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Catégorie ‘Actualités internationales’

Miguel Arias Cañete et le climat, le fiasco prévisible

L’objectif des Vingt-Huit de réduire d’au moins 40 % leurs émissions d’ici à 2030 n’est qu’un effet d’annonce. Pour en juger, il suffit de lire les réponses au Monde* de Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l’action climatique et à l’énergie.

 

par Michel Sourrouille

 
Pourquoi l’Europe s’est-elle orientée vers un marché du carbone et non vers une taxe carbone ?

 

Miguel Arias Cañete : Nous avons mis en place un marché du carbone pour lancer un signal aux entreprises. Si ce signal est puissant, il sera plus facile d’avancer vers la décarbonisation. Des pays comme la Chine ou les Etats-Unis ont eux aussi leur marché carbone, mais notre modèle est le plus organisé au monde, avec son mécanisme de droits d’émission diminuant année après année.

 

Commentaire de Michel Sourrouille : Il est significatif que le commissaire européen ne dit absolument rien sur la taxe carbone pourtant contenue dans la question. Cela veut dire que le meilleur moyen de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, le signal prix constitué par une taxation du carbone, n’est plus une mesure envisagée au niveau européen.
Rappelons aussi que le marché du carbone a été inventé au début des négociations sur le réchauffement climatique par les Américains pour qu’on ne prenne pas de mesures contraignantes. Or les USA, après avoir obtenu toutes les compromissions qu’ils voulaient (marchandisation de l’effet de serre, bluff des puits de carbone…), ont abandonné le protocole de Kyoto dès qu’il s’agissait de signer.
D’une certaine manière, un marché carbone pourrait renchérir l’utilisation des énergies fossiles, donc limiter la consommation. Mais le passé plaide contre cette méthode qui dépend de décisions politiques, l’attribution de quotas, et d’un contexte socio-économique. Avec la crise financière de 2008, le prix du CO2 s’était effondré : 25 euros la tonne en 2008, 7 euros en 2012, puis 5 euros en avril 2013. Comme le Parlement européen avait rejeté une proposition de la Commission européenne de restreindre le nombre de « permis de polluer » pour relever le cours du CO2, le prix de la tonne avait frôlé les 3 euros. Aujourd’hui encore, le prix du carbone fluctue en Europe depuis 18 mois entre 5 et 7 euros la tonne, ce qui est beaucoup trop faible. Loin des propositions de la commission Rocard de juillet 2009 : « Il faut atteindre en 2030 un prix du gaz carbonique émis de 100 euros la tonne en démarrant à 32 euros. »

 

Comment l’Europe espère-t-elle atteindre son objectif de 40 % de réduction de ses émissions globales ?

 

Miguel Arias Cañete : Notre objectif de 40 % a besoin du développement des énergies renouvelables. Nous devons faire aussi d’importants efforts d’efficacité énergétique. Il nous faut également développer les infrastructures de recharge pour populariser les voitures électriques. La Commission est en train de finaliser un paquet transport pour lancer la voiture électrique à l’échelle européenne.

 
Commentaire de Michel Sourrouille : le scénario Négawatt se décline normalement en trois temps : sobriété, efficacité, renouvelables. Pour le commissaire européen, l’idée de sobriété passe complètement à la trappe. Or la réduction de nos besoins est pourtant le moyen le plus efficace de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Notons aussi que le potentiel maximum des énergies renouvelables est bien moindre que notre consommation actuelle basée sur les énergies fossiles.
Enfin, l’efficacité énergétique, c’est-à-dire des prouesses technologiques plus ou moins réalisables, restera de son côté une cause minime d’économies d’énergie. De toute façon, l’idée d’un passage aux voitures électriques montre que Miguel Arias Cañete ne comprend rien à la problématique de l’énergie. L’électricité n’est pas une source d’énergie, il faut la produire. La voiture électrique n’est donc pas du tout neutre en tant que bilan carbone au niveau mondial. Cela présuppose aussi que nous ne changeons rien à nos habitudes de mobilité. La sobriété énergétique n’est toujours pas à l’ordre du jour.

 

L’Union européenne vient de décider de renforcer ses infrastructures gazières…

 

Miguel Arias Cañete : Oui, car nous devons faire face à un problème de sécurité énergétique important. La situation géopolitique nous contraint à trouver des sources complémentaires aux importations de gaz en provenance de Russie. Il existe d’autres sources, l’hydraulique, le nucléaire, le gaz de schiste. Chaque Etat reste autonome dans le choix de son mix énergétique.

 
Commentaire de Michel Sourrouille : Comme l’ensemble de nos dirigeants actuels, le commissaire européen n’envisage qu’une politique de l’offre et pas une politique de réduction de la demande d’énergie. Si une source d’énergie manque, on en trouvera d’autres ! Or le recours au nucléaire et au gaz de schiste pose d’innombrables problèmes que Miguel Arias Cañete laisse complètement de côté.
Enfin, l’autonomie énergétique proclamée de chaque pays européen montre qu’il ne pourra pas y avoir d’homogénéité dans la vision européenne d’une conférence climatique : il faudra s’aligner sur le moins-disant, réalité fort différente des proclamations chiffrées.

