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Catégorie ‘ACTUALITES’


Les rivières sauvages ont enfin leur label !

Communiqué de presse

Le 29 avril 2014 de 14 h 30 à 17 h, à l’Entrepôt à Paris (14éme) le label «Rivières sauvages » sera présenté officiellement en présence des représentants du ministère de l’écologie, de l’ONEMA, des agences de l’eau et des partenaires.

 

Rivieres-SauvagesA cette occasion, un court-métrage « des rivières sauvages et des hommes » sera diffusé. Des témoignages et des retours d’expériences permettront d’échanger avec les invités. www.rivieres-sauvages.fr

 

Après la constitution du Fonds pour la conservation des rivières sauvages en 2010, une réflexion entamée dès 2011 lors d’une large concertation avec les pouvoirs publics, les scientifiques, le monde associatif a abouti à la naissance d’un label. C’est un outil au service de la valorisation des territoires et de la préservation du patrimoine naturel d’eau courante. Il permettra la reconnaissance du travail mis en œuvre sur les bassins par les gestionnaires. C’est une initiative française qui a vocation à s’étendre en Europe. Deux bassins sont d’ailleurs en tests actuellement en Slovénie (la Soca) et en Irlande (l’Owenduff). Un comité national de suivi du label a été instauré : il est composé de représentants du Fonds pour la conservation des rivières sauvages, des gestionnaires labellisés et des acteurs publics pour la gestion de l’eau (agences de l’eau, ONEMA, ministère de l’écologie, ERN).

 

Une reconnaissance nationale

Un accord cadre national sur 2 ans réunit les institutions publiques et le ministère, l’ONEMA, les agences de l’eau, ERN, ce nouveau cadre va permettre d’accompagner les premières labellisations et la construction du réseau des rivières sauvages labellisées dès 2014

 

Les rivières candidates :

Le Chéran en Savoie et Haute Savoie (parc naturel régional du massif des Bauges et syndicat d’aménagement du Chéran).

La Vis dans le Gard et l’Hérault.

La Valserine dans l’Ain qui sera la première rivière labellisée avant l’été.

L’Artoise dans l’Aisne

Le Léguer en Bretagne (Côtes d’Armor)

Le Fangu et le Travu en Corse.

La Beaume – Drobie en Ardèche.

 

Un court-métrage, un outil au service de la communication sur le label

Cette cérémonie de lancement sera l’occasion de diffuser le court-métrage : « des rivières sauvages et des hommes » réalisé par Philippe Laforge pour le Fonds pour la conservation des rivières sauvages. Des témoins (partenaires, candidats, agences de l’eau…) viendront échanger avec la salle après cette diffusion et évoqueront leurs expériences et projets.

« Cette manifestation a une dimension toute particulière. Celle de lancer officiellement ce nouvel outil opérationnel et concret au service de la conservation des joyaux de notre patrimoine. Mais aussi de montrer l’importance des partenariats privés et publics nécessaires aux projets « Rivières sauvages ». Car il est essentiel de se rassembler et de fédérer des partenariats pour consolider le réseau naissant, assurer son animation, son ancrage dans le paysage des outils français et européens de conservation de la nature…. », explique Denis Caudron, l’un des porte-parole du fonds pour la conservation.

 

Le Programme :

Accueil à 14h30

Film 15h-15h20

Témoignages 15h30-16h15

Echanges avec la salle 16h20-16h50

Pot de clôture

 

Les prises de paroles :

Monsieur Martin Guespereau, Directeur Général de l’Agence de l’Eau RM&C,

Violette Dumont et Jonathan Dumont, Fonds Humus,

Roberto EPPLE, ERN,

Denis CAUDRON, Fonds rivières sauvages,

Des représentants d’un candidat au label (parc naturel régional du Haut Jura et Conseil Général de l’Ain),

Des  représentants du Ministère de l’écologie et de l’ONEMA

Un représentant des entreprises partenaires et mécènes du Fonds, Watt Value

 

Y aller :

Lieu : L’Entrepôt   7 Rue Francis de Pressensé, 75014 Paris –

Téléphone : 01 45 40 07 50 – Métro : Pernety – Ligne 13

Horaires : de 14h30 à 17h – confirmation : agencerp@orange.fr

A propos du fonds pour la conservation des rivières sauvages : C’est un fonds de dotation qui attribue le label à des territoires. Il développe des partenariats privés autour du soutien des territoires labellisés et accompagne les gestionnaires dans le processus de labellisation. Le fonds de dotation fait appel à la générosité privée et publique.

