Actualités internationales

Climate Chance : déclaration commune et mobilisation exceptionnelle des acteurs non étatiques à Agadir

Franc succès pour le cru 2017 Climate Chance à Agadir, au Maroc.
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par Dominique Martin Ferrari

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Le sommet Climate Chance à Agadir en septembre 2017 – photo Dominique Martin Ferrari

Passés les couacs inhérents au « badging » et les surchauffes internet, les trois jours de rencontres ont été des plus fructueux. L’accueil de la région de Souss n’a pas fait mentir les traditions d’hospitalité marocaines, et malgré les 5000 inscrits (et un peu moins de présents) on a pu apprécier cette réunion à taille humaine sans rapport avec la folie des COPs.

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Quel était l’enjeu ?

Les acteurs non étatiques : collectivités territoriales, syndicats, secteur privé et public, jeunes, femmes…tentent depuis quelques années de se faire entendre , et mieux encore, à faire reconnaître leur message par les Etats qui sont les signataires des grands accords mondiaux sur le climat. Certes, l’étape COP est indispensable pour formaliser, légiférer, officialiser les engagements à échelle mondiale. Mais il faut tant de temps pour tomber d’accord que pendant ce délai, le réchauffement s’accélère. « Nous n’avons plus le temps », ont rappelé les orateurs lors de l’ouverture. Des élus ont donc jugé pertinent de créer des ponts entre tous ces acteurs non étatiques et de rassembler leurs actions pour plus d’efficacité.

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Faire des ponts. La route fut longue

Dès avant Copenhague en 2010, la CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis) et d’autres associations d’élus se préoccupent du sujet et tentent d’organiser les réseaux de collectivités. D’autres vont plus loin. Parmi eux, le sénateur Ronan Dantec, alors en charge du projet Nantes ville verte. Il veut créer un lieu où les acteurs non étatiques se retrouveraient. La démarche fut construite à Nantes avec Ecocity, en septembre 2013. Mais le texte final défendant spécifiquement la ville durable est d’abord mal reçu à New York au siège de l’ONU, puis les signatures affluent.

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Ronan Dantec (à g.) – photo Dominique Martin Ferrari

Le premier sommet climat et territoires à Lyon est un succès. On ne peut parler d’une vision claire des participants, mais « c’est une auberge espagnole où chacun trouve son bonheur. Tous ceux qui ont envie de dire quelque chose d’intéressant peuvent venir », précise Ronan Dantec. N’hésitant pas à expliquer : « On s’est inspiré d’Ecocity Montréal en 2011, d’Ecoville de Casablanca, initiative des élus africains où l’on avait assisté à un bouillonnement et à l’expression commune des acteurs. »

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Nous sommes à la fin d’un cycle, le lobby COP ne peut plus suffire.

Au lendemain de la COP 21, l’association Climate Chance est créée. Moins confortable pour les acteurs habitués au lobbying classique, les acteurs non étatiques peuvent y parler aux financiers, échanger en direct : le directeur de la Caisse des dépôts parle avec un universitaire lillois, Mestrallet (ex PDG d’Engie) discute avec les maires des communes marocaines et les conseille sur le montage financier de leurs projets. Ce type de lobbying n’existe pas à la COP, où la Banque mondiale reste maîtresse du jeu.

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Qu’en sortira-t-il ?

L’objectif des acteurs non étatiques est de devenir des associés au texte de facilitation de 2018. Texte qui selon l’accord de Paris devra analyser et évaluer les efforts d’atténuation, préciser les règles du jeu d’un nouveau système en vue de renégocier en 2020 les insuffisances et l’aggravation des phénomènes.

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Les acteurs de Climate Chance veulent délivrer des messages, travailler ensemble dans le cadre de coalitions thématiques en vue de structurer leurs échanges et de renforcer leurs actions climatiques concrètes et ainsi, mieux peser dans les débats ; ils espèrent en particulier renforcer les actions partout et dans tous les secteurs au sein des coalitions afin d’influer l’ambition pré-2020. La présence de Maria Spinoza, présidente de la CCNUCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques), a conforté l’importance de la réunion : « son équipe va regarder l’appel final », espère Ronan Dantec. Les acteurs français seront également un lobby fort, réuni le 10 décembre à Paris avant le sommet climat prévu par le président Macron le 12.

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C’est devant une salle pleine – ce qui est rare dans une réunion de clôture – et alors qu’une réunion de la CCNUCC avait démarré que fut lue dans l’enthousiasme la Déclaration d’Agadir de quatre pages rappelant tous ces espoirs. Les femmes, les jeunes toujours relégués ont apprécié d’y tenir une place dès le préambule.

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En conclusion, la championne marocaine du climat Hakima El Haité est venue secouer une dernière fois l’auditoire : « Avant, l’Afrique portait toute la misère du monde, sécheresse, manque de nourriture, sols épuisés… Aujourd’hui, les pays riches sont confrontés aux mêmes catastrophes liées au réchauffement climatique. Que l’on soit un pays dit plus développé ou que l’on soit le plus pauvre, la nature ne fait pas de concessions. »

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Le Sommet Climate Chance à Agadir

La 2ème édition du Sommet Climate Chance aura lieu du 11 au 13 septembre à Agadir (Maroc).

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Le Climate Chance sera l’un des événements clés pour les acteurs non étatiques du climat en 2017 (3000 participants de 60 pays prévus).

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Le programme est mis à jour quotidiennement sur le site internet du Sommet à l’adresse suivante :

http://climatechance-2017.com/programme/

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Jean-Luc Fessard (JNE) y animera un atelier sur le tourisme durable, le mardi 12 septembre de 13 h 30 à 15 h avec une quinzaine d’acteurs marocains.

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Des nouvelles des lynx lâchés dans la forêt du Palatinat

Luna, Kaja, Lucky et les autres lynx lâchés sont suivis à la trace grâce au GPS.

par Jean-Claude Génot

 

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Luna (femelle), Kaja (femelle) et Lucky (mâle) proviennent des Carpates slovaques : ils ont été lâchés l’un après l’autre le 30 juillet 2016 au nord de la forêt du Palatinat (Waldleiningen), en Allemagne, à environ 40 km de la frontière avec les Vosges du Nord.

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Ils portent un collier émetteur GPS qui avec la batterie pèse entre 300 g et 500 g selon le sexe, soit moins de 2 % du poids des lynx. Ce collier coûte 2000 € et il est fabriqué au Canada. Le GPS enregistre la position de chaque lynx (localisation à 2 m près) et l’envoie par SMS sur l’ordinateur des responsables du suivi. Quand la batterie est vide, le collier se détache lui-même. Si le signal du GPS est défectueux, il y a un émetteur VHF qui peut prendre le relais. Sur une zone plate, le signal VHF porte sur 1 à 1,5 km en zone plate et sur 500 à 600 m en pente.

