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Croissance, la fin d’un mythe

Un dossier à découvrir dans le numéro du 4 au 10 février de « La Vie »

Parler de la fin de la croissance n’est plus tabou ! L’hebdomadaire chrétien La Vie y consacre un dossier très étayé de 10 pages, réalisé par notre confrère Jean-Claude Noyé (JNE).

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par Carine Mayo

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logoPour éclairer le sujet, Jean-Claude Noyé évoque le travail des précurseurs (l’économiste Nicholas Georgescu-Roegen, le club de Rome…) et donne la parole à des économistes d’aujourd’hui pour dessiner les contours d’une société post-croissance. Jean Gadrey propose de « passer des gains de productivité aux gains de qualité », Daniel Cohen de réfléchir à une « allocation moyenne d’existence garantie »

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Ce dossier nous emmène également à Ungersheim, village en transition alsacien qui cherche à s’affranchir du pétrole et nous fait découvrir Ambiance bois, une entreprise qui tire chaque année son PDG au sort parmi des volontaires. Des pages riches d’information à découvrir en achetant le journal en kiosque ou sur internet. De quoi donner matière à réfléchir…

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Deux événements sur le loup mardi 9 février 2016

Coïncidence de calendrier : ce mardi 9 février 2016, le sort du loup est discuté dans deux lieux différents. À Lyon, le collectif d’associations CAP Loup est reçu par le préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes, coordinateur du plan loup. Ce même jour à Paris, le CNPN (Conseil national de la protection de la nature) doit se prononcer sur un projet d’arrêté de tirs de loups supplémentaires.

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par Marc Giraud

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Allain Bougrain-Dubourg, Fabrice Nicolino et Marc Giraud (au micro), tous trois membres des JNE, lors du rassemblement du 16 janvier 2016 en faveur du loup à Lyon – photo @ Elie Ducos

Le plafond de 36 loups à tuer au cours de cette saison est déjà presque atteint par les tirs officiels (34 loups abattus) et dépassé par la totalité des animaux morts (une quarantaine). Malgré le manque d’efficacité et de légalité de cette chasse aux loups qui ne dit pas son nom, un projet de tirs supplémentaires doit être discuté. Ce projet doit être examiné au moment où les associations spécialisées dans la défense des loups, regroupées dans le collectif CAP Loup, font leurs propositions… Malgré des manifestations de rue très réussies en janvier à Lyon et à Nice en faveur des prédateurs, on peut craindre le pire pour l’avenir de nos prédateurs : le mot de « cohabitation » a totalement disparu des discours officiels…

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Suite à la demande de CAP Loup en novembre dernier, quatre de ses représentants entendent proposer au préfet des demandes qui relèvent directement de sa fonction de coordinateur des autres préfets sur le plan loup (et sachant que le collectif avait déjà été reçu il y a un an par son prédécesseur) :
– un meilleur respect de la réglementation par les préfets (on constate trop d’arrêtés préfectoraux jugés illégaux et suspendus);
– une meilleure anticipation des préfets dans les zones de recolonisation nouvelle par les loups : les préfets devraient rapidement, et même en amont encourager les mesures de protection des troupeaux, au lieu d’envisager tout de suite des abattages;
– une meilleure transparence des services de l’État, en particulier les préfectures qui refusent souvent de transmettre des informations aux associations (bilans détaillés des attaques, des protections des troupeaux, cas de mortalité de loups…).

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Les représentants de CAP Loup vont également demander au préfet de faire passer à la ministre ses requêtes, car celle-ci refuse de les recevoir :
– annuler le projet d’arrêté de tir de 6 ou 10 loups supplémentaires;
– stopper cette chasse aux loups qui ne fait pas baisser la prédation sur le bétail;
-mettre en place un système incitatif pour les éleveurs (indemnisation si, et seulement s’il y a une protection des troupeaux).

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Le 9 février est aussi la date du passage du projet d’arrêté de tirs supplémentaires devant le CNPN. Malheureusement, le CNPN avait donné un avis favorable pour le précédent arrêté, ainsi qu’en 2014. Il serait choquant, dans ce contexte où l’on constate que bien trop de troupeaux en zones à loups ne sont même pas protégés que le CNPN donne encore un avis favorable à toujours plus d’abattage. Quoi qu’il en soit, la ministre prendra son arrêté quel que soit l’avis du CNPN, qui n’est que consultatif…

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Contact Pierre Rigaux (CAP Loup) : 06 84 49 58 10

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Make in India ? Made in India !

Les JNE ont organisé le 3 février 2016 à la mairie du 2e arrondissement de Paris un petit déjeuner sur le thème : « L’Inde : Un laboratoire de l’écologie ? » Bénédicte Manier y a présenté son livre Made in India. Le laboratoire écologique de la planète (éd. Premier Parallèle).

