Get Adobe Flash player

Catégorie ‘ACTUALITES’

La Journée du Gouf à Capbreton – Dimanche 20 septembre 2015 – Célébration d’un canyon sous-marin méconnu

Communiqué

Un événement exceptionnel organisé par Hugo Verlomme (JNE) va se dérouler à Capbreton (Sud Landes), à l’occasion des Journées du Patrimoine, pour célébrer une merveille géologique, un trésor de biodiversité, le mystérieux canyon de Capbreton, connu sous le nom de « Gouf ».

.
affiche journée du GOUFIl existe de nombreux canyons sous-marins, mais celui-ci est plus particulièrement étudié par des chercheurs du monde entier. Longue de 250 km, cette vallée sinueuse commence à quelques mètres à peine de la côte. C’est sa « tête » qui crée la Nord, vague d’Hossegor connue de tous les surfeurs.

.
Les canyons, nichoirs de la biodiversité, abritent des espèces rares, et les pêcheurs remontent parfois d’étranges spécimens qui passionnent les scientifiques et font l’objet de publications. Dans le Gouf on trouve aussi des coraux d’eau froide, des squales des abysses, des cétacés souffleurs et même le légendaire calmar géant…

.
Les événements (gratuits) s’articuleront autour de conférences-débats et projections, à l’auditorium du front de mer, tout près du Gouf ! Les meilleurs spécialistes du canyon, chercheurs de l’Ifremer, océanographes, biologistes, mais aussi pêcheurs et officiels, se succéderont pour nous révéler ce fantastique patrimoine français méconnu.

.
Dans une salle surplombant la mer, le public aura accès à des stands où rencontrer spécialistes, institutionnels, associations, pêcheurs, sauveteurs, plongeurs, surfeurs, etc., tout en ayant la possibilité d’acheter des produits dérivés ou de goûter aux délices gastronomiques issus du Gouf. Autres événements et activités : inauguration d’une œuvre d’art sur la terrasse, matérialisation des contours du canyon, démonstrations de sauvetage, déambulation d’un conteur, le tout dans un contexte festif, puisque tout près de là, au port de pêche, cette journée se déroulera en association avec La Fête du Chipiron, ce petit calmar délicieux qui abonde dans les riches eaux du Gouf…

.

Programme de la Journée du Gouf
Capbreton, dimanche 20 septembre 2015

.

Les conférences-débats, ainsi que les stands d’information (scientifiques, pêcheurs, associations, surfeurs, sauveteurs, plongeurs, etc.), seront situés dans le casino municipal de Capbreton, sur le front de mer, près du Gouf !
(Le casino est à 300 m du port de pêche, où se déroule aussi la Fête du Chipiron).

.

10h : Ouverture, présentation de la première Journée du Gouf.

.

10h30 : Trois conférences sur la géologie, la formation des canyons du Golfe de Gascogne et du Gouf, l’influence de sa tête proche des plages, son évolution rapide. Avec Jean-François Bourillet (Ifremer Brest) et Hervé Gillet (Maître de conférences à l’Université de Bordeaux).
– Témoignage de plongeurs de Capbreton ayant plongé sur le Gouf. Photos inédites.

.

12h30 : Inauguration d’une œuvre d’art sur la terrasse.
Dégustation gastronomique de produits de la mer pêchés dans le Gouf, préparés par le Lycée Hôtelier de Capbreton.
14h-16h : Démonstration de sauvetage côtier (Stéphanie Barneix, Alexandra Lux).

.

14h30 : Reprise des conférences. Thématique : Merveilles de la biodiversité.
– Impact du Gouf sur la faune régionale des poissons (Jean-Claude Quéro, Ifremer).
– Bilan des connaissances sur les espèces, parfois inhabituelles, présentes au fond du canyon, images inédites filmées en profondeur (Marie-Noëlle de Casamajor, Ifremer Anglet).
– Présentation des cétacés souffleurs et des requins abyssaux présents dans le Gouf, définition de la biosurveillance, (Alexandre Dewez, GEFMA).
– Pratiques de pêche sur le canyon, mise en perspective du présent par le passé, (Gilles Morandeau, Ifremer Anglet ; Anne-Marie Cocula, historienne, vice-présidente du Conseil Régional d’Aquitaine).
– Rôle des Affaires Maritimes et des marins pêcheurs, pêche, réglementation, surveillance des sites sensibles (Jean-Luc Vaslin, administrateur en chef des Affaires Maritimes, Délégué à la Mer et au Littoral 64/40 ; Patrick Lafargue, Président du Syndicat des Pêcheurs).

.

18h30 : Clôture
– Déambulation poétique et narrative d’un conteur, Pépito Matéo, qui nous entraîne dans les profondeurs insondables du Gouf.

.
Renseignements :
- Pôle Culture-Communication, Capbreton : 05 58 72 70 74
patricia.gautier@capbreton.fr
- Hugo Verlomme : hugo@hugoverlomme.com

.

.


.

Dans le nouveau gouvernement algérien, l’environnement rattaché aux ressources en eau

Voici un article sur le remaniement ministériel en Algérie et la nouvelle place de l’environnement dans le gouvernement, publié dans le quotidien algérien Reporters du samedi 16 mai 2015. 

