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Catégorie ‘ACTUALITES’


Loups, requins, ours, et compagnie : plaidoyer pour les mal-aimés

 


par Yves Paccalet

 

Partout dans le monde, notamment en France, les mauvaises nouvelles se succèdent : les espèces sauvages sont malmenées, attaquées, empoisonnées, piégées, vendues en captivité, mitraillées, bétonnées, éliminées avec une fureur obsessionnelle. Notre espèce ne supporte plus ce qui lui semble étranger, ce qui la gêne, ce qui lui coûte un peu d’argent, ce qui perturbe sa folle illusion du bonheur par la « croissance ».

 

En France, les voix les plus haineuses s’élèvent pour que soient massacrés les bouquetins du Bargy, les loups partout et les ours dans les Pyrénées. Hélas, les autorités de l’État, poussées par quelques politiciens à courte vue et quelques groupes d’éleveurs ou de chasseurs braillards, autorisent ce que jamais je n’aurais cru possible : des « prélèvements », des « campagnes d’assainissement » ou des « tirs d’effarouchement » (ah ! ces litotes !) d’espèces protégées jusque dans des parcs nationaux !

 

Les grands animaux sont les victimes offertes de cet holocauste. Ils sont indispensables à l’équilibre des grands milieux naturels. Mais il y a peut-être plus important : ils font partie de nos rêves.

 

En anéantissant ces splendeurs qui, parfois, nous blessent ou signent notre mort, nous perdrions bien davantage. Nous nous couperions des racines mêmes de notre culture. Nous renierions une large part de notre civilisation.

 

Yves Paccalet développe cette idée dans son essai Éloge des mangeurs d’hommes, qui paraît le 1er octobre aux Éditions Arthaud, et dont vous pouvez découvrir un extrait en cliquant ici.

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Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

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Incroyables Comestibles : changement de paradigme en marche ?

Les JNE étaient présents au salon BiObernai 2014, qui se tenait du 14 au 16 septembre. Voici le premier de nos reportages et articles réalisés à cette occasion.

 

par Suzanne Körösi

 

photo Magali Reinert

Une butte de permaculture devant chez François Rouillay, arborant le petit panneau : »Nourriture à partager » – photo Magali Reinert

 

À Colroy-la-Roche (Bas-Rhin), François Rouillay nous reçoit devant sa maison, à côté de son emblématique jardinière où, en 2012, il a planté des légumes et affiché : « Nourriture à partager, servez-vous librement, c’est gratuit ». C’est avec ce bac qu’il a commencé, épaulé par Jean-Michel Herbillon, à faire connaître en Alsace et en France le mouvement Incroyables Comestibles. Les deux amis sont conseillers en développement territorial et cherchent depuis pas mal de temps une réponse à la question de la sécurité alimentaire. L’idée de partage, de solidarité, de coopération les enthousiasme, ils s’engagent dans ce qu’ils appellent l’agriculture urbaine « troisième génération ».

 

Le mouvement Incredible Edible – Incroyables Comestibles en français – a été lancé en 2008 par les habitants de Todmorden, dans le nord de l’Angleterre. Dans cette petite ville de 15 000 âmes, touchée de plein fouet par la crise, un beau jour, hommes, femmes et enfants se mettent à cultiver des légumes à partager, Food To Share. Leurs jardins deviennent des espaces ouverts à tous, des lieux de convivialité.

 

Collectivement ils allègent bien sûr leur budget nourriture, ils découvrent aussi l’intérêt de manger local, sain, avec les voisins. Ils envoient aux oubliettes le vieux principe so british « My home is my castle », et l’échangent avec un autre, celui du buen vivir. Todmorden a changé de visage en quelques années. Cette cité industrielle en déclin retrouve un nouveau dynamisme.

 

Depuis 2012, l’enthousiasme de François et de Jean-Michel ne tarit pas. L’idée prend d’abord à Colroy-la-Roche, puis ils partent à la conquête d’autres villes en France et dans le monde. Ils sont fiers du résultat : dans 22 régions en France métropolitaine et dans les territoires d’Outre-Mer, il y a aujourd’hui des quartiers Incroyables Comestibles; et ils trouvent des partenaires en Palestine et en Afrique.

