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Catégorie ‘Editos’

Transition énergétique : un débat à double tranchant

 


par Thomas Blosseville

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Depuis l’automne dernier, la France débat de sa transition énergétique. Après des heures de discussion, l’exercice entame une (dernière) ligne droite décisive. Avec des promesses, mais non sans risque.

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Sur le principe, tout le monde s’accorde. Oui, la France doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Oui, elle doit déployer des énergies renouvelables. Oui, elle doit prendre des mesures de sobriété et d’efficacité énergétique. Mais… jusqu’à quel point ? C’est l’enjeu du débat national en cours. Après un démarrage poussif, celui-ci s’accélère. Le 25 avril, trois premiers groupes de travail ont présenté leurs conclusions au conseil national du débat, à Paris. Au menu : sobriété et efficacité énergétique, développement des renouvelables et gouvernance. Le 23 mai, deux autres devraient en faire autant, l’un sur les scénarios prospectifs, l’autre sur le financement. Entre-temps, le 14 mai devrait être consacré à la dimension européenne. Et le 25 mai, des panels représentatifs de citoyens dans les régions françaises seront interrogés. Dans un mois donc, de nombreux éléments seront sur la table des discussions.

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D’ores et déjà, un constat s’impose : la France a des idées. Les premiers groupes de travail ont listé une série de mesures potentielles. Assurément, notre pays pourrait sortir du débat avec une véritable boîte à outils pour réussir sa transition énergétique. Elle aurait d’autant plus de légitimité que ces outils sont, souvent, le fruit de consensus. Le groupe sur la sobriété et l’efficacité énergétique a identifié une quarantaine de mesures prioritaires. Celui sur les énergies renouvelables décline des recommandations transversales et par filières. Celui sur la gouvernance a fait une vingtaine de propositions. Restent à venir les groupes sur les scénarios, le financement, la compétitivité, les mutations professionnelles…

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Attention toutefois, la méthode a une contrepartie. Le débat national fait la part belle aux consensus. A juste titre, car un débat ouvert est indispensable pour mobiliser l’ensemble de la société. Mais cette approche limite l’ambition. Si, à chaque étape à venir, le consensus initial est rogné, il se réduira in fine à peau de chagrin. C’est bien là l’enjeu du bras de fer qui s’engage maintenant entre les différents groupes de pression.

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Car une boîte à outils ne suffira pas. Il faudra aussi établir des priorités et fixer des objectifs. Force est de constater que les tenants de l’ordre actuel n’ont pas tous intérêt, à court terme, à engager la transition. Ainsi, les économies d’énergie s’imposent toujours plus comme une impérieuse nécessité. L’un des objectifs est d’atteindre le « facteur 4 », c’est-à-dire diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici à 2050. Selon les scénarios prospectifs, pour y parvenir, il faudra diviser par 2 la consommation d’énergie… ou un peu moins si surviennent des évolutions technologiques, encore loin d’être garanties. Dans ces conditions, quel objectif se fixer ? Le 25 avril, lors de la dernière réunion du conseil national du débat, les représentants du patronat et certains des syndicats de salariés se sont opposés à viser formellement une division par 2 en 2050 de la consommation d’énergie française. Pourquoi ? En quoi étaient-ils représentatifs des patrons et salariés ? Mystère !

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C’est le gouvernement et les parlementaires qui, au final, trancheront par la loi. Les conclusions du débat en cours alimenteront leur réflexion. Mais sous quelle forme ? Une simple boîte à outils ? Des recommandations ? Une liste des principales options, chiffres et arguments à l’appui ? Cela n’est pas encore décidé, et laisse à chaque partie prenante la possibilité de contribuer à orienter l’issue du débat. Pour le meilleur ou le (moins) pire.

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JNE : une actualité bien remplie !

 


par Carine Mayo, Présidente des JNE

 

Le voici, tout nouveau, tout beau, l’annuaire 2013 des JNE (découvrez-le en cliquant ici) ! Avec en couverture une jolie photo d’hermine en pelage d’été signée Alain Doucé, histoire de nous rappeler que le printemps devrait bientôt arriver (mais oui…).

 

Regroupant les coordonnées des 240 membres qui composent notre association ainsi que leurs spécialités et les titres auxquels ils collaborent, cet annuaire illustre bien la biodiversité des compétences des JNE : spécialistes de l’écologie, du climat, de la santé, du jardinage, de la consommation, des politiques publiques, de l’éducation à l’environnement… L’exploration de tous ces centres d’intérêt forme notre expertise collective.

 

Une expertise renforcée par les rencontres que nous organisons. Ainsi, nous nous sommes penchés le 1er mars sur les contraintes juridiques qui permettraient de diminuer les atteintes à l’environnement à travers le projet de Tribunal international de la nature et l’initiative Endecocide (compte-rendu de ce pett déjeuner ici). Puis nous avons dressé un état des lieux de la pollution radioactive autour du site de Fukushima. Nous nous sommes aussi intéressés à l’expertise scientifique et à la nécessité pour les journalistes d’identifier qui sont les experts scientifiques et de rechercher s’ils ont des liens avec les lobbies qui sont à l’origine des grandes pollutions environnementales. Une rencontre (compte-rendu de ce petit déjeuner ici) qui s’est achevée sur le constat de la difficulté pour les journalistes à faire émerger les enjeux à long terme dans un paysage médiatique très conditionné par l’information rapide : une information chasse l’autre (autre regard sur ce petit déjeuner ici) et les scandales et les catastrophes sont davantage traités que la disparition des insectes pollinisateurs.

