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Catégorie ‘ACTUALITES’

« La Terre jusqu’au trognon », un livre de Piem à rééditer d’urgence !

Le livre est épuisé. En cette année de COP21, il apparaît d’une actualité criante. A quand sa réédition ?

 

par Michel Cros

PiemA neuf mois de la conférence à Paris sur le réchauffement climatique, (COP 21), il est bon d’ouvrir et revoir l’album de Piem LA TERRE jusqu’au Trognon. Dans la « Genèse » de son ouvrage, l’humoriste s’exclame, texto à l’appui : «  Le 1er déchet produit par l’humanité fut le trognon de pomme qu’Adam et Eve ont laissé en partant » . S’en suivent, entre satire et poésie, 129 dessins sur notre société de consommation, où pollution, ozone, nucléaire, capitalisme et colonialisme, droits de l’homme et réfugiés climatique, crise économique et écologique, s’entrechoquent sur les traces de l’humain…, sans oublier Dieu !


Le ton est fantastique, parfois brutal, mais jamais vulgaire.

 

Piem, avec la courtoisie et l’élégance qu’on lui connaît, nous accompagne dans cette folle histoire de l’homme vouée à sa perte et dans sa dérision jubilatoire à vouloir à tout prix sauver sa planète.


Qu’on ne s’y trompe pas, nous étions déjà foutus avant notre arrivée, comme l’en atteste Dieu sur son nuage psychanalytique, avouant « Je crois que j’ai fait une boulette ».
Piem tire un trait (de crayon) définitif sur un monde révolu…
N’en déplaise à Adam et Eve, l’Amour n’est plus dans le près, mais dans la solidarité.


Editions Le Cherche Midi, 2009.


 


 

Annuaire 2015 et Rue Verte

L’annuaire 2015 des JNE a été fêté le mercredi 25 mars au centre Maurice Ravel, dans le XIIe arrondissement. L’occasion de découvrir la Rue Verte et les projets de verdissements de la capitale. Les JNE sont venus nombreux.

 

par Danièle Boone

Pénélope Komitès et Florence Chopin © J-B Dumond

Pénélope Komitès et Florence Chopin © J-B Dumond


Rendez-vous était donné à 17 heures au centre d’animation Maurice Ravel, à la porte Montempoivre, dans le XIIe arrondissement. Carine Mayo, notre présidente, a présenté Pénélope Komitès, adjointe au maire de Paris, chargée des espaces verts et Florence Chopin, adjointe au maire du XIIe arrondissement, chargée de la végétalisation. Notre présidente a rappelé que, depuis quelques années, il existait une volonté politique de verdir la capitale notamment en incitant la création de potager et la plantation de vergers dans les écoles et en végétalisant les bâtiments publics.

 

La parole a ensuite été donnée à Pénélope Komitès. Après avoir rappelé qu’elle avait été directrice de Greenpeace France de 1992 à 1998, elle nous a présenté la mission que Anne Hidalgo lui a confié, à savoir, changer le modèle urbain actuel, très minéralisé. Son objectif : faire de Paris une ville qui relève les défis environnementaux mais aussi sociaux et économiques. En cette année où Paris va accueillir la COP21, la démarche prend vraiment tout son sens.

 

Pénélope Komitès estime que ces évolutions qui concernent toutes les grandes villes doivent être étudiées au niveau européen. Il serait bon, par exemple, de constituer des groupements d’achat. Une ville comme Paris se devra d’acheter quelques véhicules électriques, mais leur nombre, qui restera modeste, ne motive pas les constructeurs alors que, au niveau européen, cela serait incontestablement intéressant.

VERDIR PARIS

Au centre Maurice Ravel, c'est déjà vert  © J-B Dumond

Au centre Maurice Ravel, c’est déjà vert © J-B Dumond


L’équipe municipale souhaite créer 30 hectares d’espaces verts supplémentaires. La difficulté, c’est que les terrains sont du foncier et qu’il y a forcément un arbitrage à faire.

 

Par ailleurs, la ville négocie pour que certains jardins appartenant au diocèse ou aux congrégations soient ouverts au public. Elle négocie également une convention-cadre avec la SNCF pour ouvrir à nouveau des tronçons de la petite ceinture.

 

Les grandes places parisiennes (Bastille, Nation, place des fêtes, etc…) devraient, elles aussi, bénéficier de réaménagement vert.

 

La ville souhaite atteindre 100 hectares végétalisés (toitures, murs, façades) à la fin de la mandature. Il s’agit de renforcer l’existant, mais aussi de proposer des mesures incitatives pour les nouvelles constructions. Le PLU (Plan Local d’Urbaniste) pour 2017 a été révisé dans ce sens. Enfin, une charte de végétalisation devrait être prête en mai afin de faciliter les démarches administratives.

