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Catégorie ‘Actualités internationales’

Climat : pour tout savoir sur la conférence COP20 de Lima

L’AJEC21, l’association sur le climat que les JNE ont créée avec l’AJE, a commencé très sérieusement son travail (formation, site, rendez vous).

 

logo_ajec21Pour tout savoir sur la conférence COP20 qui se déroule actuellement à Lima, vous pouvez nous retrouver sur le site élaboré par Pierre Demeure  : www.ajec21.org. Vous y trouverez régulièrement des articles sur l’évolution des négociations, comme ce point à mi-parcours posté le 6 décembre par Dominique Martin Ferrari, et une rubrique agenda très fournie.

 

Vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter :  @Ajec21climat.

 

On vous recommande chaudement aussi ce site de « liveblogging » où l’on trouve des liens avec les webcasts officiels de la conférence, les « livetweets » postant tous les tweets avec les hashtags #COP20 et #LimaCOP20, ainsi que quantité de liens, articles et photos.

 

Les dauphins pourraient enfin avoir leurs propres programmes de réintroduction en Europe.

À Cerbère, près de la frontière espagnole, le Dolphy Centro va se consacrer à la réintroduction en mer des dauphins issus des delphinariums.

 

par Frédérique Gilbert

 

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Cerbère @ Frédérique Gilbert

La série Flipper le dauphin a donné une popularité sans limites aux dauphins. En 1966, le premier delphinarium s’installait en Europe.

 

Des dizaines de parcs aquatiques ont ouvert un peu partout, notamment en France, en Espagne, en Belgique, en Hollande, au Portugal …regroupant diverses sortes de cétacés.

 

Mais vite, des voix se sont élevées contre la captivité de ces animaux.
Les conditions de vie des delphinariums sont critiquées sur divers points. La Suisse, le Royaume-Uni, la Hongrie, Le Costa Rica, l’Inde et le Chili interdisent les dauphins en captivité.
Différentes associations se battent depuis des années pour la fermeture d’autres delphinariums. Mais personne n’a de solution réelle et il est utopique de remettre des dauphins en liberté sans travailler au préalable sur la réhabilitation. Les cétacés des pays qui ont supprimé ces exhibitions ont été jusqu’ici déplacés.
Les parcs se ferment et les naissances continuent. Il y a un problème de surpopulation et parfois la gestion de consanguinité n’est pas simple à gérer. Certains dauphins déménagent constamment.

 

Dolphy Centro a l’intention de travailler pour la réintroduction de ces dauphins. À Cerbère, à la frontière espagnole, une surface de 5000 m2 en Méditerranée  accueillera les cétacés pour ce programme.

 

De nombreux zoos ont des programmes de réhabilitation et travaillent en corrélation avec des équipes du milieu naturel. Comme les parcs animaliers, les delphinariums ont pour vocation la conservation des espèces. Il est donc normal que les animaux marins puissent également avoir un vrai programme d’introduction ou de réintroduction tout comme les oiseaux et les espèces terrestres.

 

Un projet comme celui-là ne s’improvise pas. Des scientifiques, un vétérinaire, un docteur en science des cétacés, les politiques locales, les affaires maritimes, les acteurs locaux du littoral, le directeur de la zone portuaire de Cerbère, un bureau d’études, tous s’impliquent activement pour que le plan soit réalisé au mieux.
Une conférence aura lieu à Cerbère le 10 janvier 2015 avec tous les acteurs du projet afin de d’informer le public sur Dolphy Centro, mais aussi pour parler des  Grands Dauphins et du littoral catalan.

 

A La Flèche, une rencontre avec Chanee, grand défenseur des gibbons

Chanee, grand défenseur des gibbons, se trouvait récemment en France. Il a été notamment reçu à Paris par les JNE, mais aussi à La Flèche (Sarthe) à l’invitation de l’association Fous de Nature. Voici le compte-rendu de cette conférence.

 

par Roger Cans

 

ban_fous_nature_1000x150aPascal Fournié, président de la nouvelle association Fous de Nature, a invité le public au ravissant Théâtre de la Halle au blé de La Flèche (Sarthe) le 12 octobre 2014, afin d’assister à une conférence avec projection sur un singe bien connu des visiteurs du zoo de La Flèche : le gibbon.

 

Il se trouve en effet que le zoo de La Flèche est partenaire de l’association Kalaweit (gibbon en langue dayak), créée en 1998 par le jeune Français Aurélien Brulé, alias Chanee (gibbon en langue thaï) pour sauver les singes victimes de la déforestation à Bornéo et Sumatra (Indonésie). Ainsi, lorsque les jeunes visiteurs du zoo de La Flèche mettent deux euros dans l’urne pour nourrir les girafes, ces deux euros sont reversés à Kalaweit. Autrement dit, les girafes de La Flèche participent à la sauvegarde des gibbons d’Indonésie !

 

Un parcours fulgurant

 

L’aventure de Chanee, 35 ans aujourd’hui, mérite d’être contée. A dix ans, déjà, Aurélien Brulé se passionne pour les singes. Ne doutant de rien, il écrit au primatologue Jean-Yves Collet, qu’il rencontre dans les Alpes deux ans plus tard. Il découvre le gibbon en 1992 au zoo de Fréjus.

 

Dès lors, il va les retrouver tous les mercredis après-midi, afin de les observer et de noter leur comportement. Il constate que les gibbons se choisissent pour former des couples et restent fidèles à leur partenaire. En cage, les gibbons sont plus agités que dans la nature, ce qui est compréhensible.