 
Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, veut faire de l’Europe la championne du monde des énergies renouvelables. Est-ce réaliste, avec des pays fortement dépendants des énergies fossiles ?

 
Miguel Arias Cañete : La croissance des énergies renouvelables suppose de gros efforts d’interconnexion électrique, d’infrastructures, de capture et stockage du carbone. Il est impossible de faire une substitution absolue d’un jour à l’autre. Le charbon et le gaz vont rester pour des années encore une source d’énergie pour l’Europe.

 
Commentaire de Michel Sourrouille : Cette réponse est déjà un aveu d’échec. La civilisation de l’après-carbone n’est pas pour demain, et ce n’est pas la conférence sur le climat à Paris en décembre prochain qui changera la donne. Il faudra attendre le prochain choc pétrolier pour enfin prendre conscience que notre mode de vie actuel n’est pas durable. Comme le marché carbone ne fonctionne pas, comme la taxe carbone est mise aux oubliettes par nos gouvernants, comme on est incapable de raisonner en terme de sobriété énergétique, le rationnement par une carte carbone deviendra inéluctable quand la pénurie se fera sentir. C’est ce que nous prévoyons sur notre blog depuis 2009.

 
* Le Monde du 31 mars 2015, « Le rendez-vous de Paris sur le climat sera crucial ».

 

 


 

Les femmes dans le combat pour le développement durable

Le 3 mars, c’était la Journée africaine de l’environnement. Elle est passée inaperçue en Algérie. Cette Journée aurait pu être l’occasion d’un hommage à la Kényane Wangari Maathai, une militante écologiste qui a été désignée prix Nobel de la paix 2004, pour récompenser son combat en faveur de la protection de l’environnement, du développement durable et de la démocratie.

 

par M’hamed Rebah

 

Wangari_Maathai

Wangari Maathai

Wangari Maathai a mis en œuvre un programme qui a permis de planter 30 millions d’arbres dans le cadre du reboisement comme facteur de sécurité alimentaire et de développement durable. Elle avait fondé en 1977 le Green Belt Movement (le Mouvement de la ceinture verte) pour défendre les forêts, menacées par la spéculation immobilière. Son combat non-violent lui a valu d’être à plusieurs reprises emprisonnée, battue par la police avec les militants de son mouvement. En 2002, elle a été vice-ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles. Wangari Maathai est décédée le 25 septembre 2011 à l’âge de 71 ans des suites d’un cancer. Elle a été surnommée affectueusement « mama miti », la maman des arbres en swahili.

 

Son mouvement s’était opposé avec succès à des projets de déforestation en résistant à la forte pression des promoteurs et des investisseurs dans le domaine du tourisme qui veulent développer les parcs animaliers au détriment des ressources naturelles et des forêts. Ce n’était pas par rejet aveugle de cette activité économique, mais Wangari Maathai voulait que les projets touristiques respectent le principe du développement normal et ne bouleversent pas la région. Son souci était de protéger les ressources naturelles et de défendre les droits des populations à les exploiter. Elle a réussi à mobiliser les femmes kenyanes dans la lutte pour protéger les forêts face à des projets d’exploitation anti-écologiques. Depuis 2012, la Journée africaine de l’environnement a été baptisée Journée Wangari Maathai.

 

Le combat des femmes pour l’environnement a été mis en évidence, en Algérie, d’une façon totalement inédite, par la présence féminine massive dans le mouvement de contestation des activités d’exploration du gaz de schiste à In Salah. Il ne s’agit pas de femmes qui font partie habituellement de l’élite qui milite dans les partis politiques et dans les associations, mais de femmes simples, dirait-on, qui sont là auprès des hommes et des enfants pour donner plus de poids aux actions initiées par les jeunes qui, eux, sont organisés dans des associations écologiques.
Le 8 mars, peut-on lire dans l’édition du 9 mars 2015 de Reporters, «les femmes ont marché en masse aux côtés des hommes pour dire non au gaz de schiste et pour la poursuite de la protestation quelle que soit la conjoncture. Une femme a pris la parole à la place de la Résistance pour demander à l’assistance de rester mobilisée jusqu’à la satisfaction de leur revendication, à savoir l’arrêt de toute activité de gaz de schiste à In Salah et ailleurs. A Tamanrasset-ville, des centaines de personnes, dont beaucoup de femmes, ont marché dans les rues pour apporter leur soutien aux citoyens d’In Salah ». Cette région n’arrête pas de surprendre ceux qui ne la connaissent pas : à la pointe du combat écologique anti gaz de schiste, In Salah est également un exemple en matière de participation de la femme aux luttes pour le développement durable.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

 


 

Jean-Jacques Annaud, écologiste ?