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Les localisations GPS dépendent des animaux, de 3 à 4 points par jour à 8 à 10 points par jour. Le pointage indique la température, l’altitude et l’heure. Si plusieurs points sont rapprochés la nuit ou tôt le matin, c’est que le lynx a tué une proie. Si plusieurs points sont proches le jour, c’est que le lynx est dans son gîte diurne. Le lynx est actif surtout de la tombée de la nuit au matin. Enfin, le collier GPS n’est pas équipé pour connaître le rythme d’activité du lynx. Mais il y a une alerte si aucune activité n’est détectée au bout de 12 heures. Dans ce cas il est prévu qu’une déléguée à la protection de la faune sauvage du parquet de Kaiserslautern alerte la police qui peut dépêcher des experts pour venir enquêter.

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Les trois lynx se comportent de manière indépendante mais leurs chemins se croisent régulièrement. En journée, ils fréquentent la forêt et durant la nuit ils s’aventurent en zone ouverte. Les lynx traversent les routes. Leur proie principale est le chevreuil. Des cadavres ont déjà été identifiés, ils avaient été consommés plusieurs jours par les lynx.

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En octobre 2016, Lucky a attaqué des brebis et des chèvres dans deux parcs non entièrement clôturés ou non électrifiés. Ces parcs sont situés dans des vallées étroites en plein milieu forestier. Ils ont été immédiatement protégés par une clôture électrique et l’éleveur a été dédommagé pour ses pertes : 4 jeunes chèvres et 9 agneaux (3 tués et 6 disparus). Ce parc est situé actuellement dans le territoire de Lucky et de Rosa, une autre femelle.

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En janvier 2017, Lucky et Kaja ont fréquenté le même territoire et les mêmes endroits puis entre le 17 et le 20 février, ils ont passé du temps ensemble et se sont accouplés. Dix semaines plus tard, Kaja, âgée de 4 ans, a réduit ses déplacements. Le gîte de mise bas n’a pas été contrôlé pour protéger les animaux. Après deux semaines Kaja a déménagé vers une autre tanière. Ce changement de tanière permet au lynx d’éviter des infestations parasitaires et d’attirer l’attention avec trop d’empreintes. Quatre semaines après la naissance, les petits ont été pesés (1 et 1,3 kg) et ont été équipés de puces électroniques pour les identifier, ils étaient dans une petite cavité rocheuse. Pendant 9 semaines après la naissance, ils sont nourris au lait maternel puis ensuite ils suivent leur mère jusqu’à la proie qu’elle a capturé. Ils resteront avec leur mère environ 10 mois.

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Michael Back avec Bodo – photo JC Génot

Luna, après son lâcher, a fait une excursion vers l’est en direction de Neustadt et Ramberg ; puis en décembre 2016, son collier n’a plus envoyé de données. En avril 2017, un promeneur a vu un lynx équipé d’un collier émetteur, or il s’agissait d’une zone où n’étaient ni Lucky ni Kaja. L’équipe Life a cherché des traces de Luna avec des chiens capables de détecter des pistes de lynx. Les chiens ont retrouvé les sites de repos du lynx et des poils qui, après analyse génétique, ont permis d’identifier Luna. Michael Back, membre de l’équipe Life et chasseur, a entraîné deux chiens pour suivre les traces de lynx. Il y a Bodo, un rouge de Hanovre, qui cherche la trace au bout d’une laisse et Emile, un fox terrier, qui va seul sur le terrain mais qui revient chez son maître s’il a repéré quelque chose. Ces chiens sont entraînés à ne pas attaquer le lynx. L’entraînement a lieu une fois par semaine. On utilise deux à trois poils de lynx, on appelle cela le procédé « micro quantité ». Pour les empreintes, on utilise une chaussure à trace. Le chien utilise cette empreinte pour s’orienter. Le lynx n’ayant aucune glande au niveau des pattes, il ne laisse pas d’odeur au niveau du sol.

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Souvent les chiens détectent les crottes, mais ce qui intéresse Michael Back, c’est la présence du lynx. Le chien doit donc détecter la moindre trace ou odeur et Michael récolte le moindre poil. Bodo et Emile sont des chiens qui recherchent le gibier blessé mais désormais leur entraînement les conduit à effectuer 40 à 50 recherches de lynx par an. En mission, les chiens ont également un collier GPS et Michael peut leur parler à distance pour les encourager ou leur indiquer un lynx spécifique car un chien peut distinguer les traces de plusieurs lynx. Ainsi les chiens permettent de retrouver des proies, des poils, des empreintes ou des griffures et de contrôler les lieux de passage d’un lynx : au-dessus d’un grillage pour franchir une autoroute, en dessous ou par un passage à faune. Pour ce travail fantastique mené par ses chiens, Michael leur offre une récompense : des caresses à Bodo et une peluche à Emile !

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Arcos (mâle de 25 kg), capturé en Suisse, est lâché le 7 mars 2017 sur le même site que les 3 premiers lynx. Après sa capture, il a été placé comme les précédents dans une station de quarantaine pour un examen de santé approfondi puis mis dans une cage pour le transporter vers la forêt du Palatinat. En deux semaines, Arcos a parcouru 130 km, soit 10 km par jour. Il a quitté la forêt du Palatinat vers l’est et a franchi une autoroute (A65). Puis il est parti vers le nord et a traversé deux autoroutes (A6 et A63) avant de bifurquer vers le sud.

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Après trois semaines, Arcos a parcouru 260 km. Il s’est dirigé vers la France et a traversé des cours d’eau et il est peu probable qu’il ait franchi ses cours d’eau à chaque fois sur un pont. Arcos a traversé les milieux ouverts et contourné les Vosges du Nord puis s’est dirigé vers les Vosges du Sud à hauteur de Gérardmer. Ce type de grand déplacement (335 km depuis le site de lâcher) lors d’une réintroduction n’est pas rare pour certains animaux à la recherche d’un territoire.

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Lâcher de Bell le 5 avril 2017 – photo SNU Martin Greve

Bell (femelle de 18 kg), capturée en Suisse, est lâchée le 5 avril 2017 à Waldleiningen. Ce lynx est né en 2013 et a eu 4 jeunes en 2015. Bell s’est d’abord orientée vers le nord, a traversé une autoroute (A63) et fait un détour en plaine du Rhin en milieu ouvert puis elle a rejoint la forêt du Palatinat. Elle a emprunté des ponts et des passages souterrains pour traverser des autoroutes et l’éco pont créé spécialement pour la faune sauvage au-dessus d’une autoroute (A6).