 

Fort de ses observations, Aurélien Brulé écrit à seize ans un livre qui est publié en 1996 sous le titre Les gibbons à mains blanches. L’ouvrage suscite un article dans le magazine VSD qui, à son tour, attire l’attention de l’humoriste Muriel Robin. Elle lui téléphone et le garçon, croyant à une blague, réalise que c’est bien Muriel Robin. Elle lui propose de lui payer le voyage pour découvrir les gibbons in situ. A l’été 1997, après son bac, il va donc passer trois mois en Thaïlande, d’abord à la frontière birmane puis à la frontière cambodgienne. C’est là qu’il choisit de se faire appeler Chanee. A cette occasion, il constate de l’avion où il voyage que le ciel est noir des fumées d’incendies en provenance d’Indonésie. C’est sans doute là-bas que le gibbon est le plus menacé.

 

Il rencontre Muriel Robin à son retour, et elle l’encourage à poursuivre sa mission en Indonésie en lui finançant un deuxième voyage. Il débarque là-bas au plus mauvais moment, car le président Suharto est renversé en mai 1998. Il ne s’attarde donc pas à Java, mais s’installe à Bornéo, où les associations de protection de la nature ne s’intéressent qu’à l’orang-outan, primate prestigieux lui aussi très menacé par la déforestation. Il découvre que le gibbon est également mis en péril par l’habitude locale d’élever le singe en cage. Car pour élever un bébé gibbon, il faut d’abord tuer la mère. En Indonésie, il y a ainsi des milliers de gibbons en cage, comme animal de compagnie. La déforestation est aujourd’hui le fait des planteurs de palmiers à huile, qui investissent toutes les plaines accessibles et brûlent la tourbe du sol. Chanee préfère les sociétés d’exploitation forestière qui, elles, maintiennent la forêt dans leurs concessions.

 

Première réserve à Bornéo

 

Chanee se lance donc dans la sauvegarde des bébés gibbons orphelins. Son objectif : « Sauver ce qui peut l’être lorsqu’il est encore temps ». Sa méthode : « Agir dans l’urgence ». Pour financer son projet de réserve, il fonde l’association Kalaweit en 1998. Mais, n’étant pas citoyen indonésien, il ne peut pas acheter de terres.

 

30980_165678443555912_1149541584_nEn 1999, cependant, il obtient l’autorisation officielle du gouvernement pour créer sa première réserve. Il l’installe au centre de Bornéo, dans les montagnes où subsiste la forêt primaire, inaccessibles aux engins de terrassement ou de débardage. Il installe des « volières », ces très hautes et vastes cages où il accueille des gibbons malades, blessés ou abandonnés. La réserve compte aussi une trentaine de gibbons sauvages.

 

En 2002, Chanee déménage sa réserve dans une île, plus accessible. Il ne sauve pas « les » gibbons, mais « des » gibbons, tient-il à souligner. En 2004, il crée un deuxième centre dans l’île de Sumatra, où la déforestation va bon train aussi. Il embauche du personnel : soigneurs, cuisiniers, vétérinaire. En 2012, changement d’échelle : il acquiert la nationalité indonésienne. Dès lors, il peut acheter 211 hectares de forêt, qu’il surveille lui-même avec un parapente à moteur, qui vole lentement à 300 m d’altitude. L’objectif est d’installer des volières isolées dans la forêt, car les gibbons sont territoriaux et n’aiment pas la concurrence. Il a actuellement 254 gibbons en pension, avec une clinique vétérinaire, 31 soigneurs, 4 vétérinaires et deux représentants du ministère indonésien des forêts.

 

Pour la réintroduction dans la nature, qui est le but ultime de Kalaweit, des volières d’acclimatation sont installées à proximité des lieux de lâcher final. Le gibbon y passe trois mois, seul ou en couple, nourri par un monte-charge manuel qui apporte les fruits à 6 m de haut. Les soigneurs ne doivent plus approcher à moins de 20 m de la volière, pour désaccoutumer le singe de l’homme. Les quelques gibbons relâchés sont suivis pendant un an.

 

Une arche de Noé improvisée

 

Bien entendu, comme dans tous les centres d’accueil pour animaux blessés ou abandonnés, toutes sortes d’animaux sont apportés à Kalaweit : macaques, nasiques (5.000 singes de ce type à Bornéo), orang-outan, pythons, cobras, ours, panthères, crocodiles, tortues, civettes, varans, loris (petits mammifères aux canines venimeuses) et même des hirondelles !

 

Les orang-outans sont confiés aux associations spécialisées. Les ours sont parqués dans des enclos électrifiés. Les crocodiles sont relâchés, surtout le faux gavial qui est rare. Un crocodile marin d’une tonne est conservé : il se contente de trois poulets par semaine. L’objectif est de donner une deuxième chance à l’animal, sans suivi, et de sauver un peu « de la » forêt. La réserve de Sumatra est surveillée par des patrouilles équestres, qui s’efforcent de dissuader les braconniers, surtout ceux qui capturent les oiseaux avec appelants et glu.

 

Depuis 2013, Kalaweit participe à la commission des petits primates de l’UICN. En 2014, Chanee a effectué une mission en Chine, où existe une espèce rare de gibbon (on en compte cinq espèces différentes en Asie). L’espèce chinoise ne compte plus que 23 spécimens dans une île. Kalaweit participe à l’action d’une association australienne qui protège les gibbons à Java. Il existe une réserve d’Etat à Bornéo : Pararawen (5.800 hectares).

