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Catégorie ‘ACTUALITES’


Agriculture et environnement : la cause semblait entendue…

 


par Jacques Caplat
Caplat

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La cause semblait entendue…
De plus en plus d’études démontrent les ravages causés par les pesticides sur la santé humaine et environnementale (abeilles et pollinisateurs sauvages, sol, eau…), tandis que des paysans, notamment en agriculture biologique, font la preuve de l’efficacité de techniques alternatives. Les travaux des éthologues comme des économistes prouvent que l’élevage industriel est à la fois un scandale éthique et un terrible destructeur d’emplois. Les dernières statistiques établissent que les OGM n’apportent aucun bénéfice économique aux agriculteurs, augmentent leur dépendance vis-à-vis de l’agro-industrie et conduisent au développement de plantes ultra-résistantes puis à l’augmentation des doses de pesticides.

 

L’actualité de la lutte contre le dérèglement climatique impose de se préoccuper de la gabegie énergétique de l’agriculture industrielle et chimique, et de promouvoir des agricultures plus résilientes, c’est-à-dire moins gourmandes en eau notamment. Toutes les enquêtes d’opinion confirment que les citoyens souhaitent dans leur immense majorité une agriculture respectueuse des territoires, de l’environnement et des humains. La Cour des Comptes elle-même s’alarme de voir l’argent des contribuables servir à financer des pratiques agricoles défavorables à la protection de la ressource en eau, selon une incompréhensible logique « pollueurs-payés ».

 

L’ouverture du Salon de l’Agriculture offrait une bonne occasion pour annoncer la prise en compte de ces évidences et de ces nécessités vitales. En cohérence avec ses déclarations d’intentions en matière d’agroécologie, Stéphane Le Foll allait obligatoirement débloquer enfin les fonds nécessaires pour respecter son plan théorique de développement de l’agriculture biologique, annoncer des mesures pour stopper l’implantation de fermes-usines, confirmer le refus des OGM agricoles, réformer la recherche agronomique et l’enseignement agricole, promouvoir des variétés végétales plus adaptées à des étés secs de façon à éviter le recours aveugle à une irrigation destructrice des milieux.

 

Étrangement, c’est exactement l’inverse qui vient de se produire. Dans une vidéo ahurissante, le ministre de l’Agriculture fait une véritable déclaration d’amour à l’agriculture industrielle, se permettant même l’audace d’accuser ceux qui contestent sa prétendue nécessité. Et, à l’inverse de ses déclarations formelles en faveur de l’agriculture biologique contredites par l’absence délibérée de moyens pour son développement, cette fois-ci les actes suivent : après avoir relevé il y a un an le seuil d’agrandissement automatique des élevages porcins, Stéphane Le Foll annonce une prochaine mesure similaire en faveur du gigantisme des usines de volailles hors-sol. Relance des « OGM de deuxième génération » dont les VrTH (variétés rendues tolérantes aux herbicides), accélération des constructions de retenues d’eau pour l’irrigation… N’en jetez plus !

 

Est-ce à dire que les intérêts des grands groupes agro-alimentaires, dont la FNSEA se fait hélas le relais au détriment de ses adhérents, passent avant ceux des citoyens et de la planète ? Il est étonnant que les agriculteurs, premières victimes de cette industrialisation, la soutiennent dans leur apparente majorité. Pourtant, « agrandir les exploitations » signifie mécaniquement… en supprimer une partie ! et donc jeter des agriculteurs au chômage.

 

Le cas de l’élevage porcin est édifiant : la mesure facilitant leur agrandissement, prise en catimini il y a un peu plus d’un an pour « suivre » le mouvement international de concentration industrielle, n’a conduit qu’à aggraver la crise par une baisse continue des cours, à ruiner encore plus d’éleveurs, et à délocaliser encore plus l’abattage au détriment de l’emploi agro-alimentaire français.

 

C’est ce fiasco social que le gouvernement veut transposer chez les volailles – sans oublier les dégâts environnementaux qui en découlent ? Le fait que le président du principal groupe agro-industriel français (cf. l’excellente enquête de Reporterre) soit également président de la FNSEA est-il pour quelque chose dans cette course en avant paradoxale ?

