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Catégorie ‘ACTUALITES’

Le décès de Gérard Sournia

Notre ami Gérard Sournia est mort le 9 avril 2015 à Chambray-les-Tours, emporté par un mal fulgurant à 68 ans. Le service funèbre aura lieu le lundi 13 avril à 15 h en l’église Saint-Denis à Amboise.

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par Roger Cans

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Gérard Sournia - DR

Gérard Sournia – DR

Né le 9 juillet 1946 à Saint-Ferriol (Aude), Gérard Sournia découvre l’Afrique lorsque son père est nommé à l’Office des eaux et forêts en Algérie. Géographe de formation, il est affecté en 1973 à la DATAR de Côte d’Ivoire. Avec sa petite famille, dont un fils et une fille, il y passe sept ans. Outre l’aménagement du territoire, sa mission officielle, il s’occupe surtout de protection de l’environnement, avec une passion pour la gestion des parcs et réserves du pays.

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Durant les deux années suivantes, il sillonne l’Afrique pour publier des atlas avec le groupe Jeune Afrique. Nommé délégué régional de l’UICN pour l’Afrique de l’ouest, il est affecté à Dakar en 1985. Il est ensuite chargé par l’UICN et le gouvernement français (Michel Rocard et son ministre de l’environnement Brice Lalonde) de conduire les négociations qui vont aboutir à l’interdiction du commerce de l’ivoire en 1989. Il soutient donc le mouvement Génération Ecologie créé par Brice Lalonde en 1990. A cinquante ans, il soutient une thèse qui fait de lui un docteur en géographie tropicale.

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Il est ensuite nommé conseiller de Charles Josselin, ministre de la coopération et de la francophonie dans le gouvernement de Lionel Jospin. Il occupera enfin un poste à Mayotte, puis au conseil régional de l’Ile-de-France. En 1998, il publie Les aires protégées d’Afrique francophone. Jusqu’à sa retraite, en 2011, il a conservé son statut de contractuel. Son dernier ouvrage, Bouts de piste, avec encore des éléphants en couverture, est sorti l’an dernier, quelques mois avant sa mort.

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Les JNE adressent leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

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Les sols, le climat et les inondations : la révolution 4 p 1000 ?


par Frédéric Denhez
Denhez-Frederic

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Quatre pour mille. Ce n’est pas la croissance espérée pour cette année, c’est bien mieux : une possible révolution. Car en augmentant la teneur de nos sols en matières organique de quatre pour mille, chaque année, nos sols absorberaient tout ce que nous exhalons de CO2, chaque année. Or, un sol riche en matière organique se trouve plutôt sous les prairies, les plaines peu labourées, les territoires diversifiés. Pas sous un champ de blé à haut rendement, une ferme à 1000 vaches, encore moins sous une route, un hypermarché ou un quartier pavillonnaire. Stéphane Le Foll (ministre de l’Agriculture), en annonçant mardi 17 mars le lancement d’un programme de recherches international sur ce sujet, a donc peut-être marqué le début de la fin de l’agriculture intensive et de l’étalement urbain.

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Certes, il prend le train en marche, conduit depuis quelques années par des chercheurs de l’Inra et l’Association française des sols. Certes le chiffre, théorique, n’est pas à prendre au pied de la lettre. Mais ne boudons pas notre plaisir, car cette annonce vient démontrer qu’enfin les sols commencent à être considérés, en France, comme autre chose qu’un réservoir de l’extension urbaine et un simple appareil pour maintenir les plantes bien droites. Preuve en est, cette annonce a suivi le vote d’un amendement à la loi sur la transition énergétique. Très discret, portant le numéro 836, inscrit dans l’article 48 portant sur la création de la « stratégie bas-carbone » nationale, il a introduit cette idée qu’il faut « tenir compte de la spécificité du secteur agricole et de l’évolution des capacités naturelles de stockage du carbone des sols ».

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Il n’y pas trente-six solutions. Si l’on veut que les sols absorbent plus de carbone, il leur faut accroître leur teneur en matières organiques qui en sont formées. La matière organique, c’est du carbone. C’est surtout de la vie, des champignons en réseau avec les racines, des vers de terre dans leurs galeries, des bactéries par milliards qui, inlassablement, dégradent la roche, retournent la terre et transforment… la matière organique morte en éléments organiques de plus en plus petits puis en éléments minéraux fondamentaux. Un sol, c’est un écosystème, le seul à se nourrir de lui-même, ou presque. De cette mince pellicule entre roche, air et eau, nous dépendons pour notre survie. Le sol, c’est notre alimentation, une grande partie de la biodiversité « commune », un régulateur du carbone et de l’eau.