Contacts : Contacts-presse Marie-Pierre Medouga tél. : 06 22 78 71 38 –

agencerp@orange.fr– www.mp-c.eu – twitter : @mapyntonga

 

A votre disposition pour recevoir votre confirmation de présence (par mail ou sur twitter), organiser un reportage sur place ou sur site, caler des interviews, vous adresser des photos ou copie du film.

 

 

Marie-Pierre Medouga-Ndjikessi

Responsable du service presse

06 22 78 71 38 – agencerp@orange.fr ou servicepresse@mp-c.eu

twitter @mapyntonga

Retrouvez les informations sur  www.mp-c.eu & sur www.rivieres-sauvages.fr

Transition et permaculture

Aujourd’hui, les journalistes n’ont plus les moyens d’exercer leur métier. Peu de rédactions sont prêtes à débourser de l’argent pour envoyer les journalistes en reportage. Résultat, ce sont les mêmes informations que l’on voit partout en boucle. Les Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) * ne se satisfont pas de cette situation.

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Terre Vivante Mention obligatoire : Jean-Jacques RAYNAL

Terre Vivante Mention obligatoire : Jean-Jacques RAYNAL

 

Voilà pourquoi notre association a décidé d’organiser à ses frais des reportages à Totnes, en Angleterre, ville berceau de la transition écologique et de la permaculture.

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L’objectif poursuivi est de montrer des initiatives peu connues en France et dans le monde, qui commencent à porter leurs fruits. Ce sera l’occasion de faire découvrir au public français, via des articles et des courts-métrages :
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•  les projets de rues en transition menés par des groupes de citoyens

• la tentative de relocalisation de l’économie avec le développement de circuits courts

• l’interview du maire de Totnes et sa position par rapport à ces initiatives citoyennes

• l’Agroforestry Research Trust et sa mise en place d’une forêt-jardin (« food forest »)

• la communauté Landmatters qui s’inspire des principes de la permaculture et vit de l’exploitation de la forêt, de l’élevage et du maraîchage…

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Des exemples d’écologie positive, destinés à montrer que le vrai changement se fait sur le terrain.

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Pour réaliser ce projet, l’association des JNE a besoin de compléter le budget qu’elle a déjà pu rassembler.

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Si vous voulez voir des informations différentes sur l’internet, dans la presse, aidez-nous à financer ce projet en relayant ce message ou en vous cliquant sur notre page Kiss Kiss Bank Bank (ci-dessous).

 

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Merci pour votre attention

Le bureau des JNE

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* Les JNE existent depuis 1969 et regroupent aujourd’hui 240 membres.

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Le rapport du GIEC sur le changement climatique (presque) zappé par les grands médias français

 


par Laurent Samuel,
Vice-Président des JNE

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Des « risques de conflits violents » avec « une aggravation des facteurs classiques que sont la pauvreté et les chocs économiques ». Dans le troisième volet de son rapport sur le climat mondial, consacré à « l’atténuation du changement climatique » *, rendu public le dimanche 13 avril 2014 à Berlin. le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) nous livre une vision de l’avenir bien sombre, avec des pénuries alimentaires à redouter et des risques de maladies accrus. Pour éviter ce scénario noir, le rapport du GIEC, fruit du travail de plusieurs milliers de scientifiques et approuvé par les représentants des Etats du monde entier, prône une « révolution économique », avec une multiplication par 3, voire 4, d’ici à 2050 du recours aux énergies « non carbonées » (dont l’atome, mais avec de sérieuses réserves à son égard, lire l’excellent article de Valéry Laramée de Tannenberg sur le site du Journal de l’Environnement).

 

Un constat et des propositions qui méritent une large information et un débat public. Hélas, les médias français sont restés bien discrets à son sujet. Alerté dimanche après-midi par un premier article sur le site du Monde, on se branche sur BFM TV, qui ne souffle mot de ce rapport dans son édition de 18 h. Même silence radio – bravo, le service public !- dans le 19-20 de France 3 et dans le 20 h de France 2 (qui attendra le lendemain soir pour évoquer ce rapport en prélude à un sujet sur l’hydrogène). De son côté, TF1 profite de l’occasion pour diffuser dans son 20 h de dimanche un sujet documenté sur le bouleversement climatique, sans rapport direct toutefois avec le contenu du rapport.

