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Catégorie ‘Actualités internationales’


Jean-Jacques Annaud, écologiste ?

« Si Pékin est envahi par des nuages de poussière, c’est à cause de la disparition des loups » affirme Jean-Jacques Annaud.

 

par Marc Giraud

 

Jean-Jacques Annaud pendant le tournage du « Dernier Loup » – photo © Mars Distribution

La discussion se déroule à l’inauguration de l’expo du Parc zoologique de Paris, le 16 février dernier. Le réalisateur du Dernier Loup (lire notre critique ici) explique : « Les loups chassent les marmottes (peut-être bien des sousliks) et les empêchent de proliférer. La disparition des prédateurs entraîne un surpâturage qui élimine les herbes protectrices des sols, il ne reste que de la poussière ». Ecologiste, Annaud ? À sa manière. Il aime les paysages grandioses et les animaux impressionnants, et les célèbre incontestablement dans ses œuvres.

 

Supposant que son film témoigne d’une sensibilité au problème, je demande à Annaud ce qu’il pense de la situation du loup en France et de l’utilité de le protéger. Et là, il se montre beaucoup plus prudent, bottant en touche en renvoyant dos à dos bergers et écologistes. Annaud ne s’aventurera pas dans un domaine qu’il ne semble pas connaître, et n’entend pas être « l’étendard d’une cause ». Il préfère conclure : « mes films parlent d’eux-mêmes ». La fiction ne rejoindra pas la réalité.

 

 

SOS lancé par les écologistes d’Oran : le lac Télamine réceptacle des eaux usées des environs

Bien que classé sur la liste Ramsar, le lac Télamine reçoit des eaux polluées provenant des communes environnantes et de la zone industrielle de Hassi Ameur.

 

par M’hamed Rebah

 

« Les zones humides pour notre avenir », c’était le thème, en 2015, de la Journée mondiale qui est consacrée à ces écosystèmes le 2 février de chaque année.  Le bref communiqué de l’Unesco publié à cette occasion, rappelle qu’elles sont souvent traitées comme des espaces à l’abandon et cite un chiffre qui devrait donner à réfléchir sur l’état de la nature : 64 % des zones humides de la planète ont disparu depuis 1900. Elles sont pourtant considérées comme les écosystèmes les plus divers et les plus productifs. Les spécialistes soulignent leur rôle primordial dans la préservation des ressources en eau et la lutte contre les inondations, qui sont des préoccupations majeures dans le contexte actuel d’incertitude causée par les problèmes d’environnement.

 
220px-RAMSAR-logoLa Convention de Ramsar donne la définition suivante des zones humides : ce sont « des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eaux marines dont la profondeur à marée basse n’excède pas 6 mètres ».
 
En Algérie, cette définition recouvre les chotts, sebkhas, lacs et marais (eau douce, saumâtre ou salée), oueds, gueltas, oasis et barrage. La convention de Ramsar, ratifiée par l’Algérie en 1982, a pour mission « la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ».  L’Algérie s’est engagée dans une démarche pour le classement, la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides, au nombre de quelque 1700 aujourd’hui. Cinquante sites sont classés Ramsar, d’importance internationale, et dix sites prioritaires ont été retenus par le ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement pour être dotés d’un plan de gestion assurant leur gestion rationnelle et durable. Les 50 zones humides inscrites sur la Liste sont reconnues comme ayant une valeur importante non seulement pour l’Algérie, mais aussi pour l’humanité tout entière.
 

L’inscription sur la Liste Ramsar engage le gouvernement algérien à prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien des caractéristiques écologiques qui ont permis le classement des sites concernés. Dans la réalité, en Algérie, ce classement ne protège pas contre les atteintes aux zones humides. La preuve en est donnée par la situation du lac de Telamine (2,3999 hectares), à l’est d’Oran, classé le 12 décembre 2004 sur la Liste Ramsar. Selon le journaliste de Reporters (édition du dimanche 1er février), les usines rejettent à partir de la zone industrielle de Hassi Ameur, des déchets liquides ou solides dans les systèmes d’évacuation des eaux pluviales qui déversent dans le lac Telamine. L’APS (Algérie Presse Service) a rapporté, de son côté, l’appel des participants à une rencontre sur les zones humides, organisée samedi 31 janvier à Gdyel (Oran), à l’arrêt immédiat des déversements des eaux usées, provenant des communes environnantes et de la zone industrielle de Hassi Ameur, dans le lac Télamine. Un membre de l’association Boudour a lancé un véritable cri d’alarme : « Il faut empêcher le plus tôt possible les déversements des eaux usées des communes de Benfréha, Hassiane Toual, Hassi Ben Okba, Hassi Mefsoukh et Gdyel, y compris la zone industrielle de Hassi Ameur qui affluent sans traitement, en moyenne 10.000 mètres cubes par jour, endommageant la faune et à la flore de ce lac ». Ils demandent la mise en place d’une station d’épuration des eaux usées pour éviter la pollution du lac. C’est un projet en cours.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

La stratégie de gestion des zones humides en Algérie

Des ateliers seront organisés pour la société civile et les ONG.