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Or, le sol, labouré trop profond, trop souvent, est martyrisé. Retournée par le versoir, la matière organique s’oxyde et fabrique du CO2. Dérangés, coupés en morceaux, les organismes qui en assurent la « minéralisation » meurent, fuient, peinent à se reproduire. Cycle infernal : moins de matière organique pour moins d’organismes qui s’en nourrissent et la fabriquent, et la terre perd sa matière organique c’est-à-dire, in fine, ses éléments minéraux, engrais naturels. Il faut alors mettre de l’engrais qui a le défaut de gaver la plante, laquelle a dès lors moins besoin des champignons vivant en symbiose avec ses racines. Or, ces champignons participent aussi au grand cycle de la matière organique et à la structure du sol, garante de sa capacité à s’aérer et à accepter l’eau de la pluie…

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Labourage trop profond, trop d’engrais, mais aussi trop de produits phytosanitaires qui laissent le sol en léthargie. Ajoutons une autre dimension : plus un paysage est varié, plus la gamme de culture est vaste, bref, plus ce qu’il y a dessus est diversifié, plus ce qu’il y a dans le sol l’est aussi. Et inversement. Or, plus la biodiversité du sol, liée à celle qu’elle nourrit, arbres et plantes, est forte, plus il y a de matière organique.

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On voit donc en quoi ce « 4 pour 1000 » peut être révolutionnaire si l’on tire le fil jusqu’au bout. Car il incite à privilégier des pratiques agricoles plus respectueuses du sol, plus agronomiques, situées entre le conventionnel repoussoir et le bio idéal. Des pratiques auxquelles de plus en plus d’agriculteurs conventionnels s’adonnent, car elles leur coûtent moins cher en « intrants » (gasoil, produits chimiques), en « fer » (charrues), en « chevaux » (la puissance des tracteurs), et en lombalgies (les agriculteurs se cassent le dos dans leurs tracteurs). Des pratiques qui, parce qu’elles sont propres à chaque territoire, les rendent réellement responsables de ce qu’ils font. Ils redeviennent paysans.

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Des pratiques qui, en plus, améliorent largement la capacité des sols à retenir l’eau de la pluie. Dans notre pays d’ingénieurs, on répond à un risque par du génie civil. Moyennant quoi nous oublions ce risque. Il est pourtant facile de voir qu’un sol de prairie absorbe plus d’eau, plus vite, qu’un champ de blé, un champ nu gelé en hiver ou un gazon-thuya. Ce faisant il limite le ruissellement, père des rivières qui grossissent et débordent. Le sol vivant est une éponge efficace et pérenne. Endormi, car il n’existe pas de sol mort en France, il devient étanche comme ces champs qui deviennent des mares à la moindre pluie, aussi glissant qu’une toile cirée pour la grosse averse.

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Notre adaptation au réchauffement climatique rejoint donc la gestion du risque inondation, et plus généralement celle de la disponibilité de l’eau : elle passe par les sols. L’agriculture modernisée par l’objectif 4 pour 1000 sera la clé de voûte de notre avenir. SI tant est qu’il en reste des sols. Or, en dépit de la réforme des documents d’urbanisme, l’on continue à étaler l’urbain. C’est que le foncier coûte cher en ville, et que les élus de communes impécunieuses détiennent le pouvoir féodal du permis de construire qui leur donne le droit d’être achetés.

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4 pour 1000 ? Chiche ! Mais alors réformons le foncier, c’est-à-dire le code civil, et redonnons à l’État, garant de ce bien commun qu’est le sol, la responsabilité de sa gestion.

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Frédéric Denhez a publié Cessons de ruiner notre sol, aux éditions Flammarion. Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.
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La récup en fanfare

Une Fête de la récup a eu lieu les 4 et 5 avril derniers à l’Espace des Blancs Manteaux de Paris.

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par Florence Faucompré

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Un dimanche de Pâques peu banal dans le Marais ! Ils sont tous là, les jeunes, les écolos, nos Français inventifs et généreux !

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La Disco Soupe, vous connaissez ? Une association qui récupère les fruits et légumes d’un grand distributeur (en l’occurrence, Monoprix) … En voyant ces dizaines de kilos de tomates, aubergines, champignons, fraises, melons, avocats, je crus que la récolte résultait d’une semaine de trouvailles… Mais non, il s’agissait juste d’une seule journée de déchets !!! Incroyable !

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Préparation d’un guacamole d’avocat lors de la Fête de la Récup’ le 5 avril 2015 dans le Marais (Paris) – photo @ Florence Faucompré

Comme vous pouvez le voir sur la photo, les petites mains réquisitionnées dans la foule mettaient joyeusement la main à la pâte (sur la photo à gauche, du guacamole d’avocat) !

