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Un refuge pour les éléphants au Vietnam

Le parc national de Yok Don au Vietnam a abandonné les balades à dos d’éléphants. Une opportunité pour les touristes de découvrir cet animal dans son environnement naturel et de participer ainsi à un tourisme éthique garant de méthodes non violentes pour les animaux.

par Michel Cros

Cliquez sur cette image pour savoir comment elle a convaincu des milliers de Vietnamiens de se mobiliser pour les éléphants !

Bon anniversaire aux éléphants du Parc national de Yok Don au Vietnam, qui accueille depuis un an les « heureux » pachydermes pour un tourisme éthique.

Une initiative pionnière dans ce domaine entre Animals Asia, le Olsen Animal Trust * et l’Etat vietnamien qui gère le Parc national dans la province de Dak Lak.

Depuis que cet accord officiel a été signé le 13 juillet 2018, les éléphants Bun Kham, Y Khun, Thong Kgan, Hnon, puis tout récemment P’Lu et Bun Kon n’ont plus à transporter de personnes sur leur dos pour satisfaire les touristes venant au Vietnam. Un contrat positif souligne Dave Neale, directeur du bien-être animal d’Animals Asia. « Au lieu, dit-il, de contraindre les éléphants avec des chaînes pour qu’ils puissent être montés par les visiteurs, les touristes suivront, observeront et apprendront comment ces animaux étonnants vivent et se comportent réellement dans leur maison forestière».

Un récent article publié par le Monde relatant l’étude de l’ONG World Animal Protection est sans équivoque. Les balades à dos d’éléphants font parti des dix activités touristiques les plus cruelles pour les animaux sauvages en captivité, qui sont hélas ignorées du grand public attiré par un tourisme de divertissement.

En effet, alors que le label bien-être animal se développe en Occident, il semble difficile pour les tours-opérateurs, soucieux de rentabilité, d’en faire leur accroche publicitaire. Faut-il incriminer les agences ou l’ignorance citoyenne qui méconnaît les méthodes de dressage des animaux sauvages… ?

Force est de constater un besoin urgent d’information dans ce domaine. La situation aurait été catastrophique sans l’action d’ONG comme Animals Asia qui travaille depuis plusieurs années à sensibiliser les mentalités à la protection animale.

Car tout n’a pas été « rose » pour les éléphants vietnamiens. Le pays qui en comptait 2000 en 1990 en comprendrait seulement entre 100 et 150 aujourd’hui à l’état sauvage (population totale de l’espèce donnée officiellement par l’administration des forêts du Vietnam). Ce qui compromettrait ainsi la pérennité de l’espèce, selon les experts en environnement. Que s’est-il passé ?

Si le braconnage, éradiqué depuis, a eu certes son impact, cette chute vertigineuse s’explique surtout par la réduction de l’habitat du pachyderme, résultat d’une déforestation pour l’exploitation forestière et l’agriculture, précise Animals Asia. Dans la province du Dak Lak, connue pour son attrait touristique pour les balades à dos d’éléphants, la population de cet animal serait encore de 40 individus captifs.

D’où la création en 2013 du Centre de conservation des éléphants au Vietnam où Animals Asia travaille en partenariat avec l’État pour une meilleure gestion et reconnaissance de la condition animale.

Pour Dionne Slagter, manager du bien-être animal, le bilan est plus que satisfaisant : « Les changements que nous avons observés chez les éléphants tout au long de ce processus sont énormes. Ceux-ci sont bien portants, ils sont en bonne santé, leurs yeux sont clairs, leur peau est belle et épaisse, pas de piqûres de parasites, pas de blessures, pas d’égratignures. Ces éléphants, ici dans le parc national Yok Don, sont les plus sains du Vietnam ».

Et pour son directeur David Neale, le challenge s’annonce plus que prometteur : « En cas de succès, ce programme d’éco-tourisme sans cruauté animal pourrait devenir un modèle à suivre (…). C’est un modèle où les éléphants, les cornacs et les touristes sont tous gagnants ».

Reste à sensibiliser l’opinion publique pour un écotourisme éthique, qui reste encore trop oublié des programmes des tours-opérateurs avides de sensationnel.

Quitte à boycotter les agences de voyage qui ne respectent pas cette nouvelle ligne de conduite, plus en accord avec notre temps. La vie de chaque espèce en liberté est inestimable pour la survie du vivant sur la planète.

PS : A la une de Nature Géosciences, une équipe internationale de chercheurs vient de mettre en évidence la réduction des stocks de carbone dans la biomasse lié au déclin des éléphants de forêt.

* Olsen Animal Trust a été créé pour aider des organisations et des individus partenaires à mettre fin à la cruauté et à l’exploitation des animaux, à améliorer le bien-être des animaux et à conserver la faune dans son habitat naturel. L’organisme de bienfaisance, créé en 2015, s’inspire de l’amour de la famille Olsen pour tous les animaux.