.

par M’hamed Rebah

.
Le remaniement partiel du gouvernement opéré en Algérie, jeudi 14 mai, a touché le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement (MATE), qui éclate et disparaît, cédant son département Environnement au ministère des Ressources en eau (qui devient MREE), confié à Abdelouahab Nouri. En même temps, la ministre, Dalila Boudjemaa, quitte le gouvernement. Le département Aménagement du territoire est érigé en un ministère qui inclut aussi le  tourisme et l’artisanat.

.

La création, en août 2000, du MATE avait constitué une première en Algérie, mettant fin, pour l’environnement, à plus d’un quart de siècle de «nomadisme» institutionnel, depuis la création, en 1974, du Comité national de l’environnement.

.

En 2015, on a l’impression de revenir à la conception qui avait cours en 1977, quand une réorganisation du gouvernement avait fait apparaître pour la première fois de façon explicite, la « protection de l’environnement » dans l’intitulé d’un ministère chargé également de l’hydraulique et de la mise en valeur des terres.

.

On peut espérer maintenant que les ressources en eau seront dorénavant bien protégées. Leur ennemi n°1 est la pollution, qui vient de partout : habitations non raccordées au réseau d’assainissement ou alors défaillances dans le fonctionnement du système, eaux issues des activités de l’agriculture et surtout les activités industrielles dépourvues de stations d’épuration des eaux usées, comme le montre l’exemple significatif de la contamination par des substances chimiques du lac de Reghaïa, près d’Alger, dont l’eau est utilisée pour l’irrigation des cultures qui sont pratiquées dans son périmètre (lire notre article ici).

.

Dans ce paysage institutionnel remodelé, le risque pour l’écologie est qu’elle soit de nouveau oubliée en Algérie, alors que la protection de l’environnement correspond à l’intérêt de tous. Chacun, à tout âge, peut y contribuer de diverses formes, par exemple, participer aux campagnes de reboisement en plantant des arbres, ou faire preuve de civisme en évitant de jeter les déchets ménagers n’importe où, et en s’abstenant de faire du bruit qui importune le voisinage.

.

Les formes les plus sophistiquées de l’action écologique sont malheureusement, dans notre pays, inaccessibles au plus grand nombre parce qu’elles correspondent à un « niveau de développement humain optimum » que nous n’avons pas encore atteint, comme l’a fait remarquer Iman Houda Feraoun, dans une contribution publiée par un confrère. Cette chercheuse, qui est devenue ministre des PTIC (Postes et Technologies de l’information et de la communication), nous a toutefois rassurés en nous rappelant que nous sommes encore très loin du niveau de développement où « nous nous sentirions coupables devant les accusations de crime contre l’environnement ».

.

Economiser l’eau et l’énergie, prévenir les catastrophes et ne pas construire dans les zones inondables ou à risque sismique, cela reste incompréhensible pour un grand nombre d’Algériens, y compris au sein des institutions, dans un contexte où nous avons toutes les peines du monde à tenir nos villes propres et à respecter le modus vivendi qui est à la base de la cohésion sociale en milieu urbain.

.

L’Algérie est considérée comme un pays « moins regardant » sur les questions écologiques, ce qui se traduit dans notre cadre de vie par la saleté ambiante, la pollution de l’air et le bruit qui empoisonnent la vie des citadins, insensiblement. Le nouveau ministre chargé de l’Environnement, Abdelouahab Nouri, saura-t-il exploiter le potentiel qu’offre le mouvement associatif pour donner une plus grande impulsion aux efforts visant à faire émerger l’éco-citoyenneté et faire renaître le civisme qui existait dans notre pays ?

.

Evidemment, les institutions de l’Etat, particulièrement à l’échelle locale, c’est-à-dire la commune, doivent donner l’exemple en matière de respect des dispositions législatives et réglementaires de protection de l’environnement. Sinon, inutile de se faire des illusions, rien ne changera.

.

Ceci dit, il y a des actions urgentes qui attendent le ministre, notamment revoir le programme national de gestion des déchets ménagers (PROGDEM) ainsi que le plan national de gestion des déchets spéciaux (PNAGDES), remettre en marche et développer le système surveillance de la qualité de l’air (Samasafia), pour ne citer que ces quelques « petits problèmes ».

.

.


.

6 et 7 juin : portes ouvertes à l’arboretum de Chèvreloup

Pour la première fois, une opération portes ouvertes a lieu les 6 et 7 juin à l’arboretum de Chèvreloup, permettant au public de découvrir des trésors botaniques cachés. Géré par le Muséum national d’Histoire naturelle, l’arboretum de Chèvreloup, dans les Yvelines, s’étend sur 200 hectares, dont 50 sont habituellement ouverts au public.

.

par Marc Giraud

.

Arboretum de Chèvreloup - photo Marc Giraud

Arboretum de Chèvreloup – photo Marc Giraud


Le site possède un mur mitoyen avec le parc du château de Versailles (800 ha), ce qui totalise une belle surface de végétation. Depuis une trentaine d’années, les pesticides ont été abandonnés, et la chasse y est interdite.
.