 

Il serait temps que le Salon de l’Agriculture devienne autre chose qu’une vitrine complaisante d’un « modèle » agro-industriel dépassé et néfaste. Et si les terroirs cessaient d’être une ode au chauvinisme régional pour redevenir des lieux d’échange stimulants entre paysans et citoyens, où le « local » ne peut avoir de sens que si les pratiques sont respectueuses de l’environnement et des riverains ? Et si la modernité consistait à redonner aux paysans la maîtrise de leurs outils et de leurs choix au lieu de les rendre dépendants des multinationales ? Et si l’agriculture retrouvait sa capacité d’adaptation aux changements (notamment climatiques) au lieu de prétendre contraindre le territoire et les citoyens à s’adapter aux logiques industrielles ?

 

La cause semblait entendue. Mais il n’est pire sourd…

 

Jacques Caplat est agronome, auteur de L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité (Actes Sud, 2012) et Changeons d’agriculture (Actes Sud, 2014), administrateur d’Agir Pour l’Environnement. Retrouvez son blog en cliquant ici.

 

 


 

Jean-Jacques Annaud, écologiste ?

« Si Pékin est envahi par des nuages de poussière, c’est à cause de la disparition des loups » affirme Jean-Jacques Annaud.

 

par Marc Giraud

 

Jean-Jacques Annaud pendant le tournage du « Dernier Loup » – photo © Mars Distribution

La discussion se déroule à l’inauguration de l’expo du Parc zoologique de Paris, le 16 février dernier. Le réalisateur du Dernier Loup (lire notre critique ici) explique : « Les loups chassent les marmottes (peut-être bien des sousliks) et les empêchent de proliférer. La disparition des prédateurs entraîne un surpâturage qui élimine les herbes protectrices des sols, il ne reste que de la poussière ». Ecologiste, Annaud ? À sa manière. Il aime les paysages grandioses et les animaux impressionnants, et les célèbre incontestablement dans ses œuvres.

 

Supposant que son film témoigne d’une sensibilité au problème, je demande à Annaud ce qu’il pense de la situation du loup en France et de l’utilité de le protéger. Et là, il se montre beaucoup plus prudent, bottant en touche en renvoyant dos à dos bergers et écologistes. Annaud ne s’aventurera pas dans un domaine qu’il ne semble pas connaître, et n’entend pas être « l’étendard d’une cause ». Il préfère conclure : « mes films parlent d’eux-mêmes ». La fiction ne rejoindra pas la réalité.

 

 

SOS lancé par les écologistes d’Oran : le lac Télamine réceptacle des eaux usées des environs

Bien que classé sur la liste Ramsar, le lac Télamine reçoit des eaux polluées provenant des communes environnantes et de la zone industrielle de Hassi Ameur.

 

par M’hamed Rebah

 

« Les zones humides pour notre avenir », c’était le thème, en 2015, de la Journée mondiale qui est consacrée à ces écosystèmes le 2 février de chaque année.  Le bref communiqué de l’Unesco publié à cette occasion, rappelle qu’elles sont souvent traitées comme des espaces à l’abandon et cite un chiffre qui devrait donner à réfléchir sur l’état de la nature : 64 % des zones humides de la planète ont disparu depuis 1900. Elles sont pourtant considérées comme les écosystèmes les plus divers et les plus productifs. Les spécialistes soulignent leur rôle primordial dans la préservation des ressources en eau et la lutte contre les inondations, qui sont des préoccupations majeures dans le contexte actuel d’incertitude causée par les problèmes d’environnement.

 
220px-RAMSAR-logoLa Convention de Ramsar donne la définition suivante des zones humides : ce sont « des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eaux marines dont la profondeur à marée basse n’excède pas 6 mètres ».
 
