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Les Dialogues en Humanité : « Apprends-moi à danser sous l’orage et nous vivrons des jours heureux »

Pour leur 17e édition, les Dialogues n’ont pas failli à leur objectif : faire dialoguer entre eux des humains de toutes origines et de toutes conditions ! La recette est simple : définir une thématique et trouver un arbre sous lequel s’assoir pour en parler. « Apprends-moi à danser sous l’orage et nous vivrons des jours heureux » était le fil conducteur des agoras sous les arbres à palabre.

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par Patrice Auro

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Du 7 au 9 juillet 2017, se sont déroulés trois jours d’échanges enrichis de la différence des autres. Si parfois les axes de paroles proposés semblaient ardus : « protégeons les enfants de la guerre et de la violence», «être humain dans un monde complexe», « transmettre le savoir de l’agriculture ancestrale dans la modernité »… les échanges se sont déroulés toujours dans la bienveillance et la parole de chacun est écoutée et entendue.

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Mais c’est la réflexion collective qui donne à chacun des éléments de réponse sur son propre questionnement. Ici pas de « têtes d’affiche » pour asséner leurs vérités (« la vérité a mille visages » proverbe chinois) mais des anonymes aux expériences personnelles variées et riches d’enseignements. Après les agoras, les échanges se prolongent le plus souvent autour d’un repas du Monde ou simplement une salade « bio » et locale. Si le plus souvent ce sont les agoras majeures qui « attirent le chaland » les ateliers ne sont pas de reste. Leurs diversités ont permis aux nombreux visiteurs du site du parc lyonnais de découvrir les chants navajos, la Communication Non Violente, le tissage africain, la voix du Tao, le basket en fauteuil, le massage Chi Ni Tsang, le yoga shamanique, l’AÏkiNostress, la réflexologie plantaire, l’accueil des migrants, l’art aborigène d’Australie… et la pédagogie Gatteno proposée par le centre social Bonnefoi/Lyon. Elle est destinée à tous les migrants qui veulent s’intégrer en France. Un conteur haut en couleurs est même venu raconter la version officielle de la chèvre de M.Seguin.

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Selon la tradition bien française où « tout se termine en chansons » des concerts du Monde ont réuni des musiciens de tous horizons : africains, syriens, indiens, américains, tibétains, algériens et français pour clôturer chacune de ces journées. Pour les méditatifs, le parc de la Tête d’or est un lieu fabuleux où les arbres offrent sans retenue une énergie séculaire sous une canopée apaisante. Les Dialogues en humanité se dupliquent dans le monde entier : Ethiopie, Inde (Auroville /Bangalore), Allemagne, Belgique, Himalaya, Sénégal, Brésil, Bénin, Maroc, Togo et France (Lyon, Grenoble, Saint Ouen, Chamonix …). Une édition corse est en projet pour septembre 2018 !!!

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Les Dialogues en humanité, une utopie destinée aux « bobos » ? Ceux qui pensent ça sont ceux qui ignorent qu’un Vent nouveau se lève. Vent nouveau qui apporte des valeurs d’une société nouvelle basée sur le respect, le partage, l’empathie, la résilience, la tolérance, la non-violence. Vent nouveau dont les Dialogues en humanité en sont un des vecteurs de propagation…

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« Il n’y pas de vent contraire pour celui qui sait où il va » (Roosevelt)

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Pour en savoir plus
dialoguesenhumanite.org
https://fr-fr.facebook.com/patrice.auro

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Colloque Antarctique : hommage à Michel Rocard… et à Greenpeace

Le colloque sur l’Antarctique qui se tenait le 29 juin dernier à l’Institut océanographique de Paris a été l’occasion de rendre hommage au rôle pionnier de Michel Rocard, Premier ministre, puis ambassadeur des Pôles, dans la défense du continent blanc.

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par Laurent Samuel

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Ce colloque, tenu à l’occasion du premier anniversaire de la mort de Michel Rocard, était organisé par l’Institut Océanographique/ Fondation Albert Ier Prince de Monaco, la Fondation Prince Albert II de Monaco, l’ONG Pew Charitable Trusts, et la Coalition pour l’Antarctique et l’Océan Austral (ASOC), avec le soutien logistique du Varda Group de Rémi Parmentier. Ainsi que l’a précisé à la tribune Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique, l’objectif était aussi de faire connaître les initiatives de la France, de l’Australie et des pays européens en faveur d’un réseau d’aires marines protégées en Antarctique.

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En préambule, un message vidéo du Prince Albert II de Monaco rendant hommage à Michel Rocard a été diffusé, suivi d’une vidéo de l’ancien Premier ministre, reçu dans ces mêmes lieux il y a 2 ans, dans lequel il affirmait que l’ Antarctique est un « bien public universel » à défendre
avec énergie.

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Stephan Brady, ambassadeur d’Australie en France, a ensuite pris la parole pour rappeler que le protocole de protection de l’Antarctique (signé à Madrid en 1991 et entré en vigueur en 1998) avait été rendu possible par la coopération franco-australienne nouée alors que Michel Rocard était Premier ministre, et pour affirmer l’engagement de son pays pour les aires marines protégées et le respect de l’interdiction de l’activité minière dans ce continent.

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Une première table ronde, animée par Claire Nouvian, fondatrice de l’association Bloom, a réuni trois acteurs impliqués dans l’interdiction des forages et mines en Antarctique : Jim Barnes, cofondateur et directeur exécutif de l’ASOC, Kelly Rigg, coordinatrice de la campagne Antarctique de Greenpeace entre 1984 et 1992, aujourd’hui co-directrice du Varda Group, et Brice Lalonde, ministre de l’Environnement de 1988 à 1992 dans les gouvernements de Michel Rocard et Edith Cresson, aujourd’hui président de l’Académie de l’eau.

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Jim Barnes a souligné le rôle de l’ASOC, créée en 1978, contre la Convention pour l’exploitation de minerais signée en juin 1988, mais tuée dans l’oeuf en 1989 avec l’annonce par Hawke (Premier ministre australien) et Rocard qu’ils ne la ratifieront pas. L’ASOC a aussi beaucoup oeuvré pour le protocole de protection de l’Antarctique.

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De son côté, Kelly Rigg a évoqué les manifs de Greenpeace dans les villes occidentales, l’installation d’une station scientifique en Antarctique, les expéditions contre les pistes aériennes. Brice Lalonde, quant à lui, a raconté que Rocard adorait la mer, était passionné par la planète et (fait rare dans la classe politique française !) parlait bien anglais. Pour ce protestant, il faut effacer la tache de l’affaire Greenpeace encore toute récente (1985) en renouant des relations avec l’Australie, où Brice Lalonde est envoyé pour inviter en France le Premier ministre Hawke. Dans un contexte où le GIEC vient d’être créé et où Time a déclaré la Terre « planète de l’année », la campagne pour la défense de l’Antarctique est menée par le Commandant Cousteau (dont la pétition, bien avant les réseaux sociaux, rassemble plus d’un million de signatures en un mois !), Greenpeace et soutenue par le Quai d’Orsay.

