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Catégorie ‘ACTUALITES’


Création du Parc naturel régional (PNR) des Baronnies Provençales

Ségolène Royal vient de signer le décret de création officielle du Parc naturel régional (PNR) des Baronnies Provençales.

 

 par Marie-Hélène Léon

Argus bleu, un des papillons que l'on retrouve dans les Baronnies Provençales (c)MHLEON

L’argus bleu, un des papillons que l’on retrouve dans les Baronnies Provençales @ MHLéon

 

Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, était cette semaine à Vinsobres (Drôme) pour annoncer la création du Parc naturel régional (PNR) des Baronnies Provençales.

Le Parc naturel régional des Baronnies Provençales rassemble 86 communes (52 communes de la Drôme et 34 des Hautes-Alpes) pour une superficie totale de 1560 km2 et 31 164 habitants. Les six villes-portes sont : Dieulefit, Grignan, Sisteron, Vaison-la-Romaine, Valréas, et Veynes.

Cette création vient valoriser un territoire vivant et dynamique. Rurales et montagnardes, à la richesse patrimoniale avérée, les Baronnies Provençales bénéficient des influences à la fois méditerranéennes et alpines. La biodiversité et les paysages remarquables duPNR en font un territoire d’exception. Ses ressources naturelles comme ses potentiels agricoles, touristiques et artisanaux sont ses principaux atouts pour l’avenir.

Les Régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur comptent donc actuellement 14 Parcs naturels régionaux au total.

SOS Sauternes

Communiqué

Un projet de Ligne à Grande Vitesse (LGV) au sud de Bordeaux menace de disparition des grands vignobles. Les grands vins liquoreux de la Gironde vont-ils disparaître ???

 

Un projet de construction d’une ligne ferroviaire nouvelle pour des TGV, allant de Bordeaux à Toulouse et de Bordeaux à Dax, constitue une terrible menace pour le Sauternais. Cette Ligne à Grande Vitesse (LGV) détruira 5.000 hectares de nature, de vie sauvage, de forêts, de terres agricoles, dans les départements de la Gironde, des Landes et du Lot et Garonne. En outre, elle fera disparaître des grands vignobles dans le sud de la Gironde, notamment ceux des Graves, de Sauternes et Barsac.

 

Pourquoi ? En saccageant la vallée du Ciron et de ses affluents, la LGV va trouer la forêt-galerie qui protège ces rivières du soleil, donc de la chaleur. Et c’est justement la fraicheur de ces eaux ainsi conservée qui créé, en arrivant sur les terres chaudes du Sauternais, le phénomène de condensation et les fameux brouillards qui génèrent la « pourriture noble ».

 

Cette LGV constitue un arrêt de mort pour des crus connus depuis des siècles et pour certains classés en 1855, dont la réputation planétaire doit tout à ce micro-climat si particulier du Sauternais. Depuis des années, de multiples oppositions se sont manifestées contre ce projet destructeur. Mais en vain.

 

Et pourtant, les dégâts occasionnés par la LGV sont irréparables : zones classées dévastées, pollutions, chantier considérable, bruits infernaux, gaspillage d’énergie, et tout cela pour gagner quelques minutes sur des trajets peu fréquentés, pour des billets de train hors de prix.

 

Ce projet de LGV en Gironde est ruineux pour l’économie, honteux pour l’écologie, mortel pour le vignoble.

 

C’est pourquoi l’ODG de Sauternes et Barsac, le Conseil des Crus Classés en 1855 appellent le public et la presse à se mobiliser contre ce projet, avant le 8 décembre, en diffusant l’information et en donnant un avis négatif sur le site de l’enquête publique.

 

Climat : pour tout savoir sur la conférence COP20 de Lima

L’AJEC21, l’association sur le climat que les JNE ont créée avec l’AJE, a commencé très sérieusement son travail (formation, site, rendez vous).

 

logo_ajec21Pour tout savoir sur la conférence COP20 qui se déroule actuellement à Lima, vous pouvez nous retrouver sur le site élaboré par Pierre Demeure  : www.ajec21.org. Vous y trouverez régulièrement des articles sur l’évolution des négociations, comme ce point à mi-parcours posté le 6 décembre par Dominique Martin Ferrari, et une rubrique agenda très fournie.