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Rosa (femelle de 18 kg), capturée en Suisse, est lâchée le 13 avril 2017. Elle s’est dirigée vers le sud et elle est en contact avec le territoire de Kaja et partage une partie du territoire de Lucky.

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Cyril (mâle de 18 kg et âgé de 6 ans), capturé en Slovaquie en mars et placé dans un enclos de quarantaine, est lâché le 22 avril 2017. Il s’est alors orienté vers l’Est, entre Bad-Durkheim et Ludwigshafen, dans un paysage de cultures et de forêts où il a trouvé suffisamment de ressources alimentaires et de cachettes pour se réfugier. Cyril est resté un certain temps dans la zone protégée Maudacher Bruch de Ludwigshafen et s’est ensuite dirigé au Sud-Est du Vieux-Rhin de Neuhofen, d’où il a franchi le Rhin à la nage, six semaines après son lâcher. Après avoir franchi le Rhin, Cyril a utilisé une étroite forêt riveraine, entourée de zones urbaines, de routes et d’autoroutes. Etant donné que les lynx mâles ont besoin de territoires allant de 100 et 400 km², pour avoir, à long terme, suffisamment de proies, il était probable que Cyril poursuive son exode plus loin dans le Bade-Wurtemberg. Actuellement, dans le Bade- Wurtemberg, seuls quelques individus mâles sont présents dans le Sud de la Forêt Noire, dans le Jura souabe et dans la vallée du Danube. Ces animaux proviennent du Jura suisse ou du Nord-Est de la Suisse, comme cela a pu être démontré pour certains individus au cours des années précédentes. Il est connu que les mâles en recherche d’un territoire approprié et de congénères pour la reproduction, sont capables de parcourir de longues distances. A cause de l’absence de femelles, aucune population n’a pu se développer jusqu’à présent dans ce Land.

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De ce fait, Cyril n’aurait pas pu rejoindre une population de lynx, ni rencontrer une femelle, même à grande distance. Comme les zones environnantes étaient également peu favorables au lynx, la Fondation, avec l’autorisation du Ministère du milieu rural et de la protection des consommateurs du Bade-Wurtemberg et d’autres autorités compétentes, a organisé la capture du lynx et son retour vers la forêt du Palatinat. Cette action a été conduite en coopération avec l’Institut Forestier de Recherche du Bade-Wurtemberg, les acteurs locaux et les chasseurs. La capture a eu lieu dans la nuit du 19 au 20 juin, près d’un chevreuil tué par Cyril. Après son arrivée sur le lieu du lâcher dans la forêt du Palatinat, le lynx a aussitôt été libéré. Dans le Palatinat, il a accès à quatre femelles qui ont aussi été lâchées dans le cadre du projet de réintroduction.

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En juillet 2017, Arcos est toujours dans les Vosges du Sud à hauteur de Gérardmer. Les six autres lynx sont dans le Palatinat et se répartissent sur une distance de 43 km entre le centre et le nord-est du Parc naturel de la forêt du Palatinat.

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Colloque Antarctique : hommage à Michel Rocard… et à Greenpeace

Le colloque sur l’Antarctique qui se tenait le 29 juin dernier à l’Institut océanographique de Paris a été l’occasion de rendre hommage au rôle pionnier de Michel Rocard, Premier ministre, puis ambassadeur des Pôles, dans la défense du continent blanc.

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par Laurent Samuel

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Ce colloque, tenu à l’occasion du premier anniversaire de la mort de Michel Rocard, était organisé par l’Institut Océanographique/ Fondation Albert Ier Prince de Monaco, la Fondation Prince Albert II de Monaco, l’ONG Pew Charitable Trusts, et la Coalition pour l’Antarctique et l’Océan Austral (ASOC), avec le soutien logistique du Varda Group de Rémi Parmentier. Ainsi que l’a précisé à la tribune Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique, l’objectif était aussi de faire connaître les initiatives de la France, de l’Australie et des pays européens en faveur d’un réseau d’aires marines protégées en Antarctique.

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En préambule, un message vidéo du Prince Albert II de Monaco rendant hommage à Michel Rocard a été diffusé, suivi d’une vidéo de l’ancien Premier ministre, reçu dans ces mêmes lieux il y a 2 ans, dans lequel il affirmait que l’ Antarctique est un « bien public universel » à défendre
avec énergie.

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Stephan Brady, ambassadeur d’Australie en France, a ensuite pris la parole pour rappeler que le protocole de protection de l’Antarctique (signé à Madrid en 1991 et entré en vigueur en 1998) avait été rendu possible par la coopération franco-australienne nouée alors que Michel Rocard était Premier ministre, et pour affirmer l’engagement de son pays pour les aires marines protégées et le respect de l’interdiction de l’activité minière dans ce continent.

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Une première table ronde, animée par Claire Nouvian, fondatrice de l’association Bloom, a réuni trois acteurs impliqués dans l’interdiction des forages et mines en Antarctique : Jim Barnes, cofondateur et directeur exécutif de l’ASOC, Kelly Rigg, coordinatrice de la campagne Antarctique de Greenpeace entre 1984 et 1992, aujourd’hui co-directrice du Varda Group, et Brice Lalonde, ministre de l’Environnement de 1988 à 1992 dans les gouvernements de Michel Rocard et Edith Cresson, aujourd’hui président de l’Académie de l’eau.

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Jim Barnes a souligné le rôle de l’ASOC, créée en 1978, contre la Convention pour l’exploitation de minerais signée en juin 1988, mais tuée dans l’oeuf en 1989 avec l’annonce par Hawke (Premier ministre australien) et Rocard qu’ils ne la ratifieront pas. L’ASOC a aussi beaucoup oeuvré pour le protocole de protection de l’Antarctique.

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De son côté, Kelly Rigg a évoqué les manifs de Greenpeace dans les villes occidentales, l’installation d’une station scientifique en Antarctique, les expéditions contre les pistes aériennes. Brice Lalonde, quant à lui, a raconté que Rocard adorait la mer, était passionné par la planète et (fait rare dans la classe politique française !) parlait bien anglais. Pour ce protestant, il faut effacer la tache de l’affaire Greenpeace encore toute récente (1985) en renouant des relations avec l’Australie, où Brice Lalonde est envoyé pour inviter en France le Premier ministre Hawke. Dans un contexte où le GIEC vient d’être créé et où Time a déclaré la Terre « planète de l’année », la campagne pour la défense de l’Antarctique est menée par le Commandant Cousteau (dont la pétition, bien avant les réseaux sociaux, rassemble plus d’un million de signatures en un mois !), Greenpeace et soutenue par le Quai d’Orsay.

