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Catégorie ‘ACTUALITES’

La nouvelle écologie au tournant

Notre amie Marie-Pierre Cabello (JNE) et sa complice Patricia Ricard ont relancé le 7 octobre à Paris leur série des « Mardis de l’environnement » de la Fondation d’entreprise Ricard, avec un thème assez large : « la nouvelle écologie ».

par Roger Cans

Notre confrère de L’Express, Olivier Le Naire, est l’auteur d’un ouvrage (sortie en librairie le 8 octobre 2014 aux éditions Actes Sud/Les liens qui libèrent) où sont interrogés dix « Voix d’espérance » – c’est le titre de l’ouvrage—qui, chacune, plaide pour une valeur d’espoir : Nicolas Hulot pour le courage, Cynthia Fleury pour l’imagination, Anne-Sophie Novel pour la lucidité, Frédéric Lenoir pour le discernement, Dominique Méda pour l’audace, Pierre Rabhi pour la beauté, Pierre-Henri Gouyon pour la conscience, Abd el Malik pour la fraternité, Erik Orsenna pour la vérité, et Françoise Héritier pour la joie. Il a été encouragé à cette publication par le succès du précédent livre d’entretien avec Pierre Rabhi, qui s’est vendu à 100.000 exemplaires. Il voit là le signe que la pensée écologique, au sens large, diffuse dans le corps social, car « la question environnementale surdétermine tout ».

 

 

Stéphane Riot est le fondateur de Nove Terra, réseau d’experts et de chercheurs qui souhaitent accompagner les entreprises à la recherche d’un nouveau modèle de développement durable. A l’origine, il était chargé de « l’intelligence économique », autrement dit de l’espionnage industriel pour le compte de Vivendi. Mais le PDG Jean-Marie Messier a conduit le groupe dans une impasse et Stéphane Riot a changé son fusil d’épaule. Désormais, il s’applique à pousser les entreprises vers un nouveau mode de développement, qui implique « l’intelligence collective », les relations horizontales et non pyramidales, l’usage d’un bien plutôt que sa propriété, le bon sens paysan, le partage et l’interdépendance. « Les Américains ont lutté autrefois pour leur indépendance, nous luttons aujourd’hui pour l’interdépendance ». Finalement, constate-t-il, « la crise nous pousse à innover ».

 

Cédric Péchard, lui aussi, est le produit d’une grande école et a d’abord travaillé pour un groupe multinational de l’agroalimentaire, en l’occurrence Nestlé. Lui aussi a complètement changé son fusil d’épaule en créant UpCycle, afin de recycler les ressources alimentaires inutilisées. C’est que l’alimentation des villes, aujourd’hui, entraîne des coûts de transport considérables et la production de déchets perdus pour tout le monde. Il s’est donc lancé dans une expérience inédite : le recyclage du marc de café, le déchet d’un grain qui est la denrée alimentaire la plus échangée dans le monde. Il a donc fondé sur la plateforme du grand marché de Rungis une « ferme urbaine » qui recycle le marc de café. Pour cela, il récupère les déchets des distributeurs automatiques de la région parisienne, sauf les capsules, soit 5 tonnes par semaine. Avec ce marc de café, ensemencé de mycélium (acheté localement), il cultive des pleurotes d’une qualité exceptionnelle, aujourd’hui recherchée par les grands cuisiniers. Il s’est inspiré pour cela de trois modèles qu’il a rencontrés en Chine, aux Etats-Unis et au Zimbabwe. En Californie, on fournit un produit de luxe, mais au Zimbabwe, on fait travailler les pensionnaires d’un orphelinat pour un produit bon marché. UpCycle produit aujourd’hui un kit de marc de café ensemencé (de 15 à 20 euros le carton de format bouteille) qu’il suffit d’ouvrir pour voir pousser les pleurotes. Cédric Péchard souligne que, au terme de trois cycles de production de champignons, le marc restant peut être recyclé comme engrais maraîcher.