 

Vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter :  @Ajec21climat.

 

On vous recommande chaudement aussi ce site de « liveblogging » où l’on trouve des liens avec les webcasts officiels de la conférence, les « livetweets » postant tous les tweets avec les hashtags #COP20 et #LimaCOP20, ainsi que quantité de liens, articles et photos.

 

Pauvres loups, pauvres médias

À la manif des éleveurs à Paris, le 27 novembre dernier, avec leurs brebis au pied de la tour Eiffel, tous les grands médias étaient là. Quasiment aucun n’a fait son métier. On s’est contentés de filmer l’événement, sans réfléchir, sans aller écouter d’autres opinions, sans chercher d’info équilibrée. L’info est devenue de l’intox. Hooooouuuu !

 

par Marc Giraud

 

Manif d'éleveurs au Champ de Mars le 27 novembre 2014 @ Marc Giraud

Manifestation d’éleveurs au Champ de Mars le 27 novembre 2014 @ Marc Giraud

 

C’était donc, une fois de plus, le grand jour des éleveurs, qu’on a encore, et encore entendus réclamer la peau du loup. Il n’est évidemment pas question d’éluder leurs difficultés, qui mériteraient mieux qu’une condescendance éphémère, mais de chercher une info impartiale, solide, honnête, sur les vrais problèmes de la filière ovine. Car l’avenir des petits éleveurs est incertain, avec ou sans loup. Arrêtons de focaliser sur une vie sauvage déjà bien mal en point, et de faire confiance à ces cancres de la zoologie que sont les lieutenants de louveterie, qui prennent les chats pour des tigres…

 

On n’imaginerait pas faire des reportages sur l’automobile que sous l’angle unique des accidentés de la route (et pourtant dans ce cas, il y a mort d’homme). C’est néanmoins ce que les médias font aujourd’hui avec le loup, qui n’existe plus à leurs yeux que comme un potentiel croqueur de brebis. Rien d’autre.

 

À tous les journalistes qui désireraient évoquer un peu plus sérieusement le sujet, je ne saurais trop conseiller de se renseigner sur les vraies difficultés financières de la filière ovine, qui ne survit que grâce aux subventions de citoyens largement favorables au loup. Les associations le disent depuis fort longtemps sans arriver à se faire entendre. Il existe pourtant des documents fort bien réalisés sur le sujet. Celui de CAP Loup est excellent.

 

A lire aussi en cliquant ici, la tribune d’un scientifique, Thierry Lodé, sur le loup. Parce que quelqu’un qui ne bêle pas avec les moutons, ça fait tellement de bien…

 

Selon l’ASPAS, 14 loups ont été tués en France depuis trois mois, ce pour quoi l’administration commence à être pudique. Sans compter les petits morts de faim pour la louve allaitante, le braconnage, les accidents de la route en grande partie dus à l’état des loups ayant été empoisonnés…

 

Climat : rien n’est gagné…

 


par Olivier Nouaillas
vice-président des JNE

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En matière de climat, nous vivons de drôles de paradoxes. Alors qu’avec des mois de septembre, d’octobre et maintenant de novembre particulièrement doux, l’année 2014 devrait être une des années les plus chaudes qu’ait jamais connu la Terre depuis 1880, un vent d’optimisme semble enfin souffler sur les négociations climatiques. Coup sur coup, en effet, trois bonnes nouvelles – ou présentées comme telles, ce qui n’est pas tout à fait la même chose… – sont survenues.

 

Tout d’abord, le 24 octobre, les 28 pays de l’ Union européenne se sont engagés à réduire d’ « au moins 40 % » les réductions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990.

 

Ensuite, le 12 novembre, les Etats-Unis et la Chine, s’engagent mutuellement à réduire leur émissions de gaz à effet de serre. Les Etats-Unis annoncent une réduction de 26 à 28 % de leurs émissions d’ici à 2025 par rapport à 2005 et la Chine promet d’atteindre le pic de ses émissions de CO2 « autour de 2030 » et donc d’amorcer une baisse de ses émissions de gaz à effet de serre après.