 

Mais il arrive parfois que l’actualité prenne en compte le long terme. Ainsi, nous nous penchons ces jours-ci sur la transition énergétique avec Laurence Tubiana, « facilitatrice » du débat citoyen en cours sur ce sujet. En espérant que ce débat débouche sur des mesures concrètes, ce qui est loin d’être gagné…

 

De tous ces sujets et de bien d’autres abordés lors de rencontres ou de reportages sur le terrain, ce site internet se fait l’écho, avec la volonté d’éclairer les internautes sur des sujets parfois peu connus (voir par exemple les rubriques Actualités internationales, Livres, Agenda …). Souhaitons qu’il vous apporte des informations et des points de vue qui vous intéresseront.

Bonne lecture !

Notre-Dame-des-Landes, un révélateur économique et démocratique

 


par Laurent Samuel

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Pour beaucoup de Français, même sensibilisés aux questions d’environnement, l’importance accordée par les associations écologistes au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, peut paraître excessive. Certes, comme c’est le cas pour tout grand projet, sa construction entraînerait quelques nuisances, mais n’est-ce pas un prix minime à payer compte tenu des bénéfices que cet aéroport entraînerait pour l’économie de la région et pour l’emploi ?

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Or, l’idée selon laquelle ce projet serait une manne économique a été récemment réfutée dans par deux hauts responsables de Fleury Michon, géant de l’agro-alimentaire. Pour eux, mieux vaudrait investir dans une Ligne à grande vitesse et des réalisations routières (bof…) plutôt que dans ce « projet d’un autre temps » répondant à « des modèles de pensée aujourd’hui dépassés ». « La France s’apprête (…) à investir plus de 500 millions d’euros directement dans l’aéroport – et plus de 2 milliards si l’on considère l’ensemble du projet, incluant les voies d’accès à cette nouvelle infrastructure – dans un projet qui risque, compte tenu de la hausse inéluctable du prix de l’énergie, de ne pas atteindre ces objectifs », note la Fondation pour la Nature et l’Homme dans un texte intitulé « la France n’a pas besoin d’un nouvel aéroport ». « La plate-forme de Notre-Dame-des-Landes est conçue pour accueillir 8 millions de passagers par an, soit un triplement du trafic actuel de l’aéroport de Nantes-Atlantique (c’est donc tout sauf un simple transfert, comme le prétendent certains défenseurs de la construction de cet aéroport) », ajoute la Fondation présidée par Nicolas Hulot. « Cela impliquerait donc une multiplication par 3 des émissions (de CO2 NDLR) là où il faudrait diviser par 2 ou par 4 ces mêmes émissions. »

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Contraire aux engagements gouvernementaux de lutte contre le réchauffement climatique, ce projet se trouve aussi en porte-à-faux par rapport à une autre priorité proclamée par François Hollande lors de la Conférence environnementale de septembre dernier : la défense de la biodiversité. Selon l’association Eaux et Rivières de Bretagne, « 98 % des terres concernées par le projet sont des zones humides de deux têtes de bassins-versants ». Une destruction désastreuse alors qu’à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides du 2 février dernier, un rapport de plusieurs organisations (dont la Convention de Ramsar et le Programme des Nations-Unies pour l’environnement) révèle que la moitié de ces zones ont disparu de la planète depuis 1900… Les associations affirment aussi que le projet d’aéroport est contraire à la loi sur l’eau et ont engagé des recours en justice pour ce motif. En outre, il détruirait 2.000 hectares de terres agricoles, dont 130 hectares de bois. Or, l’urbanisation grignote déjà dans notre pays 60 000 hectares de terres arables par an (soit l’équivalent d’un département tous les dix ans). Par ailleurs, pas moins de 100 kilomètres de haies seraient éliminés. Pas malin à l’heure où, après les avoir éradiquées pendant des dizaines d’années, l’on a en effet résolu d’en replanter…

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Mais la façon dont ce projet a été porté par les pouvoirs publics met aussi en lumière le caractère obsolète et peu démocratique des enquêtes d’utilité publique. « L’enquête publique renvoie à la France rurale du XIXe siècle, une démocratie de notables, un univers consensuel. Elle ne marche pas dans une société aux enjeux complexes, avec des citoyens qui veulent s’impliquer ! », dénonce le philosophe Dominique Bourg dans le N° 3289 de Télérama. De même, le débat public, qui avait précédé l’enquête publique, était destiné à avaliser le projet et non pas à étudier des alternatives. Notre-Dame-des-Landes pointe donc l’urgence de mettre en pratique de nouvelles formes de démocratie participative, basées sur la défense des « biens communs » comme la qualité de l’eau ou de l’air, mais aussi la préservation d’un mode de vie ou le souci des générations futures. Une démocratie participative qui s’ébauche aussi dans la lutte contre le projet, proche comme l’a noté notre confrère Roger Cans sur le site des JNE, de celle des paysans du Larzac, avec le rôle central joué par les agriculteurs menacés d’expropriation.

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Le projet de Notre-Dame-des-Landes illustre ainsi à la fois les impasses de notre mode de développement économique et les insuffisances de notre démocratie. Serait-ce pour ces raisons qu’à en croire Nicolas Hulot, le président Hollande ne serait désormais plus très chaud pour ce projet ? En tout cas, la récente décision de la Cour de Cassation de repousser la demande de la société AGO (groupe Vinci) de rejeter immédiatement un pourvoi de plusieurs propriétaires menacés d’expulsion sur la zone du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes signifie que ces propriétaires ne pourront sans doute pas être expulsés avant plusieurs mois. Cela implique un report probable du début du chantier. Le temps – on peut rêver – de réexaminer l’ensemble du projet…

 

Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

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Retrouvez Laurent Samuel sur son Blog Planète.