 

Philippe Girard est aujourd’hui président de l’association Innovation en Action, qui promeut la responsabilité sociale et environnementale (RSE) en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Depuis dix ans, cette association s’efforce de réunir chefs d’entreprises et responsables syndicaux pour qu’ils se mettent d’accord, ensemble, sur une stratégie de RSE. FO et CFDT participent, mais pas la CGT, par principe contre toute cogestion avec le patronat. L’association attribue chaque année des trophées aux meilleures initiatives en ce sens, où le « souci de l’individu » est privilégié. « Non, on ne fait pas de la RSE sans le savoir, comme certains le répètent. La RSE, c’est une stratégie, une vision ». Lui aussi affirme qu’il faut profiter de la crise pour innover, pour changer.

 

Un plan santé environnement qui ne servira à rien


par Fabrice Nicolino
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Vous le savez sans doute : le troisième Plan national santé environnement était en consultation jusqu’au 14 octobre. Est-il sérieux ? Hélas, non, et pas une seconde. Dans ce domaine pourtant crucial pour nous tous et nos descendants, la puissance publique apparaît comme paralysée.

 

C’est tristement simple. Quantité de maladies flambent. 355 000 cas de cancers en France en 2012, contre 170 000 cas en 1980. Quatre millions de diabétiques. 15 % d’obèses chez les adultes, soit le double qu’il y a quinze ans. Près de 30 % d’allergiques de toute sorte. Un million d’Alzheimer et peut-être deux d’ici 2020. D’évidence, quelque chose se passe à une très grande vitesse, mais quoi ? Des études parues dans les meilleures revues scientifiques, de plus en plus nombreuses, pointent des liens entre exposition à des molécules toxiques et ces maladies si graves. Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que tout viendrait de là, mais il serait stupide de ne pas voir tous ces signaux qui s’allument en même temps.
Et pourtant, rien ne bouge. En 1991, la scientifique américaine Theo Colborn a forgé l’expression déconcertante de « perturbateur endocrinien ». Des molécules toxiques, imitant à la perfection des hormones naturelles, entrent dans le corps humain et y désorganisent le système endocrinien, décisif pour notre équilibre général. D’évidence, il s’agit d’un danger gravissime. Mais notre Plan national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE) a été scandaleusement saboté, de même que la politique européenne dans ce domaine. Et le si lourd dossier de l’air intérieur est lui aussi durablement encalminé, au point que Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, vient de renoncer à suivre la qualité de l’air dans les crèches. Pourquoi ? Parce que la question est explosive ! Une étude menée fort discrètement par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) révèle que les gestionnaires de parcs immobiliers crèvent de trouille à l’idée qu’on pourrait leur demander des comptes. Le spectre de l’amiante – et ses innombrables procès – est dans toutes les têtes.
Et le pire est qu’on comprend cette angoisse, car que faire ? Annoncer froidement à la population française que l’air qu’elle respire 20 heures sur 24 est farci de molécules potentiellement dangereuses ? Que les rares études montrent une contamination généralisée ? Oui, que faire, quand il faudrait revoir la quasi-totalité des process industriels, de manière à enfin s’attaquer à la source des émissions ?
Le plan actuellement en consultation ne sera donc, comme les précédents, que cautère sur une jambe de bois. Il faudrait du courage, un courage politique fou, et comme chacun le sait, la denrée est rare. Reste notre propre responsabilité, amies, amis, consœurs et confrères des JNE. Nous qui avons la possibilité – et le devoir – d’informer, qu’attendons-nos pour mettre sur la place publique les vraies enjeux de la santé qu’on appelle environnementale ? Pour ma part, je préfère parler de la santé de tous les organismes vivants, car nous ne sommes pas seuls au monde. Il y a les plantes. Il y a les animaux.

 

Fabrice Nicolino vient de publier Un Empoisonnement universel, comment les produits chimiques ont envahi la planète, aux éditions Les Liens qui libèrent. Il anime le blog Planète Sans Visa.

 

Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

 

Des chrétiens d’Europe se mobilisent pour l’écologie et le climat 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre en Hongrie, à l’occasion de la 10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network).

 

par Christine Kristof-Lardet

 

Assemblée de l'ECEN en Hongrie - photo Christine Kristof

Assemblée de l’ECEN en Hongrie – photo Christine Kristof

 

Planter d’anciens pommiers dans le jardin d’une église, installer des panneaux solaires sur le toit d’un monastère, aménager des nichoirs pour les oiseaux dans un clocher…

 

Autant d’actions portées par des chrétiens issus de différentes églises d’Europe qui pourraient sembler bien insignifiantes, mais qui,  par-delà leur portée symbolique, peuvent  réellement changer la face du monde car elles témoignent d’une attitude intérieure tournée vers le respect de la vie..