 

par M’hamed Rebah

 

La Direction générale des forêts (DGF) sollicite la participation de la société civile et des associations dans le cadre de sa stratégie nationale multisectorielle pour la préservation des zones humides en Algérie. Des ateliers seront organisés prochainement avec la communauté scientifique, la société civile et les différents secteurs concernés pour vulgariser cette stratégie, a indiqué Ghania Bessah, sous-directrice chargée de la protection des aires protégées à la DGF, citée par l’APS (Algérie Presse Service).

 

« L’objectif final de cette stratégie est d’arriver à un schéma de gouvernance de ces zones humides où tous les secteurs seront représentés, y compris les unités industrielles », a-t-elle souligné le 2 février à Reghaïa, à l’occasion de la cérémonie de célébration de la journée mondiale des zones humides qui s’est déroulée dans le Lac de Reghaïa, en présence du secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Fodhil Ferroukhi, et du directeur général des Forêts, Mohamed Seghir Noual. Selon la DGF, la stratégie actuellement « en cours d’élaboration » vise, au même titre que d’autres activités prévues, la sensibilisation sur les différentes menaces qui pèsent sur les zones humides et qui sont souvent causées par les diverses activités humaines, nécessitant de construire « une réflexion ensemble pour les préserver afin d’assurer notre avenir ».

 
logo-medwetL’initiative de la DGF d’associer les associations écologiques à la stratégie de préservation des zones humides rejoint le projet en cours de lancement du Réseau MedWet de la société civile en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Ce projet concerne le renforcement des capacités des organisations de la société civile qui œuvrent dans le domaine de l’environnement, et a pour objectif d’asseoir une collaboration entre les institutions administratives et ces organisations de la société civile autour de la préservation des zones humides.

 
Cette démarche participative est devenue une urgence pour faire face plus efficacement à la dégradation des zones humides et au risque de leur disparition si rien n’est entrepris sérieusement pour leur préservation. Le Lac de Reghaïa, qui se trouve pourtant dans la banlieue de la capitale et qui bénéficie donc, grâce à sa proximité des centres de décision, de toute l’attention des autorités, n’a pas échappé aux menaces de dégradation. Le constat en a été fait une nouvelle fois par le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural: « le Lac de Réghaïa subit actuellement une forte pression due à l’extension urbaine et aux unités industrielles implantées autour de cette zone humide ». Il juge que « la situation ne doit pas continuer comme ça. Des dispositions doivent être prises pour que la règlementation soit appliquée rigoureusement ». En fait, les dispositions ont été prises puisque lui-même annonce, selon l’APS, que la wilaya d’Alger a établi un diagnostic et adressé récemment des mises en demeure aux unités industrielles responsables de la pollution du lac de Réghaïa. Les usines polluantes, dont une cinquantaine déversent leurs rejets directement dans le lac, doivent réaliser des stations d’épuration. Il reste à faire appliquer ces dispositions, répétées, force est de le rappeler, à chaque 2 février. Depuis que la zone industrielle de Rouiba-Reghaïa existe, il y a toujours eu des rejets d’eaux polluées, chargées de produits chimiques toxiques, dans le lac via deux cours d’eau.

 
Il faut savoir que le Lac de Reghaïa est inscrit sur la Liste de Ramsar depuis juin 2003. Il doit cette distinction à ses caractéristiques écologiques qui en font le lieu de fréquentation de milliers d’oiseaux d’eau avec en moyenne annuelle 47 espèces locales et migratrices, selon les statistiques du Centre cynégétique qui se trouve dans le site du lac. Cinq écosystèmes différents y cohabitent: marin, marécageux, dunaire, lacustre et forestier. Sa faune est constituée de 206 espèces d’oiseaux (flamant rose, canard souchet, col vert, bécassine,…), de 21 espèces de mammifères (chacal, genette, sanglier, renard famélique, etc.), de 12 espèces de poissons, de 170 espèces d’invertébrés (insectes, arachnides…) et de 71 espèces de reptiles et d’amphibiens. Sa richesse floristique est composée de 233 espèces de plantes inventoriées et de 25 espèces de flore marine. Cet espace exceptionnel, tout près de la capitale, mérite un minimum d’égards. En chiffre, ce minimum doit se traduire, pour la zone industrielle voisine, par « zéro mètre cube d’eaux usées non épurées » à la sortie des usines.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

Algérie : dialogue de sourds et épreuve de force à In Salah autour des gaz de schiste

La visite de Youcef Yousfi, ministre algérien de l’Energie, n’a rien donné.