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Une deuxième table ronde était consacrée au « continent en changement » que constitue l’Antarctique. Thomas Stocker (université de Berne) a insisté sur la fonte des glaces, la perte massive de masse du continent, le réchauffement eaux et l’acidification progressive de l’océan austral. Françoise Gaill (plate-forme océan et climat) a indiqué que l’élévation estimée du niveau de la mer est passée de 60 cm à 2 m en dix ans, et que la disparition de la couche de glace entraîne une baisse du nombre de manchots empereurs. Anne-Catherine Ohlmann (université de Grenoble) a présenté le projet Ice Memory, archive mondiale de carottes de glaces des glaciers les plus menacés partout dans le monde, qui seront stockées en Antarctique, notamment à la base Concordia. Un projet franco-italien qui s’étend au niveau mondial.

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Dans une allocution à la fois vivante et documentée, Serge Ségura, Ambassadeur chargé des océans, a évoqué l’histoire de la présence française en Antarctique de la fin du XIXe siècle à nos jours (lire ici sa récente tribune dans le Monde : Haute mer : « On ne veut pas transformer les océans en aquarium »).

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Nicole Aussedat (JNE) conclut au nom de l’ASOC le colloque sur l’Antarctique du 29 juin 2017 à l’Institut océnaographique de Paris

La dernière table ronde a été consacrée aux aires marines protégées. Le Pr Philippe Koubbi (Muséum d’histoire naturelle de Paris) a souligné qu’elles sont nécessaires à cause du changement climatique, avant de les passer en revue (Orcades sud, Mer de Ross…). Anne Gaelle Verdier a présenté les TAAF (Terres australes et antarctiques française), « un gouvernement local sur 2 millions de km 2 », riches de très fortes concentrations d’oiseaux marins (47 espèces), de mammifères marins, d’invertébrés, de flore… Les TAAF ont créé une réserve naturelle de 672 969 km2, essentiellement marine, qui est la 6e aire marine protégée au monde en termes de surface, et est candidate pour la liste verte de l’Uicn et le patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Les débats de cette riche journée ont été conclus par Nicole Aussedat (JNE) au nom de l’ASOC, et par l’explorateur Jean-Louis Etienne qui a présenté son projet Polar Pod d’exploration de l’Antarctique (lire ici l’article de Muriel Labrousse sur Media Peps).

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La présence de nombreux « grands anciens » de Greenpeace (dont Rémi Parmentier, Kelly Rigg, Arnaud Apotheker…) a aussi permis de rendre un hommage informel au rôle de cette ONG dans le combat pour la protection de l’Antarctique.

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Cet article a été publié sur le site Media Peps (lire ici). Un résumé complet en français de la conférence est disponible ici.

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La Commission européenne menace la Convention d’Aarhus sur l’accès à la justice en matière d’environnement

La Commission européenne veut faire passer en force le 11 juillet  une décision rejetant la recommandation du comité d’examen du respect de la convention relatif à l’accès à la justice en matière d’environnement; si cette décision était prise et acceptée par la France, cela serait un recul du droit de l’environnement et un précédent fâcheux. Un spécialiste du droit de l’environnement, membre des JNE, tire la sonnette d’alarme.

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par Michel Prieur

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L’Union européenne, comme ses Etats membres, ayant ratifié la Convention d’Aarhus de 1998, celle-ci s’impose à toutes les institutions européennes à la fois au Conseil des Ministres, à la Commission, au Parlement européen et à la Cour de justice de l’Union européenne. Cette convention organise en matière d’environnement, le droit à l’information, à la participation aux décisions et l’accès à la justice.
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Depuis 2002 le Comité d’examen du respect de la convention (ou compliance committee) mis en place par les Parties y compris l’Union européenne, peut recevoir des réclamations des Etats et des ONG pour examiner, de façon non conflictuelle, non judiciaire et consultative, si la Convention est correctement appliquée par tous. Le Comité d’examen n’ayant pas de pouvoir de décision ne fait qu’une recommandation adressée à la réunion des Parties, laquelle a toujours été entérinée par les Etats. Autrement dit, dans les 85 dossiers pour lesquels le Comité a constaté une mauvaise ou une bonne application de la Convention, les Parties mises en cause ont toujours accepté ce constat qui n’est ni une sanction ni une condamnation.

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Suite à des réclamations d’ONG considérant en 2008 que l’accès à la Cour de justice de l’Union européenne leur était interdit en violation de la Convention qui garantit l’accès à la justice pour les ONG d’environnement, le Comité d’examen du respect de la Convention, après une très longue instruction contradictoire, a formulé ses conclusions et recommandations le 14 avril 2011, puis le 17 mars 2017. Le Comité ayant constaté que l’Union européenne ne permettait pas l’accès à la justice des ONG a demandé à la prochaine réunion des Parties au Monténégro du 11 au 14 septembre 2017 d’entériner ce constat.

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Pour la première fois, une Partie à la Convention d’Aarhus conteste les conclusions et recommandations du Comité. En effet la Commission européenne a adopté un projet de résolution le 29 juin 2017 rejetant les conclusions du Comité. Ce projet doit être examiné au COREPER (Comité des représentants permanents de l’Union européenne qui prépare les décisions du conseil des Ministres européens) du 11 juillet 2017. Puis le Conseil des Ministres européens de l’agriculture et de la pêche du 17 juillet devra approuver cette décision sans vote ni discussion, la Commission faisant inscrire ce point dans la partie A du Conseil. Ainsi un tel mépris du droit d’accès à la justice serait pris sans l’accord des ministres de la justice et de l’environnement !

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L’Union européenne est liée par la Convention d’Aarhus comme le sont les Etats membres. En se considérant comme au-dessus de l’état de droit elle tente un coup de force qui, s’il aboutissait, porterait une grave atteinte aux acquis de la Convention d’Aarhus. Cela remettrait en cause la légitimité et le rôle du Comité comme conseil et médiateur. Ce serait de plus une véritable régression du droit de l’environnement en tolérant que l’Union européenne refuse de respecter un traité international sur l’environnement. Enfin cela ouvrirait la porte à tous ceux qui, en Europe et en Asie centrale, refusant de prendre l’environnement au sérieux, pourront invoquer le précédent du refus de l’Union européenne de prendre en considération les recommandations du Comité d’Aarhus.

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La France, qui s’est engagée dans sa Constitution à l’article 10 de la Charte de l’environnement à ce que celle-ci « inspire l’action européenne et internationale de la France », se doit de prendre clairement position afin de faire obstacle à l’obstruction au droit d’accès à la justice en matière d’environnement qui résulterait de la position adoptée par l’Union européenne et serait une honte pour l’Europe tout entière.