 

Kalaweit est aujourd’hui bien connue en Indonésie grâce à une radio qui diffuse 24 h sur 24, en insérant des messages sur l’association au milieu de la musique et des blagues. Depuis le 15 août dernier, la grande chaîne de télévision nationale diffuse une émission hebdomadaire sur Kalaweit. Tous les Indonésiens ont entendu parler de l’action en faveur des gibbons. Ce qui n’empêche pas les citadins de continuer à élever le singe en cage, hélas.

 

Chanee est donc aujourd’hui bien installé avec sa famille en Indonésie, où il vit depuis 16 ans. Son association compte 54 salariés et gère un chiffre d’affaire de 450.000 euros par an. Lui aussi est contre l’écologie punitive. Il préfère séduire plutôt que dénoncer, même les planteurs d’huile de palme ou les exploitants de charbon qui détruisent la forêt pour vendre leur production à la Chine. Il préfère expliquer, comme par exemple le cas du crocodile marin qui devient mangeur d’hommes faute de poissons, tués par les rejets miniers toxiques. Lors de son bref passage à La Flèche, il a remercié le vétérinaire du zoo à l’origine du partenariat avec Kalaweit, dont la marraine reste Muriel Robin.

 

Contacts :
kalaweit.france@yahoo.fr
07 86 01 18 87

kalaweit.belgique@yahoo.fr
0470 089 575.

 

Du parking au gaz de schiste : à quoi sert l’étude d’impact en Algérie ?

Une chaîne de télévision algérienne privée a révélé, tout récemment, que l’étude d’impact du projet d’exploitation du gaz de schiste annoncé par les autorités, n’est pas encore prête.

 

par M’hamed Rebah

 

Selon la loi algérienne, aucune activité réputée polluante et dangereuse ne peut commencer si ce document n’a pas été signé par l’autorité compétente en la matière, c’est-à-dire, dans ce cas précis, la ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement.

 

Les écologistes et, d’une façon plus générale, les opposants au gaz de schiste sont légitimement inquiets devant les risques potentiels, sur l’environnement et la santé, des produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique mise en œuvre pour l’exploitation du gaz de schiste. Cette crainte est renforcée par les informations, vraies ou fausses, sur les accidents de pollution survenus aux Etats-Unis, un pays présenté par les pro-gaz de schiste, pour les besoins de leur cause, mais visiblement sans convaincre personne, comme l’exemple parfait à suivre en la matière. L’obligation légale de l’étude d’impact est incontournable.

 

Le niveau de conscience écologique reste, en Algérie, encore faible, en tout cas très insuffisant chez certains responsables qui ont la prérogative de décider pour les autres et savent qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne, encore moins à la population concernée par leurs décisions. Chez les détenteurs de la «chkara» (le fameux pouvoir de l’argent) qui font la chasse au moindre espace vert pour en tirer le maximum de profit au détriment des riverains et souvent même de la loi, cette conscience écologique est tout simplement absente.

 

Heureusement, le vide «écologique» chez ces responsables et dans cette catégorie de « promoteurs », est compensé par un cadre juridique quasiment parfait, dont fait partie l’étude d’impact sur l’environnement. C’est un des principaux éléments du dispositif de protection contre les nuisances qui accompagnent les activités polluantes. L’étude d’impact est imposée par le chapitre 4 de la loi du 19 juillet 2003. Cette disposition est-elle toujours respectée, et quand elle l’est, les études d’impact sont-elles réalisées avec le sérieux dû à l’impératif de protéger l’environnement et les riverains contre les nuisances diverses ? Une mauvaise étude d’impact est-elle sanctionnée ? Ce n’est pas évident.

 

Il arrive tout de même que les choses marchent bien. En mars 2013, deux unités industrielles dont les activités ont été jugées polluantes ou dangereuses pour l’environnement ont été fermées pour non respect de la réglementation à Annaba, au nord-est du pays. Elles n’ont pas effectué l’étude d’impact légale préalable à leur entrée en fonctionnement. La décision de fermeture a été prise par la commission de wilaya chargée de la surveillance et du contrôle des installations industrielles classées.

 

Contre-exemple : personne ne sait si le programme de constructions de tours commerciales avec des parkings en-dessous, qui ouvrent la voie à des activités très juteuses, a fait l’objet des études d’impact que la loi algérienne impose, dans les cas où cette disposition s’applique (en fonction de la superficie bâtie et de la capacité du parking, notamment). Les pouvoirs publics ont choisi, comme c’est la méthode des responsables depuis longtemps, d’agir en aval, c’est-à-dire quand le problème devient inextricable, et non pas en amont, dans la prévention.

 

Le problème de la circulation automobile doit avoir sa solution, écologique mais surtout rationnelle, comme cela se fait dans tous les pays, par le développement du transport en commun. Cela a été rappelé très opportunément par les chercheurs réunis, il y a quelques jours, en séminaire à Batna à l’initiative du laboratoire « Management-Transport-Logistique » de la faculté des sciences économique de l’université de cette ville.

 

Les habitants des cités et des quartiers ont besoin d’espaces verts. D’ailleurs, les espaces verts sont encouragés par la loi qui, au contraire, n’a jamais imposé que l’on construise des tours commerciales et des parkings souterrains à l’intérieur des cités résidentielles.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters (20 octobre 2014).

