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« Choose Life », la nouvelle campagne de l’ASPAS

Ces images ne montrent pas ce que l’on croit décrypter au premier coup d’œil. A bien les regarder, ce ne sont pas des images de trophées de chasse mais des hommages à ceux qui protègent la vie sauvage.

par Danièle Boone


L’agence Young & Rubicam communication met chaque année son savoir-faire publicitaire, ses moyens humains et techniques, au service d’associations caritatives afin de défendre les causes qui la touche particulièrement. Cette année, Éric Lavenac et Guillaume Auboyneau, créatifs seniors au sein de l’équipe dirigée par Pierrette Diaz, ont souhaité mettre bénévolement, toute leur énergie innovante au service de l’ASPAS pour cette campagne choc. Les photos sont inspirées des nombreuses images de trophées de chasse très largement relayées sur le net. Et c’est l’une d’elle qu’on croit d’abord voir. Toutefois, ces hommes qui posent fièrement auprès d’un animal à terre n’ont pas de fusil à la main. Ce sont des promeneurs, bâton de marche en main, qui sont heureux d’avoir aidé une mère à faire naître son petit. Choose life !

La campagne vise évidemment ceux qui choisissent d’éliminer une vie par pure vanité, plaisir ou ignorance moyennant des sommes exorbitantes. À chaque animal qui tombe, gros ou petit, braconné, chassé, piégé, laissé pour mort, c’est un peu de notre monde qui s’écroule, notre meilleure part qui disparaît. L’ASPAS se positionne, comme toujours, du côté de l’espoir et du renouveau, du côté des naissances, du côté du choix pour la vie.

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2017 : une République en transition

 


par Thomas Blosseville

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Qui l’eût cru ? Il aura été beaucoup question de transition énergétique durant le quinquennat Hollande. Des pans entiers du sujet restent évidemment à traiter : rénovation des bâtiments, transports doux et durables, culture de la sobriété… Mais la transition énergétique est repartie sur des bases solides après les atermoiements du couple Sarkozy-Fillon. Le développement des renouvelables a redémarré. Les territoires ont gagné en légitimité. La France ose envisager une décentralisation de son modèle. Elle a même inscrit dans la loi l’objectif de diviser par deux sa consommation d’énergie d’ici à 2050.

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Las, qui s’en contentera ? Si le bilan du quinquennat semble satisfaisant, c’est en comparaison au précédent. Rappelez-vous : le gouvernement Fillon avait organisé un Grenelle de l’environnement novateur avant d’opérer un virage idéologique à 180°, brisant l’élan des énergies renouvelables. François Hollande a su relancer la transition énergétique, mais pas assez au regard de l’ambition affichée lors de la COP21. La centrale de Fessenheim l’illustre : la France reste empêtrée dans l’ornière nucléaire. Même si l’arrêt d’un réacteur n’est plus un sujet tabou, l’Etat n’a pas su concrétiser l’opération.

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A l’heure d’entamer un nouveau quinquennat, les candidat(e)s sont-ils à la hauteur de l’enjeu ? Marine Le Pen soutient le nucléaire et les renouvelables tout en s’opposant frontalement à l’éolien, pourtant pilier de la transition énergétique et pourvoyeur d’emplois en France. Totalement incohérent. Et les autres ? La ténacité d’un Fillon, le pragmatisme d’un Macron et la radicalité d’un Mélenchon sont-ils des atouts ? Que penser d’un Hamon frondeur devenu conciliateur ?

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François Fillon parie sur le nucléaire et les renouvelables, sans préciser comment ils pourraient coexister. Emmanuel Macron s’inscrit dans la continuité de la loi de transition énergétique. Son pragmatisme économique pourrait bénéficier aux énergies renouvelables dont le coût baisse. Mais il n’a pas fixé de cap clair au-delà de 2025-2030. Au contraire de Benoît Hamon, qui veut sortir du nucléaire en une génération et atteindre 100 % de renouvelables en 2050. Toutefois, le socialiste manque de précision sur la manière d’y parvenir. Un objectif ambitieux suppose une transformation complète de la société et une méthode robuste pour l’accompagner. Cette remarque vaut aussi pour Jean-Luc Mélenchon. Le candidat des Insoumis veut créer un pôle public garantissant à tous un accès gratuit minimum à l’énergie en nationalisant EDF et Engie. Cette démarche est-elle compatible avec une décentralisation du système ?

