier l’inaction, les jeunes promoteurs se déclarent, pour leur part, motivés par la volonté de servir l’Algérie, et laissent percevoir dans leurs paroles et leurs comportements, qu’ils ont bien l’intention de bousculer les mauvaises habitudes et de ne pas se laisser piéger par la routine des aînés.

Cet article a été publié dans La Nouvelle République (Alger) du lundi 30 octobre 2017. M’hamed Rebah a assuré la partie cycle de conférences (préparation et modération) du Salon sur les énergies renouvelables, énergies propres et développement durable (Oran, du 23 au 25 octobre 2017). Des informations sur ce salon sont sur www.era.dz

 

Plan d’action du gouvernement algérien : l’écologie en fragments

Evacué par la fenêtre, le gaz de schiste revient par la porte, porté par le vent de la crise économique et financière qui frappe l’Algérie.

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par M’hamed Rebah

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Dans le plan d’action du gouvernement algérien adopté par l’Assemblée populaire nationale (APN), jeudi 21 septembre 2017, l’écologie est «éparpillée» en plusieurs fragments: la préservation de l’environnement, le développement des énergies nouvelles et renouvelables, les ressources en eau, les forêts, le cadre de vie en milieu urbain. Chaque «fragment» est traité à part. On trouve quelques lignes sur la préservation de l’environnement, pour rappeler que « des progrès substantiels ont été accomplis » et qu’il faut poursuivre cet effort. La part est plus grande pour « les énergies renouvelables et les énergies nouvelles »; le gouvernement entend « poursuivre leur promotion sur la base de programmes publics destinés à inciter les opérateurs privés à investir dans ce créneau ».

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Le gaz de schiste est curieusement collé aux énergies renouvelables et nouvelles dans le cadre de la transition énergétique qui est citée parmi les objectifs du « nouveau modèle économique de croissance ». La transition énergétique, selon le plan d’action du gouvernement, consiste en « la sécurisation et la diversification des ressources énergétiques, grâce notamment, à la promotion de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables » et aussi à « la promotion des énergies fossiles non conventionnelles ».

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Toutefois, prudence, le gouvernement n’envisage pas l’exploitation du gaz de schiste, mais sa prospection « qui nécessitera plusieurs années de recherche et d’évaluation et qui sera menée dans le strict respect de l’environnement et de la santé de la population ». Dans le même esprit, il y aura un « effort particulier d’explications et de vulgarisation en direction de l’opinion publique ». Cette démarche prudente est certainement dictée par les leçons tirées des premiers forages, en février 2015, à In Salah, dans le sud du pays, qui avaient provoqué une violente réaction de la population locale. Les opposants au gaz de schiste avaient gagné la bataille de la communication dans l’opinion publique grâce à leurs solides arguments écologiques portés par les réseaux sociaux.

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Si le gaz de schiste revient dans le plan d’action du gouvernement, c’est parce que la crise financière que traverse l’Algérie constitue un contexte défavorable à la prise en charge des problèmes écologiques. L’environnement n’est pas cité parmi les axes principaux du plan d’action du gouvernement et les « changements climatiques au niveau mondial » sont évoqués en rapport avec « la sécurité de la population et de l’agriculture en disponibilité d’eau à moyen et long termes », ainsi que les contraintes accrues en matière hydrique liées au fait que l’Algérie est située en zone semi-aride et du fait également de l’augmentation de la population, « déjà projetée à 50 millions d’habitants à l’horizon 2030 ».

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Le plan d’action du gouvernement n’a pas traduit de façon significative la nouvelle disposition de la Constitution qui reconnaît aux Algériens le droit à un environnement sain. Pourtant la Constitution est, avec d’autres documents officiels, un des référents du plan d’action. Dans le Préambule de la Constitution, le modèle économique et social est décrit comme « une économie productive et compétitive dans le cadre d’un développement durable et de la préservation de l’environnement » et son article 17 bis est une transcription du concept de développement durable : « l’Etat garantit l’usage rationnel des ressources naturelles ainsi que leur préservation au profit des générations futures. L’Etat protège les terres agricoles. L’Etat protège également le domaine public hydraulique ». L’accent mis sur l’amélioration du « climat des affaires », pour encourager les investissements porteurs de croissance économique alors que les questions écologiques sont plutôt sous-estimées, peut mener à des écarts par rapport aux exigences du développement durable. Il y a également le risque de revenir à la «situation environnementale alarmante» décrite dans le programme du gouvernement adopté en…janvier 2000, qui avait consacré un long chapitre à « la préservation de l’environnement » avec une série d’objectifs dont la plupart sont, 17 ans après, toujours d’actualité.