 

A l’heure où les regards convergent vers le sommet climat des Nations Unis qui se déroulera à Paris en 2015 (COP 21), et où nous commençons à prendre la mesure des conséquences des changements climatiques, des chrétiens, issus de diverses Eglises d’Europe, se sont réunis du 27 au 30 septembre dernier en Hongrie, à l’occasion de la  10e Assemblée de  l’ECEN (European Christian Environnemental Network), afin de s’interroger sur la responsabilité morale de l’Eglise et d’apporter des réponses concrètes à la crise environnementale, sociale et spirituelle que nous traversons.

 

Plus d’une centaine de personnes, originaires de 24 pays d’Europe, ont témoigné d’approches théologiques et écologiques de grande qualité, mais ont surtout partagé leurs expériences de terrain, inspirantes pour chacun. Ces chrétiens vivent leur engagement écologique comme un élément constitutif et essentiel de leur foi, et non comme une préoccupation périphérique. La Création étant l’œuvre de Dieu, il est tout naturel pour eux d’en prendre soin !

 

Cet engagement se décline à tous les niveaux de responsabilité, tant au niveau des institutions, avec, pour exemple, l’initiative récente prise par l’Eglise de Suède de se désinvestir totalement des énergies fossiles, qu’au niveau de certains responsables religieux, tels James Jones, Evêque de l’Eglise d’Angleterre, ou le Révérent Henrik Grape de l’Eglise de Suède, qui n’hésitent pas à interpeller les politiques.

 

Mais l’impulsion, il faut le dire, vient plus souvent de la base, des paroisses avec l’exemple des innombrables « églises vertes » ou des  « éco-congrégations » qui fleurissent aux Pays-Bas, en Suisse, en Ecosse ou en Hongrie, ou  encore des associations chrétiennes ou des individus qui tentent d’apporter des réponses pragmatiques aux problèmes locaux, qu’il s’agisse de réduire la consommation énergétique des bâtiments et des églises, de mettre en culture le jardin d’une paroisse, de promouvoir le « temps pour la création » (traduire par « temps spécifique consacré à l’écologie », du 1er septembre au 4 octobre, institué par le Patriarche Bartholomée et porté par l’ECEN), de proposer un jeûne de voiture ou un carême sans viande, ou encore de sensibiliser les enfants au respect de la nature dans les écoles chrétiennes…

 

Les initiatives de coopération telles que celles portées par l’ECEN semblent d’autant plus précieuses dans le contexte des bouleversements climatiques qui nous concerne tous. Les Eglises, unissant leurs voix, peuvent jouer un rôle déterminant pour interpeller les politiques qui porteront les négociations lors de la COP21. Des initiatives internationales tel le Jeûne pour le climat, ou le grand pèlerinage qui se prépare en provenance de plusieurs pays d’Europe vers Paris en 2015, sont le signe de la prise de conscience, au sein d’un nombre grandissant de chrétiens, de notre responsabilité partagée face au devenir de l’humanité et d’une partie du vivant sur Terre.

 

 Qu’est-ce que l’ECEN ?

 

L’ECEN (European Christian Environnemental Network) est un réseau d’églises, de communautés, d’ONG et d’individus qui, au-delà des frontières et des confessions, œuvrent pour le respect et la sauvegarde de la création. Le but de l’ECEN est de partager les informations sur l’écologie et les bonnes pratiques présentes dans les différentes traditions chrétiennes d’Europe, et d’œuvrer à une coopération efficace, notamment à travers des jumelages ou des actions communes. L’ECEN est le principal outil de la Conférence des Eglises Européennes (corollaire du Conseil Œcuménique des Eglises en France) et se réunit tous les deux ans. Cette année, deux-tiers des personnes participaient à ces rencontres pour la première fois, dont de nombreux jeunes. Dans sa mission d’interpellation des autorités religieuses et politique, deux lettres ont été rédigées durant cette dernière assemblée – une à destination des Eglises, l’autre à destination de l’Union Européenne : « Nous sommes appelés à agir localement avec une perspective globale. En tant qu’églises et communauté de foi, nous sommes appelés à prendre soin de notre voisins, et notre voisin est chaque créature vivante dans la création de Dieu. Nous appelons les églises et les responsables d’églises à travers l’Europe à répondre à la crise spirituelle et matérielle du changement climatique ! ».