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par Pascale Marcaggi
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Petit déjeuner JNE du 3 février 2016 sur « l’Inde, laboratoire écologique de la planète ». De g. à d., Carine Mayo (Pdte JNE), Bénédicte Manier (auteure du livre « Made in India »), Sophie Caillat (organisatrice du petit déjeuner et éditrice du livre) – photo @ Pascale Marcaggi

Alors qu’elle est en passe de devenir le pays le plus peuplé au monde*, l’Inde ne se présente a priori pas comme le Nirvana de l’écologie : New Delhi détient le triste record de la capitale la plus polluée au monde en concentrations de microparticules pm 2,5. Au point d’expérimenter pour la première fois la circulation alternée pour les huit millions de véhicules qui y circulent chaque jour, chiffre en constante augmentation. Pénurie criante d’eau : les nappes phréatiques sont de plus en plus contaminées. Suicides d’à ce jour plus de 300 000 paysans surendettés par la culture du coton transgénique Monsanto. Economie basée sur le charbon, dont le gouvernement veut multiplier la production par deux d’ici à 2020 en ouvrant une mine de charbon par mois, tout en signant avec Areva la mise en route d’un méga-centrale nucléaire. Le nouveau géant du monde augure mal l’ère qui vient de se signer avec l’accord de Paris. En écho, le président de la République vient en personne de se rendre en Inde pour y conclure la vente de 36 Rafales, accompagné d’Areva, EDF et consorts. Du « make in India », résumait François Hollande.

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La transgression, une tradition

C’est compter sans la société civile indienne, observe Bénédicte Manier, journaliste à l’AFP, spécialisée dans les droits sociaux, le développement et les transformations sociales. Depuis vingt ans, elle consacre un mois par an à ausculter le continent indien, et publie aujourd’hui Made in India – Le laboratoire écologique de la planète (éditions Premier Parallèle, numérique : 5,99 €, papier : 14 €). Voir chronique sur le site.  « L’Inde est dans une situation paradoxale, avec d’un côté le souci de son développement et ce que cela implique, et de l’autre une société civile qui répond à un point qui pourrait nous inspirer. » Une société civile qui a parmi ses grandes traditions de « ne pas compter sur l’Etat », et même de «  ne rien en attendre ».

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Or, en Inde, la tradition compte d’autant qu’elle est en l’occurrence gage de survie. L’économie dite « organisée » représente 7 % de la population active : autant dire qu’elle est marginale, au regard de ce système D à l’échelle d’un continent, fait de la société civile « la plus dynamique du monde », qui a cette « espèce de faciliter à inventer » et, « contrairement à la Chine, cette capacité à opposer beaucoup de résistance ». Une Inde où les trois millions d’ONG sont plus nombreuses que les écoles.

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Une résistance qui s’ancre dans l’Histoire : alors qu’au XIXe siècle, les colons anglais avaient massivement déforesté, les bois précieux en particulier, l’Inde a connu une mobilisation massive pour reforester. De même, dans les années 70, des femmes n’ont pas hésité à entourer les arbres de leurs bras pour arrêter les tronçonneuses, ce qui a par ailleurs inspiré les Tree Huggers – ceux qui embrassent les arbres avec leurs bras – contre les déforestations : toujours ce recours à des techniques souvent simples, le « génie des gens ordinaires ». Or, aujourd’hui, « la moitié de la population indienne a moins de 25 ans », elle est « parfaitement consciente des enjeux de son pays et de la planète », « de la crise écologique et du développement économique de l’Inde concentré sur deux décennies, quand chez nous, il a pris deux siècles ». La « tradition de la transgression » se développe d’autant, contre les barrages, contre les mines de charbon, contre le nucléaire, et propose des alternatives.

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On se croirait en Normandie

Ainsi, dans l’état du Rajasthan, le plus aride de l’Inde, 60 % des terres sont en voie de désertification. Les habitants du petit district d’Alwar, près de Jaipur, ont pris pelles et pioches pour creuser un système de canaux dans le but de recueillir l’eau de pluie. Résultat : « on se croirait en Normandie ». Les canaux ainsi creusés à la force des bras, ont rapidement permis de remplir les nappes phréatiques en eau potable pour 700 000 personnes. Quant aux agriculteurs d’Alwar, ils sont devenus les plus riches du Rajasthan, avec trois récoltes par an. Arbres plantés pour retenir l’eau, bocage et autogestion de l’eau par des assemblées villageoises où tout le monde – hommes et femmes, haute et basse caste – siège à égalité. Une transgression qui a réglé la pénurie d’eau de centaines de milliers de personnes.

