Actualités internationales

Nouveau modèle de croissance en Algérie : y a-t-il une place pour l’écologie et le développement durable ?

La prise en compte de la protection de l’environnement est-elle comptée parmi les obstacles à l’investissement, dénoncés, lundi 6 mars à Annaba (Algérie), par les participants à la 20e Tripartite (gouvernement-syndicats-patronat) qui ont appelé à lever les freins à la croissance économique ?

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par M’hamed Rebah

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En s’attaquant à la « bureaucratie », ont-ils en vue également les administrations chargées de délivrer les autorisations relatives à la protection de l’environnement, qui prennent parfois du temps ? Certains opérateurs économiques ont plaidé pour ignorer cette « bureaucratie » et surmonter son « obstacle », en l’absence de réaction de l’administration à leur dossier d’investissement, dans le délai fixé par la loi.

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Ce n’est certainement pas sans raison que le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal ,a conclu son intervention d’ouverture de la Tripartite, par l’insistance sur « le strict respect des lois et règlements ». Autrement dit : lever les obstacles aux investissements pour favoriser la croissance économique, mais en restant dans le cadre juridique en vigueur qui inclut également le dispositif de lois et règlements traitant de la protection de l’environnement et du développement durable.

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Pour rappel, le Préambule de la Constitution révisée énonce que le modèle économique et social que se donne le peuple algérien consiste, notamment, en une « économie productive et compétitive dans le cadre d’un développement durable et de la préservation de l’environnement ». Son article 54 ter stipule que « le citoyen a droit à un environnement sain ». Enfin, la Constitution comprend une disposition selon laquelle « l’Etat encourage la démocratie participative ».

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Sur ce dernier point, il est facile de constater que les associations écologiques n’ont pas participé au débat qui a précédé le choix du « modèle de croissance » érigé en boussole de la politique économique algérienne. Aucun écologiste n’a fait partie de l’équipe d’experts qui a travaillé sur ce modèle. En fait, les associations écologiques n’ont aucune influence sur les choix économiques en Algérie. Leurs membres passent leur temps à guetter les financements proposés par les institutions internationales et par les pays partenaires de l’Algérie, puis à attendre le virement des sommes promises, en euros ou en dollars. Après, toute leur énergie et toutes leurs capacités sont mobilisées dans la réalisation de projets divers avec ces financements extérieurs qui permettent, grâce à la « plus value » dégagée par le change des euros ou des dollars en dinars dans le marché informel (en dehors du circuit légal des banques), de faire face aux dépenses de fonctionnement qui entrent dans le cadre de leurs activités.

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Les « acquis » obtenus en Algérie par l’écologie dans son conflit avec l’économie, sont dus à des actions citoyennes qui ont fortement mobilisé les populations locales comme ce fut le cas pour arrêter le projet d’exploitation du gaz de schiste à In Salah (au sud du pays), ou pour annuler un projet de cimenterie à Batna (prévu dans une commune à vocation agricole), ou pour remettre en cause les projets de CET (centres d’enfouissement technique des déchets) à Reghaïa (périphérie d’Alger) et à Constantine, pour ne citer que les cas qui ont été médiatisés.

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La seule grande action menée par des écologistes sous les formes d’une pétition et de démarches vers les autorités, pour empêcher le passage de l’autoroute Est-Ouest par le complexe de zones humides d’El Kala (à l’extrême-est, au nord du pays), n’a donné aucun résultat. Tout récemment, ce sont des économistes spécialisés dans l’agriculture, et non des écologistes, qui ont critiqué les mégaprojets agricoles lancés dans le sud. Les risques écologiques de tels projets semblent sous-estimés, voire méconnus, chez nous. En fait, la question de l’agriculture saharienne n’ayant pas fait l’objet d’un débat public, les écologistes algériens ne pouvaient faire connaître leur avis sur ces projets, ni d’ailleurs sur de nombreux autres où le rapport économie-écologie se pose en termes conflictuels.

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Cet article a été publié dans La Nouvelle République (Algérie) le 13 mars 2017.

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Des agriculteurs se mobilisent à Asni au Maroc

Dans la commune d’Asni, à cinquante kilomètres de Marrakech au Maroc, des agriculteurs ont créé la coopérative Tifawine afin de valoriser une partie de leur production. Une démarche soutenue par Agrisud et la Fondation Norsys.

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par Nathalie Loubet

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Mohamed Belcaïd, coordinateur des projets-Fondation Norsys, accompagne les producteurs de la coopérative Tifawine dans les pratiques écologiques (région d’Asni au Maroc) – photo Nathalie Loubet

Depuis 2010, un projet de professionnalisation des exploitations fruitières de la région d’Asni et de valorisation des productions a été mis en œuvre par l’ONG Agrisud et son partenaire marocain, la Fondation Norsys. Son objectif : apporter un peu de sérénité aux producteurs même si rien n’est acquis.

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La démarche s’appuie sur l’expertise d’Agrisud, spécialiste de l’accompagnement économique, social et environnemental des TPE agricoles familiales, et présent dans 18 pays sur quatre continents.

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Au cours de la première étape, ce sont concrètement 22 membres qui ont créé la coopérative Tifawine, soit 45 familles qui vivent de l’activité. L’ensemble des parcelles concernées par le projet atteint 17 hectares. « Depuis le début du projet, j’accompagne les producteurs dans des pratiques agro-écologiques, sans intrants et en développant le compost », souligne Mohamed Belcaïd, coordinateur des projets-Fondation Norsys.

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Globalement, la production s’est améliorée, mais la sécheresse de 2014 a entraîné de lourdes pertes. Elle a mis en évidence à quel point les familles restaient dépendantes face aux effets des variations climatiques. Pour lutter contre cette vulnérabilité, une action de sécurisation de l’accès à l’eau d’irrigation avec le creusement et l’équipement d’un puits a donc été entreprise. Un autre axe important du projet réside dans la valorisation de la production fruitière afin de pouvoir répondre au cahier des charges des hôteliers de Marrakech, notamment celui du Club Méditerranée.

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Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage de presse au Maroc de l’AJEC21 (JNE et AJE) effectué en novembre 2016 à l’occasion de la COP22 de Marrakech. Sa version intégrale est parue dans L’Information Agricole, N° 903, décembre 2016.

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De Gibraltar aux montagnes du Rif

Carnet de voyage depuis Gibraltar jusqu’aux forêts de sapins du Maroc.

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par Annik Schnitzler

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Les bouts de continent sont absolument fascinants, à bien des points de vue. Leur histoire géologique est souvent parsemée d’événements si extraordinaires qu’on a peine à les imaginer. L’humanité les a tous parcourus depuis des millénaires pour passer d’un point à l’autre, pour des motivations variées. Certains de ces passages ont été déterminants pour l’évolution de notre espèce. Ainsi en a-t-il été par exemple, lorsque des hommes ont passé de la Sibérie à l’Amérique.