 

Cet article a été publié dans l’hebdomadaire Réforme.

 

 

Comment convertir du gaz carbonique en énergie verte ?

La technologie est-elle une réponse au changement climatique ? Voilà qui suscite bien des débats. De même, le captage et la séquestration du carbone sont loin de faire l’unanimité. Dans un premier temps, nous publions un article sur un procédé qui a conquis l’un des membres de notre association.

 

par Michel Cros

 

Usine BFS à Alicante (Espagne) - photo BFS

L’usine BFS à Alicante (Espagne) – photo BFS

Alors que les conflits autour des énergies fossiles se font de plus en plus ressentir sur la planète (conflits armés, transactions financières sur les mines de charbon, exploitation du sous-sol…), l’éco-citoyen responsable, mesurant son empreinte carbone de son côté, semble bien décidé à modifier ses gestes pour utiliser une énergie moins polluante qui va surtout réduire ces gaz à effet de serre qui nous préoccupent tant.

 

Mais quand un ami me déclara, qu’on pouvait faire du pétrole avec du CO2 et que ça marche depuis 4 ans grâce à une usine installée en Espagne, je suis resté dubitatif ! Son insistance m’a encouragé à en savoir un peu plus sur cette entreprise qui a son siège à Alicante. BFS (Bio Fuel System) a réussi à mettre en application un procédé incroyable mais élémentaire permettant la conversion du gaz carbonique en pétrole artificiel, appelé Blue Petroleum, garanti sans soufre et métaux lourds.

 

Serait-ce l’émergence d’un combustible de plus sur le marché, un super algo-carburant en quelque sorte ? Une aubaine pour tous les automobilistes qui sont à la recherche de nouveaux carburants plus équitables pour la planète !

 

Sur la route de mes vacances espagnoles, je m’interroge sur la production de ce biopétrole. Vais-je pouvoir faire mon plein avec du Blue Petroleum ?

 

Son nom magique résonne déjà dans mon réservoir tellement ma pensée s’emballe, mais pourquoi ça ne s’est pas développé chez nous, alors que l’Allemagne propose aussi du carburant végétal dans ses stations services depuis longtemps ?

 

La France, qui vient juste d’accepter, via le major de l’automobile PSA, le moteur à air comprimé de M. Guy Nègre, après 15 années d’hésitation (voir ici un article de la Tribune), a-t-elle raté une opportunité de plus dans sa transition énergétique ?

 

Mais d’où vient-il, ce « pétrole bleu », au design élégamment présenté sur le web ? Est-il vraiment opérationnel et surtout, quelle est cette formule magique ?

 

Autant de questions qui vont s’accumuler jusqu’à ma venue sur place à Alicante, où je décide de rencontrer la tête pensante de l’usine pilote BFS, installée depuis 2010.

 

Bernard Stroïazzo-Mougin, le Président Fondateur de Blue Fuel System, n’a pas pu venir pour l’interview, mais son fils, Alix Stroiazzo, Directeur International Business Development, me reçoit cordialement dans leurs bureaux pour me présenter ce procédé grâce à un montage vidéo.

 

Sur la table, une rangée circulaire de bloc-notes laisse apparaître en grosses lettres la formule magique CO2 = Energy. Une formule simple, voire contradictoire comme la « vérité qui dérange » d’Al Gore . C’est d’ailleurs suite aux déclarations alarmantes de ce sénateur américain que l’application de ce procédé prit forme en 2006 dans l’esprit de Bernard Mougin, ingénieur français en thermodynamique, passionné par les recherches sur le pétrole, et soucieux d’un avenir meilleur pour les générations futures.

 

Un procédé génial inspiré par les travaux de Giacomo Luigi Ciamician, professeur de chimie à l’université de Bologne (de 1889 à 1922), qui fut le premier scientifique à faire des recherches dans le domaine des réactions photochimiques. Cet universitaire d’origine arménienne, considéré comme le père de la photochimie, proposa d’ailleurs en 1912 à New York, en amorce du VIIIe Congrès International de Chimie, l’utilisation de l’énergie solaire comme moyen de production d’un carburant artificiel pour remplacer le charbon, l’énergie fossile de l’époque.

