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A Capbreton, Patrick Lafargue a toujours la pêche !

Au cours de la journée capbretonaise du voyage JNE/AJE/AJEC 21 en Aquitaine, le 8 avril dernier, nos journalistes ont rencontré un personnage haut en couleurs : Patrick Lafargue.

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par Dominique Martin-Ferrari

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Figure historique des marins de Capbreton, Patrick Lafargue est aujourd’hui patron du CRPEM (Comité régional des pêches maritimes) d’Aquitaine @ Laurent Samuel

Patron du CRPEM (Comité régional des pêches maritimes), comme un vieux pirate, Patrick Lafargue affiche ses chaînes et boucles d’oreilles d’or, fier de la réussite de sa famille. Aujourd’hui, il entame une deuxième vie (ou une énième). Après trente ans de bons services en tant que marin pêcheur, il a délaissé la mer pour en défendre ses hommes et leurs intérêts à Bruxelles. Capbreton compte 19 bateaux de pêche qui sont comme tous soumis aux problèmes liés à la pêche industrielle, au respect des quotas, à la gestion la plus durable du métier.

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Quand il n’est pas à Bruxelles, Patrick Lafargue accueille volontiers les chercheurs à bord de son bateau pour explorer le gouf, ou bien il aide sa femme à la tête d’une des plus grosses AMAP/poissons de France. Ils ont été pionniers dans cette activité et distribuent environ 450 paniers par semaine. « Jusqu’à 800 quand il faut rattraper les semaines de mauvais temps et uniquement avec du poisson qui vient d’ici. »

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Il suit avec attention le plan pibale (civelle) qui semble s’améliorer. Rappelons nous : dans les années 90, les civelles étaient en voie de disparition. Avec le magazine Gaia, nous avions suivi les efforts de lutte contre cet intense braconnage alimentés par les marchés chinois (voir le film réalisé en 1998 : http://gaia.mediapeps.org/production_nv/film.php?formatique=documentaires26&thematique=mer&numero=23)

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Patrick Lafargue porte une bonne nouvelle : la civelle revient. Des bassins de repeuplement ont été construits dans des endroits naturels sans prédateur. Le programme va être prolongé jusqu’en 2020. Cette année encore, 5 à 10 % des civelles pêchées serviront aux opérations de repeuplement des bassins français pour permettre la reconstitution des populations d’anguilles. 2 millions d’euros seront, de nouveau, consacrés aux opérations d’alevinage.

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Tous nos remerciements à la mairie de Capbreton pour son accueil et à Hugo Verlomme (JNE) pour la préparation et l’organisation de cette rencontre.

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La version intégrale de cet article est parue dans le N° 33 de la lettre Options Futurs, à télécharger ici.

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Comment Capbreton agit contre l’érosion de son trait de côte

Dans le cadre du voyage AJEC 21/JNE/AJE en Aquitaine, nous nous sommes penchés sur l’action de la ville de Capbreton (Landes), contre l’érosion du trait de côte.

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par Dominique Martin Ferrari

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Chaque année, avant l’arrivée des vacanciers, Capbreton reconstruit sa plage grâce à un « by pass ». Ce système de transfert hydraulique charrie du sable prélevé sur la plage voisine d’Hossegor à travers l’embouchure du chenal du Boucarot – photo @ Laurent Samuel

Les rencontres scientifiques du 8 avril 2016 à Capbreton marquaient le lancement d’une plus grande coopération entre citoyens et chercheurs. Les uns et les autres ont besoin de confronter leurs observations. Les organisateurs voulaient mettre la science participative au service de l’observation des impacts géo-climatiques : les dunes bougent, les courants se modifient, les espèces migrent, d’autres apparaissent, il est nécessaire de travailler ensemble à l’échelle locale.

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La mairie de Capbreton est particulièrement active sur le sujet et la gestion des caprices littoraux lui coûte cher. L’adjoint à l’environnement Jean-Marie Marco suit depuis des années les retours de bâton de certaines décisions ce qui le conduit à la prudence et à l’écoute de tous les avis d’experts, souvent contradictoires. Il a vécu les étapes des coups de boutoirs marins. En 1974, la digue Nord du Port de Capbreton, a été reconstruite pour sécuriser le chenal. Elle va alors jouer un rôle d’épi, réorientant le transit du littoral. Hossegor, plus au nord, s’engraisse tandis que Capbreton s’érode.