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Transition énergétique : un débat citoyen sinon rien

 


par Thomas Blosseville

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Le sujet est longtemps resté cantonné à un cercle d’experts, il s’ouvre aujourd’hui aux Français. Mais combien d’entre eux ont entendu parler du « débat national sur la transition énergétique » qui s’amorce ? Après des discussions fin 2012 sur les modalités d’organisation, l’exercice entre dans le vif du sujet en janvier 2013. A Paris, mais aussi en régions, l’heure est venue d’envisager collectivement l’avenir énergétique de la France aux horizons 2020, 2030, 2050… Du moins en théorie car, dans la pratique, ce débat initié par le gouvernement devra remplir trois conditions pour être un succès.

 

D’abord, mobiliser les citoyens. Ce débat tente un grand écart incertain. L’exercice vise en effet deux objectifs. Il s’agit, d’une part, de rédiger d’ici à l’automne un projet de loi sur des sujets parfois très pointus. Des investissements dans le mix énergétique sur, au moins, une décennie en dépendent. N’atteindre que ce but serait une occasion manquée. Il s’agit, d’autre part, de faire participer un grand public néophyte. C’est là une clé essentielle du débat. Parce que la transition énergétique rebat les cartes et redistribue des pouvoirs. Parce que toutes les bonnes idées sont utiles pour adapter les solutions à la diversité des besoins. Parce qu’une problématique aussi diffuse que les économies d’énergie requiert la mobilisation générale, le débat qui démarre ne doit être que le début d’un processus. Une dynamique qui n’a d’autre intérêt que de prolonger l’effort de pédagogie, d’information et de mobilisation des citoyens au-delà de la parution d’un texte de loi.

 

Ensuite, décloisonner le débat. Ne pas le restreindre à l’électricité nucléaire, ni même renouvelable, mais inclure toutes les formes d’énergie, comme la chaleur et les carburants. Ne pas raisonner franco-français, mais s’inscrire dans un contexte européen. Ne pas se limiter à l’impact climatique, mais intégrer aux réflexions la raréfaction des ressources naturelles.

 

En France, les débats médiatiques sur l’énergie sont souvent restreints à la production d’électricité nucléaire. Les récents scénarios de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) l’illustrent pourtant : l’approche ne peut être que globale. La transition énergétique suppose un mouvement d’ensemble. Ainsi, selon les travaux prospectifs de l’Ademe, ce sont les économies d‘énergie réalisées par la France dans ses bâtiments qui libèreront les ressources renouvelables nécessaires pour délivrer ses transports du pétrole. Il ne pourra y avoir un tel élan collectif et multisectoriel sans une perspective commune.

 

Enfin, questionner les usages de l’énergie. Officiellement, l’Elysée comme Matignon soutiennent les économies d’énergie et les renouvelables. Mais quel cap ont-ils fixé ? En l’état actuel du débat, en France, la transition énergétique est subie. Tout juste est-elle envisagée comme une solution (parmi d’autres) à la panne de croissance du PIB. Une approche hors de propos. L’Etat a certes évoqué sa volonté de sortir du « tout- ». Comprenez du « tout-pétrole » pour les transports et du « tout-nucléaire » pour l’électricité. C’est très nettement insuffisant. Au mieux, cette ambition fixe un point de départ. Pas une direction.

 

La perspective du XXIe siècle est la préparation de « l’après- ». Comprenez « l’après pétrole-roi », « l’après nucléaire-miracle »… et tout autre prétendue stratégie énergétique fondée sur des stocks qui s’épuisent. Après l’escalade de la consommation d’énergie au XXe siècle, l’horizon est la « descente énergétique » : organiser le vivre ensemble pour consommer moins. Ou comment satisfaire les (mêmes) besoins à l’ère de la rareté des ressources.

 

En France, les débats se limitent trop souvent à produire « proprement » l’énergie. Mais assumer la transition énergétique, c’est surtout s’interroger sur son utilisation pour ne plus autant la gaspiller. L’enjeu est de rapprocher production et consommation pour mieux les faire coïncider et optimiser la gestion d’une énergie de plus en plus précieuse. Cela suppose d’accentuer la décentralisation en matière d’énergie, d’accepter l’interdépendance entre les territoires, de renforcer la coopération entre les citoyens… Autant l’assumer. Le gouvernement ne l’a pas encore clairement formalisé. Au risque de transformer ce débat national en un exercice purement technocratique et politicien.

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Thomas Blosseville est journaliste à Environnement Magazine.

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Faut-il liquider les parcs nationaux ?

 


par Jean-François Noblet

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L’actualité récente des parcs nationaux français oblige le citoyen soucieux de l’intérêt général à réfléchir et à participer au débat.

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Le précédent gouvernement a fait voter la loi du 14 avril 2006 réformant les parcs nationaux français dont l’esprit était, selon Roselyne Bachelot, la ministre de l’Ecologie de l’époque, de permettre aux élus des communes situées en zones périphériques du cœur des parcs nationaux de mieux intégrer les principes du développement durable.

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Noble intention, mais véritable piège pour les protecteurs de la nature. En effet, il s’avère risqué, voire impossible, de faire admettre à un élu local, sous pression de ses électeurs, qu’il a une responsabilité nationale et supra-nationale de protection de la biodiversité et des paysages quand il dirige une commune d’un parc national. Il suffit, pour s’en convaincre, de suivre ces quelques exemples qui démontrent que le ministère de l’Ecologie et le précédent gouvernement ont mal préparé cette réforme et sous-estimé ses conséquences.