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Une deuxième table ronde était consacrée au « continent en changement » que constitue l’Antarctique. Thomas Stocker (université de Berne) a insisté sur la fonte des glaces, la perte massive de masse du continent, le réchauffement eaux et l’acidification progressive de l’océan austral. Françoise Gaill (plate-forme océan et climat) a indiqué que l’élévation estimée du niveau de la mer est passée de 60 cm à 2 m en dix ans, et que la disparition de la couche de glace entraîne une baisse du nombre de manchots empereurs. Anne-Catherine Ohlmann (université de Grenoble) a présenté le projet Ice Memory, archive mondiale de carottes de glaces des glaciers les plus menacés partout dans le monde, qui seront stockées en Antarctique, notamment à la base Concordia. Un projet franco-italien qui s’étend au niveau mondial.

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Dans une allocution à la fois vivante et documentée, Serge Ségura, Ambassadeur chargé des océans, a évoqué l’histoire de la présence française en Antarctique de la fin du XIXe siècle à nos jours (lire ici sa récente tribune dans le Monde : Haute mer : « On ne veut pas transformer les océans en aquarium »).

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Nicole Aussedat (JNE) conclut au nom de l’ASOC le colloque sur l’Antarctique du 29 juin 2017 à l’Institut océnaographique de Paris

La dernière table ronde a été consacrée aux aires marines protégées. Le Pr Philippe Koubbi (Muséum d’histoire naturelle de Paris) a souligné qu’elles sont nécessaires à cause du changement climatique, avant de les passer en revue (Orcades sud, Mer de Ross…). Anne Gaelle Verdier a présenté les TAAF (Terres australes et antarctiques française), « un gouvernement local sur 2 millions de km 2 », riches de très fortes concentrations d’oiseaux marins (47 espèces), de mammifères marins, d’invertébrés, de flore… Les TAAF ont créé une réserve naturelle de 672 969 km2, essentiellement marine, qui est la 6e aire marine protégée au monde en termes de surface, et est candidate pour la liste verte de l’Uicn et le patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Les débats de cette riche journée ont été conclus par Nicole Aussedat (JNE) au nom de l’ASOC, et par l’explorateur Jean-Louis Etienne qui a présenté son projet Polar Pod d’exploration de l’Antarctique (lire ici l’article de Muriel Labrousse sur Media Peps).

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La présence de nombreux « grands anciens » de Greenpeace (dont Rémi Parmentier, Kelly Rigg, Arnaud Apotheker…) a aussi permis de rendre un hommage informel au rôle de cette ONG dans le combat pour la protection de l’Antarctique.

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Cet article a été publié sur le site Media Peps (lire ici). Un résumé complet en français de la conférence est disponible ici.

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La Commission européenne menace la Convention d’Aarhus sur l’accès à la justice en matière d’environnement

La Commission européenne veut faire passer en force le 11 juillet  une décision rejetant la recommandation du comité d’examen du respect de la convention relatif à l’accès à la justice en matière d’environnement; si cette décision était prise et acceptée par la France, cela serait un recul du droit de l’environnement et un précédent fâcheux. Un spécialiste du droit de l’environnement, membre des JNE, tire la sonnette d’alarme.

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par Michel Prieur

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L’Union européenne, comme ses Etats membres, ayant ratifié la Convention d’Aarhus de 1998, celle-ci s’impose à toutes les institutions européennes à la fois au Conseil des Ministres, à la Commission, au Parlement européen et à la Cour de justice de l’Union européenne. Cette convention organise en matière d’environnement, le droit à l’information, à la participation aux décisions et l’accès à la justice.
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Depuis 2002 le Comité d’examen du respect de la convention (ou compliance committee) mis en place par les Parties y compris l’Union européenne, peut recevoir des réclamations des Etats et des ONG pour examiner, de façon non conflictuelle, non judiciaire et consultative, si la Convention est correctement appliquée par tous. Le Comité d’examen n’ayant pas de pouvoir de décision ne fait qu’une recommandation adressée à la réunion des Parties, laquelle a toujours été entérinée par les Etats. Autrement dit, dans les 85 dossiers pour lesquels le Comité a constaté une mauvaise ou une bonne application de la Convention, les Parties mises en cause ont toujours accepté ce constat qui n’est ni une sanction ni une condamnation.

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Suite à des réclamations d’ONG considérant en 2008 que l’accès à la Cour de justice de l’Union européenne leur était interdit en violation de la Convention qui garantit l’accès à la justice pour les ONG d’environnement, le Comité d’examen du respect de la Convention, après une très longue instruction contradictoire, a formulé ses conclusions et recommandations le 14 avril 2011, puis le 17 mars 2017. Le Comité ayant constaté que l’Union européenne ne permettait pas l’accès à la justice des ONG a demandé à la prochaine réunion des Parties au Monténégro du 11 au 14 septembre 2017 d’entériner ce constat.

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Pour la première fois, une Partie à la Convention d’Aarhus conteste les conclusions et recommandations du Comité. En effet la Commission européenne a adopté un projet de résolution le 29 juin 2017 rejetant les conclusions du Comité. Ce projet doit être examiné au COREPER (Comité des représentants permanents de l’Union européenne qui prépare les décisions du conseil des Ministres européens) du 11 juillet 2017. Puis le Conseil des Ministres européens de l’agriculture et de la pêche du 17 juillet devra approuver cette décision sans vote ni discussion, la Commission faisant inscrire ce point dans la partie A du Conseil. Ainsi un tel mépris du droit d’accès à la justice serait pris sans l’accord des ministres de la justice et de l’environnement !

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L’Union européenne est liée par la Convention d’Aarhus comme le sont les Etats membres. En se considérant comme au-dessus de l’état de droit elle tente un coup de force qui, s’il aboutissait, porterait une grave atteinte aux acquis de la Convention d’Aarhus. Cela remettrait en cause la légitimité et le rôle du Comité comme conseil et médiateur. Ce serait de plus une véritable régression du droit de l’environnement en tolérant que l’Union européenne refuse de respecter un traité international sur l’environnement. Enfin cela ouvrirait la porte à tous ceux qui, en Europe et en Asie centrale, refusant de prendre l’environnement au sérieux, pourront invoquer le précédent du refus de l’Union européenne de prendre en considération les recommandations du Comité d’Aarhus.

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La France, qui s’est engagée dans sa Constitution à l’article 10 de la Charte de l’environnement à ce que celle-ci « inspire l’action européenne et internationale de la France », se doit de prendre clairement position afin de faire obstacle à l’obstruction au droit d’accès à la justice en matière d’environnement qui résulterait de la position adoptée par l’Union européenne et serait une honte pour l’Europe tout entière.

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    • Professeur émérite, agrégé de droit, Président du Centre international de droit comparé de l’environnement

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Une alerte également lancée par le Bureau européen de l’environnement

.Pour

Pour en savoir plus

https://cidce.org/acces-a-linformation-access-to-information/

https://www.facebook.com/groups/cidce/

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Sauvegarder les semences locales au Maroc

Apicultrice et agricultrice au Maroc, Souhad Azzenoud accompagne des coopératives de femmes inscrites dans une démarche d’agro-écologie afin d’enrayer l’exode rural qui touche la région du Prérif. Lors de la COP 22 à Marrakech, elle exposait avec passion ses projets.