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Le soir même, la soupe a été servie gratuitement aux Parisiens …

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Sous la tente où l’on a installé les fourneaux, trois énormes marmites, et des tables pour la vaisselle, se trouve une deuxième association Les Tabliers volants, laquelle confectionne des plats complètement bio (comme le taboulé rose aux betteraves) avec des ingrédients qu’ils ont achetés : le repas est servi pour la modique somme de 2,50 euros !

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Et vive l’écologie généreuse !

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Faut-il avoir peur du projet de loi sur le renseignement ?

La lutte contre le terrorisme nécessite des moyens importants, mais jusqu’à quelle limite ? C’est l’interrogation que porte le projet de loi sur le renseignement qui doit être prochainement débattu par l’Assemblée Nationale.

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par Antinëa

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Affiche de la série TV anglaise « Le Prisonnier »

Depuis que les mesures contenues par ce projet de loi sont connues, les critiques sont nombreuses ; même la très sage CNIL y est allée de son communiqué alarmiste. Il faut dire que l’enveloppe du projet contient des directives qui ne feraient pas rougir le Patriot Act des Etats-Unis d’Amérique.

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La vaste liberté d’action offerte aux services de renseignements sans véritable contrepartie, et l’absence de statut particulier pour les professions spécifiques comme le journalisme, posent un sérieux problème dans la société démocratique française. Mais ce n’est pas le seul. Tout ce dispositif est dans les mains de l’exécutif, évitant ainsi le contrôle par le juge judiciaire.

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Si ce projet est adopté en l’état, les services de renseignement auront la possibilité d’enregistrer chez tous les citoyens, toutes les communications et données, dans une très large zone, avec d’importants moyens techniques (micros, surveillance, géolocalisation, etc). Ceci concernera chacun, du plus honnête citoyen à l’individu le plus suspect.

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Et les journalistes dans tout ça ? Comme d’autres professionnels exerçant dans des métiers sensibles (avocats, médecins), ils ne seront ni exemptés de surveillance ni protégés contre les intrusions dans le cadre de leur métier. Captation, fixation, transmission et enregistrement de paroles prononcées à titre privé ou confidentiel ou image d’une personne se trouvant dans un lieu privé; captation, transmission et enregistrement de données informatiques ; localisation en temps réel d’une personne, d’un véhicule ou d’un objet… concerneront tous les citoyens, qu’ils soient journalistes ou lanceurs d’alerte !

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On peut également s’interroger sur le devenir de la masse de données ainsi accumulées sur les millions de citoyens potentiellement épiés et ciblés. Les informations collectées constitueront des fichiers. Mais ici aussi, la CNIL s’interroge, puisqu’il ne sera absolument pas possible à la Commission de contrôler leur régularité du point de vue de la loi Informatique et Libertés. Or sans contrôle, comment s’assurer de la légitimité des fichiers reposant sur le respect des droits et libertés des citoyens ? Cette question est d’autant plus brûlante, que paradoxalement, l’ensemble des mesures est placée dans les mains de l’exécutif sans le contrôle d’un juge. Or c’est ce dernier qui est chargé de protéger constitutionnellement les libertés individuelles, libertés sensiblement menacées par ce projet.

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Bref, pour le souhait légitime d’attraper quelques centaines de terroristes potentiels ou d’individus malveillants, il semblerait que l’on se dirige vers des mesures de restriction des libertés publiques qui pourraient être lourdes de conséquences dans les années à venir. Il est utile en conclusion de rappeler cette citation de Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité, ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

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Pour en savoir plus : http://sous-surveillance.fr

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Miguel Arias Cañete et le climat, le fiasco prévisible

L’objectif des Vingt-Huit de réduire d’au moins 40 % leurs émissions d’ici à 2030 n’est qu’un effet d’annonce. Pour en juger, il suffit de lire les réponses au Monde* de Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l’action climatique et à l’énergie.

 

par Michel Sourrouille

 
Pourquoi l’Europe s’est-elle orientée vers un marché du carbone et non vers une taxe carbone ?

 

Miguel Arias Cañete : Nous avons mis en place un marché du carbone pour lancer un signal aux entreprises. Si ce signal est puissant, il sera plus facile d’avancer vers la décarbonisation. Des pays comme la Chine ou les Etats-Unis ont eux aussi leur marché carbone, mais notre modèle est le plus organisé au monde, avec son mécanisme de droits d’émission diminuant année après année.