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Au centre de l’Inde, dans l’Etat du Telangana, les paysans ne faisaient plus qu’un repas par jour. Motif : les « semences modernes » rendaient les sols stériles. Là, ce sont les paysannes qui prennent les choses en mains : retour aux semences locales, création d’une coopérative où chacun peut s’approvisionner en semences et rembourser… en nature, après récolte, auto-redistribution des terres et passage à l’agriculture bio. Comme à chaque fois, l’échelle est éloquente : 200 000 personnes sauvées de la faim. Désormais, les paysannes gouvernent les petits villages de la région, ont créé crèches et écoles du soir pour adultes, exportent le surplus de production en ville, tout en ayant banni les sacs en plastique au profit des sacs en toile de jute, et ont créé une radio communautaire, réalisé des films contre les OGM et pour les semences locales. Positivement subversif.

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Autre exemple encore, celui de la santé. Le réseau citoyen de prévention de la tuberculose forme à la détection des symptômes dans les épiceries. Dans l’Etat du Kerala, au sud de l’Inde, 100 000 volontaires s’occupent à domicile des 70 000 personnes en soins palliatifs. Une méthode qui a essaimé en Thaïlande, en Indonésie, mais aussi en Irlande et en Espagne. Enfin, dans les hôpitaux, les soins sont dispensés gratuitement aux plus pauvres, financés notamment par les hôpitaux haut de gamme… dont l’un d’entre eux est coté à la Bourse de Bombay.

Made in India met ainsi en avant cet « empowerment » de la société civile indienne, « ces expériences nombreuses et qui marchent. Au regard de la densité de la population, elles ont valeur d’exemple ». C’est l’effet laboratoire. « Chaque été en France, on fait attention à l’eau. Qu’est-ce qu’on attend pour recueillir l’eau de pluie? » interroge Bénédicte Manier.

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* Selon le nouveau rapport des Nations unies, Perspectives de la population mondiale : révision 2015, publié mercredi 29 juillet 2015, la Chine et l’Inde aujourd’hui au coude-à-coude avec respectivement 1,38 milliard et 1,31 milliard d’habitants (soit 19 % et 18 % de la population mondiale) devraient l’une et l’autre compter avant 2022 1,4 milliard d’individus. Mais, passé ce cap, la population chinoise devrait se stabiliser jusqu’en 2030 avant de se mettre doucement à décliner, pour retomber à 1 milliard à la fin du siècle, tandis que la population indienne continuera de croître, passant à 1,5 milliard en 2030 à 1,7 milliard en 2050 et à 1,65 milliard en 2100.

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Le retour sournois de la pensée magique


par Frédéric Denhez
Denhez-Frederic

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Le succès de l’Encyclique du pape auprès des médias est sensationnel. Tout le monde loue ce texte tant il est juste, digne de ce que nous autres racontons depuis des lustres. Il est même de bon ton de dire et d’écrire, avec un rien de fébrilité, « qu’on a beau être laïc, il faut quand même reconnaître que etc. », ce qui sonne comme l’aveu d’un grand courage. Celui du journaliste à qui on ne la fait pas, gentiment laïc et objectif, forcé de s’incliner devant la lumineuse clarté de la pensée pontificale. A posteriori on s’émeut presque que Nicolas Hulot, toujours emballé dans sa chemise terne comme d’autres, avant, l’étaient d’une bure, soit allé consulter le Très Saint-Père pour lui réclamer son intervention auprès des âmes chrétiennes. Y a pas à dire, quand on sait s’adresser aux âmes comme saint François parlait aux oiseaux, cela force le respect. Alléluia.

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Mais bordel, réveillons-nous ! Que dans un pays laïc, né de cette victoire de la connaissance sur la croyance que fut le Siècle des Lumières, un texte papal sur un sujet de société ait eu tant de succès; qu’une star respectable telle que Hulot ait jugé normal d’aller baiser la pantoufle vaticane, cela vous paraît mériter l’enthousiasme ? ! En 2015, pour que la société prenne conscience de la toxicité du couple que nous formons avec notre planète, il faut donc qu’un curé le lui dise. Pour que la parole des scientifiques et des écolos porte enfin, qu’on en discute à la veillée, il faut qu’elle soit portée par celui-là même qui dénonce ou conteste l’avortement, la contraception, l’adultère, le divorce et l’homosexualité, celui pour qui il y a une réponse à tout, car tout est écrit, certain et irréfutable dans le Ciel immuable où un jour nous serons chacun jugés.

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Quel constat d’échec en vérité… Celui des politiques auxquels plus personne n’attache d’importance. Celui de nous autres journalistes, assimilés à ces mêmes autistes bavards et inutiles. Celui des écologistes qui manient pourtant le discours eschatologique ou l’alarme malthusienne aussi bien qu’un prédicateur au sommet d’une chaire. Celui, surtout, très inquiétant, des scientifiques. Le monde des blouses blanches a été incapable d’écrire un récit pouvant se substituer à celui de la trilogie faute-pénitence-punition. Il a été incapable de s’opposer au simplisme scientiste comme à la médiocrité catastrophiste. Il est incapable de montrer un avenir plus joyeux que le Déluge ancré en nous depuis que l’homme a inventé Dieu pour ne pas avoir peur pendant la tempête. Il est pourtant d’essence raisonnable, le discours scientifique, car il est réfutable : la science ne prétend pas savoir la vérité, mais seulement qu’elle a sans doute raison. Obligeant l’homme à douter, elle l’a élevé au-dessus de sa condition de croyant qui est celle des nuques raidies par la soumission. La science nous a libérés de l’obscurantisme.

