Actualités internationales

Le très discret guépard du Sahara

Voici un article sur le guépard au sud de l’Algérie, publié dans La Nouvelle République (Algérie) du lundi 2 janvier 2017.

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par M’hamed Rebah

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Laurie Marker, fondatrice et directrice exécutive du CCF (fonds pour la conservation du guépard), avec un guépard – photo CCF

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Très rarement visible dans la nature, le guépard a fait irruption dans les médias, remplissant colonnes et écrans après l’alerte lancée par le Fonds pour la conservation du guépard (CCF, fondé en 1990, basé en Namibie), à propos du risque de son imminente extinction.

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La sonnette d’alarme a été tirée dans un rapport intitulé Le déclin mondial du guépard et ce que cela signifie pour la conservation, écrit par le Dr Laurie Marker, fondatrice et directrice exécutive de CCF, et le Dr Anne Schmidt-Kuentzel, directrice adjointe de la santé animale et de la recherche de CCF, et publié dans le journal Proceedings de la National Academy of Sciences.

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L’état des lieux dressé concernant la population restante de guépards réduite à 7 000 en Afrique et un petit nombre de moins de 50 en Iran, a amené le CCF à revendiquer le passage du statut des guépards d’espèce « vulnérable » à « espèce menacée ».

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Les médias qui ont rapporté l’information ne font pas état d’une référence à l’Algérie, mais les écologistes algériens et plus particulièrement les spécialistes du guépard se sentent certainement directement interpellés. En mars 2016, dans une déclaration au site d’informations Huff Post Maghreb, Abdelkader Benkheira, directeur de la protection de la faune et la flore à la Direction générale des Forêts, a confirmé la présence du guépard sahélo-saharien (Acinonyx jubatus hecki) dans les massifs du Tassili N’Ajjer et du Hoggar, au sud du pays, tout en rappelant qu’il est classé en « danger critique ». Si les effectifs de la population des guépards du Sahara déclinent dans son aire globale (bande sahélo-soudano-saharienne), ils sont par contre, a-t-il fait remarquer, en augmentation en Algérie. Il s’appuie sur « les inventaires d’organismes nationaux et internationaux qui montrent que la plus forte concentration de la population du guépard sahélo-saharien se trouve dans notre pays ».

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Guépard sahélo-saharien (Acinonyx jubatus hecki) – photo Wikipedia

En 2012, déjà, des spécialistes du félin de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) avaient relevé que « l’Algérie et le Tchad supportent la plus grande majorité des guépards de cette région, comprenant plus de 88 % de l’aire de l’habitat de l’espèce ». Ils estimaient leur nombre en Algérie à 38.

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Abdelkader Benkheira a donné quelques indications sur leur localisation dans le désert de Tanazrouft et le Tassili N’Ajjer qui offrent l’eau, le gibier et la quiétude qui sont « les conditions optimales pour la vie et la reproduction des guépards ». Mais ils sont aussi dans d’autres régions du Sahara, a-t-il ajouté sans plus de précision.

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On comprend sa prudence, le guépard du Sahara est l’une des espèces les plus menacées d’Afrique du Nord. A l’échelle internationale, il figure sur l’annexe I de la CITES à laquelle l’Algérie a adhéré en décembre 1982 et il a été intégré dans la liste rouge des espèces en danger d’extinction par l’UICN en 2001. En Algérie, la loi sur la chasse de 2004 le protège et l’article 3 de l’ordonnance du 15 juillet 2006 l’a inscrit, avec la gazelle dorcas, en tête de la liste des espèces animales menacées de disparition. Sa chasse est interdite. L’infraction est punie d’une peine d’emprisonnement d’un an à deux ans et d’une amende de cent mille dinars (environ 850 euros) à trois cent mille dinars (environ 2500 euros). En cas de récidive, la peine est portée au double.

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Plusieurs institutions algériennes sont mobilisées pour sa protection et sa réhabilitation. Une opération de conservation de l’espèce dans les régions du sud (Tamanrasset et Illizi) a été mise en place dans le cadre du programme UICN de l’Afrique du Nord, dans le but de récolter des informations relatives à l’état, à la distribution et à l’écologie du guépard. Il était question également de la création d’un centre de reproduction des espèces sahélo-sahariennes à Ghardaïa pour servir à sa réintroduction en milieu naturel. Pour sa part, Abdelkader Benkheira a parlé d’un plan pour la réhabilitation du guépard en Algérie, envisagé par l’Agence nationale pour la conservation de la nature (ANN), en partenariat avec l’UICN.

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L’Éveil stade 1 par Jean-Baptiste de Panafieu (JNE)

eveilImaginez, un virus qui rend les animaux intelligents ou plutôt éveillés. Du coup, ils deviennent capable de penser, de communiquer avec les humains, de parler. Ce virus s’échappe du laboratoire via une petite souris et bientôt c’est une épidémie internationale. Les animaux domestiques, les animaux d’élevage, les animaux des zoos et même les animaux sauvages se mettent à penser. En tout cas, c’est ce qu’a imaginé Jean-Bapstiste de Panafieu dans un récit finalement pas si délirant que ça. C’est en effet l’occasion pour lui d’aborder des thèmes fondamentaux comme les limites de l’exploration scientifique, le business de l’agro-industrie, la condition animale, les conditions d’élevage… Et tout cela, sans jamais perdre le souffle du récit qui maintient le lecteur en éveil. Je ne saurais vous en dire plus sans révéler l’intrigue mais d’ores et déjà, j’attends avec impatience les stades 2 et 3 annoncés pour le premier semestre 2017. Voir le site de l’auteur.


Éditions Gulfstream, 320 pages, 17 € – www.gulfstream.fr
Contact presse : Angela Lery. Tél.: 02 40 48 48 42 – angela.lery@gulfstream.fr
(Danièle Boone)

Pétrole et changement climatique : l’accord de Vienne fait oublier celui de Paris

Dans les quatre ans à venir, l’investissement des grandes villes du monde pour lutter contre le changement climatique atteindra 375 milliards de dollars consacrés au remplacement des énergies fossiles par les énergies propres, telles que l’énergie solaire et l’énergie éolienne.

