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Catégorie ‘Actualités internationales’

Des chrétiens d’Europe se mobilisent pour l’écologie et le climat 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre en Hongrie, à l’occasion de la 10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network).

 

par Christine Kristof-Lardet

 

Assemblée de l'ECEN en Hongrie - photo Christine Kristof

Assemblée de l’ECEN en Hongrie – photo Christine Kristof

 

Planter d’anciens pommiers dans le jardin d’une église, installer des panneaux solaires sur le toit d’un monastère, aménager des nichoirs pour les oiseaux dans un clocher…

 

Autant d’actions portées par des chrétiens issus de différentes églises d’Europe qui pourraient sembler bien insignifiantes, mais qui,  par-delà leur portée symbolique, peuvent  réellement changer la face du monde car elles témoignent d’une attitude intérieure tournée vers le respect de la vie..

 

A l’heure où les regards convergent vers le sommet climat des Nations Unis qui se déroulera à Paris en 2015 (COP 21), et où nous commençons à prendre la mesure des conséquences des changements climatiques, des chrétiens, issus de diverses Eglises d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre dernier en Hongrie, à l’occasion de la  10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network), afin de s’interroger sur la responsabilité morale de l’Eglise et d’apporter des réponses concrètes à la crise environnementale, sociale et spirituelle que nous traversons.

 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, ont témoigné d’approches théologiques et écologiques de grande qualité, mais ont surtout partagé leurs expériences de terrain, inspirantes pour chacun. Ces chrétiens vivent leur engagement écologique comme un élément constitutif et essentiel de leur foi, et non comme une préoccupation périphérique. La Création étant l’œuvre de Dieu, il est tout naturel pour eux d’en prendre soin !

 

Cet engagement se décline à tous les niveaux de responsabilité, tant au niveau des institutions, avec, pour exemple, l’initiative récente prise par l’Eglise de Suède de se désinvestir totalement des énergies fossiles, qu’au niveau de certains responsables religieux, tels James Jones, Evêque de l’Eglise d’Angleterre, ou le Révérent Henrik Grape de l’Eglise de Suède, qui n’hésitent pas à interpeller les politiques.

 

Mais l’impulsion, il faut le dire, vient plus souvent de la base, des paroisses avec l’exemple des innombrables « églises vertes » ou des  « éco-congrégations » qui fleurissent aux Pays-Bas, en Suisse, en Ecosse ou en Hongrie, ou  encore des associations chrétiennes ou des individus qui tentent d’apporter des réponses pragmatiques aux problèmes locaux, qu’il s’agisse de réduire la consommation énergétique des bâtiments et des églises, de mettre en culture le jardin d’une paroisse, de promouvoir le « temps pour la création » (traduire par « temps spécifique consacré à l’écologie », du 1er septembre au 4 octobre, institué par le Patriarche Bartholomée et porté par l’ECEN), de proposer un jeûne de voiture ou un carême sans viande, ou encore de sensibiliser les enfants au respect de la nature dans les écoles chrétiennes…

 

Les initiatives de coopération telles que celles portées par l’ECEN semblent d’autant plus précieuses dans le contexte des bouleversements climatiques qui nous concerne tous. Les Eglises, unissant leurs voix, peuvent jouer un rôle déterminant pour interpeller les politiques qui porteront les négociations lors de la COP21. Des initiatives internationales tel le Jeûne pour le climat, ou le grand pèlerinage qui se prépare en provenance de plusieurs pays d’Europe vers Paris en 2015, sont le signe de la prise de conscience, au sein d’un nombre grandissant de chrétiens, de notre responsabilité partagée face au devenir de l’humanité et d’une partie du vivant sur Terre.

 

 Qu’est-ce que l’ECEN ?

 

L’ECEN (European Christian Environnemental Network) est un réseau d’églises, de communautés, d’ONG et d’individus qui, au-delà des frontières et des confessions, œuvrent pour le respect et la sauvegarde de la création. Le but de l’ECEN est de partager les informations sur l’écologie et les bonnes pratiques présentes dans les différentes traditions chrétiennes d’Europe, et d’œuvrer à une coopération efficace, notamment à travers des jumelages ou des actions communes. L’ECEN est le principal outil de la Conférence des Eglises Européennes (corollaire du Conseil Œcuménique des Eglises en France) et se réunit tous les deux ans. Cette année, deux-tiers des personnes participaient à ces rencontres pour la première fois, dont de nombreux jeunes. Dans sa mission d’interpellation des autorités religieuses et politique, deux lettres ont été rédigées durant cette dernière assemblée – une à destination des Eglises, l’autre à destination de l’Union Européenne : « Nous sommes appelés à agir localement avec une perspective globale. En tant qu’églises et communauté de foi, nous sommes appelés à prendre soin de notre voisins, et notre voisin est chaque créature vivante dans la création de Dieu. Nous appelons les églises et les responsables d’églises à travers l’Europe à répondre à la crise spirituelle et matérielle du changement climatique ! ».

 

Cet article a été publié dans l’hebdomadaire Réforme.

 

 

Comment convertir du gaz carbonique en énergie verte ?

La technologie est-elle une réponse au changement climatique ? Voilà qui suscite bien des débats. De même, le captage et la séquestration du carbone sont loin de faire l’unanimité. Dans un premier temps, nous publions un article sur un procédé qui a conquis l’un des membres de notre association.