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Début octobre, les élus locaux des communes du parc national de la Vanoise ont refusé le projet de charte pour la zone périphérique du parc. Hervé Gaymard, le président du Conseil général de Savoie, a même demandé l’arrêt de la procédure de concertation, ce qui a fait dire à la presse et aux associations telles que Mountain Wilderness que les élus du parc national préfèrent l’or blanc des stations de ski aux richesses naturelles du massif. Sinistre cadeau pour le premier parc national français, qui devrait fêter ses 50 ans d’existence en 2013 !

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Heureusement, Yves Paccalet (JNE) et Claude Comet, deux conseillers régionaux d’Europe Ecologie, ont lancé une pétition nationale qui a déjà obtenu plus de 12 000 signatures (lire ici l’édito d’Yves Paccalet).

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Plus grave est la situation du parc national des Cévennes. En effet, la dernière charte adoptée le 21 juin 2012 pour ce parc tend à démontrer que les ambitions de l’Etat en matière de protection de la biodiversité ont cédé face aux exigences des élus locaux : ainsi, il est dorénavant permis de cueillir les fleurs, à l’exception de celles qui sont protégées à l’échelle nationale, de chasser même au cœur du parc et de circuler en dehors des routes si on est résident.

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Malgré la suppression de certaines mesures de protection inhérentes à un parc national, le conseil d’administration a décidé le 18 octobre dernier, par 28 voix sur 33, de demander l’exclusion du loup sur le territoire du parc et d’autoriser le tir du prédateur même en zone centrale. Le président du Conseil d’administration, M. Jean de Lescure, qui est également vice-président du Conseil général de Lozère, ajoute qu’il faut « réguler les vautours », dont la réintroduction a pourtant été un succès dans les Cévennes et un exemple pour le retour des rapaces nécrophages pour toute l’Europe. On touche là le fond et une vraie question : faut-il liquider les parcs nationaux parce qu’ils gênent les intérêts d’une minorité d’habitants ?

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Nous devons apporter une réponse argumentée et rigoureuse devant un tel choix de société.

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Quoiqu’ils en pensent, un parc national n’appartient pas à ses habitants, aussi sympathiques soient-ils. Il appartient à tous les Français qui payent avec leurs impôts, par exemple, 8 millions d’euros chaque année pour le parc des Cévennes. Il appartient également à tous les citoyens européens. En effet, l’Europe distribue chaque année 5 millions d’euros aux agriculteurs du parc au titre des espaces du parc classés Natura 2000. En échange de cette solidarité normale envers une économie rurale en difficulté, tous les Européens sont en droit de demander le respect des engagements écrits adoptés par les élus du Parc et des textes de loi en vigueur. La charte du parc national des Cévennes écrit : « Depuis plusieurs années, la présence sporadique mais avérée du loup annonce un retour probable spontané des grands prédateurs (loup et lynx) au cours des prochaines années. Ce retour est un indicateur de qualité des écosystèmes… Ces espèces qui présentent une forte valeur patrimoniale, font l’objet de toutes les attentions. »

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Ainsi, moins de 6 mois après son adoption, cette charte du Parc est bafouée par un conseil d’administration aux mains des élus locaux sans que le conseil scientifique du parc ne soit saisi. Celui-ci donnera, en urgence, 5 jours plus tard, un avis argumenté et constructif désavouant à mots couverts la position radicale et démagogique du parc.

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Ces oppositions excessives de collectivités locales en période de crise économique nous font craindre le pire. Allons-nous sacrifier ce qui nous reste de nature et de biodiversité en considérant que leur protection n’est admissible qu’en période de croissance économique ?

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Ce serait une politique à courte vue, prolongeant et aggravant celle qui nous conduit aujourd’hui dans l’impasse.

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Pour notre part, nous affirmons que la crise actuelle n’est pas seulement une crise bancaire ou un accident momentané de l’économie. Allons-nous poursuivre la politique des stations de ski alors que le changement climatique réduit l’enneigement ? Allons-nous poursuivre le productivisme agricole qui pollue et menace les emplois et la santé des consommateurs ?

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Les parcs nationaux restaient des espaces naturels mieux préservés des impacts humains. Faut-il les abandonner ou, au contraire, tenter d’y mettre en place des solutions innovantes, expérimentant un mode de vie plus sain, plus propre et plus durable ?

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L’exemple du loup est révélateur du sentiment anti-nature qui commence à se répandre dès que celle-ci fait le moindre obstacle au développement économique effréné. L’accroissement régulier des populations des ongulés du parc (cerf, chevreuil, sanglier, mouflon) génère des centaines de milliers d’euros de dégâts sur la forêt et l’agriculture (300.887,40 € pour le département du Gard en 2011) et les chasseurs n’arrivent pas à réaliser les attributions des plans de chasse, même en zone centrale du parc (70 % pour les biches et 73 % pour le chevreuil en 2009). On ne peut pas se plaindre des dégâts et en même temps demander l’éradication d’un prédateur efficace.

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En période de crise, il ne faut pas oublier l’impact économique et touristique du loup sur un territoire. Dans le parc de Yellowstone aux Etats-Unis, l’université du Montana a mené une étude durant 5 années pour tenter de mesurer l’intérêt économique du loup. Celui-ci occasionne chaque année 46 000 € de dégâts sur le bétail en périphérie, mais rapporte 27 millions d’euros.

