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Catégorie ‘Les petits déjeuners’

Où en est-on du débat sur la transition énergétique ?

Voici le compte-rendu du petit-déjeuner de presse JNE à l’IDDRI le 28 mars 2013.

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par Roger Cans (avec Laurent Samuel)

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L’organisateur de la rencontre, Olivier Nouaillas, présente les intervenants, en l’occurrence Laurence Tubiana, directrice de l’IDDRI – Sciences Po (Institut du développement durable et des relations internationales) et Michel Colombier, directeur scientifique de l’IDDRI.

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Olivier Nouaillas rappelle que les JNE présents à Rio+20 avaient eu l’an dernier l’occasion d’une première rencontre, dans le cadre privilégié d’un appartement avec vue sur la plage de Copacabana… Laurence Tubiana est aujourd’hui « facilitatrice » du Conseil national du débat sur la transition énergétique (CNDTE).

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Laurence Tubiana, directrice de l’IDRRI – D.R.

Laurence Tubiana indique que le Conseil national et ses pôles régionaux en sont aujourd’hui plus qu’à mi-parcours, puisque ses travaux doivent déboucher courant juillet prochain, avec un rapport au gouvernement. Elle anime le comité de pilotage. Quatre groupes ont été d’abord constitués :

- L’efficacité énergétique.

- Les énergies renouvelables.

- Le mix énergétique.

- Gouvernance et sûreté.

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Un cinquième groupe est né ensuite pour le financement, la compétitivité et l’emploi. Plusieurs milliers de débats ont donc eu lieu à ce propos, mais sans guère d’écho dans les médias, car il y a une clause de confidentialité. Mais, sur internet, le site fonctionne.

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Pour commencer, il a fallu faire l’état des lieux. On a ensuite pris en compte l’engagement européen pour la décarbonation et la précarité énergétique de beaucoup de nos concitoyens. Résultat : « on est loin du 20% d’énergies propres et du facteur 4 en 2025. Nous avons rencontré un problème difficile : il n’existe pas en France d’outil disponible pour faire un bilan complet de la production et de la consommation d’énergie. Pour l’avenir, nous avons environ 25 scénarios différents. Nous n’avons plus l’équivalent de ce que le commissariat au Plan avait publié en 1997. »

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« La question mère est la maîtrise de la demande : comment vivre mieux en consommant moins. Il nous faut un outil pour l’échéance de 2050. La wish list du Père Noël ne suffit pas. Et nous avons une obsession : ne pas détruire d’emplois. »

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Michel Colombier, directeur scientifique de l’IDDRI

 

Michel Colombier revient sur le sujet de départ : pourquoi la transition énergétique ? Il explique qu’on y est déjà, bon gré mal gré. Ce n’est pas une lubie du gouvernement ou des écolos. C’est un fait. On envisage déjà le gaz naturel pour les véhicules, ainsi que les sous-produits de la biomasse. Quatre grandes trajectoires sont envisageables :

1) On continue comme avant avec la stabilisation de la demande prônée par l’ADEME, appuyée sur le nucléaire et la biomasse.

2) On vise un changement structurel de la demande grâce à des mesures techniques : efficacité énergétique avec la voiture à deux litres de carburant aux 100 km, isolation des logements, etc.

3) On s’oriente vers la sobriété énergétique (comme dans le scénario Négawatt) en misant sur une déconnexion entre confort et demande en services énergétiques.

4) On lutte contre l’étalement urbain et ses effets désastreux sur les transports, ainsi que sur les multiples navettes des produits manufacturés.

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« Dans le débat en cours, on observe deux a priori bien ancrés : le nucléaire et les énergies fossiles. Il nous faut dépasser ces préjugés quasi religieux. »

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Question : la consommation d’électricité ne peut que monter avec la multiplication dans les foyers d’appareils « branchés » (téléviseurs, ordinateurs, congélateurs, portables, etc.). Quelle que soit l’origine de cette électricité, c’est elle qui commande dans notre société. Comment, dans ces conditions, maîtriser la demande ?

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Michel Colombier répond que des progrès énormes ont été faits pour produire des appareils électro-ménagers moins gourmands en électricité. La maîtrise de la demande commence là.

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Laurence Tubiana souligne la difficulté d’intervenir en France, pays de propriétaires, où le foncier est sacré.

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Michel Colombier indique que si l’on veut réduire le recours au nucléaire et aux énergies fossiles, il faut bien développer la biomasse. Mais il met en garde contre ceux qui décrètent en la matière le bon et le mauvais. Nous ne disposons pas de scénario de référence. Celui de l’AIE (Agence internationale de l’énergie) n’a rien à voir avec celui de RTE (Réseau de transport d’électricité) ou de l’Union européenne. En matière de bâtiment, même l’ADEME est désemparée…

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Laurence Tubiana insiste pour dire que le débat peut réussir à sensibiliser le public et les acteurs économiques. A qui lui demande s’il faut du courage politique pour promouvoir cette démarche, elle répond : « Pourquoi le gouvernement encouragerait-il la consommation d’énergie ? » L’Allemagne pousse à la transition, le Royaume-Uni aussi. La France ne peut qu’y souscrire, surtout si elle accueille le sommet Climat en 2015. Le rapport du CNDTE ne finira pas dans un tiroir, car ce n’est pas une commission. Il débouchera sur une loi de programmation.