 

Le lendemain, la consultation des unes de la presse quotidienne nationale (et de celle de la région Aquitaine) nous conduit à un triste constat : aucun titre n’a jugé l’information suffisamment importante pour la « monter » en première page. Libération, qui a préféré titrer « Droguez-vous avec modération » (non, ce n’est pas une parodie !) pour évoquer une étude sur la consommation de substances illicites en Europe, relègue ainsi le rapport du GIEC en page 16 avec un court article. Dans Sud-Ouest, habituellement ouvert sur les questions d’environnement, la sortie du rapport est carrément zappée. Pourtant, le sujet intéresse les lecteurs, puisque l’article du Monde cité plus haut était lundi matin (pas pour longtemps car sur le net comme sur les chaînes info un sujet chasse l’autre…) le plus partagé par les internautes fréquentant le site de ce quotidien…

 

Le 31 mars dernier, la publication du deuxième volet du rapport du GIEC était passée encore plus inaperçue dans les médias français. Au lendemain du second tour des élections municipales, les chaînes et sites d’info étaient polarisés sur les rumeurs relatives au remaniement ministériel Assurément, l’avenir de la planète était ce jour-là moins important que celui de Mmes Duflot ou Royal, et de MM. Ayrault, Valls ou Canfin (un ancien JNE que l’on salue au passage ! )…

 

Bref, en dehors des périodes de tempêtes et d’inondations, où les sujets foisonnent, la question du réchauffement n’est pas (ou plus) considérée comme prioritaire par les grands médias français. Le 27 septembre 2013, ni BFM ni iTélé ni LCI ni France 24 n’avaient jugé bon de diffuser en direct la conférence de presse du GIEC qui présentait le premier volet de son rapport. Pour la suivre, il avait fallu se brancher sur BBC World News.

 

Lassitude après les échecs des conférences internationales sur le sujet (en particulier le sommet de Copenhague, sur lequel trop d’espoirs avaient été placés) ; impact persistant de la crise économique ; retour en force des «climato-sceptiques», que certains médias se croient obligés d’inviter par souci d’« équilibre » ; tendance du « tout info » à privilégier l’actu immédiate au détriment du long terme… Les causes de cette situation, spécifiques à la France, sont à coup sûr complexes et devront être analysées.

 

Alors que notre pays se prépare à accueillir le sommet climatique de 2015, c’est en tout cas le devoir des journalistes spécialisés en environnement que de tirer la sonnette d’alarme et de lancer le débat sur le traitement médiatique de ce sujet capital, ce que notre association s’efforcera de faire dans les prochains mois en coopération avec nos amis de l’AJE (Association des journalistes de l’environnement)….

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Rédacteur en chef du site des JNE, Laurent Samuel collabore à Media Pep’s, qui publie la lettre Options Futurs. Cet édito n’engage que son auteur.

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* L’atténuation désigne les technologies, techniques ou comportements dont la mise en œuvre permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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Algérie : les associations écologiques maintiennent le cap

L’effervescence qui marque la campagne électorale de la présidentielle du 17 avril 2014 ne dérange pas l’activité des écologistes algériens, comme le montre l’exemple de l’Association écologique de Boumerdès (AEB) qui a tenu, samedi 5 avril, son assemblée générale pour faire son bilan et adopter son programme pour 2014.

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par M’hamed Rebah

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548729_455577794498512_1221175777_nDepuis 25 ans – elle a été créée le 29 août 1989 – l’AEB maintient une activité régulière, malgré les difficultés que rencontre le mouvement associatif. Son projet phare actuellement concerne la réhabilitation d’un écosystème dunaire côtier à Corso, une commune entre Boumerdès-ville et Boudouaou el Bahri, à une cinquantaine de km d’Alger. Il y a environ 2 hectares à sauver de la dégradation pour en faire un bel espace dédié à l’écologie et à l’éducation environnementale. Le couvert végétal de ce site naturel, menacé et vulnérable, doit être renforcé par le reboisement et des travaux d’aménagement, de protection et de salubrité.

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Samedi 29 mars, ils étaient nombreux, et en famille, à participer justement à une action de reboisement organisée par l’AEB. L’Association a l’espoir de déclencher une dynamique citoyenne exemplaire, d’où, la priorité qu’elle accorde à l’action d’information et de sensibilisation, dans le cadre plus global de l’éducation environnementale destinée à ses adhérents, mais aussi et surtout aux riverains du site concerné et plus largement à la population. En 2013, l’AEB a organisé deux sessions de formation (juin et octobre) dans le cadre de ce projet intitulé «Réhabilitation d’une falaise dunaire du Corso». En même temps, l’AEB a l’ambition de remplir un rôle de pionnier. C’est ce qui l’a poussée à tenir, en décembre dernier, un séminaire sur le thème du «bon état écologique», très peu familier en Algérie.

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Pour Nacer Riad Bendaoud, président de l’AEB, « en Algérie, la question de l’environnement reste toujours difficile à aborder, bien que les structures en charge des programmes de développement se voient plus que jamais dans l’obligation de s’en préoccuper ». Il constate que « dans certaines zones, on puise les ressources naturelles sans modération et sans prendre en considération l’impact le plus souvent négatif qui en résulte ». Il reste cependant optimiste et pense qu’il est possible de « définir une stratégie qui implique les institutions et la société civile à travers les ONG pour arriver à un consensus permettant à long terme de réconcilier le développement économique et la conservation de la nature ».