AGRICULTURE URBAINE

Un potager urbain comme au centre Maurice Ravel © JB Dumond

Un potager urbain comme au centre Maurice Ravel © JB Dumond


Sur ces 100 hectares, 30 seraient consacrés à l’agriculture urbaine en tant que nouveau modèle économique. C’est l’un des projets les plus ambitieux de la municipalité. Dans le XVIIIe arrondissement, un maraîcher travaille déjà pour un grand restaurateur.

 

La ville collabore avec Veni Verdi, une association spécialisée en agriculture urbaine qui met en place des potagers dans les écoles, le plus grand étant situé sur le toit du collège Matisse dans le XXe arrondissement. A terme, toutes les écoles parisiennes devraient avoir leur potager. Au collège Pierre Mendès France, c’est une véritable ferme urbaine qui est en train d’être élaborée.

 

Par ailleurs, la permaculture devrait être développée à l’école d’horticulture du Breuil dans le bois de Vincennes. Des formations vont être mises en place.

 

Tout cela bien sûr, conjointement aux jardins partagés.

DES QUESTIONS À PROFUSION

Pendant l’échange qui suit, de nombreuses questions sont posées notamment sur la consommation d’eau qui résultera de tout ce verdissement. « Cette question a été soigneusement étudiée, répond Pénélope Komitès, notamment en choisissant des plantes rustiques, donc peu exigeantes. »

 

Autre question : les friches ? Oui, elles vont être maintenues.

 

Concernant la faune urbaine, Pénélope Komitès, nous explique qu’elle défend actuellement les corneilles dont certains demandent l’éradication. Elle expose aussi un nouveau problème sanitaire à gérer : les tiques, dont certaines sont porteuses de la maladie de Lyme, sont maintenant présente dans certains espaces verts. Il va donc falloir informer et éduquer la population.

LA RUE VERTE

La rue verte © J-B Dumond

La Rue Verte © J-B Dumond


C’est entre deux averses et un rien de crachin que Loïc Le Noan, adjoint au directeur du centre d’animation Maurice Ravel chargé des projets environnement et développement durable, nous fait découvrir le magnifique programme d’actions participatives de renaturation et d’embellissement du quartier Bel Air Nord dont il est responsable. L’objectif est à la fois paysager, pédagogique et récréatif.

 

On commence par le poulailler. Quatre cocottes vont prendre possession de leur nouvel habitat (40m2) très prochainement. A entendre toutes les questions, recommandations et diverses remarques, c’est sûr, les poules auront leurs aficionados. Les animaux sont de bons vecteurs de communication. Des moutons sont venus « tondre » les pelouses, cela a été un vrai succès. Leur bergerie est urbaine elle aussi, puisque située vers la porte de Bagnolet. On pénètre ensuite dans le premier jardin de la Rue Verte, un potager enrichi de quelques pieds de vignes et d’une haie bocagère.

Loïc Le Noan nous présente avec passion le projet porté par le Centre d'animation Maurice Ravel © J-B Dumond

Loïc Le Noan nous présente avec passion le projet porté par le Centre d’animation Maurice Ravel © J-B Dumond


Un atelier accueille les enfants tous les mercredis et il y a une permanence tous les samedis. Les gens viennent participer. « Nous ne fonctionnons pas comme un jardin partagé, explique Loïc Le Noan. Ici les gens n’ont pas leur petite parcelle à gérer individuellement. Chacun propose et il y a une médiation. »

 

Nous découvrons ensuite la Rue Verte à proprement parler. Les pieds des arbres ont été végétalisés et des pots complètent l’ensemble. Au total, c’est 80 m2 de voie publique qui a été végétalisé. « Et c’est très respecté », remarque Loïc. Sans doute les fruits d’une bonne communication et du rôle des enfants auprès des adultes.
Cette étonnante visite se termine par le verger et le  jardin sauvage. Fruitiers (que des variétés anciennes), mare et herbes folles vivent leur vie attirant naturellement toute une petite faune intéressante à faire découvrir aux enfants.

PRÉSENTATION DE L’ANNUAIRE

Carine Mayo présente l'annuaire à une assemblée attentive © J-B Dumond

Carine Mayo présente l’annuaire à une assemblée attentive © J-B Dumond


Tout ragaillardis par ces initiatives réjouissantes et la passion de Loïc Le Noan, nous avons écouté Carine Mayo présenter l’annuaire (lire ici) puis, Roger Cans,  l’un des deux grands témoins de cette année, qui a évoqué sa bonne trentaine d’années dans l’association, et les bons souvenirs de ses voyages JNE.

Et comme il se doit, la soirée s’est prolongée autour d’un verre.

 

 

 

 


L’annuaire 2015 des JNE, une caisse de résonance de l’actualité

L’annuaire 2015 des JNE vient de paraître.

 

par Carine Mayo

 

JNE-Annuaire2015
Cet annuaire est plus qu’une simple photographie des JNE. A travers les prises de position de l’association, ses activités et celles de ses adhérents, c’est tout un pan de la vie de notre société qui se dessine : ébranlée par les attentats de ce début d’année qui ont fait peser une lourde menace sur notre liberté, pas encore décidée à vivre en paix avec la nature, hésitante face au défi colossal que représente le dérèglement climatique. Un bref rappel de l’histoire de l’association nous permet de mesurer le chemin qui a été parcouru et de voir que la route est encore longue pour que la nature et l’écologie soient enfin prises en compte dans nos décisions collectives. Les journalistes n’ont pas fini d’alerter, de questionner, de dénoncer les errements de nos sociétés !