 

Enfin, le 20 novembre, le Fonds vert pour le climat,annonce qu’il a levé 9,5 milliards de dollars pour aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement climatique. Une première d’autant plus attendue que la création de ce fonds de capitalisation remonte au sommet de Copenhague en 2009 et que, jusqu’à présent, ses caisses étaient désespérément vides. Même si on est encore très loin des 100 milliards par an promis par les pays riches d’ici à 2020 ..

 

A la veille de la tenue de la COP 20 qui doit se tenir à Lima (du 1er au 12 décembre), la route apparaît, en tout cas, subitement dégagée pour la COP 21, la grande conférence sur le climat prévue à Paris en décembre 2015 et qui doit trouver un accord mondial de réduction des gaz à effet de serre, chargé de prendre la suite du protocole de Kyoto. Sauf qu’il … ne faut pas aller trop vite.

 

Entre ceux qui pensent que « nous sommes sauvés » – ceci avant que le moindre accord soit signé sous l’égide des Nations-Unies – ou au contraire que « tout est foutu » et qu’il n’y a désormais plus rien à attendre de ces grandes sommets environnementaux, il y a la voie étroite des faits.

 

Faisons d’abord remarquer aux plus optimistes que des déclarations d’intentions, même vertueuses, n’ont rien à voir avec un accord juridique contraignant signé par 196 pays. Car c’est bien de cela qu’il s’agira à Paris en 2015. D’autant plus que le précédent du protocole de Kyoto, signé en 1997 et très imparfaitement appliqué, montre que, sans mécanismes de surveillance et sans doute aussi un taxe carbone mondiale, les paroles s’envolent dans l’air. Comme le CO2…

 

Et aux plus pessimistes, faisons leur observer que ce n’est tout de même pas rien que les Etats-Unis et la Chine, les deux pays les plus pollueurs de la planète – 45 % des émissions de gaz à effet de serre à eux deux –, s’engagent ensemble pour la première fois à réduire leurs émissions. D’autant plus qu’en Chine, la contestation sociale sur les immenses problèmes de pollution monte chaque jour un peu plus. Et qu’il n’est pas sûr que les Pékinois – pour ne parler que d’eux – attendent bien sagement une amélioration de la qualité de l’air jusqu’en 2030…

 

Certes également, les républicains, de farouches climato-sceptiques, tablent sur la défaite des démocrates en 2016, après les huit ans de Barack Obama, pour revenir sur un éventuel engagement américain. Mais là aussi, l’opinion publique pousse dans un autre sens : rappelons-nous les 350.000 manifestants à la Marche pour le climat dans les rues de New-York, le 21 septembre dernier. L’une des plus importantes manifestations écologiques de ces dix dernières années.

 

Le 18 novembre dernier, à l’Agence parisienne du climat, lors d’une conférence de presse organisée par l’AJEC 21 (l’Association des journalistes pour l’environnement et le climat, née de la volonté commune des JNE et de l’AJE pour mieux couvrir les enjeux de la COP 21) le climatologue Jean Jouzel, vice-président de Giec, faisait preuve, lui, d’un optimisme … mesuré : « Il y aura sans doute un accord à Paris, confiait-il. Toute la question est de savoir s’il sera assez ambitieux. Notamment pour rester en dessous de la barre des 2 ° C. C’est maintenant que tout se joue ». Les différentes mobilisations en cours de la société civile – d’Alternatiba au « Jeûne pour le climat », sans oublier les autres initiatives – joueront sans doute leur rôle pour maintenir l’indispensable pression sur les négociateurs.

 

Olivier Nouaillas vient de publier Le changement climatique pour les Nuls (Editions First, octobre 2014) et tient le blog « Planète verte » sur lavie.fr

Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

 

Les dauphins pourraient enfin avoir leurs propres programmes de réintroduction en Europe.

À Cerbère, près de la frontière espagnole, le Dolphy Centro va se consacrer à la réintroduction en mer des dauphins issus des delphinariums.

 

par Frédérique Gilbert

 

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Cerbère @ Frédérique Gilbert

La série Flipper le dauphin a donné une popularité sans limites aux dauphins. En 1966, le premier delphinarium s’installait en Europe.

 

Des dizaines de parcs aquatiques ont ouvert un peu partout, notamment en France, en Espagne, en Belgique, en Hollande, au Portugal …regroupant diverses sortes de cétacés.