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Cet article est paru dans Reporters (quotidien algérien).

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Tous les 7 ans, la surface d’un département en terres agricoles disparaît

Et si l’on préservait l’avenir en même temps que les terres agricoles ?

 

par Pierre Arnault

 

 

Si le côté politique des dernières municipales a été copieusement commenté, le rôle des communes pour réduire la pression foncière sur les terres agricoles n’a guère suscité d’intérêt. Or, tous les 7 ans des terres agricoles disparaissent d’une surface équivalente à celle d’un département. Des outils existent pour réduire ce phénomène, mais ils paraissent insuffisants. Parmi les éventualités, gérer le foncier sur un territoire plus vaste, la région par exemple, est évoqué.

 

logo-abiodocFace à la diminution de l’espace agricole, le monde agricole est de plus en plus inquiet, souligne une étude publiée par Abiodoc (1). Les agriculteurs les plus touchés sont les moins de 40 ans qui, en dehors d’un cadre familial, ont des projets d’agriculture diversifiée, de proximité (circuits courts) ou engagée dans des pratiques plus respectueuses de l’environnement, en particulier d’agriculture biologique. Le recul des terres agricoles touche toute l’Europe : 30 millions d’hectares en moins entre 1961 et 2003. En France, en dehors des surfaces affectées non affectées à l’urbanisation, aux loisirs et au boisement artificiel, l’abandon des terres agricoles est estimé à 30 000 ha par an. Il est relativement dispersé sur le territoire, mais le secteur viticole du Languedoc, les Alpes de Haute Provence, l’Ain, les Ardennes et la Haute-Saône sont particulièrement touchés. En secteur rural, l’urbanisation s’accentue dans le nord des Alpes, en Charente-Maritime, au sud de la Mayenne et sur le littoral de Basse-Normandie. La pression des villes est trois plus élevée que la moyenne nationale dans les zones périurbaines de Lille, Le Mans, Lyon et Toulouse. Les terres devenant plus rares, elles sont également plus chères (65 % de hausse entre 1997 et 2010 pour les prés et les terres libres). Cela favorise la spéculation dans la mesure où les terrains constructibles valent 55 fois plus chers que les terres agricoles avec moins de risques que la Bourse. Il y a de moins en moins d’exploitants agricoles mais de plus en plus de propriétaires fonciers.

 

 

La consommation d’espace augmente

Le développement de l’habitat individuel – 62 % du parc en 2009, contre 41 % entre 1950 et 1975 – accentue la consommation d’espace. Sans oublier l’incompatibilité fréquente entre cet habitat et la production agricole : bruits, odeurs…. Simultanément, les besoins en productions agricoles croissent alors qu’il est indispensable de protéger davantage d’espaces naturels pour la biodiversité, les captages d’eau ou les paysages (qui présentent une valeur économique essentielle pour le tourisme). En montagne, la pression foncière s’exerce particulièrement dans les plaines, là où les agriculteurs peuvent produire les aliments du bétail (céréales) qui favorisent l’autonomie des exploitations. Le Commissariat général au développement durable constate, en 2011, que plus d’un tiers des sols agricoles artificialisés présentent un potentiel agronomique fort. Si le Schéma de cohérence territoriale (ScoT) et le Plan local d’urbanisme (PLU) semblent pertinents, ils ne sont pas suffisamment utilisés dans une perspective de protection des espaces agricoles. La concurrence entre les collectivités territoriales accentue cette tendance. C’est pourquoi l’échelon régional paraît plus pertinent pour l’aménagement du territoire. Une donnée que le regroupement en cours des collectivités territoriales pourrait prendre en compte.

 

La protection des terres agricoles doit donc tenir compte de leur valeur agronomique. Des expériences et des outils réglementaires, avec la loi Grenelle et la loi de Modernisation agricole, existent pour protéger les terres agricoles, mais de façon dispersée. Ces initiatives tendent à favoriser la production de produits alimentaires, préserver les ressources, telles que la qualité de l’eau et la biodiversité, lutter contre les risques naturels, développer des circuits courts. Des réalisations démontrent que cela est possible. Elles sont fondées sur des diagnostics agraires, la préservation et la transmission du foncier agricole, la cartographie du territoire agricole, les périmètres de protection et de mise en valeur des espaces naturels et agricoles périurbains (PAEN) comme celui de la vallée du Gier dans le parc naturel régional du Pilat, ou les Zones agricoles protégées (ZAP) à l’exemple de celle de la communauté de communes de l’Est tourangeau. Ce peut être aussi la location d’une ferme communale pour pérenniser l’activité agricole d’une commune comme à La Chapelle du Bard (Isère). Donc, des solutions existent. Puissent-elles être source d’inspiration pour toutes les collectivités territoriales concernées, même si la sujet a globalement peu suscité d’intérêt lors de ces dernières élections municipales. On peut penser qu’il a aussi sa place pour les Européennes qui se profilent…

