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Catégorie ‘ACTUALITES’

Encyclique « Laudato Si » : un pape écologiste, mais pas décroissant


par Jean-Claude Noyé

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Nous l’avons tant attendu, ce grand texte du magistère romain sur l’écologie ! Certes, les prédécesseurs du pape François n’ont pas manqué d’exprimer leurs inquiétudes devant la destruction de la planète, dont ils ont vite pris la mesure.

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Mais leurs déclarations successives n’ont pas fait «masse». Elles n’avaient pas le caractère solennel des encycliques et leur capacité de déclencher des réactions de grande ampleur. Si le texte papal sur « La sauvegarde de la maison commune » a fait le buzz, c’est sans doute aussi en raison de son caractère engagé. Il doit son titre, Laudato Si, « Loué sois-tu » en latin, aux premiers mots d’une célèbre prière de saint François d’Assise, le cantique des Créatures : « Loué sois-tu Seigneur par tes créatures, spécialement messire frère Soleil par qui tu nous donnes le jour, la lumière … » En commençant ainsi son encyclique, le pape, qui a choisi de situer son pontificat sous l’autorité spirituelle du «Poverello» en adoptant son nom, se place résolument dans les pas de celui que Jean-Paul II a fait patron des écologistes.

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De fait, la référence à François d’Assise traverse cette encyclique de part en part. Particulièrement dans la partie finale, dans laquelle le souverain pontife appelle tous les hommes à une conversion écologique qui s’appuie sur une spiritualité non moins écologique aux accents franciscains : simplicité volontaire, attitude d’humilité dans nos relations avec les hommes comme avec la Création, efforts pour retrouver une attitude contemplative devant le monde, moins vorace, moins prédatrice.

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Le pape dénonce la culture du déchet, fait la promotion d’une société de sobriété heureuse et évoque même la nécessité « d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties ». (p. 148).

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Cela suffit-il à faire de lui un décroissant, comme suggéré ci et là ? Certes non, pour preuve sa référence fréquente au «développement durable». Un oxymore que les décroissants détestent parce qu’il est trop lourd d’ambiguïtés. De même, le pape reste plus qu’ambivalent sur les OGM, n’aborde pas la question du nucléaire, dénonce la toute-puissance de la techno-science tout en faisant la promotion des sciences. Ajoutons qu’il s’oppose au contrôle des naissances comme réponse appropriée à la crise écologique et qu’il réaffirme (sans s’attarder) son opposition à l’avortement. Bref, comme écologiste de longue date, on peut rester sur sa faim.

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Faut-il pour autant bouder notre plaisir ? Sûrement pas, car la tonalité globale du texte papal reste celle d’une dénonciation plutôt radicale des errances de la société de consommation, sur fond de dénonciation du capitalisme financier et d’appel vibrant à entendre tant le cri des pauvres que celui de la Terre. Une invitation expresse à comprendre « l’urgence et la nécessité d’un changement presque radical dans le comportement de l’humanité » (page 5).

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Gageons qu’il sera entendu, des simples fidèles comme de la hiérarchie catholique qui, au lieu d’avoir une longueur d’avance en matière d’écologie, a, hélas, une longueur de retard. Il est vrai qu’elle revient de loin, toute marquée qu’elle a été pendant des décennies par le mythe du progrès et le modèle productiviste. Pour preuve, l’appui constant de l’ancienne JAC (Jeunesse catholique agricole) à la PAC (politique agricole commune) et à son cortège de destructions.

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Autant dire que les chrétiens doivent encore faire leur révolution culturelle. C’est pour les y aider que l’hebdomadaire La Vie et le diocèse de Saint Etienne organisent dans cette ville, les 28, 29 et 30 août 2015, les deuxièmes Assises chrétiennes de l’écologie. L’occasion de donner la parole à des théologiens, philosophes et journalistes d’investigation. Mais aussi à des militants de base – croyants ou non – qui feront part, dans plus de 80 forums, de leurs actions concrètes pour la « Sauvegarde de la maison commune ». Un rendez-vous dont on aimerait qu’il marque durablement les esprits. Comme le fit le précédent.

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Membre des JNE, Jean-Claude Noyé est journaliste à La Vie et co-organisateur des Assises chrétiennes de l’écologie.

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Le texte intégral de l’encyclique en français : http://w2.vatican.va/content/dam/francesco/pdf/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si_fr.pdf

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Le programme des Assises chrétiennes de l’écologie
rencontres-ecologie-2015.assises-chretiennes.fr/assisces_chretiennes/Assises.html

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Pour s’inscrire aux Assises chrétiennes de l’écologie
rencontres-ecologie-2015.assises-chretiennes.fr/assisces_chretiennes/Inscriptions.html

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Une tournée forestière au Portugal

L’Association Forêt Méditerranéenne, dont le siège est à Marseille, organise chaque année un voyage d’étude sur le terrain. Cette année, c’était le Portugal.

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par Roger Cans

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Pour nous y rendre, nous avons d’abord traversé le nord de l’Espagne, où la forêt se borne à des plantations d’eucalyptus. A gauche de la route, des eucalyptus, à droite de la route, des eucalyptus. Affligeant de monotonie. Ces arbres d’importation se régénèrent maintenant naturellement, de sorte qu’ils sont durablement installés.

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Au Portugal, il y en a aussi, mais beaucoup moins. Dans l’Alentejo (« l’outre Tage ») où nous avons circulé, les premiers eucalyptus ont été plantés dans les années 1950 pour lutter contre la malaria. Mais, depuis, les grands conglomérats du papier ont vu tout l’intérêt du bois d’eucalyptus pour fabriquer du papier blanc de qualité écriture (alors que les résineux servent pour le papier carton ou le papier journal). Donc, l’eucalyptus fait aussi partie du paysage portugais. Et il ne sert pas qu’au papier. Il m’est arrivé d’acheter en France un manche de pioche en bois d’eucalyptus fabriqué au Portugal !