 

Pour exemple, nous avons souhaité vous présenter quelques-uns des projets que nous allons mettre en œuvre tout au long de 2015. Deux points forts marqueront notre action. La tenue de notre congrès sur les rives de la Seine normande sera l’occasion de nous pencher sur la préservation des zones humides, si nécessaire, alors que les deux-tiers d’entre elles ont disparu au XXe siècle en France métropolitaine, et toujours d’actualité, comme le montrent les conflits qui règnent à Sivens ou à Notre-Dame-des-Landes.

 

Le deuxième chantier que nous avons entrepris est vaste. Il s’agit, en cette année de conférence sur le climat qui doit donner une suite au protocole de Kyoto, de former les journalistes aux enjeux climatiques, mais aussi de réfléchir aux solutions qui peuvent être mises en œuvre pour empêcher une trop forte augmentation des températures, de montrer des initiatives qui contribuent à diminuer nos émissions de gaz à effet de serre…

 

Pour ce faire, nous avons créé avec l’Association des Journalistes de l’Environnement (AJE), une association dédiée, l’Association des Journalistes de l’Environnement et du Climat pour la COP21 (AJEC21). Au programme de cette année 2015, beaucoup de projets : débats, voyages, rencontres avec des clubs de la presse dans différentes régions de France… Une façon de contribuer à notre échelle de journalistes, à la prise de conscience collective.

 

La photo de couverture est signée Pierre Demeure.

 

Présentation de l’annuaire 2015 :

 

146 pages indispensables pour réussir vos relations presse. Vous y trouverez la liste des membres, ainsi que leurs spécialités, les médias auxquels ils collaborent et un classement des journalistes de l’association par média.

 

– Les coordonnées personnelles et professionnelles des 228 membres de l’association (journalistes, photographes, écrivains, illustrateurs) et de nos 9 membres associés.

 

• Un index par média

• Un index par région

• Nos contacts à l’étranger

• Nos contacts presse dans les entreprises partenaires

 

NB : Notre association n’est pas assujettie à la TVA.
Annuaire disponible au siège de l’association. Prix d’un exemplaire : 46 € + 2,50 € de frais de port.

 

JNE (Association des Journalistes-Ecrivains pour la Nature et l’Écologie)
7 ter, rue du colonel Oudot 75012 Paris
Tél.: 09 50 88 03 49contact@jne-asso.net

 

 


 

Biodiversité : la passion de la vie, la froideur de la loi !

 


par Yves Paccalet

 

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Quelques-unes de nos lois souffrent de n’être que de circonstance ou de réaction, mal pensées, mal balancées, bâclées, dictées par l’émotion de l’instant et l’urgence médiatique. Au contraire, la plupart des dispositions législatives concoctées par le Parlement restent désincarnées, verbeuses et distanciées.

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Une loi sur la biodiversité vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale. (Encore faudra-t-il qu’elle passe par la case Sénat sans trop de dégâts.) Elle appartient à la catégorie dominante des textes écrits par des représentants du peuple plus proches de l’ENA que des forêts, des montagnes et des mers ; dépouillés de chair, de cœur, de sentiments ou d’empathie. Elle parle de la diversité de la vie, mais on a l’impression que ceux qui l’ont accouchée n’imaginent même pas de quoi ils discutent.

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L’un des temps « chauds » du débat a surgi à la faveur d’un amendement déposé par la rapporteuse du texte global, la députée socialiste Geneviève Gaillard, et sa collègue Laurence Abeille, du groupe Europe-Écologie-les-Verts. Cet alinéa réclamait que la France reconnaisse un « statut » aux animaux sauvages. Lorsqu’ils ne sont classés ni « chassables », ni « nuisibles », ni « protégés », ces derniers se trouvent relégués à l’état de « biens qui n’ont pas de maître » ou de « choses qui n’appartiennent à personne et dont l’usage est commun à tous ». L’amendement n’avait d’autre ambition que de rajouter un peu de cœur dans la généralité des textes. De souligner que les animaux sauvages sont doués de sensibilité ; et que, même s’ils n’entrent pas dans la catégorie des « espèces protégées », ils ne doivent être intentionnellement agressés, blessés, tués, capturés, colportés, vendus ou achetés n’importe où et par n’importe qui.

