ACTUALITES

Procès Bolloré contre plusieurs journalistes : l’heure de l’appel

Attaqués par Bolloré pour diffamation, notre consoeur Dominique Martin-Ferrari (JNE), nos confrères de Bastamag, le journaliste Pierre Haski ainsi que des blogueurs passent en appel aujourd’hui, 1er décembre (voir le communiqué de Bastamag ici).

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par Carine Mayo

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Un procès qui pose la question de la liberté d’informer (voir ici le communiqué que nous avions publié le 31 janvier)

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Affaire à suivre sur notre page Facebook et notre compte Twitter

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Marrakech : la Conférence des parties numéro 22

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22 de Marrakech, voici le carnet de route de l’un de nos journalistes présents sur place.

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par Bernard Desjeux

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Les JNE en voyage au Maroc avec l’AJE (dans le cadre de l’AJEC21)  à l’occasion de la COP22 de Marrakech en novembre 2016 – photo Bernard Desjeux

« Vous croyez vraiment que cela sert à quelques choses ces grands messes aux quatre coins du monde ? » D’un revers de la main, d’une phrase, sont balayées des années de luttes, d’actions, de réflexions. Faire signer à 196 pays un texte confirmant les accords de Paris engageant à améliorer le modèle de production économique, vous trouvez ça petit, vous ? Vous pensiez peut-être vous réveiller le lendemain dans un paradis, sain de corps et d’esprit, frappé d’un coup de baguette magique : l’air serait pur, les aliments sains, les eaux des océans à leur place, le réchauffement climatique une farce…

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Oui, il y eut par le passé des changements climatiques, des mers partout, des volcans en furie, mais ces changements s’effectuèrent sur des millions d’années. Depuis une centaine d’années, depuis l’ère industrielle, tout s’accélère. C’est du moins ce que disent les « carottes » de glace étudiées par les scientifiques. Si l’on veut encore pouvoir respirer, il vaudrait mieux changer d’attitude tant qu’il est encore temps. Vivre avec la nature et non contre elle. Les Chinois – dont les économistes ont célébré les « progrès » et la « croissance » – s’en rendent compte tardivement quand ils cherchent leurs masques de protection pour sortir dans des villes asphyxiées, quand ils ne voient plus le soleil qu’à travers un écran de pollution. Ils réduisent drastiquement leur production d’énergie par le charbon.

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Alors, vous allez faire quoi là-bas dans ces COP ?
Nous sommes quelques-uns, journalistes JNE et AJE réunis sous l’acronyme AJEC 21, à justement essayer de comprendre ce qui se passe, à essayer de partager ce que nous voyons, comprenons, vivons. Raconter des histoires, faire des analyses, des synthèses.

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Il y a ceux qui font de l’actu. Leur exercice n’est pas commode : bien connaître le sujet, vite démêler le vrai du faux, faire une analyse rapido. Leurs interlocuteurs sont les grands de ce monde, ceux qui décident parfois sans trop savoir autre chose que ce que les experts ont préparé, qui sont dans les rapports de force, peuvent dire l’inverse du jour au lendemain, sortir une formule choc pour attirer l’attention : les « petites phrases ». Ils croisent les attachés de presse, les autorités qui vous caressent dans le sens du poil. Cela demande d’être costauds pour rester humble devant les faits d’autant plus que son nom est dans le journal…

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Hollande et les médias à la COP 22 – photo Bernard Desjeux

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Nous avons croisé le président français défilant dans les allées entouré d’une forêt de caméras, d’appareils photo, de micros, de service d’ordre. On se demande vraiment à quoi cela sert puisqu’il ne voit rien, ne rencontre personne. Il se montre, c’est tout et ce n’est pas beaucoup. Ces journalistes-là ont le droit de pénétrer dans la zone bleue, la zone des conférences, des rencontres officielles. Cette zone à laquelle nous n’avons pu accéder, incapables de dompter ce foutu Internet qui répond qu’il y a déjà un Desjeux dans la machine ! Nos amis africains qui s’y trouvent ont la gentillesse d’en sortir pour venir nous saluer rapidement. Ils sont pressés, leur président les attend pour faire le point. Salut ! à la prochaine.