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Cependant, l’essentiel des boisements est constitué de chênes verts (80 %) et de chênes liège (20 %). Dans les plaines de l’Alentejo, on ne trouve que de la savane arborée, où la densité d’arbres est très faible : 50 chênes verts à l’hectare et seulement 4 chênes liège à l’hectare (en moyenne). En fait, ce sont de vastes pâtures à vaches ou à moutons, où les arbres ne servent que de parasols. Les grands propriétaires fonciers ne vivent pas de la vente du bois, car le bois de feu (chêne vert) ne trouve plus preneur et le liège a perdu la moitié de sa valeur sur le marché. Ce qui rapporte, c’est la prime à la vache allaitante offerte par l’Union européenne, comme en Corse. Les bovins vivent leur vie seuls dans la savane, avec de l’herbe en hiver et des plantes sèches durant l’été. On ne s’occupe d’eux que pour les vendre. L’Union européenne, qui a décidément bon dos au Portugal, finance aussi des reboisements de chênes liège sur les terres en friche.

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Pour trouver de la vraie forêt, il faut aller dans la montagne, vers la frontière espagnole. Le maquis de cistes et de chênes verts abrite le chêne liège qui, là, est exploité. La première levée de liège (dit « mâle ») est faite lorsque l’arbre atteint 70 cm de tour. La première récolte ne donne que du liège à broyer pour faire des panneaux ou du matériel isolant. Le liège de repousse (dit « femelle ») sera récolté ensuite tous les neuf ans. C’est avec lui qu’on fait les bouchons de qualité. Les ouvriers chargés du démasclage travaillent avec une simple hache, dont le manche est taillé en pointe pour décoller l’écorce du tronc. Ils doivent faire attention à ne pas toucher l’aubier, sous peine de blesser l’arbre. Ils portent eux-mêmes leur récolte sur l’épaule jusqu’à la remorque d’un tracteur qui pénètre dans le maquis. Nous avons vu la même chose au Maroc, dans les forêts du Rif.

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L’arbre le plus exploité dans l’Alentejo est l’olivier, pour sa précieuse huile. Mais à la culture traditionnelle de l’olivier qu’on laisse vieillir en le taillant à hauteur d’homme pour faciliter la récolte, se substitue aujourd’hui une nouvelle technique : les oliviers sont plantés très serrés et taillés comme une vigne à 1 m 20, 1 m 30. De loin, on dirait en effet des vignes très denses, mais ce sont de jeunes oliviers qui vont être récoltés mécaniquement et que l’on ne laissera pas vieillir. C’est la culture industrielle de l’olivier…

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L’autre arbre très exploité est le pin pignon (notre pin parasol), planté par parcelles entières pour produire les pignes, très appréciées dans la cuisine. Mais, comme l’eucalyptus, il prend feu très facilement. L’incendie est la principale menace en « forêt méditerranéenne », même lorsqu’elle est plutôt atlantique.

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La cigogne est un oiseau omniprésent dans la région. A proximité des points d’eau, on voit des nids sur tous les poteaux télégraphiques (que l’oiseau préfère aux arbres pour sa sécurité). Sur les pylônes de lignes à haute tension, on aperçoit des anémomètres qui tournent constamment : ce sont des dispositifs pour dissuader cigognes et grands rapaces de se poser et de s’électrocuter. Astucieux et économique. Curieusement, on ne trouve pas d’éoliennes dans la région pour exploiter l’énergie du vent. Cela viendra peut-être.

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Nous visitons un Centre d’études et de sensibilisation à l’environnement, installé sur 200 hectares de collines. On y pratique le reboisement de chênes verts sur « bourrelets à double butée », arrosés par goutte à goutte. On y cultive les plantes aromatiques et médicinales. Des dames sont occupées au tri du fenouil séché, au milieu de cartons pleins de trésors : sachets d’origan, de tilleul, de romarin, de menthe, de sauge, d’immortelle et même de feuilles de frêne. Le Centre élève des ânes, des chèvres, des moutons… et des paons. Le caroubier, ici, est un arbre fourrager. On donne ses gousses chocolatées au bétail.

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On vante aussi l’architecture bioclimatique avec des constructions en pisé avec toiture reposant sur des cannisses. Le Centre a mis au point une cabane de berger modèle, dont plusieurs exemplaires sont exposés au milieu d’un champ. Les quelques cultures de céréales sont labourées selon les courbes de niveau, pour éviter l’érosion. Malheureusement, l’arrivée des tracteurs a perturbé cette bonne habitude héritée de la traction animale. Dans les collines alentour, bien des labours sont effectués dans le sens de la pente. La sensibilisation ne fait que commencer…
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Le tout-numérique à l’école ?

Le chef de l’Etat français vient de promettre un milliard d’euros sur trois ans, pour que la totalité des collégiens français dispose d’un outil numérique.

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par Marie-Hélène Léon

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AlerteToutNumeriqueSi des cours destinés à bien utiliser les ressources disponibles sur Internet, c’est-à-dire savoir les rechercher, trouver les informations justes, distinguer les vraies des fausses, sont d’importance (cela fait partie des missions de l’école), le pendant matériel n’est pas une bonne nouvelle, pour la santé des jeunes et celle de la planète.

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De nombreux collégiens disposent déjà d’outils informatiques chez eux : tablettes, ordinateurs de bureau ou portables… Fournir un ordinateur supplémentaire en plus de celui qu’ils possèdent, pose clairement la question du gaspillage.

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La croissance des déchets électroniques est telle que les Nations Unies viennent de lancer une alerte. L’étude de Global E-Waste Monitor 2014, démontre qu’en 2014, environ 42 milliards de kilos de déchets d’équipements électroniques et électriques étaient mis au rebut, soit 6 kilos par être humain.