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Le détroit de Gibraltar, entre Afrique et Europe, a été lui aussi le témoin de multiples événements. Son célèbre rocher, dressé comme une proue à l’extrême sud de l’Europe, atteint une hauteur de 426 m. Il a été créé lorsque la plaque africaine est entrée en collision avec la plaque eurasienne au cours du Jurassique. L’événement le plus fantastique dont il a été le témoin, est arrivé lorsqu’il s’est fermé presque totalement durant environ 400 000 ans, il y a 5,93 millions d’années.

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L’arrêt des apports des eaux océaniques associé à l’évaporation intense typique du bassin méditerranéen a fait diminuer le niveau moyen des eaux méditerranéennes de 1,5 km. Certaines cartes publiées sur Google maps laissent rêveur. Que s’est-il passé durant ces 400 000 ans ? Nul ne le sait vraiment. Puis tout cela s’est terminé brutalement par l’ouverture d’une brèche. Les eaux atlantiques se sont engouffrées selon un débit estimé à 108 m3 s (soit trois fois celui de la rivière Amazone), provoquant une incision de 0,4 m par jour. Un tel débit a fait remonter le niveau de la Méditerranée de plus de 10 m par jour, et le bassin aurait été rempli à nouveau en quelques mois à deux ans.

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D’autres événements parsèment l’histoire de ce détroit, au cours des temps pléistocènes. On sait que le rocher de Gibraltar a abrité durant les périodes glaciaires les plus froides, des populations d’hommes de Néandertal, vivant là des ressources marines. Puis ils ont disparu, plus tard que partout ailleurs en Eurasie, entre moins 28 000 et moins 24 0000 ans. Leur disparition serait liée à leur rencontre avec notre espèce venant d’Afrique, qui a pu passer grâce aux îles actuellement submergées qui parsèment le détroit, lorsque le niveau des mers s’était abaissé comme jamais, d’environ 135 m.

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La visite au petit musée de Gibraltar nous a permis de voir quelques crânes de nos proches cousins, retrouvés dans une des centaines de grottes qui trouent le rocher de Gibraltar, face à la mer.

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Gibraltar, possession de la Couronne britannique depuis 3 siècles, est enclavé dans la péninsule ibérique sur un peu moins de 7 km². Ce territoire, très disputé entre Espagne et Grande-Bretagne pour sa situation stratégique et les droits de pêche, est si minuscule que l’autoroute sert également d’aéroport (mais dans ce cas, évidemment, on ferme l’autoroute !). Il s’est fortement urbanisé ce dernier siècle au vu des photos affichées à la frontière entre Espagne et Gibraltar, prises au début du XXe siècle. Une visite s’impose sur ce rocher, pour y admirer la vue sur l’Afrique et se remémorer les événements géologiques extraordinaires dont ce rocher a été le théâtre.

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Sans compter qu’il est toujours possible de voir passer des oiseaux migrateurs à cette période de l’année, en avril, qui passent par milliers au printemps ou à l’automne. Tout comme les mammifères marins, qui passent régulièrement dans le détroit, et que j’espérais voir passer à côté du bateau qui fait régulièrement le trajet entre Europe et Afrique.

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Singes magot face au détroit et à la côte africaine – photo Maé Schnitzler

La visite sur le rocher est fort intéressante, et bien documentée par plusieurs musées d’histoire humaine et naturelle. Le rocher comporte aussi une étrange colonie de singes magot (ou macaques de Barbarie, Macaca sylvanus). Ces singes sont d’une grande familiarité, allant jusqu’à se percher sur l’épaule ou fouiller un sac laissé à terre. La population actuelle est régulée pour en limiter les effectifs, ce qui est bien dommage. Ces primates occupaient l’Europe et l’Afrique du nord durant les phases chaudes du Pléistocène, mais ont disparu d’Europe durant la dernière période très froide. Les recherches génétiques ont montré que les macaques de Gibraltar avaient été réintroduits par l’homme sur le rocher à partir du Maroc, à plusieurs époques de l’histoire, jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale.

Nous espérions trouver cette espèce à l’état sauvage dans ce même voyage qui nous menait après la traversée du détroit en bateau, au Maroc, dans les hautes montagnes du Rif. Le macaque de Barbarie y était encore largement répandu au cours des derniers siècles, des buissons aux forêts de conifères humides de haute altitude, mais tout cela est bien fin ;actuellement, on estime le nombre total d’individus à un peu plus d’une dizaine de milliers, répartis entre Maroc et Algérie à l’état de populations isolées.

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Au Maroc, c’est dans l’Atlas que se concentre la plus grande population, soit seulement quelque 8.000 singes. Soit plus de deux fois moins qu’à la fin des années 70. Les raisons sont multiples : urbanisation galopante, reconversion des terres pour l’agriculture, ébranchage des cèdres pour le bois de chauffe, surpâturage des sous-bois par les troupeaux mêlés de moutons et chèvres, et surtout, le trafic illicite de bébés magot. Selon les ONG internationales, 300 jeunes singes sont capturés illégalement au Maroc tous les ans dans leur milieu naturel, exhibés, chaîne métallique au cou, ou revendus à des touristes jusqu’à 200 euros la pièce.

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Pour passer la frontière, les acquéreurs des bébés macaques les assomment à coup de somnifère avant de les enfermer dans le coffre de leur voiture. Principales destinations : les banlieues françaises, mais aussi la Hollande, la Belgique et l’Espagne. Lorsqu’ils grandissent, leurs maîtres s’en débarrassent, dans des zoos ou des refuges, qui ne savent qu’en faire. Ainsi conclut un ardent défenseur de la nature marocaine, Mouza Izdine, dans un article publié sur le net : « Le Macaque de Barbarie sera-t-il décimé comme son majestueux compagnon fauve, le Lion de l’Atlas et que bien d’autres espèces des montagnes marocaines ? »

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La destruction du milieu naturel se prolonge jusque dans ses parties les moins accessibles et théoriquement les mieux protégées, comme les montagnes du parc national de Talassemtane. Ce parc s’étend sur 58 000 ha à proximité de la ville de Chefchouan, célèbre pour le bleu soutenu de sa médina. Ce parc de haute montagne est également une réserve de Biosphère car la forêt de Talassentane constitue une véritable relique de la sylve primitive du Rif. On peut encore y admirer, entre 1800 et 2200 m, une forêt extraordinaire de conifères, constituées de sapins (Abies marocana), cèdres (Cedrus atlantica) et pins (Pinus nigra ssp marocana). Au premier printemps, s’épanouissent quelques fleurs magnifiques comme l’iris sauvage (Iris germanica) et la pivoine (Paeonia coriacea).