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par Nathalie Loubet

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Souhad Azzenoud est venue lors de la COP 22 à Marrakech témoigner des actions qu’elle mène en agro-écologie dans le village de Kissane © Nathalie Loubet

Après une carrière de cadre dans l’agroalimentaire, Souhad Azzenoud décide de « tout quitter » pour s’installer à Kissane, le village de ses parents et grands-parents, situé dans la province de Taounate (nord-centre du Maroc). Déjà diplômée d’une licence de biologie à l’Université de Casablanca et d’un DESS en agroalimentaire, elle décide de suivre une formation en agro-écologie et se lance dans l’apiculture. « Nous sommes dans une région qui dispose d’une matière première – l’olivier sauvage – d’excellente qualité et d’un savoir-faire ancestral qu’il faut préserver, affirme-t-elle. Les arbres rustiques sont bien adaptés aux changements climatiques. »

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Après une année d’un ardent travail sur le terrain, la coopérative oléicole Ariaf voit le jour en 2006. Quelques années plus tard, en 2013, l’huile d’olive obtient la certification bio. « C’est un coût supplémentaire pour les agricultrices mais une garantie pour le consommateur qui va permettre de valoriser le produit, et toucher une clientèle à Rabat ou Casablanca qui dispose d’un pouvoir d’achat plus élevé », précise-t-elle. Un point non négligeable dans une région enclavée. Et pour cette lauréate du prix Terre de Femmes * Maroc 2016, décerné pas la Fondation Yves Rocher, les projets s’enchainent : conseil aux coopératives, réflexion sur le développement de l’agrotourisme, lancement du petit épeautre, et bientôt peut-être le caroubier, utilisé en cuisine ou comme plante médicinale.

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* Le Prix Terre de Femmes décerné par la Fondation Yves Rocher existe depuis 13 ans. Il a récompensé 350 femmes et soutient des actions dans plus de 50 pays.

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Cet article est paru dans son intégralité dans L’information agricole, N° 905, mars 2017.

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Nouveau Président pour les JNE, nouvelles orientations ?


par Richard Varrault, président des JNE

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Je souhaite tout d’abord, avant de remercier le nouveau CA (Conseil d’administration) qui été élu pour un tiers de ses membres à notre Congrès-Assemblée Générale dans les Vosges du Nord, faire le lien avec les conversations que j’ai eu principalement avec Roger Cans, un de nos « anciens », qui, dans le Tgv qui nous conduisait à Strasbourg, puis au château du Liebfrauenberg, m’a cordialement poussé à postuler au poste qui allait être transmis par Carine Mayo. Depuis plusieurs mois, elle avait exprimé sa volonté de passer la main après 11 années de bons et loyaux services et des initiatives dynamiques porteuses d’échanges, à la tête de notre association. Le manque de motivation que produisit la vacance future de ce poste, et par voie de conséquence l’évidente pénurie de candidat.e, m’a incité à m’investir pour palier à cette situation de blocage. Je l’ai expliqué au CA du 22 juin qui, à l’unanimité, a accepté que je porte haut la feuille de houx, emblème de notre association.

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Je ne vous proposerais pas de rechercher un nouveau logo plus adapté à notre XXIe siècle, je ne vous demanderais pas non plus de revoir notre charte graphique ou d’autres aspects triviaux de notre vie quotidienne, bien qu’à la marge, avec la nouveauté, des améliorations sont toujours possibles.

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Nous allons plutôt nous engager pour les thèmes qui tiennent à cœur à de nombreux adhérents, comme le goût de la Nature, tel qu’il a été très bien exprimé au dernier congrès par Roland de Miller (lire son texte ici) et qui par extension pose les questions de la préservation des espèces (animales et végétales) et plus largement la protection de ce qu’il reste de biodiversité sauvage et des habitats naturels de diverses espèces qui disparaissent au fur et mesure d’un nouveau tronçon d’autoroute, de ligne Lgv, ou de projets de centres commerciaux qui n’intéressent que les grands actionnaires (en millions d’euros) et non les loups (sauf ceux de Wall Street), ni les lynx du Palatinat ou autres marmottes ou campagnols amphibies de nos campagnes.

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Je vous proposerai une association plus incisive et qui exprime plus clairement le fond de sa pensée, d’une manière publique, avec des communiqués de presse sur ses sujets, à destination de l’AFP, des autres agences, et des rédactions de quelques médias ciblés.

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Dans cet esprit, nous continuerons à débattre des droits et du bien-être animal qui déboucheront peut-être sur un colloque en 2018, en abordant tous les aspects de ces questions depuis la fermeture des Marinelands en France ou dans d’autres pays (notamment l’Inde), en développant tout à la fois les processus physiologiques en jeu comme les considérations juridiques qui commencent à encadrer les droits des animaux, qu’ils soient d’élevage, domestiques ou sauvages, ainsi que les conditions de vie et d’abattage des animaux d’élevage. Un chantier important et symbolique des relations humains-non humains, sans oublier la chasse à la baleine pratiqué par certaines flottes japonaises ou les tueries de globicéphales qui se pratiquent encore aux îles Féroé (Danemark).

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Nous poursuivrons bien entendu l’information et la participation aux colloques concernant la lutte contre les dérèglements climatiques, comme la COP23 de Bonn pour laquelle un déplacement est envisagé en novembre 2017, en coopération avec l’AJE (Association des Journalistes de l’Environnement), avec laquelle nous avions créé l’AJEC21 en 2014 (dissoute en 2016). Tout comme d’une manière générale nous continuerons à échanger régulièrement avec l’AJE comme nous l’avons fait jusqu’à présent, annonce de réunions, de colloques et autres rendez-vous en commun, comme celui qui devrait avoir lieu prochainement avec le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Sans oublier le nouveau pacte mondial pour l’environnement présenté par Laurent Fabius à la Sorbonne, qui doit être présenté par le Président de la République en septembre aux Nations Unies.

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Notre pays doit normalement se désengager de la production d’électricité par le nucléaire. Nous pourrons dans le courant de l’année 2018 visiter une centrale de la région parisienne, ce qui, je crois, n’a encore jamais été réalisé par les JNE. Les premiers renseignements montrent que ce type de visite est régulièrement effectuée et bien organisée par les instances en charge de la gestion de nos réacteurs. Nous avons tous et chacun.e des visions spécifiques du nucléaire. Une visite de quelques heures apportera à celles et ceux qui participeront un certain recul sur le sujet, sachant que nous négocierons un temps pour nos questions avec des interlocuteurs compétents pour nous répondre, sans le langage codé qui sied à ce type de visite.

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Nous nous pencherons également sur les mutations de la biologie, de la biologie de synthèse et crispr-cas9. Un colloque est d’ailleurs prévu en octobre 2017 pour tenter de comprendre ces transformations fondamentales puisque les OGM ne porteront plus ce nom, mais le vivant touché par ces ajouts subtils aura bien été transformé par ces nouvelles manipulations.

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Ce colloque est destiné à faire le point sur ces sciences sans précédents, prendre la mesure de l’implication de ces technologies dans notre vie et quel statut juridique auront ces nouvelles entités ainsi que leur acceptabilité par nos sociétés, celle des Etats-Unis étant différente de celle de la France.