 

La biodiversité, une priorité. Vraiment ?


par Danièle Boone

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Sternes naines et pierregarin, petits gravelots, œdicnèmes criards nichent sur les îles de l’Allier tandis que de nombreux guêpiers s’installent dans les falaises. Au sommet d’un chêne isolé, on peut encore apercevoir la rare pie grièche à tête rousse. Une quarantaine de couples de cigognes blanches se reproduisent ici chaque année. L’hiver, les grues cendrées trouvent un dortoir idéal en plus du couvert. La richesse botanique est tout aussi importante avec une cinquantaine de plantes protégées.

A cheval sur trois départements (Nièvre, Cher et Allier) et trois régions, le Val d’Allier, juste en amont de la confluence de l’Allier avec la Loire, est une zone humide exceptionnellement riche en biodiversité grâce à une polyculture et un élevage de bovins traditionnel à l’herbe. Il y a vingt ans, des éleveurs et des naturalistes se sont battus pour conserver le bocage et ses prairies naturelles inondables et le faire classer en Natura 2000. Le lieu était convoité par des maïsiculteurs.

Cette convoitise reste hélas d’actualité. La préfète de la Nièvre vient d’autoriser le retournement à compter du 1er septembre de 54,89 hectares de prairies naturelles à Livry, en bordure de la rivière en pleine zone Natura 2000 pour y faire pousser du maïs bio. Il y a quelques mois, elle a autorisé l’irrigation de ces terres par pompage dans la nappe de l’Allier, bien que cela soit contraire au SDAGE Loire Bretagne. Les travaux ont commencé mi-juin alors que la période de nidification n’est pas terminée, ce qui va à l’encontre de la réglementation Natura 2000. Un collectif rassemblant 7 associations s’est formé qui va déposer un recours auprès du tribunal administratif de Dijon.

La biodiversité bat de l’aile et on détruit ce qui reste. Le rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) sur « l’état de la biodiversité mondiale » publié le 6 mai dernier a confirmé l’ampleur de la dégradation du vivant. « Des faits cruels pour nous tous et qui appellent à l’action », s’est targué le président Macron, qui a notamment parlé de mettre en place « une agriculture beaucoup plus cohérente à cet objectif de biodiversité ». Mais, dans la Nièvre, ses services vont à l’encontre de cette annonce. Cela se passe à côté de chez moi, mais, dans toute la France, des décisions sont prises qui ne vont pas dans le bon sens : création d’infrastructures routières et de centres commerciaux inutiles qui entérinent la disparition des terres agricoles, destruction de haies et autres corridors biologiques indispensables à la survie des espèces; même les forêts, réservoirs traditionnels de biodiversité, sont maintenant victimes d’une exploitation industrielle.

Cent trente États ont approuvé le rapport de l’IPBES, ce qui signifie qu’ils reconnaissent l’effondrement de la biodiversité, mais quid de l’action ? L’État français avait une belle carte à jouer en ce début d’été où la liste des animaux « susceptibles de provoquer des dégâts » était un enjeu de taille. Notons pour ceux qui l’ignoreraient, le terme de « nuisible », devenu politiquement, sociologiquement, culturellement inacceptable, a disparu de tous les textes législatifs et réglementaires depuis la loi biodiversité du 8 août 2016, remplacé par les SOD, animaux « susceptibles d’occasionner des dégâts ». Mais, de fait, malgré ce compromis sémantique, rien n’a changé.

Cette classification a toujours pour conséquence la destruction des espèces listées tout au long de l’année par tous les moyens : tir, piégeage, déterrage. La publication de l’arrêté ministériel a été précédé d’une consultation publique : 53 853 contributions en trois semaines. En 2015, il n’y en avait eu que 2 000. Selon l’analyse du ministère, la majorité des contributeurs (65 %) se sont prononcés contre. Malgré cette levée de boucliers citoyenne, le décret a été entériné. Selon l’ASPAS, qui s’est appuyé sur les données aux bilans de piégeage réalisés de 2015 à 2018, ce seront plus de 2 millions d’animaux sauvages qui vont être à nouveau tués, piégés, déterrés d’ici le 30 juin 2022. Ce sera un des héritages désastreux de de Rugy. Avant de démissionner de son ministère, il avait déjà, depuis longtemps, démissionné de l’écologie.

La défense de la biodiversité est un devoir élémentaire et ce devoir nous oblige tous. Chacun peut retrousser ses manches et prendre ses responsabilités en renonçant, par exemple, au consumérisme. Dans la Nièvre toujours, à La Rochemillay, Marion Baranton et Jérôme Boulanger, éleveurs, ont décidé de faire de leur exploitation une réserve naturelle. Passionnés de botanique, ils sont particulièrement sensibles au végétal. Les troupeaux changent de pâture tous les trois jours pour préserver la qualité de la prairie naturelle. Leur travail pour favoriser la biodiversité végétale a été récompensé : l’année dernière ils ont découvert une dizaine d’orchis brûlées, des orchidées rares. Cette année, il y en avait 150 ! Ils font partie du réseau Paysans de Nature initié par la LPO Vendée, un réseau de paysans qui font de la biodiversité leur priorité. Ils démontrent que pratiquer une agriculture paysanne économiquement viable et respectueuse des animaux domestiques et de la nature sauvage est possible. C’est bien évidemment ce modèle qu’il faut promouvoir et soutenir mais on en est loin.

