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Catégorie ‘ACTUALITES’

Journée mondiale des zones humides, ne soyons pas schizophrènes !

 


par Carine Mayo, présidente des JNE.
Mayo-Carine

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Dans quelques jours, le 2 février, on va célébrer les marais, les étangs, les lagunes. Pour une journée, une petite journée seulement. On montrera des images de grenouilles et de crapauds qui vont pondre leurs œufs dans les mares. Des rédactions plus fortunées illustreront peut-être le sujet par un reportage sur la mangrove, cet écosystème tropical qui abrite des arbres magnifiques aux racines qui plongent dans l’eau et alimente des myriades de poissons, crevettes… On vantera l’effet tampon des zones humides qui amortissent les crues, filtrent l’eau et recèlent une biodiversité remarquable et l’on rappellera que la moitié d’entre elles ont été détruites par l’aménagement côtier, l’urbanisation, l’assèchement des marais… Et l’on déclarera la main sur le cœur, qu’il est important de les protéger.

 

Puis le lendemain, on passera à autre chose et l’on oubliera. Pas tout le monde bien sûr, car de nombreux scientifiques, écologistes, acteurs de l’eau, se mobilisent pour essayer de conserver ces zones intactes. Mais leur action ne pèse souvent pas très lourd face à la volonté d’aménagement. Pour preuve, deux exemples récents : le projet du barrage de Sivens dans le Tarn et celui de construction d’un Center parcs à Roybon, en Isère. Dans les deux cas, la conservation des zones humides a été jugée moins nécessaire que le développement d’une activité agricole et la promesse d’emplois.

 

Avoir de bonnes récoltes et maintenir de l’emploi est important dans un pays qui a 66 millions d’habitants et 3,5 millions de chômeurs. Mais supprimer des zones humides, c’est un peu comme scier la branche sur laquelle on est assis. A moyen terme, on risque des inondations, des sécheresses et l’augmentation des températures, car ces écosystèmes stockent un cinquième du carbone mondial. Sans compter la disparition irréversible de la faune et de la flore qui peuplent ces milieux.

 

Mais qui se soucie du moyen terme dans un pays où un grand nombre de politiques ne voient pas souvent plus loin que la prochaine élection ? Et comment faire comprendre l’importance de ces merveilles de la nature à des citoyens, pour la plupart citadins, plus souvent occupés à essayer de joindre les deux bouts ou à travailler comme des fous ? Pas facile, quand on apprend dans une enquête commandée par le ministère du Développement durable, que 46 % des Franciliens ne connaissent pas l’expression « zones humides » et que 50 % d’entre eux pensent qu’elles sont inutiles.

 

Notre association de journalistes a donc décidé de s’atteler à la tâche en choisissant de tenir son congrès au mois de juin dans le Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande. Ce sera l’occasion de voir sur le terrain quelles sont les difficultés rencontrées et quelles solutions sont mises en œuvre pour préserver les marais et les prairies humides.

 

Et comme la préservation des milieux dépend aussi des conditions climatiques, nous avons prévu plusieurs rendez-vous tout au long de l’année 2015 afin de préparer le Sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site que nous avons réalisé pour l’occasion (www.ajec21.org) en partenariat avec l’Association des Journalistes de l’Environnement (AJE), avec laquelle nous avons créé l’Association des Journalistes de l’Environnement et du Climat pour la COP21.

 

Quand Cabu imaginait le Parc national des Pyrénées en 2025…

Alors que je ne suis toujours pas ni remis ni consolé de la mort de Cabu, je viens de recevoir un courrier qui m’a rappelé à quel point Jean était un fervent défenseur de la nature, mais d’une nature sauvage qu’il ne fallait pas « organiser » à tout prix. Une certitude qu’il partageait avec François Terrasson…

 

par Claude-Marie Vadrot

 

Cabu-Empreintes
Monsieur,

Vous vous souvenez peut-être encore de votre humoristique intervention et de l’aide que vous nous aviez apporté * à l’occasion du quarantième anniversaire du Parc national des Pyrénées. Bien que la plupart d’entre nous ne soyons plus au parc, rattrapés par l’âge de la retraite, nous avons tous gardé de cette facétie un excellent souvenir.