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J’observe aussi que nous avons parmi nos adhérents des personnes de qualité aux compétences scientifiques avérées. Je vous propose de les regrouper pour former un collège des sages ou des sachants qui viendraient nous éclairer sur certains thèmes auxquels notre association pourrait ainsi apporter des avis et/ou des communiqués susceptibles de faire avancer le débat ou bouger les opinions, au sein des JNE ou publiquement par des colloques ou des débats qui nous organiserions en ouvrant nos séances au public et non plus seulement à nos confrères.

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Parmi les sujets, qui je l’espère, éveilleront votre intérêt, sous forme de petits-déjeuners presse, ou de matinales de formation, l’évolution des métiers de la presse me paraît un thème important. Qui, de l’homme ou de la machine, écrira les articles en 2020 ? La presse économique utilise déjà des robots-journalistes pour rédiger des articles sur les fusions, acquisitions et évolution des cours de bourse, puisque quelques modèles d’articles et de bons algorithmes suffisent à la fois pour collecter l’information sur la toile ou les sites spécialisés et inclure les éléments dans un modèle. C’est ensuite un jeu de mise en forme selon les canons d’écriture des professionnels. La presse sportive a également mis les pieds dans la robotique pour rendre compte des derniers matchs ou des exploits sportifs. L’enjeu est d’importance si cette « ubérisation » prend de l’ampleur et si de nouveaux logiciels viennent à devenir abordables financièrement pour des rédactions, finis les frais de déplacement, les choix humains qui ne conviennent pas au rédacteur en chef et autres appréciations discutables, notamment la masse salariale d’un journal, voire d’une radio et pourquoi pas une chaîne de TV ?

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En 2019, notre association aura 50 ans. Cela vaut bien une fête et quelques publications. Nous avons déjà commencé à poser les bases d’un travail de collecte des archives JNE dispersées auprès des adhérents au fil des années, avec des archivistes et des historien(ne) s.

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Un colloque est prévu, dans un lieu emblématique (lieu d’histoire), et la publication soit d’un ouvrage ou de fascicules sur la vie de notre association et de ses relations avec le monde extérieur et des personnalités qui en ont été adhérentes comme par exemple Marguerite Yourcenar, Paul-Emile Victor, François Terrasson et d’autres dont vous retrouverez les noms dans notre annuaire 2017 (Les JNE en quelques dates clés, pages 22 & 23).

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Vous conservez bien sûr toute latitude pour proposer des sujets nouveaux, dès à présent, et vous avez toute liberté de mettre en œuvre vos propres débats, petits déjeuners presse et autres rencontres dont le CA se fera un plaisir de vous donner avis et propositions pour attirer votre public et rendre le plus intéressant possible les manifestations envisagées. Le conseil d’administration et moi-même restons également à votre écoute pour l’organisation de voyages en région ou hors de France.

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Nouveau Président des JNE, Richard Varrault est directeur de publication de Waternunc.

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Retrouver le lien à la nature

La nature ne s’apprend réellement que si elle se vit. C’est en faisant ce constat que Frédéric Plénard (JNE), enseignant de sciences de la vie et de la terre en Nouvelle Aquitaine, a décidé de lancer le projet Le grand secret du lien (lire ici l’article de Nathalie Tordjman).

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par Marie Arnould

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Photo Jean-Jacques RAYNAL (JNE)

« Permettre à des enfants de monter dans les arbres, d’aller dans les rivières, de courir après les papillons… c’est indispensable, surtout en ces temps où ils sont rivés aux écrans, parfois 8 heures par jour ! » explique-t-il. Durant l’année 2017-2018, 50 enfants et jeunes de cinq régions différentes – Grand Est, Nouvelle Aquitaine, Centre Val-de-Loire, Normandie et Auvergne Rhône-Alpes – vont effectuer des séjours de 2 à 10 jours en immersion dans la nature, afin de vivre une vraie rencontre, sensible, avec la nature, « afin de les amener progressivement à retrouver la conscience de leur appartenance à la Terre ».

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Emmenés par des guides et des passeurs de nature, les enfants seront également suivis par des scientifiques, pour voir comment cette immersion dans la nature impacte leur relation avec eux-mêmes, avec les autres et avec leur environnement. Le projet est parrainé par cinq sages – Pierre Rabhi, philosophe agroécologiste, Vincent Munier (JNE), photographe nature, Philippe Meirieu, spécialiste de l’éducation, Emmanuelle Grundmann (JNE), spécialiste des grands singes et Françoise Serre-Collet, du Muséum d’histoire naturelle – qui vont demander aux jeunes de chercher « le grand secret du lien » qui a été perdu dans notre relation à la nature. Investis de cette « quête », les cinq groupes devront tenter de retrouver ce secret et d’illustrer leur réponse par un petit film qu’ils réaliseront au fil de l’année.

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Déjà auteur d’un documentaire, Le lien, sur un groupe d’enfants en immersion dans la nature pendant dix jours, Frédéric Plénard réalisera un film sur cette belle aventure humaine. Le projet, financé notamment par la fondation Nature & Découvertes et soutenu par de nombreuses structures d’éducation à l’environnement, vient de lancer une opération de financement participatif, qui vise à collecter 20 000 €. En ces temps où les enfants et les jeunes sont de plus en plus déconnectés de la nature, on ne peut qu’inciter à y participer !

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Cliquez ici pour participer à ce financement participatif !

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Marie Arnould est rédactrice en chef de la revue Les 4 Saisons du jardin bio. Son article a aussi été publié ici sur le site Terre Vivante.

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Nouveau gouvernement en Algérie : un tandem inédit Environnement-Energies renouvelables

La création d’un ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables et la nomination à sa tête d’une femme, Fatma-Zohra Zerouati, militante écologiste et ancienne journaliste, ont été à la fois une grosse surprise et une innovation de taille dans la composition du gouvernement algérien annoncé le 25 mai dernier.

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par M’hamed Rebah

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Fatma-Zohra Zerouati, ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables (Algérie)

Peu d’observateurs s’attendaient au retour de l’Environnement dans la nomenclature de l’Exécutif comme ministère à part entière, et ceux qui n’excluaient pas cette éventualité n’ont sans aucun doute jamais pensé que les Energies renouvelables « déménageraient » du ministère de l’Energie pour se « loger » au ministère de l’Environnement. Pour y faire quoi ? C’est plutôt le scepticisme dans le monde algérien de l’Energie, dominé, voire écrasé, par des spécialistes et experts très attachés aux ressources fossiles que sont les hydrocarbures ; certains d’entre eux sont même partisans de l’exploitation du gaz de schiste. Déjà, les pro-fossiles ne manquaient pas d’arguments pour semer le doute, sinon le discrédit, sur le programme de développement des énergies renouvelables. Ils pensent certainement avoir un argument supplémentaire avec cette sorte d’autonomie prise par les Energies renouvelables par rapport à la maison-mère Energie. En effet, sans les ressources financières des deux grosses entreprises que sont Sonatrach et Sonelgaz, sans les moyens de réalisation et l’expertise du secteur traditionnel de l’Energie, le ministère de l’Environnement risque de traîner les Energies renouvelables comme un boulet inutile.