 

par Michel Cros

 

Usine BFS à Alicante (Espagne) - photo BFS

L’usine BFS à Alicante (Espagne) – photo BFS

Alors que les conflits autour des énergies fossiles se font de plus en plus ressentir sur la planète (conflits armés, transactions financières sur les mines de charbon, exploitation du sous-sol…), l’éco-citoyen responsable, mesurant son empreinte carbone de son côté, semble bien décidé à modifier ses gestes pour utiliser une énergie moins polluante qui va surtout réduire ces gaz à effet de serre qui nous préoccupent tant.

 

Mais quand un ami me déclara, qu’on pouvait faire du pétrole avec du CO2 et que ça marche depuis 4 ans grâce à une usine installée en Espagne, je suis resté dubitatif ! Son insistance m’a encouragé à en savoir un peu plus sur cette entreprise qui a son siège à Alicante. BFS (Bio Fuel System) a réussi à mettre en application un procédé incroyable mais élémentaire permettant la conversion du gaz carbonique en pétrole artificiel, appelé Blue Petroleum, garanti sans soufre et métaux lourds.

 

Serait-ce l’émergence d’un combustible de plus sur le marché, un super algo-carburant en quelque sorte ? Une aubaine pour tous les automobilistes qui sont à la recherche de nouveaux carburants plus équitables pour la planète !

 

Sur la route de mes vacances espagnoles, je m’interroge sur la production de ce biopétrole. Vais-je pouvoir faire mon plein avec du Blue Petroleum ?

 

Son nom magique résonne déjà dans mon réservoir tellement ma pensée s’emballe, mais pourquoi ça ne s’est pas développé chez nous, alors que l’Allemagne propose aussi du carburant végétal dans ses stations services depuis longtemps ?

 

La France, qui vient juste d’accepter, via le major de l’automobile PSA, le moteur à air comprimé de M. Guy Nègre, après 15 années d’hésitation (voir ici un article de la Tribune), a-t-elle raté une opportunité de plus dans sa transition énergétique ?

 

Mais d’où vient-il, ce « pétrole bleu », au design élégamment présenté sur le web ? Est-il vraiment opérationnel et surtout, quelle est cette formule magique ?

 

Autant de questions qui vont s’accumuler jusqu’à ma venue sur place à Alicante, où je décide de rencontrer la tête pensante de l’usine pilote BFS, installée depuis 2010.

 

Bernard Stroïazzo-Mougin, le Président Fondateur de Blue Fuel System, n’a pas pu venir pour l’interview, mais son fils, Alix Stroiazzo, Directeur International Business Development, me reçoit cordialement dans leurs bureaux pour me présenter ce procédé grâce à un montage vidéo.

 

Sur la table, une rangée circulaire de bloc-notes laisse apparaître en grosses lettres la formule magique CO2 = Energy. Une formule simple, voire contradictoire comme la « vérité qui dérange » d’Al Gore . C’est d’ailleurs suite aux déclarations alarmantes de ce sénateur américain que l’application de ce procédé prit forme en 2006 dans l’esprit de Bernard Mougin, ingénieur français en thermodynamique, passionné par les recherches sur le pétrole, et soucieux d’un avenir meilleur pour les générations futures.

 

Un procédé génial inspiré par les travaux de Giacomo Luigi Ciamician, professeur de chimie à l’université de Bologne (de 1889 à 1922), qui fut le premier scientifique à faire des recherches dans le domaine des réactions photochimiques. Cet universitaire d’origine arménienne, considéré comme le père de la photochimie, proposa d’ailleurs en 1912 à New York, en amorce du VIIIe Congrès International de Chimie, l’utilisation de l’énergie solaire comme moyen de production d’un carburant artificiel pour remplacer le charbon, l’énergie fossile de l’époque.

 

Comme il en témoigne dans ses travaux :« Le rayonnement solaire peut être utilisé pour des applications industrielles. Dans des régions désertiques, inadaptées aux cultures, on pourrait installer des forêts de tubes en verre où le processus photochimique qui aurait lieu à l’intérieur de ses tubes constitue le secret le mieux gardé par la nature jusqu’à nos jours ».

 

Alors, ce secret tant recherché, quel est-il exactement ? Imaginer un procédé recréant le processus qui a lieu depuis des millions d’années dans les océans grâce à la photosynthèse pour donner tout naturellement du pétrole.

 

Car dans ces gigantesques tubes en verre, l’équipe scientifique de BFS a installé des micro-algues avec du phytoplancton et des cyanobactéries qui se multiplient à vitesse grand V sous le soleil. Leur concentration moyenne de base, qui est de 100 à 300 cellules par millilitre dans l’eau de mer, atteint 500 millions à 1 milliard de cellules par millilitre dans les réacteurs de BFS. Ces organismes vivants unicellulaires « autotrophes », appelés « échangeurs », sont les plus lointains ancêtres de toute forme de vie sur Terre et fonctionnent comme de véritables usines biochimiques miniaturisées. Leur décomposition est l’origine de ce pétrole tant convoité sur la planète.