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    • Professeur émérite, agrégé de droit, Président du Centre international de droit comparé de l’environnement

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Une alerte également lancée par le Bureau européen de l’environnement

.Pour

Pour en savoir plus

https://cidce.org/acces-a-linformation-access-to-information/

https://www.facebook.com/groups/cidce/

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Sauvegarder les semences locales au Maroc

Apicultrice et agricultrice au Maroc, Souhad Azzenoud accompagne des coopératives de femmes inscrites dans une démarche d’agro-écologie afin d’enrayer l’exode rural qui touche la région du Prérif. Lors de la COP 22 à Marrakech, elle exposait avec passion ses projets.

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par Nathalie Loubet

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Souhad Azzenoud est venue lors de la COP 22 à Marrakech témoigner des actions qu’elle mène en agro-écologie dans le village de Kissane © Nathalie Loubet

Après une carrière de cadre dans l’agroalimentaire, Souhad Azzenoud décide de « tout quitter » pour s’installer à Kissane, le village de ses parents et grands-parents, situé dans la province de Taounate (nord-centre du Maroc). Déjà diplômée d’une licence de biologie à l’Université de Casablanca et d’un DESS en agroalimentaire, elle décide de suivre une formation en agro-écologie et se lance dans l’apiculture. « Nous sommes dans une région qui dispose d’une matière première – l’olivier sauvage – d’excellente qualité et d’un savoir-faire ancestral qu’il faut préserver, affirme-t-elle. Les arbres rustiques sont bien adaptés aux changements climatiques. »

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Après une année d’un ardent travail sur le terrain, la coopérative oléicole Ariaf voit le jour en 2006. Quelques années plus tard, en 2013, l’huile d’olive obtient la certification bio. « C’est un coût supplémentaire pour les agricultrices mais une garantie pour le consommateur qui va permettre de valoriser le produit, et toucher une clientèle à Rabat ou Casablanca qui dispose d’un pouvoir d’achat plus élevé », précise-t-elle. Un point non négligeable dans une région enclavée. Et pour cette lauréate du prix Terre de Femmes * Maroc 2016, décerné pas la Fondation Yves Rocher, les projets s’enchainent : conseil aux coopératives, réflexion sur le développement de l’agrotourisme, lancement du petit épeautre, et bientôt peut-être le caroubier, utilisé en cuisine ou comme plante médicinale.

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* Le Prix Terre de Femmes décerné par la Fondation Yves Rocher existe depuis 13 ans. Il a récompensé 350 femmes et soutient des actions dans plus de 50 pays.

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Cet article est paru dans son intégralité dans L’information agricole, N° 905, mars 2017.

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Nouveau gouvernement en Algérie : un tandem inédit Environnement-Energies renouvelables

La création d’un ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables et la nomination à sa tête d’une femme, Fatma-Zohra Zerouati, militante écologiste et ancienne journaliste, ont été à la fois une grosse surprise et une innovation de taille dans la composition du gouvernement algérien annoncé le 25 mai dernier.

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par M’hamed Rebah

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Fatma-Zohra Zerouati, ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables (Algérie)

Peu d’observateurs s’attendaient au retour de l’Environnement dans la nomenclature de l’Exécutif comme ministère à part entière, et ceux qui n’excluaient pas cette éventualité n’ont sans aucun doute jamais pensé que les Energies renouvelables « déménageraient » du ministère de l’Energie pour se « loger » au ministère de l’Environnement. Pour y faire quoi ? C’est plutôt le scepticisme dans le monde algérien de l’Energie, dominé, voire écrasé, par des spécialistes et experts très attachés aux ressources fossiles que sont les hydrocarbures ; certains d’entre eux sont même partisans de l’exploitation du gaz de schiste. Déjà, les pro-fossiles ne manquaient pas d’arguments pour semer le doute, sinon le discrédit, sur le programme de développement des énergies renouvelables. Ils pensent certainement avoir un argument supplémentaire avec cette sorte d’autonomie prise par les Energies renouvelables par rapport à la maison-mère Energie. En effet, sans les ressources financières des deux grosses entreprises que sont Sonatrach et Sonelgaz, sans les moyens de réalisation et l’expertise du secteur traditionnel de l’Energie, le ministère de l’Environnement risque de traîner les Energies renouvelables comme un boulet inutile.

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Pourtant, le tandem Environnement-Energies renouvelables pourrait ne pas être né d’une lubie. Dans le nouveau schéma, la motivation économique (épargner des quantités de gaz qui seraient destinées à l’exportation) est toujours présente mais devient secondaire par rapport aux considérations écologiques, qui la renforcent en lui ajoutant une dimension mondiale (le fameux « penser globalement, agir localement ») avantageuse pour trouver les financements externes. En décembre 2009, à la COP15 de Copenhague (15e conférence des Nations unies sur les changements climatiques), les pays développés ont promis 100 milliards de dollars par an dès 2020 aux pays en développement pour les aider à faire face à la lutte contre le changement climatique.

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L’Algérie a fait part de son intention de solliciter ces ressources pour son plan de lutte contre les changements climatiques. La projection internationale du programme algérien de développement des énergies renouvelables apparaît dans « la contribution prévue et déterminée au niveau national » (Intended Nationally Determined Contribution, INDC) de l’Algérie à la COP21 (Paris, du 30 novembre au 11 décembre 2015), remise au secrétariat de la Convention, début septembre 2015. Ce document, élaboré par le Comité national climat, sous l’égide du ministère chargé de l’Environnement, a affiché « les ambitions de l’Algérie pour la période 2020-2030, en termes d’adaptation face aux changements climatiques et d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et les actions sous-jacentes, notamment en matière d’efficacité énergétique, de promotion de l’utilisation des énergies renouvelables dans le mix énergétique ».

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Les énergies renouvelables sont inscrites, ici, dans la riposte environnementale globale au phénomène des changements climatiques et pas du tout dans une préoccupation économique portée par le discours officiel qui concerne les recettes extérieures financières que procurent la vente sur le marché international du gaz (incidemment épargné par le recours aux sources renouvelables de production d’électricité). Il est utile de rappeler que la loi n° 04-09 du 14 août 2004 relative à la promotion des énergies renouvelables dans le cadre du développement durable (la première en Algérie dans ce domaine) est sortie des bureaux du ministère chargé de l’Environnement et non pas du ministère de l’Energie. Son exposé des motifs commence par des objectifs écologiques : protéger l’environnement, en favorisant le recours à des sources d’énergie non polluantes, et contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre ; vient ensuite le souci pour les réserves en hydrocarbures : participer à un développement durable par la préservation et la conservation des énergies fossiles ; enfin : contribuer à la politique nationale d’aménagement du territoire par la valorisation des gisements d’énergies renouvelables, en généralisant leurs utilisations. La ministre Fatma-Zohra Zerouati se trouve devant un défi, inédit en Algérie : mener simultanément les deux batailles du développement durable sur les fronts de l’Environnement et de l’Energie.