 

 

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Au ras des pâquerettes
Nous laissons, Catherine et moi, ce genre d’exercice à d’autres, bien incapables de comprendre aussi vite ce dont trente mille personnes discutent, ce que trente chefs d’Etat africains réunis à déjeuner vont se dire entre deux avions, deux conférences, deux sommets.* Nous décidons, avec quelques autres, d’aller au ras des pâquerettes, aux rencontres sur le terrain que Carine Mayo a concoctées avec Annie Lauvaux. Annie vit et travaille à Marrakech au sein de la structure Maroc Inédit qu’elle a créée.

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Pour avoir été à Marrakech il y a une trentaine d’années je peux vous dire – même si ma mémoire est un peu fatiguée – que je ne reconnais pas grand chose de cette ville ocre parsemée de palais, aujourd’hui cernée par des quartiers neufs, des avenues où les ronds-points brillent des symboles royaux. La palmeraie autrefois verdoyante est complètement déglingue, un vrai champ de ruines : abandon des cultures, pression immobilière, multiplication des forages individuels…

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Visite de la centrale solaire Noor, près de Ouarzazate, dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (JNE et AJE) à l’occasion de la COP22 de Marrakech en novembre 2016 – photo Bernard Desjeux

Alors pendant que nos petits camarades arpentent la Zone bleue et les conférences plénières, nous fonçons à Ouarzazate voir Noor, cette fameuse centrale solaire qui sera la plus grande d’Afrique, la 7e du monde. Celle qui, complétée par des parcs éoliens, permettra au Maroc de produire 52 % de l’électricité du pays avec des sources renouvelables ou plutôt « sustainable », cela fait mieux. Je n’insisterai pas sur le fait qu’avec Catherine on ne reconnaît pas non plus Ouarzazate, autrefois modeste bourgade blottie autour d’une magnifique Kasbah de terre, aujourd’hui cité moderne : larges avenues bordées de lampadaires, studios de cinéma accueillant des productions du monde entier, grands hôtels…

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La centrale est à une dizaine de kilomètres. Notre chauffeur, Abdel, nous y conduit par une belle route goudronnée traversant un paysage de cailloux, parfois blanchis par des remontées de sel, autrement dit un paysage carrément désertique.

 
À terme, 3000 hectares de cailloux seront transformés en machine électrique alimentée par le soleil. En gros, c’est une machine à vapeur : la première des quatre tranches, déjà en exploitation (160 MGW), utilise 1,750 millions de m3 d’eau par an portés à ébullition, chauffés par une huile synthétique qui circule devant les miroirs. Puis la chaleur stockée dans de grandes cuves de nitrate de potassium fait tourner les turbines. Une fois toutes les tranches terminées, après le passage dans les transformateurs, la puissance sera de 500 mégawatts. L’intérêt de cette technologie est de pouvoir stocker l’électricité pendant 3 heures et, donc, de la restituer la nuit. Consommer de l’eau en zone désertique, est-ce bien raisonnable ? Le barrage de El Mansour Eddahbi contient 400 millions de m3 d’eau. Le prélèvement est donc négligeable, mais pour le diminuer les nouvelles tranches ne consommeront pas d’eau, mais de l’air. M. Youssef Stitou, ingénieur de réalisation senior formé à Centrale Lyon, répond tranquillement à toutes les questions, sauf en ce qui concerne les financements.

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Restent les panneaux pour s’informer : la centrale est gérée par Masen, société privée de droit public, mise en œuvre par un fonds saoudien Acwa power. L’argent vient de la Banque mondiale, de l’allemand GZ, de l’Agence française de développement… L’électricité est vendue au réseau national marocain de l’ONEE. Contrairement à la production obtenue par l’éolien, il n’ y a pas d’accord pour une source dédiée particulière et le montage financier est prévu pour 25 ans. On peut discuter sur les mesures d’accompagnement, la quasi-spoliation de terres stériles achetées 1€/m2 aux collectivités locales, sur le peu d’emplois créés car il suffit de 78 personnes pour faire tourner l’ensemble (2000 pour la construction, essentiellement chinois ou espagnols).