 

Mais Bernard Mougin est allé plus loin que Luigi Ciamician, car l’inventeur français relie les rejets de dioxyde de carbone industriels directement à son usine et accélère le procédé de conversion de CO2. La photosynthèse permet alors de capter le carbone du CO2 et d’en faire une chaîne carbonée sous forme d’une bio-masse pouvant servir de carburant, avec un bonus non négligeable pour notre environnement ; pour chaque baril de pétrole utilisant environ 2 tonnes de CO2 d’émissions industrielles, 1 tonne est totalement neutralisée et ne se retrouvera plus dans l’atmosphère. Ainsi, 2.500 tonnes de CO2 ont pu être captés depuis le démarrage de l’usine en 2010.

Un bio-pétrole en quelque sorte artificiel qui plus est réducteur de CO2… Mais aussi une bio-masse (chaîne carbonée) source d’importants apports alimentaires grâce aux OMEGA (EPA, DHA…), issus des phytoplanctons, des acides gras que l’homme n’arrive pas à synthétiser, alors qu’ils sont déterminants au bon fonctionnement du métabolisme des êtres vivants. Sans compter toutes les applications pour la cosmétique. La molécule phycoérythrine découverte cette année dans les laboratoires de BFS en est un parfait exemple.

 

Bernard Stroïazzo-Mougin fabrique du pétrole avec de la fumée !

 

Le CO2, notre ennemi juré, est devenu entre ses mains un véritable allié… Un coup fumant que le gouvernement français risque de regretter dans la perspective de la COP 21, où tous les pays concernés vont devoir se réunir à Paris en 2015, pour faire le point sur le climat. Et surtout proposer des solutions. Un challenge que pourrait lancer la France sur la table internationale, annulant ainsi, le fameux dicton : « en France on n’a pas de pétrole… »

 

Mais le challenge est assurément mondial, car il suffirait d’une surface équivalente à 500 km x 500 km dans un désert pour produire 20 millions de barils par jour qui permettraient de réduire 20 % de gaz à effet de serre, affirme BFS !

 

Le rêve de Giacomo Ciamician serait-il, presque un siècle après, enfin réalisé ? Sur les terres de la province d’Alicante, s’érigent des tubes verts pointés vers le ciel de 8 mètres de hauteur, de plein pied sur 3 hectares. Un bon début, mais pas suffisant pour produire en masse du carburant, précise son fondateur qui estime la barre de démarrage pour le marché espagnol entre 50 et 100 hectares.

 

Reste à trouver 100 millions d’euros, et le « tour » est joué ! Dans l’attente de nouveaux contrats qui pourraient se concrétiser prochainement, notamment avec la Chine et le Japon (via Japan Airlines), une voie parallèle et encourageante se profile avec une participation citoyenne bien décidée à promouvoir cette nouvelle énergie verte. Des citoyens conscients que cette alternative au pétrole bio doit bien répondre à l’urgence climatique et non à une nouvelle utilisation irraisonnée de sa production.

 

Lien sur le captage et stockage du dioxyde de carbone :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Le-gouvernement-francais-soutient.html

 

Lien sur l’ozone :
http://www.asef-asso.fr/mon-air-exterieur/nos-syntheses/1959-tout-savoir-sur-la-pollution-de-l-air-en-3-minutes

 

Voyage JNE BiObernai 2014 : l’atelier de peinture bio de Patrick Fischer

Au cours de leur voyage en Alsace effectué lors du salon BiObernai, les JNE ont visité le 13 septembre 2014 l’entreprise de peinture bio de Patrick Fischer.

 

par Roger Cans

 

peinture-fischerNous partons pour Rosheim (Bas-Rhin), afin de visiter une entreprise de peinture qui, à première vue, n’a rien d’extraordinaire. Mais la visite nous ouvre les yeux sur un entrepreneur, Patrick Fischer, qui exerce un métier unique : il restaure avec des peintures élaborées à l’ancienne, avec des minéraux, des végétaux et des produits animaux naturels. L’entreprise de son père, créée en 1957, fabriquait des peintures à l’huile de lin et à la térébenthine. Lui-même a fait son service militaire dans les chasseurs alpins, ce qui l’a branché sur les Alpes. Il est devenu guide de montagne et a découvert les meubles peints, puis les fresques des monastères de Toscane.

 

Donc, pas question de se servir des peintures au vinyle ou glycérophtaliques. Il s’en tient aux vieilles recettes, plus exigeantes. Pour restaurer un vieux mur, il étale d’abord du savon noir, de la cire d’abeille, de la crème de lait, de la chaux, de la poudre de marbre et enfin les pigments. C’est ainsi qu’il restaure l’église Sainte-Aurélie, un temple protestant de Strasbourg. Les bancs de l’église, en sapin, ont été peints en faux chêne. Il doit retrouver les techniques du faux chêne ou du faux marbre, longtemps utilisées aux siècles précédents. Pour cela, il dispose d’un matériel précieux : brosses et pinceaux en poils de martre, de blaireau, de sanglier. Et même des rouleaux en latex.

 

Suprême raffinement, il cultive dans le jardin attenant à son atelier des plantes tinctoriales comme la garance, le pastel et le sureau. « J’ai le défaut d’être puriste », dit-il. Patrick Fischer est à la fois un artisan et un artiste. Ce qui fait de son entreprise une merveille d’ingéniosité et de talent.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage JNE au Salon BiObernai 2014. Sur l’entreprise de peinture Fischer, lire aussi l’article de Magali Reinert sur notre site.

