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Catégorie ‘Dossier nucléaire’


Contre les radiations, faut-il manger des pommes ?

Au cours d’une conférence de presse à Paris le 19 novembre 2010, l’association Enfants de Tchernobyl Bélarus et l’Institut de protection Belrad de Minsk avaient présenté des données scientifiques sur un remède possible contre la radioactivité : la pectine. Une information qui mérite d’être diffusée à l’heure de la catastrophe nucléaire de Fukishima.

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par Laurent Samuel

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Yves Lenoir, scientifique engagé de longue date contre le nucléaire, et Alexey Nesterenko, directeur de Belrad, ont présenté les cures de pectine données aux enfants de Bélarus (ex-Biélorussie) par Belrad. Selon leurs conclusions, l’administration régulière de cette substance, présente notamment dans les pépins et zestes des pommes et coings, aurait permis une baisse de 70 % de la contamination interne des enfants.

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L’intérêt de la pectine a été reconnu dès 1981 par l’Organisation mondiale de la santé, et a été recommandé en 2003 par le ministère de la Santé de la Fédération de la Russie.

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Aujourd’hui, ce remède a priori sans danger mériterait d’être popularisé au Japon… Hélas, je n’ai trouvé sur le net aucune information indiquant que ce serait le cas.

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En tout cas, ce traitement simple et peu coûteux est farouchement combattu par les autorités bélarusses. Motif invoqué : la pectine éliminerait non seulement les radio-éléments, mais aussi les oligo-éléments nécessaires à la défense de l’organisme. Pour Yves Lenoir, l’acharnement anti-pectine des autorités bélarusses s’expliquerait par une volonté délibérée de faire du Bélarus, victime de 70 % des rejets de Tchernobyl, un terrain d’observation des effets de la radioactivité sur les êtres humains. Les habitants seraient ainsi des « cobayes » involontaires d’une terrifiante expérience en vraie grandeur…

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La conférence du 19 novembre 2010 a aussi été l’occasion de faire le point sur la pollution radioactive en Bélarus, 25 ans après Tchernobyl. Début 2010, Belrad, institut indépendant créé en 1990, a réalisé 21 111 analyses réalisées par sur des enfants et des adultes de Bélarus. Conclusion : « on ne peut constater de tendance à la baisse des niveaux d’accumulation de radionucléides chez les enfants ».

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D’après les mesures présentées au cours de la conférence de presse par Alexey Nesterenko : « depuis le début de l’année 2010, ont été analysés 1074 échantillons de nourriture, matières premières agricoles, et alimentation pour animaux. Un excès des doses admissibles a été enregistré dans 169 cas, soient 16 % des échantillons analysés. Parmi ceux ci, présentant un excès des niveaux admissibles de radionucléides, on trouve du lait, champignons, baies, gibier, oseille, masse verte (pour bétail). L’activité maximale observée dans les champignons séchés dépassait les 231 000 Bq/kg (pour un niveau acceptable de 2 500 Bq/kg) ». .

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En conclusion de cette conférence de presse qui se déroulait au Solar Hotel, dans le 14e arrondissement de Paris, Yves Lenoir, Président de l’association Enfants de Tchernobyl Bélarus, a souligné que l’institut Belrad doit être soutenu, car c’est la seule source d’information indépendante sur la radioactivité au Bélarus. Des représentants de Sortir du Nucléaire, de la Crii-rad et de France-Libertés, présents à la conférence de presse, ont exprimé leur soutien à Belrad. .

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site d’Enfants de Tchernobyl Bélarus et celui de l’Institut Belrad.

 

Cet article a d’abord été publié sur le Blog Planète de Laurent Samuel.

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Comment la France s’est préparée à gérer un après accident nucléaire

Au pays le plus nucléarisé au monde, le risque d’accident majeur n’est plus considéré comme inévitable à l’instar de la mise en place depuis 2005, du Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle nucléaire ou d’urgence radiologique.

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par Camille Saïsset

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Vous pouvez lire la suite de cet article en cliquant ici sur le site Actu-Environnement.

Catastrophe du Japon : l’Allemagne prend ses distances avec le nucléaire

A cause de la catastrophe du Japon, l’Allemagne prend ses distances avec le nucléaire.