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Depuis 2003, chaque année, avant l’arrivée des vacanciers, Capbreton reconstruit sa plage grâce à un « by pass», un système de transfert hydraulique qui pompe le sable sur la plage d’Hossegor et le rejette sous l’embouchure du chenal de Boucanot. Un remède pour la plage , qui n’évite pas le creusement et le recul de la dune un peu plus loin. Elle menace d’ensevelir tout un lotissement. Les élus sont donc en plein exercice de gestion d’adaptation concernant les choix qu’ils vont devoir faire avec l’aggravation de l’élévation du niveau de la mer.

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Tous nos remerciements à la mairie de Capbreton pour son accueil.

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La version intégrale de cet article est parue dans le N° 33 de la lettre Options Futurs, à télécharger ici.

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Sur le même sujet, vous pouvez écouter l’interview de Jean-Marie Marco en cliquant ici.

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Aux rencontres scientifiques de Capbreton, pleins feux sur le liga

Dans le cadre du voyage AJEC 21/JNE/AJE en Aquitaine, nous avons participé le 8 avril dernier aux Rencontres scientifiques du littoral sud-aquitain, qui se déroulaient au Casino municipal de Capbreton (Landes). L’occasion entre autres de se familiariser avec les mystères du liga.

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par Dominique Martin-Ferrari

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Affiche_Rencontres_mira_8_avril-fill-400x532Nicolas Susperregui, de l’Institut des Milieux Aquatiques (AMI), s’inquiète de la neige marine qui s’installe de mars à novembre, dans les eaux de la côte aquitaine et que les professionnels dénomment le « liga ». C’est une matière gluante et brunâtre, qui provoque un mucilage que les pêcheurs remontent dans leurs filets ou qui forme une gangue sur les palangres, quand il ne prend pas au piège les espèces vivantes.

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Ce phénomène inquiétant augmente avec le réchauffement climatique, en Tasmanie, au Mexique, au Japon. En Adriatique, il coule et tapisse le fond. On ne connaît pas encore exactement l’origine de ce fléau : bactérie, micro-algue, champignons, organismes planctoniques ? … On trouve un peu de tout dans les échantillons. Sur la côte basque, les chercheurs d’Ifremer penchent pour des résidus contenus dans le panache estuarien de l’Adour.

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Pour en savoir sur le liga, cliquez ici.

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Tous nos remerciements à la mairie de Capbreton et aux scientifiques pour leur accueil.

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La version intégrale de cet article est parue dans le N° 33 de la lettre Options Futurs, à télécharger ici.

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Voyage JNE/AJE/AJEC 21 : les effets du réchauffement en Aquitaine

A l’occasion des Rencontres scientifiques sur le littoral sud-aquitain du 8 avril dernier, un événement incontournable à Capbreton, un voyage de presse AJE/JNE/AJEC 21 nous a permis de faire le point des impacts climatiques sur le littoral aquitain.

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par Dominique Martin Ferrari

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Affiche_Rencontres_mira_8_avril-fill-400x532Visite de Lacanau, Hossegor, Capbreton et rencontre à Bordeaux des chercheurs qui, entre recherche fondamentale et terrain, sondent les capacités d’adaptation, l’évolution des écosystèmes et les technologies du futur.

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A n’en pas douter, la région Aquitaine, désormais mariée à Charente Poitou, s’implique à relever le défi climatique.

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Vous pouvez lire la suite de ce dossier spécial Aquitaine dans la lettre Options Futurs n° 33, à télécharger en cliquant ici (lien direct vers le PDF du dossier).

 

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Affaire Bolloré/Basta/Options Futurs

Après un procès de trois ans qui a coûté beaucoup d’argent en frais d’avocat aux accusés, l’avocat de la SA Bolloré a réclamé un euro de dommages et intérêts aux parties, mais n’a pas eu gain de cause.

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par Dominique Martin Ferrari *

logo-odi-petit-300x83La diffamation n’a pas été retenue par la 7e chambre du TGI de Paris. Accusés de diffamation pour un papier sur l’accaparement des terres, le journal Bastamag, repris par le site Rue 89, la revue de presse Options Futurs+20 Scoop it, et deux blogueurs auront souffert de ce que l’Office de la déontologie de l’information nomme des procès « abusifs » qui veulent intimider la presse et toucher son point faible : le portefeuille.