En Algérie, cette définition recouvre les chotts, sebkhas, lacs et marais (eau douce, saumâtre ou salée), oueds, gueltas, oasis et barrage. La convention de Ramsar, ratifiée par l’Algérie en 1982, a pour mission « la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ».  L’Algérie s’est engagée dans une démarche pour le classement, la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides, au nombre de quelque 1700 aujourd’hui. Cinquante sites sont classés Ramsar, d’importance internationale, et dix sites prioritaires ont été retenus par le ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement pour être dotés d’un plan de gestion assurant leur gestion rationnelle et durable. Les 50 zones humides inscrites sur la Liste sont reconnues comme ayant une valeur importante non seulement pour l’Algérie, mais aussi pour l’humanité tout entière.
 

L’inscription sur la Liste Ramsar engage le gouvernement algérien à prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien des caractéristiques écologiques qui ont permis le classement des sites concernés. Dans la réalité, en Algérie, ce classement ne protège pas contre les atteintes aux zones humides. La preuve en est donnée par la situation du lac de Telamine (2,3999 hectares), à l’est d’Oran, classé le 12 décembre 2004 sur la Liste Ramsar. Selon le journaliste de Reporters (édition du dimanche 1er février), les usines rejettent à partir de la zone industrielle de Hassi Ameur, des déchets liquides ou solides dans les systèmes d’évacuation des eaux pluviales qui déversent dans le lac Telamine. L’APS (Algérie Presse Service) a rapporté, de son côté, l’appel des participants à une rencontre sur les zones humides, organisée samedi 31 janvier à Gdyel (Oran), à l’arrêt immédiat des déversements des eaux usées, provenant des communes environnantes et de la zone industrielle de Hassi Ameur, dans le lac Télamine. Un membre de l’association Boudour a lancé un véritable cri d’alarme : « Il faut empêcher le plus tôt possible les déversements des eaux usées des communes de Benfréha, Hassiane Toual, Hassi Ben Okba, Hassi Mefsoukh et Gdyel, y compris la zone industrielle de Hassi Ameur qui affluent sans traitement, en moyenne 10.000 mètres cubes par jour, endommageant la faune et à la flore de ce lac ». Ils demandent la mise en place d’une station d’épuration des eaux usées pour éviter la pollution du lac. C’est un projet en cours.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

La stratégie de gestion des zones humides en Algérie

Des ateliers seront organisés pour la société civile et les ONG.

 

par M’hamed Rebah

 

La Direction générale des forêts (DGF) sollicite la participation de la société civile et des associations dans le cadre de sa stratégie nationale multisectorielle pour la préservation des zones humides en Algérie. Des ateliers seront organisés prochainement avec la communauté scientifique, la société civile et les différents secteurs concernés pour vulgariser cette stratégie, a indiqué Ghania Bessah, sous-directrice chargée de la protection des aires protégées à la DGF, citée par l’APS (Algérie Presse Service).

 

« L’objectif final de cette stratégie est d’arriver à un schéma de gouvernance de ces zones humides où tous les secteurs seront représentés, y compris les unités industrielles », a-t-elle souligné le 2 février à Reghaïa, à l’occasion de la cérémonie de célébration de la journée mondiale des zones humides qui s’est déroulée dans le Lac de Reghaïa, en présence du secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Fodhil Ferroukhi, et du directeur général des Forêts, Mohamed Seghir Noual. Selon la DGF, la stratégie actuellement « en cours d’élaboration » vise, au même titre que d’autres activités prévues, la sensibilisation sur les différentes menaces qui pèsent sur les zones humides et qui sont souvent causées par les diverses activités humaines, nécessitant de construire « une réflexion ensemble pour les préserver afin d’assurer notre avenir ».

 
logo-medwetL’initiative de la DGF d’associer les associations écologiques à la stratégie de préservation des zones humides rejoint le projet en cours de lancement du Réseau MedWet de la société civile en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Ce projet concerne le renforcement des capacités des organisations de la société civile qui œuvrent dans le domaine de l’environnement, et a pour objectif d’asseoir une collaboration entre les institutions administratives et ces organisations de la société civile autour de la préservation des zones humides.