 

À la Chenaudière, premier Relais & Châteaux créateur d’un jardin partagé, où nous arrivons par un parcours parsemé de joyeuses installations de « Nourriture à partager », on évoque avec François et Jean-Michel d’autres mouvements qui témoignent de l’attention portée à la question de la souveraineté ou autonomie alimentaire.

 

Jusque récemment, cette question ne concernait que les pays pauvres, souffrant des effets du changement climatique, des guerres et du dumping des pays riches, qui bouleverse et étouffe les cultures vivrières locales.

 

Aujourd’hui, une fraction toujours grandissante de la population mondiale vit dans des villes. Avec l’épuisement des énergies fossiles, la pollution généralisée, et les crises économiques, dont on ne sort pas depuis six ans et qui laissent des pans entiers de la société sans ressources, le concept de souveraineté alimentaire fait tilt aussi dans les pays riches.

 

Le mouvement Villes en transition, lui aussi parti d’Angleterre, a également un grand écho international depuis son lancement à Totnes par Rob Hopkins (lire ici le compte-rendu du voyage des JNE à Totnes). On a planté des kilomètres d’arbres fruitiers, entre autres des noyers, des kilomètres carrés de jardins urbains partagés, pour rendre les villes résilientes à la crise actuelle et à celles à venir.

 

D’autres efforts, qui prennent de l’envergure, viennent des municipalités : New York, Toronto, Montréal, Berlin, Leeds, Rennes, pour citer quelques exemples, abordent la question chacune à sa manière, mais elles se mobilisent toutes pour assurer aux citadins l’autosuffisance, l’autonomie alimentaire. Elles cherchent à mettre en place les conditions légales, économiques et urbanistiques du développement de l’agriculture dans la ville et autour de la ville. Elles visent aussi à recréer les ceintures nourricières qui existaient jusqu’aux années 60 autour de la plupart des villes. Elles soutiennent également l’installation de jardins partagés, où citadins et citadines peuvent se réapproprier la production de nourriture.

 

Tormoden, Colroy-la-Roche, les Incroyables Comestibles partout où ils existent, s’inscrivent dans les nouvelles formes de production et consommation de nourriture. Un nouveau paradigme est en marche.

 

Mais ce nouveau modèle – économique, social et culturel – sera-t-il suffisamment fort devant les menaces potentielles des multinationales de l’agro-alimentaire et de la chimie, susceptibles de vouloir mettre la main sur ces aliments, si ces mouvements prennent trop d’ampleur et diminuent leurs profits ? La question reste ouverte.

 

AJEC 21 : les journalistes de l’environnement et de l’écologie unis contre les changements climatiques

C’est une évidence, les changements climatiques sont en cours. Le 5e rapport d’évaluation du GIEC nous rappelle l’ampleur du phénomène et de ses conséquences prévisibles. Publié le 6 septembre, le 4e tome du rapport sur l’évolution du climat de la France annonce, sans ambigüité, des lendemains qui déchanteront dans certaines régions, si nous n’agissons pas dès maintenant.

 

Dans quinze mois, la France sera l’hôtesse de la 21e conférence des parties à la convention de l’ONU sur les changements climatiques. C’est à l’issue de cette 21e « COP » que devrait être conclu un « accord universel » de maîtrise des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

 

Cet accord engagera l’humanité toute entière, des plus grandes nations aux individus. En informant ses milliards de lecteurs, d’auditeurs, de téléspectateurs et d’internautes, la communauté journalistique mondiale sera l’un des rouages de ce changement de paradigme.

 

Pour accélérer le rythme, la communauté française des journalistes spécialisés en environnement s’engage. Ce mardi 16 septembre 2014, leurs deux associations — l’AJE et les JNE — créent l’Association des journalistes de l’environnement et du climat (AJEC 21).

 

L’AJEC 21 accompagnera, dans leur préparation, les journalistes francophones appelés à couvrir la COP 21. Régulièrement, l’AJEC 21 organisera formations, séminaires et reportages pour alourdir le « bagage climatique » de nos consoeurs et confrères et sensibiliser leurs rédacteurs en chef à l’urgence de la situation. Pendant la COP, l’AJEC 21 poursuivra son travail de sensibilisation et d’information en direction du grand public.