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En réalité, la transition énergétique suppose un subtil équilibre entre libération des initiatives et solidarité nationale. Un Etat planificateur n’est rien sans un Etat facilitateur : il est impuissant s’il ne crée pas les conditions du changement. Cela suppose de fixer un cap – Hamon et Mélenchon le font en partie – mais aussi de stimuler les projets des collectivités locales et des acteurs privés. Car les solutions ne seront pas les mêmes à Marseille et à Dunkerque, à Paris et dans la Drôme. Cette culture de l’innovation et de la prise de risque est sans doute plutôt dans l’ADN du candidat Macron.

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Pour inscrire des projets individuels dans une démarche commune, pour fixer des objectifs et laisser la société s’en emparer, pour encourager le changement tout en réduisant les inégalités, un(e) président(e) idéal(e) emprunterait sûrement des qualités à différents candidats. Alors, aussitôt l’élection passée, il faudra vite oublier les clivages attisés par la campagne présidentielle. Et faire de la transition énergétique – au-delà des sensibilités politiques – un projet républicain.

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Thomas Blosseville est journaliste spécialisé sur la transition énergétique.

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Une grande enquête sur la pollution lancée en Algérie

Une grande enquête sur la pollution a été lancée en Algérie par le Centre national de toxicologie pour connaître l’impact de l’exposition de la population algérienne aux polluants.

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par M’hamed Rebah

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Selon les explications données par Mme Berkahoum Alamir, directrice du Centre, cette enquête, 8e du genre à l’échelle mondiale mais première à l’échelle africaine, intitulée Bio surveillance de l’exposition de la population algérienne aux polluants, touche un minimum de 1210 ménages, dans la tranche entre 3 et 74 ans, répartis sur 39 wilayas représentatives au niveau national. Elle porte sur une liste de 57 questions (habitudes alimentaires, hygiène, etc.) ainsi que sur leur environnement afin de déterminer l’impact sur la santé d’une vingtaine de substances chimiques (arsenic, mercure, plomb, vanadium, chrome, etc.).

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Les conclusions de l’enquête contribueront à l’identification des populations à risque ainsi que les facteurs associés, les plus importants étant l’alimentation, la qualité de l’eau et de l’environnement. Le manque d’informations sur l’état de l’environnement en Algérie, particulièrement en milieu urbain, rend difficile l’élaboration d’une politique sérieuse dans ce domaine.

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Il existe pourtant un organisme chargé de cette mission. L’Observatoire national de l’environnement et du développement durable (ONEDD) a été créé en 2002 pour répondre aux nombreuses questions sur l’impact grandissant des activités humaines et industrielles sur l’environnement. Il gère les réseaux d’observation et de mesure de la pollution et de surveillance des milieux naturels et c’est sur lui que repose la charge importante et délicate de contrôler les rejets liquides déversés par les différentes unités industrielles dans les milieux naturels et de déterminer le degré de pollution, notamment au niveau des oueds.
L’ONEDD a supervisé jusqu’à 2009 le système de surveillance et d’analyse instantanée de la qualité de l’air, dans quatre grandes villes, à travers le réseau Samasafia (ciel pur). Ce système conçu par le regretté Mohamed Tayeb Aoudia, expert dans ce domaine, avait été inauguré par le président Bouteflika en mai 2002. Il s’est arrêté de fonctionner subitement en 2009. En juin 2014, le panneau placé dans le petit jardin aux pigeons, près du jet d’eau, boulevard Khemisti, face à la Grande Poste, au centre d’Alger, qui affichait les informations fournies par Samasafia sur l’état de la qualité de l’air dans la capitale, a été déboulonné par les autorités locales. Il ne servait plus à rien, personne ne le regardait, mais il gâchait la vue et avait fini par devenir un facteur de pollution visuelle.

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Les dernières mesures de Samasafia remontent à août 2009, si l’on se réfère aux informations mises sur le site de l’ONEDD, qui gérait le réseau. Depuis, rien ne permet d’avoir une idée du niveau de pollution de l’air respiré par les Algérois. C’est le flou complet. En fait, au même titre que les nuisances sonores (qui reviennent en force avec la campagne électorale pour les législatives du 4 mai), la pollution de l’air est sous-estimée en Algérie, voire ignorée, alors qu’elle est au centre des préoccupations environnementales ailleurs dans les grandes villes du monde.