 

Comme il en témoigne dans ses travaux :« Le rayonnement solaire peut être utilisé pour des applications industrielles. Dans des régions désertiques, inadaptées aux cultures, on pourrait installer des forêts de tubes en verre où le processus photochimique qui aurait lieu à l’intérieur de ses tubes constitue le secret le mieux gardé par la nature jusqu’à nos jours ».

 

Alors, ce secret tant recherché, quel est-il exactement ? Imaginer un procédé recréant le processus qui a lieu depuis des millions d’années dans les océans grâce à la photosynthèse pour donner tout naturellement du pétrole.

 

Car dans ces gigantesques tubes en verre, l’équipe scientifique de BFS a installé des micro-algues avec du phytoplancton et des cyanobactéries qui se multiplient à vitesse grand V sous le soleil. Leur concentration moyenne de base, qui est de 100 à 300 cellules par millilitre dans l’eau de mer, atteint 500 millions à 1 milliard de cellules par millilitre dans les réacteurs de BFS. Ces organismes vivants unicellulaires « autotrophes », appelés « échangeurs », sont les plus lointains ancêtres de toute forme de vie sur Terre et fonctionnent comme de véritables usines biochimiques miniaturisées. Leur décomposition est l’origine de ce pétrole tant convoité sur la planète.

 

Mais Bernard Mougin est allé plus loin que Luigi Ciamician, car l’inventeur français relie les rejets de dioxyde de carbone industriels directement à son usine et accélère le procédé de conversion de CO2. La photosynthèse permet alors de capter le carbone du CO2 et d’en faire une chaîne carbonée sous forme d’une bio-masse pouvant servir de carburant, avec un bonus non négligeable pour notre environnement ; pour chaque baril de pétrole utilisant environ 2 tonnes de CO2 d’émissions industrielles, 1 tonne est totalement neutralisée et ne se retrouvera plus dans l’atmosphère. Ainsi, 2.500 tonnes de CO2 ont pu être captés depuis le démarrage de l’usine en 2010.

Un bio-pétrole en quelque sorte artificiel qui plus est réducteur de CO2… Mais aussi une bio-masse (chaîne carbonée) source d’importants apports alimentaires grâce aux OMEGA (EPA, DHA…), issus des phytoplanctons, des acides gras que l’homme n’arrive pas à synthétiser, alors qu’ils sont déterminants au bon fonctionnement du métabolisme des êtres vivants. Sans compter toutes les applications pour la cosmétique. La molécule phycoérythrine découverte cette année dans les laboratoires de BFS en est un parfait exemple.

 

Bernard Stroïazzo-Mougin fabrique du pétrole avec de la fumée !

 

Le CO2, notre ennemi juré, est devenu entre ses mains un véritable allié… Un coup fumant que le gouvernement français risque de regretter dans la perspective de la COP 21, où tous les pays concernés vont devoir se réunir à Paris en 2015, pour faire le point sur le climat. Et surtout proposer des solutions. Un challenge que pourrait lancer la France sur la table internationale, annulant ainsi, le fameux dicton : « en France on n’a pas de pétrole… »

 

Mais le challenge est assurément mondial, car il suffirait d’une surface équivalente à 500 km x 500 km dans un désert pour produire 20 millions de barils par jour qui permettraient de réduire 20 % de gaz à effet de serre, affirme BFS !

 

Le rêve de Giacomo Ciamician serait-il, presque un siècle après, enfin réalisé ? Sur les terres de la province d’Alicante, s’érigent des tubes verts pointés vers le ciel de 8 mètres de hauteur, de plein pied sur 3 hectares. Un bon début, mais pas suffisant pour produire en masse du carburant, précise son fondateur qui estime la barre de démarrage pour le marché espagnol entre 50 et 100 hectares.