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Tout a commencé le 10 octobre 2012, le site Bastamag publie un papier sur l’accaparement des terres. Le papier dénonce les pratiques des multinationales, des fonds spéculatif, des groupes français de l’agroalimentaire, aidés par les institutions financières internationales et les gouvernements locaux.

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Cette enquête va être reprise par plusieurs sites soit par le biais de liens hypertextes, soit par reproduction pure et simple de son contenu et le 16 octobre 2012, la SA Bolloré dépose plainte avec constitution de partie civile, estimant ce papier diffamatoire.

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Le 11 février 2016, nous étions tous entendus au TGI de Paris, 7e chambre (presse). De remarquables témoins se sont succédés à la barre, démontrant argument par argument les faits relatés par le papier.

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Outre le fond, la forme : Options Futurs a voulu engager une bataille sur le droit au relais par hypertexte. Notre argumentaire : à partir du moment où un papier est signé d’un auteur, publié par un titre reconnu par le droit de la presse, nous n’avons qu’un rôle de passeur et d’informateur et avons donc défendu ce qui est le fondement de la nouvelle information de réseaux.

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Corinne Lepage qui nous défendait a plaidé : « Madame la Présidente, il faudra bien un jour ou l’autre trancher sur le statut des liens hypertextes, sinon nous allons vers un engorgement massif à prévoir des tribunaux », argumentant « que le fait de procéder au renvoi par lien hypertexte à un article incriminé ou à sa reprise, à l’impossibilité d’assimiler une telle pratique à sa reprise, à l’impossibilité d’assimiler une telle pratique à une nouvelle publication ».
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Il sera intéressant au vu du rendu final du jugement de voir le travail du tribunal argument par argument. Ce que nous savons aujourd’hui, c’est que la diffamation n’ayant pas été retenue contre Basta, notre relaxe a également été prononcé,e mais sans avoir pu obtenir les dommages et intérêts demandés (afin de couvrir les frais d’avocat) car il n’y aurait pas eu d’abus de constitution de partie civile à notre encontre : « ni témérité, ni mauvaise foi dans son acte d’accusation, face à la complexité et à l’incertitude du régime de responsabilité des personnes qui usent d’un lien hypertexte ».
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Concernant les relais de liens hypertextes, la zone d’ombre persiste avec un règlement au cas par cas. Je reste donc redevable de mes 8000 euros de frais d’avocat.

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Dernière minute : Bolloré vient de faire appel (lire ici l’article de Bastamag).

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Je tenais à remercier personnellement tous ceux et toutes celles qui m’ont spontanément aidé.
Tous les amis qui par courrier m’ont soutenue et aidée
Tous les participants au pot commun lancé par l’association de journalistes JNE
Ceux qui m’ont conseillée, en particulier JL Martin Lagardette, l’ODI, Christel Leca
Des membres présents à l’AG de l’AJE.

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Grâce à vous tous, j’ai rassemblé environ 1000 euros sur 8000 et je dois encore 2000 euros à Corinne Lepage.
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Vous pouvez continuer à m’aider soit à titre personnel (courrier au 25 bd Louis Blanc, 34000 Montpellier), soit en vous abonnant à Options futurs qui pourra ainsi payer ses collaborateurs (courrier au 16 rue St Marc, 75002 Paris).

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* Journaliste carte de presse 50 989. Cet article a été publié dans le N° 33 de la lettre Options Futurs, que vous pouvez télécharger en cliquant ici.

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EDF veut faire taire le « Journal de l’énergie » au nom du « droit de propriété intellectuelle »

Grave dilemme pour EDF : comment faire taire le Journal de l’énergie, le site internet qui a révélé le mois dernier les déficiences des moyens de secours des centrales nucléaires ?

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par Yves Leers

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logo-journal-energiePas possible de nier les faits car l’enquête se basait sur des documents internes établissant que plusieurs de ces diesels de secours étaient dans un état « inacceptable », « dégradé » ou encore « à surveiller ». Ne pouvant poursuivre la publication pour divulgation de fausses nouvelles – et pour cause – EDF a mis en demeure le Journal de l’énergie de « retirer immédiatement » de son site les rapports internes à EDF sur la fiabilité des diesels de secours des réacteurs en arguant du « droit de propriété intellectuelle ». EDF a aussi demandé au Journal de l’énergie de cesser « de divulguer, reproduire et diffuser ces notes techniques auprès de quiconque ».