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Je trouve cependant que faire une telle quantité d’énergie avec du soleil est une belle réussite qui ne demande qu’à faire des petits. Nous assisterons d’ailleurs dans la semaine à la signature entre le président de Masen, M. Mustapha Bakkoury, et M. Djiby Ndiaye, directeur général de l’Agence nationale des énergies renouvelables du Sénégal (ANER), pour la construction d’une centrale solaire plus petite produisant 50 mégawatts et consommant seulement 100 000 m3 d’eau par an. Elle viendra après l’établissement d’un atlas solaire et la faisabilité d’une telle industrie. Il me semble qu’à terme cela pourrait aussi permettre au Mali d’épargner, par exemple, au fleuve Niger la construction de barrages calamiteux pour son écosystème. En tous cas, c’est à voir. En tous cas un peu partout, les énergies renouvelables vont prendre le pas sur les énergies fossiles.

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Pendant ces huit jours, nous multiplions des rencontres riches et variées. Tout d’abord la découverte d’un système traditionnel de gestion de l’espace en pays berbère, l’agdal. Ayoub – un doctorant préparant sa thèse sous la direction de Geneviève Michon, ethnobotaniste à l’IRD – nous traduit la discussion avec El Houssein Bel Lahsen, un berger du Haut Atlas, face au Toubkal qui culmine à 4167 m.

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À Asni, des arboriculteurs en coopérative agricole sont accompagnés dans les bonnes pratiques d’agroécologie et de gestion par l’ONG Agrisud présente dans de nombreux pays d’Afrique. J’ai le plaisir d’y retrouver son directeur général, Yvonnick Huet, ancien volontaire du progrès dans la région de Diffa au Niger. L’après-midi, nous irons dans la célèbre palmeraie de Marrakech, aujourd’hui bien mal en point.

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Mercredi, l’architecte Denis Coquard nous reçoit à sa villa Janna (le Paradis), un magnifique espace de 2,5 hectares où il a bâti un Centre de la terre de 4 700 m2. Denis est clair, précis, lumineux comme son architecture qu’il explique avec plaisir.

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Jeudi, nous rencontrons : Béatrice Bonnaire et son projet d’écotourisme Aloé Agafay où elle pourra accueillir des hôtes en autosuffisance aux portes du désert, complété par une plantation d’aloé vera ; Guillaume Turgis, présent avec Fridome, son bus transformé en car aménagé. Il est quasi autonome avec des panneaux solaires inclinables et un système de collecte d’eau de pluie. Reste la consommation importante de carburant, mais il « booste » déjà son moteur avec de l’hydrogène obtenue par électrolyse (-30 % de gasoil), en attendant l’huile de friture ; Marie-Cécile Royal Benbiga, qui installe avec son mari des éco-bivouacs sous tentes caïdales, que ce soit dans la palmeraie de Casablanca ou en plein désert, à la demande.

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Vendredi, rencontre avec Thierry Ruf, chercheur à l’IRD et de l’université de Marrakech. Il nous permet une meilleure compréhension de la ressource en eau de la région et du fonctionnement des khettaras, ces adductions d’eau propres aux régions désertiques. Thierry a participé à la conception du Musée de l’eau de Marrakech. Malheureusement, nous ne pourrons le visiter car le roi ne l’a pas encore inauguré. On reviendra.