Vous aviez demandé à votre ami Jean Cabut de créer quelques dessins pour cette occasion. Il ne voulut jamais que nous le rémunérions pour son travail . Ce fut pour moi l’opportunité de le rencontrer au salon du livre de Pau et de me rendre compte de sa gentillesse, de sa malice et de sa douceur aussi.

Je sais qu’il était votre ami. Lui-même et ses compagnons ne seront pas faciles à remplacer.

Croyez à toute ma sympathie.

Dominique Tribot Laspière.

 

* Jean et moi avions imaginé, pour les quarante ans du Parc national des Pyrénées, un Journal du parc d’une trentaine de pages décrivant, en textes et en dessins, ce que pourrait devenir un parc national en 2025 s’il se transformait seulement un objet de tourisme animé par les nouvelles technologies. Quel directeur de parc, il s’agissait alors de Christian Chatry, oserait aujourd’hui que deux journalistes se « moquent » de son parc ? Aucun, à mon avis…

Cabu-Ours

 


Cabu-Pyrenee


Algérie : dialogue de sourds et épreuve de force à In Salah autour des gaz de schiste

La visite de Youcef Yousfi, ministre algérien de l’Energie, n’a rien donné.

 

par M’hamed Rebah

 

Le débat des experts algériens sur l’exploitation du gaz de schiste, entre pro et anti, qui semblait confiné à un moment aux salles où se tiennent les conférences ou aux colonnes de la presse qui accueillent les points de vue contradictoires, ou alors aux plateaux des chaînes de télévision privées, a, en définitive, eu son impact sur les populations riveraines des bassins censés contenir des réserves exceptionnelles de cet hydrocarbure non conventionnel et où a été envisagé et même engagé un processus qui doit conduire à son exploitation, selon les projets du gouvernement.

 

C’est le cas du bassin d’Ahnet, près d’In Salah, motif d’une contestation qui a amené la population à sortir dans la rue, pacifiquement, pour demander la fermeture du puits-pilote qui a été foré et qui aurait, aux dires du ministre de l’Energie, Youcef Yousfi, donné des résultats prometteurs. La manifestation de protestation qui a commencé à la fin de l’année 2014 n’est pas une surprise, elle était prévisible après les actions sporadiques lancées par des associations ces derniers mois dans la même région.

 

Mais cette fois, c’est toute la population, y compris les femmes et les enfants, qui se sont impliqués dans cette action qui a même débordé sur les institutions élues puisque l’APS (Algérie Presse Service) rapporte que le président de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), Dahmane Hamza, s’est associé à la demande des protestataires et a interpellé les pouvoirs publics pour « suspendre d’urgence, temporairement, le projet d’exploitation du gaz de schiste ». Il souhaite qu’une issue consensuelle soit trouvée à cette situation.

 

Sa proposition aurait pu aboutir. Le ministre de l’Energie a accepté de rencontrer les élus locaux et les représentants de la société civile, à In Salah. Mais il a cherché à convaincre que l’exploitation du gaz de schiste à In-Salah ne comporte pas de dangers. Il n’a pas réussi à faire admettre l’idée qu’il n’y avait pas d’autre alternative. La réunion s’est terminée sans aucun accord entre les deux parties sur la fermeture du puits de Dar Lahmar, à 28 km d’In Salah, qui est l’unique revendication des protestataires.

 