 

Des chrétiens d’Europe se mobilisent pour l’écologie et le climat 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre en Hongrie, à l’occasion de la 10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network).

 

par Christine Kristof-Lardet

 

Assemblée de l'ECEN en Hongrie - photo Christine Kristof

Assemblée de l’ECEN en Hongrie – photo Christine Kristof

 

Planter d’anciens pommiers dans le jardin d’une église, installer des panneaux solaires sur le toit d’un monastère, aménager des nichoirs pour les oiseaux dans un clocher…

 

Autant d’actions portées par des chrétiens issus de différentes églises d’Europe qui pourraient sembler bien insignifiantes, mais qui,  par-delà leur portée symbolique, peuvent  réellement changer la face du monde car elles témoignent d’une attitude intérieure tournée vers le respect de la vie..

 

A l’heure où les regards convergent vers le sommet climat des Nations Unis qui se déroulera à Paris en 2015 (COP 21), et où nous commençons à prendre la mesure des conséquences des changements climatiques, des chrétiens, issus de diverses Eglises d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre dernier en Hongrie, à l’occasion de la  10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network), afin de s’interroger sur la responsabilité morale de l’Eglise et d’apporter des réponses concrètes à la crise environnementale, sociale et spirituelle que nous traversons.

 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, ont témoigné d’approches théologiques et écologiques de grande qualité, mais ont surtout partagé leurs expériences de terrain, inspirantes pour chacun. Ces chrétiens vivent leur engagement écologique comme un élément constitutif et essentiel de leur foi, et non comme une préoccupation périphérique. La Création étant l’œuvre de Dieu, il est tout naturel pour eux d’en prendre soin !

 

Cet engagement se décline à tous les niveaux de responsabilité, tant au niveau des institutions, avec, pour exemple, l’initiative récente prise par l’Eglise de Suède de se désinvestir totalement des énergies fossiles, qu’au niveau de certains responsables religieux, tels James Jones, Evêque de l’Eglise d’Angleterre, ou le Révérent Henrik Grape de l’Eglise de Suède, qui n’hésitent pas à interpeller les politiques.

 

Mais l’impulsion, il faut le dire, vient plus souvent de la base, des paroisses avec l’exemple des innombrables « églises vertes » ou des  « éco-congrégations » qui fleurissent aux Pays-Bas, en Suisse, en Ecosse ou en Hongrie, ou  encore des associations chrétiennes ou des individus qui tentent d’apporter des réponses pragmatiques aux problèmes locaux, qu’il s’agisse de réduire la consommation énergétique des bâtiments et des églises, de mettre en culture le jardin d’une paroisse, de promouvoir le « temps pour la création » (traduire par « temps spécifique consacré à l’écologie », du 1er septembre au 4 octobre, institué par le Patriarche Bartholomée et porté par l’ECEN), de proposer un jeûne de voiture ou un carême sans viande, ou encore de sensibiliser les enfants au respect de la nature dans les écoles chrétiennes…

 

Les initiatives de coopération telles que celles portées par l’ECEN semblent d’autant plus précieuses dans le contexte des bouleversements climatiques qui nous concerne tous. Les Eglises, unissant leurs voix, peuvent jouer un rôle déterminant pour interpeller les politiques qui porteront les négociations lors de la COP21. Des initiatives internationales tel le Jeûne pour le climat, ou le grand pèlerinage qui se prépare en provenance de plusieurs pays d’Europe vers Paris en 2015, sont le signe de la prise de conscience, au sein d’un nombre grandissant de chrétiens, de notre responsabilité partagée face au devenir de l’humanité et d’une partie du vivant sur Terre.

 

 Qu’est-ce que l’ECEN ?

 

L’ECEN (European Christian Environnemental Network) est un réseau d’églises, de communautés, d’ONG et d’individus qui, au-delà des frontières et des confessions, œuvrent pour le respect et la sauvegarde de la création. Le but de l’ECEN est de partager les informations sur l’écologie et les bonnes pratiques présentes dans les différentes traditions chrétiennes d’Europe, et d’œuvrer à une coopération efficace, notamment à travers des jumelages ou des actions communes. L’ECEN est le principal outil de la Conférence des Eglises Européennes (corollaire du Conseil Œcuménique des Eglises en France) et se réunit tous les deux ans. Cette année, deux-tiers des personnes participaient à ces rencontres pour la première fois, dont de nombreux jeunes. Dans sa mission d’interpellation des autorités religieuses et politique, deux lettres ont été rédigées durant cette dernière assemblée – une à destination des Eglises, l’autre à destination de l’Union Européenne : « Nous sommes appelés à agir localement avec une perspective globale. En tant qu’églises et communauté de foi, nous sommes appelés à prendre soin de notre voisins, et notre voisin est chaque créature vivante dans la création de Dieu. Nous appelons les églises et les responsables d’églises à travers l’Europe à répondre à la crise spirituelle et matérielle du changement climatique ! ».

 

Cet article a été publié dans l’hebdomadaire Réforme.

 

 

Comment convertir du gaz carbonique en énergie verte ?

La technologie est-elle une réponse au changement climatique ? Voilà qui suscite bien des débats. De même, le captage et la séquestration du carbone sont loin de faire l’unanimité. Dans un premier temps, nous publions un article sur un procédé qui a conquis l’un des membres de notre association.