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Entre ces visites de terrain, nous nous rendons dans la Zone verte de la COP22, où se tient la société civile. On y trouve des voitures électriques, des vélos solaires, des agoras, des expositions – dont une terrifiante, « Mind the earth », montée par un Hollandais avec des images satellite Google Earth –, la fondation du roi du Maroc omniprésente à tous les niveaux, des banques, des vendeurs d’engrais AAA pour une agriculture raisonnée, ben voyons !, des bouteilles d’eau végétales fabriquées à partir de canne à sucre…

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Nous faisons la connaissance de Serge Stéphane Gnako, de l’AREPEC, une association de reconversion de migrants de 17 pays africains : une grande leçon d’humilité. Au-delà du brouhaha, c’est peut-être la conversation qui nous a le plus marqués. Bonne surprise sur un stand associatif collectif où se tient également Agrisud : nous retrouvons notre grand ami Manny Ansar, créateur et directeur du Festival au désert de Tombouctou. Chassé par des terroristes obtus, il a imaginé une caravane de la paix avec les grands musiciens maliens, Tinariwen, Bassekou Kouyaté, Salif Keïta… En mars, ils seront au Maroc, à Merzouga, on en reparlera. Salif, autre compagnon de route, justement, participe avec quelques autres musiciens dans l’ancien palais Badii à un concert autour de la lumière solaire en Afrique. Nous y entendons Angélique Kidjo, une vieille connaissance béninoise, Oum, entendue cet été sur l’île d’Oléron, et puis la découverte d’Akon. J’ai l’impression que nous sommes les seuls parmi les 3000 spectateurs à ne pas le connaître : fantastique show dans le prolongement des Blacks américains des années 60.
En tous cas, nous ne sommes pas les derniers à chanter avec tous le refrain : freedom, freedom… Cela fait cinquante ans que cela dure.

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* Pour voir l’étendue d’une partie du sujet, on peut se référer au livre : Développement durable et émergence de l’Afrique, aux éditions Grandvaux/PNUD pour la COP21 de Paris (800 pages).

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L’agdal, mode de gestion traditionnel des ressources naturelles par les communautés berbères

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22, rencontre autour de l’agdal, mode de gestion traditionnel des ressources naturelles par les communautés berbères.

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par Myriam Goldminc

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Geneviève Michon de l’IRD, 2e en partant de la gauche, avec des journalistes des JNE. Au centre de la photo, un berger berbère – photo Myriam Goldminc

 

Spécialiste des savoirs locaux et de la domestication de la forêt, Geneviève Michon est directrice de recherche à l’Institut de Recherche sur le Développement (IRD).

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Elle nous explique en quoi consiste l’agdal, un système de gestion communautaire des forêts et des pâturages mis en place par les paysans berbères pour assurer un accès partagé aux ressources naturelles.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter notre entretien audio avec Geneviève Michon.

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La réhabilitation écologique de la palmeraie de Marrakech

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22, rencontre autour de la réhabilitation de la palmeraie de Marrakech.

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par Myriam Goldminc

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Elphège Ghestem-Zahir (Agrisud International) présente la réhabilitation de la palmeraie de Marrakech – photo Myriam Goldminc

Directrice adjointe des opérations au sein de l’ONG Agrisud International, Elphège Ghestem-Zahir nous présente la réhabilitation de la palmeraie de Marrakech et l’accompagnement des agriculteurs dans la mise en place de pratiques agro-écologiques.
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Cliquez  sur le lien ci-dessous pour écouter notre entretien avec Elphège Ghestem-Zahir.

 

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Un bus écologique dans les montagnes marocaines

Dans le cadre du voyage au Maroc de l’AJEC21 (regroupant les JNE et l‘AJE) pour la COP22 de Marrakech, une encontre insolite avec un homme, Guillaume Turgis, qui, au coeur de l’Atlas marocain, a transformé un bus en habitation nomade écologique.

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par Myriam Goldminc

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Guillaume Turgis et son bus écologique dans l’Atlas marocain – photo Carine Mayo

Cliquez sur les liens ci-dessous pour écouter l’entretien avec Guillaume Turgis.

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Si vous n’arrivez pas à ouvrir le fichier audio ci-dessus, vous pouvez télécharger le logiciel gratuit VLC qui lit la plupart des vidéos et des sons. En cas de difficulté, vous pouvez enregistrer le fichier sur votre ordinateur en double-cliquant sur le lien, ouvrir le logiciel, puis ouvrir le fichier à l’aide de celui-ci.
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Avec ou sans Trump, les dynamiques locales se poursuivent

 


par Carine Mayo, présidente des JNE.
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Les Etats-Unis dénonceront-ils l’accord de Paris sur le climat ? La question est sur toutes les lèvres ici à la COP22 de Marrakech, depuis l’élection de Donald Trump, farouchement climato-sceptique, à la présidence américaine.