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Et le système d’obsolescence programmée est toujours actif. Dernièrement, le site Green IT expliquait que le Macbook Retina 2015 est irréparable et révélait une intéressante enquête sur les déchets électroniques.

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Au coût financier exorbitant du tout-numérique à l’école, s’ajoutent donc le coût écologique et le coût humain en termes de santé publique. Non seulement de nombreuses toxines sont contenues dans les déchets électroniques, mais encourager les élèves déjà rivés sur leur téléphone mobile à chaque interclasse, à utiliser à nouveau un écran en cours, risque d’entraîner des problèmes de santé (troubles visuels et posturaux, apparition de biais cognitifs). Il est urgent de (re)lire le rapport de l’Académie de sciences qui détaille et précise les risques liés aux écrans. Le chef de l’Etat l’a-t-il lu ?

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Pour connaître les actions liées à l’environnement à l’école : reseauecoleetnature.org

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Le Pape François célèbre l’écologie

On l’attendait, elle est enfin arrivée ! L’encyclique du Pape François vient d’être publiée et fera date. Face à la détérioration globale de l’environnement, le souverain pontife s’adresse à chacun, appelant à agir rapidement pour sauver la planète.

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par Marie-Hélène Léon

EncycliqueEcologie

 

Evoquant notre Terre comme une maison commune, dénonçant les dégâts causés par l’utilisation irresponsable de ses biens, l’exploitation et la domination de l’homme qui s’en croit propriétaire, soulignant les blessures infligées par l’humanité au sol, à l’eau, à l’air, et aux êtres vivants, les quelque 192 pages se déclinent en six parties :
– ce qui se passe dans notre maison ;
– l’Evangile de la Création ;
– la racine humaine de la crise écologique ;
– une Ecologie intégrale ;
– quelques lignes d’orientation et d’action ;
– éducation et spiritualité écologiques.

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Les parties se lisent comme un parcours éclairant, cherchant à baliser et faciliter les solutions, s’intégrant parfaitement dans la future Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se déroulera cet hiver à Paris. Et ce n’est pas un hasard si le souverain pontife cite Saint François d’Assise, comme l’exemple d’une authentique écologie faite de joie.

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On peut lire qu’il est possible de « vivre intensément avec peu, surtout quand on est capable d’apprécier d’autres plaisirs et qu’on trouve satisfaction dans les rencontres fraternelles, dans le service, dans le déploiement de ses charismes, dans la musique et l’art, dans le contact avec la nature, dans la prière. Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie ». Un appel à la sobriété heureuse…
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Remerciant à plusieurs reprises, les acteurs de l’engagement écologique (femmes et hommes, associations et institutions), il rappelle également « toute cruauté sur une quelconque créature est contraire à la dignité humaine ».

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La maison commune est en feu, le pape François a choisi d’affronter les flammes. Et qu’importent les réactions outragées des climato-sceptiques et des exploiteurs de richesses… il faut faire vite ! Sans aucun doute, cette encyclique, écrite en totalité par le Pape François après avoir consulté de nombreux experts internationaux, est la pierre d’angle d’une église catholique verdie et vivifiée.

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Pour lire ou télécharger l’encyclique : http://w2.vatican.va/content/dam/francesco/pdf/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si_fr.pdf

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Un dossier complet sur le site de La Vie, avec des articles d’Olivier Nouaillas et Jean-Claude Noyé des JNE.

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 Les Sargasses, ça agace !

Depuis quelques mois, les îles de la Guadeloupe et de la Martinique connaissent un fléau naturel dont elles se seraient bien passées. Un amoncellement d’algues sur les rivages enchanteurs de ces îles paradisiaques. Mais voilà, le paradis se transforme en enfer pour ceux qui cherche des solutions à ce phénomène appelé « les Sargasses ».

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par Patrice Auro

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Algues stockées en bord de plage au Vauclin (Martinique) – photo Patrice Auro

Injustement appelées Sargasses, en référence au problème éponyme qui souille les côtes brésiliennes, les algues des Antilles semblent avoir une origine plus proche, voire quelquefois locale.

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L’apparition massive d’algues dans un milieu marin est d’abord due à une modification chimique du milieu marin. Une acidification de l’eau salée en est la première cause. Cela peut être dû à des produits polluants déversés dans la mer par les rivières qui s’y jettent.

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Ce phénomène existe en Bretagne avec les « algues vertes » suite aux nombreux pesticides qu’utilisent les agriculteurs bretons associés aux lisiers (les déjections des cochons).

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La deuxième cause est l’augmentation de la température de l’eau (un ½ degré suffit). Une eau naturellement chaude, comme celle des Caraïbes, favorise le développement de ces deux variétés d’algues, Sargassum fluitans et Sargassum natans.

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La venue concomitante du Président de la République et de sa ministre de l’Ecologie a accéléré le processus de prise en charge de l’Etat de ce fléau dont les élus guadeloupéens et martiniquais ont signalé la dangerosité. Dangerosité, puisque une fois une fois échouées, les algues « sargasses » dégagent, en se décomposant, l’odeur d’œuf pourri caractéristique de l’hydrogène sulfuré (H2S). Cela va sans dire que les personnes à proximité de ces algues sont exposées à des risques sanitaires majeurs.

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Si l’odeur de « d’œuf pourri » remplace les odeurs épicées habituellement véhiculées par les alizés, le tourisme, première force économique des Antilles, « va en prendre un coup ». D’autant que le moral est plutôt morose dans ce secteur bien affaibli par de successives fermetures d’hôtels.

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Sur le million d’euros demandé « en urgence » par M. Victorin Lurel, président du conseil régional, la ministre de l’Ecologie en a accordé 800 000 pour résoudre le problème « dans les meilleurs délais ».