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Cet article a été publié dans La Nouvelle république (Algérie) du 28 septembre  2017

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Climate Chance : déclaration commune et mobilisation exceptionnelle des acteurs non étatiques à Agadir

Franc succès pour le cru 2017 Climate Chance à Agadir, au Maroc.
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par Dominique Martin Ferrari

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Le sommet Climate Chance à Agadir en septembre 2017 – photo Dominique Martin Ferrari

Passés les couacs inhérents au « badging » et les surchauffes internet, les trois jours de rencontres ont été des plus fructueux. L’accueil de la région de Souss n’a pas fait mentir les traditions d’hospitalité marocaines, et malgré les 5000 inscrits (et un peu moins de présents) on a pu apprécier cette réunion à taille humaine sans rapport avec la folie des COPs.

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Quel était l’enjeu ?

Les acteurs non étatiques : collectivités territoriales, syndicats, secteur privé et public, jeunes, femmes…tentent depuis quelques années de se faire entendre , et mieux encore, à faire reconnaître leur message par les Etats qui sont les signataires des grands accords mondiaux sur le climat. Certes, l’étape COP est indispensable pour formaliser, légiférer, officialiser les engagements à échelle mondiale. Mais il faut tant de temps pour tomber d’accord que pendant ce délai, le réchauffement s’accélère. « Nous n’avons plus le temps », ont rappelé les orateurs lors de l’ouverture. Des élus ont donc jugé pertinent de créer des ponts entre tous ces acteurs non étatiques et de rassembler leurs actions pour plus d’efficacité.

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Faire des ponts. La route fut longue

Dès avant Copenhague en 2010, la CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis) et d’autres associations d’élus se préoccupent du sujet et tentent d’organiser les réseaux de collectivités. D’autres vont plus loin. Parmi eux, le sénateur Ronan Dantec, alors en charge du projet Nantes ville verte. Il veut créer un lieu où les acteurs non étatiques se retrouveraient. La démarche fut construite à Nantes avec Ecocity, en septembre 2013. Mais le texte final défendant spécifiquement la ville durable est d’abord mal reçu à New York au siège de l’ONU, puis les signatures affluent.

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Ronan Dantec (à g.) – photo Dominique Martin Ferrari

Le premier sommet climat et territoires à Lyon est un succès. On ne peut parler d’une vision claire des participants, mais « c’est une auberge espagnole où chacun trouve son bonheur. Tous ceux qui ont envie de dire quelque chose d’intéressant peuvent venir », précise Ronan Dantec. N’hésitant pas à expliquer : « On s’est inspiré d’Ecocity Montréal en 2011, d’Ecoville de Casablanca, initiative des élus africains où l’on avait assisté à un bouillonnement et à l’expression commune des acteurs. »

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Nous sommes à la fin d’un cycle, le lobby COP ne peut plus suffire.

Au lendemain de la COP 21, l’association Climate Chance est créée. Moins confortable pour les acteurs habitués au lobbying classique, les acteurs non étatiques peuvent y parler aux financiers, échanger en direct : le directeur de la Caisse des dépôts parle avec un universitaire lillois, Mestrallet (ex PDG d’Engie) discute avec les maires des communes marocaines et les conseille sur le montage financier de leurs projets. Ce type de lobbying n’existe pas à la COP, où la Banque mondiale reste maîtresse du jeu.

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Qu’en sortira-t-il ?

L’objectif des acteurs non étatiques est de devenir des associés au texte de facilitation de 2018. Texte qui selon l’accord de Paris devra analyser et évaluer les efforts d’atténuation, préciser les règles du jeu d’un nouveau système en vue de renégocier en 2020 les insuffisances et l’aggravation des phénomènes.