 

Reste à trouver 100 millions d’euros, et le « tour » est joué ! Dans l’attente de nouveaux contrats qui pourraient se concrétiser prochainement, notamment avec la Chine et le Japon (via Japan Airlines), une voie parallèle et encourageante se profile avec une participation citoyenne bien décidée à promouvoir cette nouvelle énergie verte. Des citoyens conscients que cette alternative au pétrole bio doit bien répondre à l’urgence climatique et non à une nouvelle utilisation irraisonnée de sa production.

 

Lien sur le captage et stockage du dioxyde de carbone :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Le-gouvernement-francais-soutient.html

 

Lien sur l’ozone :
http://www.asef-asso.fr/mon-air-exterieur/nos-syntheses/1959-tout-savoir-sur-la-pollution-de-l-air-en-3-minutes

 

Voyage JNE BiObernai 2014 : quel avenir pour la vallée de la Bruche ?

Au terme de leur voyage en Alsace effectué lors du salon BiObernai, les JNE se sont penchés sur l’avenir de la vallée de la Bruche.

 

par Roger Cans

 

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Au coeur de la vallée de la Bruche en Alsace – photo Françoise Tondre

Avec Pierre Grandadam, président de la communauté de communes (comcom) de la vallée de la Bruche, et Jean-Sébastien Laumond, chargé de mission paysage, nous jetons un coup d’œil à un belvédère aménagé pour contempler le résultat d’une politique d’ouverture des paysages au profit d’associations foncières pastorales.

 

La vallée de la Bruche, nous dit-on, a périclité après la mort des industries textiles, vers 1950. Les pâtures se sont embroussaillées et les paysages se sont fermés avec l’extension naturelle des épicéas. L’objectif de la comcom : « enlever la forêt où elle n’est pas à sa place ; retrouver des espaces ouverts avec des prés et des brouteurs (chèvres, chevaux, etc.) ». Cette politique d’ouverture a commencé dans les pâturages d’altitude, que l’on maîtrise mieux. Et l’on descend maintenant dans les fonds de vallées, beaucoup plus sensibles.

 

On poursuit la piste jusqu’au col de la Perheux (700 mètres), où se trouve une ferme auberge rachetée par la comcom et louée à un éleveur allemand. Sur 75 hectares, il produit du lait, du fromage et de la viande. Puis c’est la descente de la basse vallée, qui permet d’apercevoir l’immense et unique scierie de la Bruche à Urmatt (Bas-Rhin). Elle est la propriété d’un groupe finlandais.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage JNE au Salon BiObernai 2014.

 

Voyage JNE BiObernai 2014 : le pain bio cuit au bois du Turlupain

Au cours de leur voyage en Alsace effectué lors du salon BiObernai, les JNE ont savouré les pains du Turlupain, boulangerie installée au coeur de la vallée de la Bruche.

 

par Roger Cans

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La boulangerie Turlupain à Saales (Bas-Rhin) – photo Turlupain

 

Vers 13 h 30, en ce dimanche 14 septembre 2014, nous sommes attendus au Turlupain, une boulangerie bio qui a préparé des plateaux de charcuterie à déguster avec le pain maison, cuit au bois.

 

Le patron, qui n’est ni alsacien ni boulanger de formation (il a fait du droit), a tout de même 28 ans de pain bio derrière lui (il a 56 ans), dont plusieurs années à Orbey (Haut-Rhin), où un céréalier alsacien le fournissait en exclusivité.

 

A la recherche d’un nouveau lieu dans cette vallée de la Bruche méconnue, il s’est présenté la première fois en 2009, arpentant le pays à pied. Il a rencontré le maire et trouvé un financement grâce à Alsabail, dont le président n’est autre que… Bernard Fischer, maire d’Obernai !

 

Le magasin et les fours, flambant neufs, viennent d’être inaugurés. Deux fours ont été construits à l’ancienne, l’un pour le pain, l’autre pour les viennoiseries. Ils sont approvisionnés par des chutes de scieries. Turlupain vent la moitié de sa production dans les magasins bio (il livre lui-même avec son fourgon), 30 % sur les marchés et 20 % dans sa boutique.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage JNE au Salon BiObernai 2014.

Voyage JNE BiObernai 2014 : Saales, village méritant

Au cours de leur voyage en Alsace effectué lors du salon BiObernai, les JNE ont visité le village de Saales, dans le Bas-Rhin.