 

par Michel Cros

 

Usine BFS à Alicante (Espagne) - photo BFS

L’usine BFS à Alicante (Espagne) – photo BFS

Alors que les conflits autour des énergies fossiles se font de plus en plus ressentir sur la planète (conflits armés, transactions financières sur les mines de charbon, exploitation du sous-sol…), l’éco-citoyen responsable, mesurant son empreinte carbone de son côté, semble bien décidé à modifier ses gestes pour utiliser une énergie moins polluante qui va surtout réduire ces gaz à effet de serre qui nous préoccupent tant.

 

Mais quand un ami me déclara, qu’on pouvait faire du pétrole avec du CO2 et que ça marche depuis 4 ans grâce à une usine installée en Espagne, je suis resté dubitatif ! Son insistance m’a encouragé à en savoir un peu plus sur cette entreprise qui a son siège à Alicante. BFS (Bio Fuel System) a réussi à mettre en application un procédé incroyable mais élémentaire permettant la conversion du gaz carbonique en pétrole artificiel, appelé Blue Petroleum, garanti sans soufre et métaux lourds.

 

Serait-ce l’émergence d’un combustible de plus sur le marché, un super algo-carburant en quelque sorte ? Une aubaine pour tous les automobilistes qui sont à la recherche de nouveaux carburants plus équitables pour la planète !

 

Sur la route de mes vacances espagnoles, je m’interroge sur la production de ce biopétrole. Vais-je pouvoir faire mon plein avec du Blue Petroleum ?

 

Son nom magique résonne déjà dans mon réservoir tellement ma pensée s’emballe, mais pourquoi ça ne s’est pas développé chez nous, alors que l’Allemagne propose aussi du carburant végétal dans ses stations services depuis longtemps ?

 

La France, qui vient juste d’accepter, via le major de l’automobile PSA, le moteur à air comprimé de M. Guy Nègre, après 15 années d’hésitation (voir ici un article de la Tribune), a-t-elle raté une opportunité de plus dans sa transition énergétique ?

 

Mais d’où vient-il, ce « pétrole bleu », au design élégamment présenté sur le web ? Est-il vraiment opérationnel et surtout, quelle est cette formule magique ?

 

Autant de questions qui vont s’accumuler jusqu’à ma venue sur place à Alicante, où je décide de rencontrer la tête pensante de l’usine pilote BFS, installée depuis 2010.

 

Bernard Stroïazzo-Mougin, le Président Fondateur de Blue Fuel System, n’a pas pu venir pour l’interview, mais son fils, Alix Stroiazzo, Directeur International Business Development, me reçoit cordialement dans leurs bureaux pour me présenter ce procédé grâce à un montage vidéo.

 

Sur la table, une rangée circulaire de bloc-notes laisse apparaître en grosses lettres la formule magique CO2 = Energy. Une formule simple, voire contradictoire comme la « vérité qui dérange » d’Al Gore . C’est d’ailleurs suite aux déclarations alarmantes de ce sénateur américain que l’application de ce procédé prit forme en 2006 dans l’esprit de Bernard Mougin, ingénieur français en thermodynamique, passionné par les recherches sur le pétrole, et soucieux d’un avenir meilleur pour les générations futures.

 

Un procédé génial inspiré par les travaux de Giacomo Luigi Ciamician, professeur de chimie à l’université de Bologne (de 1889 à 1922), qui fut le premier scientifique à faire des recherches dans le domaine des réactions photochimiques. Cet universitaire d’origine arménienne, considéré comme le père de la photochimie, proposa d’ailleurs en 1912 à New York, en amorce du VIIIe Congrès International de Chimie, l’utilisation de l’énergie solaire comme moyen de production d’un carburant artificiel pour remplacer le charbon, l’énergie fossile de l’époque.

 

Comme il en témoigne dans ses travaux :« Le rayonnement solaire peut être utilisé pour des applications industrielles. Dans des régions désertiques, inadaptées aux cultures, on pourrait installer des forêts de tubes en verre où le processus photochimique qui aurait lieu à l’intérieur de ses tubes constitue le secret le mieux gardé par la nature jusqu’à nos jours ».

 

Alors, ce secret tant recherché, quel est-il exactement ? Imaginer un procédé recréant le processus qui a lieu depuis des millions d’années dans les océans grâce à la photosynthèse pour donner tout naturellement du pétrole.

 

Car dans ces gigantesques tubes en verre, l’équipe scientifique de BFS a installé des micro-algues avec du phytoplancton et des cyanobactéries qui se multiplient à vitesse grand V sous le soleil. Leur concentration moyenne de base, qui est de 100 à 300 cellules par millilitre dans l’eau de mer, atteint 500 millions à 1 milliard de cellules par millilitre dans les réacteurs de BFS. Ces organismes vivants unicellulaires « autotrophes », appelés « échangeurs », sont les plus lointains ancêtres de toute forme de vie sur Terre et fonctionnent comme de véritables usines biochimiques miniaturisées. Leur décomposition est l’origine de ce pétrole tant convoité sur la planète.

 

Mais Bernard Mougin est allé plus loin que Luigi Ciamician, car l’inventeur français relie les rejets de dioxyde de carbone industriels directement à son usine et accélère le procédé de conversion de CO2. La photosynthèse permet alors de capter le carbone du CO2 et d’en faire une chaîne carbonée sous forme d’une bio-masse pouvant servir de carburant, avec un bonus non négligeable pour notre environnement ; pour chaque baril de pétrole utilisant environ 2 tonnes de CO2 d’émissions industrielles, 1 tonne est totalement neutralisée et ne se retrouvera plus dans l’atmosphère. Ainsi, 2.500 tonnes de CO2 ont pu être captés depuis le démarrage de l’usine en 2010.