 

L’association des journalistes de l’environnement et du climat pour la COP21 (AJEC21) a été créée par l’association des journalistes de l’environnement (AJE) et l’association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE).

 

Face à l’enjeu que représente le sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en 2015, les deux associations françaises de journalistes spécialisés en environnement ont décidé d’unir leurs forces et leurs moyens afin de mieux informer le public sur le changement climatique. Dans cette perspective, l’AJEC21 propose d’organiser des sessions de formation à l’attention des journalistes et de recenser les contacts, les manifestations et les articles qui pourront leur être utiles. Elle souhaite également constituer un relais pour les journalistes étrangers pendant la COP21.

 

Co-fondée, en 2014, par l’AJE et les JNE, l’association des journalistes de l’environnement et du climat a pour objectif d’aider les journalistes francophones à préparer et couvrir la COP 21 de Paris. Co-présidée par les présidents des JNE et de l’AJE, elle a vocation à se dissoudre au début de l’année 2016.

 

L’AJE : Crée en 1994, l’Association des journalistes de l’environnement (AJE) a deux vocations : former ses membres, tous journalistes professionnels, et les aider à exercer leur métier dans les meilleures conditions.

Les JNE : Fondée en 1969, l’association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) regroupe des professionnels de la presse, de l’information et de l’écriture passionnés d’écologie et d’environnement.

 

A SUIVRE

Marche mondiale pour le climat, samedi 21 septembre 2014 à l’appel de nombreuses organisations. A Paris, rendez-vous, place de la République à 14h.

Sommet sur le climat au siège de l’ONU à New York, le 23 septembre 2014.

 

Découvrez dès maintenant ici le site de l’AJEC 21.

 

Vénézuela : le ministère de l’Environnement rayé d’un trait de plume

Au début du mois de septembre, le président vénézuélien Nicolàs Maduro a rayé d’un trait de plume le ministère de l’Environnement. Pour le transformer en secrétariat d’Etat (Vice-ministre) à l’Ecosocialisme.

 

 par Claude-Marie Vadrot

 
Ce qui, outre que cela ne veut rien dire et nous rappelle quelque chose, représente à la fois une nouvelle et très confuse définition de ses attributions ; et surtout une diminution du pouvoir de ce ministère. Par rapport aux autres ministères et à l’ampleur des problèmes environnementaux qui restent à résoudre dans ce pays.

 

Les industries, qu’elles soient sous le contrôle de l’Etat, l’exploitation du pétrole ou du minerai de fer, par exemple, ou aux mains d’entreprises privées, ont pris de mauvaises habitudes depuis longtemps. Y compris sous le règne d’Hugo Chavez. Même lorsque le « développement durable » faisait partie des slogans officiels, sans toutefois réussir à préserver un patrimoine naturel très riche : sur le littoral comme dans le llanos de l’intérieur dans la région d’El Tigre, ou encore dans la forêt amazonienne, le long du fleuve Orénoque, de la Guyane française et du Brésil.

 

Réunies dans le réseau ARA (la Red de Organizaciones Ambientales de Venezuela), les écologistes et les protecteurs de la nature expliquent : « Nous déplorons que se confirme ainsi la disparition progressive et délibérée de l’autorité et des moyens techniques du Ministère de l’Environnement qui était déjà caractérisé par l’absence de contrôle sur la détérioration des écosystèmes, l’absence de mesures sur l’adaptation du pays au réchauffement climatique (…) en dépit de la rhétorique officielle destinée à l’étranger, cette situation signifie l’abandon par le pays du respect de toutes les Conventions internationales dans le domaine de l’environnement ».

 

D’autre part, expliquent ces écologistes, « nous rejetons l’explication simpliste qui consiste à opposer le développement social à la préservation de l’environnement et par là à ignorer que le bien être de la population est étroitement lié à l’accès à l’eau potable, à une alimentation saine produite de façon durable, à la mise en place de sources d’énergies renouvelables et au contrôle des pollutions ainsi qu’à la préservation des écosystèmes ».