C’est une sorte de dialogue de sourds qui a eu lieu : le ministre est allé à In Salah à la rencontre de la population pour la convaincre d’adhérer au projet du gouvernement d’exploitation du gaz de schiste alors que la population attendait du ministre l’annonce de la fermeture du puits. Le ministre qui a appelé les représentants des protestataires à faire preuve de sagesse s’est engagé à leur organiser une mission d’information, en compagnie d’experts, à l’étranger, « pour en avoir le cœur net ». Et dans le cas contraire, selon le compte rendu de l’APS, il a promis qu’« il sera procédé à l’arrêt de l’exploitation du gaz de schiste dans la région ».
D’après d’autres sources médiatiques, les représentants des protestataires ont proposé de suspendre l’opération sur le puits de Dar Lahmar et d’en rediscuter dans un an, le temps de vérifier toutes les hypothèses. Cette impasse dans le dialogue a amené les représentants de la société civile à quitter la réunion sans écouter plus longtemps les arguments du ministre qui était accompagné, dans ce déplacement, par un groupe d’experts. Pendant que Youcef Yousfi se trouvait à In Salah, près de 500 personnes, en majorité des étudiants, participaient, selon l’APS, à une marche à 700 km de là, à Tamanrasset, chef lieu de la wilaya, scandant des slogans appelant à « arrêter l’exploitation du gaz de schiste ». Comment va évoluer cette situation ? Le Premier ministre ira-t-il sur place pour, à son tour, appeler la population à « la sagesse » et à renoncer à sa contestation ? Ira-t-il jusqu’à remettre en question le projet pour le relancer plus tard sur d’autres bases, avec, notamment, l’adhésion de la population ? Ou alors le pire, c’est-à-dire l’accentuation de l’épreuve de force ? Rien, pour le moment, ne permet de le savoir.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

Première opposition sérieuse à l’exploitation du gaz de schiste en Algérie

La contestation fait tache d’huile.

 

par M’hamed Rebah

 

Ceux qui pensaient que les gens d’In Salah, riverains du bassin d’Ahnet, où se trouve le premier forage pilote algérien de gaz de schiste, étaient « moins regardants » sur la question écologique, constatent aujourd’hui qu’ils se sont lourdement trompés. C’est dans cette ville saharienne que se déroule, depuis le 31 décembre dernier, la plus importante manifestation populaire d’opposition à l’utilisation de la fracturation hydraulique et à l’exploitation du gaz de schiste en Algérie.

 

Le contexte angoissant créé par la chute des prix du pétrole, n’a rien changé à la détermination des manifestants qui exigent la fermeture du puits. Le seul argument officiel donné jusque là par le ministre de l’Energie, Youcef Yousfi, se fonde sur les résultats attendus de cette aventure : 20.000 milliards de mètres-cubes de gaz récupérables à partir du bassin d’Ahnet. Pour le ministre, les réserves de gaz de schiste sont très importantes et peuvent être utiles au pays: « nous ne pouvons pas les laisser inexploitées ».

 

On apprend, incidemment, que le forage du premier puits-pilote de gaz de schiste en Algérie, a été entamé en août 2008 et que, dans le même bassin d’Ahnet, « le groupe Sonatrach a déjà entamé le forage d’un deuxième puits sur les cinq puits d’exploration prévus à cet effet ». Autre information qui n’a sans doute pas laissé indifférents les riverains de ce bassin : la phase de développement qui précède celle de la production pourrait intervenir dans trois ans. La seule condition qui remettrait en cause ce processus est d’ordre économique : la phase production ne pourrait être envisagée que si la rentabilité commerciale du gaz d’Ahnet est prouvée, a affirmé le ministre.

 

Petite assurance donnée aux riverains et aux écologistes : «  le groupe Sonatrach a prévu une gestion intégrée des rejets de forage pour une meilleure protection de l’environnement, qui permet de recycler et de réutiliser de la boue ainsi que les eaux utilisées sur chantier dans l’opération de la fracturation hydraulique qui libère le gaz de schiste de la roche qui le renferme ». Quand les députés ont commencé à s’intéresser au gaz de schiste, en décembre 2012, à l’occasion de la révision de la loi sur les hydrocarbures, le mal avait déjà commencé.

 

En octobre dernier, une chaîne de télévision algérienne privée avait révélé que l’étude d’impact du projet d’exploitation du gaz de schiste annoncé par les autorités, n’était pas encore prête. Selon la loi algérienne, aucune activité réputée polluante et dangereuse ne peut commencer si ce document n’a pas été signé par l’autorité compétente en la matière, c’est-à-dire dans ce cas précis, la ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Cette obligation légale est incontournable, surtout dans ce cas.