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Les plus beaux exemplaires de sapin marocain, tels qu’on peut les admirer entre 1800 et 2000 m dans le parc national de Talassentane – photo Annik Schnitzler

L’espèce phare est le sapin, endémique du Rif, où il couvre quelques milliers d’hectares. Il développe à Talassentane une forme trapue à tronc épais et larges branches déployées dans le sens de la pente, et au houppier parfois cassé par le poids de la neige. Malgré cela, les plus beaux exemplaires peuvent atteindre 40 m de hauteur. Ses aiguilles bleutées sont de toute beauté, C’est une espèce hautement relictuelle, confinée aux montagnes du Maghreb comme d’autres sapins méditerranéens le sont dans d’autres parties du bassin méditerranéen, de l’Algérie (sapin de Numidie), à l’Espagne (sapin pinsapo), la Grèce du Sud ou Chypre. Le sapin du Maroc est génétiquement très proche de ses voisins espagnols et algériens (dont on fait parfois 3 sous-espèces), mais tous les sapins méditerranéens sont liés par une histoire commune : un ancêtre recouvrant l’Europe et l’Afrique du Nord au Tertiaire, qui s’est ensuite diversifié durant les époques glaciaires par fragmentation de son habitat.

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C’est dire l’importance de ces forêts marocaines du point de vue de la conservation de la nature. Les forêts de ces conifères les mieux préservées sont infiniment rares au Maroc, et Talassentane en fait partie. Et pourtant, il a été bien malmené par les hommes, notamment durant le protectorat espagnol, entre 1912 et 1956. Les coupes abusives ont réduit les sapinières à quelques sommets et quelques ravins escarpés sur une misérable surface de 150 ha. Ces destructions se poursuivent encore, malgré la protection théorique du massif, ainsi que le déplore notre guide qui nous a fait voir maints signes de destructions anciennes par coupes, incendies et pâturage.

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Une menace plus récente qui affecte gravement ce parc  l’extension insidieuse de la culture du cannabis. Témoin impuissant de ces défrichements illicites, ce guide amoureux de ces montagnes me confie : « fumer du hasch n’est peut-être pas grave, mais les conséquences sur la montagne sont désastreuses : directe (perte par défrichement), indirecte (construction de routes, disparition d’habitats pour des espèces en danger). Qu’en sera-t-il dans 20 à 50 ans ? Tout cela pour une consommation à 80 % européenne, mais avec la complicité de l’Etat marocain. Cette culture n’est en rien traditionnelle (2 % des Marocains en consomment !), mais elle en fait vivre quelques-uns parmi les plus pauvres. Actuellement, les gens viennent du sud durant la période très courte de la récolte. »

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Effectivement, j’ai vu passer plusieurs voitures tout terrain qui descendaient de la montagne par des pistes nouvelles, véritables saignées jusque dans des coins jusque-là préservés, pour y vendre le cannabis. Cette plante génère l’installation de familles nouvelles, qui amènent des animaux domestiques ravageurs de la flore, tandis que les chiens errants agressent les derniers singes magot qui y ont trouvé refuge. La combinaison entre chiens, perte d’habitat, et prélèvements illégaux pour la vente est explosive pour cette espèce unique en Afrique du Nord.

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Notre guide est aussi passionné par l’histoire du lion de l’Atlas. Il me dit que cette forêt n’était guère pénétrée jusqu’à la colonisation espagnol  : il n’y avait que des chemins de chèvres, et personne n’y allait en dehors des bergers. Les gens en avaient peur. On les disait dangereuses parce que sombres et denses, et parce qu’il y avait des loups et des lions, qui faisaient disparaître les animaux domestiques. De quoi fasciner l’imagination quand on voit à quel triste sort cette montagne est réduite actuellement.

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Le lion de l’Atlas, le plus grand des lions modernes, occupait toute l’Afrique du Nord et notamment du Maroc jusqu’au XVIe siècle, des côtes atlantiques aux montagnes du Rif et de l’Atlas. Ils étaient encore abondants au XVIIIe siècle près des villes. En 1846, un lion avait été tué près de Tanger. Selon les spécialistes, le dernier lion aurait été tué en 1895. Seuls subsistent actuellement les lions captifs du zoo de Rabat, d’ailleurs hybridés avec des lions d’Afrique centrale.

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Alors, comment interpréter ces légendes locales de Chefchaouen ? Renseignement pris auprès d’un spécialiste de l’espèce, Simon Black, le dernier lion aperçu au nord du pays (soit le Rif) l’a été en 1895, mais cela ne signifie pas qu’il ait été le dernier de la région. Ainsi en Algérie, quelques petites populations se sont maintenues jusque dans les années 1930, voire 1940, le dernier ayant été vu en 1956. Il est possible au vu des modèles d’extinction établis par les scientifiques que les lions aient finalement persisté au Maroc et en Algérie jusque dans les années 1960. Ce qui fait que la légende locale pourrait bien avoir un fonds de vérité. Mais la disparition du bétail pourrait aussi être le fait de léopards, qui se maintiennent toujours dans la région.

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Il faudrait finalement bien pour que cette montagne unique, bordant une ville unique, retrouve sa splendeur d’antan. Une meilleure protection du site et de sa faune, ainsi qu’une prise de conscience des Etats, tant européens que marocain, pour éviter que ne soit cultivé industriellement cette plante hallucinogène jusqu’au cœur d’un des derniers sanctuaires de nature d’Afrique du Nord.

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Quelques références
Alaoui, M.L., Knees, S. & Gardner, M. 2011. Abies pinsapo var. marocana. The IUCN Red List of Threatened Species 2011 : e.T34126A9841418. http://dx.doi.org/10.2305/IUCN.UK.2011-2.RLTS.T34126A9841418.en.

Delson E., Harvati K. 2008 Return of the last Neanderthal. New finds from Gibraltar date Mousterian tools to as recently as 28,000 years ago. Nature News and Group, 1-2.

Izddine M. 2009 Le macaque de Barbarie menacé de disparition MarocHebdo le 17 – 07 – 2009

Modolo L., Salzburger W., Martin RD 2005 Phylogeography of Barbary macaques (Macaca sylvanus) and the origin of the Gibraltar colony. 7392–7397 _ PNAS _ May 17, 2005 _ vol. 102 _ no. 20
Quézel P., Médail F. 2003 Ecologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen. Editions Elsevier.

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Le très discret guépard du Sahara

Voici un article sur le guépard au sud de l’Algérie, publié dans La Nouvelle République (Algérie) du lundi 2 janvier 2017.

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par M’hamed Rebah

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Laurie Marker, fondatrice et directrice exécutive du CCF (fonds pour la conservation du guépard), avec un guépard – photo CCF

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Très rarement visible dans la nature, le guépard a fait irruption dans les médias, remplissant colonnes et écrans après l’alerte lancée par le Fonds pour la conservation du guépard (CCF, fondé en 1990, basé en Namibie), à propos du risque de son imminente extinction.

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La sonnette d’alarme a été tirée dans un rapport intitulé Le déclin mondial du guépard et ce que cela signifie pour la conservation, écrit par le Dr Laurie Marker, fondatrice et directrice exécutive de CCF, et le Dr Anne Schmidt-Kuentzel, directrice adjointe de la santé animale et de la recherche de CCF, et publié dans le journal Proceedings de la National Academy of Sciences.