L’impressionnante collection d’arbres exotiques comprend 2500 espèces, dont des essences très rares, et les écureuils, nombreux, peuvent se livrer aux plaisirs de la world food. Au sol, une végétation locale de prairie s’exprime librement et ajoute une note de liberté dans cet arboretum étroitement surveillé et soigné.

.

Des serres abritent entre autres des collections de cactus, ou des fuschias. Un des pieds de cette dernière plante est peut-être unique au monde : il provient du versant d’une montagne du Pérou qui s’est effondré. Tout a disparu, y compris les autres plants de cette espèce endémique. Des recherches sont menées sur le terrain, ainsi que des cultures destinées à multiplier les pieds à Chèvreloup afin de sauvegarder l’espèce. Des fleurs moins rares, également élevées dans les serres de Chèvreloup, sont destinées à décorer les parterres du Jardin des Plantes à Paris. Cette année, ce sont les tournesols et les courges qui seront à l’honneur. Une belle occasion pour le public de découvrir la variété étonnante de ces végétaux.

.

Constance Fulda

Une œuvre de l’artiste plasticienne Constance Fulda, exposée à l’arboretum de Chèvreloup – photo Marc Giraud

.


La maison de l’accueil abrite également, jusqu’au 15 novembre, des œuvres de l’artiste plasticienne Constance Fulda, qui travaille à l’arboretum depuis 4 ans. imprime directement les traces des reliefs des écorces sur du papier japonais. À la fois esthétique, botanique et… acrobatique.






http://chevreloup.mnhn.fr
http://chevreloup.mnhn.fr/6-7-juin-2015-les-1eres-journees-de-chevreloup

Constance Fulda – www.fulda.fr

Presse Cécile Brissaud – brissaud@mnhn.fr et Jérôme Munier – munier@mnhn.fr

 …
….

.


.

Camargue : pour le retour des inondations et des forêts

Haut lieu de nature en France, la plaine deltaïque du Rhône (ou encore Camargue au sens large) offre sur 150 000 hectares une diversité biologique unique, centrée sur les anciens bourrelets alluviaux, dunes marais, prés salés, sans oublier les lagunes et les bords de mers.

.

par Annik Schnitzler

.

Vue du delta de Camargue, avec en vert la couverture forestière potentielle

Vue du delta de Camargue, avec en vert la couverture forestière potentielle


Consciente de la beauté des paysages camarguais, la société moderne lui a accordé plusieurs titres et statuts de protection prestigieux, de l’inclusion du site dans la Convention de Ramsar à celle de Réserve de Biosphère de l’Unesco et de Natura 2000.

La Camargue comporte l’une des plus grandes réserves nationales intégrales de France, ainsi qu’un parc naturel régional en son coeur. Ces efforts de protection ont fortement limité l’avancée urbaine et la densification des réseaux routiers, du moins dans l’île de Grande Camargue, entre les deux bras rectifiés du Rhône.

La reconnaissance sociétale de la culture camarguaise n’est pas oubliée, et l’a du reste précédée, grâce à l’émergence, au XIXe siècle, d’un mouvement défenseur de la langue provençale dénommé « le Félibrige ». Initié par Frédéric Mistral, pourfendeur des appétits de la société industrielle de son époque, et créateur du célèbre roman Mireille, le Félibrige a englobé le concept camarguais, notamment grâce à la passion que lui vouait une personnalité provençale d’envergure, le marquis Folco de Baroncelli. Dès les premières décennies du XXe siècle, la Camargue devenait le symbole d’un système de valeurs original, créé par une humanité vivant à la périphérie du monde industriel.

Les représentations idéalisées des paysages camarguais sont celles d’espaces largement ouverts où vivent les flamants roses et les aigrettes, ou encore des prés pâturés par les races locales de taureaux et de chevaux. Ces espaces imaginés, véritables antidotes au monde artificiel actuel, circulent à l’envi sur les cartes postales, livres et revues, mais aussi tee-shirts et devantures de boutiques, jusqu’aux vitrines des magasins d’alimentation.

On veut en oublier les étendues bien plus vastes consacrées à l’agriculture et la chasse intensives, les réseaux de drainage, les digues du Rhône, les eaux polluées, les enrochements, qui eux sont bien réels. L’anthropisation a ainsi fait perdre aux trois quarts de la plaine deltaïque son état originel, en aplanissant les dunes, remplissant les marais et comblant les bras morts du fleuve.

Le delta a aussi perdu ce qu’il avait de plus précieux qui est l’instabilité des géoformes et des écosystèmes, autrefois remaniés par les eaux du Rhône et le travail de la mer. Il faut dire que l’ampleur des inondations était considérable jusque dans un passé récent, ainsi qu’en témoignent les archives du Grand Prieuré de Saint-Gilles, listant les « années calamiteuses de Camargue ». Entre 1603 et 1790, en plein Petit Age glaciaire, les digues se sont rompues 36 fois (dont 10 fois rien qu’entre 1702 et 1714). D’autres inondations ont été relatées au XIXe siècle, qui se sont étendues sur la presque totalité de la plaine deltaïque. Quant aux effets destructeurs des tempêtes de mer, elles sont souvent évoquées comme des catastrophes pour les habitants, en raison des stérilisations de pâtures, destructions de chemin par les accumulations sableuses, et salinisation des puits.