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On croyait avoir tout vu en matière de censure mais là, EDF innove et ouvre un champ de réflexion sur le droit à l’information : le droit de propriété intellectuelle pourrait être invoqué dès qu’on relate les moindres propos tenus, par exemple, en conseil des ministres. Mais surtout, comment des documents internes factuels – remis par un lanceur d’alerte – pourraient-ils relever de la propriété intellectuelle de leurs auteurs ou d’une entreprise ?

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Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’EDF n’a pas apprécié qu’on mette sur la place publique des éléments inquiétants sur la sûreté des réacteurs car ces « moyens de secours » (deux énormes groupes électrogènes à moteur diesel par réacteur) sont la dernière parade pour éviter le pire si un évènement rend indisponible les sources d’alimentation électrique externe. C’est ce qui s’est passé à Fukushima.

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On aurait pu rêver que, face à la révélation d’une telle situation, EDF mette cartes sur table et explique comment il allait remettre de l’ordre dans des moyens de secours aussi essentiels. Mais la culture du secret dans le nucléaire l’emporte toujours sur l’intérêt public …

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Pour le Journal de l’énergie, « les menaces d’EDF constituent clairement une atteinte à la liberté d’informer et démontrent la volonté de maintenir l’opacité autour de l’état réel des moyens de secours des réacteurs, ce qui met en évidence un affaiblissement de la sûreté du parc nucléaire français ».

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En attendant, le Réseau Sortir du nucléaire a décidé de mettre en ligne sur son site web l’intégralité des « documents confidentiels » d’EDF, en soutien au Journal de l’Énergie.

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Pour nous, cette nouvelle tentative d’intimidation est une affaire à suivre.

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4e Conférence environnementale : l’AJE et les JNE expriment leur vif mécontentement concernant les modalités d’accréditation et appellent à l’ouverture des débats à la presse

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AJE


4e Conférence environnementale



L’AJE et les JNE expriment leur vif mécontentement concernant les modalités d’accréditation 
et appellent à l’ouverture des débats à la presse

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L’AJE, Association des journalistes de l’environnement, et les JNE, Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie, s’étonnent des conditions draconiennes imposées cette année pour obtenir l’accréditation à la 4e Conférence environnementale qui va se tenir les 25 et 26 avril 2016 à Paris. Ces conditions semblent viser à éloigner de plus en plus les journalistes du cœur des débats et les pénalisent dans l’exercice de leur profession.Même si les conférences environnementales ont toujours comporté des tables rondes fermées, les plénières des deux premières années (qui se déroulaient au CESE et non à l’Elysée) étaient ouvertes à tous.

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L’an passé, lors de cette conférence organisée au Centre de conférences de Paris, la presse a été maintenue dans une petite salle aveugle, sans possibilité de participer aux débats.

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Cette année, les journalistes n’ont disposé que de quelques heures pour s’accréditer sur deux sites distincts, sachant que certains étaient à New York pour couvrir la signature de l’Accord de Paris.

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Après avoir été repoussée plusieurs fois, cette conférence va finalement se tenir à huis clos alors que la lutte contre le changement climatique mérite un large débat, que 175 pays viennent de signer l’Accord de Paris, que le recours aux pesticides est au cœur de l’actualité et que les leçons de la catastrophe de Fukushima ne semblent pas avoir été tirées.

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L’AJE et les JNE demandent officiellement l’ouverture à la presse des débats de la 4e conférence environnementale.

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A propos :
L’association des JNE regroupe les journalistes et auteurs, quel que soit leur moyen d’expression, qui contribuent à l’amélioration et à la diffusion des connaissances concernant l’environnement en général, et en particulier : le maintien des équilibres naturels, la diversité des espèces animales et végétales, l’atteinte aux ressources de la planète, les luttes contre les pollutions et les recherches en écologie.

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L’AJE, Association des Journalistes de l’Environnement, créée en 1994, a pour mission de renforcer la compétence professionnelle de ses membres, de participer à l’amélioration de l’information qu’ils diffusent, et d’organiser de nombreuses rencontres avec des experts dans de nombreux domaines : climat (COP), biodiversité, transition énergétique, déchets, énergies renouvelables, agriculture durable…

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Contact AJE
Esther Amar – Présidente
ajeasso@free.fr
www.aje-environnement.com

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Contact JNE
Carine Mayo – Présidente
asso.jne@free.fr
www.JNE-asso.org

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Coopération algéro-française : la part de l’environnement

Dans la liste des accords qui ont été signés le dimanche 10 avril 2016, à Alger, lors la 3e session du comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) algéro-français, figure la déclaration d'intention entre le ministre des Ressources en eau et de l'environnement, Abdelouahab Nouri, et la secrétaire d'Etat française auprès de la ministre de l’Environnement, de l’Energie et de l’Eau, chargée de la Biodiversité, Barbara Pompili.