Le lobby de la chasse a eu la peau de Nicolas Hulot. François de Rugy, son remplaçant, pourtant à leurs bottes, est parti lui aussi. Il ne laissera pas un souvenir impérissable. Les ministres passent, comme les présidents d’ailleurs, mais aucun d’eux n’est cohérent entre les beaux discours avec des trémolos dans la voix, « on va sauver le monde »  et l’action.

Une décision essentielle pour sauver le vivant serait, comme le demande le mouvement des coquelicots, l’interdiction de tous les pesticides de synthèse, mais ce serait s’opposer au tout puissant lobby de l’industrie chimique. Impossible ! Une autre serait de renoncer à tous les traités de libre-échange avec les autres continents qui entraînent la pollution liée au transport, mais également les introductions d’espèces invasives, de bactéries et de virus responsables notamment des maladies émergentes. Mais là encore, impossible de contrarier les lobbies qui, de fait, nous gouvernent. CETA, passera, passera pas ? A votre avis ?

Danièle Boone est l’auteur du manifeste Sauvons les oiseaux (Rustica, 2019) et de Accueillir les insectes dans mon jardin  – ma contribution à la biodiversité (Jouvence nature, 2019). Elle co-anime la mensuelle environnementale « Planète Nièvre »  sur RCF Nièvre.
voir son blog


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Présentation du Projet Nexus Clés

En ligne sur le site web de l’Institut de la Transition Environnementale de Sorbonne Université (SU-ITE), ce projet web de diffusion scientifique et médiation interdisciplinaire en sciences de l’environnement et de la durabilité (naguère intitulé « SocioEcoSystèmes ») se veut un guide d’exploration et de navigation dans les socioécosystèmes et la biosphère, à l’intention des acteurs socio-économiques – dont les scientifiques, enseignants et journalistes – et des collectivités.

Il vise à renforcer les capacités d’analyse du fonctionnement des socioécosystèmes et de la biosphère par les acteurs, pour éclairer leurs décisions et actions, individuelles et collectives, dans l’objectif de modérer les impacts humains sur la biosphère et ainsi favoriser la transition écologique.

Dans une démarche systémique et interdisciplinaire, ce projet web explore le fonctionnement des socioécosystèmes et de la biosphère, ainsi que les pistes pour la transition écologique, au moyen de brèves vidéos ou « questions-clés » posées à des experts de toutes disciplines, en sciences de la Terre, de la Vie, de l’Homme et des sociétés, confrontés eux-mêmes à l’interdisciplinarité des questions abordées.

Voici l’une des dernières vidéos mises en ligne, sur l’une des thématiques abordées lors du dernier Congrès des JNE (lire aussi ici sur ce sujet un article de Michel Sourrouille).

Quelles clés pour l’adaptation des territoires de montagne au changement climatique ? L’exemple des Pyrénées catalanes. Question-clé (n°F15) posée à Séverine Casasayas, Directrice du Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes (PNRPC), pour le projet web Nexus Clés (« SocioEcoSystèmes – Ecosystèmes et sociétés, un futur partagé », https://www.su-ite.eu/nexus-videos-cles/plan/).

Pour découvrir les autres vidéos mises en ligne : https://www.su-ite.eu/nexus-videos-cles/plan/

Conception, coordination, réalisation des vidéos : Anne Teyssèdre (SU-ITE, JNE)
Conseil scientifique : Cf. https://www.su-ite.eu/nexus-videos-cles/
Coproduction R2DS/CIRED/IPSL/SU-ITE, 2016-2019.

Economie-environnement : la mise en veilleuse de la loi en Algérie

Le brusque retour de manivelle, déclenché en Algérie par les manifestations populaires, chaque vendredi, depuis le 22 février, a levé le voile sur les pratiques de dilapidation des ressources du pays et sur la corruption qui les accompagne, sous le couvert d’encouragement à l’investissement privé, révélant en même temps la mise en veilleuse des dispositions du droit algérien de l’environnement, considérées comme obstacle.

par M’hamed Rebah

L’administration et la justice libérées, les informations tombent en avalanche, confirmant la non-application de la loi sur l’environnement pour laisser la voie libre aux prédateurs-hommes d’affaires, qui cherchaient des opportunités d’enrichissement rapide sans tenir compte des conditions élémentaires de protection de l’environnement et en contradiction avec les exigences du développement durable, un concept juste bon pour garnir des textes, agrémenter des discours et, finalement, «faire semblant».