 
Cette démarche participative est devenue une urgence pour faire face plus efficacement à la dégradation des zones humides et au risque de leur disparition si rien n’est entrepris sérieusement pour leur préservation. Le Lac de Reghaïa, qui se trouve pourtant dans la banlieue de la capitale et qui bénéficie donc, grâce à sa proximité des centres de décision, de toute l’attention des autorités, n’a pas échappé aux menaces de dégradation. Le constat en a été fait une nouvelle fois par le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural: « le Lac de Réghaïa subit actuellement une forte pression due à l’extension urbaine et aux unités industrielles implantées autour de cette zone humide ». Il juge que « la situation ne doit pas continuer comme ça. Des dispositions doivent être prises pour que la règlementation soit appliquée rigoureusement ». En fait, les dispositions ont été prises puisque lui-même annonce, selon l’APS, que la wilaya d’Alger a établi un diagnostic et adressé récemment des mises en demeure aux unités industrielles responsables de la pollution du lac de Réghaïa. Les usines polluantes, dont une cinquantaine déversent leurs rejets directement dans le lac, doivent réaliser des stations d’épuration. Il reste à faire appliquer ces dispositions, répétées, force est de le rappeler, à chaque 2 février. Depuis que la zone industrielle de Rouiba-Reghaïa existe, il y a toujours eu des rejets d’eaux polluées, chargées de produits chimiques toxiques, dans le lac via deux cours d’eau.

 
Il faut savoir que le Lac de Reghaïa est inscrit sur la Liste de Ramsar depuis juin 2003. Il doit cette distinction à ses caractéristiques écologiques qui en font le lieu de fréquentation de milliers d’oiseaux d’eau avec en moyenne annuelle 47 espèces locales et migratrices, selon les statistiques du Centre cynégétique qui se trouve dans le site du lac. Cinq écosystèmes différents y cohabitent: marin, marécageux, dunaire, lacustre et forestier. Sa faune est constituée de 206 espèces d’oiseaux (flamant rose, canard souchet, col vert, bécassine,…), de 21 espèces de mammifères (chacal, genette, sanglier, renard famélique, etc.), de 12 espèces de poissons, de 170 espèces d’invertébrés (insectes, arachnides…) et de 71 espèces de reptiles et d’amphibiens. Sa richesse floristique est composée de 233 espèces de plantes inventoriées et de 25 espèces de flore marine. Cet espace exceptionnel, tout près de la capitale, mérite un minimum d’égards. En chiffre, ce minimum doit se traduire, pour la zone industrielle voisine, par « zéro mètre cube d’eaux usées non épurées » à la sortie des usines.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

Les oies et les abeilles au parloir !

Qui a dit que notre pays était réfractaire à l’innovation ? C’est sans doute pour faire cesser de tels ragots infondés, que notre ministre de l’Ecologie a récemment choisi la voie de l’originalité. Voyez plutôt  et parlons de la chasse : jusqu’à présent, ses prédécesseurs s’étaient contentés de prendre des arrêtés en contradiction avec les directives européennes, arrêtés qui en particulier, prolongeaient la chasse à l’oie sauvage au mois de février… alors que ce canardage est censé s’arrêter en janvier. La chasse, c’est comme les soldes, il y a toujours des prolongations…

 

 par Denis Cheissoux

 

Mais cette année, même si le cessez-le-feu a été officiellement fixé au 31 janvier, une variante est apparue. Oh c’est tout simple ! Comme les chasseurs ont annoncé qu’ils ne respecteraient pas l’interdiction, Ségolène Royal a demandé au directeur de l’Office National de la Chasse de ne pas verbaliser les contrevenants ! En quelque sorte, le braconnage devient une activité sinon légale, du moins implicitement encouragée par un ministre qui en matière de politique, n’a rien d’une oie blanche, et qui prône le pragmatisme face au lobby de la « gâchette-qui-démange ». Bref, la réalité du terrain avant toute chose !