 

A quoi sert l’éducation environnementale ? Le cas de l’Algérie

Plus de dix ans après son introduction dans les programmes scolaires, l’éducation à l’environnement n’est toujours pas une discipline à part entière dans les écoles et les collèges d’Algérie.

 

par M’hamed Rebah

 

En trébuchant sur les tas de déchets posés ça et là, sur le chemin de l’école, un peu partout en Algérie, les élèves ont dû se demander à quoi sert l’éducation environnementale si, entre le cours qui leur est donné en classe et la réalité concrète qu’ils vivent en dehors de l’école ou du collège, le fossé est tel qu’il enlève toute crédibilité à cette discipline.

 

En certains endroits, les mini-décharges sont carrément collées au mur de l’établissement scolaire, sans parler des nuisances sonores provoquées par les klaxons et les lecteurs de CD des véhicules qui passent à proximité et les dégagements de fumées et de gaz toxiques qui empoisonnent l’air. D’où la nécessité d’impliquer dans l’éducation environnementale, les autorités locales, élus et administratifs, et tous ceux dont la fonction a un rapport, localement, avec la qualité de l’environnement.

 

Tous ces responsables doivent être au courant de ce qui est enseigné dans ce domaine, prendre connaissance des conclusions qu’en tirent les élèves et se mettre au travail pour rendre conforme la réalité écologique locale avec ce qui est enseigné. Si cet apport fait défaut, l’éducation environnementale restera au stade théorique, autrement dit : ne servira à presque rien.

 

Là où des actions sont réalisées pour traduire dans le cadre de vie quotidien les notions qui sont enseignées en matière de protection de l’environnement, il s’agit surtout d’initiatives isolées et même improvisées par des enseignants qui se trouvent être en même temps militants d’associations écologiques et parfaitement convaincus. Il est à se demander si les enseignants chargés de dispenser les cours d’éducation environnementale ont la formation exigée pour le faire avec la plus grande efficacité. Car, il faut parler de tri des déchets, d’économie de l’eau, d’économie d’énergie, de confort sonore, et y compris, pourquoi pas, de l’agriculture biologique. D’autre part, n’y a-t-il pas une carence dans le soutien qui doit leur être accordé, à la fois au plan pédagogique, et moral aussi, pour valoriser leur effort au sein de la société ?

 

Le nombre impressionnant d’élèves concernés par la rentrée 2014/2015 en Algérie, dépassant les 8 600 000, doit être mis en rapport avec la tendance à la dégradation de l’environnement qui touche toute la société, pour comprendre l’importance de l’éducation environnementale si on veut renverser la vapeur et aller vers l’amélioration du cadre de vie et de la qualité de l’environnement.

Faut-il rappeler la visite d’inspection effectuée en janvier dernier par les membres d’une commission de l’Assemblée populaire de la wilaya (APW) d’Alger dans des établissements scolaires (écoles primaires, collèges d’enseignement moyen, lycées) de la capitale et le spectacle ahurissant qu’ils ont constaté : décharges aussi bien à l’intérieur des écoles que dans les alentours immédiats des établissements, déversement d’eaux usées… On l’a déjà dit : seuls les marchés de proximité rivalisent en saleté, bruit et pollution avec les établissements scolaires, alors que ces lieux devraient être totalement exempts de nuisances.

 

L’éducation environnementale a été introduite progressivement dans le système de formation depuis la rentrée 2002-2003 sous la supervision d’une commission interministérielle de coordination et de suivi du programme. Les supports pédagogiques, comme les guides et les mallettes, n’ont pas manqué, tous les établissements ont en été dotés. Peu d’informations ont toutefois circulé sur l’évaluation de cette expérience et sur les leçons qui en ont été tirées. Est-ce que l’éducation à l’environnement est considérée comme une discipline à part entière avec un enseignement distinct et obligatoire et un horaire précis, mettant en œuvre des méthodes pédagogiques appropriées ? Le mouvement associatif et les responsables locaux sont-ils associés à cette démarche ? On ne le sait pas.

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

 

Oran, capitale algérienne des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables occupent une bonne place dans l’actualité écologique de cette rentrée… à Oran (Algérie).

 

par M’hamed Rebah

 

era_logo_neu_7565Du lundi 27 au mercredi 29 octobre 2014, se tiendra dans cette ville, au centre des Conventions, le 5e Salon international des énergies renouvelables, énergies propres et du développement durable (ERA 2014). Après les trois éditions tenues à Oran (la première s’était déroulée à Tamanrasset), cette manifestation fait maintenant partie des traditions de la capitale de l’Ouest algérien.

 

Le cinquième Salon est appelé à confirmer sa fonction de rendez-vous des opérateurs qui œuvrent dans les domaines des énergies renouvelables et du développement durable, qu’ils soient installés en Algérie ou à l’étranger. Organisé par Myriade Communication, sous le haut patronage du président de la République, et avec le soutien de la wilaya d’Oran, le Salon ERA est devenu, en fait, le moment privilégié pour savoir où on en est dans le développement des énergies renouvelables et énergies propres, et dans le développement durable, tout court.