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par M’hamed Rebah

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c40_mayors_summit_2016C’est l’annonce faite à Mexico, jeudi 1er décembre 2016, par le groupe C40, qui est un réseau rassemblant les maires de grandes villes du monde. Le même jour, à Alger, une émission de Canal Algérie, chaîne de télévision publique, diffusée en direct, consacrée à l’Accord de Vienne conclu la veille par les pays exportateurs de pétrole, montrait, à travers un débat d’experts, que les préoccupations, chez nous, étaient plutôt centrées sur ce que pouvait rapporter encore la vente de cette énergie fossile.

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Il y a eu, durant le débat, quelques allusions furtives aux énergies renouvelables, mais l’impression qui s’est dégagée des échanges laisse penser que l’Accord de Vienne, qui redonne espoir aux pays qui vivent de l’exportation du pétrole, a fait oublier l’Accord de Paris qui consacre une démarche, en sens contraire, de réduction de l’utilisation des énergies fossiles – et le pétrole en est une par excellence – dans la perspective d’aller partout vers une économie non carbonée.

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La grande crainte exprimée au cours du débat de Canal Algérie est liée au degré de fragilité de l’Accord de Vienne, dont la décision de réduire les quantités de pétrole sur le marché mondial, risque d’être remise en cause par le nouveau président américain élu, Donald Trump, qui a promis d’engager les Etats-Unis dans le « tout fossile » sans limite, gaz de schiste, évidemment, compris.

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Quant à l’Accord de Paris (ratifié par l’Algérie le 13 octobre 2016), entré en vigueur le 4 novembre 2016 à la veille de la COP22 (22e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Marrakech, Maroc), il n’a pas été cité par les experts présents au débat, alors qu’il est sérieusement menacé par le même Trump qui pourrait en faire sortir son pays, et annuler ses engagements de financements « climat ». Il a dit que le changement climatique est un « canular ».

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Par beaucoup d’aspects, la démarche « politique » de lutte contre le changement climatique manque de crédibilité, voire de sérieux, à cause des multiples contradictions qui la marquent. Ainsi, pour la COP22, la mise en œuvre de l’Accord de Paris est vue comme une « priorité urgente », mais elle laisse un délai de deux ans pour en définir les modalités. Les pays de l’OPEP ne manquent pas une occasion pour souligner l’importance de promouvoir des alternatives énergétiques propres, ont signé et certains d’entre eux ont ratifié l’Accord de Paris, mais ils ne veulent pas ou ne peuvent pas abandonner le pétrole. De laborieuses tractations ont été nécessaires pour les amener à accepter de réduire leurs productions respectives de pétrole, et ce n’était pas pour des raisons climatiques mais pour faire remonter les prix, alimentant une spirale de production interminable puisqu’à 60 dollars le baril – qui est le niveau espéré par l’Accord de Vienne – les investisseurs seront encouragés à reprendre leurs forages même pour le non conventionnel, gaz et pétrole de schiste.

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Les investisseurs, ce sont les sociétés pétrolières qui, en même temps, c’est le cas de BP, Statoil et Royal Dutch Shell, affirment qu’elles veulent agir pour le développement des énergies renouvelables. En Algérie, il est question de confier la réalisation du programme de développement des énergies renouvelables à Sonatrach dont l’objectif prioritaire, pour le moment, est de développer ses capacités de production…d’hydrocarbures. Dans le système mondial actuel, la lutte contre le changement climatique s’efface devant l’impératif de l’accroissement des recettes d’exportations de pétrole tirées par une forte demande destinée à répondre aux besoins des pays consommateurs, tous deux, pays producteurs et consommateurs, engagés dans une compétition internationale qui exige toujours plus de croissance économique. Sans être spécialement dominée par les climato-sceptiques, l’opinion publique, en Algérie, ne montre pas un grand enthousiasme pour la lutte contre le changement climatique. Dans les médias algériens, les contributions sur le projet de loi sur la retraite ont eu plus de lectures que celles, très rares, publiées sur le thème de la COP22. Il reste aux écologistes soit la consolation que procure le vœu pieux de changement de paradigme, soit l’action persévérante, et coordonnée, pour renforcer les dynamiques locales qui finiront par consacrer ce changement de paradigme.

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Cet article a été publié le lundi 5 décembre 2016 dans la Nouvelle République (Algérie).

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COP 22 : vers de nouvelles perspectives de développement durable

Sans déroger aux règles de négociations sur le climat, la COP 22 s’est terminée par deux longues soirées intenses, avec au bout un consensus, un programme et plusieurs interrogations.

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par Houmi Ahamed-Mikidache

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Les engagements

C’est dans un esprit courtois et de cohésion que se sont déroulées pendant deux semaines les discussions intenses, a souligné le président de la COP et ministre des affaires étrangères marocain, Salaheddine Mezouar.

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Séance finale de la COP22 à Marrakech, novembre 2016 – photo DR

L’enjeu était de taille : la mise en œuvre de l’accord de Paris. Annonces remarquées : l’initiative du Maroc pour l’eau en Afrique, l’initiative d’accès à l’énergie des pays les moins avancés, le financement de l’initiative d’accès à l’énergie en Afrique, l’initiative africaine pour l’agriculture, les 10 000 engagements financiers des dirigeants d’entreprises, soit plus de 8 trillions de dollars pour réduire les émissions de CO2, la fermeture des frontières des forêts par la Colombie pour lutter contre les conflits, l’engagement des villes pour réduire les émissions de CO2 de 1 gigatonne par an d’ici 2030, le programme de soutien résilient au climat des économies des océans en Afrique par la FAO, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement, la volonté de réduction de 7 gigatonnes à 3,1 tonnes d’ici 2030 par les transports, la signature des 130 maires du monde pour un système alimentaire durable pour les villes par l’agriculture.