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Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le problème de la pollution de l’air est une « urgence de santé publique ». L’OMS demande aux gouvernements d’agir contre ce fléau qui entraîne des maladies nécessitant des soins coûteux. Dans le monde, chaque année, la pollution de l’air fait 8 millions de morts, d’après une étude parue il y a quelques mois dans la revue Environmental Science and Technology, qui a révélé que la pollution de l’air tue plus que le sida et le paludisme combinés. En Algérie, en milieu urbain, c’est la circulation automobile qui est à l’origine de cette pollution.

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Cet article a été publié dans La Nouvelle République (Algérie) du lundi 10 avril 2017.

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Grand colloque national sur le renard : vers un statut de protection ?

Les 12 et 13 mai 2017 à Paris, l’ASPAS organise un grand colloque pour révéler la vie secrète des renards et leur rendre la place qui est la leur. Mal vu par beaucoup, le renard doit être mieux connu de tous. Confrontation de témoignages par ceux qui côtoient l’animal.

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par Marc Giraud

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Ouvert à tous, ce colloque rassemblera des scientifiques, des chercheurs, des historiens, des agriculteurs, des vidéastes et des agents de l’État. Sur deux jours, les différents intervenants présenteront cet animal apparemment commun, mais hors du commun. Un zoom sur les renards des villes, y compris Paris, des témoignages de terrain, des révélations sur des comportement peu connus, des mises au point sur les légendes autour de l’animal viendront nourrir nos connaissances. Les regards croisés et les expertises des différents spécialistes répondront à toutes les questions sur la « problématique » autour du renard, et nous éclaireront sur ses solutions.

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Le statut administratif de « nuisible » affublé au renard est scientifiquement injustifié, car dans l’équilibre des milieux, le rôle de « service sanitaire » de l’animal permet d’éviter des pullulations ou des épidémies.

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Allié de l’agriculture, chaque renard élimine plusieurs dizaines de milliers de rongeurs par an. Pourtant, de 600 000 à 1 million de renards sont tués par la chasse et le piégeage chaque année en France. Cette persécution systématique, par des méthodes extrêmement brutales, n’est étayée d’aucun argument recevable par ses adeptes.

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Grâce au coup de projecteur de ce colloque, notre renard finira par être mieux connu, et enfin bien vu… et bienvenu !

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Programme du vendredi 12

Matin conférence de presse en présence de Jacques Perrin et de biologistes, à préciser et confirmer

13 h 30 Ouverture, par Marc Giraud (JNE)
13 h 45 Historique de la relation homme-renard, par Denis-Richard Blackbourn, docteur en écoéthologie et en ethnozoologie au Muséum national d’histoire naturelle
14 h 15 Les études de l’ONCFS sur le renard, par Sandrine Ruette, ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage)
14 h 45 Les renards et les humains au Bois de Vincennes, par Anaïs Mohamed, étudiante Master 2 en anthropologie
15 h 15 La « Mission animaux » de la Mairie de Paris et les populations de renards parisiens, par Anne du Plessis et Thomas Charachon, Mairie de Paris
16 h Situation sanitaire, de la rage à l’échinococcose, par François Moutou (JNE), vétérinaire et épidémiologiste
16 h 30 Le contrôle des maladies infectieuses transmises par le renard, par Marc Artois du réseau de surveillance sanitaire de la faune SAGIR, et Nicolas Baron, agrégé d’histoire-géographie
17 h Intérêt économique du renard, par Denis-Richard Blackbourn
17 h 30 Utiles et « nuisibles », lois et paradoxes, par Ariane Ambrosini et Marion Fargier, juristes de l’ASPAS

19 h 30 Projection du film Au fil de l’histoire (52 mn), épisode 3/3 de la série documentaire Le peuple de la forêt (Jacques Perrin et Jacques Cluzeau), suivi d’un échange avec Jacques Cluzeau, Gilbert Cochet et Stéphane Durand, auteurs et réalisateurs.