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Mais voilà, dans notre monde ouvert, complexe, brutal, flou et angoissant, où seule la peur nous donne encore l’impression de former une même civilisation, dans notre société revenue de tout où tout semble acquis, dont le confort fait oublier l’essentiel et ce que furent les réalités du passé, la raison vaut désormais moins que la croyance. Parce que croire permet de ne plus douter. Est-ce croire en Dieu ? Pas nécessairement. Croire plutôt en une grande explication qui transcende et explique tout. Se raccrocher aux branches les plus grosses, car il faut bien avoir foi en quelque chose.

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Et alors autour de nous la parano et les gourous se développent comme les allergies. Le triste Pr Joyeux cache mal sa phallocratie, son mépris de la liberté de choix des femmes, son costume des années 1950 derrière une théorie loufoque sur le cancer. Mais il vend des livres par palettes car ce qu’il dit semble… naturel. Le sans-gluten n’a aucun sens scientifique, aucun fondement médical, sauf pour une petite minorité, mais il multiplie ses adeptes. Comme la plupart des allergies médiatiques qui n’ont d’autre intérêt que celui de pouvoir parler de soi. Après le tatouage et les réseaux sociaux, dire qu’on ne peut plus manger que des graines germées ou de la viande crue est la nouvelle voie du narcissisme. Sur le web, dans les commentaires des auditeurs, fleurissent chaque jour de nouvelles paranoïas qui, faites-en l’expérience, sont toutes reliées entre-elles par la quête d’un ennemi commun et d’une explication évidente que ce même nous cache parce qu’il défend des intérêts financiers considérables – le Juif n’est jamais loin : ainsi nous empêche-t-on de bénéficier du moteur à énergie libre, on nous empoissonne avec les chemtrails, la bonne santé du cancer tient au fait que les industriels de la pilule n’ont pas intérêt à ce qu’on sache qu’en bouffant du curcuma, nulle tumeur ne métastaserait.

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Toujours, faut-il rechercher une réponse simple qui explique tout, d’autant plus simple qu’elle s’inscrit dans notre manichéisme si français. Cela autorise à se sentir moins seul. L’autre qui ne croît pas n’a rien compris, il faut le convaincre. Et puis, cela se conjugue bien avec une déification de la nature qui a du mal à dire son nom : la Nature a toujours raison, elle saura se venger des hommes qui l’ont meurtrie, car nous avons transgressé ses règles. La théorie de Gaïa de James Lovelock a été détournée, pour aboutir à celle d’une Nature transformée en Providence grâce à sa prétendue immuabilité que l’homme, ce parasite, perturbe. La Nature, c’est la nouvelle norme du Bien, c’est le nouveau Sacré. Elle est la moderne manne céleste qui peut combler tous nos besoins si nous sommes assez sages. Le vent, la lumière, l’eau peuvent fournir de l’énergie, mais il faudra peu consommer. La terre nous nourrira, mais il s’agira de lui murmurer dans l’oreille, de ne plus lui crier dessus. Les « énergies » nous soigneront de tout, si nous acceptons de les recevoir par le biais d’huiles, de poudres, de massages forcément bénéfiques, car naturels.

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La Nature nous est supérieure, car d’elle nous procédons. Ainsi, tout geste la dérangeant est considéré a priori comme un crime, pas loin du blasphème. Élever un animal pour le manger est un comportement qui n’est plus supportable, car nous n’avons nul droit de vie et de mort sur la vache et la poule. Le chasseur, qui n’a pas l’hypocrisie de la société ayant proscrit par la loi et les mots cette violence sociable terrible qu’elle exerce sur ses membres, est reconnu comme un massacreur.

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Bien pis. La vaccination est aujourd’hui considérée par certains comme une rupture du lien entre l’enfant et la Nature, qui l’empêche de se confronter à ses agents qui pourraient le rendre plus fort. Que la piqûre ait fait reculer ces maladies qui tuaient un enfant sur deux avant l’âge de 5 ans est oublié. Que Jenner, Koch et Pasteur aient libéré l’humanité de l’obligation de se reproduire comme des lapins pour espérer voir quelques enfants atteindre l’âge adulte ne dit plus rien à personne. Que ces maladies, la coqueluche, la rubéole, la polio, reviennent, à la faveur de nouveaux foyers nés chez les enfants non vaccinés n’inquiète pas. L’essentiel est de ne pas succomber au joug de l’industrie pharmaceutique qui crée des maladies et nous empoisonne avec l’aluminium. L’important est de renouer avec la Nature.