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Autres initiatives : la présentation d’un outil d’évaluation sur la résilience qui permettra notamment d’établir des rapports qualitatifs normalisés à la Convention mondiale des maires sur les engagements relatifs à l’adaptation. Autres avancées : mise en place d’un nouveau cadre quinquennal au sein du Mécanisme international de Varsovie relatif aux pertes et préjudices et assistance technique et financière (baptisé African Package for Climate-Resilient Ocean Economies) pour soutenir les économies vivant de l’océan en Afrique et renforcer la résilience au changement climatique des zones côtières par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD).

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Les partenaires de la COP22 pour l’action sur les océans ont publié une feuille de route stratégique pour des mesures en faveur des océans et du climat de 2016 à 2021, qui propose une vision de l’action sur les océans et le climat au cours des cinq prochaines années pour six océans. Autres engagements : la création d’un fonds de 500 millions de dollars, « l’investissement de Marrakech pour l’adaptation », le fonds vert pour les femmes créé notamment par l’acteur Leonardo Di Caprio et l’émergence d’une finance verte en Afrique. Dix-neuf autorités et échanges de marchés de capitaux africains, représentant 26 pays africains, ont signé et approuvé l’Engagement de Marrakech pour l’encouragement des marchés de capitaux verts en Afrique.

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L’action

Après Paris, présentée comme la COP de la décision, Marrakech s’est présentée comme la COP de l’action. Grande nouveauté issue de la décision de l’accord de Paris : l’intervention pendant un an des championnes de haut niveau pour le Climat : la Ministre de l’environnement du Maroc Hakima El Haité et Laurence Tubiana, négociatrice en chef française. Objectifs : encourager les initiatives individuelles et collectives et faciliter les échanges entre les acteurs non-étatiques et étatiques.

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Hakima El Haité et Laurence Tubiana -Photo UNFCCC

« Nous avons trouvé des partenaires engagés et coopératifs : ces partenaires nous prouvent aujourd’hui par leurs réalisations, par leurs plans d’action que l’élan d’une transition vers un avenir sobre en carbone et vers une civilisation résiliente est irréversible », a déclaré Mme El Haité lors du Segment de haut niveau sur l’accélération de l’action.

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Plus de 5000 personnes se sont retrouvées dans la ville ocre. De nombreux événements à thèmes ont eu lieu en marge des négociations avec la présence significative notamment de négociateurs, de ministres, de chefs d’Etat et d’acteurs non étatiques.

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Un jour avant la fin de la COP 22, les championnes ont ainsi lancé le partenariat de Marrakech pour l’action globale pour le climat, une action initiée à partir du Sommet organisé en 2014 à Lima par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, et suivie à Paris à travers l’agenda de l’action Lima-Paris.

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« Ce partenariat de Marrakech pour l’action globale ne nous appartient pas, il appartient à tous : c’est un espace de renforcement des ambitions et de collaboration qui comble les fossés », a expliqué Mme Tubiana qui a annoncé ne pas poursuivre sa carrière de négociatrice ainsi que ses actions au sein de la Convention sur le Climat à l’issue de la COP. Le partenariat de Marrakech couvrira les questions liées à l’utilisation des terres (agriculture, forêt…), à l’eau, aux zones côtières, à l’établissement humain, à l’énergie, aux transports et à l’industrie. Il appuiera l’action climatique au cours de la période 2017-2020.

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A Marrakech, tous les négociateurs saluent unanimement les avancées de l’action des championnes et le travail des Parties. « A Marrakech, nous avons fait de nombreux progrès, notamment dans les questions liées au genre et changements climatiques, le transfert de technologies et développement et le renforcement des capacités », indique le négociateur en chef de la République Démocratique du Congo, et président du Groupe des pays les moins avancés, Tosi Mpanu Mpanu.

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Quid du financement

Mais le financement climat destiné aux pays en développement a été au cœur des négociations pendant ces deux semaines. Autre problématique : l’ambition et la révision des plans nationaux. Conditionnés. La plupart des plans nationaux africains sont en attente de financement, même si d’après le président du Groupe des négociateurs africains, Seyni Nafo, la réponse climatique vient actuellement des Etats africains et de leur budget.

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A Marrakech, des solutions ont été apportées sur cette question : la coalition de pays en développement et développés et d’institutions internationales qui collaborent dans le but de s’assurer que les pays reçoivent le soutien technique et financier pour la mise en œuvre de leur plan d’action national.

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De nombreuses actions ont été mises en avant par les présidents africains lors du Segment de haut niveau et lors du Sommet africain pour l’action. Ils se sont même prononcés sur la nécessité d’un équilibre sur le financement de l’adaptation et de l’atténuation lors de la réunion de haut niveau sur le financement climat (demande du président de la Zambie, Edgar Lungu). Mais la réflexion sur l’équité entre le financement de l’adaptation et de l’atténuation reste en suspens et pose question sur le financement climat, selon la société civile. D’après Tracy Carty d’Oxfam Angleterre, il n’existe pas à ce jour, de procédure commune permettant de comptabiliser le financement climat. La notion des prêts notamment n’est pas évaluée de la même manière en fonction des pays.

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Pour M. Mpanu Mpanu, il est important de mobiliser des financements publics pour des activités d’adaptation. « Nous demandons aux pays développés d’augmenter le fonds d’adaptation pour les pays les moins avancés, un fonds qui continue à être sous-alimenté », souligne-t-il. Le fonds d’adaptation est né en 2001 à Marrakech sous le protocole de Kyoto.*

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Qu’en pense l’Angleterre qui vient de ratifier l’accord de Paris ?