 

par M’hamed Rebah

 

Le débat des experts algériens sur l’exploitation du gaz de schiste, entre pro et anti, qui semblait confiné à un moment aux salles où se tiennent les conférences ou aux colonnes de la presse qui accueillent les points de vue contradictoires, ou alors aux plateaux des chaînes de télévision privées, a, en définitive, eu son impact sur les populations riveraines des bassins censés contenir des réserves exceptionnelles de cet hydrocarbure non conventionnel et où a été envisagé et même engagé un processus qui doit conduire à son exploitation, selon les projets du gouvernement.

 

C’est le cas du bassin d’Ahnet, près d’In Salah, motif d’une contestation qui a amené la population à sortir dans la rue, pacifiquement, pour demander la fermeture du puits-pilote qui a été foré et qui aurait, aux dires du ministre de l’Energie, Youcef Yousfi, donné des résultats prometteurs. La manifestation de protestation qui a commencé à la fin de l’année 2014 n’est pas une surprise, elle était prévisible après les actions sporadiques lancées par des associations ces derniers mois dans la même région.

 

Mais cette fois, c’est toute la population, y compris les femmes et les enfants, qui se sont impliqués dans cette action qui a même débordé sur les institutions élues puisque l’APS (Algérie Presse Service) rapporte que le président de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), Dahmane Hamza, s’est associé à la demande des protestataires et a interpellé les pouvoirs publics pour « suspendre d’urgence, temporairement, le projet d’exploitation du gaz de schiste ». Il souhaite qu’une issue consensuelle soit trouvée à cette situation.

 

Sa proposition aurait pu aboutir. Le ministre de l’Energie a accepté de rencontrer les élus locaux et les représentants de la société civile, à In Salah. Mais il a cherché à convaincre que l’exploitation du gaz de schiste à In-Salah ne comporte pas de dangers. Il n’a pas réussi à faire admettre l’idée qu’il n’y avait pas d’autre alternative. La réunion s’est terminée sans aucun accord entre les deux parties sur la fermeture du puits de Dar Lahmar, à 28 km d’In Salah, qui est l’unique revendication des protestataires.

 

C’est une sorte de dialogue de sourds qui a eu lieu : le ministre est allé à In Salah à la rencontre de la population pour la convaincre d’adhérer au projet du gouvernement d’exploitation du gaz de schiste alors que la population attendait du ministre l’annonce de la fermeture du puits. Le ministre qui a appelé les représentants des protestataires à faire preuve de sagesse s’est engagé à leur organiser une mission d’information, en compagnie d’experts, à l’étranger, « pour en avoir le cœur net ». Et dans le cas contraire, selon le compte rendu de l’APS, il a promis qu’« il sera procédé à l’arrêt de l’exploitation du gaz de schiste dans la région ».
D’après d’autres sources médiatiques, les représentants des protestataires ont proposé de suspendre l’opération sur le puits de Dar Lahmar et d’en rediscuter dans un an, le temps de vérifier toutes les hypothèses. Cette impasse dans le dialogue a amené les représentants de la société civile à quitter la réunion sans écouter plus longtemps les arguments du ministre qui était accompagné, dans ce déplacement, par un groupe d’experts. Pendant que Youcef Yousfi se trouvait à In Salah, près de 500 personnes, en majorité des étudiants, participaient, selon l’APS, à une marche à 700 km de là, à Tamanrasset, chef lieu de la wilaya, scandant des slogans appelant à « arrêter l’exploitation du gaz de schiste ». Comment va évoluer cette situation ? Le Premier ministre ira-t-il sur place pour, à son tour, appeler la population à « la sagesse » et à renoncer à sa contestation ? Ira-t-il jusqu’à remettre en question le projet pour le relancer plus tard sur d’autres bases, avec, notamment, l’adhésion de la population ? Ou alors le pire, c’est-à-dire l’accentuation de l’épreuve de force ? Rien, pour le moment, ne permet de le savoir.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

Première opposition sérieuse à l’exploitation du gaz de schiste en Algérie

La contestation fait tache d’huile.

 

par M’hamed Rebah

 

Ceux qui pensaient que les gens d’In Salah, riverains du bassin d’Ahnet, où se trouve le premier forage pilote algérien de gaz de schiste, étaient « moins regardants » sur la question écologique, constatent aujourd’hui qu’ils se sont lourdement trompés. C’est dans cette ville saharienne que se déroule, depuis le 31 décembre dernier, la plus importante manifestation populaire d’opposition à l’utilisation de la fracturation hydraulique et à l’exploitation du gaz de schiste en Algérie.

 

Le contexte angoissant créé par la chute des prix du pétrole, n’a rien changé à la détermination des manifestants qui exigent la fermeture du puits. Le seul argument officiel donné jusque là par le ministre de l’Energie, Youcef Yousfi, se fonde sur les résultats attendus de cette aventure : 20.000 milliards de mètres-cubes de gaz récupérables à partir du bassin d’Ahnet. Pour le ministre, les réserves de gaz de schiste sont très importantes et peuvent être utiles au pays: « nous ne pouvons pas les laisser inexploitées ».