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Les acteurs de Climate Chance veulent délivrer des messages, travailler ensemble dans le cadre de coalitions thématiques en vue de structurer leurs échanges et de renforcer leurs actions climatiques concrètes et ainsi, mieux peser dans les débats ; ils espèrent en particulier renforcer les actions partout et dans tous les secteurs au sein des coalitions afin d’influer l’ambition pré-2020. La présence de Maria Spinoza, présidente de la CCNUCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques), a conforté l’importance de la réunion : « son équipe va regarder l’appel final », espère Ronan Dantec. Les acteurs français seront également un lobby fort, réuni le 10 décembre à Paris avant le sommet climat prévu par le président Macron le 12.

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C’est devant une salle pleine – ce qui est rare dans une réunion de clôture – et alors qu’une réunion de la CCNUCC avait démarré que fut lue dans l’enthousiasme la Déclaration d’Agadir de quatre pages rappelant tous ces espoirs. Les femmes, les jeunes toujours relégués ont apprécié d’y tenir une place dès le préambule.

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En conclusion, la championne marocaine du climat Hakima El Haité est venue secouer une dernière fois l’auditoire : « Avant, l’Afrique portait toute la misère du monde, sécheresse, manque de nourriture, sols épuisés… Aujourd’hui, les pays riches sont confrontés aux mêmes catastrophes liées au réchauffement climatique. Que l’on soit un pays dit plus développé ou que l’on soit le plus pauvre, la nature ne fait pas de concessions. »

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Le Sommet Climate Chance à Agadir

La 2ème édition du Sommet Climate Chance aura lieu du 11 au 13 septembre à Agadir (Maroc).

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Le Climate Chance sera l’un des événements clés pour les acteurs non étatiques du climat en 2017 (3000 participants de 60 pays prévus).

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Le programme est mis à jour quotidiennement sur le site internet du Sommet à l’adresse suivante :

http://climatechance-2017.com/programme/

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Jean-Luc Fessard (JNE) y animera un atelier sur le tourisme durable, le mardi 12 septembre de 13 h 30 à 15 h avec une quinzaine d’acteurs marocains.

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Des nouvelles des lynx lâchés dans la forêt du Palatinat

Luna, Kaja, Lucky et les autres lynx lâchés sont suivis à la trace grâce au GPS.

par Jean-Claude Génot

 

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Luna (femelle), Kaja (femelle) et Lucky (mâle) proviennent des Carpates slovaques : ils ont été lâchés l’un après l’autre le 30 juillet 2016 au nord de la forêt du Palatinat (Waldleiningen), en Allemagne, à environ 40 km de la frontière avec les Vosges du Nord.

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Ils portent un collier émetteur GPS qui avec la batterie pèse entre 300 g et 500 g selon le sexe, soit moins de 2 % du poids des lynx. Ce collier coûte 2000 € et il est fabriqué au Canada. Le GPS enregistre la position de chaque lynx (localisation à 2 m près) et l’envoie par SMS sur l’ordinateur des responsables du suivi. Quand la batterie est vide, le collier se détache lui-même. Si le signal du GPS est défectueux, il y a un émetteur VHF qui peut prendre le relais. Sur une zone plate, le signal VHF porte sur 1 à 1,5 km en zone plate et sur 500 à 600 m en pente.

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Les localisations GPS dépendent des animaux, de 3 à 4 points par jour à 8 à 10 points par jour. Le pointage indique la température, l’altitude et l’heure. Si plusieurs points sont rapprochés la nuit ou tôt le matin, c’est que le lynx a tué une proie. Si plusieurs points sont proches le jour, c’est que le lynx est dans son gîte diurne. Le lynx est actif surtout de la tombée de la nuit au matin. Enfin, le collier GPS n’est pas équipé pour connaître le rythme d’activité du lynx. Mais il y a une alerte si aucune activité n’est détectée au bout de 12 heures. Dans ce cas il est prévu qu’une déléguée à la protection de la faune sauvage du parquet de Kaiserslautern alerte la police qui peut dépêcher des experts pour venir enquêter.

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Les trois lynx se comportent de manière indépendante mais leurs chemins se croisent régulièrement. En journée, ils fréquentent la forêt et durant la nuit ils s’aventurent en zone ouverte. Les lynx traversent les routes. Leur proie principale est le chevreuil. Des cadavres ont déjà été identifiés, ils avaient été consommés plusieurs jours par les lynx.