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Malgré ce geste généreux et (presque) spontané, il y a gros à parier que la cagnotte « royalement » attribuée par notre ministre vert esera largement insuffisante. Les solutions mises en place ne visent en réalité que l’évacuation des algues importunes et non pas le traitement du problème à sa source. Même si des sociétés opportunistes ont déjà proposées des solutions (onéreuses), elles s’avéreront inefficaces quand le phénomène va s’accélérer ! Ces proliférations, d’abord saisonnières, sont devenues continues.

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Après quelques questions posées aux personnes directement impliquées (maires des communes, pécheurs, hôteliers…), la réponse semble simple pour ne pas dire simpliste : « Il faut empêcher les algues d’atteindre le rivage par des systèmes de filets tout en tenant compte des courants (capricieux en Caraïbes) ». Pour ma part, je rajouterais : contrôler également les pollutions des rivières (résultats déplorables en 2012 en Martinique pour les pesticides). Pour les algues déjà échouées, il faut les faire sécher au soleil (90 % d’eau) et ensuite les brûler (ou les intégrer dans le compost agricole).

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Si les moyens utilisés pour traiter ce fléau restent « des emplâtres sur une jambe de bois », ce problème va être long et coûteux, générant un impact négatif sur le tourisme dont les iles antillaises auront du mal à se relever… S’il existe encore des sceptiques sur le réchauffement climatique et ses conséquences, je les invite à profiter d’une algothérapie à peu de frais dans les eaux chaudes des Antilles. Prévoir un masque pour les odeurs !!

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Paul Watson, ambassadeur de la mer

Ambassadeur des océans et protecteur des baleines, Paul Watson, après deux interventions en milieux scolaires *, a fait le point sur l’exploitation des dauphins au Japon et révélé « une économie de l’extinction » lors d’une rencontre avec la presse à Aix-en-Provence, juste avant sa conférence publique du 21 mai au Conservatoire Darius Milhaud où il était invité par le Muséum d’Histoire Naturelle, dans le cadre de la Fête de la Nature sur le thème de l’eau, en partenariat avec le Comité pour un Musée des Sciences.

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par Michel Cros

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Paul Watson - Photo Michel Cros

Paul Watson – Photo Michel Cros

La nouvelle est tombée le 20 mai, en pleine conférence au Lycée international Georges Duby de Luynes, près d’Aix-en-Provence. L’association japonaise des zoos et aquariums (JAZA), membre de WASA (l’Organisation Mondiale des Zoos et Aquarium),, a décidé de ne plus acheter de dauphins provenant de Taiji, province tristement célèbre pour les massacres de cette espèce marine, révélés au grand public en 2009 dans le film américain The Cove (La baie de la honte).

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« Pendant des années, nous avons mis la pression à la World Association of Zoos and Aquariums (WASA), car ils ont un code éthique. Mais il n’était pas mis en application », a expliqué Paul Watson le lendemain à la presse.

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WASA avait donné un ultimatum à la branche japonaise de Zoos et Aquariums (JAZA) : « ou elle accepte de ne plus acheter de dauphins à Taiji, ou elle n’est plus membre de WASA ». « Il y a tout intérêt à faire partie de WASA, car cela permet d’échanger des données et d’être au courant des nouveaux croisements d’espèces », précise Paul Watson.
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Cette heureuse décision a laissé planer un bref instant de réjouissance dans mon esprit : « est-ce la fin des massacres ? » Mais comme l’a expliqué l’écologiste, « le dauphin reste une importante source de revenus, et le maire de Taiji n’est pas prêt d’arrêter cette exploitation ».

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Un marché très lucratif

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« L’exploitation du dauphin a été répertoriée dans trois endroits différents : Iky, Futo abandonnées depuis, et Taiji toujours en activité…A 250 000 $ US pièce, les négociants japonais préfèrent les vendre vivants aux aquariums plutôt que mort spour l’alimentaire, car leur chair n’en rapporterait que 500 $ US », précise Paul Watson.

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Mais les pêcheurs affirment qu’ils doivent continuer à chasser le dauphin pour nourrir le peuple japonais. « Seulement 2 % de la population en mange, les jeunes et les femmes n’en consomment pas », rétorque Paul Watson.

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Le Japon recense 62 aquariums et 130 pêcheurs sont impliqués dans ce marché lucratif . Le fondateur de Sea Shepherd Conservation Society (SSCS) pense que la décision de WASA aura une répercussion positive sur l’association des aquariums, bien que 40 d’entre eux n’aient pas de dauphins et contestent l’organisation internationale.

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Une culture non justifiée

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« Le Japon essaie de justifier la pêche des dauphins et des baleines en arguant que leur consommation appartient à leur tradition culinaire et que cela fait même partie de leur culture… Or il est à noter que les Japonais n’ont commencé à manger de la viande de dauphin qu’à partir de 1969. Curieusement, les massacres de dauphins à Ity, Futo et Taiji coïncident avec les premières demandes de dauphins pour les aquariums dès 1960 …Ce n’est pas une histoire de culture mais de business  !», poursuit Paul Watson.

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Il en est de même, dit-il, avec la pêche de la baleine considérée par eux comme culturelle car trois villes japonaises y participent depuis une centaine d’années.

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Mais affirmer cela, ironise-t-il, reviendrait à dire qu’une pratique qui se ferait à Saint Malo appartiendrait à la culture de la France toute entière !

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« La chasse à la baleine a été introduite au Japon par des Norvégiens en 1911, avec une station baleinière qui n’employait à l’époque aucun Japonais ». Et l’écologiste de préciser que c’est seulement en 1930 que l’Empire du soleil levant commença à s’y intéresser !

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« Ceci se poursuivit après la guerre avec le Général Mac Arthur qui créa une station baleinière pour fournir de la viande aux habitants ». Ce qui fait dire à l’écologiste canadien : « si la pêche baleinière fait partie de la culture japonaise, alors l’occupation américaine en fait aussi partie !  »

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« La tradition sert souvent d’argument », comme avec la tauromachie, qui a commencé en Crète, sans mise à mort du taureau et sous forme de danse… Ou encore la torture et pendaison des lévriers en Espagne perdant leur course ou la défenestration de chèvres du haut des églises espagnoles pour purger les pêchés !