 

On apprend, incidemment, que le forage du premier puits-pilote de gaz de schiste en Algérie, a été entamé en août 2008 et que, dans le même bassin d’Ahnet, « le groupe Sonatrach a déjà entamé le forage d’un deuxième puits sur les cinq puits d’exploration prévus à cet effet ». Autre information qui n’a sans doute pas laissé indifférents les riverains de ce bassin : la phase de développement qui précède celle de la production pourrait intervenir dans trois ans. La seule condition qui remettrait en cause ce processus est d’ordre économique : la phase production ne pourrait être envisagée que si la rentabilité commerciale du gaz d’Ahnet est prouvée, a affirmé le ministre.

 

Petite assurance donnée aux riverains et aux écologistes : «  le groupe Sonatrach a prévu une gestion intégrée des rejets de forage pour une meilleure protection de l’environnement, qui permet de recycler et de réutiliser de la boue ainsi que les eaux utilisées sur chantier dans l’opération de la fracturation hydraulique qui libère le gaz de schiste de la roche qui le renferme ». Quand les députés ont commencé à s’intéresser au gaz de schiste, en décembre 2012, à l’occasion de la révision de la loi sur les hydrocarbures, le mal avait déjà commencé.

 

En octobre dernier, une chaîne de télévision algérienne privée avait révélé que l’étude d’impact du projet d’exploitation du gaz de schiste annoncé par les autorités, n’était pas encore prête. Selon la loi algérienne, aucune activité réputée polluante et dangereuse ne peut commencer si ce document n’a pas été signé par l’autorité compétente en la matière, c’est-à-dire dans ce cas précis, la ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Cette obligation légale est incontournable, surtout dans ce cas.

 

Les habitants d’In Salah ont exprimé, de façon pacifique mais suffisamment spectaculaire pour alerter tout le monde, leurs inquiétudes légitimes devant les risques potentiels, sur l’environnement et la santé, des produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique mise en œuvre pour l’exploitation du gaz de schiste et sur les ressources en eau. La propagande que les pro gaz de schiste diffusent sur l’exemple des Etats-Unis qui se sont lancés dans cette aventure, n’a convaincu personne. Au contraire, beaucoup d’Algériens se sont ralliés aux arguments des anti-gaz de schiste, y compris dans le sud du pays, là où cette exploitation a commencé. La preuve en est donnée par le mouvement citoyen qui fait tache d’huile autour d’In Salah, centré sur un seul mot d’ordre : « non au gaz de schiste ! ». Les propos des manifestants rapportés par les chaines de télévision algériennes privées traduisent leur esprit de responsabilité et leur niveau de conscience. Ils ont l’alternative au gaz de schiste. Pourquoi ne pas les écouter ?

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

Climat : pour tout savoir sur la conférence COP20 de Lima

L’AJEC21, l’association sur le climat que les JNE ont créée avec l’AJE, a commencé très sérieusement son travail (formation, site, rendez vous).

 

LogoAJEC21Pour tout savoir sur la conférence COP20 qui se déroule actuellement à Lima, vous pouvez nous retrouver sur le site élaboré par Pierre Demeure  : www.ajec21.org. Vous y trouverez régulièrement des articles sur l’évolution des négociations, comme ce point à mi-parcours posté le 6 décembre par Dominique Martin Ferrari, et une rubrique agenda très fournie.

 

Vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter :  @Ajec21climat.

 

On vous recommande chaudement aussi ce site de « liveblogging » où l’on trouve des liens avec les webcasts officiels de la conférence, les « livetweets » postant tous les tweets avec les hashtags #COP20 et #LimaCOP20, ainsi que quantité de liens, articles et photos.

 

Les dauphins pourraient enfin avoir leurs propres programmes de réintroduction en Europe.

À Cerbère, près de la frontière espagnole, le Dolphy Centro va se consacrer à la réintroduction en mer des dauphins issus des delphinariums.

 

par Frédérique Gilbert

 

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Cerbère @ Frédérique Gilbert

La série Flipper le dauphin a donné une popularité sans limites aux dauphins. En 1966, le premier delphinarium s’installait en Europe.

 

Des dizaines de parcs aquatiques ont ouvert un peu partout, notamment en France, en Espagne, en Belgique, en Hollande, au Portugal …regroupant diverses sortes de cétacés.

