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Articles avec le tag ‘nucléaire’

Nucléaire, le vrai du faux

Frédéric Denhez (JNE)

Nucleaire
Comme son précédent petit livre sur les OGM (voir notre critique ici), ce nouvel ouvrage de Frédéric Denhez, écrivain et conférencier scientifique, risque d’être boudé de toutes parts. Son « crime» : il ne s’affiche ni pour ni contre l’atome, mais s’efforce de faire un point « objectif » sur ce sujet controversé, au risque de faire enrager tant les « pros » que les « anti ». Ces derniers seraient pourtant bien avisés, à l’occasion des fêtes de fin d’année, d’offrir ce livre à leurs amis ou parents que leur rhétorique n’a pas suffi à faire basculer dans leur camp. On y apprend en effet que l’atome n’est en aucun cas une énergie « décarbonée » comme le martèlent ses partisans, ou que le démantèlement des centrales et le traitement des déchets radioactifs coûtent très cher et ne sont guère résolus sur le plan technique.

Frédéric Denhez nous livre aussi d’utiles éléments sur l’histoire de l’atome civil et ses liens avec la bombe, ainsi que sur la situation actuelle de l’industrie nucléaire dans le monde. On regrettera que l’auteur se fie aux estimations les plus « optimistes » des conséquences sanitaires de l’accident de Tchernobyl, et qu’il soit trop confiant quant aux perspectives ouvertes par les réacteurs de « quatrième génération », censés succéder aux si coûteux EPR. Dans un ultime pied de nez aux idées reçues, Frédéric Denhez clame en conclusion que « la transition énergétique n’existe pas », que les sources d’énergie ne se substituent pas les unes aux autres, mais s’additionnent, et que seule la transformation des modes de consommation, longue à mettre en place, permettra l’essor nécessaire des énergies renouvelables. En attendant, dit-il, ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier…


Delachaux et Niestlé, 144 pages, 12,90 € – www.delachauxetniestle.com
Contacts presse: Francis Tier.  Tél.: 01 41 48 82 63 – ftier@lamartiniere.fr
Hanna Martel. Tél.: 01 41 48 82 61 – pressedelachaux@lamartiniere.fr
(Laurent Samuel)

Nucléaire, pour quoi faire ?

Jean-Baptiste de Panafieu (JNE), Julien Rendu


Qu’est-ce que la fusion ? Comment fonctionne une centrale nucléaire ? Que faire des déchets radioactifs ? Voici un abécédaire qui donne des bases de culture scientifique pour comprendre la radioactivité et le fonctionnement de l’industrie nucléaire sans évacuer les débats de société qui entourent ce sujet. Si l’ombre de Fukushima plane sur ce livre, celui-ci ne joue pas sur la peur. D’une part, parce que les dessins de Julien Rendu apportent un humour et une distanciation salutaire, d’autre part, parce que l’auteur, Jean-Baptiste de Panafieu, a choisi de donner aux lecteurs des clés pour qu’ils se forgent leur propre opinion, en s’efforçant d’être le plus objectif possible, tout en reconnaissant qu’il n’est pas « un partisan déclaré de cette filière énergétique ! » Une honnêteté intellectuelle à saluer…
Pour les jeunes à partir de 14 ans.


Gulf stream éditeur, 12,50 € – www.gulfstream.fr
Contact presse : 02 40 48 06 68.
(Carine Mayo)

Investigations – Spéciale Japon

29 février, 20h35, France Ô

Magazine d’investigation • Présentation : Samira Ibrahim • Production : France Télévisions  • Durée : 90 min

Presque un an après le terrible séisme au large de Sendai qui a provoqué le 11 mars 2011 un tsunami puis une crise nucléaire, Samira Ibrahim fait le point sur les blessures ouvertes du Japon. En plateau, elle reçoit le journaliste de terrain David Zavaglia.

Tsunami 2011 : documentaire • réalisation : Kenji Ito • production : TV Asahi/Mas Productions • durée : 52 min

Digues submergées, maisons arrachées et charriées par paquets, bateaux broyés par les flots… Le 11 mars dernier, ces images captées par les télévisions japonaises ont fait le tour du monde. Du raz-de-marée à la gestion des 440 000 sans-abri, en passant par l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, les caméras de TV Asahi et de ses filiales ont tourné à plein régime. Mais après cinquante jours de battage médiatique, les journalistes de rédaction ont décidé de faire leur introspection. Ont-ils bien couvert les événements ? Leurs chaînes de télévision ont-elles été utiles à la population ? Auraient-elles pu mieux faire ?…

Fukushima, un an après : documentaire • réalisation : David Zavaglia • production : Scientifilms • durée : 26 min.