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Cet article a été publié dans La Nouvelle République (Algérie) du 6 juin 2017.

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La revue de web JNE sur l’annonce par Donald Trump du retrait des Etats-Unis des accords de Paris

L’annonce le 1er juin 2017 par le Président Donald Trump du retrait  des Etats-Unis des accords de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique a suscité de nombreuses réactions. Voici une sélection non exhaustive d’articles qui nous ont semblé dignes d’intérêt.

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par Laurent Samuel

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Deux articles de journalistes JNE

Climat : Donald Trump met la Terre en danger en reniant l’accord de Paris – Claude-Marie Vadrot (JNE) – Politis

Climat : l’accord de Paris survivra-t-il au retrait américain ? – Olivier Nouaillas (JNE) – la Vie

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Décryptage du discours de Trump

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Les conséquences

Accord de Paris sur le climat : quelles seront les conséquences du retrait des Etats-Unis ? – France Info

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Réactions internationales

Pour Obama, la décision de Trump sur le climat n’arrêtera pas le reste du monde – 24 Matins

Macron s’adresse en anglais aux Américains : «Make our planet great again» – le Soir

Retrait américain de l’accord de Paris : l’UE et la Chine vont accroître leur coopération – le Monde

La Russie ne ratifiera pas l’accord de Paris sur le climat avant 2019 – le Monde

L’Inde assure la France de son soutien à l’accord de Paris sur le climat – le Monde

New York, Washington et la Californie se passeront de Trump sur le climat – Challenges

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Réactions en France

Nicolas Hulot : « L’accord de Paris n’est pas mort » – Europe1

Ségolène Royal : « La radicalité de la décision de Trump sur le climat nous a pris par surprise » – le JDD

Climat : Yannick Jadot demande des mesures de rétorsion européennes

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Quelques analyses

La déréglementation à bas bruit de Donald Trump – les Echos

Les sénateurs qui ont poussé à quitter l’accord de Paris ont touché 10 millions de dollars du lobby pétrolier – Huffington Post

«La décision américaine est liée à une politique quasi antiscience» – Valérie Masson-Delmotte – Libération

Contre la décision de Trump, « il faut sanctionner les États-Unis » – Maxime Combes – Reporterre

Teresa Ribera : « Trump risque d’être pris à son propre piège » – le Monde

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Africa Days à HEC Paris : le process du business in Africa

HEC Paris organisait les 15, 16 et 17 mai les Africa Days. trois soirées thématiques pour échanger et débattre autour des défis et enjeux de l’Afrique

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par Bernard Desjeux

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C’est la première fois que je pénètre sur le campus de HEC Paris à Jouy-en-Josas. Disons-le, je suis venu un peu pour ça, pour voir comment est un campus. Celui-ci n’a pas grand chose à voir avec celui de mes études lointaines à Nanterre. Les murs étaient couverts d’affiches, de slogans : « ici on spontane », « A travers Crozier nous retrouvons notre vieil ennemi la marchandise » , etc. Ici tout est vertical, pas une courbe, des espaces verts sans mauvaises herbes, bien tondus, bien aménagés. De beaux jeunes gens et de belles jeunes filles se baladent décontractés les mains pleines d’ordinateurs, tout en lisant un smartphone ou une tablette, il y a des écrans partout. Il se trouve que moi, pour des raisons un peu longues à développer, je n’ai pas de téléphone et je cherche désespérément la personne qui doit m’accueillir. Une jeune fille s’arrête : « puis-je vous aider ? ». Je suis sauvé, damned ! Elle a bien sûr un téléphone, mais pas sur elle. Je suis tombé sur la seule qui n’est pas suréquipée. Je crois être secouru par le téléphone fixe de la cafétéria, je tombe sur une messagerie, on me rappellera à ce numéro, mais je ne serai plus là. J’ai installé finalement mes livres sur une table qui me semblait vide et tout s’est bien passé.

 

 

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1er jour

Africa Days s’est ouvert par un grand débat en présence de Daniel Kablan Duncan, vice-président de la Côte d’Ivoire, Kako Nubukpo, directeur de la Francophonie économique et numérique, ancien ministre du Togo, Mahamane Alassane Touré, adjoint au directeur des opérations du marché de la BCEAO (Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest), la modération étant assurée par Pascal Chaigneau, professeur affilié à HEC Paris. La synthèse de ce débat très consensuel a été assurée par Abdelmalek Alaoui, journaliste à la Tribune Afrique. J’ai été frappé par la clarté, la précision des exposés la finesse du modérateur qui « aime l’Afrique » d’une façon générale et aussi toute personnelle.

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On apprend les défis que l’Afrique doit relever, parmi lesquels l’éducation, la santé, la transformation des matières premières, la lutte contre la corruption, le réchauffement climatique. On apprend que le Franc CFA est en bonne santé : « c’est comme une assurance, cela ne coûte cher qu’avant l’accident », insiste Daniel Kablan Dunkan. Donc oublions les contextes idéologiques ou historiques et utilisons cet outil d’une monnaie forte et convertible, quel que soit son nom. Il n’y a que 5 % du revenu du cacao qui reste en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial. Idem pour la noix de cajou : des liens ont été engagés avec le Vietnam, premier transformateur de noix de cajou…

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La démographie va augmenter dans de grandes proportions, ce sera une richesse économique… Très bien très bien, mais quid du travail informel des femmes, quid du code des investissements. Les questions sont nombreuses.

Au fait, vous connaissez la différence entre le poulet bicyclette et le poulet bateau ? Le poulet bicyclette, c’est l’équivalent du poulet fermier à l’ancienne qui a beaucoup couru et qui est bien ferme et bien bon. Le poulet bateau ce sont les carcasses que l’on déverse sur l’Afrique et qui font crever les petits paysans car beaucoup moins chers. Ne pas confondre avec le poulet téléviseur qui lui est cuit en rôtissoire !

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Même si les exposés sont précis, argumentés de chiffres (la croissance exceptionnelle de la Côte d’Ivoire presque à deux chiffres, les échanges avec la Chine et les pays émergents) je suis frappé par le décalage entre cette salle bourrée de bonnes intentions et la réalité. On sent tout le monde dans les starting blocks, prêt à aller travailler, investir en Afrique.