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Au début, les négociateurs ont tenté de se rassurer en disant que les Etats-Unis, liés par la signature de l’accord de Paris, ne pourraient se désengager avant 2020, date correspondant à la fin de son mandat. Mais il suffirait qu’ils se retirent de la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique (CCNUCC) et tout pourrait aller beaucoup plus vite.

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Que fera alors la Chine, l’autre grand pays responsable des émissions de gaz à effet de serre ? Dénoncera-t-elle à son tour l’accord de Paris ou prendra-t-elle le leadership sur le plan des énergies renouvelables pendant que les Etat-Unis développeront les gaz de schiste et feront des forages pour trouver du pétrole dans l’Arctique ? Beaucoup d’experts estiment que la Chine, qui a réussi à faire chuter le coût des panneaux photovoltaïques de manière importante et est en train de devenir leader dans le domaine des énergies renouvelables, ne va pas s’arrêter sur sa lancée.

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En attendant, les chefs d’Etat qui se sont succédé à la tribune de la COP22, mardi 15 novembre, ont essayé de faire bonne figure. François Hollande a invité les Etats-Unis à « respecter l’accord de Paris », « irréversible en droit (…) et dans les consciences ». Dans les coulisses, les négociateurs s’appliquent à définir les règles du jeu de la mise en œuvre de l’accord de Paris : comment comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre ? Comment s’assurer que chaque pays respectera ses engagements ? C’est le cœur de cet accord, qui n’est pas contraignant et est basé sur la transparence et l’exemplarité.

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L’exemplarité, c’est justement ce que le Maroc a voulu mettre en avant, en affichant une politique ambitieuse en matière d’énergies renouvelables. Ainsi, cet Etat s’est engagé à ce que 42 % de son électricité provienne des énergies renouvelables à l’horizon 2020, avec 14 % d’énergie solaire, 14 % d’énergie éolienne et 14 % d’énergie hydroélectrique. Le royaume arbore fièrement sa centrale solaire Noor, une centrale dite « thermodynamique » qui utilise des panneaux solaires pour concentrer les rayons du soleil et chauffer un fluide qui fait tourner des turbines à vapeur et produit de l’électricité. Une technique qui permet de stocker de l’électricité trois heures après le coucher du soleil.

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Si, pour le moment, c’est le choix d’une énergie centralisée qui a été fait, dans les campagnes, les habitants rêvent de pouvoir s’acheter des pompes solaires pour pouvoir remonter l’eau des puits et irriguer leurs cultures. Les sécheresses prolongées et les pluies intenses créant de l’érosion, font qu’il est de plus en plus difficile de cultiver. Mais les communautés locales ne manquent pas d’idées pour améliorer leur résilience et développer les circuits courts, comme dans le village d’Asni qui a créé une coopérative et pratique désormais l’agroécologie dans ses vergers grâce à l’aide de l’ONG Agrisud. Cette association a aussi mis en place un programme de restauration de la palmeraie de Marrakech en diversifiant les cultures et accompagnant cinquante familles dans cette évolution.

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Les femmes ne sont pas en reste. Ainsi, Souhad Azennoud, lauréate du prix Terre de Femmes 2016 de la fondation Yves Rocher, a créé trois coopératives agricoles pour promouvoir l’apiculture, le petit épeautre et l’huile d’olive et replante des arbres pour stocker du carbone et limiter l’érosion. En la rencontrant, on se dit que si tous les citoyens de la base jusqu’au sommet de l’Etat, développaient la même énergie à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, on pourrait espérer contenir le changement climatique.