« Si Pékin est envahi par des nuages de poussière, c’est à cause de la disparition des loups » affirme Jean-Jacques Annaud.

 

par Marc Giraud

 

Jean-Jacques Annaud pendant le tournage du « Dernier Loup » – photo © Mars Distribution

La discussion se déroule à l’inauguration de l’expo du Parc zoologique de Paris, le 16 février dernier. Le réalisateur du Dernier Loup (lire notre critique ici) explique : « Les loups chassent les marmottes (peut-être bien des sousliks) et les empêchent de proliférer. La disparition des prédateurs entraîne un surpâturage qui élimine les herbes protectrices des sols, il ne reste que de la poussière ». Ecologiste, Annaud ? À sa manière. Il aime les paysages grandioses et les animaux impressionnants, et les célèbre incontestablement dans ses œuvres.

 

Supposant que son film témoigne d’une sensibilité au problème, je demande à Annaud ce qu’il pense de la situation du loup en France et de l’utilité de le protéger. Et là, il se montre beaucoup plus prudent, bottant en touche en renvoyant dos à dos bergers et écologistes. Annaud ne s’aventurera pas dans un domaine qu’il ne semble pas connaître, et n’entend pas être « l’étendard d’une cause ». Il préfère conclure : « mes films parlent d’eux-mêmes ». La fiction ne rejoindra pas la réalité.

 

 

SOS lancé par les écologistes d’Oran : le lac Télamine réceptacle des eaux usées des environs

Bien que classé sur la liste Ramsar, le lac Télamine reçoit des eaux polluées provenant des communes environnantes et de la zone industrielle de Hassi Ameur.

 

par M’hamed Rebah

 

« Les zones humides pour notre avenir », c’était le thème, en 2015, de la Journée mondiale qui est consacrée à ces écosystèmes le 2 février de chaque année.  Le bref communiqué de l’Unesco publié à cette occasion, rappelle qu’elles sont souvent traitées comme des espaces à l’abandon et cite un chiffre qui devrait donner à réfléchir sur l’état de la nature : 64 % des zones humides de la planète ont disparu depuis 1900. Elles sont pourtant considérées comme les écosystèmes les plus divers et les plus productifs. Les spécialistes soulignent leur rôle primordial dans la préservation des ressources en eau et la lutte contre les inondations, qui sont des préoccupations majeures dans le contexte actuel d’incertitude causée par les problèmes d’environnement.

 
220px-RAMSAR-logoLa Convention de Ramsar donne la définition suivante des zones humides : ce sont « des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eaux marines dont la profondeur à marée basse n’excède pas 6 mètres ».
 
En Algérie, cette définition recouvre les chotts, sebkhas, lacs et marais (eau douce, saumâtre ou salée), oueds, gueltas, oasis et barrage. La convention de Ramsar, ratifiée par l’Algérie en 1982, a pour mission « la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ».  L’Algérie s’est engagée dans une démarche pour le classement, la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides, au nombre de quelque 1700 aujourd’hui. Cinquante sites sont classés Ramsar, d’importance internationale, et dix sites prioritaires ont été retenus par le ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement pour être dotés d’un plan de gestion assurant leur gestion rationnelle et durable. Les 50 zones humides inscrites sur la Liste sont reconnues comme ayant une valeur importante non seulement pour l’Algérie, mais aussi pour l’humanité tout entière.
 

L’inscription sur la Liste Ramsar engage le gouvernement algérien à prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien des caractéristiques écologiques qui ont permis le classement des sites concernés. Dans la réalité, en Algérie, ce classement ne protège pas contre les atteintes aux zones humides. La preuve en est donnée par la situation du lac de Telamine (2,3999 hectares), à l’est d’Oran, classé le 12 décembre 2004 sur la Liste Ramsar. Selon le journaliste de Reporters (édition du dimanche 1er février), les usines rejettent à partir de la zone industrielle de Hassi Ameur, des déchets liquides ou solides dans les systèmes d’évacuation des eaux pluviales qui déversent dans le lac Telamine. L’APS (Algérie Presse Service) a rapporté, de son côté, l’appel des participants à une rencontre sur les zones humides, organisée samedi 31 janvier à Gdyel (Oran), à l’arrêt immédiat des déversements des eaux usées, provenant des communes environnantes et de la zone industrielle de Hassi Ameur, dans le lac Télamine. Un membre de l’association Boudour a lancé un véritable cri d’alarme : « Il faut empêcher le plus tôt possible les déversements des eaux usées des communes de Benfréha, Hassiane Toual, Hassi Ben Okba, Hassi Mefsoukh et Gdyel, y compris la zone industrielle de Hassi Ameur qui affluent sans traitement, en moyenne 10.000 mètres cubes par jour, endommageant la faune et à la flore de ce lac ». Ils demandent la mise en place d’une station d’épuration des eaux usées pour éviter la pollution du lac. C’est un projet en cours.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

La stratégie de gestion des zones humides en Algérie

Des ateliers seront organisés pour la société civile et les ONG.