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par M’hamed Rebah

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L’Allemagne suspendra son projet de prolongation de la durée de vie de ses 17 centrales nucléaires pendant trois mois, a annoncé lundi la chancelière Angela Merkel.

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Mme Merkel a déclaré lors d’une conférence de presse que son gouvernement effectuera des tests de sécurité dans les centrales nucléaires du pays avant de prendre des décisions cet automne.

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« Tout sera examiné », a expliqué la chancelière allemande. « Si un pays aussi développé que le Japon, qui possède des normes sécuritaires élevées, ne peut empêcher de telles conséquences pour l’énergie nucléaire après un séisme et un tsunami, alors cela a des conséquences pour le monde entier ».

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« Cela change la situation, y compris en Allemagne. Nous avons une nouvelle situation, et cette situation doit être minutieusement analysée », a-t-elle déclaré.

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La chancelière a annoncé que l’Allemagne allait fermer ses deux plus vieilles centrales nucléaires cette année, connues sous le nome de Neckarwestheim 1 et de Biblis A, en fonctionnement depuis 1976 et 1975 respectivement.

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Cependant, Mme Merkel a souligné que ces décisions ne signifient pas que l’Allemagne abandonnera l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. Le gouvernement d’Angela Merkel avait décidé l’année dernière de prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires : celles construites avant 1980 en Allemagne pourront fonctionner encore huit ans, et celles qui ont vu le jour après 1980 pourront prolonger leur durée de vie de 14 ans.

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La décision controversée a fait vaciller la vieille législation soutenue par le précédent gouvernement (coalition des démocrates du centre et de gauche (SPD) et des Verts), qui avait décidé de fermer les 17 centrales nucléaires d’ici 2022. C’était après l’accident survenu à Tokaimura, au Japon, en septembre 1999, dans une usine privée de fabrication de combustibles nucléaires. Une erreur de manipulation avait porté l’uranium à sa masse critique, ce qui a enclenché la réaction nucléaire. Il n’y a pas eu d’explosion, mais émission de rayons dangereux à proximité immédiate provoquant l’affolement dans la population riveraine.

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Conséquence de l’accident de Tokaimura : l’Allemagne, quatrième producteur mondial d’électricité nucléaire avait décidé de sortir du nucléaire civil en 2021, date à laquelle sa dernière installation devait s’arrêter. La coalition d’Angela Merkel a décidé à la fin de 2010 de prolonger au moins de 10 ans la « vie » des 17 centrales nucléaires allemandes. Mais, après l’accident de la centrale nucléaire japonaise à la suite du tsunami de vendredi, la chancelière fédérale a annoncé la fermeture pour trois mois des réacteurs nucléaires mis en exploitation avant la fin 1980.

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Les sondages montrent que la majorité des Allemands s’opposent à la prolongation de leur durée d’existence. Samedi, près de 40000 personnes ont formé une chaîne humaine longue de 45 kilomètres reliant la centrale nucléaire de Neckarwestheim à Stuttgart, pour demander la fin immédiate de l’énergie nucléaire.

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Source : Xinhua

Les dégâts de la radioactivité sur la santé

Voici un point très précis sur les dégâts de la radioactivité sur la santé, publié par notre confrère M’hamed Rebah dans la Nouvelle République (Algérie).

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par M’hamed Rebah

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Les autorités sanitaires mondiales ont appelé les gouvernements de la région Asie-Pacifique à contrôler les niveaux de radioactivité dans l’air, après la série d’explosions observées à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima. Les lourds dégâts causés par le séisme de vendredi ont entraîné la diffusion d’un nuage de particules radioactives qui a notamment atteint Tokyo mais pourrait également affecter les pays voisins.

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Ces mesures s’effectuent en sieverts (Sv), une unité évaluant la quantité de radiation absorbée par les tissus humains. Un Sievert équivaut à 1.000 millisieverts (mSv) ou un million de microsieverts (µSv).