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Niger et Loire, fleuves de vie

Catherine et Bernard Desjeux (JNE) se sont pris de passions pour des fleuves et les régions qu’ils traversent. Le Niger et la Loire sont aucun doute ceux qu’ils fréquentent depuis le plus longtemps. Ils exposent une série de diptyques qui montrent que la vie le long des deux fleuves est finalement souvent identiques. Une bien belle expo.

par Danièle Boone

 

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Un pêcheur au Bec d’Allier (Cher) et un pêcheur sur le Niger © Catherine et Bernard Desjeux

Catherine et Bernard Desjeux sont des inconditionnels du fleuve Niger et de la Loire, alors il semble tout à fait logique qu’un jour leur soit venue l’idée de confronter des scènes de vie de l’un et de l’autre car les hommes de fleuves se ressemblent tous, les bateaux à fond plats et à voiles, aussi. Parfois ils s’éloignent de la rive pour confronter des monuments. Le château de Chambord en face à face avec la mosquée de Djenné. A première vue, c’est osé et pourtant c’est la même architecture imposante d’un pouvoir, qu’il soit royal ou religieux. Côté flore, les habitants des fleuves se trouvent confrontés aux mêmes problèmes des plantes invasives, la jussie chez nous, la salade d’eau là-bas. Lorsque les photographes s’intéressent à la faune, la correspondance est encore plus flagrante quand il s’agit de la même aigrette, l’une est en terre de nidification, l’autre d’hivernage !

 

Centre céramique contemporaine de La Borne à Henrichemont (Cher), jusqu’au 24 novembre.

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Notre terre : une journée d’échange de la France au Mali et du Mali à la France

Notre terre est une. Et l’agriculture connaît les mêmes problèmes, les mêmes dérives dans les pays du sud et dans ceux du Nord. Cette journée d’échanges organisée par le Comité d’Aide à Sangha se déroulera le samedi 19 novembre à Rambouillet.

notre-terreIl y a beaucoup de questions communes aux agriculteurs maliens et français : qualité des semences, main mise du secteur agro-alimentaire par les industriels, recul des terres agricoles par l’avancée du désert, l’étalement urbain ou l’accaparement. Ce que l’on croyait hier réservé au pays du sud est en train de devenir également un réalité en Europe.

Comment y remédier, que faire en pratique, voilà quelques-unes des questions qui ne manqueront pas d’être posées avec, sans aucun doute, des esquisses de solutions qui ne demanderaient qu’à être expérimentées à grande échelle.

Après la présentation des associations qui œuvrent au Mali, Nadine Wanono, présidente de l’association Comité d’aide à Sangha, présentera l’évolution de la société Dogon et les enjeux économiques et sociétaux auxquels cette population est actuellement confrontée.

Ensuite, deux documentaires,  Les gardiens des semences (réalisation F.Delonnay, Pérou, 2012 – production Kokopelli, 30 minutes) et Et maintenant nos terres (film de Benjamin Polle et Julien Le Net, Afrique de l’Ouest, 2015, une autoproduction, 30 min) précéderont les tables-rondes.

La première, animée par Françoise Vernet, fondatrice de la Fondation Pierre Rabhi et Présidente de Terre et Humanisme, sera consacrée aux problèmes des semences. Les participants : Ibrahima Coulibaly, président de l’organisation malienne Coordination Nationale des Organisations Paysannes, Gilles Domenech, auteur de Jardiner sur sol vivant et Fabien Perrot, directeur d’exploitation à la Bergerie Nationale.

La seconde, animée par Danièle Boone (JNE), sera consacrée à la disparition des terres agricoles. Les participants : Sophie Chapelle (JNE), Amadou Sidibe, directeur général de Sidibe Agro Techniques et Rick Vandererven du ministère de l’Agriculture, sous-direction Performance environnementale et valorisation des territoires.

Après une entracte autour d’un plat malien, place à la musique avec Djeli Moussa Condé, griot urbain aux allures de rocker.

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Samedi 19 novembre à partir de 14 h 30
« La lanterne », pôle culturel de Rambouillet

Programme

Plus d’infos : www.sanghapaysdogon.fr

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Hommage à Bella Belbéoch, noble figure de la lutte antinucléaire

Les JNE saluent la mémoire de Bella Belbéoch, pionnière de l’information indépendante sur l’énergie nucléaire, décédée le 24 septembre dernier.