 

par M’hamed Rebah

 

La Direction générale des forêts (DGF) sollicite la participation de la société civile et des associations dans le cadre de sa stratégie nationale multisectorielle pour la préservation des zones humides en Algérie. Des ateliers seront organisés prochainement avec la communauté scientifique, la société civile et les différents secteurs concernés pour vulgariser cette stratégie, a indiqué Ghania Bessah, sous-directrice chargée de la protection des aires protégées à la DGF, citée par l’APS (Algérie Presse Service).

 

« L’objectif final de cette stratégie est d’arriver à un schéma de gouvernance de ces zones humides où tous les secteurs seront représentés, y compris les unités industrielles », a-t-elle souligné le 2 février à Reghaïa, à l’occasion de la cérémonie de célébration de la journée mondiale des zones humides qui s’est déroulée dans le Lac de Reghaïa, en présence du secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Fodhil Ferroukhi, et du directeur général des Forêts, Mohamed Seghir Noual. Selon la DGF, la stratégie actuellement « en cours d’élaboration » vise, au même titre que d’autres activités prévues, la sensibilisation sur les différentes menaces qui pèsent sur les zones humides et qui sont souvent causées par les diverses activités humaines, nécessitant de construire « une réflexion ensemble pour les préserver afin d’assurer notre avenir ».

 
logo-medwetL’initiative de la DGF d’associer les associations écologiques à la stratégie de préservation des zones humides rejoint le projet en cours de lancement du Réseau MedWet de la société civile en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Ce projet concerne le renforcement des capacités des organisations de la société civile qui œuvrent dans le domaine de l’environnement, et a pour objectif d’asseoir une collaboration entre les institutions administratives et ces organisations de la société civile autour de la préservation des zones humides.

 
Cette démarche participative est devenue une urgence pour faire face plus efficacement à la dégradation des zones humides et au risque de leur disparition si rien n’est entrepris sérieusement pour leur préservation. Le Lac de Reghaïa, qui se trouve pourtant dans la banlieue de la capitale et qui bénéficie donc, grâce à sa proximité des centres de décision, de toute l’attention des autorités, n’a pas échappé aux menaces de dégradation. Le constat en a été fait une nouvelle fois par le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural: « le Lac de Réghaïa subit actuellement une forte pression due à l’extension urbaine et aux unités industrielles implantées autour de cette zone humide ». Il juge que « la situation ne doit pas continuer comme ça. Des dispositions doivent être prises pour que la règlementation soit appliquée rigoureusement ». En fait, les dispositions ont été prises puisque lui-même annonce, selon l’APS, que la wilaya d’Alger a établi un diagnostic et adressé récemment des mises en demeure aux unités industrielles responsables de la pollution du lac de Réghaïa. Les usines polluantes, dont une cinquantaine déversent leurs rejets directement dans le lac, doivent réaliser des stations d’épuration. Il reste à faire appliquer ces dispositions, répétées, force est de le rappeler, à chaque 2 février. Depuis que la zone industrielle de Rouiba-Reghaïa existe, il y a toujours eu des rejets d’eaux polluées, chargées de produits chimiques toxiques, dans le lac via deux cours d’eau.

 
Il faut savoir que le Lac de Reghaïa est inscrit sur la Liste de Ramsar depuis juin 2003. Il doit cette distinction à ses caractéristiques écologiques qui en font le lieu de fréquentation de milliers d’oiseaux d’eau avec en moyenne annuelle 47 espèces locales et migratrices, selon les statistiques du Centre cynégétique qui se trouve dans le site du lac. Cinq écosystèmes différents y cohabitent: marin, marécageux, dunaire, lacustre et forestier. Sa faune est constituée de 206 espèces d’oiseaux (flamant rose, canard souchet, col vert, bécassine,…), de 21 espèces de mammifères (chacal, genette, sanglier, renard famélique, etc.), de 12 espèces de poissons, de 170 espèces d’invertébrés (insectes, arachnides…) et de 71 espèces de reptiles et d’amphibiens. Sa richesse floristique est composée de 233 espèces de plantes inventoriées et de 25 espèces de flore marine. Cet espace exceptionnel, tout près de la capitale, mérite un minimum d’égards. En chiffre, ce minimum doit se traduire, pour la zone industrielle voisine, par « zéro mètre cube d’eaux usées non épurées » à la sortie des usines.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

Algérie : dialogue de sourds et épreuve de force à In Salah autour des gaz de schiste

La visite de Youcef Yousfi, ministre algérien de l’Energie, n’a rien donné.

 

par M’hamed Rebah

 

Le débat des experts algériens sur l’exploitation du gaz de schiste, entre pro et anti, qui semblait confiné à un moment aux salles où se tiennent les conférences ou aux colonnes de la presse qui accueillent les points de vue contradictoires, ou alors aux plateaux des chaînes de télévision privées, a, en définitive, eu son impact sur les populations riveraines des bassins censés contenir des réserves exceptionnelles de cet hydrocarbure non conventionnel et où a été envisagé et même engagé un processus qui doit conduire à son exploitation, selon les projets du gouvernement.