De ces forces sauvages que ne pouvaient contrôler les hommes jusqu’au milieu du XIXe siècle, plus personne ne veut. Les inondations par ruptures des digues, et les tempêtes de mer suscitent toujours autant de crainte, comme en témoignent les articles de journaux et les discours officiels.

Bois-Camargue

Les bois provenant de la mer sont utilisés par les campeurs pour jouer, ou encore brulés. Une information du public serait nécessaire pour leur permettre de les apprécier en tant que « laisse de mer ». Photo Annick Schnitzler


Nul ne souhaite non plus que la forêt revienne. L’idée paraît sans doute saugrenue pour la plupart des visiteurs et habitants de Camargue. Savent-ils seulement que la forêt était omniprésente dans toutes les parties non salées du delta, de Beaucaire jusqu’aux abords de l’étang central du Vaccarès, se prolongeant aussi vers l’Est sur les anciens cordons dunaires et les bords des bras du fleuve ? Parcourues par les eaux du Rhône, parfois détruites, ces forêts fournissaient au fleuve un matériel organique considérable à partir des rives boisées. Entassés en gros bouchons dans le fleuve, ces arbres arrivaient à la mer, s’y imprégnaient de sel, avant de revenir au gré des courants marins, s’entasser sur les plages du delta.

La forêt camarguaise est devenue dès le milieu du Moyen Age un espace marginal, qui se réinstalle toutefois discrètement depuis quelques décennies, s’appropriant en douce tout terrain en friche, des bords de petites routes, aux parties internes des digues, ou encore sur les vieilles dunes.

Le plus beau de ces boisements récents se situe au sud de la ville d’Arles, sur 30 hectares, coincé entre vignobles et cultures. En dehors de cette petite merveille de nature férale, l’ensemble des boisements spontanés de Camargue atteignait ainsi, en toute discrétion, plus de 3000 hectares recensés dans les années 1990.

Après avoir parcouru les forêts riveraines de quelques grands fleuves, du Rhin au Danube, j’ai recherché dans cet univers camarguais tant dépourvu d’arbres les dernières reliques forestières alluviales du Rhône. Car toutes ces forêts sont unies par les mêmes liens : l’eau, la lumière, les nutriments présents en abondance.

A partir de ces trois attributs si rarement réunis dans les forêts des latitudes moyennes, les végétaux édifient une architecture somptueuse, faite d’arbres énormes, de buissons denses, et de draperies de lianes. Les forêts dunaires sont quelque peu différentes, moins humides et moins denses, mais également très originales. En termes de surfaces, Quincardon (114 ha) en Petite Camargue, Tourtoulen (44 ha) et Beaujeau (25 ha) en rive droite du Grand Rhône, Mas St George (45 ha), Arles (40 ha) sur la rive droite arrivent en tête pour les surfaces. Les autres sites ne s’étendent que sur 3 à 5 hectares. Ces boisements se situent sur des propriétés privés, certaines sont communales. La gestion est parfois confiée à des associations de protection de la nature, qui les laissent en évolution libre. Certains propriétaires les utilisent pour des chasses privées, sans trop y couper le bois.

bois mort saxy(1)

Bois mort tombé des rives du Rhône dans le fleuve – île de Saxy en Camargue – Photo Annik Schnitzler, retouchée par Patrick Lenoble


Ainsi l’île de Saxy, située en amont d’Arles sur le Rhône, est un véritable bijou sur une modeste surface de 2 hectares. Impossible d’y accéder sans demander à un pêcheur complaisant. Au centre de cette île, les peupliers et les frênes y atteignent des dimensions gigantesques, pour un âge qui ne dépasse guère 150 ans. Mieux encore : les bois privés du Mas Saint George où survit en son cœur une population de grandes lianes infiniment rares : la vigne sauvage.

Même si le souvenir des forêts antiques s’est effacé de la mémoire des hommes, en dehors des historiens, l’originalité de ces derniers témoins est fort heureusement reconnue. Ainsi la bordure du Grand Rhône fait partie des espaces boisés classés (EBC), interdisant tout changement d’affectation ou tout mode d’occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. Les bois morts qui tombent dans les bras du fleuve ne sont pas retirés, fait très rare dans les sociétés occidentales.

Les forêts les plus étendues (Beaujeu, Quincandon) sont protégées par des plans de gestion adéquats, parfois après discussion avec les gestionnaires des zones protégées de Camargue. Il existe aussi plusieurs réserves naturelles incluant les boisements précieux de Tourtoulen et de la dune de la Commanderie qui sont laissées en libre évolution. Les ripisylves entre le nord de l’île de Saxy et Port Saint Louis sont à l’étude pour être incluses dans le Parc naturel régional.

saxy 089(1)

Forêt alluviale préservée, ile de Saxy – Camargue – photo Annik Schnitzler


Saxy bénéficie déjà d’un arrêté de protection de biotope à cheval sur le Gard et les Bouches-du-Rhône, et qui comprend le lit du fleuve, ses rives, ses îles, ses annexes fluviales ainsi que sa ripisylve. Les bois morts échoués sur les plages provenant du Grand Rhône sont préservés dans le cadre de la Réserve nationale de Camargue. En Petite Camargue également, 35 000 hectares environ correspondent à Natura 2000, au sein desquels deux zones d’intérêt communautaire sont incluses, l’une dans la partie fluvio-lacustre et l’autre dans la partie laguno-marine. Dans les documents d’objectifs Natura 2000, les ripisylves font l’objet de deux types de contrats : la restauration avec accompagnement ou l’évolution spontanée sur le long terme (dit « vieillissement »). Enfin, un avant projet d’écartement des digues est proposé par le syndicat mixte de gestion du Rhône et de la mer, qui pourrait être recolonisé par les forêts riveraines. Une merveilleuse nouvelle !