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« Tout cela n’est que le résultat d’une recherche de bouc émissaire », et Paul ­­­­­Watson de conclure sur ce sujet en disant : « Il ne peut y avoir d’excuse pour la tuerie et la torture d’autres êtres sensibles ».

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Une économie de l’extinction

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Si les Japonais n’ont pas chassé la baleine en 2014, suite à leur condamnation l’an dernier par la Cour Internationale de Justice, ils disent qu’ils vont la reprendre dès la fin de cette année. « Le problème, c’est que les Japonais ne veulent jamais se conformer à une décision autre que la leur. Ou alors, s’ils acceptent une décision extérieure, c’est selon leurs propres conditions. Ils ont, en général, une attitude de non compromis… Ils vont devoir se conformer à un quota de pêche qu’ils refusent ! »

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Paul Watson l’explique par ce qu’il appelle une « économie de l’extinction » : « si la quantité de poissons diminue dans le monde, les prix augmentent ! Un thon bleu d’un mètre de long, peut valoir 75 000 dollars, et certains peuvent être cotés à plus d’1 million de dollars », précise-t-il.

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« Mitsubishi est l’une des entreprises qui stocke des poissons en congélation pendant 10 à 15 ans. Leur philosophie est simple : plus ils en stockent et moins il y a de poissons dans les océans et leur stock prend de plus en plus de valeur. Même si l’espèce est éteinte », poursuit l’ex-cofondateur de Greenpeace. « Ils en auront toujours pour 10 à 15 ans de plus grâce à leurs congélateurs. Ce qui représente énormément d’argent ! »

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Car la demande est grande et le défenseur des baleines de se rappeler maintes soirées sur le thème de l’environnement où de la légine australe, un poisson pourtant inscrit sur la liste en danger d’extinction, est allègrement servi aux convives, car très recherché par les grands chefs pour son goût exquis.

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« Beaucoup de gens dans le monde sont dans une attitude de déni et ne comprennent pas que les poissons sont plus précieux dans la mer que dans leur assiette », déplore le « biocentriste » (lire ici l’explication de ce terme dans notre recension du dernier livre de Paul Watson) .

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Un équilibre des océans menacé

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« Les poissons sont les garants de l’équilibre écologique de nos océans. La population de phytoplancton a diminué de 40 % depuis les années cinquante. Sachant que les zooplanctons, qui dépendent des phytoplanctons, produisent 80 % de l’oxygène que nous respirons, l’homme extermine les espèces sans avoir conscience de l’impact que cela a sur l’environnement ».

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Paul Watson donne alors l’exemple des pêcheurs qui tuent les lions de mer sous prétexte qu’ils mangent trop de poissons, pensant qu’il n’en resterait plus assez pour les hommes. « Or, écologiquement, plus il y a de phoques, plus il y aura de poissons, car baleines, dauphins, phoques et autres rendent à l’océan leurs déjections, qui à leur tour servent de nutriments aux phytoplanctons qui nourrissent les poissons… C’est un équilibre qui fonctionne depuis des millions d’années », poursuit-il en racontant le témoignage d’une expédition dans le Nord Atlantique en 1534 où on ne dénombrait pas moins de 45 000 phoques et aucune pénurie de poissons….

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« Aujourd’hui, avec seulement 10 % de la population de phoques d’alors, les pêcheurs se plaignent ! Les hommes sont les plus grands prédateurs de l’océan. 40 % des poissons pêchés ne sont pas destinés à nous nourrir, mais à alimenter cochons, chiens et autres animaux domestiques… Les chats mangent plus de poissons que tous les phoques des océans réunis ! », s’indigne le marin écologiste.

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Les missions de Sea Shepherd Conservation Society

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« Plusieurs missions ont lieu en différents endroits du monde en même temps », poursuit le commandant de la SSCS : « un bateau dans les îles Féroé pour protéger les baleines, une mission en Honduras, une au Costa Rica et Floride pour les tortues, et une autre mission au large du Mexique pour les petits dauphins. Il y a aussi des campagnes dans les Îles Galápagos et au large de l’Afrique pour empêcher différents trafics. 90 % des gens qui travaillent à Sea Shepherd sont des volontaires. Nous avons une liste de 3 à 4 000 jeunes gens demandant à participer à ces campagnes ».

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Quant à l’Asie, Watson confirme une mission à Hong Kong pour protéger les requins : « Les Chinois font beaucoup de progrès pour les nouvelles techniques d’innovations et la soupe de requin est bannie des banquets officiels. Finalement, ils sont beaucoup plus ouverts que nous et ont passé des lois pour protéger certaines espèces ».

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Le réchauffement climatique

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Paul Watson énumère avec humour quelques paroles d’hommes politiques américains sur ce sujet brûlant…. Un sénateur républicain d’Oklahoma, pourtant à la tête de la Commission pour le changement climatique, a dit : « Le changement climatique n’existe pas parce que Dieu ne le permettra jamais »

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Puis celle d’un sénateur de l’Etat de Rhode Island qui va au Congrès avec une boule de neige en disant : « Le réchauffement climatique, c’est pas vrai. Je viens de trouver une boule de neige dehors ».

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Après avoir vu défiler toutes les promesses non tenues lors des précédents sommets sur le changement climatique, Paul Watson reste plutôt sceptique car chaque président en place tient à garder son capital de popularité. « Obama est le plus détesté des présidents des Etats Unis car il essaie de faire changer beaucoup de choses ».