Un bio-pétrole en quelque sorte artificiel qui plus est réducteur de CO2… Mais aussi une bio-masse (chaîne carbonée) source d’importants apports alimentaires grâce aux OMEGA (EPA, DHA…), issus des phytoplanctons, des acides gras que l’homme n’arrive pas à synthétiser, alors qu’ils sont déterminants au bon fonctionnement du métabolisme des êtres vivants. Sans compter toutes les applications pour la cosmétique. La molécule phycoérythrine découverte cette année dans les laboratoires de BFS en est un parfait exemple.

 

Bernard Stroïazzo-Mougin fabrique du pétrole avec de la fumée !

 

Le CO2, notre ennemi juré, est devenu entre ses mains un véritable allié… Un coup fumant que le gouvernement français risque de regretter dans la perspective de la COP 21, où tous les pays concernés vont devoir se réunir à Paris en 2015, pour faire le point sur le climat. Et surtout proposer des solutions. Un challenge que pourrait lancer la France sur la table internationale, annulant ainsi, le fameux dicton : « en France on n’a pas de pétrole… »

 

Mais le challenge est assurément mondial, car il suffirait d’une surface équivalente à 500 km x 500 km dans un désert pour produire 20 millions de barils par jour qui permettraient de réduire 20 % de gaz à effet de serre, affirme BFS !

 

Le rêve de Giacomo Ciamician serait-il, presque un siècle après, enfin réalisé ? Sur les terres de la province d’Alicante, s’érigent des tubes verts pointés vers le ciel de 8 mètres de hauteur, de plein pied sur 3 hectares. Un bon début, mais pas suffisant pour produire en masse du carburant, précise son fondateur qui estime la barre de démarrage pour le marché espagnol entre 50 et 100 hectares.

 

Reste à trouver 100 millions d’euros, et le « tour » est joué ! Dans l’attente de nouveaux contrats qui pourraient se concrétiser prochainement, notamment avec la Chine et le Japon (via Japan Airlines), une voie parallèle et encourageante se profile avec une participation citoyenne bien décidée à promouvoir cette nouvelle énergie verte. Des citoyens conscients que cette alternative au pétrole bio doit bien répondre à l’urgence climatique et non à une nouvelle utilisation irraisonnée de sa production.

 

Lien sur le captage et stockage du dioxyde de carbone :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Le-gouvernement-francais-soutient.html

 

Lien sur l’ozone :
http://www.asef-asso.fr/mon-air-exterieur/nos-syntheses/1959-tout-savoir-sur-la-pollution-de-l-air-en-3-minutes

 

Voyage JNE BiObernai 2014 : l’atelier de peinture bio de Patrick Fischer

Au cours de leur voyage en Alsace effectué lors du salon BiObernai, les JNE ont visité le 13 septembre 2014 l’entreprise de peinture bio de Patrick Fischer.

 

par Roger Cans

 

peinture-fischerNous partons pour Rosheim (Bas-Rhin), afin de visiter une entreprise de peinture qui, à première vue, n’a rien d’extraordinaire. Mais la visite nous ouvre les yeux sur un entrepreneur, Patrick Fischer, qui exerce un métier unique : il restaure avec des peintures élaborées à l’ancienne, avec des minéraux, des végétaux et des produits animaux naturels. L’entreprise de son père, créée en 1957, fabriquait des peintures à l’huile de lin et à la térébenthine. Lui-même a fait son service militaire dans les chasseurs alpins, ce qui l’a branché sur les Alpes. Il est devenu guide de montagne et a découvert les meubles peints, puis les fresques des monastères de Toscane.

 

Donc, pas question de se servir des peintures au vinyle ou glycérophtaliques. Il s’en tient aux vieilles recettes, plus exigeantes. Pour restaurer un vieux mur, il étale d’abord du savon noir, de la cire d’abeille, de la crème de lait, de la chaux, de la poudre de marbre et enfin les pigments. C’est ainsi qu’il restaure l’église Sainte-Aurélie, un temple protestant de Strasbourg. Les bancs de l’église, en sapin, ont été peints en faux chêne. Il doit retrouver les techniques du faux chêne ou du faux marbre, longtemps utilisées aux siècles précédents. Pour cela, il dispose d’un matériel précieux : brosses et pinceaux en poils de martre, de blaireau, de sanglier. Et même des rouleaux en latex.

 

Suprême raffinement, il cultive dans le jardin attenant à son atelier des plantes tinctoriales comme la garance, le pastel et le sureau. « J’ai le défaut d’être puriste », dit-il. Patrick Fischer est à la fois un artisan et un artiste. Ce qui fait de son entreprise une merveille d’ingéniosité et de talent.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage JNE au Salon BiObernai 2014. Sur l’entreprise de peinture Fischer, lire aussi l’article de Magali Reinert sur notre site.

 

A quoi sert l’éducation environnementale ? Le cas de l’Algérie

Plus de dix ans après son introduction dans les programmes scolaires, l’éducation à l’environnement n’est toujours pas une discipline à part entière dans les écoles et les collèges d’Algérie.

 

par M’hamed Rebah

 

En trébuchant sur les tas de déchets posés ça et là, sur le chemin de l’école, un peu partout en Algérie, les élèves ont dû se demander à quoi sert l’éducation environnementale si, entre le cours qui leur est donné en classe et la réalité concrète qu’ils vivent en dehors de l’école ou du collège, le fossé est tel qu’il enlève toute crédibilité à cette discipline.