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L’état des lieux dressé concernant la population restante de guépards réduite à 7 000 en Afrique et un petit nombre de moins de 50 en Iran, a amené le CCF à revendiquer le passage du statut des guépards d’espèce « vulnérable » à « espèce menacée ».

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Les médias qui ont rapporté l’information ne font pas état d’une référence à l’Algérie, mais les écologistes algériens et plus particulièrement les spécialistes du guépard se sentent certainement directement interpellés. En mars 2016, dans une déclaration au site d’informations Huff Post Maghreb, Abdelkader Benkheira, directeur de la protection de la faune et la flore à la Direction générale des Forêts, a confirmé la présence du guépard sahélo-saharien (Acinonyx jubatus hecki) dans les massifs du Tassili N’Ajjer et du Hoggar, au sud du pays, tout en rappelant qu’il est classé en « danger critique ». Si les effectifs de la population des guépards du Sahara déclinent dans son aire globale (bande sahélo-soudano-saharienne), ils sont par contre, a-t-il fait remarquer, en augmentation en Algérie. Il s’appuie sur « les inventaires d’organismes nationaux et internationaux qui montrent que la plus forte concentration de la population du guépard sahélo-saharien se trouve dans notre pays ».

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Guépard sahélo-saharien (Acinonyx jubatus hecki) – photo Wikipedia

En 2012, déjà, des spécialistes du félin de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) avaient relevé que « l’Algérie et le Tchad supportent la plus grande majorité des guépards de cette région, comprenant plus de 88 % de l’aire de l’habitat de l’espèce ». Ils estimaient leur nombre en Algérie à 38.

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Abdelkader Benkheira a donné quelques indications sur leur localisation dans le désert de Tanazrouft et le Tassili N’Ajjer qui offrent l’eau, le gibier et la quiétude qui sont « les conditions optimales pour la vie et la reproduction des guépards ». Mais ils sont aussi dans d’autres régions du Sahara, a-t-il ajouté sans plus de précision.

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On comprend sa prudence, le guépard du Sahara est l’une des espèces les plus menacées d’Afrique du Nord. A l’échelle internationale, il figure sur l’annexe I de la CITES à laquelle l’Algérie a adhéré en décembre 1982 et il a été intégré dans la liste rouge des espèces en danger d’extinction par l’UICN en 2001. En Algérie, la loi sur la chasse de 2004 le protège et l’article 3 de l’ordonnance du 15 juillet 2006 l’a inscrit, avec la gazelle dorcas, en tête de la liste des espèces animales menacées de disparition. Sa chasse est interdite. L’infraction est punie d’une peine d’emprisonnement d’un an à deux ans et d’une amende de cent mille dinars (environ 850 euros) à trois cent mille dinars (environ 2500 euros). En cas de récidive, la peine est portée au double.

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Plusieurs institutions algériennes sont mobilisées pour sa protection et sa réhabilitation. Une opération de conservation de l’espèce dans les régions du sud (Tamanrasset et Illizi) a été mise en place dans le cadre du programme UICN de l’Afrique du Nord, dans le but de récolter des informations relatives à l’état, à la distribution et à l’écologie du guépard. Il était question également de la création d’un centre de reproduction des espèces sahélo-sahariennes à Ghardaïa pour servir à sa réintroduction en milieu naturel. Pour sa part, Abdelkader Benkheira a parlé d’un plan pour la réhabilitation du guépard en Algérie, envisagé par l’Agence nationale pour la conservation de la nature (ANN), en partenariat avec l’UICN.

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Pétrole et changement climatique : l’accord de Vienne fait oublier celui de Paris

Dans les quatre ans à venir, l’investissement des grandes villes du monde pour lutter contre le changement climatique atteindra 375 milliards de dollars consacrés au remplacement des énergies fossiles par les énergies propres, telles que l’énergie solaire et l’énergie éolienne.

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par M’hamed Rebah

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c40_mayors_summit_2016C’est l’annonce faite à Mexico, jeudi 1er décembre 2016, par le groupe C40, qui est un réseau rassemblant les maires de grandes villes du monde. Le même jour, à Alger, une émission de Canal Algérie, chaîne de télévision publique, diffusée en direct, consacrée à l’Accord de Vienne conclu la veille par les pays exportateurs de pétrole, montrait, à travers un débat d’experts, que les préoccupations, chez nous, étaient plutôt centrées sur ce que pouvait rapporter encore la vente de cette énergie fossile.

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Il y a eu, durant le débat, quelques allusions furtives aux énergies renouvelables, mais l’impression qui s’est dégagée des échanges laisse penser que l’Accord de Vienne, qui redonne espoir aux pays qui vivent de l’exportation du pétrole, a fait oublier l’Accord de Paris qui consacre une démarche, en sens contraire, de réduction de l’utilisation des énergies fossiles – et le pétrole en est une par excellence – dans la perspective d’aller partout vers une économie non carbonée.

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La grande crainte exprimée au cours du débat de Canal Algérie est liée au degré de fragilité de l’Accord de Vienne, dont la décision de réduire les quantités de pétrole sur le marché mondial, risque d’être remise en cause par le nouveau président américain élu, Donald Trump, qui a promis d’engager les Etats-Unis dans le « tout fossile » sans limite, gaz de schiste, évidemment, compris.

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Quant à l’Accord de Paris (ratifié par l’Algérie le 13 octobre 2016), entré en vigueur le 4 novembre 2016 à la veille de la COP22 (22e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Marrakech, Maroc), il n’a pas été cité par les experts présents au débat, alors qu’il est sérieusement menacé par le même Trump qui pourrait en faire sortir son pays, et annuler ses engagements de financements « climat ». Il a dit que le changement climatique est un « canular ».

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Par beaucoup d’aspects, la démarche « politique » de lutte contre le changement climatique manque de crédibilité, voire de sérieux, à cause des multiples contradictions qui la marquent. Ainsi, pour la COP22, la mise en œuvre de l’Accord de Paris est vue comme une « priorité urgente », mais elle laisse un délai de deux ans pour en définir les modalités. Les pays de l’OPEP ne manquent pas une occasion pour souligner l’importance de promouvoir des alternatives énergétiques propres, ont signé et certains d’entre eux ont ratifié l’Accord de Paris, mais ils ne veulent pas ou ne peuvent pas abandonner le pétrole. De laborieuses tractations ont été nécessaires pour les amener à accepter de réduire leurs productions respectives de pétrole, et ce n’était pas pour des raisons climatiques mais pour faire remonter les prix, alimentant une spirale de production interminable puisqu’à 60 dollars le baril – qui est le niveau espéré par l’Accord de Vienne – les investisseurs seront encouragés à reprendre leurs forages même pour le non conventionnel, gaz et pétrole de schiste.