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Quant à Hollande, a-t-il vraiment une carte à jouer à la prochaine rencontre sur le climat à Paris (COP 21) en décembre 2015 ? Le militant antispéciste canadien l’espère…

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Et « l’écolo-pirate » réfugié en France (il est toujours sous mandat d’arrestation d’Interpol) de conclure en riant : « si on veut être un président aimé de tous les bords, il ne faut rien faire comme le gouverneur de Victoria en Australie, connu comme le « Do nothing darling ». Et tout le monde l’aime ! ».

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Pour découvrir comment Paul Watson est devenu « biocentrique », cliquez ici.

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* Lycée G. Duby et Collège Mignet, grâce à l’association de Parents d’élèves Apelevia.

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Mais où est donc passée la linotte mélodieuse ?

Triste bilan de l’appauvrissement de l’avifaune dans le Parc Naturel Régional du Pilat depuis un demi-siècle, dressé par un ornithologue membre des JNE…

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par Yves Thonnérieux

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Linotte mélodieuse - photo @ Yves Thonnérieux

Linotte mélodieuse – photo @ Yves Thonnérieux


Le 18 juin 1971, je découvrais sur les contreforts du Parc Naturel Régional du Pilat (qui n’existait pas encore) une lande où le bruant ortolan nichait communément.
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L’an dernier, j’y étais retourné et avais noté que l’avifaune s’était considérablement clairsemée tant sur le plan qualitatif que quantitatif.
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J’ai voulu en avoir le coeur net hier matin, avec des conditions météo idéales (absence de vent, température saisonnière).

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Il se confirme que :
– sur 5 espèces nicheuses de bruants (l’ortolan donc, le jaune, le proyer, le fou, le zizi), seul le dernier est parvenu à se maintenir (3 ou 4 mâles cantonnés) ;
– la linotte mélodieuse (extrêmement commune à l’époque) a totalement disparu ;
– plus de traces non plus de la caille des blés, de la pie-grièche écorcheur, de la huppe fasciée, de la fauvette orphée, de la locustelle tachetée, du torcol fourmilier, des 2 espèces de busards gris venant chasser… et du moineau friquet au hameau proche ;
– le tarier pâtre (qu’on appelait traquet pâtre en 1971 et qui était aussi commun que la linotte) a quasiment déserté le lieu : encore 2 couples font de la résistance ;
– autres espèces bien représentées en 1971 : le pipit des arbres, les alouettes des champs et lulu, la tourterelle des bois : des couples à l’unité aujourd’hui ;
– le coucou est encore là, mais c’est à se demander ce qu’il parvient à parasiter (accenteur mouchet ?) ;
– l’espèce dominante de la lande est désormais la fauvette grisette (elle était déjà commune il y a 44 ans en arrière) ;
– le rossignol philomèle paraît tirer son épingle du jeu dans les parties buissonnantes et boisées périphériques ;
– l’hypolaïs polyglotte (3 à 4 mâles cantonnés) semble avoir progressé, mais pas autant que le pigeon ramier.

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Un balayage aux jumelles de tout le site depuis le point élevé dominant cette lande en pente révèle qu’à part les fauvettes grisettes, les passereaux sont d’une extrême rareté sur les perchoirs où ils se posaient jadis : piquets, barbelés, sommets de buissons, arbustes morts…. Je rappelle ici que mes observations d’hier matin se déroulèrent sans vent, ce qui aurait dû inciter les passereaux à se percher…

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Je vous donne rendez-vous dans 44 ans (j’aurai alors 104 ans) pour vous annoncer qu’il n’y a plus aucune fauvette grisette… Le pire, c’est que je le pense vraiment (pas à mes 104 ans mais à la disparition des grisettes, d’ailleurs bien avant 2059) !

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Le silence du monde

Carottes, rivières, baleines, même combat !

par Hugo Verlomme
Verlomme-Hugo

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Entendez-vous ce grand silence ? Sentez-vous flotter une gigantesque absence ?… C’est l’empreinte de la mer, les 72 % de la planète qu’on n’entend jamais. Au cours des années Cousteau, on l’avait définie comme « Le Monde du silence », alors que les baleines y chantent de véritables cantates et que les crevettes y caquettent jour et nuit. Cette partie-là du monde, qui représente nos origines et notre futur, la mer, reste quasi absente de la scène mondiale. Or, le véritable théâtre du changement climatique, c’est bien l’océan, le grand maître des tempêtes, le creuset des cyclones, le terrain de jeu des vagues scélérates hautes de plus de 30 mètres…

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Il aura fallu attendre les marées noires, la montée des eaux, la surpêche, le pillage des grands fonds, les pollutions multiples et invisibles, il aura fallu attendre des ouragans hors-norme de plus en plus dévastateurs et l’acidification des océans, pour qu’on commence à prendre en compte la mer dans les enjeux du présent.

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Sachez-le, nous ne vivons pas dans deux mondes séparés, d’un côté les terres, de l’autre, les mers… Ce sont les deux faces d’un même corps. Trop longtemps, nous avons considéré le bord de l’eau comme un précipice infranchissable, mais voilà qu’en ce XXIe siècle, l’humanité commence à opérer un salutaire retour à la mer. Le phénomène est planétaire ; désormais, la majeure partie de la population mondiale vit à proximité du littoral.

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Alors qu’on célèbre la Journée Mondiale des Océans le 8 juin, il nous faut impérativement adopter une vision holistique du monde et réintégrer la présence de l’océan dans chacun de nos gestes, dans chacune de nos décisions, car tout en vient et tout y retourne…

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La pollution des mers provient essentiellement des terres. Le cycle de l’eau, pluies, rivières, mers et océans, nuages, pluies, nous montre comment tout circule et comment des produits répandus loin des mers s’y retrouvent par le jeu des bassins-versants. L’océan est le grand régulateur, le cœur de notre système planétaire, peut-être même le cerveau. C’est pourquoi tous nos gestes se répercutent, directement ou indirectement, sur l’océan. Dès lors, cultiver des carottes bio, utiliser des énergies renouvelables ou cesser de répandre des polluants dans notre vie quotidienne, est non seulement bénéfique pour la terre, mais aussi pour les eaux douces et salées.