 

En certains endroits, les mini-décharges sont carrément collées au mur de l’établissement scolaire, sans parler des nuisances sonores provoquées par les klaxons et les lecteurs de CD des véhicules qui passent à proximité et les dégagements de fumées et de gaz toxiques qui empoisonnent l’air. D’où la nécessité d’impliquer dans l’éducation environnementale, les autorités locales, élus et administratifs, et tous ceux dont la fonction a un rapport, localement, avec la qualité de l’environnement.

 

Tous ces responsables doivent être au courant de ce qui est enseigné dans ce domaine, prendre connaissance des conclusions qu’en tirent les élèves et se mettre au travail pour rendre conforme la réalité écologique locale avec ce qui est enseigné. Si cet apport fait défaut, l’éducation environnementale restera au stade théorique, autrement dit : ne servira à presque rien.

 

Là où des actions sont réalisées pour traduire dans le cadre de vie quotidien les notions qui sont enseignées en matière de protection de l’environnement, il s’agit surtout d’initiatives isolées et même improvisées par des enseignants qui se trouvent être en même temps militants d’associations écologiques et parfaitement convaincus. Il est à se demander si les enseignants chargés de dispenser les cours d’éducation environnementale ont la formation exigée pour le faire avec la plus grande efficacité. Car, il faut parler de tri des déchets, d’économie de l’eau, d’économie d’énergie, de confort sonore, et y compris, pourquoi pas, de l’agriculture biologique. D’autre part, n’y a-t-il pas une carence dans le soutien qui doit leur être accordé, à la fois au plan pédagogique, et moral aussi, pour valoriser leur effort au sein de la société ?

 

Le nombre impressionnant d’élèves concernés par la rentrée 2014/2015 en Algérie, dépassant les 8 600 000, doit être mis en rapport avec la tendance à la dégradation de l’environnement qui touche toute la société, pour comprendre l’importance de l’éducation environnementale si on veut renverser la vapeur et aller vers l’amélioration du cadre de vie et de la qualité de l’environnement.

Faut-il rappeler la visite d’inspection effectuée en janvier dernier par les membres d’une commission de l’Assemblée populaire de la wilaya (APW) d’Alger dans des établissements scolaires (écoles primaires, collèges d’enseignement moyen, lycées) de la capitale et le spectacle ahurissant qu’ils ont constaté : décharges aussi bien à l’intérieur des écoles que dans les alentours immédiats des établissements, déversement d’eaux usées… On l’a déjà dit : seuls les marchés de proximité rivalisent en saleté, bruit et pollution avec les établissements scolaires, alors que ces lieux devraient être totalement exempts de nuisances.

 

L’éducation environnementale a été introduite progressivement dans le système de formation depuis la rentrée 2002-2003 sous la supervision d’une commission interministérielle de coordination et de suivi du programme. Les supports pédagogiques, comme les guides et les mallettes, n’ont pas manqué, tous les établissements ont en été dotés. Peu d’informations ont toutefois circulé sur l’évaluation de cette expérience et sur les leçons qui en ont été tirées. Est-ce que l’éducation à l’environnement est considérée comme une discipline à part entière avec un enseignement distinct et obligatoire et un horaire précis, mettant en œuvre des méthodes pédagogiques appropriées ? Le mouvement associatif et les responsables locaux sont-ils associés à cette démarche ? On ne le sait pas.

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

 

Oran, capitale algérienne des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables occupent une bonne place dans l’actualité écologique de cette rentrée… à Oran (Algérie).

 

par M’hamed Rebah

 

era_logo_neu_7565Du lundi 27 au mercredi 29 octobre 2014, se tiendra dans cette ville, au centre des Conventions, le 5e Salon international des énergies renouvelables, énergies propres et du développement durable (ERA 2014). Après les trois éditions tenues à Oran (la première s’était déroulée à Tamanrasset), cette manifestation fait maintenant partie des traditions de la capitale de l’Ouest algérien.

 

Le cinquième Salon est appelé à confirmer sa fonction de rendez-vous des opérateurs qui œuvrent dans les domaines des énergies renouvelables et du développement durable, qu’ils soient installés en Algérie ou à l’étranger. Organisé par Myriade Communication, sous le haut patronage du président de la République, et avec le soutien de la wilaya d’Oran, le Salon ERA est devenu, en fait, le moment privilégié pour savoir où on en est dans le développement des énergies renouvelables et énergies propres, et dans le développement durable, tout court.

 

Cette sorte d’« actualisation » est visible dans l’espace réservé aux expositions des entreprises et organismes, algériens ou étrangers, et se fait également à travers les communications présentées dans le cycle de conférences qui accompagne le Salon. La présence maintenant habituelle, dans le Salon ERA, des chercheurs et des étudiants indique l’importance accordée par les organisateurs aux deux segments complémentaires de la formation et de l’emploi dans ces filières. Le secteur des énergies renouvelables est indéniablement un gisement d’emplois qui reste encore quasiment inexploité en Algérie.