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Les investisseurs, ce sont les sociétés pétrolières qui, en même temps, c’est le cas de BP, Statoil et Royal Dutch Shell, affirment qu’elles veulent agir pour le développement des énergies renouvelables. En Algérie, il est question de confier la réalisation du programme de développement des énergies renouvelables à Sonatrach dont l’objectif prioritaire, pour le moment, est de développer ses capacités de production…d’hydrocarbures. Dans le système mondial actuel, la lutte contre le changement climatique s’efface devant l’impératif de l’accroissement des recettes d’exportations de pétrole tirées par une forte demande destinée à répondre aux besoins des pays consommateurs, tous deux, pays producteurs et consommateurs, engagés dans une compétition internationale qui exige toujours plus de croissance économique. Sans être spécialement dominée par les climato-sceptiques, l’opinion publique, en Algérie, ne montre pas un grand enthousiasme pour la lutte contre le changement climatique. Dans les médias algériens, les contributions sur le projet de loi sur la retraite ont eu plus de lectures que celles, très rares, publiées sur le thème de la COP22. Il reste aux écologistes soit la consolation que procure le vœu pieux de changement de paradigme, soit l’action persévérante, et coordonnée, pour renforcer les dynamiques locales qui finiront par consacrer ce changement de paradigme.

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Cet article a été publié le lundi 5 décembre 2016 dans la Nouvelle République (Algérie).

Pour en savoir plus sur la COP 22, voir le dossier de la SERE (cliquez ici).

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COP 22 : vers de nouvelles perspectives de développement durable

Sans déroger aux règles de négociations sur le climat, la COP 22 s’est terminée par deux longues soirées intenses, avec au bout un consensus, un programme et plusieurs interrogations.

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par Houmi Ahamed-Mikidache

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Les engagements

C’est dans un esprit courtois et de cohésion que se sont déroulées pendant deux semaines les discussions intenses, a souligné le président de la COP et ministre des affaires étrangères marocain, Salaheddine Mezouar.

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Séance finale de la COP22 à Marrakech, novembre 2016 – photo DR

L’enjeu était de taille : la mise en œuvre de l’accord de Paris. Annonces remarquées : l’initiative du Maroc pour l’eau en Afrique, l’initiative d’accès à l’énergie des pays les moins avancés, le financement de l’initiative d’accès à l’énergie en Afrique, l’initiative africaine pour l’agriculture, les 10 000 engagements financiers des dirigeants d’entreprises, soit plus de 8 trillions de dollars pour réduire les émissions de CO2, la fermeture des frontières des forêts par la Colombie pour lutter contre les conflits, l’engagement des villes pour réduire les émissions de CO2 de 1 gigatonne par an d’ici 2030, le programme de soutien résilient au climat des économies des océans en Afrique par la FAO, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement, la volonté de réduction de 7 gigatonnes à 3,1 tonnes d’ici 2030 par les transports, la signature des 130 maires du monde pour un système alimentaire durable pour les villes par l’agriculture.

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Autres initiatives : la présentation d’un outil d’évaluation sur la résilience qui permettra notamment d’établir des rapports qualitatifs normalisés à la Convention mondiale des maires sur les engagements relatifs à l’adaptation. Autres avancées : mise en place d’un nouveau cadre quinquennal au sein du Mécanisme international de Varsovie relatif aux pertes et préjudices et assistance technique et financière (baptisé African Package for Climate-Resilient Ocean Economies) pour soutenir les économies vivant de l’océan en Afrique et renforcer la résilience au changement climatique des zones côtières par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD).

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Les partenaires de la COP22 pour l’action sur les océans ont publié une feuille de route stratégique pour des mesures en faveur des océans et du climat de 2016 à 2021, qui propose une vision de l’action sur les océans et le climat au cours des cinq prochaines années pour six océans. Autres engagements : la création d’un fonds de 500 millions de dollars, « l’investissement de Marrakech pour l’adaptation », le fonds vert pour les femmes créé notamment par l’acteur Leonardo Di Caprio et l’émergence d’une finance verte en Afrique. Dix-neuf autorités et échanges de marchés de capitaux africains, représentant 26 pays africains, ont signé et approuvé l’Engagement de Marrakech pour l’encouragement des marchés de capitaux verts en Afrique.

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L’action

Après Paris, présentée comme la COP de la décision, Marrakech s’est présentée comme la COP de l’action. Grande nouveauté issue de la décision de l’accord de Paris : l’intervention pendant un an des championnes de haut niveau pour le Climat : la Ministre de l’environnement du Maroc Hakima El Haité et Laurence Tubiana, négociatrice en chef française. Objectifs : encourager les initiatives individuelles et collectives et faciliter les échanges entre les acteurs non-étatiques et étatiques.

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Hakima El Haité et Laurence Tubiana -Photo UNFCCC

« Nous avons trouvé des partenaires engagés et coopératifs : ces partenaires nous prouvent aujourd’hui par leurs réalisations, par leurs plans d’action que l’élan d’une transition vers un avenir sobre en carbone et vers une civilisation résiliente est irréversible », a déclaré Mme El Haité lors du Segment de haut niveau sur l’accélération de l’action.

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Plus de 5000 personnes se sont retrouvées dans la ville ocre. De nombreux événements à thèmes ont eu lieu en marge des négociations avec la présence significative notamment de négociateurs, de ministres, de chefs d’Etat et d’acteurs non étatiques.

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Un jour avant la fin de la COP 22, les championnes ont ainsi lancé le partenariat de Marrakech pour l’action globale pour le climat, une action initiée à partir du Sommet organisé en 2014 à Lima par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, et suivie à Paris à travers l’agenda de l’action Lima-Paris.

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« Ce partenariat de Marrakech pour l’action globale ne nous appartient pas, il appartient à tous : c’est un espace de renforcement des ambitions et de collaboration qui comble les fossés », a expliqué Mme Tubiana qui a annoncé ne pas poursuivre sa carrière de négociatrice ainsi que ses actions au sein de la Convention sur le Climat à l’issue de la COP. Le partenariat de Marrakech couvrira les questions liées à l’utilisation des terres (agriculture, forêt…), à l’eau, aux zones côtières, à l’établissement humain, à l’énergie, aux transports et à l’industrie. Il appuiera l’action climatique au cours de la période 2017-2020.

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A Marrakech, tous les négociateurs saluent unanimement les avancées de l’action des championnes et le travail des Parties. « A Marrakech, nous avons fait de nombreux progrès, notamment dans les questions liées au genre et changements climatiques, le transfert de technologies et développement et le renforcement des capacités », indique le négociateur en chef de la République Démocratique du Congo, et président du Groupe des pays les moins avancés, Tosi Mpanu Mpanu.

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Quid du financement

Mais le financement climat destiné aux pays en développement a été au cœur des négociations pendant ces deux semaines. Autre problématique : l’ambition et la révision des plans nationaux. Conditionnés. La plupart des plans nationaux africains sont en attente de financement, même si d’après le président du Groupe des négociateurs africains, Seyni Nafo, la réponse climatique vient actuellement des Etats africains et de leur budget.