 

Mais vite, des voix se sont élevées contre la captivité de ces animaux.
Les conditions de vie des delphinariums sont critiquées sur divers points. La Suisse, le Royaume-Uni, la Hongrie, Le Costa Rica, l’Inde et le Chili interdisent les dauphins en captivité.
Différentes associations se battent depuis des années pour la fermeture d’autres delphinariums. Mais personne n’a de solution réelle et il est utopique de remettre des dauphins en liberté sans travailler au préalable sur la réhabilitation. Les cétacés des pays qui ont supprimé ces exhibitions ont été jusqu’ici déplacés.
Les parcs se ferment et les naissances continuent. Il y a un problème de surpopulation et parfois la gestion de consanguinité n’est pas simple à gérer. Certains dauphins déménagent constamment.

 

Dolphy Centro a l’intention de travailler pour la réintroduction de ces dauphins. À Cerbère, à la frontière espagnole, une surface de 5000 m2 en Méditerranée  accueillera les cétacés pour ce programme.

 

De nombreux zoos ont des programmes de réhabilitation et travaillent en corrélation avec des équipes du milieu naturel. Comme les parcs animaliers, les delphinariums ont pour vocation la conservation des espèces. Il est donc normal que les animaux marins puissent également avoir un vrai programme d’introduction ou de réintroduction tout comme les oiseaux et les espèces terrestres.

 

Un projet comme celui-là ne s’improvise pas. Des scientifiques, un vétérinaire, un docteur en science des cétacés, les politiques locales, les affaires maritimes, les acteurs locaux du littoral, le directeur de la zone portuaire de Cerbère, un bureau d’études, tous s’impliquent activement pour que le plan soit réalisé au mieux.
Une conférence aura lieu à Cerbère le 10 janvier 2015 avec tous les acteurs du projet afin de d’informer le public sur Dolphy Centro, mais aussi pour parler des  Grands Dauphins et du littoral catalan.

 

Le décès de Serge Moscovici, penseur majeur de l’écologie politique

Triste loi des séries…. Après le mathématicien Alexandre Grothendieck et le naturaliste Christian Jouanin, nous apprenons avec consternation la disparition de Serge Moscovici, grand nom de la psycho-sociologie et auteur de plusieurs ouvrages majeurs sur les relations entre nature et sociétés.

 

par Laurent Samuel

 

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Serge Moscovici – photo DR

 

En attendant de revenir plus longuement sur le parcours atypique de Serge Moscovici, décédé à Paris le 15 novembre 2014, nous vous renvoyons à l’article de Julie Clarini mis en ligne sur le site du Monde.

 

Les JNE adressent leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

 

La disparition de Christian Jouanin, grande figure de la protection de la nature en France

Les JNE ont appris avec tristesse la disparition de Christian Jouanin, grande figure de la protection de la nature en France. Ils adressent leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

 

Voici le communiqué de la Société nationale de protection de la nature, dont il était l’un des piliers.

 

Communiqué de presse du 13 novembre 2014

 

Disparition de Monsieur Christian Jouanin, Président d’honneur de la Société nationale de protection de la nature (SNPN)

 

C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que la Société nationale de protection de la nature (SNPN) a appris la disparition de Monsieur Christian Jouanin, président d’honneur de l’association, décédé à 89 ans, le 8 novembre 2014.

 

Christian Jouanin était pharmacien, mais pour nous il était surtout un éminent naturaliste et en premier lieu un ornithologiste de renom. A l’âge de 15 ans, il commença à travailler pour le Muséum national d’histoire naturelle et fut formé par le Pr Jacques Berlioz qui dirigeait alors le Laboratoire d’Ornithologie. Si, grâce à ce dernier, il devint l’un des spécialistes mondiaux des colibris, il s’intéressa tout aussi passionnément aux oiseaux de mer. Il décrivit plusieurs espèces nouvelles (notamment dans les Mascareignes, qu’il affectionnait particulièrement) : le Pétrel de Jouanin, le Francolin de Somalie, le Héron Blanc du Banc d’Arguin…

 

Avec Francis Roux, Jean-Louis Mougin (et parfois le Pr Théodore Monod), il mena des travaux à long terme sur la biologie de la reproduction et la démographie des populations de Puffin cendré dans les Iles Salvages.