Un an après le tsunami qui a frappé le Japon, dans quel état se trouve la centrale de Fukushima Daiichi, épicentre de la crise nucléaire japonaise ? Grâce à des tournages réguliers, la caméra de David Zavaglia découvre un contraste saisissant entre un gouvernement qui organise timidement le retour sur les zones évacuées et les risques pris par les populations locales, dont certains habitants vivent avec un taux de radioactivité jusqu’à vingt fois supérieur aux normes internationales. La situation actuelle semble n’être qu’un avant-goût d’un drame qui se joue à bien plus long terme. 

Contact presse : Morgane Bonet.

Peut-on sortir du nucléaire ?

1er février, 22h10, et 12 février, 21h30, France 5

Réponses avec Jean-Paul Roubin, dir. du Centre national. d’exploitation du syst. électrique français, RTE, François Meurisse, rédacteur en chef du magazine Terra Eco, Thierry Saniez, délégué général CLCV, assoc. nationale de consommateurs et usagers.

Reportages :

Une communauté de communes autonomes en Bretagne : En Bretagne, une communauté de communes fabrique sa propre énergie et tend vers une autonomie totale… Les déchets produits par les cochons deviennent du gaz permettant le chauffage et le fonctionnement des usines. Des pompes thermiques, des éoliennes ou des panneaux solaires produisent électricité et chauffage. Grâce à l’initiative de ses habitants, ce type de production d’énergie alternative au nucléaire est une réussite totale et un bel exemple méconnu d’une région.

Mutuelles pour animaux : Près de 20 millions d’animaux vivent auprès de nous et coûtent cher ! QUE CHOISIR passe au crible ces mutuelles spécialisées. Ces assurances sont-elles intéressantes ? Quelles sont les conditions requises ? Au final, fait-on des économies ?

Faire garder son enfant : ce qu’il faut savoir : Trouver une nounou fiable et pas trop chère est un parcours du combattant. Quelles sont les meilleures solutions ? Faire appel à une agence, une assistante maternelle, se lancer dans la garde partagée ou encore mettre une petite annonce pour recruter ? Quelles sont les aides, les prix ? A quoi avons-nous droit ?

Présentation : Claire Fournier • Réalisation : Benoît Lemoine • Production : Villems production • Avec la participation de France Télévisions • Durée : 30’.

Contact presse : Valérie Blanchet  :  01 56 22 92 40.

 

 

L’oeil et la main : notre quotidien autrement

9 janvier au 4 février, France 5

Respirer, se promener, s’alimenter, se chauffer, se déplacer, travailler… Pour ce mois de janvier, quatre films pour penser notre quotidien autrement :

 

 

 

 

  • Lundi 9 janvier 2012 à 8h25 et samedi 14 janvier 2012 à 22h35 : L’arbre qui cache la forêt. Avec Nicolas Médin. Réalisateur : Pierre-Louis Levacher. Nous croyons connaître la forêt, qui couvre le quart de notre territoire… Mais que recèle-t-elle, quelles sont les spécificités de la forêt française ? Notre enquêteur Nicolas Médin quitte la ville pour rencontrer des passionnés qui ont fait de la forêt leur métier. Comment concilie-t-on gestion durable, espace récréatif et rentabilité ?
  • Lundi  16 janvier 2012 à 8h25 et samedi 21 janvier 2012 à 22h35 : On n’est pas des lapins. Avec Isabelle Voizeux. Réalisatrice : Claire Laborey. Entre quête du plaisir et émergence de phobies alimentaires, notre assiette est devenue depuis une dizaine d’années le lieu de questionnements éthiques. Isabelle Voizeux va à la rencontre de végétariens engagés et cherche à connaître ce qui les motive.
  • Lundi 23 janvier 2012 à 8h25 et samedi 28 janvier 2012 à 22h35 : Doucement les watts ! Avec Laurent Valo. Réalisateur : Marc Aderghal. Sortie du nucléaire, risque d’épuisement des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon, uranium)… Et si on envisageait sans tarder la sobriété énergétique, en modifiant nos comportements individuels et nos organisations collectives ? Laurent Valo nous invite à découvrir des initiatives témoignant de ces nouvelles réflexions. Chacun d’entre nous est-il prêt à consommer pas tant moins, que mieux ?
  • Lundi 30 janvier 2012 à 8h25 et samedi 4 février 2012 à 22h35 : C’est mon job (titre provisoire). Avec : Daniel Abbou. Réalisateur : Atisso Médessou. Devenir son propre patron, une solution pour trouver sa place dans un monde du travail fragilisé ? Ce film dresse différents portraits de créateurs d’entreprise et revient sur les démarches qu’ils ont accomplies. Que représente pour eux leur projet : réalisation d’un rêve ou volonté de tirer son épingle du jeu dans un monde de concurrence et une économie en crise ?