 

Commentaire de Michel Sourrouille : Il est significatif que le commissaire européen ne dit absolument rien sur la taxe carbone pourtant contenue dans la question. Cela veut dire que le meilleur moyen de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, le signal prix constitué par une taxation du carbone, n’est plus une mesure envisagée au niveau européen.
Rappelons aussi que le marché du carbone a été inventé au début des négociations sur le réchauffement climatique par les Américains pour qu’on ne prenne pas de mesures contraignantes. Or les USA, après avoir obtenu toutes les compromissions qu’ils voulaient (marchandisation de l’effet de serre, bluff des puits de carbone…), ont abandonné le protocole de Kyoto dès qu’il s’agissait de signer.
D’une certaine manière, un marché carbone pourrait renchérir l’utilisation des énergies fossiles, donc limiter la consommation. Mais le passé plaide contre cette méthode qui dépend de décisions politiques, l’attribution de quotas, et d’un contexte socio-économique. Avec la crise financière de 2008, le prix du CO2 s’était effondré : 25 euros la tonne en 2008, 7 euros en 2012, puis 5 euros en avril 2013. Comme le Parlement européen avait rejeté une proposition de la Commission européenne de restreindre le nombre de « permis de polluer » pour relever le cours du CO2, le prix de la tonne avait frôlé les 3 euros. Aujourd’hui encore, le prix du carbone fluctue en Europe depuis 18 mois entre 5 et 7 euros la tonne, ce qui est beaucoup trop faible. Loin des propositions de la commission Rocard de juillet 2009 : « Il faut atteindre en 2030 un prix du gaz carbonique émis de 100 euros la tonne en démarrant à 32 euros. »

 

Comment l’Europe espère-t-elle atteindre son objectif de 40 % de réduction de ses émissions globales ?

 

Miguel Arias Cañete : Notre objectif de 40 % a besoin du développement des énergies renouvelables. Nous devons faire aussi d’importants efforts d’efficacité énergétique. Il nous faut également développer les infrastructures de recharge pour populariser les voitures électriques. La Commission est en train de finaliser un paquet transport pour lancer la voiture électrique à l’échelle européenne.

 
Commentaire de Michel Sourrouille : le scénario Négawatt se décline normalement en trois temps : sobriété, efficacité, renouvelables. Pour le commissaire européen, l’idée de sobriété passe complètement à la trappe. Or la réduction de nos besoins est pourtant le moyen le plus efficace de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Notons aussi que le potentiel maximum des énergies renouvelables est bien moindre que notre consommation actuelle basée sur les énergies fossiles.
Enfin, l’efficacité énergétique, c’est-à-dire des prouesses technologiques plus ou moins réalisables, restera de son côté une cause minime d’économies d’énergie. De toute façon, l’idée d’un passage aux voitures électriques montre que Miguel Arias Cañete ne comprend rien à la problématique de l’énergie. L’électricité n’est pas une source d’énergie, il faut la produire. La voiture électrique n’est donc pas du tout neutre en tant que bilan carbone au niveau mondial. Cela présuppose aussi que nous ne changeons rien à nos habitudes de mobilité. La sobriété énergétique n’est toujours pas à l’ordre du jour.

 

L’Union européenne vient de décider de renforcer ses infrastructures gazières…

 

Miguel Arias Cañete : Oui, car nous devons faire face à un problème de sécurité énergétique important. La situation géopolitique nous contraint à trouver des sources complémentaires aux importations de gaz en provenance de Russie. Il existe d’autres sources, l’hydraulique, le nucléaire, le gaz de schiste. Chaque Etat reste autonome dans le choix de son mix énergétique.

 
Commentaire de Michel Sourrouille : Comme l’ensemble de nos dirigeants actuels, le commissaire européen n’envisage qu’une politique de l’offre et pas une politique de réduction de la demande d’énergie. Si une source d’énergie manque, on en trouvera d’autres ! Or le recours au nucléaire et au gaz de schiste pose d’innombrables problèmes que Miguel Arias Cañete laisse complètement de côté.
Enfin, l’autonomie énergétique proclamée de chaque pays européen montre qu’il ne pourra pas y avoir d’homogénéité dans la vision européenne d’une conférence climatique : il faudra s’aligner sur le moins-disant, réalité fort différente des proclamations chiffrées.

 
Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, veut faire de l’Europe la championne du monde des énergies renouvelables. Est-ce réaliste, avec des pays fortement dépendants des énergies fossiles ?

 
Miguel Arias Cañete : La croissance des énergies renouvelables suppose de gros efforts d’interconnexion électrique, d’infrastructures, de capture et stockage du carbone. Il est impossible de faire une substitution absolue d’un jour à l’autre. Le charbon et le gaz vont rester pour des années encore une source d’énergie pour l’Europe.

 
Commentaire de Michel Sourrouille : Cette réponse est déjà un aveu d’échec. La civilisation de l’après-carbone n’est pas pour demain, et ce n’est pas la conférence sur le climat à Paris en décembre prochain qui changera la donne. Il faudra attendre le prochain choc pétrolier pour enfin prendre conscience que notre mode de vie actuel n’est pas durable. Comme le marché carbone ne fonctionne pas, comme la taxe carbone est mise aux oubliettes par nos gouvernants, comme on est incapable de raisonner en terme de sobriété énergétique, le rationnement par une carte carbone deviendra inéluctable quand la pénurie se fera sentir. C’est ce que nous prévoyons sur notre blog depuis 2009.