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L’obscurantisme revient. Il s’installe sournoisement par la paranoïa, la remise en cause des acquis de la science et de la technologie, cette dangereuse dialectique dominant/dominé qui nous rassure. Ce qui nous arrive ? Ce que nous avons fait subir ! Dans cette bouillie, l’homme – occidental plutôt, capitaliste c’est certain – est responsable et la nature, comme les islamistes ou les fachos, est une victime qui aujourd’hui se rebelle. C’est bien fait pour nous. Pour atténuer nos peines, il va falloir faire allégeance et se raconter des histoires simples. Et c’est ainsi que l’écologie, une fois encore prise comme l’idiote utile d’un système de pensée néfaste, s’approche encore un peu de la mort cérébrale. La soumission gagne, la pensée magique est convoquée et recule la raison. Jusqu’à quand ?

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Frédéric Denhez a publié de nombreux ouvrages, dont Cessons de ruiner notre sol, aux éditions Flammarion. Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.
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Communiqué : la liberté d’informer en question

Communiqué

 

Le site d’information Bastamag, son ancien directeur de publication et trois journalistes de la rédaction (Nadia Djabali, Ivan du Roy et Agnès Rousseaux), font l’objet d’une procédure en diffamation de la part du groupe Bolloré. Cette procédure vise un article de synthèse sur l’accaparement des terres, publié en octobre 2012. S’appuyant sur des rapports des Nations unies et d’organisations internationales, cet article dressait un état des lieux du mouvement d’accaparement de terres en Afrique, en Amérique latine et en Asie, et des grandes entreprises françaises qui y sont impliquées. Cette plainte en diffamation vise également le site Rue 89 et son directeur de publication, Pierre Haski, pour avoir cité l’article dans sa revue de presse ainsi que Dominique Martin Ferrari et son site scoop it Options Futurs pour avoir signalé l’article. Elle n’est pas l’auteur de l’article, ne l’a pas publié, mais a seulement posté un lien. La 17e Chambre (presse) du tribunal de grande instance du Palais de Justice de Paris se prononcera le 11 février prochain dans l’après midi. Outre défendre le droit d’informer, elle aura à se prononcer sur le caractère diffamatoire des questions posées par la partie civile.

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L’Association des journalistes de l’environnement (AJE) et l’Association des journalistes pour la Nature et l’Ecologie (JNE)  apportent leur soutien à leurs consoeurs et confrères et défendent la liberté d’informer.

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Rappel : la présence des journalistes à l’audience permet la reprise des échanges dans leur totalité. Parmi les témoins cités par Bastamag : Noël Mamère et Olivier de Schutter. Avocats de la défense : Maître Combe et Corinne Lepage.

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La Vallée de la Drôme, laboratoire de la transition écologique

En ouverture des quatorzièmes rencontres de l’écologie au quotidien de Die, Olivier de Schutter, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation et professeur à l’Université de Louvain (Belgique), a donné une conférence sur le thème « La dimension humaine de la transition écologique ». Il nous dit ici pourquoi la vallée de la Drôme est, de son point de vue, un territoire dont nous avons beaucoup à apprendre.

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par Olivier de Schutter

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Olivier de Schutter @ CIDSE

C’est une partie décisive qui se joue dans la Vallée de la Drôme. Ce territoire de 55.000 habitants, regroupant trois communautés de communes (Val de Drôme, Crestois et pays de Saillans, et Diois), inclut un nombre impressionnant d’innovations qui préparent la transition. Ces innovations sont techniques et sociétales, souvent en combinaison l’une avec l’autre. Elles traversent les domaines de l’agriculture et de l’alimentation, où s’imposent les circuits courts et la conversion massive vers l’agriculture biologique; ceux de l’énergie et de la mobilité, où des initiatives locales encouragent la mobilité douce et le recours aux énergies renouvelables; et ceux de la gouvernance, par exemple à travers la mise sur pied de l’expérience de démocratie citoyenne dans le bourg de Saillans.

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La densité des innovations qui préparent ici la transition écologique en fait un « territoire apprenant », dont il nous faut apprendre à notre tour. Les vagues successives d’arrivées de « néo-ruraux », combinées à la tradition d’accueil du territoire, ont eu un rôle déterminant. Au cours des années 1970, ces nouveaux arrivants étaient empreints d’écologie radicale ou de slogans venant des barricades de mai 1968 : ils ont importé dans la vallée des rêves des changement, et ont voulu s’y investir pour rendre au territoire ce que celui-ci leur apportait.