C’est bien, mais cela ne suffit pas. Les parties de la partie non salée du delta, ainsi que toute la plaine deltaïque en amont d’Arles, ne sont pas protégées efficacement, et sont régulièrement détruites par morceaux pour la mise en place d’une agriculture intensive ou d’autres activités mal maîtrisées (dépotoirs entre autres).

Or, même dans le contexte actuel d’un delta figé dans son évolution naturelle par le corsetage des digues, ces boisements spontanés devraient être protégés. Ils améliorent déjà le statut des espèces forestières qui tentent de survivre en Méditerranée, de l’avifaune aux insectes saproxyliques, en passant par les mammifères comme le castor, si sensible aux arasements des forêts sur les digues, ou encore le lérot, la noctule de Leisler, le murin de Bechstein, tous bien représentés il y a quelques siècles, et le loup, disparu depuis un siècle.

raw

Avancée forestière dans une friche en Grande Camargue. Les arbres sont des peupliers blancs. L’expansion des arbres se fait essentiellement par clonage, en cercles grandissants à partir de quelques individus colonisateurs – Photo Annik Schnitzler retouchée par Patrick Lenoble


Les boisements offriraient d’excellents refuges pour la vigne sauvage, toujours menacée par les maladies américaines, elles limiteraient aussi l’impact des exotiques envahissantes. Associées à un retour, même contrôlé, des inondations, la forêt en reconquête contribuerait à fertiliser le delta, limitant aussi la salinisation des eaux souterraines et réinjectant des sédiments dans ce milieu soumis à l’enfoncement et l’avancée de la mer. Enfin, elle fournirait encore davantage d’embâcles aux bras du Rhône.

.Il ne manque finalement, pour que revienne une nature moins civilisée, qu’un regard moins craintif et moins avide de profits. Mais pour cela, sans doute faudrait-il sortir de l’idée pathologique que la force sauvage, hostile et dangereuse qui constitue l’âme même du delta, doive rester sous le contrôle absolu des hommes.

.

.


.

Les rendements de l’agriculture biologique, un quiproquo tenace

Dans un article récemment publié sur son blog, l’agronome Jacques Caplat, membre des JNE, bat en brèche certaines idées reçues sur l’incapacité supposée de l’agriculture biologique à nourrir une humanité en expansion rapide. Vu l’importance du débat, nous avons jugé utile de reprendre sur le site des JNE le début de ce texte, dont vous trouverez l’intégralité ici sur le blog de Jacques Caplat.

.

par Jacques Caplat

.

Lorsqu’est abordée la question, essentielle, de la lutte contre la faim dans le monde, il est fréquent d’entendre dire que l’agriculture biologique présente des limites à cause de ses rendements inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle, prétendument démontrés par plusieurs « études scientifiques ». J’ai largement démontré dans mes livres, et résumé dans un précédent article, à quel point ce poncif est faux et trompeur. Il est toutefois utile que je développe ici les raisons pour lesquelles cette idée reçue témoigne d’une approche scientifique archaïque et quels sont les malentendus s’y relient.

.

Pour lire la suite, cliquez ici !

.

.


.

Des épidémies, des animaux et des hommes


par François Moutou
Moutou

.

Qu’on le veuille ou non, le décompte de la biodiversité doit intégrer aussi tous les microorganismes associés aux plantes, aux champignons et aux animaux. Et certains de ces microorganismes possèdent eux-mêmes leurs propres parasites (au sens large du terme). On peut discuter pour savoir si les virus entrent ou non dans ce recensement, mais cela ne change plus grand-chose, ils sont là.

.

Comme la biodiversité, c’est surtout l’ensemble des relations unissant tous ces vivants, il apparaît vite que les notions de santé et de maladie figurent parmi les expressions naturelles de la biodiversité. En tant qu’individus, nous préférons clairement le premier terme (santé) au second (maladie). Voici quelques réflexions à ce sujet.

.

Les pressions actuelles sur la biodiversité vont probablement entraîner la perte de nombreuses espèces. Le processus est déjà enclenché. Faut-il d’un côté regretter la disparition d’animaux et de plantes, mais de l’autre se réjouir de celle de certains parasites, bactéries, virus ? La situation est peut-être un peu plus complexe.

.

Une notion importante en biologie est celle de symbiose. Elle illustre un type de relations très particulières, mais très répandues entre espèces. Chaque individu de chaque espèce est lui-même constitué de nombreuses autres espèces. Chaque être humain porte plus de bactéries qu’il n’a de cellules dans son propre corps. Chacune de nos cellules contient des mitochondries, leurs centrales énergétiques, dérivées de bactéries qui se sont associées pour de bon avec nous. Au moins 10% de notre génome est composé de séquences probablement d’origine virale et qui se sont intégrées à notre ADN au cours des temps géologiques. Et tout cela nous est indispensable. Nous ne pouvons pas vivre sans eux. La question est donc peut-être d’apprendre à mieux se connaître, à mieux vivre ensemble, avec tous les autres vivants, au moment où la disparition de nombre d’entre eux semble de plus en plus inéluctable.