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Autre exemple : une bonne partie du bétail et du poisson d’élevage est nourrie de farine de petits poissons pêchés en masse (surpêche minotière). Or, il faut 3 kg de ces poissons frais pour produire 1 kg de farine, puis il faut 3 kg de cette farine animale pour produire 1 kg de steak ! La déperdition est vertigineuse, un véritable gâchis. Ainsi, manger moins de viande industrielle ou de saumon d’élevage, contribue à sauver la biodiversité marine. Il est urgent d’adopter cette vision globale du monde : lui rendre sa face cachée et l’entendre enfin. On ne peut prétendre protéger la Terre sans protéger activement la mer, qui n’a jamais subi autant de ravages.

 

Catherine Chabaud et Hugo Verlomme Mai 2015

Catherine Chabaud remet le pavillon Océan et climat à Hugo Verlomme – Bayonne -20 mai 2015

 

J’ai eu la chance et l’honneur de recevoir, le 20 mai dernier à Bayonne, le « Pavillon Océan et Climat » des mains de la navigatrice Catherine Chabaud qui, depuis des années, travaille activement pour inventer les bateaux écologiques du futur avec Innovations bleues.

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Elle a entrepris un tour de France pour le climat afin de remettre l’océan à sa vraie place lors de la Conférence COP21 cet hiver à Paris. Parmi le public présent ce jour-là, une dame a demandé : « Mais je ne vois pas le rapport entre le voilier du futur et le changement climatique ? ».

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C’est en entendant ce genre de question, légitime, qu’on comprend à quel point il est contre-productif de vouloir nier le changement climatique. Car ce qui est bon pour l’océan est automatiquement bon pour lutter contre le changement climatique. Cette menace sert en effet de catalyseur, permettant au plus grand nombre de prendre conscience de l’état de la planète, ce qui contribue à la protéger. Une telle question, symptomatique, montre que nous devons d’urgence cesser d’être borgnes ou sourds à l’autre moitié de nous-mêmes, la part océanique de l’humanité.

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Hugo Verlomme, journaliste, auteur d’une trentaine de livres sur la mer, vit dans le Sud Ouest, tout près d’une plage des Landes. Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

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La Journée du Gouf à Capbreton – Dimanche 20 septembre 2015 – Célébration d’un canyon sous-marin méconnu

Communiqué

Un événement exceptionnel organisé par Hugo Verlomme (JNE) va se dérouler à Capbreton (Sud Landes), à l’occasion des Journées du Patrimoine, pour célébrer une merveille géologique, un trésor de biodiversité, le mystérieux canyon de Capbreton, connu sous le nom de « Gouf ».

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affiche journée du GOUFIl existe de nombreux canyons sous-marins, mais celui-ci est plus particulièrement étudié par des chercheurs du monde entier. Longue de 250 km, cette vallée sinueuse commence à quelques mètres à peine de la côte. C’est sa « tête » qui crée la Nord, vague d’Hossegor connue de tous les surfeurs.

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Les canyons, nichoirs de la biodiversité, abritent des espèces rares, et les pêcheurs remontent parfois d’étranges spécimens qui passionnent les scientifiques et font l’objet de publications. Dans le Gouf on trouve aussi des coraux d’eau froide, des squales des abysses, des cétacés souffleurs et même le légendaire calmar géant…

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Les événements (gratuits) s’articuleront autour de conférences-débats et projections, à l’auditorium du front de mer, tout près du Gouf ! Les meilleurs spécialistes du canyon, chercheurs de l’Ifremer, océanographes, biologistes, mais aussi pêcheurs et officiels, se succéderont pour nous révéler ce fantastique patrimoine français méconnu.

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Dans une salle surplombant la mer, le public aura accès à des stands où rencontrer spécialistes, institutionnels, associations, pêcheurs, sauveteurs, plongeurs, surfeurs, etc., tout en ayant la possibilité d’acheter des produits dérivés ou de goûter aux délices gastronomiques issus du Gouf. Autres événements et activités : inauguration d’une œuvre d’art sur la terrasse, matérialisation des contours du canyon, démonstrations de sauvetage, déambulation d’un conteur, le tout dans un contexte festif, puisque tout près de là, au port de pêche, cette journée se déroulera en association avec La Fête du Chipiron, ce petit calmar délicieux qui abonde dans les riches eaux du Gouf…

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Programme de la Journée du Gouf
Capbreton, dimanche 20 septembre 2015

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Les conférences-débats, ainsi que les stands d’information (scientifiques, pêcheurs, associations, surfeurs, sauveteurs, plongeurs, etc.), seront situés dans le casino municipal de Capbreton, sur le front de mer, près du Gouf !
(Le casino est à 300 m du port de pêche, où se déroule aussi la Fête du Chipiron).

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10h : Ouverture, présentation de la première Journée du Gouf.

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10h30 : Trois conférences sur la géologie, la formation des canyons du Golfe de Gascogne et du Gouf, l’influence de sa tête proche des plages, son évolution rapide. Avec Jean-François Bourillet (Ifremer Brest) et Hervé Gillet (Maître de conférences à l’Université de Bordeaux).
– Témoignage de plongeurs de Capbreton ayant plongé sur le Gouf. Photos inédites.

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12h30 : Inauguration d’une œuvre d’art sur la terrasse.
Dégustation gastronomique de produits de la mer pêchés dans le Gouf, préparés par le Lycée Hôtelier de Capbreton.
14h-16h : Démonstration de sauvetage côtier (Stéphanie Barneix, Alexandra Lux).