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Aujourd’hui, ces néo-ruraux amènent des idées fondées sur l’économie collaborative ou la mise au service de la transition écologique des plateformes électroniques. La mise sur pied de nouveaux mécanismes hybrides de gouvernance, associant élus locaux, entrepreneurs et représentants de la société civile, a aussi joué un rôle : la mise ensemble de ces sensibilités différentes a pu non seulement stimuler l’imagination des acteurs, mais aussi renforcer la légitimité des projets à construire. Entre 2009 et 2014, le Grand Projet Biovallée de la Région Rhône-Alpes a suscité des initiatives par un financement de 10 millions d’euros (sans tenir compte des effets multiplicateurs), dont l’association Biovallée assure aujourd’hui le suivi — mettant les acteurs en relation et construisant des ponts entre les différents organismes de décision à l’échelle de l’ensemble de la vallée.
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Cette expérience atteste d’une nouvelle manière de concevoir la transition écologique. Nous avions cru dans les outils imposés d’en haut, qui allaient de l’imposition de réglementations contraignantes à la mise sur pied d’incitants économiques — taxes pénalisant les comportements néfastes, ou subsides favorisant les attitudes plus responsables. Nous avions cru à la planification imposée par l’Etat depuis le centre qu’il occupe. Ces outils et cette planification demeurent utiles et nécessaires. Mais nous comprenons aujourd’hui qu’il faut autre chose pour relever les défis qui nous attendent, qu’il s’agisse de l’atténuation du changement climatique ou de la construction de la résilience : pour cela, il faut un engagement de chacun dans sa vie quotidienne, une participation de chacun, comme co-auteur des solutions qui le concernent, et un récit collectif auquel tous peuvent adhérer. Le rôle du politique lui-même évolue : aux politiques, l’on donnait le mandat de penser pour les citoyens, l’élection servant à confirmer ou non la sagesse des choix faits au nom de la collectivité; l’on attend d’eux à présent qu’ils créent des espaces de liberté dans laquelle l’inventivité citoyenne peut se déployer, en lien avec les réalités du territoire et qui réponde aux motivations des personnes qui s’y investissent.

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Les philosophes des sciences ont coutume de dire qu’une expérience commence toujours par réussir : conscients d’être des pionniers, les expérimentateurs mettent dans son succès l’énergie et le zèle qu’il faut. Je formule le voeu que cette prophétie se réalise.

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Beau succès pour les Rencontres de l’écologie au quotidien, à Die

Les quatorzièmes rencontres de l’écologie au quotidien ont rassemblé à Die (26), du 22 au 31 janvier, 2016 près de 11 000 personnes. Elles avaient cette année pour thème : « Changer de vision … pour un monde solidaire ». Catalyseur de liens et d’initiatives nouvelles entre les acteurs de la transition écologique, cet événement est pensé par ses organisateurs comme un outil d’éducation populaire.

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par Jean-Claude Noyé

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headerLe moins qu’on puisse dire est que le programme était riche et qu’il y en avait pour tous les goûts. Dans la salle polyvalente de Die, le lieu principal de la manifestation décoré pour la circonstance de tentures couleur safran ou bordeaux, les conférences se sont enchaînées.

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Entre celle donnée en ouverture par Olivier de Schutter, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation et professeur à l’Université de Louvain (Belgique), avec pour thème «La dimension humaine de la transition écologique » (voir son texte ici). Et celle intitulée « Sortir de la Seulitude », donnée dimanche par une animatrice de la communauté de l’Arche.
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Au programme également, la diffusion de films et la tenue d’ateliers pratiques : « Echanges autour du pain et des blés anciens » ; « Mieux être et pleine conscience » ; « Explorer les énergies féminines et masculines en soi et avec les autres », etc. Sans oublier les temps festifs et dansants (bals folk). Convivialité et confiance, tels sont les maîtres mots de ces rencontres. Confiance réaffirmée dans notre capacité collective à inverser le cours des choses pour préparer l’avènement d’une société post-capitaliste. Confiance dans la capacité des personnes à se responsabiliser que symbolise, par exemple, l’accès libre aux thé, café et autres infusions, moyennant la somme que chacun veut bien donner.