 

Dans ses commentaires, le réseau des écologistes affirme également refuser une politique environnementale qui sera conduite sous le seul modèle d’un écosocialisme résultant d’une confrontation politique et d’une ségrégation idéologique. Position qui les conduit à lancer un appel à toutes les organisations environnementalistes et à tous les groupes de citoyens pour qu’ils expriment leur rejet de cette politique « qui est contraire à la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela ».

 

Un appel qui ne semble pas avoir été entendu par le gouvernement puisqu’il a pour l’instant refusé de revenir sur sa décision. Ce qui augure mal de l’avenir environnemental déjà écologiquement très abimé du pays, tant sur le plan des pollutions que sur celui de l’état de la nature et de sa faune.

 

Cet article a été publié dans Politis.

 

Transition énergétique : concours de courts-métrages

Envoyez vos candidatures d'ici le 31 octobre

CLER-image logoCLER-Obscur 2014, 5e opus, a pour objectif de promouvoir les thématiques liées à l’énergie durable et à la transition énergétique.

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Sont acceptés tous les films professionnels ou amateurs traitant d’une ou de plusieurs thématiques liées à l’énergie durable : énergies renouvelables, mobilité durable, efficacité énergétique, maîtrise de l’énergie… Tous les aspects peuvent être abordés : mise en œuvre, économie, formation, impacts environnementaux, etc. La durée des films doit être comprise entre 1 et 6 minutes. A l’instar des éditions précédentes, les courts-métrages en compétition seront mis en ligne sur le site du CLER et chaque internaute pourra voter pour les films de son choix.
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Seront récompensés les 3 courts-métrages ayant réuni le plus de suffrages en ligne. En outre, le jury composé notamment de représentants de l’Ademe et du CLER, décernera un Prix spécial. Les lauréats verront leurs courts-métrages primés et diffusés lors du salon Pollutec qui se déroulera du 2 au 5 décembre 2014 à Lyon Eurexpo.
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La date limite de réception des candidatures est fixée au 31 octobre 2014.

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Inscriptions et informations.

Barrage de Sivens, une zone déboisée en toute illégalité

Depuis début septembre, le climat est particulièrement tendu sur le terrain de la forêt de Sivens, dans le Tarn. Une dizaine d’hectares environ de forêt protégée a été déboisée en toute illégalité, alors que les experts nommés par le ministère de l’Environnement doivent auditionner les associations de défense (Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, Confédération Paysanne et FNE). Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, répond à nos questions.

 

Propos recueillis par Myriam Goldminc

 

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Photo Collectif Testet

 

Les opérations de déboisement s’intensifient et vous affirmez que cela se fait dans la plus parfaite illégalité. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela est illégal ?

Chaque jour, un ou deux hectares disparaissent. Depuis le 1er septembre 2014, date de commencement des défrichements, la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) procède à la destruction d’espaces boisés pour la construction du barrage de Sivens en parfaite illégalité. Car contrairement aux allégations de Thierry Carcenac, Président du Conseil Général du Tarn, toutes les procédures n’ont manifestement pas été respectées. Nous avons fait constater par huissier de justice, en mairie de Lisle-sur Tarn, ainsi qu’en préfecture l’absence de tout arrêté autorisant la CCAG à réaliser ces défrichements

 

Quelle est votre stratégie face à ce déploiement de force ?

 

Sur le terrain, les forces de l’ordre sont omniprésentes. On se trouve face à un déploiement de force militaire impressionnant avec gaz lacrymogènes et flash balls. Environ 150 à 200 gardes mobiles sont sur place.

 

Il reste encore un campement sur place, mais hier 10 septembre 2014, un chapiteau a été évacué sans mandat avec le propriétaire qui était sur le toit et des gens attachés sur les arbres ont été violemment expulsés.

 

Aujourd’hui jeudi 11 septembre, vous allez être reçus par les experts nommés par la ministre. Une première victoire ?

 

Nous demandions cette expertise indépendante depuis un an, mais nous ne verrons pas les experts si ce déboisement illégal continue. Il est hors de question que des discussions aient lieu avec les experts chargés d’évaluer le projet de barrage et notamment son impact environnemental pendant que des machines, en toute illégalité, pilent et broient des espèces protégées et saccagent la zone humide qui les héberge.