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Ce n’était pas beaucoup demander. C’était encore trop ! La ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, mais aussi les députés présents, de UMP au Front de Gauche, se sont opposés à l’amendement. Bec et ongles. Griffes et dents… Ces nobles et froides personnes ont fait savoir qu’à leurs yeux, l’alinéa constituait un « cavalier législatif » susceptible d’exposer à des poursuites judiciaires les misérables chasseurs, les malheureux pêcheurs et les honnêtes personnes qui traquent le renard, la fouine ou le ragondin du marais Poitevin. L’UMP Philippe Meunier a donné dans la finesse : « Si je prends mon véhicule et qu’une mouche se fracasse sur mon pare-brise, est-ce que je tue un animal sauvage ? » Le patron des députés Front de Gauche, André Chassaigne, s’est demandé si « la capture d’une truite à l’aide d’un hameçon triple pourra, demain, être considérée comme un sévice grave entraînant la condamnation du pêcheur ». C’est ainsi que le lobby de ceux qui tiennent les animaux pour des choses insensibles et purement matérielles a réussi à préserver, une fois encore, ses pratiques les plus cruelles ou les plus barbares, comme le déterrage des renards ou des blaireaux, ou la chasse des oiseaux à la glu et à la tendelle…

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Le statut des animaux sauvages a été enterré… La future Agence française de la Biodiversité (AFB), elle, verra bien le jour, en 2016, et comptera dans son sein quelque 1 200 agents de quatre organismes : l’Office national de l’Eau et des Milieux aquatiques (Onema), l’Atelier technique des Espaces naturels, l’Agence des aires marines protégées et les Parcs nationaux. Pour le reste, on ne bouge pas. Rien ne neuf ni de très positif pour la variété de la vie. Les chasseurs restent en dehors de la structure : ils ont refusé d’en faire partie de la structure. L’Office national de la Chasse et de la Faune sauvage n’obéit qu’à lui-même.

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Je désirerais, quant à moi, une autre loi sur la biodiversité et le statut des « bêtes sauvages ». D’une loi d’amour et de passion, à tout le moins de proximité, de connivence, de tendresse… Au profit de la variété des existences et des écosystèmes. De la splendeur du vivant, de son étrangeté, de ses merveilles et de ses secrets. De sa nécessité, bien sûr, puisque l’Homo sapiens, quoi qu’il imagine, décrète ou planifie, n’est qu’une fragile parcelle du grand Tout, et qu’il dépend de toutes les autres créatures.

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PS. Amis écologistes, le combat continue. Au moment même où j’écris ces lignes, les discussions se prolongent à l’Assemblée nationale. Et les sénateurs devront encore mettre leur grain de sel (rarement pro-nature !) dans le projet de texte.

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Bonne nouvelle : un amendement vient d’être adopté, qui interdit les pièges à glu. Depuis le temps que nous luttons pour épargner cette cruelle agonie aux oiseaux et aux victimes collatérales !

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Plus préoccupant : l’Assemblée admet l’idée qu’à chaque fois qu’on voudra aménager (bétonner…) un écosystème préservé, il faudra « compenser » la perte de biodiversité en protégeant ailleurs des fragments de nature équivalents. Ce dispositif existe déjà dans les plans locaux d’urbanisme (PLU), lorsque sont affectés des sites Natura 2000. Mal engagée et mal conduite, la négociation compensatrice mène à des désastres…

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Yves Paccalet a publié récemment Éloge des mangeurs d’hommes (Éditions Arthaud). Retrouvez-le sur son blog en cliquant ici. Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.
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La bibliothèque de François Terrasson en de bonnes mains


La bibliothèque de François Terrasson, riche de plus de 3 000 ouvrages, est désormais à l’abri de toutes les avidités. Son épouse Marie-Claude en a fait don à la bibliothèque Abbé Grégoire de Blois. L’annonce officielle en a été faite le 16 janvier dernier.


par Danièle Boone

 

La bibliothèque de François Terrasson est riche de plus de 3000 livres

Le fonds François Terrasson, riche de plus de 3000 livres, est conservé à la bibliothèque Abbé Grégoire de Blois


L’éditeur Jacques Hesse m’a appris cette bonne nouvelle tout récemment. Jacques a publié en 2013 le remarquable livre François Terrasson, penseur radical de la Nature de Jean-Claude Génot (JNE). Pour la réalisation de cet ouvrage, l’éditeur et l’auteur ont été évidemment en contact régulier dès 2012 avec Marie-Claude Terrasson, la femme de François. Celle-ci s’est alors inquiétée de l’avenir de la bibliothèque de son mari, entreposée dans de nombreuses malles de son grenier, dans une remise, et chez elle.


Par l’intermédiaire de Jacques Hesse dont la maison d’édition se trouve dans le Loir-et-Cher, un contact a été pris avec la bibliothèque Abbé Grégoire de Blois, laquelle a été vivement intéressée. C’est ainsi que Marie-Claude a décidé de lui en faire don en septembre 2013. Plus de 3 000 ouvrages et des revues, dont l’ensemble reflète bien l’esprit de recherche et de quête intellectuelle de celui qui l’a rassemblé. A l’automne 2014, tous les ouvrages et revues étaient répertoriés.