« Nous avons entendu le message clair demandé par les pays en développement : la demande d’une feuille de route de financement avec une méthodologie solide, avec des engagements sur le financement public, et nous avons entendu la demande concernant l’adaptation et un accès facile au financement, les inquiétudes des petits Etats insulaires qui se sentent déconnectés », a expliqué Nicholas Richard Hurd, ministre anglais de l’énergie, lors d’un sommet de haut niveau sur le financement climat à Marrakech. Et d’ajouter : « on espère que la feuille de route que nous présentons répond aux attentes.» L’Angleterre et l’Australie ont publié une feuille de route sur l’accès au financement des 100 milliards de dollars par à partir de 2020.

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D’après les analyses de l’OCDE, les pays développés sont sur le point de répondre aux engagements, par un important financement public. « Il y aura une augmentation du financement climat public de 60 % : le rapport montre que le financement de l’adaptation devrait doubler d’ici 2020 », a-t-il annoncé lors de cette réunion.

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Les Etats insulaires dans l’attente

Mais cette feuille de route est jugée peu satisfaisante par les petits Etats insulaires en développement.« Le chemin est encore long, et nous devons nous poser les questions clés sur l’accès aux 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 : que constitue la finance climat ? Y aura-t-il de nouveaux financements ? Comment le financement public sera utilisé pour appuyer les investissement privés ? Comment se présentera l’équilibre entre le financement de l’atténuation et de l’adaptation ? », a interrogé le négociateur en chef des petits Etats insulaires en développement, et représentant des Maldives, Amjad Abdulla.

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L’accord de Paris stipule dans sa décision du 12 décembre 2015, que les pays développés doivent amplifier leur aide financière, en suivant une feuille de route concrète afin d’atteindre l’objectif consistant à dégager ensemble 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour l’atténuation et l’adaptation tout en augmentant sensiblement le financement de l’adaptation par rapport aux niveaux actuels et continuer à fournir un appui approprié en matière de technologies et de renforcement des capacités.

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A l’issue des négociations, la Conférence des Parties servant à la réunion des Parties de l’Accord de Paris a décidé que le Fonds d’Adaptation doit servir à l’accord de Paris, mais les décisions concernant la gouvernance et les arrangements institutionnels, ainsi que les modalités opérationnelles seront prises en 2018 lors de la COP 24, en Pologne.

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A ce jour, 111 pays ont ratifié le texte de Paris. Le dernier rapport « The civil society review » du collectif d’ONG, intégrant notamment Climate Action Uganda, intitulé « Setting the past toward 1,5° C » explique que seulement 30 à 44 % de réduction de gaz à effet de serre suffirait pour atteindre les 1,5 ° C en 2020 (objectif préconisé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Mais sans action de réduction de gaz à effet de serre avant 2020, il sera compliqué d’atteindre cet objectif. Lors de la session de clôture, l’Afrique du Sud, au nom du groupe BASIC (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud), a insisté fermement sur la nécessité de discuter dans quelques mois des actions liées à l’ambition pré-2020.

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Prochaines rencontres sur le climat : mai 2017 et novembre 2017. La COP 23, organisée par les îles Fiji, aura lieu à Bonn (Allemagne), pour des raisons techniques. Nombreuses sont les discussions dont la finalisation  aura lieu en 2018 lors de la COP 24. 2018 : année où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) présentera son nouveau rapport.

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* Protocole de Kyoto : signé en 1997 et entré en vigueur en 2005 et arrivé à terme en 2012, mais pas respecté. En 2012, la Conférence des Parties a adopté un amendement à Doha. Cet amendement a permis d’établir le second engagement du protocole de Kyoto, qui a commencé le 1er janvier 2013 et se terminera le 31 décembre 2020. A ce jour, 73 pays l’ont ratifié.
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Cet article a été publié ici sur le site Era Environnement.

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Marrakech : la Conférence des parties numéro 22

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22 de Marrakech, voici le carnet de route de l’un de nos journalistes présents sur place.

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par Bernard Desjeux

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Les JNE en voyage au Maroc avec l’AJE (dans le cadre de l’AJEC21)  à l’occasion de la COP22 de Marrakech en novembre 2016 – photo Bernard Desjeux

« Vous croyez vraiment que cela sert à quelques choses ces grands messes aux quatre coins du monde ? » D’un revers de la main, d’une phrase, sont balayées des années de luttes, d’actions, de réflexions. Faire signer à 196 pays un texte confirmant les accords de Paris engageant à améliorer le modèle de production économique, vous trouvez ça petit, vous ? Vous pensiez peut-être vous réveiller le lendemain dans un paradis, sain de corps et d’esprit, frappé d’un coup de baguette magique : l’air serait pur, les aliments sains, les eaux des océans à leur place, le réchauffement climatique une farce…

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Oui, il y eut par le passé des changements climatiques, des mers partout, des volcans en furie, mais ces changements s’effectuèrent sur des millions d’années. Depuis une centaine d’années, depuis l’ère industrielle, tout s’accélère. C’est du moins ce que disent les « carottes » de glace étudiées par les scientifiques. Si l’on veut encore pouvoir respirer, il vaudrait mieux changer d’attitude tant qu’il est encore temps. Vivre avec la nature et non contre elle. Les Chinois – dont les économistes ont célébré les « progrès » et la « croissance » – s’en rendent compte tardivement quand ils cherchent leurs masques de protection pour sortir dans des villes asphyxiées, quand ils ne voient plus le soleil qu’à travers un écran de pollution. Ils réduisent drastiquement leur production d’énergie par le charbon.

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Alors, vous allez faire quoi là-bas dans ces COP ?
Nous sommes quelques-uns, journalistes JNE et AJE réunis sous l’acronyme AJEC 21, à justement essayer de comprendre ce qui se passe, à essayer de partager ce que nous voyons, comprenons, vivons. Raconter des histoires, faire des analyses, des synthèses.