 

Cette sorte d’« actualisation » est visible dans l’espace réservé aux expositions des entreprises et organismes, algériens ou étrangers, et se fait également à travers les communications présentées dans le cycle de conférences qui accompagne le Salon. La présence maintenant habituelle, dans le Salon ERA, des chercheurs et des étudiants indique l’importance accordée par les organisateurs aux deux segments complémentaires de la formation et de l’emploi dans ces filières. Le secteur des énergies renouvelables est indéniablement un gisement d’emplois qui reste encore quasiment inexploité en Algérie.

 

Selon les informations données par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), au Brésil, un pays qui occupe la deuxième position mondiale, après la Chine, en matière de création d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables, plus de 5,7 millions de personnes travaillent dans ce secteur. L’essentiel de ces emplois se concentre dans le secteur des biocombustibles, notamment de l’éthanol, le reste concerne le secteur éolien avec un montant de 1,2 milliard de réais (2,2 réais = 1 dollar) investis par le Brésil pour l’implantation de 10 parcs éoliens, alors que 3 autres devraient être ouverts d’ici 2017. En œuvrant à la promotion des branches industrielles liées au développement des énergies renouvelables, le Salon ERA a commencé à contribuer à défricher le terrain de l’emploi sur cette voie.

 

Il faut noter que le 5e Salon ERA a été précédé par un atelier méditerranéen sur les énergies renouvelables, le premier du genre, qui était organisé du 23 au 25 septembre, toujours à Oran, par le bureau régional pour la Méditerranée de R 20. L’annonce en a été faite par Rachid Bessaoud, directeur du bureau R 20 MED, en marge d’un atelier sur la modernisation de la gestion des déchets ménagers, ouvert mardi dernier à Ain El Turck. Les organisateurs prévoyaient la participation d’experts internationaux dans le domaine des énergies nouvelles et énergies propres, ainsi que des représentants d’institutions nationales et internationales activant dans le domaine, de même que celle d’institutions financières internationales telles que la Banque africaine de développement. D’après les chiffres de l’IRENA, en 2013, 214 milliards de dollars (165 milliards d’euros) ont été investis dans les énergies renouvelables.

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

 

Ljubljana, capitale verte européenne 2016

Après Nantes (France) pour 2013, Copenhague (Danemark) pour 2014 et Bristol (Royaume-Uni) pour 2015, Ljubljana, capitale de la Slovénie, s’est vue attribuer, en juin dernier, par la Commission européenne le titre de « Capitale verte européenne 2016 ».

 

par M’hamed Rebah

 

Ljubljana, ville de 283 000 habitants, est ainsi récompensée pour sa contribution à la protection de l’environnement. Le jury l’a choisie après une évaluation sur la base de douze indicateurs : la contribution locale à la lutte contre le changement climatique planétaire, le transport local, les espaces verts urbains, le bruit, la production et la gestion des déchets, la nature et la biodiversité, la qualité de l’air, la consommation d’eau, le traitement des eaux usées, l’éco-innovation et l’emploi durable, la gestion de l’environnement par les pouvoirs locaux et la performance énergétique. En résumé, ce qui est examiné, c’est ce qui est fait par la ville pour améliorer la qualité de la vie de sa population en tenant systématiquement compte de l’environnement dans l’aménagement urbain.

 

Les responsables locaux qui voudraient savoir en quoi consiste une bonne politique urbaine devraient aller visiter Ljubljana et s’inspirer de son exemple pour le traduire chez eux. Ils ne perdraient pas leur temps, et pourraient profiter de l’expérience en matière de politique de gestion des déchets urbains en prenant connaissance de ce qui est envisagé à Ljubljana qui a rejoint, avec trois autres villes de Slovénie, le réseau Zero Waste Europe, dont l’objectif est de réduire les déchets et le gaspillage et de favoriser le recyclage.

 

Les agences de presse nous font savoir que Ljubljana a adopté en juillet 2014 « une stratégie dite zéro déchets à l’horizon 2035, la ville se fixant pour objectif de réduire la quantité annuelle de déchets résiduels par habitant à 60 kg, de limiter la quantité de déchets mis en décharge à 30 kg, et d’augmenter le taux de recyclage à 75 % ».

 

Le système adopté en Europe ressemble à un jeu d’enfants dans une cour d’école. Il s’appelle l’économie circulaire et consiste à faire du déchet de l’un, la ressource de l’autre, ce qui aurait pour avantage de « faire plus et mieux avec moins » ; « plus et mieux » en produits et en cadre de vie et « moins », en ressources comme l’eau et l’énergie qui deviennent rares et couteuses.

 

En prenant cette voie, l’Europe compte, en 2020, arriver au recyclage de la moitié des déchets ménagers et éliminer les décharges. Les premiers à être mobilisés pour une telle politique, si l’Algérie venait à l’adopter, seront à coup sûr tous les riverains des centres d’enfouissement technique (CET), qui souffrent de leurs effets indésirables : odeurs nauséabondes des déchets et bruit et rejets gazeux des camions qui ramènent les ordures.

 

Nos élus seraient également bien inspirés d’aller faire un tour en Autriche qui est, dit-on, l’exemple à suivre pour ce qui est de « zéro déchet ». Ils pourraient se convaincre que ce qui est fait dans ce pays est à la portée de n’importe quel autre, comme le système de collectes bimensuelles qui permet de récupérer directement chez les consommateurs leurs emballages vides. Mais pour y parvenir, il faut passer le test du « zéro déchet » autour des établissements scolaires. Un bon défi pour les ministres de l’Education nationale et de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, si les élus locaux acceptent de jouer le jeu.