« Si les ouvrages naturalistes sont présents, ils ne sont pas majoritaires, explique Jacques Hesse. Ils représentent environ 20 % du fonds, avec un goût prononcé pour  le monde des insectes. Autant d’ouvrages sur la géographie, les voyages, l’ethnologie, avec une préférence marquée pour les espaces nordiques (la Sibérie avec la taïga et ses chamanes, le Grand Nord) et l’Amérique du Sud (l’Amazonie principalement). Et des ouvrages de sciences sociales, de psychologie, de psychanalyse, de philosophie, sur les religions, des livres de contes, de la bande dessinée, des romans, et surtout une très surprenante collection de livres et de revues de science-fiction : en particulier Fiction (de 1953 à 1984), Fantasy et science-fiction (de 1999 à 2005).


Signalons aussi la revue Le Tour du monde (1860 à 1904) avec des dizaines de volumineux exemplaires joliment reliés – une revue qui faisait autorité à l’époque en matière de découvertes géographiques (cette collection a désormais intégré le fonds patrimonial de la bibliothèque Abbé Grégoire), une collection du Chasseur français de 1935 à 1953 (le père de François y était abonné), de Science et nature (1954 à 1974), de Geographia (1951 à 1959), de Planète et Nouvelle Planète (1961 à 1971), etc. »


Ce survol très rapide montre la richesse et la variété des centres d’intérêt de François, un « bibliophage » qui s’était aussi réservé un certain nombre de ces ouvrages à lire à sa retraite, ce dont, malheureusement, il n’a pas eu le temps de profiter.


Le projet de la bibliothèque Abbé Grégoire est de faire vivre ce fonds en programmant périodiquement des rencontres autour de thèmes scientifiques au cours de l’année. La première rencontre a eu lieu le 16 janvier dernier avec, bien sûr, Jean-Claude Génot qui a fait une conférence autour de son approche sur la nature sauvage et ensauvagée. L’annonce du don du « Fonds Terrasson » a été faite officiellement à cette occasion en présence de Marie-Claude Terrasson.


Les femmes dans le combat pour le développement durable

Le 3 mars, c’était la Journée africaine de l’environnement. Elle est passée inaperçue en Algérie. Cette Journée aurait pu être l’occasion d’un hommage à la Kényane Wangari Maathai, une militante écologiste qui a été désignée prix Nobel de la paix 2004, pour récompenser son combat en faveur de la protection de l’environnement, du développement durable et de la démocratie.

 

par M’hamed Rebah

 

Wangari_Maathai

Wangari Maathai

Wangari Maathai a mis en œuvre un programme qui a permis de planter 30 millions d’arbres dans le cadre du reboisement comme facteur de sécurité alimentaire et de développement durable. Elle avait fondé en 1977 le Green Belt Movement (le Mouvement de la ceinture verte) pour défendre les forêts, menacées par la spéculation immobilière. Son combat non-violent lui a valu d’être à plusieurs reprises emprisonnée, battue par la police avec les militants de son mouvement. En 2002, elle a été vice-ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles. Wangari Maathai est décédée le 25 septembre 2011 à l’âge de 71 ans des suites d’un cancer. Elle a été surnommée affectueusement « mama miti », la maman des arbres en swahili.

 

Son mouvement s’était opposé avec succès à des projets de déforestation en résistant à la forte pression des promoteurs et des investisseurs dans le domaine du tourisme qui veulent développer les parcs animaliers au détriment des ressources naturelles et des forêts. Ce n’était pas par rejet aveugle de cette activité économique, mais Wangari Maathai voulait que les projets touristiques respectent le principe du développement normal et ne bouleversent pas la région. Son souci était de protéger les ressources naturelles et de défendre les droits des populations à les exploiter. Elle a réussi à mobiliser les femmes kenyanes dans la lutte pour protéger les forêts face à des projets d’exploitation anti-écologiques. Depuis 2012, la Journée africaine de l’environnement a été baptisée Journée Wangari Maathai.

 

Le combat des femmes pour l’environnement a été mis en évidence, en Algérie, d’une façon totalement inédite, par la présence féminine massive dans le mouvement de contestation des activités d’exploration du gaz de schiste à In Salah. Il ne s’agit pas de femmes qui font partie habituellement de l’élite qui milite dans les partis politiques et dans les associations, mais de femmes simples, dirait-on, qui sont là auprès des hommes et des enfants pour donner plus de poids aux actions initiées par les jeunes qui, eux, sont organisés dans des associations écologiques.
Le 8 mars, peut-on lire dans l’édition du 9 mars 2015 de Reporters, «les femmes ont marché en masse aux côtés des hommes pour dire non au gaz de schiste et pour la poursuite de la protestation quelle que soit la conjoncture. Une femme a pris la parole à la place de la Résistance pour demander à l’assistance de rester mobilisée jusqu’à la satisfaction de leur revendication, à savoir l’arrêt de toute activité de gaz de schiste à In Salah et ailleurs. A Tamanrasset-ville, des centaines de personnes, dont beaucoup de femmes, ont marché dans les rues pour apporter leur soutien aux citoyens d’In Salah ». Cette région n’arrête pas de surprendre ceux qui ne la connaissent pas : à la pointe du combat écologique anti gaz de schiste, In Salah est également un exemple en matière de participation de la femme aux luttes pour le développement durable.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