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En octobre 2016, Lucky a attaqué des brebis et des chèvres dans deux parcs non entièrement clôturés ou non électrifiés. Ces parcs sont situés dans des vallées étroites en plein milieu forestier. Ils ont été immédiatement protégés par une clôture électrique et l’éleveur a été dédommagé pour ses pertes : 4 jeunes chèvres et 9 agneaux (3 tués et 6 disparus). Ce parc est situé actuellement dans le territoire de Lucky et de Rosa, une autre femelle.

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En janvier 2017, Lucky et Kaja ont fréquenté le même territoire et les mêmes endroits puis entre le 17 et le 20 février, ils ont passé du temps ensemble et se sont accouplés. Dix semaines plus tard, Kaja, âgée de 4 ans, a réduit ses déplacements. Le gîte de mise bas n’a pas été contrôlé pour protéger les animaux. Après deux semaines Kaja a déménagé vers une autre tanière. Ce changement de tanière permet au lynx d’éviter des infestations parasitaires et d’attirer l’attention avec trop d’empreintes. Quatre semaines après la naissance, les petits ont été pesés (1 et 1,3 kg) et ont été équipés de puces électroniques pour les identifier, ils étaient dans une petite cavité rocheuse. Pendant 9 semaines après la naissance, ils sont nourris au lait maternel puis ensuite ils suivent leur mère jusqu’à la proie qu’elle a capturé. Ils resteront avec leur mère environ 10 mois.

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Michael Back avec Bodo – photo JC Génot

Luna, après son lâcher, a fait une excursion vers l’est en direction de Neustadt et Ramberg ; puis en décembre 2016, son collier n’a plus envoyé de données. En avril 2017, un promeneur a vu un lynx équipé d’un collier émetteur, or il s’agissait d’une zone où n’étaient ni Lucky ni Kaja. L’équipe Life a cherché des traces de Luna avec des chiens capables de détecter des pistes de lynx. Les chiens ont retrouvé les sites de repos du lynx et des poils qui, après analyse génétique, ont permis d’identifier Luna. Michael Back, membre de l’équipe Life et chasseur, a entraîné deux chiens pour suivre les traces de lynx. Il y a Bodo, un rouge de Hanovre, qui cherche la trace au bout d’une laisse et Emile, un fox terrier, qui va seul sur le terrain mais qui revient chez son maître s’il a repéré quelque chose. Ces chiens sont entraînés à ne pas attaquer le lynx. L’entraînement a lieu une fois par semaine. On utilise deux à trois poils de lynx, on appelle cela le procédé « micro quantité ». Pour les empreintes, on utilise une chaussure à trace. Le chien utilise cette empreinte pour s’orienter. Le lynx n’ayant aucune glande au niveau des pattes, il ne laisse pas d’odeur au niveau du sol.

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Souvent les chiens détectent les crottes, mais ce qui intéresse Michael Back, c’est la présence du lynx. Le chien doit donc détecter la moindre trace ou odeur et Michael récolte le moindre poil. Bodo et Emile sont des chiens qui recherchent le gibier blessé mais désormais leur entraînement les conduit à effectuer 40 à 50 recherches de lynx par an. En mission, les chiens ont également un collier GPS et Michael peut leur parler à distance pour les encourager ou leur indiquer un lynx spécifique car un chien peut distinguer les traces de plusieurs lynx. Ainsi les chiens permettent de retrouver des proies, des poils, des empreintes ou des griffures et de contrôler les lieux de passage d’un lynx : au-dessus d’un grillage pour franchir une autoroute, en dessous ou par un passage à faune. Pour ce travail fantastique mené par ses chiens, Michael leur offre une récompense : des caresses à Bodo et une peluche à Emile !

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Arcos (mâle de 25 kg), capturé en Suisse, est lâché le 7 mars 2017 sur le même site que les 3 premiers lynx. Après sa capture, il a été placé comme les précédents dans une station de quarantaine pour un examen de santé approfondi puis mis dans une cage pour le transporter vers la forêt du Palatinat. En deux semaines, Arcos a parcouru 130 km, soit 10 km par jour. Il a quitté la forêt du Palatinat vers l’est et a franchi une autoroute (A65). Puis il est parti vers le nord et a traversé deux autoroutes (A6 et A63) avant de bifurquer vers le sud.