 
* Le Monde du 31 mars 2015, « Le rendez-vous de Paris sur le climat sera crucial ».

 

 


 

La cause animalière rentre à la fac

C’est officiel depuis le 1er avril 2015 (non, ce n’est pas un poisson d’avril !), des cours de droit de l’animal seront dispensés dans une université française à partir de la rentrée 2015. Une formation unique enfin ouverte en France, spécialisée en éthique animale.

 

par Michel Cros
logo_ceereLes animaux ont-ils des droits ? Les humains ont-ils des devoirs envers les animaux?
Comment améliorer l’exploitation et le bien-être des animaux servant à produire de la nourriture ou à contribuer à la recherche scientifique ?

 

Telle est l’accroche de ce nouveau master au programme de la newsletter du mois d’avril 2015 du CEERE (Centre Européen d’enseignement et de recherche en éthique) de l’université de Strasbourg que l’on peut voir sur son site datée du 31 mars 2015 :
https://ethique-alsace.unistra.fr/uploads/media/84_Lettre_CEERE_avril_2015.pdf

 
« Cela fait des années que cette nouvelle était attendue en France, non seulement par les étudiants mais aussi par tous ceux intéressés par le droit et l’éthique se rapportant à l’animal », souligne Jean-Marc Neumann, juriste, secrétaire Général et coordinateur de l’EuroGroup for Animal Law Studies (EGALS) et fondateur du site Animal et Droit.

 
C’est désormais chose faite avec le CEERE (Centre Européen d’enseignement et de recherche en éthique) de l’université de Strasbourg qui proposera, à partir de septembre 2015, deux unités d’enseignement (UE) spécifiques * – « Droit de l’animal » et «Éthique animale » – dans trois des parcours du Master « Ethique et sociétés », offrant ainsi la possibilité d’obtenir un Master Ethique et société, Parcours « Ethique médicale et bioéthique » ou « Ethique et droits de l’homme » ou « Ethique, économie et sociétés » avec à chaque fois une spécialisation sur la question animale.

 
Un projet de cours de droit de l’animal qui est le fruit d’un travail d’équipe constitué de : Cédric Sueur, Maître de conférences de l’université de Strasbourg, Marie-Jo Thiel, Professeur des universités, directrice du CEERE, Christel Simler, Maître de conférences en droit privé ainsi que Jean-Marc Neumann, Juriste, et Olivier Le Bot, Professeur agrégé de droit public à Aix-Marseille qui enseigneront tous les deux dans le cadre de l’UE « Droit de l’animal ».

 
Public concerné :

 
Étudiants intéressés par l’éthique animale et le droit de l’animal de par leur formation initiale ou professionnels (avocats, membres de comité d’éthique, membres des bureaux d’expérimentation animale, personnel de la direction départementale de la protection des populations, personnel des institutions ou associations de bien-être et de protection animale, personnel des commissions spécialisées du parlement européen et du conseil européen, des secteurs RH ou R&D des industries agroalimentaires ou pharmaceutiques, vétérinaires).

 

Renseignements : cedric.sueur@unistra.fr

 
* Deux unités de valeur qui pourront aussi être suivies en Formation continue (non diplômante).

 

 


 

Décès de Pierre Paillard

Membre des JNE depuis de longues années, l’explorateur et naturaliste Pierre Paillard est décédé le 27 mars 2015 des suites d’une longue maladie qu’il combattait avec courage. Auteur aux multiples facettes, photographe de nature, il était entre autres un spécialiste reconnu de la Papouasie-Nouvelle Guinée et un grand connaisseur de la forêt amazonienne. Ses obsèques ont eu lieu le 2 avril dans les Pyrénées.

 

par Benoit Grison

 

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Pierre Paillard – photo tirée de son livre sur les Mygales (1991)

Né en 1932 dans le Val de Loire, Pierre Paillard a eu très tôt le goût des destinations lointaines, voyageant en Afrique centrale dès l’âge de 19 ans et partageant alors la vie des habitants de la sylve congolaise, une expérience qui le marqua durablement.

 

Géographe de formation, il garda toute sa vie une passion pour les cultures autres et la nature équatoriale. A la fin des années 1950, il effectue un périple en solitaire dans les montagnes de Nouvelle-Guinée, alors peu explorées, puis sur le fleuve Sepik. Il en ramènera un livre réédité en 2006 sous le titre Seul chez les Papous, devenu un classique du genre.