Collection documentaire : 26’.  Une production  Point du Jour.  En association avec France Télévisions. Avec la participation du CNC. 2011. A voir ou revoir sur www.france5.fr ou www.pluzz.fr

 

Martine Aubry à l’image de son parti

Le mardi 28 juin, Martine Aubry, première secrétaire du PS, a annoncé sa candidature après plusieurs semaines de faux suspense. Ce sera encore une fois la guerre des chefs et aucune réflexion sur notre avenir commun.

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par Michel Sourrouille

Le Parti socialiste n’a jamais été écolo. Pas un mot sur l’urgence écologique dans la Revue Socialiste n°42 (2e trimestre 2011) qui brosse héritages et espérances sur la période 10 mai 1981 – 10 mai 2011. Trente ans à ne pas s’apercevoir que la température monte, que les eaux baissent, que le pétrole rejoint les espèces en voie de disparition.

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Si on analyse l’enquête menée à l’occasion du trentième anniversaire de l’élection première de François Mitterrand, on s’aperçoit que les références idéologiques des adhérents restent toujours traditionalistes. Les idées sociales-démocrates l’emportent par 76 % d’accord contre 18 %. L’altermondialisme par 57 % contre 28. Mais il y a encore 10 % d’adhérents tentés par le libéralisme économique et même 71 % pour estimer que les entreprises doivent faire des profits pour que l’économie marche bien. Personne ne s’interroge si la croissance va encore durer longtemps  alors que le rapport du club de Rome sur les limites de la croissance date de 1972, bien avant qu’on ne « change la vie » avec Mitterrand pour mieux faire du surplace.

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Ce mardi 28 juin, Martine Aubry, première secrétaire du PS, annonce sa candidature après plusieurs semaines de faux suspense. Ce sera encore une fois la guerre des chefs et aucune réflexion sur notre avenir commun.

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Jusqu’à présent, la feuille de route de Martine, « Elections cantonales, préparation du projet, accord avec la gauche, primaire » était d’une banalité à pleurer. Aujourd’hui, Aubry veut prendre le relais d’un Sarkozy qui cherchait la croissance avec ses dents. « Une offensive de civilisation est fondée sur un autre modèle de croissance… Sans croissance on ne peut rien… »*. Martine parlait encore de construire des logements sociaux, mais pas un mot sur l’efficacité énergétique de cet habitat. En définitive, rien sur le blocage énergétique que va rencontrer prochainement notre société. Ce n’est pas ainsi qu’un Parti dit de gouvernement nous prépare des lendemains qui chantent. A croire que Martine n’a pas écouté les avertissements de Jean-Marc Jancovici et Yves Cochet lors d’un colloque pourtant organisé par la branche écolo de son propre Parti !

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Martine Aubry a bien lâché sa bombinette après Fukushima, « Je crois qu’il faut sortir du nucléaire »**. Mais dans sa motion au Congrès de Reims (novembre 2008), Martine écrivait le contraire : « S’agissant du nucléaire, le fonctionnement et le renouvellement de la filière, dans notre pays, doivent se faire. » Martine est à l’image de son parti, adepte d’une critique molle du capitalisme négligeant l’incompatibilité entre les forces de l’argent et celles de la nature. Dans l’affrontement capital/travail, le PS a oublié l’environnement et une donnée désormais vitale : les ressources de la planète ne sont ni infinies ni éternelles. Menacé par l’activité humaine, l’état de la biosphère chamboule les axiomes. Mais le PS n’en a cure, il se tourne encore et toujours vers son passé.