.

Soyons clairs, l’idée n’est pas d’héberger tous les microbes, coûte que coûte. En réfléchissant un peu aux processus épidémiologiques, en les étudiant de plus près, il apparaît cependant que toutes les maladies, toutes les épidémies, ne sont pas que des fatalités. L’arrivée des maladies émergentes, les MIE pour « maladies infectieuses émergentes », l’expression à la mode du moment, ne doit pas faire illusion. Il ne s’agit que de maladies dont les agents n’étaient pas encore connus, au même titre que les espèces animales et végétales encore régulièrement découvertes et décrites. On peut même supposer que chacune de ces nouvelles espèces héberge un cortège de microorganismes encore à découvrir. Il reste du travail pour tous les systématiciens de bonne volonté.

.

Est-ce à dire qu’il faudrait apprendre à vivre avec les tigres, les ours et les loups comme avec les virus de la poliomyélite, de la rougeole ou de la grippe ? A vivre entre-nous ? Les trois derniers nommés ont un bilan nettement plus impressionnant que les trois premiers. Là où ces animaux existent, quelques précautions sont peut-être à prendre. Là où ces virus sont présents, il y a peut-être quelques règles d’hygiène à respecter. Si le progrès consistait seulement à éliminer ce qui gêne, le bilan serait assez brutal, encore plus que la situation actuelle. C’est pourtant un peu la tendance, mais est-ce la bonne approche ?

.

L’impact global de sept milliards d’êtres humains sur la planète, leur besoin d’espace, d’eau, de nourriture, l’envahissement de toujours plus de milieux non habités jusque-là, tout cela favorise les nouvelles rencontres. Certaines sont suivies d’effets. Comme pour le reste, la maîtrise de la santé passera par une maîtrise de ces impacts et la réponse sera probablement d’abord politique. Amélioration de l’économie, de l’éducation, de la démocratie, de la tolérance, de la stabilité, lutte contre l’insécurité, la corruption, la pauvreté. La biodiversité a bon dos.

.

François Moutou publie le 13 mai 2015 Des épidémies, des animaux et des hommes aux éditions Le Pommier. Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

.

.


.

Le décès de Gérard Sournia

Notre ami Gérard Sournia est mort le 9 avril 2015 à Chambray-les-Tours, emporté par un mal fulgurant à 68 ans. Le service funèbre aura lieu le lundi 13 avril à 15 h en l’église Saint-Denis à Amboise.

.

par Roger Cans

.

Gérard Sournia - DR

Gérard Sournia – DR

Né le 9 juillet 1946 à Saint-Ferriol (Aude), Gérard Sournia découvre l’Afrique lorsque son père est nommé à l’Office des eaux et forêts en Algérie. Géographe de formation, il est affecté en 1973 à la DATAR de Côte d’Ivoire. Avec sa petite famille, dont un fils et une fille, il y passe sept ans. Outre l’aménagement du territoire, sa mission officielle, il s’occupe surtout de protection de l’environnement, avec une passion pour la gestion des parcs et réserves du pays.

.

Durant les deux années suivantes, il sillonne l’Afrique pour publier des atlas avec le groupe Jeune Afrique. Nommé délégué régional de l’UICN pour l’Afrique de l’ouest, il est affecté à Dakar en 1985. Il est ensuite chargé par l’UICN et le gouvernement français (Michel Rocard et son ministre de l’environnement Brice Lalonde) de conduire les négociations qui vont aboutir à l’interdiction du commerce de l’ivoire en 1989. Il soutient donc le mouvement Génération Ecologie créé par Brice Lalonde en 1990. A cinquante ans, il soutient une thèse qui fait de lui un docteur en géographie tropicale.

.

Il est ensuite nommé conseiller de Charles Josselin, ministre de la coopération et de la francophonie dans le gouvernement de Lionel Jospin. Il occupera enfin un poste à Mayotte, puis au conseil régional de l’Ile-de-France. En 1998, il publie Les aires protégées d’Afrique francophone. Jusqu’à sa retraite, en 2011, il a conservé son statut de contractuel. Son dernier ouvrage, Bouts de piste, avec encore des éléphants en couverture, est sorti l’an dernier, quelques mois avant sa mort.

.

Les JNE adressent leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

.

.


Les sols, le climat et les inondations : la révolution 4 p 1000 ?


par Frédéric Denhez
Denhez-Frederic

.

Quatre pour mille. Ce n’est pas la croissance espérée pour cette année, c’est bien mieux : une possible révolution. Car en augmentant la teneur de nos sols en matières organique de quatre pour mille, chaque année, nos sols absorberaient tout ce que nous exhalons de CO2, chaque année. Or, un sol riche en matière organique se trouve plutôt sous les prairies, les plaines peu labourées, les territoires diversifiés. Pas sous un champ de blé à haut rendement, une ferme à 1000 vaches, encore moins sous une route, un hypermarché ou un quartier pavillonnaire. Stéphane Le Foll (ministre de l’Agriculture), en annonçant mardi 17 mars le lancement d’un programme de recherches international sur ce sujet, a donc peut-être marqué le début de la fin de l’agriculture intensive et de l’étalement urbain.