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par M’hamed Rebah

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MRESelon un communiqué algérien du ministère des Ressources en eau et de l'environnement, cité par l’APS (Algérie Presse Service), il s'agit de « renforcer les capacités institutionnelles et humaines des administrations et des établissements publics des deux pays, concourant à la protection de l'environnement et au développement durable ».

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Ce document de coopération bilatérale a été signé à l'issue d'une audience entre le ministre algérien et la secrétaire d'Etat française qui accompagnait le Premier ministre Manuel Valls dans sa visite de deux jours à Alger. La même source précise que « la déclaration d'intention tend en outre à développer des politiques de protection de l'environnement de préservation et de valorisation de la diversité biologique, renforcer la préservation des zones côtières et développer les capacités de prévention et de lutte contre les pollutions industrielles ». Elle porte également sur « le renforcement des capacités de gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés et le soutien des capacités de surveillance de veille et d'alerte environnementale ».

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La coopération algéro-française dans le domaine de l’environnement est déjà ancienne. En 2013, l’aire marine protégée des îles Habibas, près d’Oran, administrée par le Commissariat national du littoral, a bénéficié de l’appui financier français pour la rédaction d’une charte de la pêche durable et d’un guide de bonnes pratiques permettant d’associer les professionnels de la pêche à la gestion de la réserve naturelle.

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Par ailleurs, l’Algérie est inscrite dans le Programme de petites initiatives dédié à la société civile en Afrique du Nord (PPI-OSCAN) financé par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), qui a débuté ses activités en juin 2014. Ce programme se consacre à « renforcer la capacité technique, administrative et financière des organisations de la société civile pour qu’elles soient en mesure de développer à court terme des initiatives concrètes de terrain et qu’elles soient à même, à plus long terme, de contribuer à la mise en œuvre de stratégies et de plans d’actions nationaux de conservation et de valorisation de la biodiversité, de gestion durable des ressources naturelles et d’atténuation des effets négatifs du changement climatique ».

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Plus important sans doute, un programme de coopération entre l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) dans le domaine de la maîtrise de l’énergie, couvre la période 2015-2017. Il concerne le renforcement de capacités des cadres de l’APRUE; la mise en place d’un programme de formation d’animation dans le domaine de la maîtrise de l’énergie; le renforcement de l’activité de l’observatoire de l’efficacité énergétique; la poursuite des actions de formation d’auditeurs énergétiques dans le bâtiment.

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Enfin, il est à noter que les projets liés aux thèmes de la protection de l’environnement et du développement durable (lutte contre le réchauffement climatique, énergies renouvelables, protection du milieu marin et du littoral, risques naturels, etc.) ont été prioritaires dans le premier appel à projets dans les domaines de la coopération universitaire et de la recherche pour l’année 2016, lancé par l’Institut français en Algérie.

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Cet article a été publié dans le quotidien algérois Reporters le mardi 12 avril 2016.

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Nuit Debout, l’espoir d’un monde meilleur

 


par Sophie Chapelle

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Nuit Debout. Un mouvement qui n’appartient à personne, mais qui concentre l’espoir d’un monde meilleur. Depuis le 31 mars 2016, la place de la République, au cœur de Paris, ne désemplit pas. Là où, ces derniers mois, seuls les rassemblements en mémoire des victimes des attentats de janvier et novembre 2015 étaient tolérés. Que ses participants soient là pour exprimer un ras le bol, une angoisse, une envie de se relever, une lutte collective ou le désir de changer de système, Nuit Debout est un espace de libération de la parole. Y compris pour celles et ceux qui en ont trop longtemps été privés.