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par Laurent Samuel

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Bella Belbéoch, pionnière de la lutte antinucléaire

Avec son mari Roger, mort fin 2011, Bella Belbéoch avait été pendant une trentaine d’années l’un des piliers du GSIEN (Groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire). Après avoir quitté cette ONG en 2004, Bella et Roger, tous deux physiciens nucléaires, avaient continué inlassablement à diffuser les informations sur l’atome dit « pacifique », en particulier sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl.

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Comme le rappelle Jean-Claude Zerbib, autre « vétéran » des combats contre le nucléaire, dans un beau texte mis en ligne sur le site de Reporterre, Bella Belbéoch fut l’une de toutes premières, dès le 1er mai 1986 dans les colonnes du magazine Ecologie de Jean-Luc Burgunder, à tirer la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la catastrophe de Tchernobyl.

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Ces dernières années, Roger et Bella Belbéoch avaient beaucoup travaillé sur les malfaçons des cuves et générateurs de vapeur des réacteurs nucléaires français. Leur lutte contre le mur du silence qui a longtemps régné sur ce sujet a contribué à ce que cette question soit aujourd’hui enfin débattue sur la place publique.

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Passionnée, parfois intransigeante, Bella Belbéoch était un personnage hors du commun. Même si la plupart d’entre eux ne l’ont pas connue, tous les journalistes qui nous informent aujourd’hui (avec une liberté impensable il y a 40 ans) sur les impasses du nucléaire lui doivent doivent une fière chandelle !

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Avec retard, les JNE adressent leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

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14 novembre 2016 : lancement du Parti animaliste en France

La présentation officielle s’est déroulée à Paris, en compagnie des sept fondatrices et fondateurs, et de représentants de partis animalistes d’autres pays. Celui des Pays-Bas a été créé il y a 10 ans, celui d’Espagne est très puissant. Il ne restait que la France, toujours à la traîne.

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par Marc Giraud

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parti-animalisteIl existe près d’une vingtaine de mouvements animalistes dans le monde, du Canada à l’Australie. Ces mouvements sont portés par une forte volonté publique, très majoritairement sensible à la condition animale, et se développent vite, car ils sont les seuls à répondre à cette demande sociale. Celui des Pays-Bas a été créé à cause du vide sidéral sur ces questions chez les politiques, y compris chez les écologistes. Malgré les succès du parti néerlandais, les écologistes restent d’ailleurs toujours en retard sur ces questions.

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Créé en mars 2016 et lancé le 11 novembre, ce jeune Parti animaliste est en cours de développement. Il ne se positionnera que sur les problèmes liés à la cause animale, et sera partenaire de tous les partis politiques qui correspondent à ses valeurs universelles. Il s’agit de rendre visible la question animale généralement marginalisée, et d’amener les décideurs à prendre en compte ces attentes des électeurs. Le parti français rejoint une dynamique internationale connue chez nous des seuls spécialistes, dont les différents partis se réunissent tous les ans.

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Parmi les mesures phares proposées, la création d’un ministère de la Protection animale, l’instauration d’un droit de visite inopinée dans les abattoirs, l’abolition de la corrida, du gavage, du piégeage et de la chasse de loisir, la facilitation d’admission des animaux de compagnie dans les EHPAD et autres centres d’aide, l’interdiction des mutilations pratiquées en élevage, etc. Il y a encore du boulot…

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Se préoccuper de la cause animale ne sous-entend pas délaisser les humains en détresse, et beaucoup de partis animalistes l’indiquent dans leur appellation. Un visage humain figure d’ailleurs en bonne place sur le logo du parti français. Et si vous regardez bien, il y a aussi un chat…

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Contact bureau@parti-animaliste.fr

Site www.parti-animaliste.fr
Pour plus d’infos, dossier de presse à télécharger www.parti-animaliste.fr/ressources-presse

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AJEC21 - association des journalistes-écrivains pour le climat au 21ème siècle

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Pour tout savoir sur les négociations climatiques, rendez-vous sur le site de l'AJEC21