 

Le ministère joue en tout cas ici à un bien étrange jeu de l’oie. Et de l’oie (la bestiole), au non-respect de LA LOI, il n’y a probablement que l’épaisseur d’une plume de palmipède. La loi n’est décidément pas la même pour tous, surtout quand des élections cantonales se profilent. Des élections qui pourraient bien se jouer sur un coup de dés, et dont les oiseaux migrateurs feront fatalement les frais. Maintenant entre le gouvernement et les écologistes, toute cette affaire ne risque-t-elle pas de dégénérer en conflit d’oies ?… Allez savoir.

 

C’est d’autant plus dommage que d’autres actions comme la prime km vélo pour les déplacements domicile-travail, l’interdiction du commerce de l’ivoire d’éléphants dans les salles de vente, les mesures pour arrêter la diésélisation de nos poumons, la labellisation de territoires énergétiques sont des mesures très positives.

 

Et les z’abeilles ?!

On savait les abeilles mal en point ; on vient d’apprendre qu’elles se sont fait un nouvel ennemi. L’abeille est comme ça, il faut qu’elle se fâche avec tout le monde !… Doit-elle faire face à un nouveau frelon, au varroa, nosema, au petit insecte des ruchers ? A un parasite sournois autant qu’inédit ? Point du tout. Le nouvel ennemi, c’est le sénateur. Parfaitement, le sénateur, qui à l’inverse des abeilles, voit ses populations enregistrer une certaine stabilité, voire un léger rajeunissement.

 

Le sénateur donc, aurait pu, le 4 février, interdire les néonicotinoïdes qui contribuent – même si ce n’est pas la cause unique – à l’effondrement des colonies de butineuses. Il n’en a rien fait, c’est sur le score sans appel de 248 voix contre 64 que l’interdiction d’utiliser cette famille de pesticides, proposée par le sénateur écologiste Joël Labbé, a été rejetée par le Sénat cette semaine. Les sénateurs PS ont voté contre cette interdiction à la quasi unanimité cette résolution … soutenue par S. le Foll, ministre de l’Agriculture.

 

N’allez pas dire après ça que l’on ne prête qu’aux ruches !

 

Bon, c’est sûr, les sénateurs ont déjà fait beaucoup pour les abeilles, puisque les jardins du Palais du Luxembourg hébergent des ruches depuis 1856. Sans doute, ces dames et messieurs, toujours convaincus d’œuvrer dans l’intérêt général et certainement pas pour le lobby de la chimie,ont-ils considéré qu’il n’était pas nécessaire d’en faire davantage pour cette classe ouvrière volante !

 

Et puis les mêmes sénateurs maires dans leurs communes doivent avec une sincérité émouvante  installer et inaugurer des ruchers pour ces réfugiées chimiques qui dépérissent dans les champs devenus un long printemps silencieux. On veut bien accueillir quelques réfugiées malmenées par les pesticides, mais de là à s’attaquer au fond du problème, il y a tout de même un abîme.

 

En tout cas, pour le rapporteur de ce projet de résolution, Joël Labbé – qui n’aboutira donc pas à une révolution des pratiques agricoles – la messe est dite.

 

Denis Cheissoux anime CO2 Mon Amour tous les samedis à 14 h sur France Inter. Vandana Shiva est l’invitée principale de son émission du 7 février 2015, au cours de laquelle le texte ci-dessus devait être lu.

 

Comment observer et photographier la faune sauvage sans la déranger ?

Communiqué

L’association de protection de la nature Le Pic vert a aménagé cinq cabanes d’observations dans les réserves naturelles qu’elle gère en Isère, France, en mettant au point un modèle d’observatoire original permettant d’observer et de photographier la faune sauvage de très près, sans la déranger.

 

Observatoire enterré devant une mare -Photo  JF Noblet

Observatoire enterré devant une mare -Photo JF Noblet

Afin de faire connaître ce nouveau modèle d’observatoire, Le Pic vert vient de publier une plaquette décrivant les plans et le matériel utilisés et permettant à chacun de construire sa propre cabane.

 

Ce document, rédigé par Jean François Noblet (JNE), richement illustré, s’adresse aux gestionnaires d’espaces verts ou naturels, aux parcs animaliers, aux parcs nationaux et régionaux, aux réserves naturelles et à toutes les personnes qui souhaitent photographier les oiseaux dans leur jardin.