 

C’est le cas du bassin d’Ahnet, près d’In Salah, motif d’une contestation qui a amené la population à sortir dans la rue, pacifiquement, pour demander la fermeture du puits-pilote qui a été foré et qui aurait, aux dires du ministre de l’Energie, Youcef Yousfi, donné des résultats prometteurs. La manifestation de protestation qui a commencé à la fin de l’année 2014 n’est pas une surprise, elle était prévisible après les actions sporadiques lancées par des associations ces derniers mois dans la même région.

 

Mais cette fois, c’est toute la population, y compris les femmes et les enfants, qui se sont impliqués dans cette action qui a même débordé sur les institutions élues puisque l’APS (Algérie Presse Service) rapporte que le président de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), Dahmane Hamza, s’est associé à la demande des protestataires et a interpellé les pouvoirs publics pour « suspendre d’urgence, temporairement, le projet d’exploitation du gaz de schiste ». Il souhaite qu’une issue consensuelle soit trouvée à cette situation.

 

Sa proposition aurait pu aboutir. Le ministre de l’Energie a accepté de rencontrer les élus locaux et les représentants de la société civile, à In Salah. Mais il a cherché à convaincre que l’exploitation du gaz de schiste à In-Salah ne comporte pas de dangers. Il n’a pas réussi à faire admettre l’idée qu’il n’y avait pas d’autre alternative. La réunion s’est terminée sans aucun accord entre les deux parties sur la fermeture du puits de Dar Lahmar, à 28 km d’In Salah, qui est l’unique revendication des protestataires.

 

C’est une sorte de dialogue de sourds qui a eu lieu : le ministre est allé à In Salah à la rencontre de la population pour la convaincre d’adhérer au projet du gouvernement d’exploitation du gaz de schiste alors que la population attendait du ministre l’annonce de la fermeture du puits. Le ministre qui a appelé les représentants des protestataires à faire preuve de sagesse s’est engagé à leur organiser une mission d’information, en compagnie d’experts, à l’étranger, « pour en avoir le cœur net ». Et dans le cas contraire, selon le compte rendu de l’APS, il a promis qu’« il sera procédé à l’arrêt de l’exploitation du gaz de schiste dans la région ».
D’après d’autres sources médiatiques, les représentants des protestataires ont proposé de suspendre l’opération sur le puits de Dar Lahmar et d’en rediscuter dans un an, le temps de vérifier toutes les hypothèses. Cette impasse dans le dialogue a amené les représentants de la société civile à quitter la réunion sans écouter plus longtemps les arguments du ministre qui était accompagné, dans ce déplacement, par un groupe d’experts. Pendant que Youcef Yousfi se trouvait à In Salah, près de 500 personnes, en majorité des étudiants, participaient, selon l’APS, à une marche à 700 km de là, à Tamanrasset, chef lieu de la wilaya, scandant des slogans appelant à « arrêter l’exploitation du gaz de schiste ». Comment va évoluer cette situation ? Le Premier ministre ira-t-il sur place pour, à son tour, appeler la population à « la sagesse » et à renoncer à sa contestation ? Ira-t-il jusqu’à remettre en question le projet pour le relancer plus tard sur d’autres bases, avec, notamment, l’adhésion de la population ? Ou alors le pire, c’est-à-dire l’accentuation de l’épreuve de force ? Rien, pour le moment, ne permet de le savoir.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

Première opposition sérieuse à l’exploitation du gaz de schiste en Algérie

La contestation fait tache d’huile.

 

par M’hamed Rebah

 

Ceux qui pensaient que les gens d’In Salah, riverains du bassin d’Ahnet, où se trouve le premier forage pilote algérien de gaz de schiste, étaient « moins regardants » sur la question écologique, constatent aujourd’hui qu’ils se sont lourdement trompés. C’est dans cette ville saharienne que se déroule, depuis le 31 décembre dernier, la plus importante manifestation populaire d’opposition à l’utilisation de la fracturation hydraulique et à l’exploitation du gaz de schiste en Algérie.

 

Le contexte angoissant créé par la chute des prix du pétrole, n’a rien changé à la détermination des manifestants qui exigent la fermeture du puits. Le seul argument officiel donné jusque là par le ministre de l’Energie, Youcef Yousfi, se fonde sur les résultats attendus de cette aventure : 20.000 milliards de mètres-cubes de gaz récupérables à partir du bassin d’Ahnet. Pour le ministre, les réserves de gaz de schiste sont très importantes et peuvent être utiles au pays: « nous ne pouvons pas les laisser inexploitées ».