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Il convient ici de rappeler que 8,5 millions de visiteurs fréquentent les parcs nationaux français chaque année. Quant aux vautours des Cévennes, une étude menée en 1995 a montré qu’ils ont rapporté 4,4 millions de francs pour l’activité touristique. En 2010, ils ont permis d’économiser 430 000 € de frais d’équarrissage en France.

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Ces deux exemples démontrent que la protection de la biodiversité doit participer au développement durable et à l’avènement d’une autre société. En conclusion, il n’est pas admissible que les habitants des parcs nationaux et les élus qui les représentent profitent des retombées économiques du tourisme et des financements de l’Etat en s’exonérant des obligations légales envers les textes français et européens. Il n’est pas non plus admissible qu’ils soient majoritaires dans les conseils d’administration d’un établissement public d’intérêt national et qu’ils oublient la vocation première d’un parc national : protéger la biodiversité pour l’humanité.

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Aussi nous demandons à la ministre de l’Ecologie et au gouvernement de réformer la loi du 14 avril 2006 et, si les élus locaux persistent dans leur attitude, de fermer les parcs nationaux qui ne répondent plus aux exigences de protection de la biodiversité. Cela nous peinerait beaucoup, mais cela serait beaucoup plus clair pour tous.

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Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

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Retrouvez Jean-François Noblet ici sur son site.

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A lire, le communiqué de presse commun « les parcs nationaux en danger », signé par de nombreuses ONG, qui organisent une conférence de presse le 12 décembre 2012 à l’Assemblée nationale.

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Écologie : le changement, c’est raté !

 


par Marc Giraud

Après un himalayesque Grenelle de l’Environnement qui avait accouché d’un micromammifère, la Conférence sur l’Environnement de l’actuel gouvernement n’a pas fait mieux. Même pas accouché d’un malheureux hamster, l’un de nos animaux sauvages les plus menacés, mais qui ne bénéficie toujours pas des mesures qui assureraient sa sauvegarde. Faudrait pas qu’il se plaigne, l’animal : pour le loup, autre espèce protégée, c’est carrément une campagne d’éradication qui est menée par quatorze sénateurs apparentés socialistes, avec la bénédiction du ministère dit de l’Ecologie (voir ici).

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Ne passons pas sur la supercherie qui dénature nos espaces dits protégés : Yves Paccalet nous a alertés sur la fragilité du statut du Parc de la Vanoise. Rappelons que l’on chasse encore des tétras lyres (des oiseaux très menacés) dans plusieurs Réserves naturelles (Vercors, Chartreuses…), des espèces protégées à la glu dans le Parc des Calanques, etc. Maintenant, c’est le Parc des Cévennes, désormais espace de chasse privée aux cervidés, qui demande… l’exclusion des loups de son territoire !

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Les destructions ne concernent pas que les animaux sauvages. Par orgueil, un Premier ministre dont on doute de l’autorité va, le plus bêtement du monde, vouloir s’affirmer en anéantissant 2000 hectares de territoire dont 98 % en zone humide pour un aéroport contestable et contesté à Notre-Dame-des-Landes (voir les sites de Laurent Samuel, Fabrice Nicolino et Hervé Kempf, par exemple, ainsi que la lettre ouverte de Patrick Warin, collègue de l’ENA, à son camarade François Hollande). L’affaire a des relents de Larzac, et pourrait bien mobiliser du monde…

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D’autre part, la France peut se vanter d’être le premier pays à se voir condamné pour non respect du droit communautaire, à une amende et une astreinte, pour non contrôle en matière de pêche. La Cour des comptes vient de publier un rapport édifiant sur le sujet. Elle a aussi, enfin, ouvert les yeux sur les fonctionnements de l’ONCFS (Office de la chasse et de la faune sauvage) aux « dérives » et aux « pratiques contestables » (téléchargez ici le rapport de la Cour des Comptes).

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Dans ce contexte, on peut se douter que, malgré les promesses, la tentation reste grande de trouver de l’énergie et de l’argent dans l’exploitation des gaz de schiste. Évoquer chaque thème environnemental (l’agriculture, le transport, le nucléaire…), c’est constater que le gouvernement s’assoit discrètement mais pleinement sur l’écologie. Ça fait beaucoup, beaucoup. Du côté des ONG, ça commence à chauffer… (voir cet article de 20 Minutes).

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Derrière tout cela, il y a une idéologie, terme qui est presque devenu un gros mot, voire une insulte, de la part de ceux qui vous reprochent de ne pas avoir la même que la leur. Celle-ci est véhiculée entre autres par le vocabulaire : compétitivité (autre mot à la mode), développement, progrès, etc., qui sonnent si positivement que l’on en oublie ce qu’ils impliquent. Il y a aussi les médias dominants, chers collègues, que nous avons tant de mal à faire évoluer. La réaction virulente de certains journalistes à l’étude de Gilles-Eric Séralini sur un maïs OGM, par exemple, me laisse songeur. Non pas qu’ils aient tort de défendre la déontologie et la transparence de l’information, bien entendu, mais parce qu’ils l’ont parfois fait d’une manière inexplicablement sélective. Dans certains médias, on n’a guère entendu de critiques aussi outrées sur les agissements de Monsanto, pourtant autrement plus scandaleux sur le fond, sur la forme et sur l’objectif recherché. On n’a pas non plus ressorti les travaux d’Arpad Pusztai en Ecosse sur les effets des OGM sur le système immunitaire des rats. Le chercheur s’était vu confisquer son matériel et virer de son labo, et ça n’avait pas fait le tour des rédactions à l’époque. Idéologie ?