 

par Roger Cans

 

Jean Vogel VVF Saales

Jean Vogel, maire de Saales (Bas-Rhin), présente aux JNE le VVF (Village Vacances Familles) de sa commune – photo Carine Mayo

 

Le 14 septembre, le groupe de journalistes des JNE visite le village de Saales (Bas-Rhin), où le maire, Jean Vogel, nous présente sa commune. Celle-ci est située sur une faille géologique, entre grès et granite. Commune forestière (750 hectares dont 565 de forêt communale), replantée sur ordre de Colbert.

 

L’exode rural a fait passer la commune de 1.500 habitants à 750, au plus bas. On en compte 900 aujourd’hui. Un problème nouveau vient du dégât de gibier. Avec la tempête Lothar, en 1999, 15 hectares ont été jetés à bas. Les chevreuils ont occupé le terrain et interdit toute régénération naturelle. On ne peut rien cultiver sans installer des grillages et des barbelés.

 

Saales est très fière de son réseau d’eau potable (26 fontaines au total). Nous visitons la station de traitement par rayons ultra-violets, procédé très économique. Saales ne compte plus que quatre agriculteurs, dont l’un dispose de 99 % des terres et les trois autres 1 % (dont un éleveur d’escargots et un éleveur de rapaces). La spécialité de la commune, c’est « les petits fruits » (myrtille, sureau et autres baies sauvages), dont on fait des confitures.

 

Nous visitons le VVF (45 logements, 240 lits), qui a été entièrement réaménagé aux normes écologiques (isolation, chauffage aux granulés de bois, centre de remise en forme au lieu d’une piscine).

 

Nous terminons par le verger planté sur un coteau anciennement envahi d’épicéas. Jean Vogel souligne l’importance d’ouvrir les paysages qui se referment. Les arbres forestiers ont été remplacés par 300 arbres fruitiers, essentiellement des pommiers (80 %), correspondant à une tradition locale (l’alcool de pomme). C’est pourquoi, parmi les 90 variétés présentes, très peu donnent des pommes à couteau.

 

Le maire de Saales nous parle enfin de son projet de dix éoliennes, financées par actionnariat populaire. Deux seulement ont pu être montées, car les propriétaires de résidences secondaires se sont mobilisés pour s’opposer au projet, via de multiples recours.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage JNE au Salon BiObernai 2014.

 

Voyage JNE BiObernai 2014 : ces Incroyables Comestibles dans leur drôle de moulin

Au cours de leur voyage en Alsace effectué lors du salon BiObernai, les JNE se sont familiarisés avec les Incroyables Comestibles.

 

par Roger Cans

 

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François Rouillay présente aux JNE le siège du mouvement Incroyables Comestibles à Colroy-La-Roche (Bas-Rhin) – photo Magali Reinert

 

Le dernier jour, le dimanche 14 septembre, les organisateurs de BiObernai nous ont programmé une journée « verte », en l’occurrence dans la vallée de la Bruche.

 

Notre première étape, à Colroy-La-Roche (Bas-Rhin), nous conduit au vieux moulin qui est le siège du mouvement Incredible Edible, devenu en France Incroyables Comestibles.

 

Nous y sommes accueillis par François Rouillay, ancien haut fonctionnaire converti à l’agriculture urbaine, telle qu’elle a été imaginée en 2008 à Todmorden. Cette ville d’Angleterre, sinistrée par la crise, a retrouvé une âme avec Incredible Edible, un mouvement héritier des jardins ouvriers et de l’agriculture communautaire. Cette fois, on fait tomber les barrières et on partage la production des buttes auto-fertiles, constituées de 9 strates (depuis le bois pourri jusqu’à la paille de surface, en passant par les vieux cartons pour la cellulose).

 

Cette forme de permaculture permet de produire sans rien faire pendant cinq ans. Car, « avec une calorie, on en fait vingt ». Tout le monde peut se servir. On nous assure que la ville de Leeds (700.000 habitants) se prépare ainsi à l’autosuffisance alimentaire. Des expériences semblables ont lieu au lycée français de Tananarive (Madagascar), à Montréal et à Sherbrooke (Canada), ainsi qu’au Maroc (potagers solaires). Et l’université Champollion d’Albi (Tarn) se prépare à devenir la capitale de la permaculture.