 

Mais vite, des voix se sont élevées contre la captivité de ces animaux.
Les conditions de vie des delphinariums sont critiquées sur divers points. La Suisse, le Royaume-Uni, la Hongrie, Le Costa Rica, l’Inde et le Chili interdisent les dauphins en captivité.
Différentes associations se battent depuis des années pour la fermeture d’autres delphinariums. Mais personne n’a de solution réelle et il est utopique de remettre des dauphins en liberté sans travailler au préalable sur la réhabilitation. Les cétacés des pays qui ont supprimé ces exhibitions ont été jusqu’ici déplacés.
Les parcs se ferment et les naissances continuent. Il y a un problème de surpopulation et parfois la gestion de consanguinité n’est pas simple à gérer. Certains dauphins déménagent constamment.

 

Dolphy Centro a l’intention de travailler pour la réintroduction de ces dauphins. À Cerbère, à la frontière espagnole, une surface de 5000 m2 en Méditerranée  accueillera les cétacés pour ce programme.

 

De nombreux zoos ont des programmes de réhabilitation et travaillent en corrélation avec des équipes du milieu naturel. Comme les parcs animaliers, les delphinariums ont pour vocation la conservation des espèces. Il est donc normal que les animaux marins puissent également avoir un vrai programme d’introduction ou de réintroduction tout comme les oiseaux et les espèces terrestres.

 

Un projet comme celui-là ne s’improvise pas. Des scientifiques, un vétérinaire, un docteur en science des cétacés, les politiques locales, les affaires maritimes, les acteurs locaux du littoral, le directeur de la zone portuaire de Cerbère, un bureau d’études, tous s’impliquent activement pour que le plan soit réalisé au mieux.
Une conférence aura lieu à Cerbère le 10 janvier 2015 avec tous les acteurs du projet afin de d’informer le public sur Dolphy Centro, mais aussi pour parler des  Grands Dauphins et du littoral catalan.

 

A La Flèche, une rencontre avec Chanee, grand défenseur des gibbons

Chanee, grand défenseur des gibbons, se trouvait récemment en France. Il a été notamment reçu à Paris par les JNE, mais aussi à La Flèche (Sarthe) à l’invitation de l’association Fous de Nature. Voici le compte-rendu de cette conférence.

 

par Roger Cans

 

ban_fous_nature_1000x150aPascal Fournié, président de la nouvelle association Fous de Nature, a invité le public au ravissant Théâtre de la Halle au blé de La Flèche (Sarthe) le 12 octobre 2014, afin d’assister à une conférence avec projection sur un singe bien connu des visiteurs du zoo de La Flèche : le gibbon.

 

Il se trouve en effet que le zoo de La Flèche est partenaire de l’association Kalaweit (gibbon en langue dayak), créée en 1998 par le jeune Français Aurélien Brulé, alias Chanee (gibbon en langue thaï) pour sauver les singes victimes de la déforestation à Bornéo et Sumatra (Indonésie). Ainsi, lorsque les jeunes visiteurs du zoo de La Flèche mettent deux euros dans l’urne pour nourrir les girafes, ces deux euros sont reversés à Kalaweit. Autrement dit, les girafes de La Flèche participent à la sauvegarde des gibbons d’Indonésie !

 

Un parcours fulgurant

 

L’aventure de Chanee, 35 ans aujourd’hui, mérite d’être contée. A dix ans, déjà, Aurélien Brulé se passionne pour les singes. Ne doutant de rien, il écrit au primatologue Jean-Yves Collet, qu’il rencontre dans les Alpes deux ans plus tard. Il découvre le gibbon en 1992 au zoo de Fréjus.

 

Dès lors, il va les retrouver tous les mercredis après-midi, afin de les observer et de noter leur comportement. Il constate que les gibbons se choisissent pour former des couples et restent fidèles à leur partenaire. En cage, les gibbons sont plus agités que dans la nature, ce qui est compréhensible.

 

Fort de ses observations, Aurélien Brulé écrit à seize ans un livre qui est publié en 1996 sous le titre Les gibbons à mains blanches. L’ouvrage suscite un article dans le magazine VSD qui, à son tour, attire l’attention de l’humoriste Muriel Robin. Elle lui téléphone et le garçon, croyant à une blague, réalise que c’est bien Muriel Robin. Elle lui propose de lui payer le voyage pour découvrir les gibbons in situ. A l’été 1997, après son bac, il va donc passer trois mois en Thaïlande, d’abord à la frontière birmane puis à la frontière cambodgienne. C’est là qu’il choisit de se faire appeler Chanee. A cette occasion, il constate de l’avion où il voyage que le ciel est noir des fumées d’incendies en provenance d’Indonésie. C’est sans doute là-bas que le gibbon est le plus menacé.