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Il y a ceux qui font de l’actu. Leur exercice n’est pas commode : bien connaître le sujet, vite démêler le vrai du faux, faire une analyse rapido. Leurs interlocuteurs sont les grands de ce monde, ceux qui décident parfois sans trop savoir autre chose que ce que les experts ont préparé, qui sont dans les rapports de force, peuvent dire l’inverse du jour au lendemain, sortir une formule choc pour attirer l’attention : les « petites phrases ». Ils croisent les attachés de presse, les autorités qui vous caressent dans le sens du poil. Cela demande d’être costauds pour rester humble devant les faits d’autant plus que son nom est dans le journal…

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Hollande et les médias à la COP 22 – photo Bernard Desjeux

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Nous avons croisé le président français défilant dans les allées entouré d’une forêt de caméras, d’appareils photo, de micros, de service d’ordre. On se demande vraiment à quoi cela sert puisqu’il ne voit rien, ne rencontre personne. Il se montre, c’est tout et ce n’est pas beaucoup. Ces journalistes-là ont le droit de pénétrer dans la zone bleue, la zone des conférences, des rencontres officielles. Cette zone à laquelle nous n’avons pu accéder, incapables de dompter ce foutu Internet qui répond qu’il y a déjà un Desjeux dans la machine ! Nos amis africains qui s’y trouvent ont la gentillesse d’en sortir pour venir nous saluer rapidement. Ils sont pressés, leur président les attend pour faire le point. Salut ! à la prochaine.

 

 

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Au ras des pâquerettes
Nous laissons, Catherine et moi, ce genre d’exercice à d’autres, bien incapables de comprendre aussi vite ce dont trente mille personnes discutent, ce que trente chefs d’Etat africains réunis à déjeuner vont se dire entre deux avions, deux conférences, deux sommets.* Nous décidons, avec quelques autres, d’aller au ras des pâquerettes, aux rencontres sur le terrain que Carine Mayo a concoctées avec Annie Lauvaux. Annie vit et travaille à Marrakech au sein de la structure Maroc Inédit qu’elle a créée.

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Pour avoir été à Marrakech il y a une trentaine d’années je peux vous dire – même si ma mémoire est un peu fatiguée – que je ne reconnais pas grand chose de cette ville ocre parsemée de palais, aujourd’hui cernée par des quartiers neufs, des avenues où les ronds-points brillent des symboles royaux. La palmeraie autrefois verdoyante est complètement déglingue, un vrai champ de ruines : abandon des cultures, pression immobilière, multiplication des forages individuels…

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Visite de la centrale solaire Noor, près de Ouarzazate, dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (JNE et AJE) à l’occasion de la COP22 de Marrakech en novembre 2016 – photo Bernard Desjeux

Alors pendant que nos petits camarades arpentent la Zone bleue et les conférences plénières, nous fonçons à Ouarzazate voir Noor, cette fameuse centrale solaire qui sera la plus grande d’Afrique, la 7e du monde. Celle qui, complétée par des parcs éoliens, permettra au Maroc de produire 52 % de l’électricité du pays avec des sources renouvelables ou plutôt « sustainable », cela fait mieux. Je n’insisterai pas sur le fait qu’avec Catherine on ne reconnaît pas non plus Ouarzazate, autrefois modeste bourgade blottie autour d’une magnifique Kasbah de terre, aujourd’hui cité moderne : larges avenues bordées de lampadaires, studios de cinéma accueillant des productions du monde entier, grands hôtels…

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La centrale est à une dizaine de kilomètres. Notre chauffeur, Abdel, nous y conduit par une belle route goudronnée traversant un paysage de cailloux, parfois blanchis par des remontées de sel, autrement dit un paysage carrément désertique.

 
À terme, 3000 hectares de cailloux seront transformés en machine électrique alimentée par le soleil. En gros, c’est une machine à vapeur : la première des quatre tranches, déjà en exploitation (160 MGW), utilise 1,750 millions de m3 d’eau par an portés à ébullition, chauffés par une huile synthétique qui circule devant les miroirs. Puis la chaleur stockée dans de grandes cuves de nitrate de potassium fait tourner les turbines. Une fois toutes les tranches terminées, après le passage dans les transformateurs, la puissance sera de 500 mégawatts. L’intérêt de cette technologie est de pouvoir stocker l’électricité pendant 3 heures et, donc, de la restituer la nuit. Consommer de l’eau en zone désertique, est-ce bien raisonnable ? Le barrage de El Mansour Eddahbi contient 400 millions de m3 d’eau. Le prélèvement est donc négligeable, mais pour le diminuer les nouvelles tranches ne consommeront pas d’eau, mais de l’air. M. Youssef Stitou, ingénieur de réalisation senior formé à Centrale Lyon, répond tranquillement à toutes les questions, sauf en ce qui concerne les financements.

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Restent les panneaux pour s’informer : la centrale est gérée par Masen, société privée de droit public, mise en œuvre par un fonds saoudien Acwa power. L’argent vient de la Banque mondiale, de l’allemand GZ, de l’Agence française de développement… L’électricité est vendue au réseau national marocain de l’ONEE. Contrairement à la production obtenue par l’éolien, il n’ y a pas d’accord pour une source dédiée particulière et le montage financier est prévu pour 25 ans. On peut discuter sur les mesures d’accompagnement, la quasi-spoliation de terres stériles achetées 1€/m2 aux collectivités locales, sur le peu d’emplois créés car il suffit de 78 personnes pour faire tourner l’ensemble (2000 pour la construction, essentiellement chinois ou espagnols).

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Je trouve cependant que faire une telle quantité d’énergie avec du soleil est une belle réussite qui ne demande qu’à faire des petits. Nous assisterons d’ailleurs dans la semaine à la signature entre le président de Masen, M. Mustapha Bakkoury, et M. Djiby Ndiaye, directeur général de l’Agence nationale des énergies renouvelables du Sénégal (ANER), pour la construction d’une centrale solaire plus petite produisant 50 mégawatts et consommant seulement 100 000 m3 d’eau par an. Elle viendra après l’établissement d’un atlas solaire et la faisabilité d’une telle industrie. Il me semble qu’à terme cela pourrait aussi permettre au Mali d’épargner, par exemple, au fleuve Niger la construction de barrages calamiteux pour son écosystème. En tous cas, c’est à voir. En tous cas un peu partout, les énergies renouvelables vont prendre le pas sur les énergies fossiles.