 

Sociétaire des Explorateurs Français, il mena ces dernières décennies plusieurs expéditions de longue durée, en Extrême-Orient et en Amazonie, constituant une photothèque d’Histoire Naturelle impressionnante par sa richesse et sa qualité. Pierre était un grand connaisseur de poissons en tout genre, qu’il s’agisse de brochets de la Loire, de silures glanes, ou bien encore des piranhas et autres tambaquis amazoniens, au centre de son dernier ouvrage paru, Les Dents de l’Amazone (2012).

 

Naturaliste éclectique, il se passionnait également pour bien d’autres sujets zoologiques. Son intérêt pour la cryptozoologie, cette science des animaux problématiques, l’avait rapproché d’un autre JNE, feu notre ami Jean-Jacques Barloy : il fut ainsi l’un des premiers à soulever la question d’une survivance possible du thylacine, le « tigre marsupial », en Papouasie…

 

Et il voua aussi une passion peu commune aux mygales tropicales, ces araignées mal aimées, auxquelles il consacra un livre superbement illustré. Pierre était un homme charmant, un conteur captivant et érudit, dont l’excessive modestie était le seul défaut véritable.

 

Nous nous associons à la douleur de sa famille et de ses proches.

 

 


Requins à la Réunion : une étude scientifique à contre-courant des idées reçues

Pourquoi, à la Réunion, les requins bouledogues et tigres s’approchent-ils si près de la côte ouest ?

 

par Myriam Goldminc

 

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Requin bouledogue (Carcharhinus leuca) – photo @ Jean Manuel Prudhomme

Les scientifiques de l’Institut pour la recherche et le développement (IRD), chargés de comprendre la raison de leur fréquentation, viennent de rendre leurs premières conclusions après trois ans d’observation dans le cadre du programme CHARC (Connaissance de l’écologie et de l’habitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de la Réunion). Une étude qui remet en cause pas mal d’idées reçues !

 

« Pour cette première étude du genre à la Réunion », commente le coordonnateur du programme, Marc Soria, « nous avons posé 52 balises acoustiques et réalisé des marquages sur 38 requins bouledogues et 42 requins tigres. Première constatation importante, les observations montrent que ces animaux ne sont pas inféodés à un territoire en particulier. Ils sont capables de faire le tour de l’île et explorent la zone sur plusieurs km », indique Marc Soria.

 

Sur la côte sud-ouest, ils sont présents toute l’année, mais principalement au cours de la période de transition entre l’été et l’hiver austral (entre mars et juin), une période qui correspondrait également à une période de reproduction sur certains sites de la côte ouest : Etang du Gol à Saint-Gilles. « Cela reste une hypothèse pour l’instant, mais il se pourrait que ces sites soient des lieux d’accouplement, souligne Marc Soria, car sur 18 requins étudiés, 12 étaient matures à cette période. Les accouplements seraient bisannuels car leur gestation est longue : entre 9 à 11 mois, avec une portée maximale connue de 20 petits ».

 

Autre fait avéré, « ces espèces peuvent se déplacer sur de longues distances », déclare Marc Soria ? Ainsi, un requin-tigre marqué par l’IRD en décembre 2012 a été pêché 9 mois plus tard le 28 août 2013 sur la côte ouest de Madagascar. Un autre requin tigre marqué à la Réunion en mars 2013 a été détecté en Afrique du Sud à 50 km de Durban. De plus, le suivi sur 6 mois de deux requins bouledogues a permis de montrer que ces requins pouvaient s’éloigner à plus de 100 km de la côte réunionnaise pour ensuite y revenir.

 

Des comportements liés à l’environnement 

 

Le deuxième facteur important, mais également à confirmer, concerne le comportement alimentaire des requins : « L’état des ressources disponibles près des côtes influencerait la présence des requins-bouledogues ». Ainsi, « lorsqu’elles diminuent, les requins se rapprocheraient davantage des côtes pour se nourrir », souligne Marc Soria.

 

Les observations montrent une zone d’occupation plus au large la nuit et le matin, puis une tendance à se rapprocher des côtes dès le début d’après-midi, période au cours de laquelle la majorité des requins ont tendance à remonter en surface pour occuper davantage la partie supérieure de la colonne d’eau et, à partir de 17 heures, au crépuscule, on note une activité accrue qui correspondrait à une période de chasse. Leur alimentation est constituée principalement de poissons et provenant essentiellement des ressources côtières.

 

D’autres facteurs ont été mis en évidence qui favoriseraient la présence des requins bouledogues, comme la hauteur de houle, la pluviométrie ou encore la turbidité des eaux de surface. « A la Réunion, remarque Marc Soria, certains requins se déplacent énormément au cours de la journée et ce serait intéressant d’étudier leur comportement par rapport à ceux des populations voisines occupant des zones plus riches en poisson comme aux îles Eparses, Juan de Nova, Europa ou à Madagascar pour voir si ces déplacements journaliers sont liés ou pas à la densité et la disponibilité en proies ».
Pour Marc Soria, si l’on veut supprimer tout ou partie des requins, on court le risque d’avoir des effets de cascade trophique: en supprimant les animaux en haut de la chaîne alimentaire, certaines espèces situées à des niveaux inférieurs de cette chaîne pourraient proliférer et entraîner un déséquilibre de l’ensemble du système. De plus, les requins sont connus pour jouer un rôle important dans l’écosystème marin en éliminant les animaux les plus faibles ou malades.