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A Marrakech, des solutions ont été apportées sur cette question : la coalition de pays en développement et développés et d’institutions internationales qui collaborent dans le but de s’assurer que les pays reçoivent le soutien technique et financier pour la mise en œuvre de leur plan d’action national.

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De nombreuses actions ont été mises en avant par les présidents africains lors du Segment de haut niveau et lors du Sommet africain pour l’action. Ils se sont même prononcés sur la nécessité d’un équilibre sur le financement de l’adaptation et de l’atténuation lors de la réunion de haut niveau sur le financement climat (demande du président de la Zambie, Edgar Lungu). Mais la réflexion sur l’équité entre le financement de l’adaptation et de l’atténuation reste en suspens et pose question sur le financement climat, selon la société civile. D’après Tracy Carty d’Oxfam Angleterre, il n’existe pas à ce jour, de procédure commune permettant de comptabiliser le financement climat. La notion des prêts notamment n’est pas évaluée de la même manière en fonction des pays.

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Pour M. Mpanu Mpanu, il est important de mobiliser des financements publics pour des activités d’adaptation. « Nous demandons aux pays développés d’augmenter le fonds d’adaptation pour les pays les moins avancés, un fonds qui continue à être sous-alimenté », souligne-t-il. Le fonds d’adaptation est né en 2001 à Marrakech sous le protocole de Kyoto.*

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Qu’en pense l’Angleterre qui vient de ratifier l’accord de Paris ?

« Nous avons entendu le message clair demandé par les pays en développement : la demande d’une feuille de route de financement avec une méthodologie solide, avec des engagements sur le financement public, et nous avons entendu la demande concernant l’adaptation et un accès facile au financement, les inquiétudes des petits Etats insulaires qui se sentent déconnectés », a expliqué Nicholas Richard Hurd, ministre anglais de l’énergie, lors d’un sommet de haut niveau sur le financement climat à Marrakech. Et d’ajouter : « on espère que la feuille de route que nous présentons répond aux attentes.» L’Angleterre et l’Australie ont publié une feuille de route sur l’accès au financement des 100 milliards de dollars par à partir de 2020.

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D’après les analyses de l’OCDE, les pays développés sont sur le point de répondre aux engagements, par un important financement public. « Il y aura une augmentation du financement climat public de 60 % : le rapport montre que le financement de l’adaptation devrait doubler d’ici 2020 », a-t-il annoncé lors de cette réunion.

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Les Etats insulaires dans l’attente

Mais cette feuille de route est jugée peu satisfaisante par les petits Etats insulaires en développement.« Le chemin est encore long, et nous devons nous poser les questions clés sur l’accès aux 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 : que constitue la finance climat ? Y aura-t-il de nouveaux financements ? Comment le financement public sera utilisé pour appuyer les investissement privés ? Comment se présentera l’équilibre entre le financement de l’atténuation et de l’adaptation ? », a interrogé le négociateur en chef des petits Etats insulaires en développement, et représentant des Maldives, Amjad Abdulla.

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L’accord de Paris stipule dans sa décision du 12 décembre 2015, que les pays développés doivent amplifier leur aide financière, en suivant une feuille de route concrète afin d’atteindre l’objectif consistant à dégager ensemble 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour l’atténuation et l’adaptation tout en augmentant sensiblement le financement de l’adaptation par rapport aux niveaux actuels et continuer à fournir un appui approprié en matière de technologies et de renforcement des capacités.

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A l’issue des négociations, la Conférence des Parties servant à la réunion des Parties de l’Accord de Paris a décidé que le Fonds d’Adaptation doit servir à l’accord de Paris, mais les décisions concernant la gouvernance et les arrangements institutionnels, ainsi que les modalités opérationnelles seront prises en 2018 lors de la COP 24, en Pologne.

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A ce jour, 111 pays ont ratifié le texte de Paris. Le dernier rapport « The civil society review » du collectif d’ONG, intégrant notamment Climate Action Uganda, intitulé « Setting the past toward 1,5° C » explique que seulement 30 à 44 % de réduction de gaz à effet de serre suffirait pour atteindre les 1,5 ° C en 2020 (objectif préconisé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Mais sans action de réduction de gaz à effet de serre avant 2020, il sera compliqué d’atteindre cet objectif. Lors de la session de clôture, l’Afrique du Sud, au nom du groupe BASIC (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud), a insisté fermement sur la nécessité de discuter dans quelques mois des actions liées à l’ambition pré-2020.

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Prochaines rencontres sur le climat : mai 2017 et novembre 2017. La COP 23, organisée par les îles Fiji, aura lieu à Bonn (Allemagne), pour des raisons techniques. Nombreuses sont les discussions dont la finalisation  aura lieu en 2018 lors de la COP 24. 2018 : année où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) présentera son nouveau rapport.

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* Protocole de Kyoto : signé en 1997 et entré en vigueur en 2005 et arrivé à terme en 2012, mais pas respecté. En 2012, la Conférence des Parties a adopté un amendement à Doha. Cet amendement a permis d’établir le second engagement du protocole de Kyoto, qui a commencé le 1er janvier 2013 et se terminera le 31 décembre 2020. A ce jour, 73 pays l’ont ratifié.
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Cet article a été publié ici sur le site Era Environnement.

Pour en savoir plus sur la COP 22, voir le dossier de la SERE (cliquez ici).

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Marrakech : la Conférence des parties numéro 22

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22 de Marrakech, voici le carnet de route de l’un de nos journalistes présents sur place.

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par Bernard Desjeux

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Les JNE en voyage au Maroc avec l’AJE (dans le cadre de l’AJEC21)  à l’occasion de la COP22 de Marrakech en novembre 2016 – photo Bernard Desjeux

« Vous croyez vraiment que cela sert à quelques choses ces grands messes aux quatre coins du monde ? » D’un revers de la main, d’une phrase, sont balayées des années de luttes, d’actions, de réflexions. Faire signer à 196 pays un texte confirmant les accords de Paris engageant à améliorer le modèle de production économique, vous trouvez ça petit, vous ? Vous pensiez peut-être vous réveiller le lendemain dans un paradis, sain de corps et d’esprit, frappé d’un coup de baguette magique : l’air serait pur, les aliments sains, les eaux des océans à leur place, le réchauffement climatique une farce…

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Oui, il y eut par le passé des changements climatiques, des mers partout, des volcans en furie, mais ces changements s’effectuèrent sur des millions d’années. Depuis une centaine d’années, depuis l’ère industrielle, tout s’accélère. C’est du moins ce que disent les « carottes » de glace étudiées par les scientifiques. Si l’on veut encore pouvoir respirer, il vaudrait mieux changer d’attitude tant qu’il est encore temps. Vivre avec la nature et non contre elle. Les Chinois – dont les économistes ont célébré les « progrès » et la « croissance » – s’en rendent compte tardivement quand ils cherchent leurs masques de protection pour sortir dans des villes asphyxiées, quand ils ne voient plus le soleil qu’à travers un écran de pollution. Ils réduisent drastiquement leur production d’énergie par le charbon.