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Le secrétaire du gouvernement japonais Yukio Edano a un temps estimé que le niveau de radiations autour de Fukushima pouvait atteindre des pics à 400 mSv par heure. Ce chiffre horaire serait 20 fois supérieur à la dose de radiations reçue en une année par certains employés du secteur nucléaire ou de l’extraction d’uranium.

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L’exposition moyenne d’un être humain à la radioactivité naturelle est de l’ordre de deux à trois mSv par an. Lors d’un scanner médical, l’organe ciblé reçoit environ 15 mSv dans le cas d’un adulte et 30 mSv chez un nouveau-né. Une radiographie de la poitrine expose à 0,02 mSv, des dents à 0,01 mSv.

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Il a été démontré qu’une exposition cumulée à 90 mSv après deux ou trois scanners peut accroître le risque de cancer. Le phénomène est davantage étayé chez l’enfant.

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Le seuil de 100 mSv par an est le plus faible à partir duquel une hausse du risque de développer un cancer peut être mise en évidence.

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Une exposition cumulée sur un an à 1.000 mSv, ou 1 Sv, causerait probablement un cancer mortel, de nombreuses années plus tard, chez 5% des personnes touchées.

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Une dose élevée de radiations a pour effet de détruire le système nerveux, les globules rouges et les lymphocytes, ce qui endommage le système immunitaire.

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Une dose unique d’un sievert déclenche ainsi des nausées, des vomissements, des hémorragies, mais n’est pas mortelle. Une dose unique de cinq sieverts serait en revanche fatale pour 50% des personnes exposées dans un délai d’un mois.

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Lors de la catastrophe de Tchernobyl, le critère déterminant l’évacuation des riverains était une exposition à 350 mSv, selon l’Association mondiale du nucléaire.

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Sources : AFP, Reuters, Granma, Xinhua, Ria Novosti

Peur du nucléaire

Voici le dernier papier en date de Claude-Marie Vadrot sur la catastrophe nucléaire au Japon, en ligne sur les sites de Médiapart et Politis.

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par Claude-Marie Vadrot

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En direct, l’envoyé spécial de France 2, Alain de Chalvron, a dit il y a deux jours son angoisse face à la radioactivité qui arrivait ou qui pouvait arriver. Dans sa voix, pour ce journaliste qui en a vu d’autres, il y avait une tension inhabituelle.

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D’autres journalistes ont exprimé, sans doute malgré eux, cette peur, cette crainte d’un inconnu qu’il est impossible de voir. Etrange et révélateur de ce qui se passe.

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Au cours de ma carrière déjà longue, j’ai cavalé sous les bombes ou guetté les obus, les balles et les explosions à Groznyï, en Irak, à Gaza, en Géorgie, au Liban, en Afghanistan, au Bangladesh. Et ailleurs. Pour raconter la guerre et ce qu’il y avait derrière les combats.

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Je n’étais alors ni plus courageux ni plus glorieux qu’un couvreur qui risque tous les jours l’accident du travail s’il tombe du toit. J’y allais, parce que c’était et que cela reste mon métier : en ayant peur, avant, pendant (et surtout) et après, mais avec, toujours, l’impression que j’avais ma chance, l’illusion que je pouvais, avec un peu d’habilité et d’instinct, passer entre les gouttes.

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Illusion bien sûr car cela revient à jouer à la roulette russe. Mais, après tout, même à ce stupide jeu russe, il y a toujours une chance. Une seule et dans la tête, ça suffit ; l’homme ou la femme qui jouent ainsi à cache-cache, y croient d’autant plus que, souvent, ça tombe ailleurs, voire sur un autre.

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Et puis un jour, après avoir beaucoup intrigué et collectionné les signatures d’apparatchiks soviétiques, j’ai obtenu l’autorisation, trois ans après l’accident, de descendre dans le cratère de l’explosion de Tchernobyl pour voir le réacteur fondu et tordu. Avec une photographe.

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Au dernier moment, j’ai renoncé, je n’ai pas osé prendre le risque, invisible, impalpable, d’aller subir une forte irradiation pendant quelques minutes ; d’affronter un danger silencieux et invisible. La photographe est descendue et a rapporté des photos fantastiques qui ont fait le tour du monde et la une des magazines. Je n’ai jamais regretté mon refus et mon rédacteur en chef de l’époque ne me l’a pas reproché, ne m’a pas reproché d’avoir raté un véritable scoop. L’atome en folie ne peut pas, ne doit pas être affronté. Sauf, comme à Tchernobyl et à Fukushima, pour tenter de sauver des vies.