 


 

Agriculture et environnement : la cause semblait entendue…

 


par Jacques Caplat
Caplat

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La cause semblait entendue…
De plus en plus d’études démontrent les ravages causés par les pesticides sur la santé humaine et environnementale (abeilles et pollinisateurs sauvages, sol, eau…), tandis que des paysans, notamment en agriculture biologique, font la preuve de l’efficacité de techniques alternatives. Les travaux des éthologues comme des économistes prouvent que l’élevage industriel est à la fois un scandale éthique et un terrible destructeur d’emplois. Les dernières statistiques établissent que les OGM n’apportent aucun bénéfice économique aux agriculteurs, augmentent leur dépendance vis-à-vis de l’agro-industrie et conduisent au développement de plantes ultra-résistantes puis à l’augmentation des doses de pesticides.

 

L’actualité de la lutte contre le dérèglement climatique impose de se préoccuper de la gabegie énergétique de l’agriculture industrielle et chimique, et de promouvoir des agricultures plus résilientes, c’est-à-dire moins gourmandes en eau notamment. Toutes les enquêtes d’opinion confirment que les citoyens souhaitent dans leur immense majorité une agriculture respectueuse des territoires, de l’environnement et des humains. La Cour des Comptes elle-même s’alarme de voir l’argent des contribuables servir à financer des pratiques agricoles défavorables à la protection de la ressource en eau, selon une incompréhensible logique « pollueurs-payés ».

 

L’ouverture du Salon de l’Agriculture offrait une bonne occasion pour annoncer la prise en compte de ces évidences et de ces nécessités vitales. En cohérence avec ses déclarations d’intentions en matière d’agroécologie, Stéphane Le Foll allait obligatoirement débloquer enfin les fonds nécessaires pour respecter son plan théorique de développement de l’agriculture biologique, annoncer des mesures pour stopper l’implantation de fermes-usines, confirmer le refus des OGM agricoles, réformer la recherche agronomique et l’enseignement agricole, promouvoir des variétés végétales plus adaptées à des étés secs de façon à éviter le recours aveugle à une irrigation destructrice des milieux.

 

Étrangement, c’est exactement l’inverse qui vient de se produire. Dans une vidéo ahurissante, le ministre de l’Agriculture fait une véritable déclaration d’amour à l’agriculture industrielle, se permettant même l’audace d’accuser ceux qui contestent sa prétendue nécessité. Et, à l’inverse de ses déclarations formelles en faveur de l’agriculture biologique contredites par l’absence délibérée de moyens pour son développement, cette fois-ci les actes suivent : après avoir relevé il y a un an le seuil d’agrandissement automatique des élevages porcins, Stéphane Le Foll annonce une prochaine mesure similaire en faveur du gigantisme des usines de volailles hors-sol. Relance des « OGM de deuxième génération » dont les VrTH (variétés rendues tolérantes aux herbicides), accélération des constructions de retenues d’eau pour l’irrigation… N’en jetez plus !

 

Est-ce à dire que les intérêts des grands groupes agro-alimentaires, dont la FNSEA se fait hélas le relais au détriment de ses adhérents, passent avant ceux des citoyens et de la planète ? Il est étonnant que les agriculteurs, premières victimes de cette industrialisation, la soutiennent dans leur apparente majorité. Pourtant, « agrandir les exploitations » signifie mécaniquement… en supprimer une partie ! et donc jeter des agriculteurs au chômage.

 

Le cas de l’élevage porcin est édifiant : la mesure facilitant leur agrandissement, prise en catimini il y a un peu plus d’un an pour « suivre » le mouvement international de concentration industrielle, n’a conduit qu’à aggraver la crise par une baisse continue des cours, à ruiner encore plus d’éleveurs, et à délocaliser encore plus l’abattage au détriment de l’emploi agro-alimentaire français.

 

C’est ce fiasco social que le gouvernement veut transposer chez les volailles – sans oublier les dégâts environnementaux qui en découlent ? Le fait que le président du principal groupe agro-industriel français (cf. l’excellente enquête de Reporterre) soit également président de la FNSEA est-il pour quelque chose dans cette course en avant paradoxale ?

 

Il serait temps que le Salon de l’Agriculture devienne autre chose qu’une vitrine complaisante d’un « modèle » agro-industriel dépassé et néfaste. Et si les terroirs cessaient d’être une ode au chauvinisme régional pour redevenir des lieux d’échange stimulants entre paysans et citoyens, où le « local » ne peut avoir de sens que si les pratiques sont respectueuses de l’environnement et des riverains ? Et si la modernité consistait à redonner aux paysans la maîtrise de leurs outils et de leurs choix au lieu de les rendre dépendants des multinationales ? Et si l’agriculture retrouvait sa capacité d’adaptation aux changements (notamment climatiques) au lieu de prétendre contraindre le territoire et les citoyens à s’adapter aux logiques industrielles ?