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Ce que l’on n’a pas entendu non plus (là, vous allez rire), c’est la moindre parole de compassion pour ces pathétiques rats blancs de laboratoire. Des rats, des hamsters, quelques loups, c’est dérisoire ? Seulement si l’on pense que seul l’être humain est digne d’intérêt et de respect. Idéologie ? Oui : considérer la nature comme une chose uniquement destinée à être exploitée par l’homme, et les autres êtres vivants comme des inférieurs sans importance, ça s’appelle être créationniste. Cela reste répandu dans les mentalités des politiques, des médias dominants et de ceux qu’ils influencent, même si c’est de façon cryptée. Le changement, c’est pas pour tout de suite…

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Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

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Retrouvez Marc Giraud sur son blog en cliquant ici.

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Pour que vive la Vanoise…

 


par Yves Paccalet

La Vanoise, sa centaine de sommets de plus de 3 000 mètres, ses glaciers bleus sublimes (même s’ils régressent), sa flore de l’extrême, sa faune étonnante (bouquetins et chamois, lagopèdes et gypaètes, aigles et papillons apollons)… La Vanoise des merveilles ! La montagne de mes ancêtres, de mes balades et de mes rêves d’enfant ! Le « jardin vertical » (disait Samivel) des amoureux de la nature…

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La Vanoise est à nouveau menacée…

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Le premier parc national français a été créé en 1963. Il fêtera l’an prochain son cinquantenaire. Le gâteau d’anniversaire risque d’avoir mauvais goût… La cupidité des bétonneurs et la courte vue (que dis-je ? l’aveuglement !) des conseillers municipaux des communes alentour, sont en train de saper les principes de sa protection et de menacer ses richesses.

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En 1963, j’avais dix-huit ans, je me suis battu pour que ce parc existe – derrière d’autres amoureux de la montagne : Samivel, Roger Frison-Roche, Pierre Tairraz, Jean Carlier, Pierre Pfeffer, Robert Hainard ou Jean Dorst… Une bagarre a opposé les promoteurs immobiliers et les aménageurs de stations de ski aux amis de la nature. Nous avons mobilisé.

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Je me souviens, en particulier, des éditos enflammés de Jean Carlier, à l’époque animateur vedette sur RTL, qui se mettait à dos l’establishment en prenant parti pour le parc, mais qui acceptait le risque d’être viré… Les JNE sont largement nés de ce combat, que les citoyens ont gagné.

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Un demi-siècle plus tard, devons-nous reprendre les « armes » ? J’ai l’impression d’avoir rajeuni de cinquante ans, mais sans aucun plaisir ! Je siège (sous ma casquette de conseiller régional Rhône-Alpes) au Conseil d’administration (et au Bureau) du parc. Une loi nous demande de rédiger une Charte qui fixe les objectifs et les règles de l’aire protégée, composée désormais d’un « cœur de parc » (l’ancienne « zone centrale ») et d’une « zone optimale d’adhésion » (l’ex-« zone périphérique »). À cette Charte, nous devons joindre une carte des vocations des territoires dans la zone d’adhésion.

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Nous avons travaillé deux ans à la réalisation de ce document. Nous sommes parvenus à un compromis entre les divers groupes concernés. Le 28 mars 2012, notre Conseil d’administration a décidé d’« arrêter » la Charte et sa carte en l’état, et de les soumettre à l’enquête publique.

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Chacun des organismes concernés doit encore donner son « avis ». Nombre de structures (la Région, etc.) ont répondu : « favorable ». Le Conseil général de la Savoie, présidé par Hervé Gaymard, a pondu un texte ambigu et inquiétant.

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Tout dérape avec les conseils municipaux.

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Sur la trentaine de communes appelées à se prononcer, à deux exceptions près (« avis réservé ») et quelques silences, toutes les réponses sont négatives. « Avis défavorable »…

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Les conseillers municipaux n’ont toujours pas compris l’intérêt qu’ils ont à disposer gratuitement, dans leur commune, d’une merveille naturelle – d’un « monument naturel », comme disent les Américains. Aveuglés par la réussite financière de Courchevel ou de Val d’Isère, jaloux du fric qui y coule en avalanche et incapables de penser qu’il existe une autre façon de mener des activités touristiques que celle qui consiste à bétonner la montagne, à étendre au moindre vallon le domaine skiable et à élargir les pistes en autoroutes, ils affirment leur volonté de « rester maîtres chez eux ». À bas l’État, à bas les Parigots : comme il y a cinquante ans ! Telle qu’elle est rédigée, la Charte ne leur impose pourtant pas plus de contraintes que celle d’un parc naturel régional. Mais c’est encore trop.

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Ces « responsables » si peu responsables rêvent de « développement économique », mais confondent « bétonnage » et « progrès », « projets immobiliers » et « tourisme durable ». Ils représentent les habitants de la montagne, mais ils n’aiment pas la montagne. Certains d’entre eux (les maires de Val d’Isère et de Bonneval-sur-Arc, par exemple) réclament encore et toujours qu’on ampute une partie du cœur du parc pour y construire des remontées mécaniques.

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Amis (vrais amis !) du parc de la Vanoise, anciens ou nouveaux écolos, randonneurs, alpinistes, naturalistes, paysans, défenseurs du patrimoine, bergers des alpages, amoureux de la splendeur des hautes terres et de l’intégrité d’un territoire béni par la géologie et l’évolution, nous devons une fois encore nous mobiliser !