 

Désormais, vous placez votre bataille sur un plan juridique ?

 

Nos associations portent plainte contre la CACG pour le délit de défrichement sans autorisation et pour la contravention de défaut d’affichage.

 

Vendredi matin 12 septembre, le tribunal administratif de Toulouse doit se prononcer en audience sur la dérogation préfectorale de destruction d’ espaces protégées que sont les zones humides.

 

Nous avons aussi l’intention de porter plainte devant le Procureur de la République d’Albi afin de faire renvoyer la CACG devant le Tribunal correctionnel et obtenir réparation du préjudice subi en totale violation des règles protectrices prévues par le code forestier.

 

Lundi 15 septembre 2014, le Tribunal se prononcera sur notre demande de suspension de l’arrêté qui autorise la destruction des espèces protégées.

 

Un dialogue est-il encore possible ?

 

Nous ne pouvons que réaffirmer notre demande d’arrêt immédiat des travaux pour ramener le calme sur la zone jusqu’à ce que la justice se prononce sur toutes les illégalités que nous dénonçons.

 

La semaine dernière, nous étions 1200 personnes rassemblées pour défendre cette zone humide. Les gens sont impliqués dans leur territoire et la plupart nous rejoignent dans notre demande de dialogue et de moratoire.

 

Le dimanche 14 septembre, nous appelons à un nouveau rassemblement pour une opération de reboisement symbolique des zones sinistrées.

 

Projet de barrage de Sivens : le défrichage d’abord, le dialogue après

 


par Carine Mayo, présidente des JNE.
Mayo-Carine

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Tirs de flash ball, utilisation de gaz lacrymogènes, dans ce coin de campagne sauvage du Tarn s’est déroulé un épisode de violence sans précédent. Depuis début septembre, la préfecture a envoyé les gardes mobiles pour réprimer les manifestations organisées par les opposants au projet de barrage sur le Tescou, un affluent du Tarn. Là où l’on aurait pu privilégier le dialogue, c’est la force qui a été employée.

 

Et pourtant, des recours ont été déposés devant la justice par plusieurs associations de protection de l’environnement (http://www.fne.asso.fr/fr/barrage-de-sivens-la-justice-doit-trancher-avant-toute-destruction.html?cmp_id=33&news_id=13834) qui contestent l’utilité de ce barrage dont la construction devrait entraîner la destruction d’une zone humide de 18 hectares, le défrichement de 29 hectares de forêt et la disparition d’espèces protégées. Mais en France, on tronçonne d’abord, on écoute la justice après. Il aura fallu la détermination de centaines de manifestants réunis dans une Zone à défendre (ZAD) comme à Notre-Dame-des-Landes, ainsi que la grève de la faim de six personnes, le soutien de José Bové et de nombreux articles dans la presse pour que Ségolène Royal intervienne, montrant qu’elle avait enfin compris les enjeux de cet affrontement, quitte à s’opposer au président du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, candidat socialiste aux prochaines élections sénatoriales.

 

« La ministre de l’Écologie sera particulièrement attentive à ce que le projet permette d’assurer une gestion durable de la ressource en eau et ne participe pas au développement d’une agriculture intensive », a-t-elle indiqué dans un communiqué. Au-delà d’un problème local, d’une lutte pour la préservation d’espaces naturels, c’est bien de l’intérêt général qu’il s’agit. Ce barrage est-il la bonne réponse au manque d’eau qui risque d’être crucial l’été dans les années à venir, comme le souligne le rapport sur le changement climatique rendu public le 5 septembre (http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Rapports-climat-de-la-France-au-.html) ? Faut-il bétonner pour retenir l’eau et continuer à pratiquer la culture irriguée de maïs ou bien cultiver des plantes plus rustiques et permettre la poursuite de l’élevage dans les prairies inondables ? Combien va coûter la construction de ce barrage et quelle part devra payer le contribuable ? Comment assurer un partage équitable de la ressource aquatique pour les différentes activités humaines, mais également respectueux des autres espèces vivantes ? Ces questions méritent d’être approfondies. Mais pas avec le couteau sous la gorge.