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Le genre de petites choses qui vous mettent le coeur au diapason et qui, outre, la qualité tant du programme que de l’accueil, vous donnent envie de revenir l’année suivante. Toujours est-il que la fréquentation de cette manifestation atteint un niveau élevé avec près de 11 000 participants cette année, si l’on en croit les organisateurs. Tout a commencé à la fin des années 90 quand les acteurs de la transition écologique de ce territoire rural, pour beaucoup des néo-ruraux arrivés dans les années 70, ont pris conscience qu’ils étaient dispersés et qu’il leur manquait une vision globale. Qu’il leur fallait créer ensemble de nouvelles cohérences, fussent-ils élus locaux, paysans bio, entrepreneurs dans le domaine des plantes cosmétiques et médicales, créatifs culturels et autres animateurs d’association à finalité socio-éducative. Dès leur création, les Rencontres de l’écologie ont été un catalyseur d’énergies et de projets. La venue de personnalités reconnues, comme Jean-Marie Pelt, Patrick Viveret, Pierre Rabhi, Michèle Rivasi, le soutien constant d’Edgar Morin, ont fait le reste …
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Enfant du pays, militant dans l’âme (il a entre autres participé à la création de la Confédération paysanne, du parc naturel régional du Vercors et de la Carline, une coopérative de produits bio), créateur de Médias Citoyens Diois, Claude Veyret est impliqué au premier chef dans la bonne marche de cet évènement, aux côtés d’Anne Tesson. Il rappelle l’importance qu’a eu pour eux le livre de Félix Guattari : Les trois écologies. « L’écologie personnelle telle qu’elle peut se cultiver dans la communication non-violente (CNV), la méditation en pleine conscience et, plus globalement, par une attitude bienveillante avec les hommes comme avec la nature, est une dimension indispensable. Elle impacte tout le reste. A quoi bon manger bio si on est fâché avec son voisin ? », interroge-t-il. Et d’expliquer que le changement de paradigme ne viendra pas d’en haut mais, bel et bien, de la base, c’est-à-dire des territoires.
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« Changer de vision pour un monde solidaire » ou comment transformer nos rapports de force en coopération : le choix du thème des Rencontres de l’écologie au quotidien résonne donc avec cette conviction. Laquelle justifie aussi l’importance des ateliers pratiques et activités centrées sur la capacité des individus à se transformer pour construire un nouveau monde. « Pour les méthodes d’animation, depuis toujours nous essayons que tous ces temps de réflexion et dialogue soient les plus participatifs possibles. Word Café, Forums ouverts, Théâtre Forum, échanges en groupes sont des outils couramment utilisés depuis quelques années. Les mises en situation et ateliers de travail par thème aussi », précise encore Claude Veyret.

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L’année 2016 aura été marquée par l’accueil à Die des représentants du Réseau international des éco-régions et bio-districts. Venus d’Italie, de Macédoine, de Chypre, de Lettonie, de Bosnie Herzégovine ou de Belgique, ils ont fait part des expériences de transition écologique initiées dans leurs secteurs. Non sans exprimer leur vif intérêt, sinon leur admiration, pour le programme concerté d’actions menées dans la vallée de la Drôme sous le terme générique de Bio-vallée. Un programme de coopération et de soutien économique entre ces acteurs européens devrait, à terme, voir le jour. Pour les militants écologistes du Haut-Diois et des environs, cette nouvelle mise en réseau ne procède jamais que d’une démarche solidement établie. Celle-là même qui a permis la naissance des Cigales, de Terre de Liens, des Compagnons de la Terre, d’un réseau de permaculteurs. Ou, plus récemment, du réseau diois d’accueil des migrants. Le fil conducteur de toute ces actions ? Un mot, sans doute, l’exprime : éducation populaire. C’est, en tout cas, le terme que Claude Veyret utilise pour résumer les Rencontres de l’écologie au quotidien.

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Un bilan positif pour la COP 21

Fin 2015 s’est tenue la conférence de Paris sur le climat. L’objectif était de limiter la hausse moyenne des températures sur Terre à 2° C et, mieux encore si possible, à 1,5° C par rapport aux températures moyennes avant l’époque de l’industrialisation (vers 1750).

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par Christine Virbel

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ob_f655ba_p1000962-jpgL’accord de Paris est un succès car 195 pays, plus l’Union Européenne, soit 196 membres, ont accepté de modifier leur façon de produire, consommer, produire de l’énergie, se déplacer… pour émettre moins de CO2.

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A suivre, pour vérifier comment les choses se concrétisent… lire la suite ici.


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Fukushima, « zone de guerre »

Le responsable de la réparation de la centrale de Fukushima reconnaît qu’il doit faire face à une véritable « zone de guerre ».

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par Claude-Marie Vadrot

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Une vue des 22 millions de tonnes de terres radioactives dispersées un peu partout dans la campagne autour de Fukushima, simplement stockées dans des sacs noirs ou sous des bâches bleues @ Claude-Marie Vadrot

Dans un entretien accordé le 20 décembre 2015 à l’Agence Associated Press, le responsable de la réparation de la centrale de Fukushima a avoué qu’il était dans l’incapacité de prévoir quel serait le coût de la mise en sécurité des installations, et de fixer une date pour que les réacteurs fondus cessent de menacer la santé des salariés de l’entreprise et les habitants de la région, alors que les bâtiments accidentés continuent à polluer les sous-sols et l’atmosphère.

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Masuda Naohiro a même ajouté qu’il ignorait si, quand et comment les nouveaux robots pourraient réussir à explorer les débris des réacteurs fondus pour faire le point sur la réaction qui se poursuit en dégageant une chaleur d’environ 100° C et des émanations radioactives. Il a également reconnu qu’il devait faire face à une véritable « zone de guerre ». Toutes déclarations qui contrastent avec les affirmations du gouvernement japonais répétant régulièrement que la situation est entièrement sous contrôle.