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Désirons-nous voir le parc national de la Vanoise prospérer et embellir, plutôt qu’être détricoté et dépérir ? Admettons-nous de voir ce chef d’œuvre remis en cause, grignoté, rongé, démembré par les décisions inopportunes de quelques villages tout droit sortis de Clochemerle ?

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Nous sommes nombreux à penser que la Vanoise appartient à ceux qui y vivent, comme moi-même ; mais pas uniquement ! Elle fait partie du patrimoine commun des Alpins, des Français, des Européens, des citoyens du monde, notamment de ceux qui sont encore à naître.

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Nous exigeons que la Vanoise reste à jamais un symbole de la grandeur de l’Alpe, de la générosité de la vie, de la variété des espèces, de la musique du vent, de la poésie des cimes.

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Si vous voulez signer la pétition « Appel pour la Vanoise »…
http://www.avaaz.org/fr/petition/Appel_pour_la_Vanoise/?cIReAdb

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Retrouvez Yves Paccalet sur son blog et sur le site le + du Nouvel Observateur.

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Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

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De la conférence environnementale au salon Biobernai… Des paroles et des actes

 


par Carine Mayo

La conférence environnementale des 14 et 15 septembre 2012 marquera-t-elle enfin la prise en compte des enjeux écologiques par le gouvernement ? Les semaines qui viennent de s’écouler n’ont pas laissé entrevoir de réelle volonté politique en ce sens.

 

Certes, François Hollande s’est déplacé en juin au Sommet de la Terre à Rio, mais dès son retour, la ministre de l’Ecologie, Nicole Bricq, s’est vue destituée de ses fonctions, après avoir osé remettre en question les forages pétroliers au large de la Guyane. Et puis, il y a eu la fameuse phrase d’Arnaud Montebourg, décrétant que le nucléaire était une « filière d’avenir ».

 

Mais plus que tout, c’est l’absence de référence à la transition écologique et l’espérance affichée du retour d’une croissance illusoire qui montre combien nos politiques peinent à comprendre que les crises économique et écologique sont liées.

 

Les associations qui participent à la conférence environnementale veulent pourtant croire que celle-ci n’accouchera pas d’une souris. Le Rassemblement pour la planète attend « des annonces fortes » : évaluation de l’impact des pesticides sur la santé et l’environnement, création d’une filière de démantèlement nucléaire… La Fondation Nicolas Hulot propose la création d’une banque et d’un fonds de transition écologique ainsi que la mise en place d’un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste et du pétrole off-shore. Quant au Syndicat des Energies Renouvelables, il tire la sonnette d’alarme, soulignant l’urgence qu’il y a à prendre des mesures en faveur du photovoltaïque et de l’éolien, si l’on ne veut pas que les acteurs de ce secteur mettent la clé sous la porte.

 

Les attentes sont nombreuses et le pire serait que cette conférence environnementale ne se solde que par l’établissement d’un calendrier qui ne ferait que remettre à plus tard la résolution des problèmes. Depuis le premier Sommet de la Terre, il y a 40 ans à Stockholm, nous avons eu largement le temps de poser le diagnostic et l’heure est venue de passer aux actes.

 

Agir pour l’environnement, c’est justement le thème du Salon Biobernai, un événement dédié au monde de la bio, qui aura lieu ce week-end à Obernai, en Alsace, berceau de la lutte écologique en France. Et comme nous, les journalistes, aimons bien aller sur le terrain pour percevoir la réalité autrement qu’à travers de beaux discours, c’est avec plaisir qu’une douzaine d’entre nous avons répondu à l’invitation des organisateurs de ce Salon. Ce sera l’occasion de rencontrer des agriculteurs bio, des associations de protection de l’environnement, des acteurs du recyclage… Nous vous ferons part prochainement des expériences que nous aurons découvertes. En effet, notre vision de l’avenir ne peut que s’enrichir grâce au récit de ces initiatives locales…

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Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

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Après Rio+20 : le temps, une ressource en voie d’épuisement

 


par Sophie Chapelle
 

Tous se sont contentés de reconnaître, de constater, d’être conscient ou de prendre acte. Arrivés le 20 juin à Rio, aucun des chefs d’État et de gouvernement n’a eu le courage de rouvrir un texte adopté la veille par l’ensemble des négociateurs afin de lui donner plus d’ambitions.

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Résultat, c’est un texte qualifié ici de « faible », là de « mou », souvent de « vide » qui sort de ce sommet. Le véritable, et inquiétant, enseignement de cette conférence, c’est que ses maigres résultats affaiblissent encore un peu le multilatéralisme : la capacité des États de discuter et de répondre ensemble et pacifiquement aux problèmes du monde. Dans leur phase finale, les négociations n’ont pris en compte que les intérêts particuliers des Etats ou des questions géostratégiques ou économiques.

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L’accord table par exemple sur une limitation de la hausse de la température mondiale moyenne à 1,5 °C, de quoi rassurer les petits États insulaires (Alliance of Small Island States), directement menacés par la montée des océans provoquée par les dérèglements climatiques. Mais à côté, aucun objectif collectif pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, ou même pour restreindre les subventions aux énergies fossiles ou davantage taxer les carburants – ce qui aurait mécontenté les États-Unis – n’a été fixé. Quant à une taxe sur les transactions financières qui pourrait permettre de financer la transition écologique, elle n’y figure tout simplement pas. Pas un mot non plus sur l’offshore profond au moment où les grands groupes pétroliers forent de plus en plus profond pour extraire du pétrole, multipliant les risques d’accidents et de marées noires.

