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La protection de la nature existe-t-elle encore en France ?

Les nouvelles se suivent et se ressemblent : le PNR (Parc naturel régional) des Monts d’Ardèche vient de donner une subvention de 90 000 euros pour construire une piste au bulldozer afin d’aller exploiter 1 000 hectares de la forêt naturelle de la Cévenne ardéchoise (voir ici, page 5).

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par Marc Giraud .

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Même si la destruction de la nature n’est pas rentable, ce n’est pas un problème : on subventionne et on casse quand même ! Les espaces protégés ne représentent qu’environ 1 % du territoire, mais c’est déjà trop. Qui sait à quel point le concept de « Réserve naturelle » ou de « Parc national » a été vidé de son sens aujourd’hui en France ? Le public n’a pas le droit de cueillir une fleur dans ces prétendus sanctuaires, mais parallèlement le pastoralisme, la sylviculture et la chasse y sont largement invités et encouragés.

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Bien connu des JNE, qui y sont allés (pour leur congrès 2011 NDLR), le Parc des Calanques n’en est qu’un exemple parmi d’autres. On y lâche du gibier d’élevage et on y chasse à la glu, procédé aussi cruel que non sélectif, susceptible de tuer aussi des espèces protégées. Mais dans la majorité des Réserves naturelles la chasse est déjà autorisée, généralement pour des ongulés, mais aussi parfois pour des espèces en mauvais état de conservation comme le tétras lyre !

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Rappelons au passage que de nombreuses espèces vulnérables et protégées ailleurs sont encore chassables dans notre beau pays, à commencer par le grand tétras, qui a déjà totalement disparu des Alpes françaises, le canard chipeau (que la majorité des chasseurs ne savent pas distinguer d’un colvert), le pigeon colombin (lui aussi confondu avec d’autres espèces), l’alouette des champs, la caille des blés et d’autres parmi les oiseaux. Côté mammifères, la martre est encore susceptible d’être classée « nuisible » (lire ici) alors qu’on ne connaît pas l’état de ses populations. Mais quand bien même serait-elle « protégée ». Parmi les espèces officiellement protégées, certaines sont soit abandonnées, comme le grand hamster, soit carrément détruites comme le loup ! (lire ici).

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Inutile d’espérer dans des refuges préservés des destructions. Les documents officiels sur les missions des Parcs et des Réserves indiquent de manière de plus en plus décomplexée l’exploitation, et de plus en plus timidement la protection. Mais alors, où laisse-t-on la nature sauvage en libre évolution, où s’abstient-on de l’exploiter, où la protège-t-on réellement en France ? En gros : nulle part.

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