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C’est ce qui se passe au Japon : des reporters aguerris ne supportent pas cette menace invisible que représentent les radiations. La peur, l’angoisse prennent une autre forme, une intensité inhabituelle.Pas d’adrénaline, juste une appréhension interne profonde qui n’a ni forme, ni odeur, ni saveur. Juste quelque chose qui pénètre l’âme et le corps.

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Quelque chose que je ressens encore quand, comme en novembre dernier, je marche au pied du sarcophage de Tchernobyl. Comme quand j’arpente les rues désertes et silencieuses de la ville de Pripiat abandonnées par 50 000 personnes, à quelques kilomètres de la centrale accidentée.

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A chaque fois que j’y retourne, l’angoisse est la même dans cette Pompéi des temps modernes. Une angoisse si particulière que j’ai du mal à l’expliquer ensuite à mes proches, à des amis. C’est cela l’énergie nucléaire dont la force s’échappe –f orcément – un jour : la mort invisible, la mort définitive d’une ville qui disparaît peu à peu sous la végétation. C’est, au sens strict du terme, absolument in-des-crip-tible. Comme la représentation du mal absolu, de la folie technologique qui prend des paris stupides avec le diable.

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C’est tout cela que ressentent confusément beaucoup des journalistes présents au Japon, alors qu’ils étaient partis couvrir un fait comme un autre : une fois sur place, ils comprennent qu’il y a autre chose, indéfinissable et quasi impossible à nommer ; oui, c’est cela finalement les radiations qui se répandent représentent l’innommable.

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C’est aussi ce que commencent à ressentir les Japonais qui apparaissent dans les reportages : au delà des peurs du tremblement de terre, au delà de l’horreur du tsunami, il y a la terreur qui monte de ne pas savoir quand et comment on va être plongé dans la radioactivité : nul ne la voit arriver et même les chiffres qui défilent sur un dosimètre ne parlent pas à la conscience.

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C’est cela que vivent des millions de Japonais : l’arrivée d’une peur qu’ils croyaient avoir maîtrisé depuis Hiroshima. Pourtant, hier c’était la guerre, alors qu’aujourd’hui, il paraît que c’est la paix.

Nucléaire : nous voulons avoir le choix

Communiqué

APPEL SOLENNEL
au gouvernement français suite à la catastrophe nucléaire au Japon

Rassemblement unitaire dimanche 20 mars à 15 h à Paris devant l’Assemblée Nationale

Le peuple japonais affronte actuellement une tragédie sans précédent. Une catastrophe naturelle, avec des conséquences humaines, sanitaires et économiques. Et une catastrophe nucléaire majeure.

A ce jour, trois fusions partielles de cœurs, deux incendies de combustible usé et cinq explosions d’hydrogène sont survenues dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichii, qui depuis le séisme et le tsunami du 11 mars dernier, relâche des quantités colossales de radioactivité dans l’air et l’environnement. Une fusion totale des cœurs, voire une explosion avec une grande quantité de rejets radioactifs, n’est pas à exclure. Malgré une communication d’informations parcellaires ou contradictoires, nous pressentons que nous sommes face à une situation d’une gravité sans précédent.

La situation au Japon est d’ores et déjà alarmante et s’aggrave d’heure en heure. Des centaines de travailleurs japonais sacrifient actuellement leur vie pour tenter d’éviter que le pire ne se produise.

Alors même que la catastrophe est en cours, des quantités massives de substances radioactives ont été libérées dans l’atmosphère et l’océan. Des taux de radioactivité plusieurs centaines de fois supérieurs à la normale sont déjà mesurés à plus de 100 km de la centrale de Fukushima. C’est une vaste région du Japon qui subit à l’heure actuelle une contamination radioactive qui pourrait se propager à tout le pays, voire au-delà.