 

Il rencontre Muriel Robin à son retour, et elle l’encourage à poursuivre sa mission en Indonésie en lui finançant un deuxième voyage. Il débarque là-bas au plus mauvais moment, car le président Suharto est renversé en mai 1998. Il ne s’attarde donc pas à Java, mais s’installe à Bornéo, où les associations de protection de la nature ne s’intéressent qu’à l’orang-outan, primate prestigieux lui aussi très menacé par la déforestation. Il découvre que le gibbon est également mis en péril par l’habitude locale d’élever le singe en cage. Car pour élever un bébé gibbon, il faut d’abord tuer la mère. En Indonésie, il y a ainsi des milliers de gibbons en cage, comme animal de compagnie. La déforestation est aujourd’hui le fait des planteurs de palmiers à huile, qui investissent toutes les plaines accessibles et brûlent la tourbe du sol. Chanee préfère les sociétés d’exploitation forestière qui, elles, maintiennent la forêt dans leurs concessions.

 

Première réserve à Bornéo

 

Chanee se lance donc dans la sauvegarde des bébés gibbons orphelins. Son objectif : « Sauver ce qui peut l’être lorsqu’il est encore temps ». Sa méthode : « Agir dans l’urgence ». Pour financer son projet de réserve, il fonde l’association Kalaweit en 1998. Mais, n’étant pas citoyen indonésien, il ne peut pas acheter de terres.

 

30980_165678443555912_1149541584_nEn 1999, cependant, il obtient l’autorisation officielle du gouvernement pour créer sa première réserve. Il l’installe au centre de Bornéo, dans les montagnes où subsiste la forêt primaire, inaccessibles aux engins de terrassement ou de débardage. Il installe des « volières », ces très hautes et vastes cages où il accueille des gibbons malades, blessés ou abandonnés. La réserve compte aussi une trentaine de gibbons sauvages.

 

En 2002, Chanee déménage sa réserve dans une île, plus accessible. Il ne sauve pas « les » gibbons, mais « des » gibbons, tient-il à souligner. En 2004, il crée un deuxième centre dans l’île de Sumatra, où la déforestation va bon train aussi. Il embauche du personnel : soigneurs, cuisiniers, vétérinaire. En 2012, changement d’échelle : il acquiert la nationalité indonésienne. Dès lors, il peut acheter 211 hectares de forêt, qu’il surveille lui-même avec un parapente à moteur, qui vole lentement à 300 m d’altitude. L’objectif est d’installer des volières isolées dans la forêt, car les gibbons sont territoriaux et n’aiment pas la concurrence. Il a actuellement 254 gibbons en pension, avec une clinique vétérinaire, 31 soigneurs, 4 vétérinaires et deux représentants du ministère indonésien des forêts.

 

Pour la réintroduction dans la nature, qui est le but ultime de Kalaweit, des volières d’acclimatation sont installées à proximité des lieux de lâcher final. Le gibbon y passe trois mois, seul ou en couple, nourri par un monte-charge manuel qui apporte les fruits à 6 m de haut. Les soigneurs ne doivent plus approcher à moins de 20 m de la volière, pour désaccoutumer le singe de l’homme. Les quelques gibbons relâchés sont suivis pendant un an.

 

Une arche de Noé improvisée

 

Bien entendu, comme dans tous les centres d’accueil pour animaux blessés ou abandonnés, toutes sortes d’animaux sont apportés à Kalaweit : macaques, nasiques (5.000 singes de ce type à Bornéo), orang-outan, pythons, cobras, ours, panthères, crocodiles, tortues, civettes, varans, loris (petits mammifères aux canines venimeuses) et même des hirondelles !

 

Les orang-outans sont confiés aux associations spécialisées. Les ours sont parqués dans des enclos électrifiés. Les crocodiles sont relâchés, surtout le faux gavial qui est rare. Un crocodile marin d’une tonne est conservé : il se contente de trois poulets par semaine. L’objectif est de donner une deuxième chance à l’animal, sans suivi, et de sauver un peu « de la » forêt. La réserve de Sumatra est surveillée par des patrouilles équestres, qui s’efforcent de dissuader les braconniers, surtout ceux qui capturent les oiseaux avec appelants et glu.

 

Depuis 2013, Kalaweit participe à la commission des petits primates de l’UICN. En 2014, Chanee a effectué une mission en Chine, où existe une espèce rare de gibbon (on en compte cinq espèces différentes en Asie). L’espèce chinoise ne compte plus que 23 spécimens dans une île. Kalaweit participe à l’action d’une association australienne qui protège les gibbons à Java. Il existe une réserve d’Etat à Bornéo : Pararawen (5.800 hectares).

 

Kalaweit est aujourd’hui bien connue en Indonésie grâce à une radio qui diffuse 24 h sur 24, en insérant des messages sur l’association au milieu de la musique et des blagues. Depuis le 15 août dernier, la grande chaîne de télévision nationale diffuse une émission hebdomadaire sur Kalaweit. Tous les Indonésiens ont entendu parler de l’action en faveur des gibbons. Ce qui n’empêche pas les citadins de continuer à élever le singe en cage, hélas.