 

La cause semblait entendue. Mais il n’est pire sourd…

 

Jacques Caplat est agronome, auteur de L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité (Actes Sud, 2012) et Changeons d’agriculture (Actes Sud, 2014), administrateur d’Agir Pour l’Environnement. Retrouvez son blog en cliquant ici.

 

 


 

Jean-Jacques Annaud, écologiste ?

« Si Pékin est envahi par des nuages de poussière, c’est à cause de la disparition des loups » affirme Jean-Jacques Annaud.

 

par Marc Giraud

 

Jean-Jacques Annaud pendant le tournage du « Dernier Loup » – photo © Mars Distribution

La discussion se déroule à l’inauguration de l’expo du Parc zoologique de Paris, le 16 février dernier. Le réalisateur du Dernier Loup (lire notre critique ici) explique : « Les loups chassent les marmottes (peut-être bien des sousliks) et les empêchent de proliférer. La disparition des prédateurs entraîne un surpâturage qui élimine les herbes protectrices des sols, il ne reste que de la poussière ». Ecologiste, Annaud ? À sa manière. Il aime les paysages grandioses et les animaux impressionnants, et les célèbre incontestablement dans ses œuvres.

 

Supposant que son film témoigne d’une sensibilité au problème, je demande à Annaud ce qu’il pense de la situation du loup en France et de l’utilité de le protéger. Et là, il se montre beaucoup plus prudent, bottant en touche en renvoyant dos à dos bergers et écologistes. Annaud ne s’aventurera pas dans un domaine qu’il ne semble pas connaître, et n’entend pas être « l’étendard d’une cause ». Il préfère conclure : « mes films parlent d’eux-mêmes ». La fiction ne rejoindra pas la réalité.

 

 

SOS lancé par les écologistes d’Oran : le lac Télamine réceptacle des eaux usées des environs

Bien que classé sur la liste Ramsar, le lac Télamine reçoit des eaux polluées provenant des communes environnantes et de la zone industrielle de Hassi Ameur.

 

par M’hamed Rebah

 

« Les zones humides pour notre avenir », c’était le thème, en 2015, de la Journée mondiale qui est consacrée à ces écosystèmes le 2 février de chaque année.  Le bref communiqué de l’Unesco publié à cette occasion, rappelle qu’elles sont souvent traitées comme des espaces à l’abandon et cite un chiffre qui devrait donner à réfléchir sur l’état de la nature : 64 % des zones humides de la planète ont disparu depuis 1900. Elles sont pourtant considérées comme les écosystèmes les plus divers et les plus productifs. Les spécialistes soulignent leur rôle primordial dans la préservation des ressources en eau et la lutte contre les inondations, qui sont des préoccupations majeures dans le contexte actuel d’incertitude causée par les problèmes d’environnement.

 
220px-RAMSAR-logoLa Convention de Ramsar donne la définition suivante des zones humides : ce sont « des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eaux marines dont la profondeur à marée basse n’excède pas 6 mètres ».
 
En Algérie, cette définition recouvre les chotts, sebkhas, lacs et marais (eau douce, saumâtre ou salée), oueds, gueltas, oasis et barrage. La convention de Ramsar, ratifiée par l’Algérie en 1982, a pour mission « la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ».  L’Algérie s’est engagée dans une démarche pour le classement, la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides, au nombre de quelque 1700 aujourd’hui. Cinquante sites sont classés Ramsar, d’importance internationale, et dix sites prioritaires ont été retenus par le ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement pour être dotés d’un plan de gestion assurant leur gestion rationnelle et durable. Les 50 zones humides inscrites sur la Liste sont reconnues comme ayant une valeur importante non seulement pour l’Algérie, mais aussi pour l’humanité tout entière.
 

L’inscription sur la Liste Ramsar engage le gouvernement algérien à prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien des caractéristiques écologiques qui ont permis le classement des sites concernés. Dans la réalité, en Algérie, ce classement ne protège pas contre les atteintes aux zones humides. La preuve en est donnée par la situation du lac de Telamine (2,3999 hectares), à l’est d’Oran, classé le 12 décembre 2004 sur la Liste Ramsar. Selon le journaliste de Reporters (édition du dimanche 1er février), les usines rejettent à partir de la zone industrielle de Hassi Ameur, des déchets liquides ou solides dans les systèmes d’évacuation des eaux pluviales qui déversent dans le lac Telamine. L’APS (Algérie Presse Service) a rapporté, de son côté, l’appel des participants à une rencontre sur les zones humides, organisée samedi 31 janvier à Gdyel (Oran), à l’arrêt immédiat des déversements des eaux usées, provenant des communes environnantes et de la zone industrielle de Hassi Ameur, dans le lac Télamine. Un membre de l’association Boudour a lancé un véritable cri d’alarme : « Il faut empêcher le plus tôt possible les déversements des eaux usées des communes de Benfréha, Hassiane Toual, Hassi Ben Okba, Hassi Mefsoukh et Gdyel, y compris la zone industrielle de Hassi Ameur qui affluent sans traitement, en moyenne 10.000 mètres cubes par jour, endommageant la faune et à la flore de ce lac ». Ils demandent la mise en place d’une station d’épuration des eaux usées pour éviter la pollution du lac. C’est un projet en cours.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 

La stratégie de gestion des zones humides en Algérie

Des ateliers seront organisés pour la société civile et les ONG.