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Pendant ces huit jours, nous multiplions des rencontres riches et variées. Tout d’abord la découverte d’un système traditionnel de gestion de l’espace en pays berbère, l’agdal. Ayoub – un doctorant préparant sa thèse sous la direction de Geneviève Michon, ethnobotaniste à l’IRD – nous traduit la discussion avec El Houssein Bel Lahsen, un berger du Haut Atlas, face au Toubkal qui culmine à 4167 m.

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À Asni, des arboriculteurs en coopérative agricole sont accompagnés dans les bonnes pratiques d’agroécologie et de gestion par l’ONG Agrisud présente dans de nombreux pays d’Afrique. J’ai le plaisir d’y retrouver son directeur général, Yvonnick Huet, ancien volontaire du progrès dans la région de Diffa au Niger. L’après-midi, nous irons dans la célèbre palmeraie de Marrakech, aujourd’hui bien mal en point.

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Mercredi, l’architecte Denis Coquard nous reçoit à sa villa Janna (le Paradis), un magnifique espace de 2,5 hectares où il a bâti un Centre de la terre de 4 700 m2. Denis est clair, précis, lumineux comme son architecture qu’il explique avec plaisir.

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Jeudi, nous rencontrons : Béatrice Bonnaire et son projet d’écotourisme Aloé Agafay où elle pourra accueillir des hôtes en autosuffisance aux portes du désert, complété par une plantation d’aloé vera ; Guillaume Turgis, présent avec Fridome, son bus transformé en car aménagé. Il est quasi autonome avec des panneaux solaires inclinables et un système de collecte d’eau de pluie. Reste la consommation importante de carburant, mais il « booste » déjà son moteur avec de l’hydrogène obtenue par électrolyse (-30 % de gasoil), en attendant l’huile de friture ; Marie-Cécile Royal Benbiga, qui installe avec son mari des éco-bivouacs sous tentes caïdales, que ce soit dans la palmeraie de Casablanca ou en plein désert, à la demande.

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Vendredi, rencontre avec Thierry Ruf, chercheur à l’IRD et de l’université de Marrakech. Il nous permet une meilleure compréhension de la ressource en eau de la région et du fonctionnement des khettaras, ces adductions d’eau propres aux régions désertiques. Thierry a participé à la conception du Musée de l’eau de Marrakech. Malheureusement, nous ne pourrons le visiter car le roi ne l’a pas encore inauguré. On reviendra.

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Entre ces visites de terrain, nous nous rendons dans la Zone verte de la COP22, où se tient la société civile. On y trouve des voitures électriques, des vélos solaires, des agoras, des expositions – dont une terrifiante, « Mind the earth », montée par un Hollandais avec des images satellite Google Earth –, la fondation du roi du Maroc omniprésente à tous les niveaux, des banques, des vendeurs d’engrais AAA pour une agriculture raisonnée, ben voyons !, des bouteilles d’eau végétales fabriquées à partir de canne à sucre…

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Nous faisons la connaissance de Serge Stéphane Gnako, de l’AREPEC, une association de reconversion de migrants de 17 pays africains : une grande leçon d’humilité. Au-delà du brouhaha, c’est peut-être la conversation qui nous a le plus marqués. Bonne surprise sur un stand associatif collectif où se tient également Agrisud : nous retrouvons notre grand ami Manny Ansar, créateur et directeur du Festival au désert de Tombouctou. Chassé par des terroristes obtus, il a imaginé une caravane de la paix avec les grands musiciens maliens, Tinariwen, Bassekou Kouyaté, Salif Keïta… En mars, ils seront au Maroc, à Merzouga, on en reparlera. Salif, autre compagnon de route, justement, participe avec quelques autres musiciens dans l’ancien palais Badii à un concert autour de la lumière solaire en Afrique. Nous y entendons Angélique Kidjo, une vieille connaissance béninoise, Oum, entendue cet été sur l’île d’Oléron, et puis la découverte d’Akon. J’ai l’impression que nous sommes les seuls parmi les 3000 spectateurs à ne pas le connaître : fantastique show dans le prolongement des Blacks américains des années 60.
En tous cas, nous ne sommes pas les derniers à chanter avec tous le refrain : freedom, freedom… Cela fait cinquante ans que cela dure.

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* Pour voir l’étendue d’une partie du sujet, on peut se référer au livre : Développement durable et émergence de l’Afrique, aux éditions Grandvaux/PNUD pour la COP21 de Paris (800 pages).

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L’agdal, mode de gestion traditionnel des ressources naturelles par les communautés berbères

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22, rencontre autour de l’agdal, mode de gestion traditionnel des ressources naturelles par les communautés berbères.

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par Myriam Goldminc

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Geneviève Michon de l’IRD, 2e en partant de la gauche, avec des journalistes des JNE. Au centre de la photo, un berger berbère – photo Myriam Goldminc

 

Spécialiste des savoirs locaux et de la domestication de la forêt, Geneviève Michon est directrice de recherche à l’Institut de Recherche sur le Développement (IRD).

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Elle nous explique en quoi consiste l’agdal, un système de gestion communautaire des forêts et des pâturages mis en place par les paysans berbères pour assurer un accès partagé aux ressources naturelles.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter notre entretien audio avec Geneviève Michon.

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La réhabilitation écologique de la palmeraie de Marrakech

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22, rencontre autour de la réhabilitation de la palmeraie de Marrakech.

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par Myriam Goldminc

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Elphège Ghestem-Zahir (Agrisud International) présente la réhabilitation de la palmeraie de Marrakech – photo Myriam Goldminc

Directrice adjointe des opérations au sein de l’ONG Agrisud International, Elphège Ghestem-Zahir nous présente la réhabilitation de la palmeraie de Marrakech et l’accompagnement des agriculteurs dans la mise en place de pratiques agro-écologiques.
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Cliquez  sur le lien ci-dessous pour écouter notre entretien avec Elphège Ghestem-Zahir.