 

Les habitants d’In Salah ont exprimé, de façon pacifique mais suffisamment spectaculaire pour alerter tout le monde, leurs inquiétudes légitimes devant les risques potentiels, sur l’environnement et la santé, des produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique mise en œuvre pour l’exploitation du gaz de schiste et sur les ressources en eau. La propagande que les pro gaz de schiste diffusent sur l’exemple des Etats-Unis qui se sont lancés dans cette aventure, n’a convaincu personne. Au contraire, beaucoup d’Algériens se sont ralliés aux arguments des anti-gaz de schiste, y compris dans le sud du pays, là où cette exploitation a commencé. La preuve en est donnée par le mouvement citoyen qui fait tache d’huile autour d’In Salah, centré sur un seul mot d’ordre : « non au gaz de schiste ! ». Les propos des manifestants rapportés par les chaines de télévision algériennes privées traduisent leur esprit de responsabilité et leur niveau de conscience. Ils ont l’alternative au gaz de schiste. Pourquoi ne pas les écouter ?

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

Alain Raveneau s’en est allé

Alain Raveneau, membre des JNE, est décédé des suites d’un cancer. Il a été inhumé à Angers le 3 janvier.

par Danièle Boone

Alain Raveneau

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Alain Raveneau aurait eu 62 ans en ce début d’année. C’était un tendre. Il aimait les animaux domestiques et les comprenait. Il leur a consacré de nombreux ouvrages. Lors de notre escapade JNE au monastère de la Pierre-Qui-Vire et, face à ma maladresse, il m’avait montré comment communiquer avec les vaches. La bête l’avait remercié d’un gros bisou bovin que j’ai eu le temps de saisir avec mon appareil photo.

Il était aussi attentif à l’autre. Quelque temps après lui avoir dit que ma rubrique à Version Fémina était supprimée, il m’avait proposé de faire des portraits dans Rustica, sans que je ne lui aie rien demandé. Il m’a également mise en contact pour participer à un ouvrage collectif très intéressant. C’était Alain, discrètement présent, si discrètement que je n’ai pas pris le temps de l’appeler pour savoir comment il allait. Et le voilà parti, laissant en moi plein de mélancolie.


Natif de l’Anjou, plus précisément de Savennières, village viticole des bords de la Loire, Alain Raveneau était petit-fils et neveu d’agriculteurs. Il aimait aller sur le terrain à la rencontre des gens et des animaux. Il est l’auteur, entre autres, de L’inventaire des animaux domestiques, un ouvrage de référence paru aux éditions Nathan en 2004. Rédacteur en chef délégué de Rustica, il avait pris sa retraite fin 2012, se consacrant alors à la rédaction de livres. Il était également membre de l’association OABA (Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoir). Ses derniers ouvrages, Vaches made in France, Le traité Rustica de la ferme familiale, Je veux un âne et Tout est bon dans le cochon, sont parus au cours de l’année 2014.

Le témoignage de Claude-Marie Vadrot sur son ami Jean Cabut, dit Cabu

Cabu avait une solide fibre écolo, n’avait pas de voiture, aimait la nature et était contre les centrales nucléaires.

par Claude-Marie Vadrot

Cabu - photo DR

Cabu – photo petit zozio

Difficile de résumer une quarantaine d’années d’amitiés et parfois de travail avec Jean Cabut dit Cabu, le nom sous lequel il était connu de la majorité de Français. Notre première rencontre date du novembre 1970 quand Hara-Kiri hebdo fut interdit de parution pour avoir titré, après la mort du Général de Gaulle et après le terrible incendie d’une discothèque de l’Isère ayant fait 146 victimes : « Bal tragique à Colombey : un mort ». Avec Jean-Paul Sartre et Maurice Clavel et des confrères, j’avais alors créé un Comité de défense de la presse et des journalistes qui arracha en quelques jours le droit de reparution du journal sous le nom de Charlie Hebdo. Déjà au nom de la nécessaire liberté de la presse et du droit à l’humour. Notre amitié date de cette période et nous nous sommes ensuite retrouvés à la Gueule Ouverte, le journal écolo fondé par Charlie. Car il ne faut jamais oublier que Jean avait une solide fibre écolo, qu’il n’avait pas de voiture, qu’il aimait la nature, qu’il était contre les centrales nucléaires.

