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Tchernobyl, l’histoire sans fin

Une soirée Tchernobyl, l’histoire sans fin sera diffusée sur Arte le 26 avril 2011 à 20 h 40. Marie Hellouin l’a vue en avant-première.

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par Marie Hellouin

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Nul ne pouvait savoir où et quand se produirait la prochaine catastrophe nucléaire quand cette Thema spéciale « 25e anniversaire de Tchernobyl » a été programmée.

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Après un quart de siècle de silence, l’explosion du réacteur N°4 se vitrifiait peu à peu dans la zone interdite de notre inconscience collective. Avec la menace climatique, l’atome avait gagné le statut « d’énergie non carbonée ». La filière française misait déjà sur un renouveau planétaire. Il y avait fort à parier que le public zapperait tout simplement cette émission.

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Mais l’histoire est ainsi faite que quand on croit que c’est fini, ça recommence… Voilà qui donne à ces deux documentaires une actualité vertigineuse.

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25 ans déjà ? 25 ans seulement ?
Avec Tchernobyl forever, le réalisateur Alain de Halleux plonge dans le quotidien glauque de la jeunesse ukrainienne. Tourné spécialement pour cette soirée, le film a été achevé juste avant que la nature ne célèbre à sa façon ce sinistre anniversaire, à Fukushima le 11 mars dernier. 25 ans déjà ? 25 ans seulement ? Se peut-il qu’en une génération il ne reste qu’un jeu vidéo et « LA » cheminée de la centrale, emblème de la nouvelle identité nationale que tous veulent conserver ? Les survivants se taisent, le gouvernement ne donne aucune information, l’OMS et l’AIEA ont décidé en cœur d’arrêter le suivi des populations.

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Bien qu’affectés à 90 % d’une ou plusieurs maladies chroniques, la plupart des jeunes préfèrent ne pas savoir. Ce qu’ont vécu leurs parents, ils l’apprennent par ordinateur interposé avec S.T.A.L.K.E.R., le jeu du liquidateur. Pourtant, sous son sarcophage en perpétuelle réparation, le Phoenix s’active et renaît de ses cendres. Au dire du responsable de la sûreté du site, « l’histoire ne fait que commencer, le plus grand risque ici, c’est l’oubli ! » La lave du cœur fondu s’effrite, libérant des particules alpha, hautement radioactives.

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Les équipes de décontamination travaillent au ralenti de crainte d’en inhaler. Que pensent-elles de l’enceinte de confinement promise par nos champions français, les multinationales Bouygues et Vinci ? A vrai dire, ce projet pharaonique les laisse dubitatives. Avant de songer à couvrir le site il faut extraire les 600 tonnes de combustible inutilisé des 3 réacteurs intacts. Les Français ont construit un premier bâtiment à cet effet, au frais des donateurs. A Tchernobyl, on dit qu’il a été si mal conçu « qu’on n’oserait même pas y conserver des cornichons » !

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Ensuite il y a le prix, 1, 5 milliard d’euros, que la communauté internationale peine à réunir alors que Kiev a déjà levé 12 milliards de $ pour l’Euro 2012 ! Mais après ? l’enceinte est prévue pour durer 100 ans. C’est dire que 4 générations devront se succéder pour prévenir les risques d’incendie et extraire les déchets qu’elle va cacher. Par endroit, les contaminations sont telles que même les robots n’y résisteraient pas. Qui va payer alors que la centrale ne produira plus le moindre kilowatt ?  L’Ukraine n’a trouvé qu’une réponse : construire 22 nouveaux réacteurs pour exporter de l’électricité aux pays européens qui ont banni le nucléaire de leur territoire national. L’homme à la mémoire courte, mais l’atome, lui a la vie longue !

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L’atome et la mondialisation
Le second documentaire date de 2006. Nous le devons à Dominique Gros qui a exploré la situation, pays par pays dans les 40 % du territoire européen plus ou moins contaminés par ce merveilleux nuage, vous savez ? celui qui s’est arrêté aux frontières de l’hexagone. De graves surprises nous attendent à la découverte de ces réalités occultées. Par exemple, en Norvège, certaines populations présentent les mêmes degrés de contamination que les enfants de Tchernobyl.

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Un débat animé par Annie Claude Elkaim en direct de Kiev fera le lien entre ces deux films et le remake de Fukushima, avec la participation d’Alain de Halleux.

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En attendant, laissons la conclusion à notre éminent confrère, François Lenglet, vice Président de La Tribune, qu’on ne peut accuser d’écologisme primaire : « Quand on divise le nombre d’accidents nucléaires graves par le nombre de réacteurs dans le monde, le risque s’élève à 1 %. Si c’était le cas dans le transport aérien, plus personne ne prendrait l’avion… » recueilli sur BFM week end le 2 avril. A nous de voir !

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Dossier, interview et bande annonce sur : www.arte.tv/tchernobyl

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