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Après trois semaines, Arcos a parcouru 260 km. Il s’est dirigé vers la France et a traversé des cours d’eau et il est peu probable qu’il ait franchi ses cours d’eau à chaque fois sur un pont. Arcos a traversé les milieux ouverts et contourné les Vosges du Nord puis s’est dirigé vers les Vosges du Sud à hauteur de Gérardmer. Ce type de grand déplacement (335 km depuis le site de lâcher) lors d’une réintroduction n’est pas rare pour certains animaux à la recherche d’un territoire.

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Lâcher de Bell le 5 avril 2017 – photo SNU Martin Greve

Bell (femelle de 18 kg), capturée en Suisse, est lâchée le 5 avril 2017 à Waldleiningen. Ce lynx est né en 2013 et a eu 4 jeunes en 2015. Bell s’est d’abord orientée vers le nord, a traversé une autoroute (A63) et fait un détour en plaine du Rhin en milieu ouvert puis elle a rejoint la forêt du Palatinat. Elle a emprunté des ponts et des passages souterrains pour traverser des autoroutes et l’éco pont créé spécialement pour la faune sauvage au-dessus d’une autoroute (A6).

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Rosa (femelle de 18 kg), capturée en Suisse, est lâchée le 13 avril 2017. Elle s’est dirigée vers le sud et elle est en contact avec le territoire de Kaja et partage une partie du territoire de Lucky.

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Cyril (mâle de 18 kg et âgé de 6 ans), capturé en Slovaquie en mars et placé dans un enclos de quarantaine, est lâché le 22 avril 2017. Il s’est alors orienté vers l’Est, entre Bad-Durkheim et Ludwigshafen, dans un paysage de cultures et de forêts où il a trouvé suffisamment de ressources alimentaires et de cachettes pour se réfugier. Cyril est resté un certain temps dans la zone protégée Maudacher Bruch de Ludwigshafen et s’est ensuite dirigé au Sud-Est du Vieux-Rhin de Neuhofen, d’où il a franchi le Rhin à la nage, six semaines après son lâcher. Après avoir franchi le Rhin, Cyril a utilisé une étroite forêt riveraine, entourée de zones urbaines, de routes et d’autoroutes. Etant donné que les lynx mâles ont besoin de territoires allant de 100 et 400 km², pour avoir, à long terme, suffisamment de proies, il était probable que Cyril poursuive son exode plus loin dans le Bade-Wurtemberg. Actuellement, dans le Bade- Wurtemberg, seuls quelques individus mâles sont présents dans le Sud de la Forêt Noire, dans le Jura souabe et dans la vallée du Danube. Ces animaux proviennent du Jura suisse ou du Nord-Est de la Suisse, comme cela a pu être démontré pour certains individus au cours des années précédentes. Il est connu que les mâles en recherche d’un territoire approprié et de congénères pour la reproduction, sont capables de parcourir de longues distances. A cause de l’absence de femelles, aucune population n’a pu se développer jusqu’à présent dans ce Land.

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De ce fait, Cyril n’aurait pas pu rejoindre une population de lynx, ni rencontrer une femelle, même à grande distance. Comme les zones environnantes étaient également peu favorables au lynx, la Fondation, avec l’autorisation du Ministère du milieu rural et de la protection des consommateurs du Bade-Wurtemberg et d’autres autorités compétentes, a organisé la capture du lynx et son retour vers la forêt du Palatinat. Cette action a été conduite en coopération avec l’Institut Forestier de Recherche du Bade-Wurtemberg, les acteurs locaux et les chasseurs. La capture a eu lieu dans la nuit du 19 au 20 juin, près d’un chevreuil tué par Cyril. Après son arrivée sur le lieu du lâcher dans la forêt du Palatinat, le lynx a aussitôt été libéré. Dans le Palatinat, il a accès à quatre femelles qui ont aussi été lâchées dans le cadre du projet de réintroduction.

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En juillet 2017, Arcos est toujours dans les Vosges du Sud à hauteur de Gérardmer. Les six autres lynx sont dans le Palatinat et se répartissent sur une distance de 43 km entre le centre et le nord-est du Parc naturel de la forêt du Palatinat.

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