Ainsi, champion des campagnes de sensibilisation sur la gestion des déchets et toujours empressé de lancer des opérations pilotes de tri sélectif, le ministère chargé de l’Environnement a, par contre, régulièrement brillé par son laxisme jusqu’à la défection, quand il s’agit d’empêcher les activités économiques qui portent atteinte au milieu naturel et à la santé des populations riveraines. Certains hommes d’affaires et les officiels qui les appuient, ont cru que les Algériens étaient «moins regardants» sur la question écologique. Ils ont persisté dans cette idée, alors que les habitants d’In Salah leur ont prouvé le contraire, de façon magistrale, en 2014-2015, en disant non à l’exploration et à l’exploitation du gaz de schiste, près de chez eux, à cause de l’impact sur l’environnement et sur les ressources en eau. Le monde entier l’a su.

On se rappelle de la visite officielle, de rang ministériel, effectuée à In Salah à la fin 2014 par le ministre de l’Energie, Youcef Yousfi, accompagné du ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, et de la ministre de l’Environnement, Dalila Boudjemaa, et de journalistes chargés de couvrir l’événement. Ils étaient venus constater le «succès» des premiers forages de puits de gaz de schiste en Algérie, à Dar Lahmar, à 28 km d’In Salah, puis tous avaient repris l’avion pour Alger, sans un regard vers la population riveraine du site, qui connaîtra par les médias les détails de la visite et de la déclaration «triomphale» du ministre de l’Energie. Interprétée comme une marque de mépris, cette «maladresse» avait contribué à mobiliser la population et à radicaliser sa position à l’égard de l’opération d’exploration du gaz de schiste menée dans son voisinage. Quelques mois avant, en juillet 2104, des voix officielles avaient tenté de rassurer, par le mensonge, en affirmant que les zones d’exploitation de gaz de schiste en Algérie sont situées loin des régions peuplées. Mais, comme l’avait révélé, en janvier 2015, une chaîne de télévision algérienne privée, l’étude d’impact du projet d’exploitation du gaz de schiste n’existait pas. Selon la loi algérienne, aucune activité réputée polluante et dangereuse ne peut commencer si ce document n’a pas été signé par l’autorité compétente en la matière, c’est-à-dire le ministre en charge de l’Environnement. C’est une obligation légale incontournable. En février 2015, le gouvernement avait reçu l’appui du Secrétaire adjoint américain au Commerce pour l’Industrie et l’Analyse, Marcus D. Jadotte, arrivé à Alger, pour plaider en faveur de l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste en Algérie et proposer l’expertise et la technologie des entreprises américaines dans ce domaine. En réalité, et cela les observateurs l’avaient compris, l’aide qu’il proposait à l’Algérie, devait profiter aux sociétés américaines Schlumberger, Baker Hughes et Halliburton, c’est-à-dire les acteurs de la fracturation hydraulique pour l’extraction du gaz de schiste, et par extension à toute l’industrie américaine du gaz de schiste. Il nous resterait la pollution. Des experts algériens qui n’ont pas échangé leur patriotisme contre de menus avantages, ont dénoncé cette supercherie et ont rappelé que la meilleure voie qui nous préserve de la dépendance de l’étranger, était celle du développement national assis sur un marché intérieur. Au début de l’automne 2017, le discours officiel alarmiste sur les finances du pays et le prétexte de la recherche urgente de nouvelles sources pour le budget de l’Etat, ajoutés aux pronostics pessimistes sur l’épuisement des ressources d’hydrocarbures fossiles, ont servi de justificatifs pour annoncer la relance du projet d’exploitation du gaz de schiste. En février 2019, l’irruption du hirak a donné un coup d’arrêt à cette démarche en même temps qu’il a remis en cause les opérations de bradage des ressources naturelles déjà engagées.

Cet article a été publié dans La Nouvelle République (Alger) du samedi 29 juin 2019.

Le parc naturel de Somiedo (Espagne)

Le parc naturel de Somiedo se trouve dans la partie occidentale de la Cordillère Cantabrique, au nord-ouest de l’Espagne, dans la communauté autonome des Asturies.

par Jean-Claude Génot *

Versant couvert d’ajoncs et de genêts face à un versant occupé par une hêtraie dans le parc de Somiedo en Espagne – photo Jean-Claude Génot

Ces montagnes formées à l’ère primaire lors de l’apparition du Golfe de Gascogne séparent l’Espagne humide de l’Espagne sèche. La géologie complexe de ce massif avec des alternances de roches calcaires et siliceuses explique la grande diversité des formations végétales : des pelouses calcicoles aux landes à bruyères et genêts, en passant par des forêts de hêtres et de chênes. Sous influence océanique, le parc est bien arrosé et ressemble un peu à l’Ecosse avec ses montagnes couvertes de landes et de forêts.