 

Chanee est donc aujourd’hui bien installé avec sa famille en Indonésie, où il vit depuis 16 ans. Son association compte 54 salariés et gère un chiffre d’affaire de 450.000 euros par an. Lui aussi est contre l’écologie punitive. Il préfère séduire plutôt que dénoncer, même les planteurs d’huile de palme ou les exploitants de charbon qui détruisent la forêt pour vendre leur production à la Chine. Il préfère expliquer, comme par exemple le cas du crocodile marin qui devient mangeur d’hommes faute de poissons, tués par les rejets miniers toxiques. Lors de son bref passage à La Flèche, il a remercié le vétérinaire du zoo à l’origine du partenariat avec Kalaweit, dont la marraine reste Muriel Robin.

 

Contacts :
kalaweit.france@yahoo.fr
07 86 01 18 87

kalaweit.belgique@yahoo.fr
0470 089 575.

 

Du parking au gaz de schiste : à quoi sert l’étude d’impact en Algérie ?

Une chaîne de télévision algérienne privée a révélé, tout récemment, que l’étude d’impact du projet d’exploitation du gaz de schiste annoncé par les autorités, n’est pas encore prête.

 

par M’hamed Rebah

 

Selon la loi algérienne, aucune activité réputée polluante et dangereuse ne peut commencer si ce document n’a pas été signé par l’autorité compétente en la matière, c’est-à-dire, dans ce cas précis, la ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement.

 

Les écologistes et, d’une façon plus générale, les opposants au gaz de schiste sont légitimement inquiets devant les risques potentiels, sur l’environnement et la santé, des produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique mise en œuvre pour l’exploitation du gaz de schiste. Cette crainte est renforcée par les informations, vraies ou fausses, sur les accidents de pollution survenus aux Etats-Unis, un pays présenté par les pro-gaz de schiste, pour les besoins de leur cause, mais visiblement sans convaincre personne, comme l’exemple parfait à suivre en la matière. L’obligation légale de l’étude d’impact est incontournable.

 

Le niveau de conscience écologique reste, en Algérie, encore faible, en tout cas très insuffisant chez certains responsables qui ont la prérogative de décider pour les autres et savent qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne, encore moins à la population concernée par leurs décisions. Chez les détenteurs de la «chkara» (le fameux pouvoir de l’argent) qui font la chasse au moindre espace vert pour en tirer le maximum de profit au détriment des riverains et souvent même de la loi, cette conscience écologique est tout simplement absente.

 

Heureusement, le vide «écologique» chez ces responsables et dans cette catégorie de « promoteurs », est compensé par un cadre juridique quasiment parfait, dont fait partie l’étude d’impact sur l’environnement. C’est un des principaux éléments du dispositif de protection contre les nuisances qui accompagnent les activités polluantes. L’étude d’impact est imposée par le chapitre 4 de la loi du 19 juillet 2003. Cette disposition est-elle toujours respectée, et quand elle l’est, les études d’impact sont-elles réalisées avec le sérieux dû à l’impératif de protéger l’environnement et les riverains contre les nuisances diverses ? Une mauvaise étude d’impact est-elle sanctionnée ? Ce n’est pas évident.

 

Il arrive tout de même que les choses marchent bien. En mars 2013, deux unités industrielles dont les activités ont été jugées polluantes ou dangereuses pour l’environnement ont été fermées pour non respect de la réglementation à Annaba, au nord-est du pays. Elles n’ont pas effectué l’étude d’impact légale préalable à leur entrée en fonctionnement. La décision de fermeture a été prise par la commission de wilaya chargée de la surveillance et du contrôle des installations industrielles classées.

 

Contre-exemple : personne ne sait si le programme de constructions de tours commerciales avec des parkings en-dessous, qui ouvrent la voie à des activités très juteuses, a fait l’objet des études d’impact que la loi algérienne impose, dans les cas où cette disposition s’applique (en fonction de la superficie bâtie et de la capacité du parking, notamment). Les pouvoirs publics ont choisi, comme c’est la méthode des responsables depuis longtemps, d’agir en aval, c’est-à-dire quand le problème devient inextricable, et non pas en amont, dans la prévention.

 

Le problème de la circulation automobile doit avoir sa solution, écologique mais surtout rationnelle, comme cela se fait dans tous les pays, par le développement du transport en commun. Cela a été rappelé très opportunément par les chercheurs réunis, il y a quelques jours, en séminaire à Batna à l’initiative du laboratoire « Management-Transport-Logistique » de la faculté des sciences économique de l’université de cette ville.

 

Les habitants des cités et des quartiers ont besoin d’espaces verts. D’ailleurs, les espaces verts sont encouragés par la loi qui, au contraire, n’a jamais imposé que l’on construise des tours commerciales et des parkings souterrains à l’intérieur des cités résidentielles.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters (20 octobre 2014).

 

Des chrétiens d’Europe se mobilisent pour l’écologie et le climat 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre en Hongrie, à l’occasion de la 10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network).