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* Le Monde du 3 mars 2011, Le livre-programme du PS

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** Le Monde du 29 mars 2011, Sur le dossier nucléaire, Martine Aubry est prise entre deux feux

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Cet article a été publié sur le blog de Michel Sourrouille

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2011/06/28/martine-aubry-a-limage-de-son-parti/

Science et Vie Hors Série : Nucléaire, le Choc

Avril 2011

Science et Vie nous propose un hors série très complet sur le nucléaire. Ce numéro est bien sûr consacré pour l’essentiel à la catastrophe de Fukushima, dont le déroulé (à travers une série de photos en doubles pages) et les conséquences sont clairement expliqués. Mais l’impact de cet accident majeur dans le monde et en France est aussi abordé. Ce hors série, auquel a collaboré notamment Yves Sciama (JNE), se termine par deux dossiers consacrés aux leçons de Tchernobyl et d’Hiroshima. Un dossier de référence à conserver.
(Laurent Samuel)

Science et Vie Hors Série : Nucléaire, le Choc, 5,90 € – www.science-et-vie.com

Entretien avec Michèle Rivasi sur le nucléaire

Michèle Rivasi est députée européenne, membre de la Commission environnement-santé et industrie, recherche, énergie. Rhônalpine, membre du conseil municipal de Valence, fondatrice de la Criirad, elle a répondu à nos questions le 7 avril 2011.

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par Marie-Hélène Léon

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Q – Le drame japonais trouve un écho international. Chacun s’interroge sur les choix qui ont été faits depuis quarante années dans le domaine nucléaire, et notamment le manque d’informations en rapport avec les risques encourus par la population. On ne peut échapper à la question du danger exceptionnel que fait encourir l’énergie atomique. A votre avis, la France doit-elle emprunter le chemin de la sortie du nucléaire comme semble le faire l’Allemagne, et comme d’autres pays l’ont déjà fait ?

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R – Oui, la France doit emboîter le pas car l’accident de Fukushima montre que, malgré les nombreux discours rassurants sur le nucléaire, il existe une probabilité de risque. Et quand ça arrive, cela a des conséquences catastrophiques pour la population et pour l’économie du pays. La meilleure solution est la sortie progressive du nucléaire. Cela ne peut être que progressif car la part du nucléaire dans la production électrique est importante.

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Il faut d’abord arrêter toute nouvelle construction comme l’EPR, et fermer les centrales les plus à risques de Fessenheim, le Bugey, et Tricastin. Tricastin cumule les risques de séisme, d’inondation, et de proximité d’installations nucléaires avec Eurodif, le CEA, et Comurhex.

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Et bien sûr, il faut développer les énergies renouvelables, faire sauter les limites du photovoltaïque, augmenter l’efficacité énergétique tout en réduisant la demande énergétique. Le chauffage électrique devra être absent de toutes les nouvelles constructions.

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Enfin, il faut raisonner à l’échelle européenne. La sécurité nucléaire ne peut plus être l’apanage d’un pays. Les normes de sécurité doivent être partagées par les régions européennes. Il est hors de question de laisser les autorités françaises décider seules car lorsque l’accident se produit, c’est une telle catastrophe que cela dépasse les frontières et que chacun est concerné.

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Ce qui est important aussi, c’est que la catastrophe survenue au Japon a provoqué un changement de paradigme. Elle a ébranlé les certitudes des scientistes qui pensaient que l’homme est capable de tout maîtriser.

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Q – Les installations nucléaires de la vallée du Rhône, et généralement dans l’Est du pays sont situées en zones sismiques. Comment expliquer que ces centrales nucléaires soient érigées dans des territoires de tremblement de terre, donc à risques ? Que proposez-vous ?

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R – Ces centrales seront à fermer en premier. On a sous-estimé les risques pour ces centrales. Au Japon le séisme de magnitude 9 n’avait jamais encore été observé. Or, on ne peut pas consolider les réacteurs déjà construits, mais seulement les bâtiments. C’est insuffisant. Il faudra donc fermer ces centrales françaises, ainsi que d’autres qui sont construites sur des failles et présentent des grands risques, comme en Slovénie et en Arménie.

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Q – Quels scénarios présentez-vous pour assurer au pays sécurité et indépendance énergétique, dans un cadre de développement soutenable ?

R- L’indépendance doit se situer au niveau de l’Europe. Il peut y avoir, par exemple, un système éolien offshore situé en Mer du Nord, et qui peut fournir en électricité les pays européens situés autour. Aujourd’hui, l’électricité est un marché, et le solaire est décentralisé. Il faut bien sûr développer les énergies comme l’hydrolien, la marée motrice, la biomasse, et la géothermie. Et redéplacer l’investissement qui avait été fait pour le nucléaire vers ces nouvelles énergies.