 

«  Nous sommes partis de presque rien, constate Marc Soria, et il reste bien des pistes à étudier sur le comportement des requins tigres et requins bouledogues, sur leur état physiologique ou encore sur l’effet à plus grande échelle des modifications environnementales liées au réchauffement climatique. Nous souhaiterions poursuivre ces études scientifiques en les comparant avec d’autres et en collaboration avec plusieurs chercheurs, mais pour l’instant la suite n’est pas envisagée sur un plan financier du moins. »

 

« On a accusé la Réserve marine de la Réunion d’être un pôle d’attraction pour les requins, souligne Pascale Chabanet, directrice de l’IRD à la Réunion, biologiste de formation, alors que les ressources en poissons sont faibles dans son périmètre, 10 fois plus faibles par exemple que sur Europa dans les Iles Eparses. Les cages aquacoles en mer ont été également pointées du doigt, accusées de sédentariser les requins. Grâce à une caméra fixée sous une cage aquacole, nous avons montré que la présence des requins bouledogues était irrégulière sur le site. Ces cages constitueraient plus un point d’attraction qu’ils visitent sans y rester. Les accusations sont ainsi construites sur des idées qui n’ont aucun fondement scientifique. »

 

Depuis une trentaine d’années, le littoral de la Réunion subit de grands bouleversements du fait de la densification de l’urbanisation et leurs conséquences (constructions, pollution…) qui ont entraîné une dégradation des récifs coralliens. Celle-ci est due à de nombreux facteurs : érosion du bassin versant, mortalité des coraux, surpêche des poissons, eutrophisation de l’écosystème récifal aujourd’hui dominé par des algues.

 

Un lagon en bonne santé est extrêmement coloré, que cela soit par les poissons ou les coraux. Mais à la Réunion, le lagon est de plus en plus dominé par des couleurs sombres, des algues notamment. C’est en partie pour restaurer un écosystème fortement dégradé que la réserve a été créée en 2007 sur 40 km de côtes, sur une surface de 35 km 2. Seuls 5 % sont classés en réserve intégrale. « En fait, résume Pascale Chabanet, cette crise requin pose la question de la place de l’homme dans la nature. Faut-il lutter ou essayer de mieux vivre avec elle ? L’océan est un milieu naturel et il est illusoire pour moi de chercher à le dominer. » 

 

A lire aussi sur le même sujet et sur ce site, Requins : délits de sale gueule.

 

 


 

Requins : délits de sale gueule

A la Réunion, Jean-Bernard Galvès est porte-parole d’un collectif d’une dizaine d’associations de protections de la nature (Sea Shepherd, Sauvegarde pour les requins, ASPAS, Requins intégration, Fondation Brigitte Bardot, Longitude 181, Vague, Tendua). Pour lui, le requin est devenu un bouc émissaire.

 

par Myriam Goldminc

 

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Requin tigre (Galeocerdo cuvier) – photo @ Jean Manuel Prudhomme

 

Ce plongeur chevronné résiste à une ambiance délétère et continue à plaider pour que ce grand prédateur puisse continuer à vivre dans l’Océan Indien.

 

« Le requin est devenu un bouc émissaire et depuis deux ans les mesures prises pour l’éradiquer se développent sans aucun fondement scientifique », commente Jean-Bernard Galvès. « Ainsi, la chasse au requin, d’une durée de 72 heures, déclenchée par le préfet après une attaque, n’est qu’une opération de pure représailles », explique-il. « Alors que l’on sait que les requins sont capable de faire le tour de l’île en 5 heures, le protocole prévoit une durée de pêche de 72 heures à une distance de 1 km du lieu de l’attaque. Lors du dernier accident en février dernier, 4 bateaux ont appâté à tout va, contrairement au règlement qui l’interdit. Les premiers requins capturés, ainsi que les autres prises de poissons, ont attiré comme il fallait s’y attendre d’autres requins et le Comité des Pêches peut ensuite prétendre que le secteur en est infesté! ».

 

Du shark business !

 

En 2013, l’État a financé à hauteur de 260 000 euros des études scientifiques intitulées « Ciguatera » pour l’évaluation des risques sanitaires liés à la consommation du requin bouledogue.