 

On apprend, incidemment, que le forage du premier puits-pilote de gaz de schiste en Algérie, a été entamé en août 2008 et que, dans le même bassin d’Ahnet, « le groupe Sonatrach a déjà entamé le forage d’un deuxième puits sur les cinq puits d’exploration prévus à cet effet ». Autre information qui n’a sans doute pas laissé indifférents les riverains de ce bassin : la phase de développement qui précède celle de la production pourrait intervenir dans trois ans. La seule condition qui remettrait en cause ce processus est d’ordre économique : la phase production ne pourrait être envisagée que si la rentabilité commerciale du gaz d’Ahnet est prouvée, a affirmé le ministre.

 

Petite assurance donnée aux riverains et aux écologistes : «  le groupe Sonatrach a prévu une gestion intégrée des rejets de forage pour une meilleure protection de l’environnement, qui permet de recycler et de réutiliser de la boue ainsi que les eaux utilisées sur chantier dans l’opération de la fracturation hydraulique qui libère le gaz de schiste de la roche qui le renferme ». Quand les députés ont commencé à s’intéresser au gaz de schiste, en décembre 2012, à l’occasion de la révision de la loi sur les hydrocarbures, le mal avait déjà commencé.

 

En octobre dernier, une chaîne de télévision algérienne privée avait révélé que l’étude d’impact du projet d’exploitation du gaz de schiste annoncé par les autorités, n’était pas encore prête. Selon la loi algérienne, aucune activité réputée polluante et dangereuse ne peut commencer si ce document n’a pas été signé par l’autorité compétente en la matière, c’est-à-dire dans ce cas précis, la ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Cette obligation légale est incontournable, surtout dans ce cas.

 

Les habitants d’In Salah ont exprimé, de façon pacifique mais suffisamment spectaculaire pour alerter tout le monde, leurs inquiétudes légitimes devant les risques potentiels, sur l’environnement et la santé, des produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique mise en œuvre pour l’exploitation du gaz de schiste et sur les ressources en eau. La propagande que les pro gaz de schiste diffusent sur l’exemple des Etats-Unis qui se sont lancés dans cette aventure, n’a convaincu personne. Au contraire, beaucoup d’Algériens se sont ralliés aux arguments des anti-gaz de schiste, y compris dans le sud du pays, là où cette exploitation a commencé. La preuve en est donnée par le mouvement citoyen qui fait tache d’huile autour d’In Salah, centré sur un seul mot d’ordre : « non au gaz de schiste ! ». Les propos des manifestants rapportés par les chaines de télévision algériennes privées traduisent leur esprit de responsabilité et leur niveau de conscience. Ils ont l’alternative au gaz de schiste. Pourquoi ne pas les écouter ?

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

Climat : pour tout savoir sur la conférence COP20 de Lima

L’AJEC21, l’association sur le climat que les JNE ont créée avec l’AJE, a commencé très sérieusement son travail (formation, site, rendez vous).

 

LogoAJEC21Pour tout savoir sur la conférence COP20 qui se déroule actuellement à Lima, vous pouvez nous retrouver sur le site élaboré par Pierre Demeure  : www.ajec21.org. Vous y trouverez régulièrement des articles sur l’évolution des négociations, comme ce point à mi-parcours posté le 6 décembre par Dominique Martin Ferrari, et une rubrique agenda très fournie.

 

Vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter :  @Ajec21climat.

 

On vous recommande chaudement aussi ce site de « liveblogging » où l’on trouve des liens avec les webcasts officiels de la conférence, les « livetweets » postant tous les tweets avec les hashtags #COP20 et #LimaCOP20, ainsi que quantité de liens, articles et photos.

 

Les dauphins pourraient enfin avoir leurs propres programmes de réintroduction en Europe.

À Cerbère, près de la frontière espagnole, le Dolphy Centro va se consacrer à la réintroduction en mer des dauphins issus des delphinariums.

 

par Frédérique Gilbert

 

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Cerbère @ Frédérique Gilbert

La série Flipper le dauphin a donné une popularité sans limites aux dauphins. En 1966, le premier delphinarium s’installait en Europe.

 

Des dizaines de parcs aquatiques ont ouvert un peu partout, notamment en France, en Espagne, en Belgique, en Hollande, au Portugal …regroupant diverses sortes de cétacés.

 

Mais vite, des voix se sont élevées contre la captivité de ces animaux.
Les conditions de vie des delphinariums sont critiquées sur divers points. La Suisse, le Royaume-Uni, la Hongrie, Le Costa Rica, l’Inde et le Chili interdisent les dauphins en captivité.
Différentes associations se battent depuis des années pour la fermeture d’autres delphinariums. Mais personne n’a de solution réelle et il est utopique de remettre des dauphins en liberté sans travailler au préalable sur la réhabilitation. Les cétacés des pays qui ont supprimé ces exhibitions ont été jusqu’ici déplacés.
Les parcs se ferment et les naissances continuent. Il y a un problème de surpopulation et parfois la gestion de consanguinité n’est pas simple à gérer. Certains dauphins déménagent constamment.