.
Certes, il prend le train en marche, conduit depuis quelques années par des chercheurs de l’Inra et l’Association française des sols. Certes le chiffre, théorique, n’est pas à prendre au pied de la lettre. Mais ne boudons pas notre plaisir, car cette annonce vient démontrer qu’enfin les sols commencent à être considérés, en France, comme autre chose qu’un réservoir de l’extension urbaine et un simple appareil pour maintenir les plantes bien droites. Preuve en est, cette annonce a suivi le vote d’un amendement à la loi sur la transition énergétique. Très discret, portant le numéro 836, inscrit dans l’article 48 portant sur la création de la « stratégie bas-carbone » nationale, il a introduit cette idée qu’il faut « tenir compte de la spécificité du secteur agricole et de l’évolution des capacités naturelles de stockage du carbone des sols ».

.

Il n’y pas trente-six solutions. Si l’on veut que les sols absorbent plus de carbone, il leur faut accroître leur teneur en matières organiques qui en sont formées. La matière organique, c’est du carbone. C’est surtout de la vie, des champignons en réseau avec les racines, des vers de terre dans leurs galeries, des bactéries par milliards qui, inlassablement, dégradent la roche, retournent la terre et transforment… la matière organique morte en éléments organiques de plus en plus petits puis en éléments minéraux fondamentaux. Un sol, c’est un écosystème, le seul à se nourrir de lui-même, ou presque. De cette mince pellicule entre roche, air et eau, nous dépendons pour notre survie. Le sol, c’est notre alimentation, une grande partie de la biodiversité « commune », un régulateur du carbone et de l’eau.

.
Or, le sol, labouré trop profond, trop souvent, est martyrisé. Retournée par le versoir, la matière organique s’oxyde et fabrique du CO2. Dérangés, coupés en morceaux, les organismes qui en assurent la « minéralisation » meurent, fuient, peinent à se reproduire. Cycle infernal : moins de matière organique pour moins d’organismes qui s’en nourrissent et la fabriquent, et la terre perd sa matière organique c’est-à-dire, in fine, ses éléments minéraux, engrais naturels. Il faut alors mettre de l’engrais qui a le défaut de gaver la plante, laquelle a dès lors moins besoin des champignons vivant en symbiose avec ses racines. Or, ces champignons participent aussi au grand cycle de la matière organique et à la structure du sol, garante de sa capacité à s’aérer et à accepter l’eau de la pluie…

.

Labourage trop profond, trop d’engrais, mais aussi trop de produits phytosanitaires qui laissent le sol en léthargie. Ajoutons une autre dimension : plus un paysage est varié, plus la gamme de culture est vaste, bref, plus ce qu’il y a dessus est diversifié, plus ce qu’il y a dans le sol l’est aussi. Et inversement. Or, plus la biodiversité du sol, liée à celle qu’elle nourrit, arbres et plantes, est forte, plus il y a de matière organique.

.

On voit donc en quoi ce « 4 pour 1000 » peut être révolutionnaire si l’on tire le fil jusqu’au bout. Car il incite à privilégier des pratiques agricoles plus respectueuses du sol, plus agronomiques, situées entre le conventionnel repoussoir et le bio idéal. Des pratiques auxquelles de plus en plus d’agriculteurs conventionnels s’adonnent, car elles leur coûtent moins cher en « intrants » (gasoil, produits chimiques), en « fer » (charrues), en « chevaux » (la puissance des tracteurs), et en lombalgies (les agriculteurs se cassent le dos dans leurs tracteurs). Des pratiques qui, parce qu’elles sont propres à chaque territoire, les rendent réellement responsables de ce qu’ils font. Ils redeviennent paysans.

.
Des pratiques qui, en plus, améliorent largement la capacité des sols à retenir l’eau de la pluie. Dans notre pays d’ingénieurs, on répond à un risque par du génie civil. Moyennant quoi nous oublions ce risque. Il est pourtant facile de voir qu’un sol de prairie absorbe plus d’eau, plus vite, qu’un champ de blé, un champ nu gelé en hiver ou un gazon-thuya. Ce faisant il limite le ruissellement, père des rivières qui grossissent et débordent. Le sol vivant est une éponge efficace et pérenne. Endormi, car il n’existe pas de sol mort en France, il devient étanche comme ces champs qui deviennent des mares à la moindre pluie, aussi glissant qu’une toile cirée pour la grosse averse.

.
Notre adaptation au réchauffement climatique rejoint donc la gestion du risque inondation, et plus généralement celle de la disponibilité de l’eau : elle passe par les sols. L’agriculture modernisée par l’objectif 4 pour 1000 sera la clé de voûte de notre avenir. SI tant est qu’il en reste des sols. Or, en dépit de la réforme des documents d’urbanisme, l’on continue à étaler l’urbain. C’est que le foncier coûte cher en ville, et que les élus de communes impécunieuses détiennent le pouvoir féodal du permis de construire qui leur donne le droit d’être achetés.