 

Nous avons ensuite été ensemble pendant une dizaine d’années au Canard Enchainé où Jean travaillait toujours. J’ai du mal, beaucoup de mal, à parler de lui au passé car au cours de deux longs voyages que nous avons fait ensemble en URSS pour écrire et dessiner le livre Plutôt Russe que mort, publié en 1987, j’avais eu l’occasion de le connaître intimement, d’apprécier sa gentillesse, son humour au quotidien et son appétit des bonnes choses et son amour de la nature. Au départ du train qui nous emmena en deux jours à Moscou, il avait apporté deux poulets et de quoi nourrir un régiment : un voyage de ripailles joyeuses. Ma fille n’a jamais oublié les succulents spaghetti qu’il lui avait un jour cuisiné. J’ai aussi retenu de ce périple en URSS et de toutes nos rencontres postérieures, son rire extraordinaire de jeunesse. Il a cessé de rire ; et je vais avoir du mal à me marrer. Bien sûr, je n’oublie pas les neuf autres victimes odieusement massacrées, mais la mort de Jean comme celle de Wolinski et de l’élégant Bernard Maris, dit Oncle Bernard, que je connaissais également pour l’avoir fréquenté à Paris 8, pèsera sur le reste de mon existence.

 

Horreur, amitié, détermination

Nous nous associons à ce texte publié par plusieurs confrères. Nous pensons avec émotion à ceux qui ont perdu la vie et sont blessés ainsi qu’à leurs proches. Fabrice Nicolino, membre de notre association, est l’un de ceux qui ont été gravement atteints. Mais, selon ses propres termes, il va « aussi bien que possible » et a recommencé à écrire sur son blog (lire ici son article mis en ligne ce 16 janvier).

 

 Nous avons lancé un appel aux adhérents des JNE afin qu’ils réagissent par le texte, mais aussi par la photo et le dessin, aux événements dramatiques de ces derniers jours.

 

Vous trouverez des textes dans notre rubrique « Articles récents », avec le mot clé #NousSommesCharlie.

 

Les photos et dessins peuvent être visionnés dans un diaporama mis en place par notre webmestre, Pierre Demeure (cliquez ici). Ce diaporama est également accessible via l’onglet « en images », tout à droite dans le menu situé en haut de la page d’accueil de ce site.

 

4551025_3_3b78_le-mot-cle-jesuischarlie-a-ete-repris-plus_fcd81c69fb156c7b10837d21e0b1e999C’est l’horreur qui nous a saisis, ce matin, quand l’incroyable nouvelle est survenue : un attentat sanglant contre Charlie Hebdo, des hommes armés, douze morts, près de vingt blessés. L’horreur, qui nous abasourdit. Et nous laisse sans mots.

 

L’amitié, ensuite, pour ceux et celles que nous connaissons et que nous aimons, et pour ceux et celles que nous ne connaissons pas. La douleur pour les morts, la désolation pour les blessés, l’amitié et le désir de réconfort pour leurs proches, leurs amis, leurs enfants. Comment vous dire qu’on est avec vous, avec notre tendresse et notre impuissance ? Mais nous sommes avec vous, de tout notre cœur.

 

Et puis la détermination. Ce sont des journalistes qu’on a voulu tuer, c’est la presse qu’on a voulu abattre, c’est la liberté qu’on a voulu détruire. Eh bien, nous le disons : nous ne céderons pas. Dans les temps difficiles d’aujourd’hui, et les jours sombres qui se profilent, il est vital que la liberté continue, s’exprime, s’affirme. Nous continuerons notre travail d’information et de témoignage, avec encore plus de détermination et d’énergie que jamais.

 

Ce texte est publié en commun par Actu Environnement, Arrêt sur images, Basta Mag, Global Magazine, Huffington Post, Libération, Mediapart, Politis, Reporterre, Rue 89, Terra Eco, We Demain… et les JNE.