 

 

 

1) Cette synthèse, signalée dans le n° 197 de Biopress (février 2014), est disponible sur le site www.abiodoc.com, rubrique Documents. Elle a été réalisée dans le cadre du projet « Développement des filières biologiques du Massif Central pour répondre aux besoins de la restauration collective », porté par le Pôle Agriculture Biologique Massif Central et qui s’inscrit en complément des actions engagées au niveau de chaque région ou département. Programmé jusqu’en 2013, ce projet regroupe ABioDoc – VetAgro Sup, AgriBioArdèche, l’APABA, l’ARDAB, Auvergne Biologique, Bio 82, le SEDARB, LotABné, Inter Bio Limousin, Sud et Bio, l’EPL de Limoges, l’ISARA, le Lycée de Naves, ainsi que les plateformes Auvergne Bio Distribution, BioAPro et Manger Bio Limousin.

 

Les JNE se lancent dans le crowdfunding sur Kiss Kiss Bank Bank pour un voyage sur la transition énergétique au Royaume-Uni

Aidez-nous à financer des reportages à Totnes au Royaume Uni et à montrer que la transition écologique est possible !

22 avril 2014 : Jacques Perrin sur la réserve

Le producteur et cinéaste Jacques Perrin inaugure, le mardi 22 avril 2014 dans la Drôme, la première « Réserve de vie sauvage ® ». Un nouveau type d’espaces réellement protégés créé par l’ASPAS, et déjà reconnu au niveau européen. Sauvage !

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par Marc Giraud
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En France, les lobbies de la sylviculture et de la chasse sont si puissants qu’il n’existe plus d’espace réellement protégé. Savez-vous que l’on peut chasser dans la majorité des Réserves naturelles françaises, y compris des espèces animales en mauvais état de conservation ? C’est par exemple le cas des tétras lyres dans les réserves des Hauts Plateaux du Vercors ou de la Chartreuse. Quant au Parc national des Calanques de Marseille, on peut y lâcher des « gibiers de tir » ou attraper des petits oiseaux à la glu, piège cruel et non sélectif…

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Face à ces dérives, l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) a entrepris une campagne d’acquisition foncières, avec un label haut de gamme : « Réserve de Vie Sauvage ® », qui en exclut toute exploitation. Bien qu’elle reste accessible au public, la nature y est donc libre d’évoluer, dans toute sa beauté et toute sa richesse, ce qui est devenu exceptionnel dans notre pays. Entièrement indépendante financièrement, l’ASPAS s’appuie sur des legs et sur des dons.
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Conseiller scientifique du prochain film de Jacques Perrin, administrateur de l’ASPAS et naturaliste passionnant, Gilbert Cochet (auteur de Fleuves et rivières sauvages chez Delachaux & Niestlé) sera présent à l’inauguration. Ce mardi 22 avril, au cours d’une conférence de presse sur le terrain, Jacques Perrin inaugurera la Réserve de Vie Sauvage ® du Grand Barry, entre Vercors et Diois, à Véronne (Drôme), le plus grand espace labellisé à ce jour avec 130 hectares de forêt supra-méditerranéenne, abritant orchidées sauvages, cerfs, chamois et même loups de passage… En février 2014, Le Grand Barry est devenu le premier espace naturel de France reconnu par l’organisation internationale Rewilding Europe, qui vise à préserver la vie sauvage en Europe. Dès la naissance, c’est une belle reconnaissance.

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Attention : nature véritable ! Accès difficile, route non carrossable, absence de réseaux téléphoniques… Terrasson aurait été content, ça ressemble à ses invitations aux « Beuveries apicoles »…

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En tout cas, moi, j’y vais !