 

Dolphy Centro a l’intention de travailler pour la réintroduction de ces dauphins. À Cerbère, à la frontière espagnole, une surface de 5000 m2 en Méditerranée  accueillera les cétacés pour ce programme.

 

De nombreux zoos ont des programmes de réhabilitation et travaillent en corrélation avec des équipes du milieu naturel. Comme les parcs animaliers, les delphinariums ont pour vocation la conservation des espèces. Il est donc normal que les animaux marins puissent également avoir un vrai programme d’introduction ou de réintroduction tout comme les oiseaux et les espèces terrestres.

 

Un projet comme celui-là ne s’improvise pas. Des scientifiques, un vétérinaire, un docteur en science des cétacés, les politiques locales, les affaires maritimes, les acteurs locaux du littoral, le directeur de la zone portuaire de Cerbère, un bureau d’études, tous s’impliquent activement pour que le plan soit réalisé au mieux.
Une conférence aura lieu à Cerbère le 10 janvier 2015 avec tous les acteurs du projet afin de d’informer le public sur Dolphy Centro, mais aussi pour parler des  Grands Dauphins et du littoral catalan.

 

A La Flèche, une rencontre avec Chanee, grand défenseur des gibbons

Chanee, grand défenseur des gibbons, se trouvait récemment en France. Il a été notamment reçu à Paris par les JNE, mais aussi à La Flèche (Sarthe) à l’invitation de l’association Fous de Nature. Voici le compte-rendu de cette conférence.

 

par Roger Cans

 

ban_fous_nature_1000x150aPascal Fournié, président de la nouvelle association Fous de Nature, a invité le public au ravissant Théâtre de la Halle au blé de La Flèche (Sarthe) le 12 octobre 2014, afin d’assister à une conférence avec projection sur un singe bien connu des visiteurs du zoo de La Flèche : le gibbon.

 

Il se trouve en effet que le zoo de La Flèche est partenaire de l’association Kalaweit (gibbon en langue dayak), créée en 1998 par le jeune Français Aurélien Brulé, alias Chanee (gibbon en langue thaï) pour sauver les singes victimes de la déforestation à Bornéo et Sumatra (Indonésie). Ainsi, lorsque les jeunes visiteurs du zoo de La Flèche mettent deux euros dans l’urne pour nourrir les girafes, ces deux euros sont reversés à Kalaweit. Autrement dit, les girafes de La Flèche participent à la sauvegarde des gibbons d’Indonésie !

 

Un parcours fulgurant

 

L’aventure de Chanee, 35 ans aujourd’hui, mérite d’être contée. A dix ans, déjà, Aurélien Brulé se passionne pour les singes. Ne doutant de rien, il écrit au primatologue Jean-Yves Collet, qu’il rencontre dans les Alpes deux ans plus tard. Il découvre le gibbon en 1992 au zoo de Fréjus.

 

Dès lors, il va les retrouver tous les mercredis après-midi, afin de les observer et de noter leur comportement. Il constate que les gibbons se choisissent pour former des couples et restent fidèles à leur partenaire. En cage, les gibbons sont plus agités que dans la nature, ce qui est compréhensible.

 

Fort de ses observations, Aurélien Brulé écrit à seize ans un livre qui est publié en 1996 sous le titre Les gibbons à mains blanches. L’ouvrage suscite un article dans le magazine VSD qui, à son tour, attire l’attention de l’humoriste Muriel Robin. Elle lui téléphone et le garçon, croyant à une blague, réalise que c’est bien Muriel Robin. Elle lui propose de lui payer le voyage pour découvrir les gibbons in situ. A l’été 1997, après son bac, il va donc passer trois mois en Thaïlande, d’abord à la frontière birmane puis à la frontière cambodgienne. C’est là qu’il choisit de se faire appeler Chanee. A cette occasion, il constate de l’avion où il voyage que le ciel est noir des fumées d’incendies en provenance d’Indonésie. C’est sans doute là-bas que le gibbon est le plus menacé.

 

Il rencontre Muriel Robin à son retour, et elle l’encourage à poursuivre sa mission en Indonésie en lui finançant un deuxième voyage. Il débarque là-bas au plus mauvais moment, car le président Suharto est renversé en mai 1998. Il ne s’attarde donc pas à Java, mais s’installe à Bornéo, où les associations de protection de la nature ne s’intéressent qu’à l’orang-outan, primate prestigieux lui aussi très menacé par la déforestation. Il découvre que le gibbon est également mis en péril par l’habitude locale d’élever le singe en cage. Car pour élever un bébé gibbon, il faut d’abord tuer la mère. En Indonésie, il y a ainsi des milliers de gibbons en cage, comme animal de compagnie. La déforestation est aujourd’hui le fait des planteurs de palmiers à huile, qui investissent toutes les plaines accessibles et brûlent la tourbe du sol. Chanee préfère les sociétés d’exploitation forestière qui, elles, maintiennent la forêt dans leurs concessions.