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J’entends ces discours depuis plus de quarante ans : « quand l’Afrique s’éveillera », « L’Afrique le continent le plus riche du monde va décoller ». Alors, quoi de neuf ? Il me semble qu’une page est en train de se tourner. De jeunes diplômés restent au pays et y créent leurs sociétés. J’ai cru comprendre qu’HEC cherche à accompagner le mouvement.

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Reste un décalage énorme entre ces discours bien ficelés et la réalité quotidienne. Je reviens d’un séjour en Guinée Conakry, j’ai mis 18 heures pratiquement sans arrêts pour relier la capitale à la ville de Kankan (700 km) par la principale route du pays complètement défoncée. La Guinée est le premier producteur de bauxite du monde.
J’ai poursuivi dans des villages plus reculés. Le moteur du bac ne marche plus, il faut monter la voiture et se mettre à l’eau pour pousser le bac, enfin pas nous, mais le « bacqueur ».

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La soirée de cette première journée s’est terminée par un cocktail, l’Afrique noire est bien partie. A suivre.

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2e jour

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Aujourd’hui, le débat est sur l’entreprenariat en Afrique. Un peu surréaliste devant un panel de banquiers et d’hommes d’affaires qui témoignent de leurs success stories.

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La salle est pleine. Beaucoup d’Africains. Mon voisin est venu avec son CV, il espère une rencontre miraculeuse, une embauche qui permettrait de gagner un peu sa vie, il aimerait se faire construire une maison pour sa famille. Un ancien élève d’HEC, Christian Kamayou, fondateur de MyAfricanStartup, parle des 100 meilleurs start ups d’Afrique. Ici, on a la culture du concours. D’autres intervenants rêvent de lever des millions, de s’adosser à des groupes, d’écosystèmes, de process, d’emprunts des femmes et des 65 milliards que la diaspora envoie chaque année en Afrique. Cet argent va surtout vers des dépenses de bouche et de santé. C’est vrai que se nourrir est accessoire. Un intervenant explique qu’on ne met pas assez de phytosanitaires en Afrique. J’ai écouté ce conseil : vous pouvez développer votre offre verticalement ou horizontalement. Comme l’Afrique a besoin de tout, vous pouvez vendre de tout. Il y a cette jeunesse qui arrive en rangs serrés, c’est un marché formidable : des millions et des millions de consommateurs vont se presser dans les usines du « néo mercantilisme ». J’ai le tournis. J’hésite encore à créer ma startup et à me faire incuber. Lorsqu’un jeune Marocain, élève d’HEC, avec l’audace de sa jeunesse décline avec un Power point d’école, un projet autour de l’agriculture car le savez-vous, il faut développer l’agriculture, personne n’y avait pensé. En tout cas, ce jeune a fait un business plan avec quelques camarades pour aller enquêter sur la question pendant six mois. Il cherche un financement. Si vous avez une idée…

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Pour une Afrique verte : le défi de demain, roulez jeunesse…

La semaine dernière en Guinée, j’ai rencontré une équipe d’agronomes marocains qui venaient « aménager » des terres en bordure du fleuve Niger : pivots arroseurs, phytosanitaires, tracteurs de 80 CV. De quoi flinguer toute une population et accélérer la déforestation et la désertification tout en ramassant un beau pactole. Quand on vous dit qu’il y a des opportunités en Afrique…

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En tout cas, je n’ai pas entendu parler, ce qui est rare dans ces débats sur l’Afrique, d’humanitaire et d’aides ou si peu. C’est très reposant.

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3e jour

En indiquant 1er, 2e, 3e jour, j’ai l’impression d’évoquer un chemin de croix. Se rendre sur le campus d’HEC et surtout en revenir à plus d’heure est un vrai cauchemar. Pire que la route Conakry-Kankan !

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C’est dans le RER que je côtoie cette diaspora, celle qui exporte ces 65 milliards dont on parlait hier. Je calcule que j’ai passé plus de temps dans ces foutus RER que devant ma table de livres. Ces livres que je ne peux vendre pour une raison qui m’échappe dans ce temple du business. Il faut bien le reconnaître, cela n’intéresse pas beaucoup. Je vois défiler du beau monde mais leurs préoccupations vont ailleurs. Nous avons pourtant édité avec le PNUD de Côte d’Ivoire un important livre dont le préambule a été écrit par le vice-président de ce pays, celui-là même qui est à l’honneur. Ce livre contient 70 contributions d’experts de toute l’Afrique traitant de l’émergence et du développement durable de l’Afrique. Quand je le montre, j’ai l’impression de déranger. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

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Mon offre n’est visiblement pas dans le segment du marché. J’ai pourtant une offre verticale qui va du beau livre à des biographies dont celle de Younoussi Touré, premier premier ministre de la démocratie au Mali, ancien président de l’Assemblée nationale, directeur de la banque centrale qui est passé par la BCEAO et l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine)… et qui dans le premier tome raconte son enfance de petit paysan dans la région de Tombouctou, de leader étudiant à l’époque de Nkrumah Lumumba, Sekou Touré, Modibo Keita…
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Tout ça, c’est bien joli, mais ce qui intéresse, c’est semble-t-il ce continent qui va s’ouvrir aux marchés du monde entier, donc marketing, marketing.

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Comment ont été choisis les stylistes qui constituent le panel du jour ? A cause de leur marketing. Vous aviez deviné.

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Le débat est particulièrement intéressant car la parole des créateurs sonne vrai. Il n’y a pas incompatibilité entre les business plans et la création. Sakina Msa en sait quelque chose, elle pétille d’intelligence et de vie, s’affirme comme une créatrice avant tout, sans renier l’Afrique et sans renier Paris, ville de création et d’émulation. Elle a monté en plus de ses créations une boutique de mode éthique dans le Marais à Paris avec 60 créateurs. Elle évoque son ami et ainé Lamine Xuli Bet, grand créateur mondial qui a eu du mal à dépasser un certain stade de développement. Je suis impressionné par Nefer qui a travaillé pour de grandes maisons comme Smalto avant de créer sa propre marque Nefer, il crée des costumes sur mesure pour les grands de ce monde. Le prix : autour de 5000 €. La présentatrice évoque sa surprise de voir dans ce panel l’anthropologue Brice Ahounou. « C’est un sujet clef : se vêtir » ? Brice évoque de façon vécue et percutante le phénomène de la sape qu’il a contribué à relancerr lors d’une exposition et un défilé au musée Dapper. Olivier Delahaye, cinéaste et producteur, viendra présenter rapidement son film Soleils qui passe au Lucernaire. Un film pépite qui montre une Afrique débarrassée des visions exotiques. « L’Afrique a quelque chose à vous dire », ça tombe bien.