Nous, associations, syndicats et partis politiques, exprimons toute notre solidarité au peuple japonais et en premier lieu aux travailleurs du nucléaire qui tentent d’éviter le pire au péril de leur vie.

Cette situation alarmante nous rappelle que le nucléaire est une énergie qui n’est ni propre, ni sûre, ni à même de répondre au défi majeur du changement climatique, et qu’il soumet les populations et les travailleurs à des risques insensés, d’un bout à l’autre de la filière. Plus encore lorsque les centrales sont vieillissantes : au Japon, le réacteur n°1 de Fukushima Daiichi devait être arrêté définitivement le mois dernier, mais la prolongation de son fonctionnement pendant 10 ans venait d’être décidée… Quel choix tragique !

Ce nouvel accident nucléaire majeur met à nouveau à jour les risques inhérents à toute installation nucléaire et met à mal de façon définitive et indéniable le mythe de la sûreté et de la sécurité du nucléaire.

L’impuissance dramatique de l’homme face à l’emballement des réacteurs au Japon a provoqué la remise en question immédiate du nucléaire dans plusieurs pays (Allemagne, Suisse, Inde, États-Unis…)

En France, la politique énergétique a toujours échappé au débat démocratique, et plus particulièrement le développement de la filière électronucléaire. Les décisions sont prises au plus haut niveau de l’État, sans que les citoyens ne soient jamais consultés, alors que cette question concerne pourtant l’avenir de la population tout entière.

Sera-t-il nécessaire d’attendre un nouvel accident nucléaire pour que les autorités françaises organisent enfin un réel débat sur le modèle énergétique français en toute indépendance de l’industrie nucléaire et de son lobby ?

Pour faire face à la pénurie croissante des ressources fossiles, aux risques inacceptables du nucléaire, et à la nécessité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, les solutions alternatives existent, aujourd’hui. Elles s’appuient sur la réduction de nos consommations, par la sobriété et l’efficacité énergétique, et sur le développement des énergies renouvelables. Cette transition énergétique est inéluctable, ses modalités et sa planification nécessitent la tenue d’un grand débat démocratique et citoyen.

Le Président Sarkozy a annoncé que la France devait tirer les conséquences de l’accident japonais. Nous prenons aujourd’hui sa déclaration au mot.

NUCLÉAIRE : NOUS VOULONS AVOIR LE CHOIX !

Nous, associations, syndicats et partis politiques, adressons solennellement ces demandes communes au gouvernement français :

Nous voulons:

- L’arrêt de tous les projets électronucléaires en cours (EPR de Flamanville, ligne THT Cotentin-Maine, EPR de Penly, ITER, Bure et projets de centres de stockage des déchets nucléaires issus de la filière électronucléaire…) tant que les citoyens n’auront pas été en mesure de se prononcer démocratiquement sur notre politique énergétique et sur le recours à l’énergie nucléaire, y compris si nécessaire par un référendum

- Le renoncement à la prolongation de l’exploitation des réacteurs ayant atteint ou dépassé les 30 ans de fonctionnement

- L’arrêt complet de tous les projets portés à l’étranger par l’industrie nucléaire française

Parce que la situation au Japon exige de ne pas se taire sur le drame que ce pays subit et sur la menace permanente que l’industrie nucléaire fait peser sur les peuples, au Japon comme en France :

Nous appelons tou-te-s les citoyen-nes à manifester leur solidarité avec le peuple japonais et à se réapproprier la question du recours au nucléaire et de la politique énergétique, en organisant des rassemblements dans toutes les villes de France ce dimanche 20 mars 2011 à 15h.

Nous appelons également tous les citoyen-nes, associations, partis politiques, syndicats, artistes et personnalités à rejoindre un GRAND RASSEMBLEMENT à Paris ce même jour, c2011, à 15 h devant l’Assemblée Nationale (Métro Assemblée nationale – Ligne 12).