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Campagne internationale pour neutraliser les passages canadiens

Communiqué

Un passage canadien est un aménagement permettant le passage de véhicules sur une piste ou une route tout en  dissuadant celui du bétail ou d’ongulés sauvages.

 

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Passage canadien -. photo JF Noblet

Il est constitué d’une fosse d’un demi-mètre de profondeur, aux parois verticales, recouverte de barres métalliques espacées. Cela évite d’installer un portail et donc d’avoir à descendre d’un véhicule pour ouvrir et fermer un portail. Ces passages canadiens sont très fréquents dans les zones d’élevages extensifs notamment en montagne et dans la péninsule ibérique.

 

Si l’efficacité du dispositif est reconnue pour empêcher le passage du bétail, il est démontré qu’il peut être extrêmement meurtrier pour la petite faune sauvage qui peut tomber dans la fosse. Lièvres, lapins,hérissons, micro-mammifères, reptiles, amphibiens, insectes sont régulièrement piégés. Si la fosse ne comporte pas de trou d’évacuation, ce qui est régulièrement le cas, les animaux ne peuvent pas ressortir. Ils meurent de faim ou de soif ou noyés si la fosse se remplit d’eau en cas d’orage.

 

L’association Nature et humanisme lance une campagne européenne pour que les passages canadiens soient obligatoirement équipés d’échappatoires pour la  faune sauvage qui tombe dedans.Cela peut être un tuyau d’évacuation de l’eau, un trou dans une des parois  latérales, un plan incliné intérieur de faible largeur qui permet la remontée de la faune.

 

Personne n’a intérêt à installer ou maintenir de tels pièges dans la nature. Les odeurs et les pollutions induites par l’amoncellement de cadavres nuisent à tout le monde. Les chasseurs regretteront la perte inutile de gibier, les promeneurs et les naturalistes d’espèces rares et protégées.

 

Nature et Humanisme recherche donc toute information sur ce sujet (témoignages, relevés d’animaux piégés, photos, plans de dispositifs échappatoires, règlements et normes en vigueur, etc.) pour saisir les autorités européennes et obtenir un règlement imposant, dans un délai raisonnable, la neutralisation des passages canadiens non équipés d’échappatoires.

 

Nature et Humanisme
Jean-François Noblet, 486 route de Voiron, 38960 Saint Etienne de Crossey
Tél : 00 33 (0)4 76 55 39 80

mail : jf@noblet.me
site : http://noblet.me
photothèque : http://www.photo-nature-environnement.com

Zones à défendre (ZAD) : un avenir incertain et riche d’alternatives

 


par Sophie Chapelle

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C’est une décision de justice accueillie comme un beau cadeau de Noël par les écologistes. Le 23 décembre, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu l’arrêté du 3 octobre 2014 du préfet de l’Isère qui avait délivré une autorisation « loi sur l’eau » à Pierre et Vacances pour la construction d’un Center Parcs sur la commune de Roybon.

 

Cette victoire judiciaire suffira t-elle à freiner l’avancée des bulldozers ? A entendre le groupe Pierre & Vacances qui se dit « légitime à poursuivre le défrichement dans le respect des autorisations délivrées » (NDLR : et se pourvoit en cassation comme l’indique le Monde), il faut croire que non…

 

Point de répit malgré les annonces médiatiques. A l’impuissance, les opposants préfèrent la désobéissance civile. Une arme qui conduit aujourd’hui des milliers de personnes à travers toute la France à créer des « zones à défendre » (ZAD). Sivens, Roybon, Notre-Dame-des-Landes : autant de noms désormais associés à des luttes, respectivement contre des projets de barrage, de complexe touristique et d’aéroport.

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Ces dernières semaines, les alertes ont aussi afflué d’Agen pour empêcher la construction d’une zone industrielle de 215 hectares sur des terres agricoles, et des Landes contre un complexe golfique. Les plumes manquent pour suivre cette profusion de résistances.