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Alors, vous allez faire quoi là-bas dans ces COP ?
Nous sommes quelques-uns, journalistes JNE et AJE réunis sous l’acronyme AJEC 21, à justement essayer de comprendre ce qui se passe, à essayer de partager ce que nous voyons, comprenons, vivons. Raconter des histoires, faire des analyses, des synthèses.

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Il y a ceux qui font de l’actu. Leur exercice n’est pas commode : bien connaître le sujet, vite démêler le vrai du faux, faire une analyse rapido. Leurs interlocuteurs sont les grands de ce monde, ceux qui décident parfois sans trop savoir autre chose que ce que les experts ont préparé, qui sont dans les rapports de force, peuvent dire l’inverse du jour au lendemain, sortir une formule choc pour attirer l’attention : les « petites phrases ». Ils croisent les attachés de presse, les autorités qui vous caressent dans le sens du poil. Cela demande d’être costauds pour rester humble devant les faits d’autant plus que son nom est dans le journal…

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Hollande et les médias à la COP 22 – photo Bernard Desjeux

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Nous avons croisé le président français défilant dans les allées entouré d’une forêt de caméras, d’appareils photo, de micros, de service d’ordre. On se demande vraiment à quoi cela sert puisqu’il ne voit rien, ne rencontre personne. Il se montre, c’est tout et ce n’est pas beaucoup. Ces journalistes-là ont le droit de pénétrer dans la zone bleue, la zone des conférences, des rencontres officielles. Cette zone à laquelle nous n’avons pu accéder, incapables de dompter ce foutu Internet qui répond qu’il y a déjà un Desjeux dans la machine ! Nos amis africains qui s’y trouvent ont la gentillesse d’en sortir pour venir nous saluer rapidement. Ils sont pressés, leur président les attend pour faire le point. Salut ! à la prochaine.

 

 

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Au ras des pâquerettes
Nous laissons, Catherine et moi, ce genre d’exercice à d’autres, bien incapables de comprendre aussi vite ce dont trente mille personnes discutent, ce que trente chefs d’Etat africains réunis à déjeuner vont se dire entre deux avions, deux conférences, deux sommets.* Nous décidons, avec quelques autres, d’aller au ras des pâquerettes, aux rencontres sur le terrain que Carine Mayo a concoctées avec Annie Lauvaux. Annie vit et travaille à Marrakech au sein de la structure Maroc Inédit qu’elle a créée.

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Pour avoir été à Marrakech il y a une trentaine d’années je peux vous dire – même si ma mémoire est un peu fatiguée – que je ne reconnais pas grand chose de cette ville ocre parsemée de palais, aujourd’hui cernée par des quartiers neufs, des avenues où les ronds-points brillent des symboles royaux. La palmeraie autrefois verdoyante est complètement déglingue, un vrai champ de ruines : abandon des cultures, pression immobilière, multiplication des forages individuels…

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Visite de la centrale solaire Noor, près de Ouarzazate, dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (JNE et AJE) à l’occasion de la COP22 de Marrakech en novembre 2016 – photo Bernard Desjeux

Alors pendant que nos petits camarades arpentent la Zone bleue et les conférences plénières, nous fonçons à Ouarzazate voir Noor, cette fameuse centrale solaire qui sera la plus grande d’Afrique, la 7e du monde. Celle qui, complétée par des parcs éoliens, permettra au Maroc de produire 52 % de l’électricité du pays avec des sources renouvelables ou plutôt « sustainable », cela fait mieux. Je n’insisterai pas sur le fait qu’avec Catherine on ne reconnaît pas non plus Ouarzazate, autrefois modeste bourgade blottie autour d’une magnifique Kasbah de terre, aujourd’hui cité moderne : larges avenues bordées de lampadaires, studios de cinéma accueillant des productions du monde entier, grands hôtels…

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La centrale est à une dizaine de kilomètres. Notre chauffeur, Abdel, nous y conduit par une belle route goudronnée traversant un paysage de cailloux, parfois blanchis par des remontées de sel, autrement dit un paysage carrément désertique.
À terme, 3000 hectares de cailloux seront transformés en machine électrique alimentée par le soleil. En gros, c’est une machine à vapeur : la première des quatre tranches, déjà en exploitation (160 MGW), utilise 1,750 millions de m3 d’eau par an portés à ébullition, chauffés par une huile synthétique qui circule devant les miroirs. Puis la chaleur stockée dans de grandes cuves de nitrate de potassium fait tourner les turbines. Une fois toutes les tranches terminées, après le passage dans les transformateurs, la puissance sera de 500 mégawatts. L’intérêt de cette technologie est de pouvoir stocker l’électricité pendant 3 heures et, donc, de la restituer la nuit. Consommer de l’eau en zone désertique, est-ce bien raisonnable ? Le barrage de El Mansour Eddahbi contient 400 millions de m3 d’eau. Le prélèvement est donc négligeable, mais pour le diminuer les nouvelles tranches ne consommeront pas d’eau, mais de l’air. M. Youssef Stitou, ingénieur de réalisation senior formé à Centrale Lyon, répond tranquillement à toutes les questions, sauf en ce qui concerne les financements.

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Restent les panneaux pour s’informer : la centrale est gérée par Masen, société privée de droit public, mise en œuvre par un fonds saoudien Acwa power. L’argent vient de la Banque mondiale, de l’allemand GZ, de l’Agence française de développement… L’électricité est vendue au réseau national marocain de l’ONEE. Contrairement à la production obtenue par l’éolien, il n’ y a pas d’accord pour une source dédiée particulière et le montage financier est prévu pour 25 ans. On peut discuter sur les mesures d’accompagnement, la quasi-spoliation de terres stériles achetées 1€/m2 aux collectivités locales, sur le peu d’emplois créés car il suffit de 78 personnes pour faire tourner l’ensemble (2000 pour la construction, essentiellement chinois ou espagnols).

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Je trouve cependant que faire une telle quantité d’énergie avec du soleil est une belle réussite qui ne demande qu’à faire des petits. Nous assisterons d’ailleurs dans la semaine à la signature entre le président de Masen, M. Mustapha Bakkoury, et M. Djiby Ndiaye, directeur général de l’Agence nationale des énergies renouvelables du Sénégal (ANER), pour la construction d’une centrale solaire plus petite produisant 50 mégawatts et consommant seulement 100 000 m3 d’eau par an. Elle viendra après l’établissement d’un atlas solaire et la faisabilité d’une telle industrie. Il me semble qu’à terme cela pourrait aussi permettre au Mali d’épargner, par exemple, au fleuve Niger la construction de barrages calamiteux pour son écosystème. En tous cas, c’est à voir. En tous cas un peu partout, les énergies renouvelables vont prendre le pas sur les énergies fossiles.