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Pourtant, le tandem Environnement-Energies renouvelables pourrait ne pas être né d’une lubie. Dans le nouveau schéma, la motivation économique (épargner des quantités de gaz qui seraient destinées à l’exportation) est toujours présente mais devient secondaire par rapport aux considérations écologiques, qui la renforcent en lui ajoutant une dimension mondiale (le fameux « penser globalement, agir localement ») avantageuse pour trouver les financements externes. En décembre 2009, à la COP15 de Copenhague (15e conférence des Nations unies sur les changements climatiques), les pays développés ont promis 100 milliards de dollars par an dès 2020 aux pays en développement pour les aider à faire face à la lutte contre le changement climatique.

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L’Algérie a fait part de son intention de solliciter ces ressources pour son plan de lutte contre les changements climatiques. La projection internationale du programme algérien de développement des énergies renouvelables apparaît dans « la contribution prévue et déterminée au niveau national » (Intended Nationally Determined Contribution, INDC) de l’Algérie à la COP21 (Paris, du 30 novembre au 11 décembre 2015), remise au secrétariat de la Convention, début septembre 2015. Ce document, élaboré par le Comité national climat, sous l’égide du ministère chargé de l’Environnement, a affiché « les ambitions de l’Algérie pour la période 2020-2030, en termes d’adaptation face aux changements climatiques et d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et les actions sous-jacentes, notamment en matière d’efficacité énergétique, de promotion de l’utilisation des énergies renouvelables dans le mix énergétique ».

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Les énergies renouvelables sont inscrites, ici, dans la riposte environnementale globale au phénomène des changements climatiques et pas du tout dans une préoccupation économique portée par le discours officiel qui concerne les recettes extérieures financières que procurent la vente sur le marché international du gaz (incidemment épargné par le recours aux sources renouvelables de production d’électricité). Il est utile de rappeler que la loi n° 04-09 du 14 août 2004 relative à la promotion des énergies renouvelables dans le cadre du développement durable (la première en Algérie dans ce domaine) est sortie des bureaux du ministère chargé de l’Environnement et non pas du ministère de l’Energie. Son exposé des motifs commence par des objectifs écologiques : protéger l’environnement, en favorisant le recours à des sources d’énergie non polluantes, et contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre ; vient ensuite le souci pour les réserves en hydrocarbures : participer à un développement durable par la préservation et la conservation des énergies fossiles ; enfin : contribuer à la politique nationale d’aménagement du territoire par la valorisation des gisements d’énergies renouvelables, en généralisant leurs utilisations. La ministre Fatma-Zohra Zerouati se trouve devant un défi, inédit en Algérie : mener simultanément les deux batailles du développement durable sur les fronts de l’Environnement et de l’Energie.

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Cet article a été publié dans La Nouvelle République (Algérie) du 6 juin 2017.

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La revue de web JNE sur l’annonce par Donald Trump du retrait des Etats-Unis des accords de Paris

L’annonce le 1er juin 2017 par le Président Donald Trump du retrait  des Etats-Unis des accords de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique a suscité de nombreuses réactions. Voici une sélection non exhaustive d’articles qui nous ont semblé dignes d’intérêt.

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par Laurent Samuel

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Deux articles de journalistes JNE

Climat : Donald Trump met la Terre en danger en reniant l’accord de Paris – Claude-Marie Vadrot (JNE) – Politis

Climat : l’accord de Paris survivra-t-il au retrait américain ? – Olivier Nouaillas (JNE) – la Vie

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Décryptage du discours de Trump

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Les conséquences

Accord de Paris sur le climat : quelles seront les conséquences du retrait des Etats-Unis ? – France Info

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Réactions internationales

Pour Obama, la décision de Trump sur le climat n’arrêtera pas le reste du monde – 24 Matins

Macron s’adresse en anglais aux Américains : «Make our planet great again» – le Soir

Retrait américain de l’accord de Paris : l’UE et la Chine vont accroître leur coopération – le Monde

La Russie ne ratifiera pas l’accord de Paris sur le climat avant 2019 – le Monde

L’Inde assure la France de son soutien à l’accord de Paris sur le climat – le Monde

New York, Washington et la Californie se passeront de Trump sur le climat – Challenges

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Réactions en France

Nicolas Hulot : « L’accord de Paris n’est pas mort » – Europe1

Ségolène Royal : « La radicalité de la décision de Trump sur le climat nous a pris par surprise » – le JDD

Climat : Yannick Jadot demande des mesures de rétorsion européennes

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Quelques analyses

La déréglementation à bas bruit de Donald Trump – les Echos

Les sénateurs qui ont poussé à quitter l’accord de Paris ont touché 10 millions de dollars du lobby pétrolier – Huffington Post

«La décision américaine est liée à une politique quasi antiscience» – Valérie Masson-Delmotte – Libération

Contre la décision de Trump, « il faut sanctionner les États-Unis » – Maxime Combes – Reporterre

Teresa Ribera : « Trump risque d’être pris à son propre piège » – le Monde

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Une forêt pluviale tropicale peu connue : la réserve naturelle nationale des Nouragues en Guyane française

L’adaptation cinématographique du roman The Lost City of Z de David Grann, réalisée par James Gray, m’a replongé dans l’atmosphère des forêts tropicales humides de Guyane où j’ai vécu près de trois semaines en 2006.

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par Annik Schnitzler

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Dans la réserve naturelle des Nouragues en Guyane, un arbre ayant gardé la trace d’une liane enroulante, qu’il a fait éclater – photo Annik Schnitzler

Certes, il ne s’agissait que d’un modeste séjour d’étude sur la biologie des grandes lianes de forêt primaire, réalisé dans une réserve naturelle uniquement accessible au monde scientifique, la station des Nouragues, et non d’explorations de terres inconnues telles que celles entreprises par le légendaire Percy Fawcett.

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Mais toutes proportions gardées, j’ai eu vraiment l’impression de rentrer à nouveau dans ce monde étrange, dense et humide, où les dangers ne manquent pas pour un Européen non averti : les mygales invisibles courant sur les litières de feuilles mortes, des grenouilles (dendrobates) au toucher mortel, des millepattes, serpents ou fourmis flamandes à la piqûre douloureuse et venimeuse … et surtout les acariens qui pénètrent sous la peau et n’en sont délogés qu’à coups d’acaricides… Ce film m’a également remis en mémoire les traces discrètes laissées par les Amérindiens qui ont habité ces forêts durant des millénaires.

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Située à une centaine de kilomètres de Cayenne à vol d’oiseau, la réserve naturelle nationale des Nouragues a été créée en 1995, et est gérée par l’Office National des Forêts. Elle fait suite à une première implantation scientifique temporaire réalisée par le Muséum national d’Histoire naturelle au bord de la rivière Arataye. Avec plus de 1000 km2 d’espaces protégés, ce site est longtemps resté la plus grande réserve naturelle de France.

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Au sein de cette réserve, un camp est réservé aux scientifiques du monde entier désireux de développer une recherche sur le fonctionnement des forêts guyanaises. La réserve inclut en effet divers habitats forestiers intéressants, de la forêt tropicale humide aux marécages. Les inselbergs qui surmontent à 400 mètres d’altitude les forêts humides sont typiques de la réserve : constitués de rochers granitiques à forme arrondie, et quasi dépourvus de végétation sauf dans les creux, et sur les pentes, ils recèlent des espèces rescapées des zones de savane qui s’étendaient dans le bassin amazonien au cours des périodes plus sèches du Pléistocène supérieur.