Programme du samedi 13

10 h Situation du renard au Luxembourg, par Roger Schauls, Vice-président du Mouvement écologique et membre du Conseil supérieur de la chasse au Luxembourg
10 h 30 Le renard, allié de l’agriculteur et du paysan, par Michel Pritzy, agriculteur et producteur laitier en AOC
11 h La gestion cynégétique du renard a-t-elle un sens écologique et éthique ? par Denis-Richard Blackbourn

14 h Actions associatives et collectif Renard Grand Est, par Franck Vigna, Yann Lebecel et Julien Frizon, vidéastes et photographes naturalistes
14 h 45 Séance de clôture et motions, perspectives pour un changement du statut du renard, par l’ASPAS
16 h Projection du film Le clan des renards (1 h 10) d’Anne et Éric Lapied.

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COLLOQUE RENARD
12 et 13 mai 2017
Université Pierre et Marie Curie (site Pitié Salpêtrière) – 105 boulevard de l’Hôpital – Paris XIIIe
Hall 105 – Rdc Amphithéâtre E
Entrée libre
Renseignements : ASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages – Tél. 04 75 25 10 00
contact@aspas-nature.org – Programme détaillé www.aspas-nature.org

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Une première en France : des remises de diplômes en Droit animalier

Lors du Colloque du 7 avril 2017 à Brive « Droits de regard sur l’abattage des animaux d’élevage » qui s’est notamment distingué par une réflexion sur le bien-être et le respect de l’animal, des étudiants ont reçu pour la première fois en France un diplôme en droit animalier.

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par Michel Cros

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Le prix Jules Michelet, récompensant la meilleure proposition de réforme législative portant sur un aspect du droit animalier, a été décerné à Mme Catherine Kamianecki pour sa proposition de réforme de l’article R 214-70-I du Code rural et de la pêche maritime concernant la suppression de l’exception à l’étourdissement dans le cadre de l’abattage rituel.

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« Il n’est pas question de supprimer l’abattage rituel, a déclaré la lauréate, mais de l’aménager. Ce que tente de faire ma proposition, c’est de supprimer l’exception à la dérogation à l’étourdissement préalable en cas d’abattage rituel et de remplacer cette exception par une obligation d’étourdissement préalable réversible en cas d’abattage rituel ».

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Le second prix a été décerné à Mme Perrine Ferrer pour sa Proposition de réforme visant à l’interdiction des lâchers de gibier d’élevage.

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Contact :
Lucille Boisseau-Sowinski, Maître de conférences à l’Université de Limoges
lucille.boisseau-sowinski@unilim.fr

 

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Les « cent soleils » de Takashi Arai

Les « cent soleils » de Takashi Arai ne sont pas les étoiles que nous connaissons : ni celle qui éclaire puissamment nos jours, ni les étoiles plus quelconques de nos nuits. Ils rappellent en beauté les méfaits de l’industrie nucléaire au Japon. Né au Japon en 1978, le photographe fait émerger la mémoire nucléaire des événements de Fukushima (2011), Hiroshima et Nagasaki (1945).

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par Jane Hervé

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Une angoisse bleuie

Montrer la postérité angoissante de ces événements est une prouesse permise par le daguerréotype dont l’image (reproduite sur une surface de cuivre recouverte d’argent) possède en soi une réelle étrangeté. Celle-ci est accentuée par les traces bleuies (courbe bleue traversant le soleil, minuscule soleil apparaissant dans l’image, taches étales) parfois diffuses, parfois éthérées, parfois nettes, parfois floues. Celles-ci se sont installées « par hasard », selon Arai, sur un camaïeu dérivant du noir au blanc.

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Son principe d’artiste est d’intégrer souvent dans un cercle solaire les diverses horreurs, quelles soient dans la nature ou dans la civilisation, tout en glissant parfois – en rappel un vrai soleil du même bleu électrique. L’un de ces « soleils » occupe sur une photo l’endroit exact de l’explosion à Hiroshima. Dans la nature dévastée d’abord, les arbres de Miharu (2011), les pissenlits décharnés de Nagasaki avec le Soleil au loin (2014), les tournesols d’Hiroshima, les pins d’Inawashiro (2015) sont autant de témoins défaillants mais enracinés dans le sol.

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Un des 288 daguerréotypes de Takashi Arai sur la centrale nucléaire de Fukushima – © Takashi Arai

Dans les œuvres des hommes également endommagées ensuite, tel le paquebot d’Onahama (2011), la ville d’Hiroshima avec le Soleil bleu (2014) et surtout l’immense centrale de Fukushima. Cette dernière, décomposée en 296 mini-daguerréotypes, exprime les brisures, les décompositions, en bref le chaos causé par l’atome en une mer tsunamique aux vagues encore rageuses.