 

par Christine Kristof-Lardet

 

Assemblée de l'ECEN en Hongrie - photo Christine Kristof

Assemblée de l’ECEN en Hongrie – photo Christine Kristof

 

Planter d’anciens pommiers dans le jardin d’une église, installer des panneaux solaires sur le toit d’un monastère, aménager des nichoirs pour les oiseaux dans un clocher…

 

Autant d’actions portées par des chrétiens issus de différentes églises d’Europe qui pourraient sembler bien insignifiantes, mais qui,  par-delà leur portée symbolique, peuvent  réellement changer la face du monde car elles témoignent d’une attitude intérieure tournée vers le respect de la vie..

 

A l’heure où les regards convergent vers le sommet climat des Nations Unis qui se déroulera à Paris en 2015 (COP 21), et où nous commençons à prendre la mesure des conséquences des changements climatiques, des chrétiens, issus de diverses Eglises d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre dernier en Hongrie, à l’occasion de la  10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network), afin de s’interroger sur la responsabilité morale de l’Eglise et d’apporter des réponses concrètes à la crise environnementale, sociale et spirituelle que nous traversons.

 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, ont témoigné d’approches théologiques et écologiques de grande qualité, mais ont surtout partagé leurs expériences de terrain, inspirantes pour chacun. Ces chrétiens vivent leur engagement écologique comme un élément constitutif et essentiel de leur foi, et non comme une préoccupation périphérique. La Création étant l’œuvre de Dieu, il est tout naturel pour eux d’en prendre soin !

 

Cet engagement se décline à tous les niveaux de responsabilité, tant au niveau des institutions, avec, pour exemple, l’initiative récente prise par l’Eglise de Suède de se désinvestir totalement des énergies fossiles, qu’au niveau de certains responsables religieux, tels James Jones, Evêque de l’Eglise d’Angleterre, ou le Révérent Henrik Grape de l’Eglise de Suède, qui n’hésitent pas à interpeller les politiques.

 

Mais l’impulsion, il faut le dire, vient plus souvent de la base, des paroisses avec l’exemple des innombrables « églises vertes » ou des  « éco-congrégations » qui fleurissent aux Pays-Bas, en Suisse, en Ecosse ou en Hongrie, ou  encore des associations chrétiennes ou des individus qui tentent d’apporter des réponses pragmatiques aux problèmes locaux, qu’il s’agisse de réduire la consommation énergétique des bâtiments et des églises, de mettre en culture le jardin d’une paroisse, de promouvoir le « temps pour la création » (traduire par « temps spécifique consacré à l’écologie », du 1er septembre au 4 octobre, institué par le Patriarche Bartholomée et porté par l’ECEN), de proposer un jeûne de voiture ou un carême sans viande, ou encore de sensibiliser les enfants au respect de la nature dans les écoles chrétiennes…

 

Les initiatives de coopération telles que celles portées par l’ECEN semblent d’autant plus précieuses dans le contexte des bouleversements climatiques qui nous concerne tous. Les Eglises, unissant leurs voix, peuvent jouer un rôle déterminant pour interpeller les politiques qui porteront les négociations lors de la COP21. Des initiatives internationales tel le Jeûne pour le climat, ou le grand pèlerinage qui se prépare en provenance de plusieurs pays d’Europe vers Paris en 2015, sont le signe de la prise de conscience, au sein d’un nombre grandissant de chrétiens, de notre responsabilité partagée face au devenir de l’humanité et d’une partie du vivant sur Terre.

 

 Qu’est-ce que l’ECEN ?

 

L’ECEN (European Christian Environnemental Network) est un réseau d’églises, de communautés, d’ONG et d’individus qui, au-delà des frontières et des confessions, œuvrent pour le respect et la sauvegarde de la création. Le but de l’ECEN est de partager les informations sur l’écologie et les bonnes pratiques présentes dans les différentes traditions chrétiennes d’Europe, et d’œuvrer à une coopération efficace, notamment à travers des jumelages ou des actions communes. L’ECEN est le principal outil de la Conférence des Eglises Européennes (corollaire du Conseil Œcuménique des Eglises en France) et se réunit tous les deux ans. Cette année, deux-tiers des personnes participaient à ces rencontres pour la première fois, dont de nombreux jeunes. Dans sa mission d’interpellation des autorités religieuses et politique, deux lettres ont été rédigées durant cette dernière assemblée – une à destination des Eglises, l’autre à destination de l’Union Européenne : « Nous sommes appelés à agir localement avec une perspective globale. En tant qu’églises et communauté de foi, nous sommes appelés à prendre soin de notre voisins, et notre voisin est chaque créature vivante dans la création de Dieu. Nous appelons les églises et les responsables d’églises à travers l’Europe à répondre à la crise spirituelle et matérielle du changement climatique ! ».

 

Cet article a été publié dans l’hebdomadaire Réforme.

 

 


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