 

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Un bus écologique dans les montagnes marocaines

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22 de Marrakech, une encontre insolite avec un homme, Guillaume Turgis, qui, au coeur de l’Atlas marocain, a transformé un bus en habitation nomade écologique.

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par Myriam Goldminc

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Guillaume Turgis et son bus écologique dans l’Atlas marocain – photo Carine Mayo

Cliquez sur les liens ci-dessous pour écouter l’entretien avec Guillaume Turgis.

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Si vous n’arrivez pas à ouvrir le fichier audio ci-dessus, vous pouvez télécharger le logiciel gratuit VLC qui lit la plupart des vidéos et des sons. En cas de difficulté, vous pouvez enregistrer le fichier sur votre ordinateur en double-cliquant sur le lien, ouvrir le logiciel, puis ouvrir le fichier à l’aide de celui-ci.
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Le deuxième degré sur la planète Terre

Voici un aperçu de quelques recherches récentes, selon lesquelles le changement climatique pourrait se révéler encore pire que prévu. Contribution au débat.

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par Dorota Retelska

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great-barrier-reef1Dans un texte mis en ligne le 11 octobre 2016, qui a fait le tour du Web, l’écrivain environnemental Rowan Jacobsen a prononcé l’éloge funèbre de la Grande barrière de corail, détruite du fait du réchauffement des eaux du Pacifique. Interrogé par le quotidien australien The Independent, il ajoute : « La disparition des coraux avant 2050 avait été prévue par le rapport du GIEC. Plusieurs vagues de chaleur précédentes en avaient déjà détruit plus de la moitié. »

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Ainsi que l’indique le Dr Mauri Pelto, professeur de science environnementale au Nichols College dans le Massachusetts (Etats-Unis) et directeur du North Cascade Glacier Climate Project, interviewé par le quotidien canadien Globe And Mail, la fonte des glaciers s’accélère. D’après différentes études (Larsen et al, 2016, Khan et al, Nature Climate Change 4, 292–299, 2014, Mouginot, Rignot et al, Science 12 nov 2015, Bamber Jl et al, 2013, Journal of Geophysical Research), l’écoulement des glaciers au Nord du Groenland s’est accéléré entre 2006 et 2011.

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Selon les dernières mesures, les températures de la planète ont dépassé des records pendant trois années consécutives. En 2016, la Terre oscille autour de 1,2° C – 1,3° C de réchauffement. Ce niveau a excédé les prévisions des experts sur lesquelles sont basées les projections pour le XXIe siècle.Un constat partagé par l’OMM (Organisation météorologique mondiale).

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La hausse des températures a entraîné des vagues de chaleur et des sécheresses en Afrique, en Inde, et dans le delta du Mékong. Elle cause aussi une aggravation des pluies intenses, des tempêtes inhabituellement étendues, et, d’après l’OMM, une augmentation du nombre de cyclones. Les inondations des côtes s’accroissent, et la température des océans monte.

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Selon Jennifer Francis, chercheuse en climatologie à l’université Rutgers (Etats-Unis), le réchauffement fort de l’Arctique pourrait affaiblir le vortex polaire et le courant-jet. En 2016, de grandes vagues du courant-jet conformes aux prévisions de cette scientifique ont amené des vagues de froid au Sud et de l’air chaud en Arctique, et précipité la fonte des glaces arctiques.

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La chaleur inhabituelle a aussi causé des feux de forêts et pourrait provoquer le dégel du permafrost sibérien et sous-marin, qui libérerait des grandes quantités de gaz à effet dans l’atmosphère (voir Shakova N, Semiletov I and al in Philos T R Soc 373 (2052), The East Siberian Arctic Shelf : Towards a further assessment of permafrost methane fluxes and role of sea-ice). Les émissions de méthane du permafrost ont augmenté (publié par Semiletov, 2461 ppb observé récemment, voir aussi le post de Harold H. Hensel dans Facebook Arctic news), entre autres à l’est et au nord-ouest du Groenland.

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Les experts se sont souvent concentrés sur les effets les plus bénins du changement climatique, alors que nous pourrions bien nous diriger vers les conséquences les plus dangereuses. La perte d’albédo, les feux de forêt, le méthane du permafrost et l’augmentation de la vapeur d’eau dans l’atmosphère résultante du réchauffement pourraient faire monter fortement les températures. Certains scientifiques tels que Sam Carana craignent une augmentation de l’effet de serre allant jusqu’à 10 ° C de plus en 10 ans. De leur côté, James Hansen (pionnier de la recherche sur le changement climatique), Valérie Masson-Delmotte (chercheuse au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement et co-présidente du groupe de travail no 1 du GIEC, qui travaille sur les bases physiques du climat) et une quinzaine de climatologues internationaux s’attendent plutôt à plusieurs mètres de montée de niveau de la mer avec un réchauffement limité, mais de possibles sauts de chaleur temporaires.

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220px-tcm_logoBref, le climat sera une interminable succession de catastrophes. Certaines organisations écologiques telles que The Climate Mobilization proposent une mobilisation inspirée de la 2e Guerre Mondiale : rationnement de l’essence, encouragement aux jardins de proximité, etc. Plusieurs pays passent aux voitures électriques et à l’énergie propre, le Parlement allemand envisageant même l’élimination du moteur à combustion interne à l’horizon 2030. Ces solutions semblent nécessaires face à l’immense menace climatique.

 

A lire

A Farewell to Ice, Peter Wadhams
 The Storms of my Grandchildren, James Hansen. La conclusion du livre est une Terre dont l’atmosphère atteint plusieurs centaines de degrés comme celle de Vénus.

 

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Tribunal International Monsanto : qui possède la vie et le futur de la vie ?

Il fallait aller à La Haye pour voir l’inimaginable : le début du jugement de l’entreprise américaine Monsanto jaugée, examinée, évaluée.