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La conférence de Rio+20 n’est donc en rien sortie des logiques qui rythment le monde actuel, et en aggravent les crises. En ce sens il s’est bien passé quelque chose à Rio, comme le relève notre confrère du Monde, Hervé Kempf : la victoire de l’idéologie croissantiste sur l’approche écologiste. Avec 24 occurrences dans la déclaration finale, le terme croissance triomphe. La déclaration finale mentionne aussi l’économie verte comme l’une des voies pour promouvoir le développement durable, précisant qu’elle constitue tout ce qui ne doit pas enrayer le commerce. En clair : le business continue de passer avant la protection de l’environnement. Comme si l’on pouvait créer des emplois sur une planète morte.

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A 50 km de là, le Sommet des Peuples a rassemblé durant une semaine plusieurs dizaines de milliers de citoyens autour d’ateliers thématiques puis d’assemblées plénières. Sous les barnums, les mots « souveraineté alimentaire » et « justice sociale et écologique » ont largement emporté l’adhésion. Le sommet alternatif s’est clôturé par une déclaration finale se prononçant clairement contre l’économie verte comprise comme une nouvelle phase du capitalisme financier étendu à la nature.

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Deux mondes se font face qui ne partagent manifestement ni la même langue, ni les mêmes intentions.

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Pendant ce temps-là, un clignotant est au rouge. On le nomme « biodiversité ». On n’y trouve nulle référence dans le chapitre sur l’économie verte. Pourtant, 40 % de l’économie mondiale repose sur l’utilisation de cette diversité biologique. On nous renvoie à la 11e réunion de la Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique en Inde, en octobre prochain. Le temps est lui aussi une ressource naturelle en voie d’épuisement.

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.Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

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Retrouvez Sophie Chapelle sur Basta!.

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Rio 2012 : tous les héros sont fatigués…

 


par Claude-Marie Vadrot

Les diplomates, les délégués, les spécialistes plus ou moins autoproclamés qui ratiocinent depuis des lustres en persécutant des journalistes, les grandes associations qui se fâchent tout rouge avant de se recoucher prudemment pour négocier ce qui n’est plus négociable, les groupes protestataires ou marginaux qui n’ont plus guère d’idées neuves, ont montré à Rio que tout le système qui veut ou prétend vouloir sauver la planète est à bout de souffle.

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Entre les délégués qui traînaient leurs valises dans l’officiel Centre de conférence sinistre comme une morgue, et les contestataires qui trimbalaient leurs sacs à dos au Sommet des Peuples de stands en stands, la différence résidait essentiellement dans l’accoutrement.

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Costards sombres d’un côté, jeans délavés de l’autre et entre les deux les hiérarques associatifs tentant une impossible synthèse, aux prises avec la tentation du mimétisme. Les deux trois mondes ne se sont guère rencontrés, séparés de toute façon par une trentaine de kilomètres. Dans les sommets environnementaux, on ne mélange plus les torchons et les serviettes.

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En dehors d’un passionnant débat sur la déforestation entre convaincus, le Sommet des Peuples a surtout brillé par les « artisans » vendant leurs colifichets folkloriques ou des T-shirts fabriqués en Chine. Des Indiens plus ou moins emplumés venus faire de la com et que l’on retrouvait aux portes de la Conférence, fournissant enfin des images aux photographes fatigués des portraits de délégués endimanchés.

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La déclaration officielle a été bouclée avant que ne commence la conférence, les délégués ne parlant plus que pour leurs opinions publiques. Le texte du Sommet des Peuples n’a été publié qu’au dernier moment sans que l’on sache qui l’a signé et après avoir été édulcoré à la demande des associations brésiliennes. Quant aux déclarations indignées des grandes associations, elles ont duré ce que durent les roses, l’espace d’un matin…

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De ce grand raout de Rio, il ne reste donc pas grand chose et la moindre des résolutions adoptées à Stockholm en 1972, à Rio en 1992, voire à Johannesburg, aurait fait frémir d’horreur par sa radicalité les diplomates venus enterrer le sauvetage de la planète en grande pompe mais avec des mots creux. Même l’économie verte a (heureusement) sombré dans les océans dont les Etats se préoccuperont une autre fois. Ne flottent plus que des mots et des bonnes intentions pavant l’enfer onusien. Puisque, de toutes façons, il n’a été présenté aucun bilan, aucun rapport sur les décisions (c’était le temps où il y en avait…) prises à Rio il y a 20 ans.

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Toutes les réunions ont été trempées, délavées, dans le nouvel Esperanto puisé dans les mille et une manières d’accommoder le « développement durable ». C’est-à-dire le développement « qui dure ». Avec ses odeurs de pétrole, de sable bitumineux, de gaz de schiste, de gros profits et nouveaux gadgets économiques et politiques repeints en vert très pâle par les lobbies industriels.

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Alors, dira le lecteur, pourquoi vous êtes-vous déplacés, pourquoi avoir contribué à dépenser quelques tonnes de gaz carbonique de plus ?

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Peut-être parce que lorsqu’il est question de sauver la biodiversité, de mette le holà au réchauffement climatique, de sauver les peuples indigènes, de préserver l’agriculture paysanne, de développer les énergies renouvelables, de réduire les pollutions, on croit toujours qu’un miracle est possible. Il ne s’est pas produit. Le célèbre Christ du Corcovado qui domine la baie polluée de Rio a manifestement tourné le dos à la conférence…

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.Cet éditorial, comme tous ceux de ce site, n’engage que son auteur.

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