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Pour télécharger le dossier de presse :
www.aspas-nature.org/DP-RVS.Grand-Barry-ASPAS.pdf

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Pour s’inscrire (inscription nécessaire), obtenir les renseignements pratiques et le dossier de presse : Madline Reynaud, Directrice de l’ASPAS, 04 75 25 10 00 – animaux@aspas-nature.org

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Contact presse : Pierre Athanaze, Président de l’ASPAS, tél 06 08 18 54 55

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Les secrets des arbres décryptés par Francis Hallé

Professeur de botanique basé à Montpellier, Francis Hallé est un spécialiste de l’arbre, et particulièrement de son architecture. Désireux d’étudier la forêt tropicale, il a lancé à la fin des années 1980 les expéditions appelées « radeau des cimes », consistant à déposer à la cime des arbres des boudins gonflés avec des filets, afin d’inventorier la biodiversité de la canopée. Voici le compte-rendu de sa conférence à l’abbaye de l’Epau (Sarthe), le 11 mars 2014.

 

par Roger Cans

 

L’animateur lui demande de définir un arbre. Hallé répond qu’il avait naguère une définition, mais qu’un voyage en Afrique du Sud l’a jeté dans la perplexité : il existe là-bas un arbre souterrain dont les racines et le tronc restent sous terre, et dont le feuillage rampe au sol, en grandes surfaces. Il avoue qu’en matière de biologie, il a commencé par les animaux. Comme dit Francis Ponge, « les animaux, c’est l’oral ; les plantes, c’est l’écrit ». L’arbre est autonome et divisible. « Avec un sécateur, je vous en fais des centaines ». L’homme, en revanche, est indivisible. C’est l’individu. L’animal se fait manipuler par les plantes, qui l’attirent par leurs fleurs et leurs fruits. Sans champignons dans le sol, pas d’arbres.

 

Les eucalyptus d’Australie ont montré la timidité des couronnes, qui ne veulent pas se toucher. L’arbre épargne ses congénères, surtout les grands. En Afrique orientale, les gazelles broutent les feuilles de l’acacia. Mais l’arbre attaqué émet instantanément un signal pour que les autres acacias dégagent des toxines afin de se préserver. Les arbres sous le vent, alertés par l’arbre brouté, échapperont au broutage des gazelles. Il existe donc une forme d’empathie chez les arbres.

 

Un phénomène curieux : dans les jardins de Kew Gardens, dans la banlieue de Londres, les chênes se bouturent au sol par leurs branches basses. En Tasmanie, il existe un arbre de 43.000 ans qui se multiplie par les racines et produit sans cesse des clones. Une forme d’immortalité. L’arbre produit aussi des déchets : la lignine, substance rigide qui forme le cœur de l’arbre.

 

En matière d’architecture de l’arbre, on connaît 22 modèles pour 70.000 espèces. Tout le monde connaît le modèle sapin, bien droit avec ses branches transversales. Pour connaître l’âge d’un arbre, nous avons chez nous les cernes de croissance. Mais ce n’est pas valable partout. Par exemple, l’hévéa fait un cerne tous les 40 jours, et certains arbres d’Asie font des cernes tous les trois ans. Si l’on met à plat toutes les surfaces d’un arbre, on aboutit à des superficies immenses. Un arbre urbain moyen fait 200 hectares !

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« Ma première forêt tropicale ? En Côte d’Ivoire quand j’avais 22 ans. J’étais comme Darwin découvrant la forêt atlantique du Brésil : stupéfait. Quand on a commencé à étudier les insectes de la canopée, on est passé de 3 millions d’espèces à 30 millions ! Il y a là-haut des crabes qui mangent les têtards de rainettes dans le creux mouillé des branches. En 2012, nous avons lancé l’Etoile des cimes au Laos, beaucoup plus légère que le radeau, qui pouvait porter six personnes. Pour la biodiversité, la forêt tropicale est imbattable : la bande équatoriale recèle 75 % de la biodiversité, alors que les mers n’en recèlent que 14 % ! »

 

« Mon dada : l’agroforesterie. » On peut pratiquer l’agriculture en forêt, à condition de connaître les arbres pour les exploiter au mieux et les replanter après. L’arbre est une usine d’épuration, qui capte le CO2 et rejette de l’oxygène. Au Japon, on étudie les réactions de l’arbre avant le séisme, grâce à des électrodes fixées sur les racines. « Je suis pour qu’on plante des arbres dans les cours des prisons. L’univers minéral, 24h sur 24, c’est l’enfer ».

 

Le plus grand arbre d’Afrique ? C’est le moabi. Tailler les arbres les rend dangereux. L’arbre n’a ni queue ni tête. L’arbre mobilier urbain : on l’abat quand il est trop grand, et on le remplace par plusieurs jeunes : c’est une arnaque, car le grand arbre fait partie du patrimoine, et la replantation de jeunes arbres coûte cher (alors que le grand arbre épure l’air gratuitement).

 

Le 3 avril, le Collectif SOS Forêt France monte à Paris

Communiqué de presse

Depuis plusieurs mois, notre collectif alerte et informe les citoyens sur les conséquences graves qu’aurait l’adoption, en l’état, du projet de loi d’avenir sur la forêt.