Ancienne réserve nationale de chasse, le parc naturel de Somiedo a été créé en 1988 sur 29 000 ha et déclarée Réserve de biosphère par l’UNESCO en 2000. Les réserves de biosphère disposent d’un zonage spécifique avec dans le cas de Somiedo : 12 145 ha d’aires centrales dédiées à la protection de la nature, 16 441 ha de zone tampon consacrée à des activités traditionnelles (élevage, chasse, pêche, tourisme) et 421 ha de zone de transition où se concentrent les villages et les autres activités économiques. Ce zonage reprend celui qui existait déjà dans le parc naturel. Les enjeux de conservation de la nature sont liés, entre autres, à la présence de l’ours, du loup, du chat sauvage et de l’isard, de nombreuses espèces d’oiseaux rupestres (aigle royal, vautour fauve, grand-duc d’Europe, tichodrome échelette) – le parc est d’ailleurs classé en Zone de Protection Spéciale par l’Union Européenne en application de la Directive Oiseaux – et une flore montagnarde diversifiée dont dépendent de nombreuses espèces de papillons diurnes. Le grand tétras a disparu en 2005 mais vit encore dans la partie orientale de la chaîne Cantabrique. Son habitat atypique, la chênaie sur myrtille, était sans doute trop fragmenté.

Parcourir les nombreux sentiers de randonnée au printemps est un régal pour les amoureux des plantes sauvages : orchidées (entre autres orchis bouffon, orchis brûlé, orchis à feuilles larges, orchis sureau, orchis homme-pendu, orchis bouc, orchis maculé), jacinthe, hélianthème, ancolie, euphorbes, adénostyle, asphodèle, ornithogale, fritillaire, cyclamen, jonquille, saxifrages, géraniums, daphné lauréole, sans oublier les plantes de montagne comme les gentianes jaune et printanière, des anémones, le raison d’ours ou encore le genévrier sabine. Au printemps les montagnes sont illuminées par la couleur jaune des genêts et des ajoncs, ces derniers dégagent une odeur enivrante de miel. Parmi les éricacées, on voit facilement la callune, la bruyère arborescente aux fleurs blanches et la bruyère de Saint-Daboec, qui malgré son nom latin (Daboecia cantabrica) n’est pas une espèce endémique puisqu’elle pousse également en Irlande, au Portugal, aux Açores et en France. La bruyère cendrée tapisse certaines montagnes d’une magnifique teinte pourpre. Les fleurs poussent partout où la pression de pâturage est diluée et où les pratiques de fauche restent extensives, jusqu’aux bords des chemins. En présence d’une prairie humide ou d’un suintement sur les roches, apparaissent alors le trèfle d’eau, la benoite des ruisseaux, le populage des marais ou la grassette.

Côté faune, en randonnant sept jours fin mai-début juin, on peut observer fréquemment le vautour fauve, l’aigle royal, le grand corbeau et le chocard à bec jaune. Lors d’une sortie aux lacs de Saliencia, un site rocheux était occupé par les hirondelles de rochers et les craves à becs rouges mais également par le rougequeue noir, acclimaté aux villages et qui trouve là son habitat naturel d’origine, et le bruant fou. En montagne à partir de 1600 m, le traquet motteux est bien présent et des vols de linottes mélodieuses sont assez fréquents, venant rappeler qu’en plaine française l’espèce s’effondre. Au bord d’un des lacs de Saliencia entouré d’éboulis rocheux, on peut apercevoir le merle de roche. A Puerto de Somiedo, sur un plateau situé à 1500 m d’altitude, dans une vaste zone de prairies entourées de murets en pierre et parcourue d’un ruisseau de montagne bordée d’une magnifique ripisylve de saules et d’aulnes, on entend la caille des blés et on observe le tarier pâtre et le bruant ortolan, également aperçu lors d’une précédente randonnée dans une zone plus élevée, colonisée par la bruyère arborescente.

Panneau en bord de route pour attirer l’attention des automobilistes sur les ours qui peuvent traverser la chaussée – photo Jean-Claude Génot

 