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La réserve des Nouragues n’est guère éloignée de zones très marquées par l’homme. Ainsi, à proximité toutefois des fleuves voisins, situés à 3 heures de marche, et par où les chercheurs arrivent en général, ont eu lieu entre la fin du XIXe siècle et les années 1930-40, l’exploitation intensive pour le bois de rose (Aniba rosaeodora, Lauraceae), et du balata (Manilkara bidentata, Sapotaceae). A proximité des Nouragues, au Camp Saut-Pararé, l’or a été exploité vers les années 1930.

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Plus récemment enfin, les nouvelles techniques ont permis d’exploiter l’or au fond des rivières et dans des zones auparavant difficiles d’accès. Ce fait, combiné à l’augmentation du prix de l’or, a motivé une nouvelle ruée vers l’or en Guyane depuis 1999. La zone a été exploitée intensivement et illégalement au cours des années 2000, et on en voit encore distinctement les traces lorsqu’on parcourt la forêt en hélicoptère, ce que j’ai eu la chance de faire à l’aller et au retour.

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En contraste, le site des Nouragues est bien préservé pour ses habitats et sa faune. Les reconstructions paléoécologiques suggèrent que le couvert forestier est resté intact depuis trois mille ans ! Le long du fleuve tout proche, l’homme était pourtant présent depuis des millénaires. Les Amérindiens Nolaques semblent avoir été parmi les derniers descendants de ces populations indigènes. La carte de Pierre Du Val D’Abbeville (1677) cite ces populations près du fleuve ; les Pères Jean Grillet et François Béchamel ont retranscrit leur voyage de 1674 en Guyane, relatant qu’ils ont rencontré ce peuple amérindien « courtois et affable » en février 1674. Les fouilles archéologiques faites dans cette région ont révélé une présence assez importante de vestiges (poteries, outils) datées d’ environ 1000 ans. Mais depuis le XVIIIe siècle toutefois, la région des Nouragues est inhabitée.

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Un hocco (Crax alector) dans la réserve naturelle des Nouragues en Guyane – photo Annik Schnitzler

Mes plus beaux moments durant ce séjour ont été mes rencontres avec quelques oiseaux rares de Guyane comme un coq de roche (Rupicola rupicola) sur son lieu de parade. Le coq de roche est l’un des oiseaux les plus spectaculaires de Guyane par sa couleur orange vif, qui lui permet d’être remarqué lors de ses parades nuptiales dans des sous-bois sombres. Tout aussi spectaculaire, le hocco (Crax alector), qui parcourt ici le campement et la forêt avoisinante en famille. Tué pour sa viande, et fortement dépendant de milieux forestiers non perturbés, le hocco est l’une des espèces les plus menacées de l’avifaune locale, qui a disparu près du littoral, des fleuves et des villages.

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Mais bien d’autres oiseaux peuvent se rencontrer aux abords du campement, ou au-dessus de la canopée : le toucan, le caracara à tête rouge très bruyant, le grand tinamou (Tinamus major). Quant aux amphibiens, ils sont aussi beaux que toxiques, comme les dendrobates aux couleurs spectaculaires, ou le crapaud buffle (Rhinela marina) de taille gigantesque (20 cm). En Australie ,où il a été introduit il y a 75 ans, il est devenu un véritable fléau.

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La rencontre avec des primates est exceptionnelle sur la côte guyanaise, d’où la plupart d’entre eux ont été éradiqués. Mais aux Nouragues, on peut les voir facilement, même les plus rares comme le singe araignée (noir avec tête rouge) Ateles paniscus que j’ai rencontré en forêt : très en fureur, il cassait et lançait des branches dans ma direction. J’ai pu voir aussi plusieurs fois, de jour les groupes de singes hurleurs (Alouatta seniculus), ou entendre de nuit leurs chants bruyants. Le sapajou capucin (Cebus capucinus) a aussi été aperçu durant ce séjour (4 ou 5 passant dans la canopée en se poursuivant). Dans le campement, on voit passer papillons morphos aux ailes bleues, geckos, agouti (Dasyprocta agouti) passant doucement sur la piste, et même un boa, qui s’est logé sur l’escalier du carbet réservé aux recherches. Des grenouilles se perchent au-dessus des douches, des chauves-souris chassent les termites dans le carbet cuisine.

Ballon d’observation de la canopée au-dessus de la réserve des Nouragues en Guyane – photo Annik Schnitzler

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Autre beau moment : le survol de la forêt par ballon, lequel est rattaché par des cordes à la cime des arbres. Un peu casse-cou car très peu stable. Parvenue au sommet du plus grand des arbres pour y observer les lianes, j’ai été prise de vertiges et suis redescendue rapidement.

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Les souvenirs les plus merveilleux ont été assurément les nuits passées dans mon carbet situé au bout du camp. La forêt s’entoure progressivement de nuages en fin d’après-midi, dans une ambiance à la fois douce et humide. Après avoir arrosé les pointes du hamac avec de l’insecticide pour éviter la visite des fourmis, renversé et suspendu mes chaussures pour éviter la visite de millepattes venimeux (ils adorent les fonds de chaussures), je me glissais dans mon sac de couchage (il fait frais la nuit surtout quand il pleut). La soirée démarre par des chants de la grenouille métronome et du grand tinamou vers 18 h 45, les premiers singes hurleurs se font entendre vers 19 h. Les lucioles remplissent peu à peu les lieux, les chauves-souris commencent à chasser les termites autour des carbets, puis la forêt se remplit de cris de coassements d’amphibiens et de cris d’insectes. La grenouille métronome rythme la nuit, suivi au petit matin, à 6 h 45 précises, par le cri répétitif du piauhau hurleur (Lipaugus vociferans). Mais bien d’autres cris se font entendre la nuit, tout aussi beaux. Sous les Tropiques en forêt, l’ambiance nocturne est extraordinaire.

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L’étude des lianes du Petit Plateau a été toutefois difficile pour moi. Car j’ai été bien malade, attaquée par les acariens (dont je ne me suis débarrassée que deux mois après mon retour !), soumises à des ennuis digestifs épuisants, j’ai bien eu du mal à assumer la collecte de données. L’ambiance des sous-bois forestiers est pesante dans ce cas, et je montais alors de temps en temps sur les rochers de l’inselberg pour voir le ciel, et vivre au-dessus de cette forêt immense et dégoulinante de pluie.

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Fort heureusement, les multiples observations botaniques m’ont consolée de mes problèmes de santé. Il faut dire que les stratégies des lianes en forêt sombre et dense sont ingénieuses. Avides de lumière, elles s’élancent vers la canopée à la faveur d’une trouée de lumière en s’enroulant sur les troncs et les branches. Elles s’agglutinent souvent l’une sur l’autre, parfois à plusieurs espèces sur le même individu. Rien d’étonnant à ce que les arbres ainsi exploités aient développé des stratégies pour s’en débarrasser, en les faisant par exemple éclater ou en se parsemant de piquants. La forêt regorge aussi d’épiphytes qui vivent sur les troncs ou les grandes branches, et qui quand elles tombent au sol, « marchent » jusqu’à trouver un autre tronc.