 

Cette plaquette numérisée est uniquement diffusée par mail à titre personnel. Elle est vendue 10 €.

 

Pour la recevoir il faut envoyer 10 € par Paypal ou carte bancaire (http://lepicvert.org/plaquette-observatoires.html ) ou par chèque ou virement à l’association Le Pic vert, 24 place de la mairie 38140 Réaumont. 04 76 91 34 33 ou contact@lepicvert.asso.fr en donnant le nom et le prénom de l’acheteur.

Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales

Les collectivités locales souhaitant connaître et protéger la biodiversité sur leur territoire dans le cadre d’une stratégie régionale pour la biodiversité ou de tout autre programme sont souvent démunies au moment de son évaluation. Quels critères évaluer ? Quels outils utiliser ? Le comité français de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature – a édité spécialement pour elles un jeu de fiches définissant 25 indicateurs régionaux de biodiversité à renseigner.

 

par Christine Virbel

 

Indicateurs
Élaborées par les experts de l’UICN France et de nombreuses collectivités de différentes régions de notre territoire, ces fiches permettent de mesurer les types de pressions qui peuvent exister sur la biodiversité, comme l’artificialisation des sols ou la caractérisation des espèces exotiques envahissantes qui prennent la place des espèces autochtones. Elles aident également à mesurer l’état de conservation et de fonctionnalité des habitats et des écosystèmes ou, au contraire, leur fragmentation et renseignent sur la diversité génétique des espèces domestiques et cultivées.

 

Elles permettent enfin d’identifier les réponses apportées par les acteurs du territoire, qu’il s’agisse d’actions individuelles telles que le nombre d’habitants ayant vécu une expérience de sensibilisation dans la nature (sortie dans un parc nature régional, ou lors de la Fête de la Nature par exemple), ou d’actions collectives telles que la mesure de la part d’espaces protégées sur le territoire régional. Il faut noter que les indicateurs sont un moyen de donner des indications sur ce que l’on cherche à mesurer mais ils doivent être complétés par des informations qualitatives propres aux collectivités pour être bien interprétés et contribuer à éclairer les décisions politiques en cours ou à rendre compte des résultats de ces décisions.

 

Les fiches s’intéressent encore aux entreprises qui sont présentes sur le territoire régional en proposant de calculer la part de celles ayant engagé un plan d’actions pour la biodiversité.

 

Enfin, l’ensemble des indicateurs a été pensé pour que les collectivités puissent s’auto-évaluer et se situer au niveau national et international. Au final, un outil bien pratique et des fiches très opérationnelles.

 

Les fiches peuvent être demandées à l’UICN, 26 rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, ou directement téléchargées sur le site de l’UICN France dans la rubrique « Outils et documents » : http://uicn.fr/IMG/pdf/Indicateurs_de_biodiversite-web.pdf

 

Journée mondiale des zones humides, ne soyons pas schizophrènes !

 


par Carine Mayo, présidente des JNE.
Mayo-Carine

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Dans quelques jours, le 2 février, on va célébrer les marais, les étangs, les lagunes. Pour une journée, une petite journée seulement. On montrera des images de grenouilles et de crapauds qui vont pondre leurs œufs dans les mares. Des rédactions plus fortunées illustreront peut-être le sujet par un reportage sur la mangrove, cet écosystème tropical qui abrite des arbres magnifiques aux racines qui plongent dans l’eau et alimente des myriades de poissons, crevettes… On vantera l’effet tampon des zones humides qui amortissent les crues, filtrent l’eau et recèlent une biodiversité remarquable et l’on rappellera que la moitié d’entre elles ont été détruites par l’aménagement côtier, l’urbanisation, l’assèchement des marais… Et l’on déclarera la main sur le cœur, qu’il est important de les protéger.