Côté mammifères, les isards se découpent souvent sur le ciel au sommet des montagnes. Evidemment, si on est naturaliste on vient à Somiedo pour tenter de voir l’ours. Il existe certains sites d’observation des versants montagneux, connus de tous et reportés sur une carte que l’on peut se procurer à Pola de Somiedo, commune principale du parc dont dépendent tous les autres hameaux. Lors de quatre sorties matinales, la première fut la bonne depuis le site de La Peral. Il a été possible en deux heures d’observation de voir cinq ours différents, dont une mère avec son jeune de l’année précédente sur un versant de montagne en partie boisé. Belle surprise de voir la femelle gravir une forte pente pour franchir une crête rocheuse tandis que son jeune a pris un autre chemin, puis après avoir buté sur un névé, a semblé avoir renoncé à passer de l’autre côté de cette montagne. Le fait de n’avoir revu aucun de ces ours deux autres matinées dans les mêmes conditions de météo et d’horaires, rend plus formidable la chance du premier jour et fait penser que ce site à ce moment de l’année devait être une sorte de carrefour où se sont croisés trois « groupes » différents : la femelle et son jeune, deux ours probablement subadultes, l’un plus clair que l’autre, et enfin, un dernier ours de taille plus conséquente. Un autre matin sur un autre site près de Pola, pas d’ours mais une biche.  Si l’on croit la personne qui renseigne les visiteurs dans la maison du parc, il y aurait une centaine d’ours à Somiedo. Le parc est au centre du noyau occidental de la chaîne Cantabrique et ce noyau est le plus important avec au moins 220 ours en 2017 (1) contre à peine une trentaine dans le noyau oriental. En suivant un chemin pénétrant dans une zone centrale de protection, il y avait de nombreux indices de présence de l’ours : crottes noires contenant de nombreux morceaux d’insectes, pierres retournées (justement pour rechercher des insectes) et trous creusés dans un talus à la recherche de racines ou de vers. Sur sept randonnées pratiquées dans trois des quatre vallées du parc, il y avait des crottes de loups contenant de nombreux poils d’ongulés sauvages sur les chemins lors de trois d’entre elles.

Cabanes de pierre avec toit en genêt et muret : l’ancienne estive de Mumian dans le parc naturel régional de Somiedo (Espagne) – photo Jean-Claude Génot

Ce territoire est occupé par l’homme depuis des millénaires et un groupe social s’est distingué à travers les siècles, pratiquant la transhumance saisonnière depuis les basses terres jusqu’en haute montagne l’été. Ce groupe, nommé « les vaqueiros de alzada », a développé un riche patrimoine culturel matériel (les cabanes en teito, constructions en pierre avec des toits en genêt à balais dans lesquelles logeaient les familles qui accompagnaient les troupeaux sur les estives) et immatériel (rites, mythes et folklore). L’agriculture et l’élevage ont largement façonné ces montagnes qui culminent à 2200 m d’altitude. Le pastoralisme a conduit les paysans à brûler la végétation arbustive (ce qui se pratique encore) et à défricher les forêts. Ces forêts de hêtres et de chênes ont été surexploitées en taillis pour le bois de chauffage. Une mine de fer a été exploitée dans la vallée de Saliencia jusqu’en 1978. On voit encore des excavations et des déchets stériles qui ont été restaurés par végétalisation. Une centrale hydroélectrique, aujourd’hui transformée en musée, est située sur le rio Somiedo. Les traces d’activités humaines ancestrales sont visibles partout : cabanes de pierre, murets, anciennes cépées de hêtre, landes entretenues par le feu. Même si la population a connu un exode rural dans les années 1960 à 1980 et que la densité actuelle est de 4 habitants au km2 (1200 habitants dans le parc), l’élevage bovin pour la viande reste très développé (le nombre de vaches a augmenté dans les trente dernières années), et on voit également des troupeaux de chevaux ou de chèvres, selon les vallées. Des troupeaux d’ovins viennent encore en transhumance. L’apiculture est assez développée, pour le plus grand bien de l’ours ! Le tourisme s’est développé avec des hôtels, des gîtes et des circuits de randonnée pédestre. Des sorties payantes sont proposées pour observer la faune sauvage et principalement l’ours brun, qui est un emblème du parc. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.

Ancien hêtre étêté dans une hêtraie en zone de protection dans le parc naturel régional de Somiedo – photo Jean-Claude Génot

A Pola de Somiedo, un hôtel-restaurant ayant placé deux sculptures d’ours en bronze sur sa terrasse côtoie un autre établissement dont l’intérieur est entièrement décoré de fusils, de pièges à mâchoires, de trophées d’isards et de cerfs et de photographies représentant des chasseurs posant fièrement devant la dépouille d’un ou de plusieurs ours, le cliché le plus récent datant de 1988. A sa création, le parc a eu l’habileté de recruter comme agents certains anciens braconniers, les mieux placés pour lutter contre le braconnage. Mais 30 ans après sa création, le parc semble toujours mal accepté par certains irréductibles comme en témoignent deux tags hostiles sur un mur et sur un abri à poubelles en plein centre de Pola. Les montagnards qui vivent ici ont sans doute une longue tradition de braconnage parce que l’ours, et plus encore le loup, peuvent s’attaquer à leurs troupeaux. Le loup s’attaque aux veaux et aux poulains tandis que l’ours peut s’en prendre à des animaux adultes et même à de puissants taureaux. Le pâturage s’effectue sans surveillance mais en présence de chien de protection. Si l’ours est protégé, le loup peut être tiré par les gardes du parc en fonction des dégâts occasionnés aux troupeaux. Le loup a fait diminuer de façon significative les populations de cerfs dans les années 88-93 (2), montrant ainsi qu’en fonction de l’abondance des ongulés sauvages, de la taille de la meute, de l’accessibilité et de la vulnérabilité des proies, ce prédateur est capable de jouer un rôle de régulation des herbivores. Qu’il s’attaque aux animaux d’élevage ou aux ongulés sauvages, le loup est sans aucun doute mal vu des montagnards, éleveurs et pour certains chasseurs. Une inscription appelant à laisser vivre le loup au bord d’une route traduit très probablement des tensions entre pro et anti loup. Si l’activité humaine imprègne encore fortement les montagnes de Somiedo, il n’en reste pas moins que 41 % des surfaces sont en zone de protection. Ces zones correspondent aux milieux forestiers, aux secteurs en friche, aux pierriers et aux milieux rocheux les moins accessibles, notamment dotés de grottes qui servent de tanières aux ours. Ils constituent les zones d’alimentation essentielle des ours, où ces derniers trouvent les végétaux et les fruits (glands, mûres, châtaignes, faînes, noisettes, pommes, poires, merises, sorbes) qui leur sont nécessaires en fin d’été. Toutefois, ces zones centrales de protection nommées localement « zones de restriction » n’interdisent pas certains sites d’élevage, donc un accès dont peuvent profiter d’autres usagers. De même, alors que la randonnée n’est pas autorisée dans les zones centrales, sauf sur certains chemins dont il ne faut pas s’écarter, un groupe de marcheurs a parcouru la crête de la montagne franchie par l’ourse quelques jours plus tôt, située dans une zone de protection.