Liste des premiers signataires :
Agir pour l’environnement, Alliance Écologiste Indépendante, Association des communistes unitaires, Association pour le Contrat Mondial de l’Eau, Attac, Bâtir Sain, Bizi, CAP 21, Confédération paysanne, Ecologie et Démocratie, Ecologistas en Accion, Espoirs pour les jeunes, Europe Écologie Les Verts, Europe solidaire sans frontières, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, Fédération Sud Étudiant, Fédération Sud Rail, France Libertés, Fraternité Citoyenne, Gauche Unitaire, Générations Futures, L’école émancipée, Les Alternatifs, Les Amis de la Terre, Mouvement des Objecteurs de Croissance, Mouvement Citerrien, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste des Ouvriers de France, Parti de Gauche, Parti Pour La Décroissance, Réseau Action Climat, Réseau Sortir du nucléaire, Résistance à l’Agression Publicitaire, Union syndicale Solidaires, Utopia, Votre Santé, Women in Europe for a Common Future.

Plus d’informations sur le site du Réseau Sortir du Nucléaire

Chassé par le séisme et le tsunami : adieu, le nucléaire ?

En rapport avec l’accident nucléaire au Japon, voici un article publié aujourd’hui (jeudi 17 mars 2011) dans la Nouvelle République (Algérie), page hebdomadaire réservée à l’écologie.

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par M’hamed Rebah

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L’Algérie échappera-t-elle au nucléaire en tirant les leçons de la catastrophe partie de la centrale japonaise de Fukushima ? Au début de cette année, Youcef Yousfi, ministre de l’Energie et des Mines, avait déclaré toujours valable l’option pour le nucléaire inscrit par son prédécesseur, Chakib Khelil, parmi les nouvelles sources d’énergie, à côté du solaire et l’éolien, appelées à prendre le relais des hydrocarbures.

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Youcef Yousfi a, en même temps, confirmé que les autorités algériennes étudiaient les conditions pour lancer une première centrale nucléaire à moyen terme, c’est-à-dire dans dix ou quinze ans. Les recherches continuent – « par nos propres moyens », selon le ministre – pour faire le bilan du potentiel en uranium. L’approvisionnement des futures centrales nucléaires est assuré pour le long terme, avait-il souligné.

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Avant de quitter son poste de ministre de l’Energie, Chakib Khelil a eu à évoquer, pour sa part, à plusieurs reprises, les perspectives du nucléaire en Algérie. Le grand problème, avait-il admis, est celui de la sûreté et sécurité nucléaires que la loi sur l’utilisation du nucléaire à des fins civiles, promise pour 2009 et qui n’a pas encore vu le jour, prendra en charge. Avec cette loi, devaient être créés une Agence de sûreté et de sécurité nucléaires, une société de développement nucléaire et un Institut de génie nucléaire. Le tout au service du développement de l’électronucléaire.

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La première centrale nucléaire est annoncée vers 2020, puis il y en aura une nouvelle tous les cinq ans, avait fait savoir l’ancien ministre Chakib Khelil. Au nombre des problèmes posés : l’enrichissement de l’uranium qui ne peut se faire en Algérie et qui se ferait donc à l’étranger, ainsi que son retraitement qui se ferait à l’extérieur également. C’est pourquoi, sans doute, des accords ont été passés avec la France, l’Argentine, la Chine, les Etats-Unis et des discussions engagées avec la Russie et l’Afrique du sud.

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Les Algériens gardent un très mauvais souvenir du nucléaire. La France avait aménagé dans le Sahara algérien, alors sous domination coloniale, à Reggane et à In Ikker, des installations scientifiques et expérimentales pour perfectionner sa bombe atomique. Entre le 13 février 1960 et le 25 avril 1961, elle a réalisé quatre essais nucléaires dans l’atmosphère au-dessus du polygone de tir d’Hammoudia, et entre le 7 novembre 1961 et le 16 février 1966, treize essais souterrains dans la montagne granitique du Taourirt Tan Afella située au pied du massif du Hoggar.

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Des articles de la presse algérienne consacrés à ces essais ont mis l’accent sur les séquelles laissées par les explosions sur les riverains du fait de conditions de protection insuffisantes et sur l’environnement. On parle d’un nombre de cancers anormalement élevé, de cas de malformations, d’un impact dévastateur sur les cultures, sur le cheptel, sur la faune et la flore d’une manière générale et d’atteintes aux ressources en eau.