 

UiCDGigHkNhGszq-556x313-noPadNous avons mis à disposition de tous et des élus notre analyse du projet de loi et nos propositions d’amendements faisant consensus au sein de nos différentes structures  adhérentes.

 

Ces documents et bien d’autres sont disponibles sur notre site. Grâce à notre mobilisation, notre pétition a déjà recueilli plus de 35 000 signatures en 15 jours .

 

Le 3 avril prochain, c’est le dernier jour de dépôt des amendements au projet de loi d’avenir sur la forêt. Quelques jours plus tard, à partir du 8 avril, les Sénateurs examineront le projet de loi.

 

Ce 3 avril sera l’occasion pour nous tous de réaffirmer notre détermination et notre refus d’intensifier et industrialiser la gestion forestière comme l’a été l’agriculture, avec les conséquences désastreuses que nous connaissons tous !

 

Symboliquement et de façon festive, nous vous appelons tous à nous rejoindre à 11h aux abords du Sénat (dans le parc près du kiosque) pour lancer un appel fort à une autre alternative pour la forêt et la filière bois.

 

De toutes les régions, venez habillés de noir, avec un ou 2 bâtons de marcheurs… Le Collectif assurera l’animation…

 

Et retrouvons nous ensuite l’après-midi pour échanger sur la suite à donner (fin vers 17 h maximum)

 

Contacts: www.sosforet.org et  contact@sosforet.org

Signez la pétition sur change.org/sosforet

Retrouvons le plaisir d’agir ensemble

L’Herbier du Muséum

Le Muséum National d’Histoire Naturelle a rouvert en novembre 2013 sa galerie de botanique après un chantier de rénovation digne du XXIe siècle. Que faut-il le plus admirer : la numérisation des planches d’herbiers ou l’entière réorganisation de leur archivage ?

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par Annick Mouraret

Huit millions de spécimens de plantes

Chantier de rénovation du Grand Herbier du Muséum National d'Histoire Naturelle - Séance de tri et de sélection d’herbiers anciens  © Carlos Muñoz Yagüe / Look at Sciences

Chantier de rénovation du Grand Herbier du Muséum National d’Histoire Naturelle – Séance de tri et de sélection d’herbiers anciens © Carlos Muñoz Yagüe / Look at Sciences

L’Herbier national conservé au Jardin des Plantes s’est constamment enrichi depuis plus de 400 ans. Il est estimé actuellement à 8 millions de spécimens appartenant à tous les groupes végétaux de par le monde. Presque toutes les espèces y sont représentées : c’est la collection la plus prestigieuse de plantes sèches, l’herbier le plus remarquable par son volume, sa valeur scientifique et historique.

On estime que 200 espèces nouvelles sont découvertes chaque année dans le monde, avec des échanges de « doubles » et à 10.000 les spécimens à introduire dans l’Herbier. Quand un botaniste décrit une espèce considérée comme nouvelle, il désigne un spécimen de référence appelé « type » : l’Herbier national en contient 500.000 : c’est l’une des collections les plus sollicitées mondialement.
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Une rénovation titanesque

D’abord, il y avait l’Herbier du Roi, en 1635 ; il devient une collection en 1650 et Lamarck en établit un plan général en 1793 à la création du Muséum en rassemblant les collections rapportées d’expéditions. Grâce à la Fondation Rockefeller, un bâtiment est construit en 1836 le long de la rue Buffon, dédié à la Minéralogie et à la Botanique: faute de place, on dut plus tard refuser des dons …
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Il fut agrandi en 1935, mais à nouveau ses allées s’encombrèrent tant qu’environ un million de planches ne furent jamais intégrées. Classée Monument Historique, sa façade et son volume n’ont pas changé (10.365 m²), mais comment imaginer tout ce qu’il a fallu coordonner pendant les 4 années de travaux ?

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Les scientifiques du Muséum ont d’abord introduit le million de spécimens jamais traités (vérifications, attachage, étiquetage …), puis ont reconditionné les planches de la totalité de l’Herbier, reclassées non plus par collections et pays, mais par grandes familles, avec le nom scientifique puis la provenance. A noter, des changements de noms des plantes (synonymie).
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Seuls les grands herbiers historiques sont restés regroupés, témoins des connaissances d’une époque et d’expéditions célèbres, tels ceux de Tournefort, Bougainville, Humboldt et Bonpland, Jussieu, Lamarck…
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Quel chamboulement ! Les 48.000 casiers des armoires métalliques de 3 m 30 de haut furent démolis et remplacés par des rayonnages mobiles contenant 155.000 casiers ouverts, plus petits. Cela double la capacité, en vue aussi des 30 années à venir… Chaque famille a son secteur, avec des dossiers à la couleur des pays d’origine. En résumé,  sur 4 étages se répartissent 14 salles de collections avec chacune plus de 10.000 casiers hauts de 15 cm et le traitement de l’air est contrôlé (20 ° C, 50 % d’humidité)