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14h30 : Reprise des conférences. Thématique : Merveilles de la biodiversité.
– Impact du Gouf sur la faune régionale des poissons (Jean-Claude Quéro, Ifremer).
– Bilan des connaissances sur les espèces, parfois inhabituelles, présentes au fond du canyon, images inédites filmées en profondeur (Marie-Noëlle de Casamajor, Ifremer Anglet).
– Présentation des cétacés souffleurs et des requins abyssaux présents dans le Gouf, définition de la biosurveillance, (Alexandre Dewez, GEFMA).
– Pratiques de pêche sur le canyon, mise en perspective du présent par le passé, (Gilles Morandeau, Ifremer Anglet ; Anne-Marie Cocula, historienne, vice-présidente du Conseil Régional d’Aquitaine).
– Rôle des Affaires Maritimes et des marins pêcheurs, pêche, réglementation, surveillance des sites sensibles (Jean-Luc Vaslin, administrateur en chef des Affaires Maritimes, Délégué à la Mer et au Littoral 64/40 ; Patrick Lafargue, Président du Syndicat des Pêcheurs).

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18h30 : Clôture
– Déambulation poétique et narrative d’un conteur, Pépito Matéo, qui nous entraîne dans les profondeurs insondables du Gouf.

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Renseignements :
– Pôle Culture-Communication, Capbreton : 05 58 72 70 74
patricia.gautier@capbreton.fr
– Hugo Verlomme : hugo@hugoverlomme.com

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Dans le nouveau gouvernement algérien, l’environnement rattaché aux ressources en eau

Voici un article sur le remaniement ministériel en Algérie et la nouvelle place de l’environnement dans le gouvernement, publié dans le quotidien algérien Reporters du samedi 16 mai 2015. 

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par M’hamed Rebah

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Le remaniement partiel du gouvernement opéré en Algérie, jeudi 14 mai, a touché le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement (MATE), qui éclate et disparaît, cédant son département Environnement au ministère des Ressources en eau (qui devient MREE), confié à Abdelouahab Nouri. En même temps, la ministre, Dalila Boudjemaa, quitte le gouvernement. Le département Aménagement du territoire est érigé en un ministère qui inclut aussi le  tourisme et l’artisanat.

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La création, en août 2000, du MATE avait constitué une première en Algérie, mettant fin, pour l’environnement, à plus d’un quart de siècle de «nomadisme» institutionnel, depuis la création, en 1974, du Comité national de l’environnement.

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En 2015, on a l’impression de revenir à la conception qui avait cours en 1977, quand une réorganisation du gouvernement avait fait apparaître pour la première fois de façon explicite, la « protection de l’environnement » dans l’intitulé d’un ministère chargé également de l’hydraulique et de la mise en valeur des terres.

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On peut espérer maintenant que les ressources en eau seront dorénavant bien protégées. Leur ennemi n°1 est la pollution, qui vient de partout : habitations non raccordées au réseau d’assainissement ou alors défaillances dans le fonctionnement du système, eaux issues des activités de l’agriculture et surtout les activités industrielles dépourvues de stations d’épuration des eaux usées, comme le montre l’exemple significatif de la contamination par des substances chimiques du lac de Reghaïa, près d’Alger, dont l’eau est utilisée pour l’irrigation des cultures qui sont pratiquées dans son périmètre (lire notre article ici).

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Dans ce paysage institutionnel remodelé, le risque pour l’écologie est qu’elle soit de nouveau oubliée en Algérie, alors que la protection de l’environnement correspond à l’intérêt de tous. Chacun, à tout âge, peut y contribuer de diverses formes, par exemple, participer aux campagnes de reboisement en plantant des arbres, ou faire preuve de civisme en évitant de jeter les déchets ménagers n’importe où, et en s’abstenant de faire du bruit qui importune le voisinage.

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Les formes les plus sophistiquées de l’action écologique sont malheureusement, dans notre pays, inaccessibles au plus grand nombre parce qu’elles correspondent à un « niveau de développement humain optimum » que nous n’avons pas encore atteint, comme l’a fait remarquer Iman Houda Feraoun, dans une contribution publiée par un confrère. Cette chercheuse, qui est devenue ministre des PTIC (Postes et Technologies de l’information et de la communication), nous a toutefois rassurés en nous rappelant que nous sommes encore très loin du niveau de développement où « nous nous sentirions coupables devant les accusations de crime contre l’environnement ».

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Economiser l’eau et l’énergie, prévenir les catastrophes et ne pas construire dans les zones inondables ou à risque sismique, cela reste incompréhensible pour un grand nombre d’Algériens, y compris au sein des institutions, dans un contexte où nous avons toutes les peines du monde à tenir nos villes propres et à respecter le modus vivendi qui est à la base de la cohésion sociale en milieu urbain.

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L’Algérie est considérée comme un pays « moins regardant » sur les questions écologiques, ce qui se traduit dans notre cadre de vie par la saleté ambiante, la pollution de l’air et le bruit qui empoisonnent la vie des citadins, insensiblement. Le nouveau ministre chargé de l’Environnement, Abdelouahab Nouri, saura-t-il exploiter le potentiel qu’offre le mouvement associatif pour donner une plus grande impulsion aux efforts visant à faire émerger l’éco-citoyenneté et faire renaître le civisme qui existait dans notre pays ?

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Evidemment, les institutions de l’Etat, particulièrement à l’échelle locale, c’est-à-dire la commune, doivent donner l’exemple en matière de respect des dispositions législatives et réglementaires de protection de l’environnement. Sinon, inutile de se faire des illusions, rien ne changera.

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Ceci dit, il y a des actions urgentes qui attendent le ministre, notamment revoir le programme national de gestion des déchets ménagers (PROGDEM) ainsi que le plan national de gestion des déchets spéciaux (PNAGDES), remettre en marche et développer le système surveillance de la qualité de l’air (Samasafia), pour ne citer que ces quelques « petits problèmes ».

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