 

A lire et à écouter

L’interview de Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, par Myriam Goldminc (JNE) ici sur le site des JNE.

Le reportage de Laure Noualhat (JNE) paru dans Libération le 29 août <http://www.liberation.fr/economie/2014/08/28/tarn-barnum-autour-d-un-barrage_1088934

Les articles de Barnabé Binctin (JNE) et de l’équipe de Reporterre www.reporterre.net

L’émission de Denis Cheissoux (JNE) du 6 septembre donnant la parole à Ben Lefetey, porte-parole du collectif des opposants et Thierry Carcenac, président du conseil général http://www.franceinter.fr/emission-co2-mon-

L’article d’Aurélie de Varax (JNE) publié sur le site ToulEco-Green http://www.touleco-green.fr/Le-barrage-de-Sivens-dans-la-tourmente,14367

 


Algérie : le message du séisme du 1er août a-t-il été compris ?

De réplique en réplique, la politique de prévention sismique reste très insuffisante en Algérie.

 

par M’hamed Rebah

 

Les Algérois qui ont ressenti la secousse tellurique du samedi matin 8 août 2014, à 11 h 19, ont replongé dans la panique, durant une infime fraction de seconde, même si la magnitude, selon le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG), paraît faible (4 sur l’échelle ouverte de Richter).

 

Cette secousse a suivi celle du jeudi 7 août, à 20 h 31, d’une magnitude de 3.4. Les localisations de l’épicentre dans les deux cas, tous deux au nord-est de Bologhine, respectivement à 22 km et à 15 km, confirment qu’il s’agit de répliques du séisme du vendredi 1er août.

 

Qu’y a-t-il de changé, depuis le 1er août, dans le comportement des Algériens qui vivent dans les zones à risque sismique avéré, particulièrement les Algérois qui ne se sont pas encore totalement relevés du choc du dernier séisme, et plus spécialement les familles dont les habitations peuvent tomber en cas de forte réplique ou carrément d’un nouveau tremblement de terre ?

 

On sait que les six décès liés au séisme du 1er août sont consécutifs à des chutes dues à la panique et n’ont rien à voir avec l’effondrement d’habitations. L’attention accordée jusque là au respect des normes parasismiques dans les constructions commence à porter ses fruits selon les commentaires des responsables officiels qui font remarquer que les nouvelles cités ont tenu le coup.

 

Mais ce qui semble avoir été négligé, comme le montre la leçon qui a été immédiatement tirée des causes des six décès, c’est le travail d’éducation et de sensibilisation sur le comportement à avoir en cas de séisme. Les carences en la matière ont été nettement mises en évidence.

 

L’exemple nippon a été abondamment cité par les médias. Certes, l’Algérie n’est pas le Japon, mais ce pays est la référence concernant le comportement de la population face aux séismes et sur la façon dont elle est préparée à cet événement s’il survient. Ce que fait le Japon dans ce domaine n’est pas un secret ni un brevet protégé par des droits, il suffit de copier, de mettre tout ça dans un guide, de former des formateurs qui apprendront aux enfants, dans les écoles, et aux adultes, sur les lieux de travail, et aux autres, là où ils sont, les gestes qui sauvent.

 

Il ne suffit pas de répéter que le risque sismique est une donnée permanente dans le Nord du pays et s’installer dans la fatalité de ce risque majeur, le plus important en Algérie. Il faut en tirer les conséquences sur les activités de tous les jours. La priorité semble avoir été donnée, à juste titre, au relogement des populations confrontées au risque d’effondrement de leurs habitations. Car, il s’agit, avant tout, de préserver les vies humaines.

 

Cet effort doit s’accompagner par des actions d’éducation et de sensibilisation pour remédier à l’impréparation dans laquelle se trouve encore la population face au séisme. Cela fait partie de la politique de prévention qui permet de réduire le bilan en pertes humaines et en dégâts matériels. Il est important de rappeler avec insistance que la politique de prévention, concernant le risque sismique, mais aussi celui des inondations, doit être bâtie et mise en œuvre avec l’implication active de la population au niveau local.