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Chez les êtres humains enfin : le moine de Fukushima pose dans toute sa « colère ». On comprend vite pourquoi. Il est entouré des innombrables containers de déchets nucléaires qu’il a rapporté lui-même en camion jusque dans son jardin (2013). Il y a enfin cette journaliste-auteure coréenne – nation dédaignée par les Japonais – qui s’est installée avec son fils à Fukushima pour interviewer les habitants qui y vivent. Leurs deux regards fixes et las, braqués sur le photographe, rappellent que les hommes sont pris dans la nasse de ce destin nucléaire. Un regard aussi las que le nôtre devant notre impuissance française à sortir du nucléaire !

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En 2016, le photographe a reçu deux prix : celui du Kimura Ihei et celui de la Photographic Society of Japan.

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Cent soleils
Photographies de Takashi Arai
Galerie Camera Obscura
268 boulevard Raspail, 75006 Paris
Exposition du 7 avril au 27 mai 2017, mardi – vendredi 12 h – 19 h / samedi 11 – 19 h

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Au Maroc, l’arganier, arbre de vie menacé

Au Maroc, l’arganier est un arbre endémique des régions arides, vieux de 65 millions d’années. Depuis la nuit des temps, il est une ressource précieuse pour les Berbères de l’Atlas. Aujourd’hui, les forêts d’arganiers se sont réduites de deux tiers en cinquante ans. C’est pourquoi des actions sont en cours pour préserver cet arbre qui peut survivre dans des conditions extrêmes et fait barrage à la désertification.

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par Myriam Goldminc

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Paysage du Sud Atlas – photo Myriam Goldminc

Trois millions et demi de Marocains vivent de l’argarneraie (plantation d’arganiers). Cet arbre, extrêmement résistant à la sécheresse, dépasse rarement les 10 mètres. Il possède des rameaux épineux, des feuilles persistantes et des racines qui peuvent atteindre 25 mètres.

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Le bois très dur sert de matériel de construction, on l’utilise pour la cuisson et le chauffage, le feuillage et les fruits pour l’alimentation du bétail.

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Les amandons permettent l’extraction de l’huile d’argan utilisée par les femmes du sud-marocain pour leurs soins corporels et capillaires à cause de sa richesse en vitamine E qui hydrate la peau.

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Un arbre fournit 1 litre d’huile par an ! Il faut près de 2 jours de travail pour produire un seul litre d’huile. Le tourteau est donné aux animaux. Ce processus laborieux est effectué par les femmes qui se transmettent de génération en génération leur savoir-faire.

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« Depuis 2014, l’arganier est classé patrimoine culturel de l’humanité par l’UNESCO », explique Katim Alaoui, directrice générale de la Fondation Mohammed VI pour la recherche et la sauvegarde de l’arganier. « Il y a encore une dizaine d’années, le travail se faisait en respectant le cycle de production naturel, mais l’engouement actuel pour l’huile d’argan a bouleversé certaines pratiques ». Ainsi, les fruits cueillis avant terme sur l’arbre ont un impact négatif pour la régénération naturelle. De même, le développement de l’agriculture intensive fait disparaître l’arganeraie au profit des vergers. En montagne, la forêt est soumise au surpâturage et à une surexploitation du bois. Les conséquences de cette déforestation massive provoquent une érosion du sol avec une baisse de la nappe phréatique. Près de six cents hectares d’arganiers disparaissent chaque année, entraînant l’accentuation de la désertification.

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Des actions de sauvegarde indispensables !

Katim Alaoui, directrice générale de la fondation Mohammed VI pour la recherche et la sauvegarde de l’arganier – photo Myriam Goldminc

« C’est pourquoi la Direction Régionale des Eaux et Forêts qui lutte contre la désertification du Haut-Atlas s’est fixée comme objectif de planter 13.806 ha d’arganiers à l’horizon 2024 », précise Katim Alaoui. D’ores et déjà, cette régénération artificielle se fait en pépinières avec 220 000 arbustes qui sont plantés par an. D’autres projets sont mis en œuvre comme le développement de filières de gestion durable de l’huile d’argan. Des partenariats publics-privés avec des grandes marques de cosmétiques permettent de recueillir des fonds : sur chaque produit vendu à base d’argan, un euro est reversé pour les plantations d’arganiers. Pour recréer l’écosystème au pied des arbres,des plantes aromatiques et médicinales sont plantées : thym, romarin, euphorbe. ll y a une vingtaine d’années, les premières coopératives féminines ont vu le jour, elles sont plus de 150 aujourd’hui.