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Pendant ces huit jours, nous multiplions des rencontres riches et variées. Tout d’abord la découverte d’un système traditionnel de gestion de l’espace en pays berbère, l’agdal. Ayoub – un doctorant préparant sa thèse sous la direction de Geneviève Michon, ethnobotaniste à l’IRD – nous traduit la discussion avec El Houssein Bel Lahsen, un berger du Haut Atlas, face au Toubkal qui culmine à 4167 m.

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À Asni, des arboriculteurs en coopérative agricole sont accompagnés dans les bonnes pratiques d’agroécologie et de gestion par l’ONG Agrisud présente dans de nombreux pays d’Afrique. J’ai le plaisir d’y retrouver son directeur général, Yvonnick Huet, ancien volontaire du progrès dans la région de Diffa au Niger. L’après-midi, nous irons dans la célèbre palmeraie de Marrakech, aujourd’hui bien mal en point.

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Mercredi, l’architecte Denis Coquard nous reçoit à sa villa Janna (le Paradis), un magnifique espace de 2,5 hectares où il a bâti un Centre de la terre de 4 700 m2. Denis est clair, précis, lumineux comme son architecture qu’il explique avec plaisir.

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Jeudi, nous rencontrons : Béatrice Bonnaire et son projet d’écotourisme Aloé Agafay où elle pourra accueillir des hôtes en autosuffisance aux portes du désert, complété par une plantation d’aloé vera ; Guillaume Turgis, présent avec Fridome, son bus transformé en car aménagé. Il est quasi autonome avec des panneaux solaires inclinables et un système de collecte d’eau de pluie. Reste la consommation importante de carburant, mais il « booste » déjà son moteur avec de l’hydrogène obtenue par électrolyse (-30 % de gasoil), en attendant l’huile de friture ; Marie-Cécile Royal Benbiga, qui installe avec son mari des éco-bivouacs sous tentes caïdales, que ce soit dans la palmeraie de Casablanca ou en plein désert, à la demande.

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Vendredi, rencontre avec Thierry Ruf, chercheur à l’IRD et de l’université de Marrakech. Il nous permet une meilleure compréhension de la ressource en eau de la région et du fonctionnement des khettaras, ces adductions d’eau propres aux régions désertiques. Thierry a participé à la conception du Musée de l’eau de Marrakech. Malheureusement, nous ne pourrons le visiter car le roi ne l’a pas encore inauguré. On reviendra.

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Entre ces visites de terrain, nous nous rendons dans la Zone verte de la COP22, où se tient la société civile. On y trouve des voitures électriques, des vélos solaires, des agoras, des expositions – dont une terrifiante, « Mind the earth », montée par un Hollandais avec des images satellite Google Earth –, la fondation du roi du Maroc omniprésente à tous les niveaux, des banques, des vendeurs d’engrais AAA pour une agriculture raisonnée, ben voyons !, des bouteilles d’eau végétales fabriquées à partir de canne à sucre…

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Nous faisons la connaissance de Serge Stéphane Gnako, de l’AREPEC, une association de reconversion de migrants de 17 pays africains : une grande leçon d’humilité. Au-delà du brouhaha, c’est peut-être la conversation qui nous a le plus marqués. Bonne surprise sur un stand associatif collectif où se tient également Agrisud : nous retrouvons notre grand ami Manny Ansar, créateur et directeur du Festival au désert de Tombouctou. Chassé par des terroristes obtus, il a imaginé une caravane de la paix avec les grands musiciens maliens, Tinariwen, Bassekou Kouyaté, Salif Keïta… En mars, ils seront au Maroc, à Merzouga, on en reparlera. Salif, autre compagnon de route, justement, participe avec quelques autres musiciens dans l’ancien palais Badii à un concert autour de la lumière solaire en Afrique. Nous y entendons Angélique Kidjo, une vieille connaissance béninoise, Oum, entendue cet été sur l’île d’Oléron, et puis la découverte d’Akon. J’ai l’impression que nous sommes les seuls parmi les 3000 spectateurs à ne pas le connaître : fantastique show dans le prolongement des Blacks américains des années 60.
En tous cas, nous ne sommes pas les derniers à chanter avec tous le refrain : freedom, freedom… Cela fait cinquante ans que cela dure.

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* Pour voir l’étendue d’une partie du sujet, on peut se référer au livre : Développement durable et émergence de l’Afrique, aux éditions Grandvaux/PNUD pour la COP21 de Paris (800 pages).

Pour en savoir plus sur la COP 22, voir le dossier de la SERE (cliquez ici).

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L’agdal, mode de gestion traditionnel des ressources naturelles par les communautés berbères

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22, rencontre autour de l’agdal, mode de gestion traditionnel des ressources naturelles par les communautés berbères.

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par Myriam Goldminc

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Geneviève Michon de l’IRD, 2e en partant de la gauche, avec des journalistes des JNE. Au centre de la photo, un berger berbère – photo Myriam Goldminc

 

Spécialiste des savoirs locaux et de la domestication de la forêt, Geneviève Michon est directrice de recherche à l’Institut de Recherche sur le Développement (IRD).

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Elle nous explique en quoi consiste l’agdal, un système de gestion communautaire des forêts et des pâturages mis en place par les paysans berbères pour assurer un accès partagé aux ressources naturelles.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter notre entretien audio avec Geneviève Michon.

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Pour en savoir plus sur la COP 22, voir le dossier de la SERE (cliquez ici).

 

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La réhabilitation écologique de la palmeraie de Marrakech

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22, rencontre autour de la réhabilitation de la palmeraie de Marrakech.

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par Myriam Goldminc

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Elphège Ghestem-Zahir (Agrisud International) présente la réhabilitation de la palmeraie de Marrakech – photo Myriam Goldminc

Directrice adjointe des opérations au sein de l’ONG Agrisud International, Elphège Ghestem-Zahir nous présente la réhabilitation de la palmeraie de Marrakech et l’accompagnement des agriculteurs dans la mise en place de pratiques agro-écologiques.
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Cliquez  sur le lien ci-dessous pour écouter notre entretien avec Elphège Ghestem-Zahir.

 

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Pour en savoir plus sur la COP 22, voir le dossier de la SERE (cliquez ici).

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Un bus écologique dans les montagnes marocaines

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22 de Marrakech, une encontre insolite avec un homme, Guillaume Turgis, qui, au coeur de l’Atlas marocain, a transformé un bus en habitation nomade écologique.

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par Myriam Goldminc

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Guillaume Turgis et son bus écologique dans l’Atlas marocain – photo Carine Mayo

Cliquez sur les liens ci-dessous pour écouter l’entretien avec Guillaume Turgis.

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Si vous n’arrivez pas à ouvrir le fichier audio ci-dessus, vous pouvez télécharger le logiciel gratuit VLC qui lit la plupart des vidéos et des sons. En cas de difficulté, vous pouvez enregistrer le fichier sur votre ordinateur en double-cliquant sur le lien, ouvrir le logiciel, puis ouvrir le fichier à l’aide de celui-ci.

 

Pour en savoir plus sur la COP 22, voir le dossier de la SERE (cliquez ici).
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