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Le responsable de la Tepco, la société propriétaire de la centrale, a précisé que les ingénieurs ne savaient même pas où se trouvaient les débris des réacteurs ni comment il serait possible de les extraire. Il ignore également si les travaux nécessaires pourront être commencés avant une dizaine d’années. Avec cette précision :

« Une nouvelle science devra être inventée pour commencer le nettoyage et il faudra pour cela prendre en compte les risques courus par les salariés et l’environnement. »

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D’autant plus que des éléments radioactifs continueront à fuir dans les nappes souterraines, dans la mer et dans l’air.

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Des aveux qui contredisent radicalement les propos rassurants et les mensonges proférés par des responsables de la centrale lors de la visite des installations et de la région par Politis à la fin du mois de septembre dernier. Des propos de « propagande » que démentaient d’ailleurs la plupart des analyseurs automatiques de radioactivité mis en place sur le chantier, les combinaisons spéciales portées par de nombreux techniciens et l’abandon sur place de centaines de voitures et d’engins de chantiers fortement contaminés.

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En conclusion, Masuda Naohiro, qui travaille depuis 30 ans pour la Tepco, a assuré que, désormais, il annoncerait aussi bien les bonnes que les mauvaises nouvelles. Mais, pourtant, il n’a rien dit sur la bonne vingtaine de millions de tonnes de déchets radioactifs entassés sous de simples bâches dans la campagne environnante…

Cet article a été publié sur le site de Politis.

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Après l’année du climat, l’année de la nature ?

 


par Carine Mayo, présidente des JNE.
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Fin 2015, les enjeux climatiques ont été propulsés à la une des journaux. 99 % des Français ont entendu parler de la COP 21 selon un sondage* paru au lendemain de la conférence sur le climat et 61 % d’entre eux ont déclaré s’y intéresser. Incroyable, alors que beaucoup pensaient au sein des JNE il y a encore 18 mois, qu’il serait difficile d’éveiller l’intérêt du public pour la question climatique (et surtout celui des rédactions !), après l’échec de la conférence de Copenhague en 2009.

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Que restera-t-il de cet emballement dans l’esprit des citoyens et dans celui des dirigeants de la planète ? Difficile de le prédire. Depuis 47 ans que notre association accompagne l’actualité environnementale, nous avons l’habitude de ces enthousiasmes qui retombent comme un soufflé. Et puis, notre monde entre dans une période d’instabilité qui rend les engagements difficiles à tenir et les prévisions encore plus incertaines.

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Et pourtant, il y a urgence à agir dès maintenant pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre. Plus nous attendrons et plus les conséquences seront importantes. L’année 2015 apparaît déjà comme la plus chaude de l’histoire et les températures ont atteint plus de 0° C au pôle Nord en décembre !

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Mais si le changement climatique est une question centrale car il va modifier les conditions de notre vie sur terre, cela ne doit pas nous faire oublier que nous autres humains ne sommes pas les seuls habitants de notre planète. Jean-Marie Pelt, disparu peu avant Noël, savait comme personne nous raconter l’histoire des plantes et des animaux et nous faire réfléchir aux liens qui nous unissent à eux. Un homme remarquablement cultivé et ouvert sur le monde, auquel nous rendons hommage sur ce site.

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Autre personne qui n’avait pas son pareil pour secouer nos certitudes, François Terrasson, auteur de La peur de la nature et membre actif de notre association, disparu depuis 10 ans maintenant. Nous lui consacrons plusieurs articles et vous invitons à suivre les conférences qui seront organisées cette année pour montrer combien sa pensée est d’actualité.

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En effet, aujourd’hui encore, la vie sauvage nous dérange, comme en témoigne l’attitude de certains envers le loup, qui continue à faire peur, alors qu’il a failli disparaître de nos régions et qu’il a obtenu le statut d’espèce protégée en Europe. Suite à un arrêté ministériel autorisant l’abattage de loups, une trentaine de ces mammifères ont été tués en 2015, ce qui conduit plusieurs associations de protection de la nature à organiser une manifestation le 16 janvier à Lyon pour demander l’arrêt de cette chasse.

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A l’ouest, à Notre-Dame-des-Landes, c’est une vaste zone humide qui est menacée par le projet de construction de l’aéroport, alors que les autorités s’apprêtent à expulser les personnes qui y habitent. Et ce, malgré la COP 21 et malgré la présence d’espèces rares sur ce territoire. Notre ami Fabrice Nicolino devrait être aux côtés des naturalistes engagés contre ce projet d’aéroport, le 7 janvier, pour montrer l’importance de cette vie que l’on néglige. Un beau symbole, un an après l’attaque contre Charlie Hebdo dont il a été lui aussi victime.

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Nous sommes encore loin d’avoir une relation apaisée entre nous humains ou avec les autres espèces qui peuplent la nature.

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Aussi, formulons-nous ces vœux : que l’année 2016 nous permette de retrouver le chemin de la vie et de l’émerveillement, qui est un puissant moteur de changement.

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* IPSOS pour l’agence Havas France.

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AJEC21 & COP21
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