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Un polissoir témoin de la présence passée des Amérindiens près du camp actuel dans la réserve des Nouragues en Guyane – photo Annik Schnitzler

Les séjours sous la canopée m’ont permis de retrouver quelques traces laissées par les Indiens : des polissoirs (marques dans la pierre, destinées à affûter les outils) dans les fonds de vallon, des places de « cambrouze » qui sont des formations végétales composées de bambous plantées à l’époque pour l’utilisation des tiges comme têtes de flèches. Etonnant que ces prairies artificielles aient pu se maintenir intactes durant si longtemps sans être englouties par la forêt primaire !

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Un mois après mon retour, j’ai appris l’assassinat de deux agents de la réserve naturelle des Nouragues, Capi et Domingo, sur un campement proche, par des chercheurs d’or. L’insécurité de ces lieux était déjà prégnante en 2006. Le guide qui m’accompagnait parfois en forêt m’a raconté des histoires terribles qui se passaient sur les côtes atlantiques, entre Cayenne et pays voisins. Apparemment, la situation n’a guère changé en 10 ans, au vu des récentes manifestations en Guyane. Il est à souhaiter que la France s’engage fermement dans un avenir meilleur pour les hommes vivant en Guyane. Car seules des sociétés en paix peuvent réellement assumer l’avenir de la nature qu’ils côtoient.

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Africa Days à HEC Paris : le process du business in Africa

HEC Paris organisait les 15, 16 et 17 mai les Africa Days. trois soirées thématiques pour échanger et débattre autour des défis et enjeux de l’Afrique

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par Bernard Desjeux

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C’est la première fois que je pénètre sur le campus de HEC Paris à Jouy-en-Josas. Disons-le, je suis venu un peu pour ça, pour voir comment est un campus. Celui-ci n’a pas grand chose à voir avec celui de mes études lointaines à Nanterre. Les murs étaient couverts d’affiches, de slogans : « ici on spontane », « A travers Crozier nous retrouvons notre vieil ennemi la marchandise » , etc. Ici tout est vertical, pas une courbe, des espaces verts sans mauvaises herbes, bien tondus, bien aménagés. De beaux jeunes gens et de belles jeunes filles se baladent décontractés les mains pleines d’ordinateurs, tout en lisant un smartphone ou une tablette, il y a des écrans partout. Il se trouve que moi, pour des raisons un peu longues à développer, je n’ai pas de téléphone et je cherche désespérément la personne qui doit m’accueillir. Une jeune fille s’arrête : « puis-je vous aider ? ». Je suis sauvé, damned ! Elle a bien sûr un téléphone, mais pas sur elle. Je suis tombé sur la seule qui n’est pas suréquipée. Je crois être secouru par le téléphone fixe de la cafétéria, je tombe sur une messagerie, on me rappellera à ce numéro, mais je ne serai plus là. J’ai installé finalement mes livres sur une table qui me semblait vide et tout s’est bien passé.

 

 

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1er jour

Africa Days s’est ouvert par un grand débat en présence de Daniel Kablan Duncan, vice-président de la Côte d’Ivoire, Kako Nubukpo, directeur de la Francophonie économique et numérique, ancien ministre du Togo, Mahamane Alassane Touré, adjoint au directeur des opérations du marché de la BCEAO (Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest), la modération étant assurée par Pascal Chaigneau, professeur affilié à HEC Paris. La synthèse de ce débat très consensuel a été assurée par Abdelmalek Alaoui, journaliste à la Tribune Afrique. J’ai été frappé par la clarté, la précision des exposés la finesse du modérateur qui « aime l’Afrique » d’une façon générale et aussi toute personnelle.

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On apprend les défis que l’Afrique doit relever, parmi lesquels l’éducation, la santé, la transformation des matières premières, la lutte contre la corruption, le réchauffement climatique. On apprend que le Franc CFA est en bonne santé : « c’est comme une assurance, cela ne coûte cher qu’avant l’accident », insiste Daniel Kablan Dunkan. Donc oublions les contextes idéologiques ou historiques et utilisons cet outil d’une monnaie forte et convertible, quel que soit son nom. Il n’y a que 5 % du revenu du cacao qui reste en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial. Idem pour la noix de cajou : des liens ont été engagés avec le Vietnam, premier transformateur de noix de cajou…

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La démographie va augmenter dans de grandes proportions, ce sera une richesse économique… Très bien très bien, mais quid du travail informel des femmes, quid du code des investissements. Les questions sont nombreuses.

Au fait, vous connaissez la différence entre le poulet bicyclette et le poulet bateau ? Le poulet bicyclette, c’est l’équivalent du poulet fermier à l’ancienne qui a beaucoup couru et qui est bien ferme et bien bon. Le poulet bateau ce sont les carcasses que l’on déverse sur l’Afrique et qui font crever les petits paysans car beaucoup moins chers. Ne pas confondre avec le poulet téléviseur qui lui est cuit en rôtissoire !

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Même si les exposés sont précis, argumentés de chiffres (la croissance exceptionnelle de la Côte d’Ivoire presque à deux chiffres, les échanges avec la Chine et les pays émergents) je suis frappé par le décalage entre cette salle bourrée de bonnes intentions et la réalité. On sent tout le monde dans les starting blocks, prêt à aller travailler, investir en Afrique.

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J’entends ces discours depuis plus de quarante ans : « quand l’Afrique s’éveillera », « L’Afrique le continent le plus riche du monde va décoller ». Alors, quoi de neuf ? Il me semble qu’une page est en train de se tourner. De jeunes diplômés restent au pays et y créent leurs sociétés. J’ai cru comprendre qu’HEC cherche à accompagner le mouvement.

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Reste un décalage énorme entre ces discours bien ficelés et la réalité quotidienne. Je reviens d’un séjour en Guinée Conakry, j’ai mis 18 heures pratiquement sans arrêts pour relier la capitale à la ville de Kankan (700 km) par la principale route du pays complètement défoncée. La Guinée est le premier producteur de bauxite du monde.
J’ai poursuivi dans des villages plus reculés. Le moteur du bac ne marche plus, il faut monter la voiture et se mettre à l’eau pour pousser le bac, enfin pas nous, mais le « bacqueur ».

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La soirée de cette première journée s’est terminée par un cocktail, l’Afrique noire est bien partie. A suivre.

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2e jour

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Aujourd’hui, le débat est sur l’entreprenariat en Afrique. Un peu surréaliste devant un panel de banquiers et d’hommes d’affaires qui témoignent de leurs success stories.