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Pour éviter l’abattage des arbres, des fours solaires ont été distribués dans les coopératives par le ministère de l’Agriculture. Ils contribuent à la préservation de l’arganeraie et l’économie de 7 à 10 kg de bois par jour et par four et permettent la scolarisation des petites filles qui devaient faire des kilomètres pour chercher du bois. Depuis 2012, le ministère de l Agriculture a lancé un label produit du territoire qui offre au consommateur une traçabilité du produit et aux femmes d’être mieux rétribuées sans avoir à passer par des intermédiaires. Des universitaires se sont intéressés à l’extraordinaire vitalité des caprins alimentés par les tourteaux d’argan. Ils ont découvert dans leur composition une action anti-inflammatoire et prochainement un médicament à base d’argan devrait être commercialisé. Les qualités de l’arganier n’ont pas fini de nous surprendre !

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage AJEC21 (JNE et AJE) au Maroc à l’occasion de la COP 22 de Marrakech en novembre 2016. Il est paru en février 2017 dans la revue Plantes et santé.

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SOS échouages de dauphins

Depuis le début de l’année, près de 800 dauphins, pour la plupart des dauphins communs, ont été retrouvés morts, échoués, sur la côte atlantique. C’est plus de trente fois le niveau normal d’échouages sur nos côtes (soit 200 à 500 échouages par an).

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par Marie Lescroart

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D’après l’observatoire Pelagis, à La Rochelle, qui coordonne le réseau national échouages, 90 % des dauphins portaient des traces d’une capture accidentelle sur les engins de pêche.

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800 échouages, cela correspond à 3500 dauphins morts.

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Cette hécatombe, due à des captures par des chalutiers pélagiques convoitant les mêmes poissons que les dauphins, menace, à terme, la population de dauphins communs du golfe de Gascogne.

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À vos plumes ! A vos blogs ! A vos médias ! Quelques confrères ont parlé du phénomène en février, mais le nombre d’échouages était alors bien inférieur au taux cumulé aujourd’hui. Puis d’autres sujets exaltants ont pris le relais, liés notamment à la campagne électorale.

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Il faut mobiliser pour que se mettent en place des études permettant de progresser sur les mesures d’évitement des captures accidentelles. Aujourd’hui, de nombreuses pistes existent, notamment technologiques (modification des engins de pêche, répulsifs acoustiques…), ou d’adaptation de la stratégie de pêche s’appuyant sur la connaissance des circonstances environnementales augmentant les risques de captures de cétacés. Elles mériteraient d’être creusées, mais aucun programme n’est financé.

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L’intégralité du communiqué en cliquant ici.

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Des étudiants vont pour la première fois en France se voir remettre un Diplôme Universitaire en Droit animalier !

La première session du Diplôme universitaire (DU) en droit animalier proposé par l’Université de  Limoges en partenariat avec la Fondation 30 Millions d’Amis va bientôt se terminer par la remise des premiers diplômes en droit animalier en France, avec la Promotion Suzanne Antoine.

Afin d’achever en beauté cette formation, un grand colloque organisé par L’Observatoire des mutations Institutionnelles et Juridiques (OMIJ EA 3177) qui traitera des « Droits de regard sur l’abattage des animaux d’élevage » va être organisé le vendredi 7 avril 2017 sur le Campus Universitaire de Brive la Gaillarde en présence de plusieurs personnalités du monde universitaire, juridique et associatif, ainsi que de Mme Reha Hutin Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis.