La nature spontanée, issue des forêts dont l’exploitation est abandonnée et des pâturages en déprise, est fondamentale car on ne voit pas bien comment l’ours et les nombreuses autres espèces liées aux forêts et aux zones de reconquête forestière riches en fruitiers sauvages pourraient survivre dans des montagnes entièrement pâturées.

* Ecologue

(1) Vignon V. 2018. Evolution de la population d’ours dans la Cordillère Cantabrique. Contribution de 20 ans de suivi par piège photographique. La gazette des grands prédateurs n°68 : 20-23.

(2) Sales P. 1999. Stage loup dans les Asturies : parc naturel régional de Somiedo (Espagne). Rapport. 44 p.

 

Téléchargez le Guide de défense des journalistes

L’Association de la presse judiciaire (APJ) et  le SNJ ont travaillé, avec Me Patrick Spinosi sur un « GUIDE DE DEFENSE DES JOURNALISTES » destiné à rappeler leurs droits à toutes celles et ceux qui se trouvent confronté(e)s à des intrusions policières et judiciaires dans le cadre de l’exercice de leur profession.

Voici les deux versions de ce guide, en libre consultation sur les deux sites. La version courte est destinée à répondre aux questions les plus urgentes. La version longue, plus fouillée, s’enrichira, au fil du temps et au fur et à mesure des nécessités.

Ce guide a été rendu nécessaire par les multiples tentatives d’atteintes à la liberté de la presse, particulièrement pour identifier les sources des journalistes, comme ce fut le cas le 4 février dernier lors de la perquisition repoussée à Médiapart ou avec les 10 convocations de la DGSI.

Téléchargez la version courte et la version longue.

SNJ – 33 rue du Louvre – Paris 75002 – 01 42 36 84 23 – snj@snj.fr 

Non au détricotage de la loi sur la liberté de la presse

Communiqué commun des syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO

Dans une interview accordée le 16 juin au Journal du Dimanche, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, envisage de sortir l’injure et la diffamation de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, pour faire rentrer ces délits de presse dans le droit pénal commun, afin « d’accélérer la réponse ».

Sous le prétexte de lutter contre les « discours de haine » sur Internet, cette mesure porterait un coup extrêmement grave à la liberté de la presse, garantie par la loi du 29 juillet 1881, texte fondateur de la liberté d’expression, socle de nos valeurs républicaines.

Sortir la diffamation de la loi de 1881 reviendrait à sortir le journalisme du cadre de la 17e chambre, ou Chambre de la presse, et sa jurisprudence, qui permet aux journalistes de faire valoir leur bonne foi en démontrant le sérieux de leur enquête, devant des magistrats spécialisés.

Faire basculer les délits de presse dans le droit commun reviendrait à vider de sa substance cette loi de 1881, et à fragiliser l’enquête journalistique, à la merci des procédures-bâillons. Les groupes de pression divers et variés se frottent les mains : ils n’auront même plus à passer par la procédure très précise de la loi de 1881, volontairement protectrice pour les journalistes.

Ce gouvernement a décidément un problème avec la liberté de la presse. Il n’a pris aucune mesure pour protéger les reporters molestés et pris pour cibles par les forces de l’ordre et/ou des manifestants, depuis plusieurs mois. Il laisse un procureur piétiner allègrement la protection des sources.

Face à cette nouvelle attaque contre une loi protectrice d’une liberté fondamentale, les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO appellent l’ensemble de la profession à se mobiliser pour mettre en échec collectivement ce projet désastreux.