 

« Pourtant, rappelle Jean-Bernard Galvès, à Madagascar, des dizaines de personnes sont mortes et des centaines ont été intoxiquées après avoir mangé du requin bouledogue. Ce requin est ainsi plus dangereux mort que vivant ! » L’AFSA (Agence de sécurité alimentaire) a mis son veto à la commercialisation, tandis qu’un nouveau programme intitulé « Valo requin » projetait de pêcher les requins pour en faire des croquettes pour chiens …. Ce qui a quand même fini par provoquer un tollé !

 

Dans le cadre de Cap requin, d’autres études aussi farfelues ont été réalisées comme la transformation pour la maroquinerie de la peau du requin bouledogue, dont le toucher est semblable à celui du papier de verre.

 

Mais d’autres projets pourraient voir le jour comme la location d’un drone sous-marin pour surveiller la plage d’Étang Salé. Ce gadget luxueux pourrait bien être financé dans le cadre des 10 millions d’euros destinés aux communes, apportés par l’Europe via les fonds Feder pour être affectés à la Région et aux collectivités locales pour des « solutions anti­requins innovantes » ! Une manne pour certaines communes dans l’Ouest de l’île, qui envisagent la pose de drum lines (lignes appâtées) à proximité de la plupart des plages. « Une absurdité, dénonce Jean-Bernard Galvès, car les drum lines, en plus d’attirer les requins vers les plages fréquentées, ont un effet pervers en constituant des pièges mortels pour les requins, mais également pour les tortues, les dauphins et les baleines  … »
Un principe de précaution
Les solutions pour se prémunir des attaques sont avant tout affaire de bon sens et de respect des consignes élémentaires de sécurité. Faire appliquer la réglementation en vigueur afin que les pêcheurs ne rejettent pas leurs déchets (têtes de thon, bonites ou espadons au large des plages). Rappeler aux chasseurs sous-marins, dont le nombre s’est accru depuis une dizaine d’années, que conserver le poisson dans l’eau, à une ficelle, c’est dangereux pour eux comme pour les autres usagers. Il faut aussi souligner l’imprudence de certains nageurs et surfeurs qui nagent à la tombée du jour à l’heure de la chasse pour les requins ou qui vont se baigner après de fortes pluies dans une eau trouble, ou dans des lieux connus pour leur dangerosité.

 

« Si l’homme ne fait aucun effort pour comprendre qu’il y a des règles à respecter et des limites à ne pas dépasser, on se retrouvera toujours devant le même problème ! Ce qui reste quand même incroyable en 2015, c’est de voir le comportement absurde de certains qui refusent d’admettre que l’Océan n’est pas une piscine et que le requin y est chez lui. »

 

A lire aussi sur le même sujet et sur ce site, Requins à la Réunion : une étude scientifique à contre-courant des idées reçues

 

 


 

« La Terre jusqu’au trognon », un livre de Piem à rééditer d’urgence !

Le livre est épuisé. En cette année de COP21, il apparaît d’une actualité criante. A quand sa réédition ?

 

par Michel Cros

PiemA neuf mois de la conférence à Paris sur le réchauffement climatique, (COP 21), il est bon d’ouvrir et revoir l’album de Piem LA TERRE jusqu’au Trognon. Dans la « Genèse » de son ouvrage, l’humoriste s’exclame, texto à l’appui : «  Le 1er déchet produit par l’humanité fut le trognon de pomme qu’Adam et Eve ont laissé en partant » . S’en suivent, entre satire et poésie, 129 dessins sur notre société de consommation, où pollution, ozone, nucléaire, capitalisme et colonialisme, droits de l’homme et réfugiés climatique, crise économique et écologique, s’entrechoquent sur les traces de l’humain…, sans oublier Dieu !


Le ton est fantastique, parfois brutal, mais jamais vulgaire.

 

Piem, avec la courtoisie et l’élégance qu’on lui connaît, nous accompagne dans cette folle histoire de l’homme vouée à sa perte et dans sa dérision jubilatoire à vouloir à tout prix sauver sa planète.


Qu’on ne s’y trompe pas, nous étions déjà foutus avant notre arrivée, comme l’en atteste Dieu sur son nuage psychanalytique, avouant « Je crois que j’ai fait une boulette ».
Piem tire un trait (de crayon) définitif sur un monde révolu…
N’en déplaise à Adam et Eve, l’Amour n’est plus dans le près, mais dans la solidarité.


Editions Le Cherche Midi, 2009.


 


 

TTIP-TAFTA
JNEArtFertile Les JNE et l'association Art fertile vous invitent à un débat public ce vendredi 17 avril 2015 sur un sujet méconnu, le TTIP-TAFTA.

S'il voit le jour, ce traité entre l'Union Européenne et les États-Unis conclura la plus grande négociation commerciale bilatérale de l'histoire. Il impactera alors fortement notre avenir. Mairie du 2ème à 19h30. Entrée gratuite.

plus d'infos.

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