 

Puis le lendemain, on passera à autre chose et l’on oubliera. Pas tout le monde bien sûr, car de nombreux scientifiques, écologistes, acteurs de l’eau, se mobilisent pour essayer de conserver ces zones intactes. Mais leur action ne pèse souvent pas très lourd face à la volonté d’aménagement. Pour preuve, deux exemples récents : le projet du barrage de Sivens dans le Tarn et celui de construction d’un Center parcs à Roybon, en Isère. Dans les deux cas, la conservation des zones humides a été jugée moins nécessaire que le développement d’une activité agricole et la promesse d’emplois.

 

Avoir de bonnes récoltes et maintenir de l’emploi est important dans un pays qui a 66 millions d’habitants et 3,5 millions de chômeurs. Mais supprimer des zones humides, c’est un peu comme scier la branche sur laquelle on est assis. A moyen terme, on risque des inondations, des sécheresses et l’augmentation des températures, car ces écosystèmes stockent un cinquième du carbone mondial. Sans compter la disparition irréversible de la faune et de la flore qui peuplent ces milieux.

 

Mais qui se soucie du moyen terme dans un pays où un grand nombre de politiques ne voient pas souvent plus loin que la prochaine élection ? Et comment faire comprendre l’importance de ces merveilles de la nature à des citoyens, pour la plupart citadins, plus souvent occupés à essayer de joindre les deux bouts ou à travailler comme des fous ? Pas facile, quand on apprend dans une enquête commandée par le ministère du Développement durable, que 46 % des Franciliens ne connaissent pas l’expression « zones humides » et que 50 % d’entre eux pensent qu’elles sont inutiles.

 

Notre association de journalistes a donc décidé de s’atteler à la tâche en choisissant de tenir son congrès au mois de juin dans le Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande. Ce sera l’occasion de voir sur le terrain quelles sont les difficultés rencontrées et quelles solutions sont mises en œuvre pour préserver les marais et les prairies humides.

 

Et comme la préservation des milieux dépend aussi des conditions climatiques, nous avons prévu plusieurs rendez-vous tout au long de l’année 2015 afin de préparer le Sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site que nous avons réalisé pour l’occasion (www.ajec21.org) en partenariat avec l’Association des Journalistes de l’Environnement (AJE), avec laquelle nous avons créé l’Association des Journalistes de l’Environnement et du Climat pour la COP21.

 

Quand Cabu imaginait le Parc national des Pyrénées en 2025…

Alors que je ne suis toujours pas ni remis ni consolé de la mort de Cabu, je viens de recevoir un courrier qui m’a rappelé à quel point Jean était un fervent défenseur de la nature, mais d’une nature sauvage qu’il ne fallait pas « organiser » à tout prix. Une certitude qu’il partageait avec François Terrasson…

 

par Claude-Marie Vadrot

 

Cabu-Empreintes
Monsieur,

Vous vous souvenez peut-être encore de votre humoristique intervention et de l’aide que vous nous aviez apporté * à l’occasion du quarantième anniversaire du Parc national des Pyrénées. Bien que la plupart d’entre nous ne soyons plus au parc, rattrapés par l’âge de la retraite, nous avons tous gardé de cette facétie un excellent souvenir.

Vous aviez demandé à votre ami Jean Cabut de créer quelques dessins pour cette occasion. Il ne voulut jamais que nous le rémunérions pour son travail . Ce fut pour moi l’opportunité de le rencontrer au salon du livre de Pau et de me rendre compte de sa gentillesse, de sa malice et de sa douceur aussi.

Je sais qu’il était votre ami. Lui-même et ses compagnons ne seront pas faciles à remplacer.

Croyez à toute ma sympathie.

Dominique Tribot Laspière.

 

* Jean et moi avions imaginé, pour les quarante ans du Parc national des Pyrénées, un Journal du parc d’une trentaine de pages décrivant, en textes et en dessins, ce que pourrait devenir un parc national en 2025 s’il se transformait seulement un objet de tourisme animé par les nouvelles technologies. Quel directeur de parc, il s’agissait alors de Christian Chatry, oserait aujourd’hui que deux journalistes se « moquent » de son parc ? Aucun, à mon avis…

Cabu-Ours

 


Cabu-Pyrenee


Algérie : dialogue de sourds et épreuve de force à In Salah autour des gaz de schiste

La visite de Youcef Yousfi, ministre algérien de l’Energie, n’a rien donné.