Paris, le 19 Juin 2019

« Les 30 ans de l’écologie », un événement Reporterre le 15 juin, à Paris

Comment se mobilisait-on hier pour l’écologie et comment le fait-on aujourd’hui ? Quelles sont les problématiques d’aujourd’hui et de demain ? Quels figures, associations et mouvements citoyens font-ils avancer la cause écologique ?
Pourquoi 30 ans ? Parce qu’en 2019, Reporterre fête ses 30 ans ! La première version du quotidien de l’écologie lancé en 1989 par Hervé Kempf (JNE), l’actuel rédacteur en chef, était un magazine mensuel papier.

• Une journée intergénérationnelle de rencontres, de débats, d’ateliers, d’impromptus artistiques, de stand-up et de concerts.

• Un festival pour discuter de l’évolution de la biosphère et du mouvement écologiste depuis 30 ans, avec légèreté et convivialité.

• Un événement festif pour réfléchir ensemble.

On attend un millier de personnes. Et vous !

Au programme des 30 ans de l’écologie :

Dès 19h30, une soirée festive entre stand-up, sketch clownesque et concerts

Une lecture de texte par Audrey Vernon et Giorgia Sinicorni
Spectacle : « L’agriculture, la médecine, l’amour », par Fred et Mathieu, des Chiches Capon
Un concert du chanteur Glad
Un concert de la chanteuse Nach

De 22h à minuit

à partir de 22h : DJ set

Et, toute la journée, des ateliers d’ONG, des mouvements citoyens et d’associations à venir rencontrer !

Ateliers : démontage vélo, réparation d’objets du quotidien, initiation à l’action non violente, troc de graines…
Les inscriptions aux ateliers se font sur place le jour même. Les places étant limitées, nous vous invitons à venir à l’avance.
Expositions : Voyage au cœur de la graine par Seed Tour
Une frise chronologique protéiforme : #Weareallresponsible

Stands :
Des impromptus de la Compagnie Arzapar, Zero Waste France / La Maison du zéro déchet, Seed Tour, Alternatiba / ANV Action non violente COP21, Enercoop / Énergie partagée, Les Colibris, L’Heureux Recyclage, Générations cobayes, Agir pour l’environnement, France Nature Environnement, Fondation GoodPlanet, ATD Quart Monde France, Reporterre, Nature et Progrès, RAP (Réseau Anti-Pub), Sea Shepherd, Terres de liens

Le 15 juin de 13h à 00h

Entrée libre
Ground Control,
81, rue du Charolais,
75012 Paris

Colloque le 8 juin à Paris sur «  La Bienveillance dans le soin ; regards croisés des médecines humaines et vétérinaires »

Organisé conjointement par l’IUT de Saint-Denis, le centre de formation Animal Université et l’UFR Sciences Médecine et Biologie Humaine (SMBH) de l’université Paris 13, ce colloque ouvert gratuitement à tous permettra aux étudiants comme à tout citoyen soucieux de bienveillance à l’égard des êtres vivants humain et non humain su contact des praticiens de la santé.

Une première dans ce thème pluridisciplinaire qui permettra de comparer les prises en charges du patient en médecine humaine et vétérinaire.

Ce colloque aura lieu sur le campus de la faculté de médecine de l’Université Paris 13 à Bobigny de 10h à 17h.

L’entrée est gratuite sur simple inscription à : melanie.david@univ-paris13.fr

+ d’infos sur le programme : https://www.facebook.com/events/2285080171708349/<

Enquêtes publiques et commissaires-enquêteurs : le Défenseur des droits se saisit du « cas Ullmann »

L’«affaire» Gabriel Ullmann (du nom de ce commissaire-enquêteur brutalement démis de ses fonctions après avoir rendu un avis défavorable sur un projet d’aménagement) vient de connaître plusieurs rebondissements.

Conférence de presse le 6 mars 2019 à la mairie du 11e, Paris. De g. à dr. : Jean Untermaier, Michèle Rivasi, Gabriel Ullmann, Corinne Lepage

Saisi par la députée Delphine Batho, le Défenseur des Droits a accepté d’instruire l’affaire.

Par ailleurs, le tribunal administratif (TA) de Lyon a rejeté le 23 mai  la requête du maître d’ouvrage du projet contestant les indemnités dues à Gabriel Ullmann. Le jugement du TA détaille de façon inédite l’étendue des prérogatives des commissaires enquêteurs. 

Gabriel Ullmann a aussi déposé des recours contre la composition de la commission qui l’a congédié et contre sa décision de radiation.

Pour tout savoir sur ces derniers développements, vous pouvez lire ici un article d’Environnement Magazine  et là un papier d’Actu-Environnement.
A consulter aussi, ce texte mis en ligne sur le site Place Grenet, ainsi que celui de Jade Lindgaard sur Mediapart.

Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire qui, au-delà d’un cas personnel, nous alerte sur les menaces pesant sur le caractère démocratique des enquêtes publiques, nous vous invitons à lire le dossier très complet rédigé par Richard Varrault, Président des JNE, qui est en ligne sur ce site.

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