 

Il s’intéressa activement aux zones humides et à leur avifaune, et lança avec Michel-Hervé Julien les premiers inventaires des héronnières en France et le suivi de leurs populations. En 1965, il participa au Projet MAR qui aboutit à la Convention de Ramsar en faveur des zones humides. Dans ce cadre, on lui confia la direction du Bureau MAR.

 

Il devint à ce moment administrateur de la Société nationale de protection de la nature. De 1967 à 2011, Christian Jouanin fut successivement secrétaire général, président et vice-président de la SNPN. Durant toute cette période il assura les fonctions de directeur de la revue Le Courrier de la Nature. Après le décès du Pr François Bourlière, en 1993, il collabora étroitement avec le Pr Christian Erard à la rédaction de la Revue d’Ecologie – La Terre et la Vie.

 

Christian Jouanin s’impliqua dans bien d’autres associations naturalistes ou de conservation de la nature : le Congrès ornithologique international, dès 1954 ; la Société ornithologique de France, dont il fut président ; la Ligue pour la protection des Oiseaux, dont il fut administrateur ; la Fédération française des sociétés de la nature (France nature environnement) dont il fut un des membres fondateurs ; l’Union internationale pour la conservation de la nature, dont il fut le vice-président…

 

D’autres associations ou institutions mobilisèrent son énergie : l’Académie de pharmacie dont il fut vice-président, la Société des amis de Malmaison… Il était aussi un excellent botaniste et il pratiquait à la perfection la langue française.

 

Christian Jouanin fut le digne héritier des grands savants naturalistes tels qu’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, fondateur de notre association. Ses qualités et compétences lui valurent une notoriété internationale, malgré sa modestie et sa discrétion qui n’avaient d’égales que son extrême courtoisie et sa grande humanité.

 

Les membres du Conseil d’administration, les permanents et les membres de la SNPN saluent la mémoire de Monsieur Christian Jouanin et présentent à ses filles, Nancy et Daphné, ainsi qu’à l’ensemble de sa famille leurs amicales condoléances.

 

Société nationale de protection de la nature (SNPN)
9 rue Cels, 75014 Paris
Tel : 01.43.20.15.39 – www.snpn.com

 

Hommage à Alexandre Grothendieck, pionnier oublié de l’écologie en France

Il a fallu l’annonce de son décès à l’âge de 86 ans, le 13 novembre 2014, pour que les grands sites d’information, ainsi que France Inter ce matin dans le journal de 8 h et la revue de presse (et même pour quelques secondes le 20 h de France 2 !), (re)découvrent l’existence d’Alexandre Grothendieck, qui fut à la fois un génie des mathématiques et une grande figure hélas bien oubliée des premières années du mouvement écologique en France.

 

par Laurent Samuel

 

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Alexandre Grothendieck (au tableau noir) lors d’un séminaire à l’Institut des hautes études scientifiques de Bures-sur-Yvette dans les années 1960 – photo DR

Il faut dire que ce personnage hors normes avait tout mis en oeuvre pour se faire oublier, en choisissant de se retirer en 1988 dans un village de l’Ariège dont le nom a été tenu secret jusqu’à l’annonce de sa mort.

 

Je l’avais beaucoup fréquenté entre 1970 et 1973 au sein du groupe Survivre (devenu Survivre et Vivre) qu’il avait fondé avec deux de ses collègues mathématciens, Pierre Samuel (mon père) et Claude Chevalley, pour ne jamais le revoir ensuite. Car, en 1973, Grothendieck avait quitté ce mouvement, devenu trop gauchiste à ses yeux, et avait rompu avec la mouvance écologiste en partant enseigner à Montpellier…

 

D’autres que moi sont mieux qualifiés pour expliquer le rôle – assurément majeur – d’Alexandre Grothendieck dans l’histoire des mathématiques. Je vous renvoie à l’article de Philippe Douroux, bien documenté et superbement illustré, mis en ligne ici sur le site du CNRS, ainsi qu’au dossier de couverture publié en mars dernier dans la Recherche sous la houlette de Philippe Pajot.