 

D’un lieu à l’autre, les revendications ne sont pas uniquement environnementales : elles sont aussi liées à un profond désir de démocratie, comme l’analysent le sociologue Albert Ogien et la philosophe Sandra Laugier *. « Les bras m’en tombent quand je vois le mépris des élus pour l’enquête publique », me confiait un paysan en Isère. Et pour cause : malgré 60 % d’avis défavorables au projet de Center Parcs, le préfet a donné quelques semaines plus tard son aval à Pierre & Vacances. Faisant fi de la colère, des citoyens déterminés reprennent en main leur avenir en voulant participer aux décisions d’aménagement de leur territoire. Surtout lorsqu’il s’agit de projets pensés dans les années 60, comme dans le cas de Notre-Dame-des-Landes…

 

Ne faut-il pour autant voir dans ces luttes que des occupations défensives ? Avec une fâcheuse tendance à « bloquer la croissance » (sic) ? Les ZAD recèlent bien au contraire de multiples formes d’expérimentations qui dessinent d’autres modèles de sociétés. L’occupation et la rénovation de maisons abandonnées, la construction d’habitats alternatifs (cabanes dans les arbres, yourtes…), la création de jardins collectifs sur lesquels on se forme à la permaculture ou à l’agro-écologie, l’organisation de chantiers participatifs, et aussi beaucoup d’événements festifs, prennent tout leur sens dans un espace voué à être recouvert de béton.

 

Face à une société réglée sur la prédation des ressources naturelles, ces zones à défendre expérimentent des modes de vie alternatifs fondés sur des valeurs de partage et de respect, ancrés dans les territoires. Libérés de la menace policière et des bulldozers, les occupants de la zone humide du Testet sont en train de faire revivre les lieux en préparant les buttes pour des plantations au printemps. A Nantes, un Atelier citoyen misant sur l’expertise participative et pluridisciplinaire a été lancé pour plancher sur l’optimisation de l’aéroport existant. Une manière d’imaginer un futur s’appuyant sur les structures existantes.

 

Toutes ces zones à défendre font de la solidarité un vecteur commun. Les messages de soutien, l’arrivée quotidienne de vêtements, de fruits et légumes, la présence quotidienne de sympathisants de toute la région, renforcent ces mouvements. En Isère, la Confédération paysanne appelle à créer un maillage de points-relais pour fournir les zadistes en nourriture, matériels et formations à la construction paille. Preuve que les solidarités sont « translocales » – pour reprendre les termes du sociologue Nicolas Haeringer –, des comités de soutien à la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont été créés partout sur le territoire. Dans un avenir rempli d’incertitudes, ces luttes tracent un sillon rempli de graines de résistances. La promesse d’un printemps fructueux.

 

* Le principe démocratie – Enquête sur les nouvelles formes du politique, La Découverte, 2014.

 

Sophie Chapelle collabore au site Basta ! Vous pouvez la suivre sur Twitter en cliquant ici. Cet édito n’engage que son auteur.

Création du Parc naturel régional (PNR) des Baronnies Provençales

Ségolène Royal vient de signer le décret de création officielle du Parc naturel régional (PNR) des Baronnies Provençales.

 

 par Marie-Hélène Léon

Argus bleu, un des papillons que l'on retrouve dans les Baronnies Provençales (c)MHLEON

L’argus bleu, un des papillons que l’on retrouve dans les Baronnies Provençales @ MHLéon

 

Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, était cette semaine à Vinsobres (Drôme) pour annoncer la création du Parc naturel régional (PNR) des Baronnies Provençales.

Le Parc naturel régional des Baronnies Provençales rassemble 86 communes (52 communes de la Drôme et 34 des Hautes-Alpes) pour une superficie totale de 1560 km2 et 31 164 habitants. Les six villes-portes sont : Dieulefit, Grignan, Sisteron, Vaison-la-Romaine, Valréas, et Veynes.

Cette création vient valoriser un territoire vivant et dynamique. Rurales et montagnardes, à la richesse patrimoniale avérée, les Baronnies Provençales bénéficient des influences à la fois méditerranéennes et alpines. La biodiversité et les paysages remarquables duPNR en font un territoire d’exception. Ses ressources naturelles comme ses potentiels agricoles, touristiques et artisanaux sont ses principaux atouts pour l’avenir.

Les Régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur comptent donc actuellement 14 Parcs naturels régionaux au total.