 

Selon les informations données par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), au Brésil, un pays qui occupe la deuxième position mondiale, après la Chine, en matière de création d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables, plus de 5,7 millions de personnes travaillent dans ce secteur. L’essentiel de ces emplois se concentre dans le secteur des biocombustibles, notamment de l’éthanol, le reste concerne le secteur éolien avec un montant de 1,2 milliard de réais (2,2 réais = 1 dollar) investis par le Brésil pour l’implantation de 10 parcs éoliens, alors que 3 autres devraient être ouverts d’ici 2017. En œuvrant à la promotion des branches industrielles liées au développement des énergies renouvelables, le Salon ERA a commencé à contribuer à défricher le terrain de l’emploi sur cette voie.

 

Il faut noter que le 5e Salon ERA a été précédé par un atelier méditerranéen sur les énergies renouvelables, le premier du genre, qui était organisé du 23 au 25 septembre, toujours à Oran, par le bureau régional pour la Méditerranée de R 20. L’annonce en a été faite par Rachid Bessaoud, directeur du bureau R 20 MED, en marge d’un atelier sur la modernisation de la gestion des déchets ménagers, ouvert mardi dernier à Ain El Turck. Les organisateurs prévoyaient la participation d’experts internationaux dans le domaine des énergies nouvelles et énergies propres, ainsi que des représentants d’institutions nationales et internationales activant dans le domaine, de même que celle d’institutions financières internationales telles que la Banque africaine de développement. D’après les chiffres de l’IRENA, en 2013, 214 milliards de dollars (165 milliards d’euros) ont été investis dans les énergies renouvelables.

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

 

Ljubljana, capitale verte européenne 2016

Après Nantes (France) pour 2013, Copenhague (Danemark) pour 2014 et Bristol (Royaume-Uni) pour 2015, Ljubljana, capitale de la Slovénie, s’est vue attribuer, en juin dernier, par la Commission européenne le titre de « Capitale verte européenne 2016 ».

 

par M’hamed Rebah

 

Ljubljana, ville de 283 000 habitants, est ainsi récompensée pour sa contribution à la protection de l’environnement. Le jury l’a choisie après une évaluation sur la base de douze indicateurs : la contribution locale à la lutte contre le changement climatique planétaire, le transport local, les espaces verts urbains, le bruit, la production et la gestion des déchets, la nature et la biodiversité, la qualité de l’air, la consommation d’eau, le traitement des eaux usées, l’éco-innovation et l’emploi durable, la gestion de l’environnement par les pouvoirs locaux et la performance énergétique. En résumé, ce qui est examiné, c’est ce qui est fait par la ville pour améliorer la qualité de la vie de sa population en tenant systématiquement compte de l’environnement dans l’aménagement urbain.

 

Les responsables locaux qui voudraient savoir en quoi consiste une bonne politique urbaine devraient aller visiter Ljubljana et s’inspirer de son exemple pour le traduire chez eux. Ils ne perdraient pas leur temps, et pourraient profiter de l’expérience en matière de politique de gestion des déchets urbains en prenant connaissance de ce qui est envisagé à Ljubljana qui a rejoint, avec trois autres villes de Slovénie, le réseau Zero Waste Europe, dont l’objectif est de réduire les déchets et le gaspillage et de favoriser le recyclage.

 

Les agences de presse nous font savoir que Ljubljana a adopté en juillet 2014 « une stratégie dite zéro déchets à l’horizon 2035, la ville se fixant pour objectif de réduire la quantité annuelle de déchets résiduels par habitant à 60 kg, de limiter la quantité de déchets mis en décharge à 30 kg, et d’augmenter le taux de recyclage à 75 % ».

 

Le système adopté en Europe ressemble à un jeu d’enfants dans une cour d’école. Il s’appelle l’économie circulaire et consiste à faire du déchet de l’un, la ressource de l’autre, ce qui aurait pour avantage de « faire plus et mieux avec moins » ; « plus et mieux » en produits et en cadre de vie et « moins », en ressources comme l’eau et l’énergie qui deviennent rares et couteuses.

 

En prenant cette voie, l’Europe compte, en 2020, arriver au recyclage de la moitié des déchets ménagers et éliminer les décharges. Les premiers à être mobilisés pour une telle politique, si l’Algérie venait à l’adopter, seront à coup sûr tous les riverains des centres d’enfouissement technique (CET), qui souffrent de leurs effets indésirables : odeurs nauséabondes des déchets et bruit et rejets gazeux des camions qui ramènent les ordures.

 

Nos élus seraient également bien inspirés d’aller faire un tour en Autriche qui est, dit-on, l’exemple à suivre pour ce qui est de « zéro déchet ». Ils pourraient se convaincre que ce qui est fait dans ce pays est à la portée de n’importe quel autre, comme le système de collectes bimensuelles qui permet de récupérer directement chez les consommateurs leurs emballages vides. Mais pour y parvenir, il faut passer le test du « zéro déchet » autour des établissements scolaires. Un bon défi pour les ministres de l’Education nationale et de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, si les élus locaux acceptent de jouer le jeu.

 

Autre pays à visiter, le Burkina Faso où, à partir du 1er janvier 2015, l’importation, la vente et la distribution des emballages plastiques non biodégradables, autrement dit les sachets plastiques, seront interdites. C’est la façon adoptée par ce pays africain pour « réduire la quantité ou la nocivité des déchets produits, en intervenant à la fois sur leur mode de production et de consommation». Dans ce pays, on appelle cela la « prévention des déchets ».

 

L’économie de ressources et la prévention sont des notions inconnues en Algérie, où la bahbouha (aisance) financière fait tourner les têtes vers le « tout équipement » : barrages et stations de dessalement pour l’eau, centrales électriques pour l’électricité, CET pour les déchets…

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.