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Un véritable climat de psychose règne dans les zones où ont eu lieu les expériences. Depuis les bombardements (inutiles et inhumains) des Américains sur Hiroshima et Nagasaki, en 1945, puis l’accident de Tchernobyl, en 1986, on sait que les effets cancérigènes des retombées radioactives ont la particularité de se faire sentir pendant plusieurs décennies.

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L’Algérie a mis timidement les pieds dans le nucléaire. Elle dispose de deux petites centrales pour la recherche à Draria, près d’Alger, et Ain Oussera, plus au sud, de 1 MW et 2 MW. C’est dérisoire par rapport à l’ambition caressée en 1974 d’une ou plusieurs centrales de 600 à 900 MW. Il y a quelques années, le Commissariat à l’énergie atomique (Comena) avait souhaité participer au vaste programme de production d’eau dessalée lancé par l’Algerian Energy Company (AEC) sur le littoral algérien en proposant d’utiliser l’énergie nucléaire à cette fin.

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L’émission hebdomadaire sur l’environnement de Canal Algérie (dont M’hamed Rebah est le consultant) commence ce soir 17 mars 2011 (après le JT de 20h) et le premier numéro porte sur les changements climatiques. Elle est programmée tous les jeudis après le JT de 20 h.

Gazette spéciale Japon d’@rrêt sur images

Communiqué

Avec la catastrophe japonaise, ressuscite dans la fièvre le débat français sur le nucléaire. Débat de sourds qui se poursuit depuis quarante ans, l’arrogance des nucléocrates et l’angoisse de la population se nourrissant l’une de l’autre.

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Comment, dans quelles circonstances, l’Etat a-t-il décidé, un beau matin des années 70, de faire plonger la France dans le « tout nucléaire » ? La réponse est déconcertante: dans l’urgence, et l’indifférence totale de la population. Il faut ré-écouter l’ancien directeur général d’EDF Marcel Boiteux raconter comment, en 1974, le gouvernement l’a sommé de déterminer en quelques heures, pas davantage, combien de centrales EDF pouvait construire. Il faut entendre le Premier ministre de l’époque, Pierre Messmer, nous expliquer benoîtement pourquoi le débat devant le Parlement est passé à l’as.

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En 1999, dans un documentaire d’ Arrêt sur images (France 5), nous avions interrogé tous ces acteurs du non-débat français. Nous avons voulu que vous puissiez aujourd’hui, même si vous n’êtes pas abonné, revoir cette émission d’intérêt public. Elle est là. (1)

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Savez-vous que vous pouvez aussi, si vous êtes abonné à Free, regarder cette émission, comme toutes les émissions de notre site, sur votre écran de télévision ? Notre chaîne, arretsurimages.tv (2), est diffusée sur le canal 94 de votre Freebox. Les programmes sont ici (3). Pour vous abonner, c’est très simple: toutes les explications sont données ici (4). Exceptionnellement cette semaine, cette émission sur le nucléaire sera diffusée tous les soirs à 19 heures 30, à partir de ce soir, mardi.

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Daniel Schneidermann

(1) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3827

(2) http://arretsurimages.tv/

(3) http://www.arretsurimages.tv/

(4) http://www.arretsurimages.tv/abonnement.php

(5) http://www.arretsurimages.net/abonnements.php

La Terre est un grand Japon

L’atome est en fleur, les cerisiers en pleurs.

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par Denis Cheissoux

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En mai, Van Gogh peint les fleurs et les étoiles, les bouches sont en forme de cœur, nous attendons la naissance des chauve-souris qui voleront des insectes et des morceaux de nuit.

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Mai, c’est le mois des taureaux qui regardent avec beaucoup d’intérêt la disparition progressive des corridas dans les régions d’Europe.

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Les mares tritonnent, salamandrent, Bambi, jeune faon à peine né, ira-t-il au cinéma ? L’Isabelle du Queyras, papillon nocturne magnifique, après un accouplement de plusieurs heures, pondra et quittera le monde sur la pointe des ailes.