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La salle est pleine. Beaucoup d’Africains. Mon voisin est venu avec son CV, il espère une rencontre miraculeuse, une embauche qui permettrait de gagner un peu sa vie, il aimerait se faire construire une maison pour sa famille. Un ancien élève d’HEC, Christian Kamayou, fondateur de MyAfricanStartup, parle des 100 meilleurs start ups d’Afrique. Ici, on a la culture du concours. D’autres intervenants rêvent de lever des millions, de s’adosser à des groupes, d’écosystèmes, de process, d’emprunts des femmes et des 65 milliards que la diaspora envoie chaque année en Afrique. Cet argent va surtout vers des dépenses de bouche et de santé. C’est vrai que se nourrir est accessoire. Un intervenant explique qu’on ne met pas assez de phytosanitaires en Afrique. J’ai écouté ce conseil : vous pouvez développer votre offre verticalement ou horizontalement. Comme l’Afrique a besoin de tout, vous pouvez vendre de tout. Il y a cette jeunesse qui arrive en rangs serrés, c’est un marché formidable : des millions et des millions de consommateurs vont se presser dans les usines du « néo mercantilisme ». J’ai le tournis. J’hésite encore à créer ma startup et à me faire incuber. Lorsqu’un jeune Marocain, élève d’HEC, avec l’audace de sa jeunesse décline avec un Power point d’école, un projet autour de l’agriculture car le savez-vous, il faut développer l’agriculture, personne n’y avait pensé. En tout cas, ce jeune a fait un business plan avec quelques camarades pour aller enquêter sur la question pendant six mois. Il cherche un financement. Si vous avez une idée…

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Pour une Afrique verte : le défi de demain, roulez jeunesse…

La semaine dernière en Guinée, j’ai rencontré une équipe d’agronomes marocains qui venaient « aménager » des terres en bordure du fleuve Niger : pivots arroseurs, phytosanitaires, tracteurs de 80 CV. De quoi flinguer toute une population et accélérer la déforestation et la désertification tout en ramassant un beau pactole. Quand on vous dit qu’il y a des opportunités en Afrique…

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En tout cas, je n’ai pas entendu parler, ce qui est rare dans ces débats sur l’Afrique, d’humanitaire et d’aides ou si peu. C’est très reposant.

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3e jour

En indiquant 1er, 2e, 3e jour, j’ai l’impression d’évoquer un chemin de croix. Se rendre sur le campus d’HEC et surtout en revenir à plus d’heure est un vrai cauchemar. Pire que la route Conakry-Kankan !

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C’est dans le RER que je côtoie cette diaspora, celle qui exporte ces 65 milliards dont on parlait hier. Je calcule que j’ai passé plus de temps dans ces foutus RER que devant ma table de livres. Ces livres que je ne peux vendre pour une raison qui m’échappe dans ce temple du business. Il faut bien le reconnaître, cela n’intéresse pas beaucoup. Je vois défiler du beau monde mais leurs préoccupations vont ailleurs. Nous avons pourtant édité avec le PNUD de Côte d’Ivoire un important livre dont le préambule a été écrit par le vice-président de ce pays, celui-là même qui est à l’honneur. Ce livre contient 70 contributions d’experts de toute l’Afrique traitant de l’émergence et du développement durable de l’Afrique. Quand je le montre, j’ai l’impression de déranger. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

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Mon offre n’est visiblement pas dans le segment du marché. J’ai pourtant une offre verticale qui va du beau livre à des biographies dont celle de Younoussi Touré, premier premier ministre de la démocratie au Mali, ancien président de l’Assemblée nationale, directeur de la banque centrale qui est passé par la BCEAO et l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine)… et qui dans le premier tome raconte son enfance de petit paysan dans la région de Tombouctou, de leader étudiant à l’époque de Nkrumah Lumumba, Sekou Touré, Modibo Keita…
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Tout ça, c’est bien joli, mais ce qui intéresse, c’est semble-t-il ce continent qui va s’ouvrir aux marchés du monde entier, donc marketing, marketing.

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Comment ont été choisis les stylistes qui constituent le panel du jour ? A cause de leur marketing. Vous aviez deviné.

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Le débat est particulièrement intéressant car la parole des créateurs sonne vrai. Il n’y a pas incompatibilité entre les business plans et la création. Sakina Msa en sait quelque chose, elle pétille d’intelligence et de vie, s’affirme comme une créatrice avant tout, sans renier l’Afrique et sans renier Paris, ville de création et d’émulation. Elle a monté en plus de ses créations une boutique de mode éthique dans le Marais à Paris avec 60 créateurs. Elle évoque son ami et ainé Lamine Xuli Bet, grand créateur mondial qui a eu du mal à dépasser un certain stade de développement. Je suis impressionné par Nefer qui a travaillé pour de grandes maisons comme Smalto avant de créer sa propre marque Nefer, il crée des costumes sur mesure pour les grands de ce monde. Le prix : autour de 5000 €. La présentatrice évoque sa surprise de voir dans ce panel l’anthropologue Brice Ahounou. « C’est un sujet clef : se vêtir » ? Brice évoque de façon vécue et percutante le phénomène de la sape qu’il a contribué à relancerr lors d’une exposition et un défilé au musée Dapper. Olivier Delahaye, cinéaste et producteur, viendra présenter rapidement son film Soleils qui passe au Lucernaire. Un film pépite qui montre une Afrique débarrassée des visions exotiques. « L’Afrique a quelque chose à vous dire », ça tombe bien.

Ce soir, j’ai enfin récupéré la navette, je vais pouvoir atteindre le métro. Dans le bus j’engage la conversation avec mon voisin, banquier de son état. Un résumé de ces trois jours passé en terre de business et de finances. J’ai l’impression de déjà connaître le film. Il m’évoque la dette de la France : « je ne vois pas comment on va s’en sortir ». Je lui explique que c’est plutôt les créanciers qui ont des soucis à se faire. En fait, le monde est dans un système de cavalerie ou tous les pays prêtent et empruntent, le Japon 250% et l’économie est en surchauffe. « Il y a trop de fonctionnaires, on vit au dessus de nos moyens ». Ben voyons, il y a trop d’infirmières, d’aides soignantes, de policiers, de juges, d’instituteurs, de professeurs, d’éducateurs de théâtres. Trop de solidarité, d’infirmes, de malades, de paumés…

Il me semble que l’argent se trouve plus chez les riches que chez les pauvres.

Et puis il évoque la phrase de François Hollande, celle qui tue : « mon ennemi, c’est la finance ». C’est vrai que pour un banquier cela fait mal, c’est son travail. Il me semble confondre investir et spéculer. « L’épargne ne rapporte plus rien ». J’essaye de dire timidement que les préoccupations ne sont pas les mêmes et sont contradictoires : l’un entasse de l’argent, l’autre a un souci de service public, de vivre ensemble, il n’a pas besoin d’argent pour lui, mais pour les autres. Un président n’est pas un chef d’entreprise. Je sens que nous ne sommes pas tout à fait d’accord . Je lui explique que j’ai acheté un appartement dont le prix a été multiplié par 6 ou 7 en quelques années et que si je ne m’en plains pas cela ne me semble pas trop normal.

« Alors là, je ne vous suis plus ». Il a pris son sac, nous étions arrivés Porte Maillot.
Il ne m’a pas dit au revoir et doit fulminer contre ces soixante huitards qui ne connaissent rien à rien, surtout pas à la finance et parlent de bonheur. Décidément, la France est dans un état lamentable, comment va t-on s’en sortir ? Tout le monde a ses soucis. Quand on est dans le cercle, on ne voit pas le rond.

Trois jours passés sur le campus d’HEC, l’état lamentable de la France ne m’a pas sauté aux yeux. On me dit que la scolarité coûte 45000 euros , et que pour un jeune Sénégalais qui voudrait faire une année de MBA, c’est 18000 euros.

Ouvrez les fenêtres, de l’air !

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* Daniel Kablan Duncan, vice-président de la Côte d’Ivoire, a écrit le préambule du livre Sustainable development and the Emergence of Africa, paru aux éditions Grandvaux, avec une préface d’Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire. Ce livre était consultable sur la table des éditions Grandvaux à Africadays et bien sûr en vente dans « toutes les bonnes libraires ».

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