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Q- Etes-vous favorable à un Grenelle de l’énergie et au référendum demandé par Daniel Cohn-Bendit ?

R – Je suis favorable à un vrai débat d’experts contre d’autres experts avec à la clef un référendum. Si dans les accords entre les Verts et le PS figure un plan de sortie du nucléaire volontariste et courageux, alors le référendum sera inutile. Mais de toute façon, il faut un verdissement du PS, et une évolution.

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Q – Nicolas Hulot serait-il un meilleur candidat qu’Eva Joly pour représenter les Verts aux élections présidentielles ?

R – Les deux candidats sont complémentaires. C’est les primaires qui vont décider, au mois de juin.

La crise nucléaire

Depuis très longtemps, les associations de protection de la nature, telles que la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la NAture), manifestent leur opposition à l’usage de l’énergie nucléaire qui présente un risque technologique majeur, qui renvoie la note du démantèlement des installations après leur fermeture et le traitement de déchets dangereux pendant des milliers d’années aux générations futures.

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par Jean-François Noblet

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L’association Le Pic vert a souhaité réfléchir aux questions extrêmement graves soulevées par la catastrophe japonaise et il nous paraît fondamental que chacun fasse de même dans un esprit responsable et dans la plus grande compassion pour les humains qui sont actuellement confrontés à des difficultés dont la gravité était jusque là inimaginable.

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Nous devons admettre les points suivants qui sont incontestables :

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- Le danger de l’usage de l’énergie nucléaire est confirmé. Il apparaît cependant clairement que nous avons surestimé nos capacités techniques à maîtriser ce danger et que le contrôle de cette technologie peut nous échapper.

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- Dans ces conditions, les anciens discours des technocrates et des élus favorables au nucléaire apparaissent, au minimum, comme une erreur manifeste d’appréciation et dans certains cas une volonté de tromper les citoyens. Les déclarations rassurantes de M. Besson, ministre de l’Energie, au début de la crise japonaise ou celle du président de la République sur le nucléaire « énergie propre » ne doivent pas échapper à une critique sévère.

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- Il est criminel pour un pouvoir politique de confier sa production d’énergie nucléaire à des intérêts privés dont la seule préoccupation sera d’optimiser les profits et de minimiser les coûts et donc la sécurité. La société japonaise TEPCO ayant déjà été coupable d’avoir caché des incidents graves.

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- Il est également démontré que les capacités humaines, intellectuelles, morales et techniques ne sont actuellement pas à la hauteur des enjeux. Chacun peut, en effet, s’étonner que des technocrates si sûrs d’eux n’aient jamais pensé qu’un tsunami puisse suivre un tremblement de terre ou qu’un avion de ligne puisse s’écraser sur un réacteur. Il faut également se rappeler que la grande majorité des 700 incidents relevés dans les centrales nucléaires françaises sont dus à des erreurs humaines.

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- Dans ces conditions, nous considérons qu’il est compréhensible, même si nous le jugeons inadmissible, que ces mêmes technocrates dépassés ou les entreprises responsables de la gestion des installations soient tentés, voire forcés, de cacher aux citoyens la réalité des faits, de minimiser les risques et de rejeter leur responsabilité à « c’est la faute à pas de chance ». De même, nous refusons l’argument généralement utilisé de la complexité technique pour écarter les citoyens dans les choix qui les engagent.

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- Il nous paraît inadmissible de restreindre les conséquences de la catastrophe japonaise à ce pays et uniquement à l’espèce humaine. Tout un écosystème terrestre et marin sera atteint bien au-delà des frontières du Japon. Cette biodiversité est un patrimoine commun de l’humanité.

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- Cette catastrophe doit absolument remettre en cause de manière fondamentale l’usage de technologies présentant un risque important, dont l’usage dépasse nos capacités intellectuelles et éthiques et qui se mettent en place sans une concertation démocratique poussée, uniquement motivé par l’appât du gain à court terme. Nous citerons les OGM, les nanotechnologies, les pesticides, les biotechnologies.

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- Nous mesurons pleinement les conséquences du programme nucléaire français que le gouvernement français a mis en place et qu’il tente de vendre en Libye ou en Chine. Nous savons qu’il ne sera pas possible d’arrêter les centrales dans un délai court, mais il nous paraît vital d’engager immédiatement une autre politique énergétique plus sûre, plus économe.

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Il nous paraît également que le temps de la sobriété et du dialogue démocratique est arrivé afin de nous réapprendre une certaine sagesse.

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