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Ce mouvement n’a rien de spontané. Mais le terreau était fertile à la mobilisation. Dans le prolongement des manifestations contre le projet de Loi Travail, l’équipe de Fakir, productrice du film Merci patron !, organise une soirée à Paris le 23 février intitulée Leur faire peur. Un objectif : réunir salariés, chômeurs, précaires, intermittents, occupants des zones à défendre contre le gaspillage de l’argent public ou pour la préservation de l’environnement. Leur cible commune : l’oligarchie financière et politique. Et une première décision collective : « le 31 mars, on ne rentrera pas chez nous ! »

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La suite, c’est un mouvement qui essaime dans d’autres places publiques en France, et même au-delà des frontières. Au sein de commissions créées à l’initiative des participants, on débat d’éducation, de crise agricole, d’écologie, d’actions, de sciences, de grève générale, de Constitution…. Les assemblées générales qui se tiennent chaque soir à partir de 18 heures sont des moments clés, où s’enchaînent les tours de parole – 2 minutes maximum pour chaque orateur. Chacun y va de son coup de gueule, témoignant d’un besoin de parler, d’échanger, de se réapproprier l’espace public.

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Ce mouvement dépasse même ses initiateurs. Nuit Debout se veut horizontal, sans parti, sans leader, sans étiquette. La défiance vis-à-vis des organisations collectives – syndicats, partis politiques ou associations – est très présente. Ce qui n’est pas sans interroger : « comment concilier l’horizontalité des discussions et l’efficacité politique ? », tente ainsi de questionner la commission Convergence des Luttes. Avec quelles propositions concrètes, quelles priorités, quel plan de bataille ? Pour l’heure, pas de réponse claire et partagée, si ce n’est le besoin de laisser du temps au mouvement.

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Les actions concrètes en une multitude de lieux pour faire dérailler le cours normal des choses, c’est l’une des voies empruntées par des participants de Nuit Debout. Des appels à occuper les banques, le Medef ou les multinationales font leur chemin. Car la puissance du nombre, c’est aussi ce qui fait la singularité de Nuit Debout. Une puissance qui peut contribuer à faire basculer le rapport de forces, tant sur les paradis fiscaux – qui confisquent l’argent nécessaire à une réelle transition énergétique – que sur la loi Travail ou les énergies fossiles – dont 80 % des réserves disponibles doivent rester dans le sol si l’on ne veut pas s’acheminer vers le chaos climatique.

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Ce changement espéré ne va pas assez vite pour certains, qui critiquent un certain « entre-soi  , le fait que les personnes qui se rassemblent place de la République sont avant tout « des blancs et des bobos ». Qu’il y manque des ouvriers et des personnes issues des banlieues. L’appel a été entendu et des rassemblements s’amorcent dans les quartiers plus populaires. En parallèle, des tracts sont distribués aux travailleurs dans le métro le matin, dans les usines, dans les facs et les lycées pour ouvrir au plus grand nombre.

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Nous voici embarqués dans un mouvement social totalement inédit en France, dont l’ampleur et les conséquences sont encore imprévisibles. Le rejet de « la loi Travail et son monde » – référence explicite à la lutte de Notre-Dame-des-Landes contre « l’aéroport et son monde » – révèle l’ambition du mouvement à ne pas seulement rejeter le système mortifère actuel qui a produit ce projet de loi, mais à commencer aussi à construire d’autres mondes plus soutenables. Quelle que soit l’issue de Nuit Debout, il essaime des graines qui ne demanderont qu’à germer.

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Sophie Chapelle collabore au site Basta ! Vous pouvez la suivre sur Twitter en cliquant ici. Cet édito n’engage que son auteur.

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A Capbreton, des actions originales contre l’érosion des plages et des dunes

Voici une interview audio de Jean-Marie Marco, adjoint à l’environnement du maire de Capbreton (Landes) réalisée le 8 avril 2016 dans le cadre du voyage AJEC21/JNE/AJE en Aquitaine.

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par Myriam Goldminc

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Chaque année, avant l’arrivée des vacanciers, Capbreton reconstruit sa plage grâce à un « by pass». Ce système de transfert hydraulique charrie du sable prélevé sur la plage voisine d’Hossegor à travers l’embouchure du chenal du Boucarot  – photo @ Laurent Samuel

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Cliquez ici pour écouter l’interview de Jean-Marie Marco.

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Si vous n’arrivez pas à ouvrir le fichier audio ci-dessus, vous pouvez télécharger le logiciel gratuit VLC qui lit la plupart des vidéos et des sons.

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Tous nos remerciements au maire de Capbreton, Patrick Laclédère, et à son équipe pour leur accueil.

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ANNUAIRE 2016
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