Musée du Vivant : l’écologie a aujourd’hui son musée

Le Musée du Vivant n’accueille pas directement le public, mais met à sa disposition son site internet où chacun peut consulter (gratuitement) les archives de l’Institut national agronomique, ainsi que celles de personnalités comme René Dumont ou René Dubos.
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par Roger Cans

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Créé en 1826, l’Institut national agronomique (INA) de la rue Claude Bernard (Paris 5e) a accumulé en près de deux siècles archives, livres et documents de toutes sortes, sans jamais les montrer à l’extérieur. Depuis que l’INA est devenu AgroParis-Tech, après fusion avec l’ENGREF, l’établissement a décidé de valoriser ses archives en créant un « Musée du Vivant », « musée de l’écologie et du développement durable », qui va mettre à la disposition du public tous les trésors entassés rue Claude-Bernard, à Paris, et dans le château de Grignon (Yvelines). La direction de ce musée a été confiée à Laurent Gervereau, un homme passionné d’histoire et d’images.

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En fait, le Musée du Vivant n’accueille pas directement le public, mais il met à sa disposition son site où chacun peut consulter (gratuitement) les documents entassés dans les réserves et aujourd’hui mis en ligne (cliquez ici). Une mine d’affiches, planches d’herbiers, photos, dessins, couvertures de livres et documents divers, que l’on pourra faire apparaître facilement sur l’écran de son ordinateur.

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Depuis son arrivée il y a deux ans, Laurent Gervereau a ouvert en grand les archives de l’Institut, afin d’accueillir toutes les donations liées à l’écologie. C’est ainsi que le Musée du Vivant a reçu les archives de deux ingénieurs agronomes au parcours exceptionnel : René Dumont et René Dubos. Le fonds René Dumont comprend la totalité des archives du premier candidat écologiste à l’élection présidentielle (1974), ainsi que des objets personnels comme son col roulé rouge et son chapeau de paille. Le fonds René Dubos, chargé en 1972 de rédiger la charte du sommet de Stockholm (« Act local, think global »), est resté pour l’essentiel aux Etats-Unis, où il a fait carrière. Mais ses archives « françaises » sont au Musée du Vivant.

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Le musée a reçu depuis la bibliothèque personnelle de Serge Antoine, dont les documents publics ont été déposés aux Archives nationales à Fontainebleau. Il a reçu les documents personnels d’Yves Cochet, les archives des Verts, et même le vélo de Brice Lalonde, avec ses sacoches de vieille toile élimée ! Tout cela s’ajoute à une collection très vaste de livres (du XVIe siècle à nos jours), d’outils et machines agricoles, d’objets d’art fabriqués par des élèves ou offerts par d’anciens élèves, et d’une quantité d’affiches et catalogues proposant fruits et légumes, comme les publications Vilmorin. Laurent Gervereau, ami de Cabu, a reçu en donation 50 dessins du maître, qui a en outre dessiné un logo pour le musée.

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C’est que le château de Grignon, et ses dépendances, offrent des surfaces d’entreposage exceptionelles. Même l’établissement de la rue Claude-Bernard, à Paris 5e, recèle une vaste et ancienne bibliothèque pleine de trésors. D’où la volonté de la nouvelle direction d’offrir gratuitement au public les échantillons de ce thesaurus trop longtemps inexploité. Le Musée du Vivant peut aussi, à la demande, monter une exposition qui pourra circuler à travers la France.

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Les JNE seraient bien inspirés de solliciter une visite des deux sites, afin de prendre la mesure de ce que recèle le Musée du Vivant, foyer de tout ce qui touche à l’écologie et au développement durable.

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