Ce colloque s’achèvera par une cérémonie de remise des diplômes du DU Droit animalier et par la remise du premier prix Jules Michelet venant récompenser la meilleure proposition de réforme législative portant sur un aspect du droit animalier.
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A l’issue de la remise du prix, le lauréat présentera sa proposition de réforme, puis un cocktail festif viendra clore la cérémonie. Cet évènement sera l’occasion de réaliser un premier bilan avec les jeunes diplômés de ce que leur aura apporté cette formation et de la manière dont ils envisagent leurs activités futures avec ce nouveau diplôme en poche.
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Contact presse :
Lucille Boisseau- Sowinski, Maître de conférences à l’Université de Limoges
Email : lucille.boisseau-sowinski@unilim.fr
Tél : 06.29.71.16.33

Soutenir le développement au Sénégal

Au Sénégal, les associations Korsa et Lamko ont créé des cultures maraîchères (tenues par des femmes) et développent désormais des projets médicaux et éducatifs et culturels.

 

par Jane Hervé et Alan Riding

 

Après s’être rendu dans la région de Tambacounda (sud-est du Sénégal), l’écrivain Alan Riding, ancien correspondant du New York Times, a admiré l’action menée par l’ONG américaine Korsa.

 

Une association cousine a été créée en France : Les Amis du Korsa-Lamko. Son lieu d’action est Tambacounda, à 430 km de Dakar (7 h 30 de route) dans la région la plus pauvre du pays. Ses habitants n’ont guère que le choix de l’exil, vers le Mali d’abord, puis le Niger et enfin la Libye. Une équipée longue, harassante et coûteuse, car les trafiquants exigent des sommes faramineuses. La traversée de la mer sur une embarcation de fortune, instable et surchargée, s’avère souvent périlleuse. L’espoir d’atteindre l’Italie ne se réalise pas toujours. Il est fréquent d’apprendre au village la disparition de tel ou tel.le exilé.e.

 

Quelles actions ont déjà été menées ? Il y a deux ans, un centre culturel Thread cofinancé par Le Korsa et la Fondation Josef et Anni Albers a ouvert à Sinthian, à 55 km au sud de Tambacounda. Il a déjà accueilli en résidence plus de 40 artistes sénégalais et internationaux qui associent la jeunesse locale à leurs activités. Il a piloté un projet de cultures maraîchères lancé par Le Korsa et mis en œuvre exclusivement par des femmes. En 18 mois, les rendements leur assurent déjà l’autosuffisance et la qualité de la nutrition du village a progressé de manière significative.

 

Fort de son succès, ce programme a essaimé vers trois communes voisines où Le Kors finance des puits pour l’irrigation des cultures. Aujourd’hui à Tambacounda, seule agglomération du district, l’hôpital sous-équipé où les patients arrivent de partout est débordé. Dans la maternité et le service pédiatrique délabrés, des dizaines de femmes et d’enfants attendent un examen. Nouveau-nés et enfants malades sont parqués dans la même pièce, parfois le même lit. Le Korsa a déjà fourni certains équipements. L’association souhaite lever des fonds – 200.000 US $, environ 185.270 € – pour rénover et agrandir cette maternité-pédiatrie. Le directeur de l’hôpital, qui fait au mieux avec peu de ressources, en attend beaucoup.

 

Le Foyer de Jeunes Filles (financé par le Korsa) héberge des jeunes femmes originaires des villages environnants, afin qu’elles suivent des études secondaires en sécurité. Actuellement, 74 étudiantes de 12 à 22 ans y résident. Elles ont échappé – jusqu’ici – au mariage et aux grossesses précoces. Elles rêvent de devenir docteur, sage-femme, journaliste ou même…Présidente ! Le prochain projet Korsa est de construire un foyer similaire pour les garçons.

 

La première pierre de la nouvelle école primaire à Fass (rive sud du fleuve Gambie) vient d’être posée. Les autorités religieuses locales ont approuvé le principe de cette école mixte après deux ans de réflexion. L’inauguration festive a eu lieu en présence de l’imam. Ce projet est cofinancé par le Korsa qui l’a construite et par le Lamko qui rémunèrera ses enseignants et achètera des fournitures pour 200 élèves jusqu’à ce que l’école intègre l’éducation sénégalaise.

 

La stratégie générale est claire : partir des besoins pour y répondre. Les partenaires – médecins, éducateurs et travailleurs sociaux sénégalais – entament désormais une collecte de fonds à Paris pour maintenir leur action. Tout don est bienvenu et déductible des impôts français. En tant que partenaire du Korsa, le Lamko espère contribuer à améliorer les conditions de vie dans cette région. Pour plus de détails, consultez le site lamko.org.

 

 

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