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par Jane Hervé

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Les apiculteurs mexicains Angelica El Canche et Feliciano Ucan Poot, témoins au Tribunal International Monsanto (La Haye, 14-16 octobre 2016)

Les dégâts de ses produits sur les hommes, les animaux, les plantes, le sol et l’eau sont désormais évoqués entendus, enregistrés, sans être pour autant reconnus par ceux qui les ont causés. Du 14 au 16 octobre 2016, un formidable tribunal citoyen s’est tenu à La Haye avec de vraies victimes et de vrais experts jugés par de vrais juges. Un tribunal pédagogique pour faciliter la prise de conscience de tous. Une étape fondamentale. L’organisation en elle-même était déjà un défi international : Corinne Lepage, Vandana Shiva, Hans Herren, Arnaud Apoteker, Marie-Monique Robin et bien d’autres s’y étaient attelés avec force et succès. Ils conjuguaient leur volonté de lutter ensemble contre ce monstre Monstranto ( !) dont le lobby fonctionne à l’échelon mondial en infiltrant gouvernements, entreprises et groupes scientifiques ou en poussant à des procès onéreux les victimes empoisonnées par les produits utilisés (dont l’herbicide Round Up, le plus utilisé dans le monde et contenant du glyphosate).

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Lutter comment ? Par quel bout commencer  dans un tel champ de désespoir et de rébellion ? En écoutant la parole des victimes. Elles viennent de diverses nations – du Burkina-Faso au Sri Lanka, de l’Argentine au Canada – mais se sont rassemblées pour exprimer les faits et leur vécu. Elles ont révélé à quel point les produits commercialisés depuis des années par l’entreprise Monsanto – herbicides, pesticides, fongicides, OGM – vendus au nom de la croissance et de la rentabilité agricole, étaient dangereux. Toutes ont témoigné de leur douleur avec une grande dignité. Hommes et femmes ont payé dans leur chair la présence ou la respiration de ces produits engendrant des malformations des enfants (en cas de grossesse), des troubles autistiques (en augmentation depuis l’utilisation des OGM en 1996), des maladies de reins, de l’œsophage et des cancers multiples. Ces victimes ont lutté avec courage contre la maladie ou la perte d’emploi  : des cultivateurs accusés à tort d’usage de semences OGM ou épuisés par la lutte qui s’ajoute à leur travail quotidien pour survivre et vivre de leur travail, des apiculteurs mayas (1500 familles touchées) qui ne peuvent vendre leur miel bio contaminé par les OGM des champs voisins, des scientifiques aussi évincés des programmes de recherches pour avoir osé informer sur les substances réelles contenues dans le Round Up.

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Observer les plantes dont la « croissance est déformée » et qui deviennent plus résistantes. Constater que de nouvelles herbes sauvages apparaissent « dont les racines ne stockent plus rien » (c’est-à-dire plus d’eau) alors qu’elles servaient jadis d’engrais naturel. Observer les bêtes aussi. Certains animaux dont le fourrage contient du glyphosate souffrent de troubles de l’estomac. Constater que l’eau et les nappes phréatiques sont également touchées.

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Ecouter la parole des avocats et des experts, ensuite. Ils ont rassemblé les témoignages des victimes et parfois des études. En Argentine, 35 études ont été menées par des universitaires, révélant que les eaux de pluies étaient affectées, que 4 000 km de rivières étaient empoisonnées, bien que bues par les animaux, les hommes et les plantes. Pas moins de 21 travaux scientifiques font état de l’apparition de malformations (reins, œsophage, etc.). Tous ont mesuré à quel point les preuves d’atteinte par le glyphosate/OGM étaient difficiles à donner pour deux raisons : tout d’abord les « éléments techniques » étaient aux mains de Monsanto, ensuite les victimes avaient peu de moyens financiers.

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Comprendre que les avocats de Monsanto trouvent toujours une faille : infiltration de membres du lobby auprès de certains ministères (en tant que consultants en Australie) et de certains gouvernements, contestations tous azimuts des expertises scientifiques avec infiltration de scientifiques qui leur sont dévoués, procès incroyablement onéreux qui détruisent la force mentale et les finances des victimes. Les méfaits de Monsanto sont déjà extrêmement difficiles à prouver. D’abord invisibles et méconnus, ils se développent « dans le temps » jusqu’à la compréhension de la vérité. Ils touchent des lieux géographiquement très éloignés (Australie, Canada, Mexique, Brésil, etc.), rendant difficile la conjonction des colères et des revendications légitimes. Le rachat récent de Monsanto par Bayer conjugue de surcroît les forces de destruction de la santé, en facilitant le contrôle de toute la chaîne agricole et rendant encore plus écrasant le combat des victimes.

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Cinq juges venus d’Argentine, du Canada, du Sénégal, du Mexique et de Belgique rendront leur verdict. Ils répondront aux questions  suivantes : la firme Monsanto viole-t-elle le droit à un environnement sain, propre et durable ? Viole-t-elle le droit de se nourrir ? Porte-t-elle atteinte aux normes de santé ou au droits des enfants à jouir de la santé ? Viole-t-elle la liberté indispensable de la recherche scientifique ? Est-elle complice de crime de guerre en fournissant des produits utilisés en 1962 au Vietnam ? Est-elle coupable d’un crime d’écocide en détruisant l’environnement ? Un combat juridique à mener car si ce crime est reconnu il est aussi un « crime contre l’humanité ».

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Qui possède la vie quand toute la Nature est en train d’être tuée, quand la biodiversité disparaît ? Telle est la question qui se pose. Cette Assemblée des Peuples révèle que le plus grave est à venir. Si la destruction de la nature se généralise irrémédiablement, elle touchera les générations futures, enfants et petits enfants. Pourront-ils survivre sur une terre dévastée, avec une eau polluée, des plantes et des animaux déformés ? « La seule chose est de s’unir » aujourd’hui, nous qui sommes en pleine force, éblouis par les combats individuels de tous ceux que nous avons entendus.

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