 

par M’hamed Rebah

 

La Direction générale des forêts (DGF) sollicite la participation de la société civile et des associations dans le cadre de sa stratégie nationale multisectorielle pour la préservation des zones humides en Algérie. Des ateliers seront organisés prochainement avec la communauté scientifique, la société civile et les différents secteurs concernés pour vulgariser cette stratégie, a indiqué Ghania Bessah, sous-directrice chargée de la protection des aires protégées à la DGF, citée par l’APS (Algérie Presse Service).

 

« L’objectif final de cette stratégie est d’arriver à un schéma de gouvernance de ces zones humides où tous les secteurs seront représentés, y compris les unités industrielles », a-t-elle souligné le 2 février à Reghaïa, à l’occasion de la cérémonie de célébration de la journée mondiale des zones humides qui s’est déroulée dans le Lac de Reghaïa, en présence du secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Fodhil Ferroukhi, et du directeur général des Forêts, Mohamed Seghir Noual. Selon la DGF, la stratégie actuellement « en cours d’élaboration » vise, au même titre que d’autres activités prévues, la sensibilisation sur les différentes menaces qui pèsent sur les zones humides et qui sont souvent causées par les diverses activités humaines, nécessitant de construire « une réflexion ensemble pour les préserver afin d’assurer notre avenir ».

 
logo-medwetL’initiative de la DGF d’associer les associations écologiques à la stratégie de préservation des zones humides rejoint le projet en cours de lancement du Réseau MedWet de la société civile en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Ce projet concerne le renforcement des capacités des organisations de la société civile qui œuvrent dans le domaine de l’environnement, et a pour objectif d’asseoir une collaboration entre les institutions administratives et ces organisations de la société civile autour de la préservation des zones humides.

 
Cette démarche participative est devenue une urgence pour faire face plus efficacement à la dégradation des zones humides et au risque de leur disparition si rien n’est entrepris sérieusement pour leur préservation. Le Lac de Reghaïa, qui se trouve pourtant dans la banlieue de la capitale et qui bénéficie donc, grâce à sa proximité des centres de décision, de toute l’attention des autorités, n’a pas échappé aux menaces de dégradation. Le constat en a été fait une nouvelle fois par le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural: « le Lac de Réghaïa subit actuellement une forte pression due à l’extension urbaine et aux unités industrielles implantées autour de cette zone humide ». Il juge que « la situation ne doit pas continuer comme ça. Des dispositions doivent être prises pour que la règlementation soit appliquée rigoureusement ». En fait, les dispositions ont été prises puisque lui-même annonce, selon l’APS, que la wilaya d’Alger a établi un diagnostic et adressé récemment des mises en demeure aux unités industrielles responsables de la pollution du lac de Réghaïa. Les usines polluantes, dont une cinquantaine déversent leurs rejets directement dans le lac, doivent réaliser des stations d’épuration. Il reste à faire appliquer ces dispositions, répétées, force est de le rappeler, à chaque 2 février. Depuis que la zone industrielle de Rouiba-Reghaïa existe, il y a toujours eu des rejets d’eaux polluées, chargées de produits chimiques toxiques, dans le lac via deux cours d’eau.

 
Il faut savoir que le Lac de Reghaïa est inscrit sur la Liste de Ramsar depuis juin 2003. Il doit cette distinction à ses caractéristiques écologiques qui en font le lieu de fréquentation de milliers d’oiseaux d’eau avec en moyenne annuelle 47 espèces locales et migratrices, selon les statistiques du Centre cynégétique qui se trouve dans le site du lac. Cinq écosystèmes différents y cohabitent: marin, marécageux, dunaire, lacustre et forestier. Sa faune est constituée de 206 espèces d’oiseaux (flamant rose, canard souchet, col vert, bécassine,…), de 21 espèces de mammifères (chacal, genette, sanglier, renard famélique, etc.), de 12 espèces de poissons, de 170 espèces d’invertébrés (insectes, arachnides…) et de 71 espèces de reptiles et d’amphibiens. Sa richesse floristique est composée de 233 espèces de plantes inventoriées et de 25 espèces de flore marine. Cet espace exceptionnel, tout près de la capitale, mérite un minimum d’égards. En chiffre, ce minimum doit se traduire, pour la zone industrielle voisine, par « zéro mètre cube d’eaux usées non épurées » à la sortie des usines.

 

Cet article a été publié dans le quotidien algérien Reporters.

 


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