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Le Sakura,cerisier du Japon, quitte à peine ses fleurs qui ont glissé de 2 m 50 comme l’île saccadée (ou torturée) sur laquelle il tente de faire pousser sa sérénité. Même entassés, sur ce pays plein, on a la valeur du vrai, l’écologie n’est pas un gros mot. Il fait ce qu’il peut, ce mot.

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Les Japonais n’ont pas de pays de rechange, alors ils restent au pied des volcans, avec les séismes pour compagnons d’infortune. La Terre est enceinte, l’atome a remplacé Dieu, des petites centrales ressortiront de son ventre, des bébés EPR qu’on n’ose pas encore appeler «centrales vertes », mais vous verrez, cela viendra ; il en est ainsi quand l’homme est dépassé par ses créatures. L’atome est en fleur, les cerisiers en pleurs.

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La Terre est un grand Japon, nous n’en avons pas d’autre, alors il faut l’aimer et ne jamais jouer la nature contre les apprentis sorciers. Demain, en mai, compterons-nous les forages de gaz de schiste ou bien les papillons ?

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Cet article paraîtra dans Terre Sauvage de mai 2011.

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Denis Cheissoux anime C02 mon amour sur France Inter.

Dur, dur d’avoir eu raison avant les autres !

Dans le tsunami médiatique sur la catastrophe nucléaire au Japon, on a largement oublié les scientifiques qui avaient lancé les premières alertes sur les risques d’accidents majeurs dans les centrales atomiques.

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par Laurent Samuel

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Depuis une quarantaine d’années, des scientifiques « concernés », des ingénieurs, des syndicalistes avaient tiré la sonnette d’alarme quant à la possibilité d’un accident nucléaire majeur dans un réacteur.

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Ces chercheurs (pardon pour les oublis) se nommaient John Gofman, Walt Patterson, Roger et Bella Belbéoch, Raymond et Monique Sené, Pierre Samuel (mon père), Yves Lenoir, Bernard Laponche…

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Dans les années 1970, ils avaient élaboré des scénarios d’accidents, qui ressemblent diablement sur certains points à ce qu’il se passe aujourd’hui au Japon : rupture de l’enceinte de confinement, fusion du coeur, incendie dans une piscine de déchets….

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Leurs sombres conclusions avaient été relayées à l’époque par des citoyens et des associations, ainsi que par des journalistes, souvent membres des JNE, comme Pierre Fournier, Claude-Marie Vadrot, Jean Carlier, Nicole Lauroy, Sylvie O’Dy, Frédérique de Gravelaine, Hélène Crié, Dominique Martin-Ferrari ou l’auteur de ces lignes (pardon là encore pour les oublis !).

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Face à leurs alertes, les responsables des gouvernements, d’EDF et du CEA répliquaient avec morgue que tout était prévu et qu’un accident ne pouvait pas arriver.

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Or, personne (pas même, quelle ingratitude !, les responsables des partis écologistes) ne semble avoir pensé à saluer la clairvoyance de ces précurseurs, encore moins à inviter ceux qui sont encore en activité (Yves Lenoir ou Monique Sené par exemple) sur les plateaux des télés ou des radios. Un oubli certes involontaire, et qui renvoie à un défaut général de mémoire dans la mouvance écologistes, mais cependant lourd de sens.

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Ces écologistes là sont visiblement trop affairés à réclamer un « débat » de toute façon engagé depuis 48 heures dans tous les médias, à exiger un referendum (la réponse verte est non, mais quelle est la question ?), à prôner la « sortie du nucléaire » sans préciser qu’elle suppose un changement drastique de nos modes de vie…
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A l’évidence, il est difficile d’échapper (et l’auteur de ces lignes reconnaît volontiers y tomber avec ce texte…) au syndrome du « on vous l’avait bien dit ! ». Lequel suscite inévitablement des réactions hostiles de la part de ceux qui se sentent coupables de ne pas vous avoir écouté à temps…

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Tout cela confirme en tout cas qu’à avoir raison trop tôt, on s’expose au risque d’être tour à tour ignoré, moqué, caricaturé, oublié, avant que tout le monde (y compris, ô surprise, l’Autorité de sûreté nucléaire !) ne reprenne votre message en oubliant même que vous avez existé…