 

Il y a quelques mois, l’excellent livre de Céline Pessis sur Survivre et Vivre (lire ma recension ici) avait commencé à lever le voile sur la place occupée par Grothendieck dans l’histoire de l’écologie en France. « Shurik » (son surnom pour les proches) fut parmi les premiers scientifiques en France à oser contester l’utilisation « pacifique » de l’atome, qui n’était jusqu’alors remise en cause que par quelques hurbulerlus autodidactes comme l’infatigable Jean Pignero, fondateur de l’Association contre le danger radiologique, devenue Association pour la protection contre les rayonnements ionisants (APRI). Après avoir lancé  dans notre pays le premier mouvement de « scientifiques concernés » (ce qu’était pour l’essentiel Survivre lors de sa fondation en 1970), Alexandre Grothendieck fut aussi un pionnier de l’«auto-contestation» de la science, avec son manifeste « Allons-nous continuer la recherche scientifique ?».

 

Ainsi que le souligne José Bové (qui l’avait également fréquenté en ces temps lointains) dans une belle interview sur le site de Libération, Alexandre Grothendieck se distingua aussi par sa volonté (très nouvelle pour l’époque en France) de lier changement social et changement individuel. « Grothendieck faisait toujours le lien entre la pensée et la vie de tous les jours », écrit ainsi Bové, pour qui « les zadistes à Sivens ou à Notre-Dame-des-Landes sont les enfants de Grothendieck ». Une démarche proche dc celle du journaliste Pierre Fournier (membre de l’AJEPNE,  « ancêtre » des  JNE), qui affirmait : « On ne change pas la vie sans d’abord changer sa vie » (lire ici ma recension d’un ouvrage qui rassemble et met en perspective un grand nombre de ses écrits).

 

Autour de la forte personnalité de Grothendieck, Survivre et Vivre fut (avec les Amis de la Terre France créés aussi en 1970) l’un de ces quelques creusets où convergèrent scientifiques critiques, gauchistes soixante-huitards, anarchistes, pacifistes, végétariens, adeptes du bio ou de la vie en communauté, néoruraux, précurseurs des énergies alternatives et des technologies douces… (certains cumulant plusieurs, voire l’ensemble de ces étiquettes….). Un joyeux désordre dans lequel (bis repetita…) les gauchistes libertaires ont fini par avoir le dessus…

 

Grothendieck, lui, avait déjà choisi de prendre le large par rapport à un mouvement qui n’a pas tardé à l’oublier…

 

Saluons ici la sincérité et la radicalité de sa démarche de « retrait du jeu ». Et formons le voeu qu’à la « faveur » de sa mort, son apport décisif à la réflexion et l’action écologiste soit enfin estimé à sa juste mesure…

 

 Pour en savoir plus, voir ici les liens de Grothendieck sur Médiapart.

Les sœurs de Solan contre la carrière de Saint-Laurent-la-Vernède


Très engagées en faveur de l’écologie, les moniales de Solan ont pris leur part dans le combat qui oppose riverains et écologistes au projet de carrière de Saint-Laurent-la-Vernède (Gard), entre Uzès et Bagnols. Un cas exemplaire d’implication d’une communauté spirituelle dans la défense de l’environnement.

 

par Pascale d’Erm

 

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Photo Pascale d’Erm

Située sur un périmètre impliquant cinq communes limitrophes de Saint-Laurent-la-Vernède, la carrière serait située à 1500 mètres seulement de leur monastère, dans une zone karstique. Pour les moniales, comme pour tous les opposants regroupés en association de riverains hostile au projet, le projet constitue une menace pour les vignes en raison des dégâts irrémédiables causés par les poussières de calcaire sur les ceps de vigne, causerait d’importantes nuisances sonores lors des transports de matériaux, sans oublier les risques causés par les déchets d’extraction (l’équivalent de quatre tonnes de dynamite tous les huit jours), et la tension supplémentaire sur les nappes phréatiques.

 

En dépit des 1500 signatures d’opposants réunies, les permis ont été accordés au carrier. En réaction, l’association de riverains a porté son combat au Tribunal Administratif, en déposant cinq recours contre le projet. Le bras de fer risque de durer plusieurs années, et les sœurs ne sont pas naïves : elles connaissent la puissance des carriers et savent qu’il ne faut pas baisser la garde.


A lire également sur ce site, l’interview de la Révérende mère Hypandia par Pascale d’Erm