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Herbier virtuel et herbonautes

5,8 millions de planches sont numérisées, avec des code-barres afin de bien les identifier, de les suivre dans leurs déplacements, de garder la traçabilité des études… Les numérisations ont été réalisées hors du Muséum sur des chaînes automatisées (12.000 par jour), chargées directement dans la base de données de l’Herbier. Elle se poursuit désormais sous les hauts plafonds de la Galerie de Botanique.

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La mise en ligne d’un Herbier virtuel de cette importance est une première mondiale : elle devrait participer à la conservation des spécimens en réduisant leur consultation… mais celle-ci n’a pas faibli, la révélation de ces richesses insoupçonnées n’inciterait-elle pas à plus de curiosité encore ?

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Le premier site de sciences participatives consacré aux collections d’herbiers a ouvert en janvier 2013 : lesherbonautes.mnhn.fr Il invite les amateurs à déchiffrer des étiquettes de spécimens, à partager le résultat de leur étude. Les informations sont croisées et recoupées avant d’être validées. Il s’agit d’enrichir la base de données Sonnerat (réseau des herbiers de France) et d’alimenter celles de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (http://inpn.mnhn.fr).

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Le public et la galerie de Botanique

Seuls les chercheurs peuvent consulter dans les étages les trésors de cette immense collection de plantes, ainsi que son importante bibliothèque. Un espace est ouvert au public, au rez-de-chaussée, pour présenter ce qu’est la botanique et sa Galerie, ou plutôt ce qu’elle contient et ce qui s’y passe. On y retrouve plusieurs évocations d’un passé prestigieux, de grandes figures qui ont fait évoluer la science botanique, et des vidéos. A regarder avec curiosité les collections de moulages en cire de végétaux (Robillard d’Argentelle) et de champignons (Pinson) ainsi que des planches de champignons (Bulliard). Pour ne pas être frustrés de ne pas voir les 8 millions de planches, il est très agréable d’en retrouver de magnifiques dans le livre L’Herbier du Muséum.

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L’Herbier du Muséum, l’aventure d’une collection

Couv Herbier
Des reproductions superbes, les couleurs sont étonnantes de fraicheur malgré des siècles, tels l’herbier Jehan Girault, le plus ancien (1558), avec ses plantes cousues, l’ortie de Vaillant (300 ans) qui est toujours verte et ciselée, le palmier de Macao (1750), une belle Anemona pulsatilla récoltée sous les pins en forêt de Fontainebleau (4/1894). Beaucoup de merveilles, du grand art pourrait-on dire, du rêve aussi. L’ouvrage contient bien sûr l’histoire de l’Herbier, 9 portraits de grands botanistes, la chronologie des collections historiques, un chapitre important sur l’Herbier au présent, les procédés actuels de récoltes qui évoluent avec d’autres soucis d’analyses, de génétique, les collections contemporaines et le chantier de rénovation. Oui, un très beau livre.

Art Lys/MNHN – 160 pages, format 21,5 x 31 cm

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A quoi sert l’Herbier ?

Les herbiers sont les témoins de la constitution de la science botanique, ils sont les archives des flores et de la biodiversité. La gestion de la totalité des collections a entraîné les botanistes sur différentes pistes de réflexion sur les méthodes et les conditions de travail.

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Le Muséum est en relation avec 200 institutions botaniques des cinq continents. Constamment visité, l’Herbier est un pôle d’échanges mondiaux, suivis de publications et de remises à jour.

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Rempli d’objets morts, l’Herbier est bien vivant, en perpétuelle évolution et source d’information pour d’autres disciplines. Les scientifiques peuvent aussi faire raconter aux plantes l’histoire des migrations géographiques de leurs ancêtres au cours de milliers d’années.
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La bibliothèque numérisée

● 45.000 monographies

● 2.000 titres de périodiques

● 60.000 tirés à part

● Manuscrits de chercheurs, dessins, estampes…

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Le contenu de l’Herbier

90 % de planches, enveloppes contenant des champignons, flacons à sec ou en alcool (analyses particulières), carpothèque (fruits volumineux), xylothèque (bois), banque de données de graines, feuilles conservées en gel de silice à des fins d’analyses génétiques/ADN

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Cet article a été publié dans la revue Paris-Chamonix du CAF (Club alpin français) d’Ile-de-France.

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