 

Séismes et inondations sont des phénomènes naturels qui ne sont pas rares en Algérie. La vulnérabilité à ce type de catastrophes est démontrée de jour en jour. Pourtant, beaucoup d’indices montrent qu’il y a une sous-estimation de ces risques, à la fois chez les autorités, mais surtout dans la population. Exemple : l’assurance contre les effets des catastrophes naturelles (CAT-NAT), rendue obligatoire après le séisme de Boumerdès du 21 mai 2003, reste peu connue si l’on en juge par les grands retards dans les souscriptions aux contrats.

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

 

Algérie : les élus locaux témoins de la dégradation de l’environnement

A Alger, les visites d’inspection des élus locaux ne semblent guère suivies d’effets sur la qualité de l’environnement.

 

par M’hamed Rebah

 

Incidemment, en faisant le constat de la dégradation du cadre de vie, il arrive aux élus locaux, particulièrement dans la capitale, de soulever des questions environnementales en suspens depuis de longues années alors qu’elles sont perceptibles par tous, citoyens et autorités.

 

Cet été, une délégation de l’Assemblée populaire de wilaya d’Alger (APW) a fait une tournée sur les plages. Que lit-on dans le compte rendu donné par l’Agence officielle de presse (APS) ? « Le constat général des plages du littoral ouest d’Alger est le manque d’hygiène, flagrant, et la mauvaise qualité bactériologique des eaux de baignade, en raison du déversement anarchique des eaux usées en mer ». Il s’agit, ici, des plages autorisées à la baignade, seules concernées par la visite d’inspection des élus. Ce qu’ils ont dû relever aussi, c’est la présence des déchets sur les plages et dans l’eau, constitués en grande partie par les sachets, bouteilles et autres emballages en matière plastique.

 

Les élus vont sans doute faire leur rapport et l’adresser aux autorités concernées, comme c’est la règle. Quelles suites seront données aux recommandations d’usage que comportent en général ces rapports d’inspection ? Pour le savoir, il faut attendre la rentrée scolaire et aller faire un tour dans les établissements d’enseignement pour voir si la visite d’inspection faite par les élus, au début de cette année, dans des écoles primaires, collèges d’enseignement moyen et lycées, a servi à quelque chose.

 

Les élus avaient été surpris de constater « la présence de décharges aussi bien à l’intérieur des écoles que dans les alentours immédiats des établissements ». En face d’un CEM, ils ont vu un oued où sont déversées des eaux usées, un véritable égout à ciel ouvert ; dans la cour d’un autre CEM, une « énorme décharge » à l’intérieur même de l’établissement.

 

Ils venaient de découvrir l’état dégradé de l’environnement dans lequel les élèves poursuivent leurs cours, avec en plus : les trottoirs défoncés squattés par les voitures en stationnement obligeant les enfants à emprunter la chaussée avec le risque d’accidents que cela comporte, le niveau élevé de pollution de l’air avec une grande circulation automobile à vitesse réduite à cause du stationnement et des bouchons qui se forment très vite dans les ruelles où se trouvent ces établissements, et avec les embouteillages, fatalement les coups de klaxons abusifs, interdits par le code algérien de la route.

 

Faut-il conseiller à ces élus algérois d’aller faire leurs courses au marché Redha Houhou, puis remonter la rue Hamani (ex-rue Charras) ou de l’autre côté se diriger vers la rue Khelifa Boukhalfa ? Ils seraient édifiés sur le cadre de vie. Dernièrement, des enfants venus du Canada passer leurs vacances à Alger avec leurs parents algériens, ont exprimé énergiquement leur colère, en public, à leur mère pour les avoir fait passer par l’allée qui longe le marché et qui commence par la benne à ordures qui laisse échapper une odeur nauséabonde insupportable.

 

Les élus ne devraient pas rater le carrefour de la Grande Poste, à Alger, où un écran numérique géant posé sur un camion – lui-même stationné depuis à peu près deux mois, sur le trottoir dont il occupe un espace appréciable enlevé aux passants – projette chaque soir un film à un public qui se réduit à quelques spectateurs assis en face, en fait des gens qui ont l’habitude de passer le temps à cet endroit et qui ne le quittent pas une fois la projection terminée, ce qui prouve qu’ils ne sont pas là spécialement pour voir le film. Un tel constat aurait dû pousser les initiateurs de ces séances de projection à arrêter l’opération devenue inutile, ce qui aurait eu pour effet immédiat de mettre fin aux nuisances sonores imposées aux riverains.