 

par M’hamed Rebah

 

Le débat des experts algériens sur l’exploitation du gaz de schiste, entre pro et anti, qui semblait confiné à un moment aux salles où se tiennent les conférences ou aux colonnes de la presse qui accueillent les points de vue contradictoires, ou alors aux plateaux des chaînes de télévision privées, a, en définitive, eu son impact sur les populations riveraines des bassins censés contenir des réserves exceptionnelles de cet hydrocarbure non conventionnel et où a été envisagé et même engagé un processus qui doit conduire à son exploitation, selon les projets du gouvernement.

 

C’est le cas du bassin d’Ahnet, près d’In Salah, motif d’une contestation qui a amené la population à sortir dans la rue, pacifiquement, pour demander la fermeture du puits-pilote qui a été foré et qui aurait, aux dires du ministre de l’Energie, Youcef Yousfi, donné des résultats prometteurs. La manifestation de protestation qui a commencé à la fin de l’année 2014 n’est pas une surprise, elle était prévisible après les actions sporadiques lancées par des associations ces derniers mois dans la même région.

 

Mais cette fois, c’est toute la population, y compris les femmes et les enfants, qui se sont impliqués dans cette action qui a même débordé sur les institutions élues puisque l’APS (Algérie Presse Service) rapporte que le président de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), Dahmane Hamza, s’est associé à la demande des protestataires et a interpellé les pouvoirs publics pour « suspendre d’urgence, temporairement, le projet d’exploitation du gaz de schiste ». Il souhaite qu’une issue consensuelle soit trouvée à cette situation.

 

Sa proposition aurait pu aboutir. Le ministre de l’Energie a accepté de rencontrer les élus locaux et les représentants de la société civile, à In Salah. Mais il a cherché à convaincre que l’exploitation du gaz de schiste à In-Salah ne comporte pas de dangers. Il n’a pas réussi à faire admettre l’idée qu’il n’y avait pas d’autre alternative. La réunion s’est terminée sans aucun accord entre les deux parties sur la fermeture du puits de Dar Lahmar, à 28 km d’In Salah, qui est l’unique revendication des protestataires.

 

C’est une sorte de dialogue de sourds qui a eu lieu : le ministre est allé à In Salah à la rencontre de la population pour la convaincre d’adhérer au projet du gouvernement d’exploitation du gaz de schiste alors que la population attendait du ministre l’annonce de la fermeture du puits. Le ministre qui a appelé les représentants des protestataires à faire preuve de sagesse s’est engagé à leur organiser une mission d’information, en compagnie d’experts, à l’étranger, « pour en avoir le cœur net ». Et dans le cas contraire, selon le compte rendu de l’APS, il a promis qu’« il sera procédé à l’arrêt de l’exploitation du gaz de schiste dans la région ».
D’après d’autres sources médiatiques, les représentants des protestataires ont proposé de suspendre l’opération sur le puits de Dar Lahmar et d’en rediscuter dans un an, le temps de vérifier toutes les hypothèses. Cette impasse dans le dialogue a amené les représentants de la société civile à quitter la réunion sans écouter plus longtemps les arguments du ministre qui était accompagné, dans ce déplacement, par un groupe d’experts. Pendant que Youcef Yousfi se trouvait à In Salah, près de 500 personnes, en majorité des étudiants, participaient, selon l’APS, à une marche à 700 km de là, à Tamanrasset, chef lieu de la wilaya, scandant des slogans appelant à « arrêter l’exploitation du gaz de schiste ». Comment va évoluer cette situation ? Le Premier ministre ira-t-il sur place pour, à son tour, appeler la population à « la sagesse » et à renoncer à sa contestation ? Ira-t-il jusqu’à remettre en question le projet pour le relancer plus tard sur d’autres bases, avec, notamment, l’adhésion de la population ? Ou alors le pire, c’est-à-dire l’accentuation de l’épreuve de force ? Rien, pour le moment, ne permet de le savoir.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 


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