.
4 pour 1000 ? Chiche ! Mais alors réformons le foncier, c’est-à-dire le code civil, et redonnons à l’État, garant de ce bien commun qu’est le sol, la responsabilité de sa gestion.

.

Frédéric Denhez a publié Cessons de ruiner notre sol, aux éditions Flammarion. Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.
.

.


.

La récup en fanfare

Une Fête de la récup a eu lieu les 4 et 5 avril derniers à l’Espace des Blancs Manteaux de Paris.

.

par Florence Faucompré

.
Un dimanche de Pâques peu banal dans le Marais ! Ils sont tous là, les jeunes, les écolos, nos Français inventifs et généreux !

.

La Disco Soupe, vous connaissez ? Une association qui récupère les fruits et légumes d’un grand distributeur (en l’occurrence, Monoprix) … En voyant ces dizaines de kilos de tomates, aubergines, champignons, fraises, melons, avocats, je crus que la récolte résultait d’une semaine de trouvailles… Mais non, il s’agissait juste d’une seule journée de déchets !!! Incroyable !

.

IMG_20150405_154633

Préparation d’un guacamole d’avocat lors de la Fête de la Récup’ le 5 avril 2015 dans le Marais (Paris) – photo @ Florence Faucompré

Comme vous pouvez le voir sur la photo, les petites mains réquisitionnées dans la foule mettaient joyeusement la main à la pâte (sur la photo à gauche, du guacamole d’avocat) !

.

Le soir même, la soupe a été servie gratuitement aux Parisiens …

.

Sous la tente où l’on a installé les fourneaux, trois énormes marmites, et des tables pour la vaisselle, se trouve une deuxième association Les Tabliers volants, laquelle confectionne des plats complètement bio (comme le taboulé rose aux betteraves) avec des ingrédients qu’ils ont achetés : le repas est servi pour la modique somme de 2,50 euros !

.

Et vive l’écologie généreuse !

.

.

.


.

Faut-il avoir peur du projet de loi sur le renseignement ?

La lutte contre le terrorisme nécessite des moyens importants, mais jusqu’à quelle limite ? C’est l’interrogation que porte le projet de loi sur le renseignement qui doit être prochainement débattu par l’Assemblée Nationale.

.

par Antinëa

.

i-am-not-a-number

Affiche de la série TV anglaise « Le Prisonnier »

Depuis que les mesures contenues par ce projet de loi sont connues, les critiques sont nombreuses ; même la très sage CNIL y est allée de son communiqué alarmiste. Il faut dire que l’enveloppe du projet contient des directives qui ne feraient pas rougir le Patriot Act des Etats-Unis d’Amérique.

.

La vaste liberté d’action offerte aux services de renseignements sans véritable contrepartie, et l’absence de statut particulier pour les professions spécifiques comme le journalisme, posent un sérieux problème dans la société démocratique française. Mais ce n’est pas le seul. Tout ce dispositif est dans les mains de l’exécutif, évitant ainsi le contrôle par le juge judiciaire.

.

Si ce projet est adopté en l’état, les services de renseignement auront la possibilité d’enregistrer chez tous les citoyens, toutes les communications et données, dans une très large zone, avec d’importants moyens techniques (micros, surveillance, géolocalisation, etc). Ceci concernera chacun, du plus honnête citoyen à l’individu le plus suspect.

.

Et les journalistes dans tout ça ? Comme d’autres professionnels exerçant dans des métiers sensibles (avocats, médecins), ils ne seront ni exemptés de surveillance ni protégés contre les intrusions dans le cadre de leur métier. Captation, fixation, transmission et enregistrement de paroles prononcées à titre privé ou confidentiel ou image d’une personne se trouvant dans un lieu privé; captation, transmission et enregistrement de données informatiques ; localisation en temps réel d’une personne, d’un véhicule ou d’un objet… concerneront tous les citoyens, qu’ils soient journalistes ou lanceurs d’alerte !

.

On peut également s’interroger sur le devenir de la masse de données ainsi accumulées sur les millions de citoyens potentiellement épiés et ciblés. Les informations collectées constitueront des fichiers. Mais ici aussi, la CNIL s’interroge, puisqu’il ne sera absolument pas possible à la Commission de contrôler leur régularité du point de vue de la loi Informatique et Libertés. Or sans contrôle, comment s’assurer de la légitimité des fichiers reposant sur le respect des droits et libertés des citoyens ? Cette question est d’autant plus brûlante, que paradoxalement, l’ensemble des mesures est placée dans les mains de l’exécutif sans le contrôle d’un juge. Or c’est ce dernier qui est chargé de protéger constitutionnellement les libertés individuelles, libertés sensiblement menacées par ce projet.

.

Bref, pour le souhait légitime d’attraper quelques centaines de terroristes potentiels ou d’individus malveillants, il semblerait que l’on se dirige vers des mesures de restriction des libertés publiques qui pourraient être lourdes de conséquences dans les années à venir. Il est utile en conclusion de rappeler cette citation de Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité, ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

.

Pour en savoir plus : http://sous-surveillance.fr

.

.


.


AJEC21 & COP21
LogoAJEC21

Pour tout savoir sur les négociations climatiques, rendez-vous sur le site de l'AJEC21