 

Mais, finalement, quel est le but de ces tournées d’inspection si elles ne contribuent pas à améliorer le cadre de vie de la population ? Un peu de propreté, moins de bruit, un air plus respirable, c’est trop demander aux autorités locales ?

 

Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

Algérie : l’été révélateur de toutes les nuisances urbaines

Plutôt aléatoire durant le reste de l’année, la gestion des déchets ménagers en Algérie montre toutes ses tares en été, et le résultat est directement perceptible, presque partout, par la vue et par l’odorat.

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par M’hamed Rebah

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Recuperation_et_trio_de_dechetsLa presse algérienne en rend compte quotidiennement dans ses pages régionales. Pris au hasard, voilà ce qu’écrit le correspondant de Reporters à Ain el Beïda (Es Senia, Oran) : « les camions ne passent que rarement pour effectuer le ramassage (des ordures), laissant ainsi les citoyens contraints de se débrouiller comme ils peuvent pour se débarrasser des énormes quantités de déchets qui se forment à travers les artères du quartier ». Les habitants signalent le « danger sanitaire qui guette en permanence et menace la santé des riverains, à cause notamment de la multiplication des insectes nuisibles, des rats et même des serpents ». Ce n’est pas fini : « plus grave encore, les enfants du quartier, ne trouvant pas d’aires de jeux, du coup, s’amusent à proximité des énormes dépotoirs, au risque de contracter des maladies et des allergies diverses ».

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On est loin de l’ambition d’instaurer et de généraliser le tri sélectif sans lequel aucune gestion sérieuse des déchets urbains ne peut être envisagée. Des efforts, «surhumains», serait-on tentés de dire, sont déployés au niveau du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, pour atteindre les objectifs du Plan national de gestion intégrée des déchets ménagers qui visent à obtenir une proportion de volume des déchets recyclés de 25 % en 2015 (dans quelques mois à peine) et 50 % en 2016.
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Mais il faut regarder la réalité en face : du côté de la population, le niveau d’éducation est encore très insatisfaisant pour prétendre généraliser les gestes éco-citoyens, et au niveau des collectivités locales, la pauvreté en ressources humaines, flagrante, n’autorise aucun espoir quant à une gestion écologique des déchets urbains. Ce ne sont pas les compétences nationales qui manquent dans ce domaine, mais elles sont marginalisées et personne ne leur fait appel, sans doute parce qu’elles dérangeraient la médiocrité ambiante.

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Pourtant, il est urgent d’aller vers le tri des déchets à la source, pour séparer les matières recyclables comme le papier et le carton, pour lesquels le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement a donné l’exemple, à la fin de l’année passée, en lançant un projet pilote de tri sélectif nommé « l’Administration Contribue à la Récupération » mis en œuvre par son Agence nationale des déchets (AND) dans le but de généraliser l’opération aux autres administrations centrales.

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En apparence, cette opération ne demande pas grand chose en dehors de la bonne volonté : des bacs de 240 litres, au niveau des étages, et de 770 litres, dans le dépôt de stockage intermédiaire ; en plus des corbeilles existantes au niveau de chaque bureau, une nouvelle corbeille est posée pour accueillir les déchets du type papier/carton. Une fréquence de collecte est définie en fonction du rythme de production et de la capacité du stockage du dépôt intermédiaire et les déchets récupérés sont transportés vers les installations de traitement.
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Le personnel est sensibilisé à l’aide d’affiches et il est aidé grâce à un guide qui explique les consignes du tri sélectif ; des agents sont formés pour mener à bien l’ensemble de l’opération.
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Les ministères, les grandes agences d’Etat, les collectivités locales, les établissements d’enseignement, devraient s’y mettre. Si l’effet d’entraînement se produit, la gestion des ordures ménagères pourrait s’en trouver allégée.

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Cet article a été publié dans le magazine algérien Reporters.

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