 

Autre pays à visiter, le Burkina Faso où, à partir du 1er janvier 2015, l’importation, la vente et la distribution des emballages plastiques non biodégradables, autrement dit les sachets plastiques, seront interdites. C’est la façon adoptée par ce pays africain pour « réduire la quantité ou la nocivité des déchets produits, en intervenant à la fois sur leur mode de production et de consommation». Dans ce pays, on appelle cela la « prévention des déchets ».

 

L’économie de ressources et la prévention sont des notions inconnues en Algérie, où la bahbouha (aisance) financière fait tourner les têtes vers le « tout équipement » : barrages et stations de dessalement pour l’eau, centrales électriques pour l’électricité, CET pour les déchets…

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

 

Le souci écologique des industriels algériens : sauver les terres agricoles

En Algérie, le ministère de l’Industrie se préoccupe de la préservation des sols. Paradoxal ?

 

par M’hamed Rebah

 

« Pour la sauvegarde des terres agricoles de la bande du littoral, l’investissement industriel sera délocalisé, pour l’essentiel, vers les régions des Hauts plateaux ». Cette orientation qui prend en charge des préoccupations écologiques – la préservation de la ressource-sol et la protection du littoral – est donnée par le ministre algérien de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb. On aurait pu l’attendre du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, dont les missions sont directement centrées sur le souci de la sécurité alimentaire qui impose de préserver les terres à vocation agricole.

 

Il faut préciser que l’intérêt de l’un et l’autre est dominé par une considération non pas écologique, mais purement économique : la nécessité de réduire la facture des importations de produits alimentaires, un objectif qui ne peut être concrétisé, selon eux, que si l’on respecte l’impératif de la préservation des terres agricoles. Sinon, à quoi servirait l’allocation accordée par le prochain plan quinquennal au développement agricole, qui s’élève, a rappelé Abdesselam Bouchoureb, à plus de 255 milliards de DA pour la seule année 2015 (soit près de 2,5 milliards d’euros).

 

La préoccupation écologique, à travers la préservation des terres agricoles, n’est pas nouvelle au ministère de l’Industrie. Elle était exprimée déjà au plus fort de l’époque de « l’industrie industrialisante », dans les années 1970, mais la structure spécialement dédiée à la protection de l’environnement, et qui était censée prévenir le risque de détournement du foncier agricole pour les besoins des projets industriels, ne pouvait rien face à la volonté de « rattraper le retard » sur les pays développés, traduite sur le terrain en complexes géants dans toutes les branches.

 

Ce que l’industrie a épargné, a été ensuite « bouffé » par les constructions d’habitations, les hangars de stockage et les autres infrastructures de base, comme les routes. Une petite visite dans les zones industrielles et dans les agglomérations urbaines suffit pour constater la disparition des terres agricoles et des cultures qui faisaient leur réputation : orangeraies, vignobles, maraîchages,…Tout cela en violation de la loi, évidemment, car il n’y avait, au moment des faits, le vide juridique qui pouvait permettre un tel détournement des terres agricoles de leur vocation.

 

Il y a moins de deux mois, à l’occasion de l’Assemblée plénière, tenue à Rome, du Partenariat mondial sur les sols (GSP), l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) rappelait que les ressources en sols de la planète sont limitées et insistait sur la nécessité d’arrêter leur dégradation afin que les générations futures puissent répondre à leurs besoins en nourriture, en eau, en énergie et en matières premières. L’éradication de la faim, de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté, sont à ce prix, faisait remarquer la FAO.

 

L’avertissement lancé par Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO, semble adressé aux Algériens : « Le sol est la base même de l’alimentation humaine et animale, de la production d’énergie et de fibres ». « Sans les sols, ajoute-t-elle, aucune vie sur terre n’est possible, et lorsque des sols disparaissent, ils ne peuvent se renouveler à notre échelle de temps ». Elle a tiré la sonnette d’alarme sur l’accélération du rythme actuel de dégradation des sols qui menace la capacité des générations futures de satisfaire leurs besoins fondamentaux.

 

A retenir : l’ONU a proclamé le 5 décembre Journée mondiale des sols et 2015 Année internationale des sols. Un large travail de communication et de sensibilisation dans ce domaine peut être préparé dès maintenant.

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

 

Méditerranée : le mystère des migrations du thon rouge

Quel cheminement suit le thon rouge en Méditerranée ?

 

par M’hamed Rebah

 

Les experts avouent que leurs connaissances à ce sujet sont bien limitées. Ils reconnaissent que « les mouvements migratoires du thon rouge à l’intérieur et à l’extérieur de la mer Méditerranée n’ont pas été suffisamment étudiés ». Or, il est important de le savoir, la Méditerranée étant la principale frayère du thon rouge de l’Atlantique. Des indications ont été recueillies par les spécialistes sur les périodes et les lieux de ponte en Méditerranée, mais ils estiment que « de nombreuses incertitudes ou lacunes subsistent concernant les mouvements migratoires exacts du thon rouge entre l’océan Atlantique et les frayères, la durée de son séjour en Méditerranée, les différences de migrations entre spécimens jeunes et adultes, entre thons résidents en Méditerranée occidentale ou orientale, entre différents individus au sein d’une même zone ».