Ce soir, j’ai enfin récupéré la navette, je vais pouvoir atteindre le métro. Dans le bus j’engage la conversation avec mon voisin, banquier de son état. Un résumé de ces trois jours passé en terre de business et de finances. J’ai l’impression de déjà connaître le film. Il m’évoque la dette de la France : « je ne vois pas comment on va s’en sortir ». Je lui explique que c’est plutôt les créanciers qui ont des soucis à se faire. En fait, le monde est dans un système de cavalerie ou tous les pays prêtent et empruntent, le Japon 250% et l’économie est en surchauffe. « Il y a trop de fonctionnaires, on vit au dessus de nos moyens ». Ben voyons, il y a trop d’infirmières, d’aides soignantes, de policiers, de juges, d’instituteurs, de professeurs, d’éducateurs de théâtres. Trop de solidarité, d’infirmes, de malades, de paumés…

Il me semble que l’argent se trouve plus chez les riches que chez les pauvres.

Et puis il évoque la phrase de François Hollande, celle qui tue : « mon ennemi, c’est la finance ». C’est vrai que pour un banquier cela fait mal, c’est son travail. Il me semble confondre investir et spéculer. « L’épargne ne rapporte plus rien ». J’essaye de dire timidement que les préoccupations ne sont pas les mêmes et sont contradictoires : l’un entasse de l’argent, l’autre a un souci de service public, de vivre ensemble, il n’a pas besoin d’argent pour lui, mais pour les autres. Un président n’est pas un chef d’entreprise. Je sens que nous ne sommes pas tout à fait d’accord . Je lui explique que j’ai acheté un appartement dont le prix a été multiplié par 6 ou 7 en quelques années et que si je ne m’en plains pas cela ne me semble pas trop normal.

« Alors là, je ne vous suis plus ». Il a pris son sac, nous étions arrivés Porte Maillot.
Il ne m’a pas dit au revoir et doit fulminer contre ces soixante huitards qui ne connaissent rien à rien, surtout pas à la finance et parlent de bonheur. Décidément, la France est dans un état lamentable, comment va t-on s’en sortir ? Tout le monde a ses soucis. Quand on est dans le cercle, on ne voit pas le rond.

Trois jours passés sur le campus d’HEC, l’état lamentable de la France ne m’a pas sauté aux yeux. On me dit que la scolarité coûte 45000 euros , et que pour un jeune Sénégalais qui voudrait faire une année de MBA, c’est 18000 euros.

Ouvrez les fenêtres, de l’air !

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* Daniel Kablan Duncan, vice-président de la Côte d’Ivoire, a écrit le préambule du livre Sustainable development and the Emergence of Africa, paru aux éditions Grandvaux, avec une préface d’Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire. Ce livre était consultable sur la table des éditions Grandvaux à Africadays et bien sûr en vente dans « toutes les bonnes libraires ».

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La nouvelle politique énergétique algérienne exclut le gaz de schiste`

Une nouvelle politique énergétique se dessine en Algérie, annoncée par la décision d’abandonner le gaz de schiste et par la confirmation de la priorité donnée au développement des énergies renouvelables.

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par M’hamed Rebah

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Cela a été dit clairement par le ministre de l’Energie, Noureddine Boutarfa, en marge d’une conférence animée, à la mi-avril, à l’Ecole des hautes études commerciales de Koléa (près d’Alger) sur le programme national des énergies renouvelables.

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Sur l’option gaz de schiste, le ministre lève ainsi une incertitude alimentée par des déclarations officielles parfois contradictoires faisant suite aux manifestations organisées au début de l’année 2015 à In Salah (dans le Sahara) où la population était sortie pour exiger la fermeture d’un puits d’exploration foré, en juin 2012, dans le bassin d’Ahnet, et destiné à évaluer le potentiel pour vérifier si, vraiment, l’Algérie possède l’un des plus importants gisements de gaz de schiste dans le monde. Car, en fait, l’état réel des réserves de gaz de schiste est la grande inconnue. Ce sont les données géologiques des sols qui ont permis de fournir de premières estimations et il y a des experts qui pensent que, pour l’Algérie, elles ont pu être « gonflées ».

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A In Salah, la population a demandé et, visiblement, obtenu, un moratoire sur le gaz de schiste en attendant d’avoir des preuves sur leur absence de nocivité. La fracturation hydraulique qui est jusqu’à présent la seule technologie disponible pour le produire fait l’objet d’importantes critiques à cause de son impact sur l’environnement et des grandes quantités d’eau qu’elle exige. Mais la décision annoncée par Noureddine Bouterfa de mettre de côté le gaz de schiste découle avant tout de considérations économiques liées, sans doute, comme l’ont souligné déjà des experts algériens qui ont eu à se prononcer sur ce sujet, à des coûts élevés et une rentabilité incertaine, dans des conditions globales inopportunes. En fait, aucun élément ne plaide en faveur de l’option gaz de schiste alors que rien ne presse pour y aller. « L’Algérie n’a pas besoin actuellement de gaz de schiste », a dit le ministre. Il n’y a aucune urgence. Les hydrocarbures conventionnels ne sont pas encore finis et le programme des énergies renouvelables est lancé.

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Les ambitions énergétiques de l’Algérie sont maintenant rattachées à la réalisation de ce programme. La perspective s’étend à 2050, avec la connexion des centrales solaires photovoltaïques installées au Sud, notamment celles d’Adrar, aux centrales du nord, a fait savoir le ministre qui est convaincu que cet enjeu sera relevé avec la participation de chercheurs, de savants, d’industriels et d’investisseurs algériens.

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Dans un horizon plus rapproché, en 2030, les capacités de production électrique installées pourront atteindre « raisonnablement », selon le ministre de l’Energie, les 12.000 mégawatts contre près de 500 mégawatts actuellement. Un appel d’offres aux investisseurs industriels et énergéticiens pour la réalisation d’un mégaprojet de plus de 4.000 mégawatts en solaire photovoltaïque, doit être lancé prochainement. Toutefois, les 12.000 mégawatts d’origine renouvelable ne seront pas suffisants. D’où la nécessité, rappelle-t-il, d’attaquer les secteurs énergivores tels que les transports et l’habitat.

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Le lien est fait avec la démarche d’efficacité énergétique qui accompagne le programme national de développement des énergies renouvelables. Pour le ministre de l’Energie, c’est un impératif : il faut améliorer l’efficacité énergétique afin de réussir la transition énergétique et assurer la pérennité du modèle algérien en matière d’énergie à l’horizon 2030. C’est surtout une urgence imposée par les indicateurs énergétiques prévus pour l’année 2030.

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Cet article est paru dans La Nouvelle République (Algérie) du lundi 24 avril 2017.

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