 

Nous sommes invités à un brunch à la Cheneaudière, un Relais & Châteaux de vieille souche, où même l’ascenseur se dissimule sous des parois végétalisées. On n’y sert que des produits locaux, sauf les pamplemousses et les viennoiseries.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage JNE au Salon BiObernai 2014. Sur le mouvement Incroyables Comestibles, lire aussi l’article de Suzanne Körösi sur notre site.

 

Voyage JNE BiObernai 2014 : les handicapés au service de l’agriculture

Au cours de leur voyage en Alsace effectué lors du salon BiObernai, les JNE ont visité le 13 septembre 2014 une entreprise solidaire : Soli’Vers.

 

par Roger Cans

 

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Pierre Hoerter, président de Soli’Vers, présente aux JNE les calèches fabriquées dans cette entreprise solidaire de Molsheim (Bas-Rhin) – photo Carine Mayo

 

Dans l’après-midi du 13 septembre, le car nous emmène à Mosheim (Bas-Rhin), où se trouvent les bâtiments de la Main Verte et du magasin Virtuose, gérés solidairement par Soli’Vers.

 

La Main Verte, créée en 1992, fournissait des prestations de service à l’agriculture avec des déficients intellectuels. C’était une main-d’œuvre saisonnière pour les maraîchers, les vergers et les vignes. Le démarrage a été difficile. L’objectif est de conduire les handicapés vers un CAP professionnel.

 

« On sort du handicap avec la compétence », dit Pierre Hoerter, le président de Soli’Vers. Dans les débuts, le problème était de regrouper les jeunes sur le quai de la gare. Ils ont ensuite été hébergés dans un local d’EDF. Depuis 2013, tout est regroupé à Molsheim, dans des locaux aménagés à dessein. On y expérimente des bûches en fibre de maïs, qui permettent de convertir des fanes inutilisées en combustible. On espère un brevet…

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage JNE au Salon BiObernai 2014. Sur Soli’Vers, lire aussi l’article de Myriam Goldminc sur notre site.

 

Voyage JNE BiObernai 2014 : l’atelier de peinture bio de Patrick Fischer

Au cours de leur voyage en Alsace effectué lors du salon BiObernai, les JNE ont visité le 13 septembre 2014 l’entreprise de peinture bio de Patrick Fischer.

 

par Roger Cans

 

peinture-fischerNous partons pour Rosheim (Bas-Rhin), afin de visiter une entreprise de peinture qui, à première vue, n’a rien d’extraordinaire. Mais la visite nous ouvre les yeux sur un entrepreneur, Patrick Fischer, qui exerce un métier unique : il restaure avec des peintures élaborées à l’ancienne, avec des minéraux, des végétaux et des produits animaux naturels. L’entreprise de son père, créée en 1957, fabriquait des peintures à l’huile de lin et à la térébenthine. Lui-même a fait son service militaire dans les chasseurs alpins, ce qui l’a branché sur les Alpes. Il est devenu guide de montagne et a découvert les meubles peints, puis les fresques des monastères de Toscane.

 

Donc, pas question de se servir des peintures au vinyle ou glycérophtaliques. Il s’en tient aux vieilles recettes, plus exigeantes. Pour restaurer un vieux mur, il étale d’abord du savon noir, de la cire d’abeille, de la crème de lait, de la chaux, de la poudre de marbre et enfin les pigments. C’est ainsi qu’il restaure l’église Sainte-Aurélie, un temple protestant de Strasbourg. Les bancs de l’église, en sapin, ont été peints en faux chêne. Il doit retrouver les techniques du faux chêne ou du faux marbre, longtemps utilisées aux siècles précédents. Pour cela, il dispose d’un matériel précieux : brosses et pinceaux en poils de martre, de blaireau, de sanglier. Et même des rouleaux en latex.

 

Suprême raffinement, il cultive dans le jardin attenant à son atelier des plantes tinctoriales comme la garance, le pastel et le sureau. « J’ai le défaut d’être puriste », dit-il. Patrick Fischer est à la fois un artisan et un artiste. Ce qui fait de son entreprise une merveille d’ingéniosité et de talent.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du voyage JNE au Salon BiObernai 2014. Sur l’entreprise de peinture Fischer, lire aussi l’article de Magali Reinert sur notre site.