 

S’agissant d’une espèce très prisée pour sa très grande valeur marchande, la surveillance des stocks de thon rouge est devenue une affaire vitale et la meilleure manière d’observer ce poisson est le marquage afin de collecter les données qui permettent de mieux connaître ses habitudes et de prendre les mesures qui s’imposent pour empêcher son extinction.

 

Un système de gestion du thon rouge a été ainsi mis en place pour une exploitation durable par les pays concernés. Un programme de recherche sur le thon rouge a été également mis en œuvre depuis 2010, sous le nom ICCAT/GBYP, consistant en une campagne de marquage du thon rouge lancée dans l’océan Atlantique et dans la mer Méditerranée. La réussite de l’opération de marquage du thon rouge repose ainsi sur le nombre de marques récupérées.  Depuis son lancement en 2010 par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT), le marquage a concerné 22 000 poissons du côté de la Méditerranée et de l’Atlantique, avec un taux de récupération insignifiant, 1 %, a-t-on appris, malgré les récompenses promises à ceux qui rendent les tags trouvés sur le thon rouge pêché.

 

Les professionnels algériens de la pêche au thon rouge ont été invités à participer à cette opération. Le directeur de projets au bureau d’études français Cofrepêche, Etienne Jarry, est venu spécialement à Alger pour expliquer l’opération aux professionnels algériens. Il l’a fait, mardi 3 septembre 2014, à l’occasion d’une journée d’information et de sensibilisation, initiée par la Chambre algérienne de la pêche et de l’aquaculture (CAPA) et organisée à l’Institut national supérieur de la pêche et de l’aquaculture (INSPA).

 

Les pêcheurs algériens répondront-ils à l’appel d’Etienne Jarry en retournant à l’ICCAT les marques qu’ils trouveront sur le thon rouge ? Toute cette opération vise à donner des bases scientifiques aux décisions de l’ICCAT concernant les quotas de pêche. Cet organisme a décidé de ne pas augmenter les quotas de pêche pour le thon rouge pour 2014 : 13.400 tonnes dans l’Atlantique est et la Méditerranée, et 1.750 tonnes dans l’Atlantique ouest.

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

 

Voyage JNE BiObernai 2014 : Incroyables Comestibles, changement de paradigme en marche ?

Les JNE étaient présents au salon BiObernai 2014, qui se tenait du 14 au 16 septembre. Voici le premier de nos reportages et articles réalisés à cette occasion.

 

par Suzanne Körösi

 

photo Magali Reinert

Une butte de permaculture devant chez François Rouillay, arborant le petit panneau : »Nourriture à partager » – photo Magali Reinert

 

À Colroy-la-Roche (Bas-Rhin), François Rouillay nous reçoit devant sa maison, à côté de son emblématique jardinière où, en 2012, il a planté des légumes et affiché : « Nourriture à partager, servez-vous librement, c’est gratuit ». C’est avec ce bac qu’il a commencé, épaulé par Jean-Michel Herbillon, à faire connaître en Alsace et en France le mouvement Incroyables Comestibles. Les deux amis sont conseillers en développement territorial et cherchent depuis pas mal de temps une réponse à la question de la sécurité alimentaire. L’idée de partage, de solidarité, de coopération les enthousiasme, ils s’engagent dans ce qu’ils appellent l’agriculture urbaine « troisième génération ».

 

Le mouvement Incredible Edible – Incroyables Comestibles en français – a été lancé en 2008 par les habitants de Todmorden, dans le nord de l’Angleterre. Dans cette petite ville de 15 000 âmes, touchée de plein fouet par la crise, un beau jour, hommes, femmes et enfants se mettent à cultiver des légumes à partager, Food To Share. Leurs jardins deviennent des espaces ouverts à tous, des lieux de convivialité.

 

Collectivement ils allègent bien sûr leur budget nourriture, ils découvrent aussi l’intérêt de manger local, sain, avec les voisins. Ils envoient aux oubliettes le vieux principe so british « My home is my castle », et l’échangent avec un autre, celui du buen vivir. Todmorden a changé de visage en quelques années. Cette cité industrielle en déclin retrouve un nouveau dynamisme.

 

Depuis 2012, l’enthousiasme de François et de Jean-Michel ne tarit pas. L’idée prend d’abord à Colroy-la-Roche, puis ils partent à la conquête d’autres villes en France et dans le monde. Ils sont fiers du résultat : dans 22 régions en France métropolitaine et dans les territoires d’Outre-Mer, il y a aujourd’hui des quartiers Incroyables Comestibles; et ils trouvent des partenaires en Palestine et en Afrique.

 

À la Chenaudière, premier Relais & Châteaux créateur d’un jardin partagé, où nous arrivons par un parcours parsemé de joyeuses installations de « Nourriture à partager », on évoque avec François et Jean-Michel d’autres mouvements qui témoignent de l’attention portée à la question de la souveraineté ou autonomie alimentaire.

 

Jusque récemment, cette question ne concernait que les pays pauvres, souffrant des effets du changement climatique, des guerres et du dumping des pays riches, qui bouleverse et étouffe les cultures vivrières locales.