 

Première réserve à Bornéo

 

Chanee se lance donc dans la sauvegarde des bébés gibbons orphelins. Son objectif : « Sauver ce qui peut l’être lorsqu’il est encore temps ». Sa méthode : « Agir dans l’urgence ». Pour financer son projet de réserve, il fonde l’association Kalaweit en 1998. Mais, n’étant pas citoyen indonésien, il ne peut pas acheter de terres.

 

30980_165678443555912_1149541584_nEn 1999, cependant, il obtient l’autorisation officielle du gouvernement pour créer sa première réserve. Il l’installe au centre de Bornéo, dans les montagnes où subsiste la forêt primaire, inaccessibles aux engins de terrassement ou de débardage. Il installe des « volières », ces très hautes et vastes cages où il accueille des gibbons malades, blessés ou abandonnés. La réserve compte aussi une trentaine de gibbons sauvages.

 

En 2002, Chanee déménage sa réserve dans une île, plus accessible. Il ne sauve pas « les » gibbons, mais « des » gibbons, tient-il à souligner. En 2004, il crée un deuxième centre dans l’île de Sumatra, où la déforestation va bon train aussi. Il embauche du personnel : soigneurs, cuisiniers, vétérinaire. En 2012, changement d’échelle : il acquiert la nationalité indonésienne. Dès lors, il peut acheter 211 hectares de forêt, qu’il surveille lui-même avec un parapente à moteur, qui vole lentement à 300 m d’altitude. L’objectif est d’installer des volières isolées dans la forêt, car les gibbons sont territoriaux et n’aiment pas la concurrence. Il a actuellement 254 gibbons en pension, avec une clinique vétérinaire, 31 soigneurs, 4 vétérinaires et deux représentants du ministère indonésien des forêts.

 

Pour la réintroduction dans la nature, qui est le but ultime de Kalaweit, des volières d’acclimatation sont installées à proximité des lieux de lâcher final. Le gibbon y passe trois mois, seul ou en couple, nourri par un monte-charge manuel qui apporte les fruits à 6 m de haut. Les soigneurs ne doivent plus approcher à moins de 20 m de la volière, pour désaccoutumer le singe de l’homme. Les quelques gibbons relâchés sont suivis pendant un an.

 

Une arche de Noé improvisée

 

Bien entendu, comme dans tous les centres d’accueil pour animaux blessés ou abandonnés, toutes sortes d’animaux sont apportés à Kalaweit : macaques, nasiques (5.000 singes de ce type à Bornéo), orang-outan, pythons, cobras, ours, panthères, crocodiles, tortues, civettes, varans, loris (petits mammifères aux canines venimeuses) et même des hirondelles !

 

Les orang-outans sont confiés aux associations spécialisées. Les ours sont parqués dans des enclos électrifiés. Les crocodiles sont relâchés, surtout le faux gavial qui est rare. Un crocodile marin d’une tonne est conservé : il se contente de trois poulets par semaine. L’objectif est de donner une deuxième chance à l’animal, sans suivi, et de sauver un peu « de la » forêt. La réserve de Sumatra est surveillée par des patrouilles équestres, qui s’efforcent de dissuader les braconniers, surtout ceux qui capturent les oiseaux avec appelants et glu.

 

Depuis 2013, Kalaweit participe à la commission des petits primates de l’UICN. En 2014, Chanee a effectué une mission en Chine, où existe une espèce rare de gibbon (on en compte cinq espèces différentes en Asie). L’espèce chinoise ne compte plus que 23 spécimens dans une île. Kalaweit participe à l’action d’une association australienne qui protège les gibbons à Java. Il existe une réserve d’Etat à Bornéo : Pararawen (5.800 hectares).

 

Kalaweit est aujourd’hui bien connue en Indonésie grâce à une radio qui diffuse 24 h sur 24, en insérant des messages sur l’association au milieu de la musique et des blagues. Depuis le 15 août dernier, la grande chaîne de télévision nationale diffuse une émission hebdomadaire sur Kalaweit. Tous les Indonésiens ont entendu parler de l’action en faveur des gibbons. Ce qui n’empêche pas les citadins de continuer à élever le singe en cage, hélas.

 

Chanee est donc aujourd’hui bien installé avec sa famille en Indonésie, où il vit depuis 16 ans. Son association compte 54 salariés et gère un chiffre d’affaire de 450.000 euros par an. Lui aussi est contre l’écologie punitive. Il préfère séduire plutôt que dénoncer, même les planteurs d’huile de palme ou les exploitants de charbon qui détruisent la forêt pour vendre leur production à la Chine. Il préfère expliquer, comme par exemple le cas du crocodile marin qui devient mangeur d’hommes faute de poissons, tués par les rejets miniers toxiques. Lors de son bref passage à La Flèche, il a remercié le vétérinaire du zoo à l’origine du partenariat avec Kalaweit, dont la marraine reste Muriel Robin.

 

Contacts :
kalaweit.france@yahoo.fr
07 86 01 18 87

kalaweit.belgique@yahoo.fr
0470 089 575.

 

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