 

Aujourd’hui, une fraction toujours grandissante de la population mondiale vit dans des villes. Avec l’épuisement des énergies fossiles, la pollution généralisée, et les crises économiques, dont on ne sort pas depuis six ans et qui laissent des pans entiers de la société sans ressources, le concept de souveraineté alimentaire fait tilt aussi dans les pays riches.

 

Le mouvement Villes en transition, lui aussi parti d’Angleterre, a également un grand écho international depuis son lancement à Totnes par Rob Hopkins (lire ici le compte-rendu du voyage des JNE à Totnes). On a planté des kilomètres d’arbres fruitiers, entre autres des noyers, des kilomètres carrés de jardins urbains partagés, pour rendre les villes résilientes à la crise actuelle et à celles à venir.

 

D’autres efforts, qui prennent de l’envergure, viennent des municipalités : New York, Toronto, Montréal, Berlin, Leeds, Rennes, pour citer quelques exemples, abordent la question chacune à sa manière, mais elles se mobilisent toutes pour assurer aux citadins l’autosuffisance, l’autonomie alimentaire. Elles cherchent à mettre en place les conditions légales, économiques et urbanistiques du développement de l’agriculture dans la ville et autour de la ville. Elles visent aussi à recréer les ceintures nourricières qui existaient jusqu’aux années 60 autour de la plupart des villes. Elles soutiennent également l’installation de jardins partagés, où citadins et citadines peuvent se réapproprier la production de nourriture.

 

Tormoden, Colroy-la-Roche, les Incroyables Comestibles partout où ils existent, s’inscrivent dans les nouvelles formes de production et consommation de nourriture. Un nouveau paradigme est en marche.

 

Mais ce nouveau modèle – économique, social et culturel – sera-t-il suffisamment fort devant les menaces potentielles des multinationales de l’agro-alimentaire et de la chimie, susceptibles de vouloir mettre la main sur ces aliments, si ces mouvements prennent trop d’ampleur et diminuent leurs profits ? La question reste ouverte.

 

AJEC 21 : les journalistes de l’environnement et de l’écologie unis contre les changements climatiques

C’est une évidence, les changements climatiques sont en cours. Le 5e rapport d’évaluation du GIEC nous rappelle l’ampleur du phénomène et de ses conséquences prévisibles. Publié le 6 septembre, le 4e tome du rapport sur l’évolution du climat de la France annonce, sans ambigüité, des lendemains qui déchanteront dans certaines régions, si nous n’agissons pas dès maintenant.

 

Dans quinze mois, la France sera l’hôtesse de la 21e conférence des parties à la convention de l’ONU sur les changements climatiques. C’est à l’issue de cette 21e « COP » que devrait être conclu un « accord universel » de maîtrise des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

 

Cet accord engagera l’humanité toute entière, des plus grandes nations aux individus. En informant ses milliards de lecteurs, d’auditeurs, de téléspectateurs et d’internautes, la communauté journalistique mondiale sera l’un des rouages de ce changement de paradigme.

 

Pour accélérer le rythme, la communauté française des journalistes spécialisés en environnement s’engage. Ce mardi 16 septembre 2014, leurs deux associations — l’AJE et les JNE — créent l’Association des journalistes de l’environnement et du climat (AJEC 21).

 

L’AJEC 21 accompagnera, dans leur préparation, les journalistes francophones appelés à couvrir la COP 21. Régulièrement, l’AJEC 21 organisera formations, séminaires et reportages pour alourdir le « bagage climatique » de nos consoeurs et confrères et sensibiliser leurs rédacteurs en chef à l’urgence de la situation. Pendant la COP, l’AJEC 21 poursuivra son travail de sensibilisation et d’information en direction du grand public.

 

L’association des journalistes de l’environnement et du climat pour la COP21 (AJEC21) a été créée par l’association des journalistes de l’environnement (AJE) et l’association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE).

 

Face à l’enjeu que représente le sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en 2015, les deux associations françaises de journalistes spécialisés en environnement ont décidé d’unir leurs forces et leurs moyens afin de mieux informer le public sur le changement climatique. Dans cette perspective, l’AJEC21 propose d’organiser des sessions de formation à l’attention des journalistes et de recenser les contacts, les manifestations et les articles qui pourront leur être utiles. Elle souhaite également constituer un relais pour les journalistes étrangers pendant la COP21.

 

Co-fondée, en 2014, par l’AJE et les JNE, l’association des journalistes de l’environnement et du climat a pour objectif d’aider les journalistes francophones à préparer et couvrir la COP 21 de Paris. Co-présidée par les présidents des JNE et de l’AJE, elle a vocation à se dissoudre au début de l’année 2016.

 

L’AJE : Crée en 1994, l’Association des journalistes de l’environnement (AJE) a deux vocations : former ses membres, tous journalistes professionnels, et les aider à exercer leur métier dans les meilleures conditions.

Les JNE : Fondée en 1969, l’association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) regroupe des professionnels de la presse, de l’information et de l’écriture passionnés d’écologie et d’environnement.

 

A SUIVRE

Marche mondiale pour le climat, samedi 21 septembre 2014 à l’appel de nombreuses organisations. A Paris, rendez-vous, place de la République à 14h.

Sommet sur le climat au siège de l’ONU à New York, le 23 septembre 2014.

 

Découvrez dès maintenant ici le site de l’AJEC 21.