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Compte rendu de la conférence de presse du 12 mars 2013 « Fukushima, et après ? »

Cette conférence organisée par les JNE deux ans après la catastrophe du 11 mars 2011 (tremblement de terre, tsunami, accident nucléaire majeur) s’est déroulée à la mairie du 2ème arrondissement de Paris en présence de plus d’une vingtaine de participants, dont des journalistes japonais. Eu égard à l’importance de cette catastrophe et aux développements détaillés apportés par les intervenants, ce compte rendu est en grande partie une retranscription des orateurs. La longueur du texte est indispensable à la bonne compréhension de la situation à Fukushima face au bruit de fond ronronnant des autorités japonaises.

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par Richard Varrault, coorganisateur de la conférence de presse

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La discussion était animée par Agnès SINAÏ, journaliste (JNE), en présence de :

- Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire, responsable du laboratoire de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité)

- Wataru IWATA, directeur de CRMS (Réseau citoyen de stations de mesure de la radioactivité), membre du Projet 47

- Kolin KOBAYASHI, journaliste indépendant, écrivain et vidéaste, Secrétaire général de l’association Echo-Echanges

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Derniers réglages avant le lancement. De droite à gauche : Agnès Sinaï, Bruno Chareyron, Wataru Iwata et Kolin Kobayashi (Photo Copyright Richard Varrault)

Derniers réglages avant le lancement. De droite à gauche : Agnès Sinaï, Bruno Chareyron, Wataru Iwata et Kolin Kobayashi (Photo Copyright Richard Varrault)

Agnès Sinaï présente les intervenants et précise que Wataru Iwata est venu spécialement du Japon pour parler de la situation à Fukushima. Son intervention à Paris fait suite à un déplacement en Rhône Alpes avec la CRIIRAD.

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Bruno Chareyron prend la parole et explique que les 2 structures, CRIIRAD et CRMS, ont des points communs quant à leur histoire et les conditions dans lesquelles elles ont été créées, notamment en ce qui concerne la réalisation de mesures de manière indépendante (c’est-à-dire en dehors des circuits officiels).

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La CRIIRAD a été mobilisée pour anticiper puis mesurer les retombées de Fukushima en France. A partir du 28 mars 2011, on commence à détecter l’iode 131, radioactif, dans la ville de Valence jusqu’au 25 avril 2011, à des doses très faibles de l’ordre de quelques millibecquerels par m3, mais si cela avait continué, l’impact aurait été non négligeable.

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Par contre, au Japon, dans la région de Fukushima, une grande partie de la population a été exposée à des doses de radiations importantes qui auraient pu être évitées si des mesures de protection avaient été prises. Le peu d’informations officielles de l’époque (mars 2011) montraient l’ampleur de la catastrophe. Ainsi les mesures faites à 100 kilomètres au nord où se trouve la centrale nucléaire d’Onagawa affichaient des valeurs à plus de 400 fois la radioactivité naturelle. On savait donc qu’il y avait des masses d’air contaminées et qu’elles conduisaient au sol des éléments radioactifs. Cela indique aussi que des masses d’air se déplaçaient bien au-delà de la centrale de Fukushima Daiichi. Pourtant, les autorités ont fait évacuer que le premier cercle de 20 km alors que la radioactivité se déplaçait tantôt au nord, tantôt au sud.

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La chaîne alimentaire est également contaminée, notamment les végétaux à larges feuilles comme les épinards. Il fallait donc informer la population dès le 12 mars 2011 pour qu’elle ne consomme pas ce qui pousse à l’extérieur en attendant de faire des mesures précises qui n’ont été commencées que le 18 mars, soit 6 jours après les premiers rejets. Or un enfant qui ne mangerait que quelques grammes de ces végétaux dépasserait la dose maximale annuelle en plus de la contamination aérienne et de celle par le sol.

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Il y a eu un défaut d’information et de protection de la part des autorités japonaises. Par exemple, des cultivateurs ont arrêté de vendre leurs produits à la demande des autorités mais les ont consommés pour ne pas gaspiller.

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Des centaines de milliers de personnes ont reçu des doses très élevées alors que cela aurait pu être évité. Ce qu’on a vécu en France en 1986 s’est reproduit au Japon en bien pire, insiste Bruno Chareyron. Ce qu’il considère comme invraisemblable, d’autant que l’IRSN (Institut de radioprotection et de sureté nucléaire, français) publiait un document qui validait les évaluations japonaises pendant que, dans le même temps, les autorités américaines publiaient des cartes avec des zones d’évacuation bien au-delà des 20 km (de l’ordre de 80 km).

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Bruno Chareyron est également scandalisé par le rapport de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) publié en mai 2012, qui sous-estime la réalité de l’exposition des populations et donc les risques associés. Pour la CRIIRAD, il y a un travail colossal qui doit être mené par les associations locales, CRMS et d’autres, pour arriver à des analyses indépendantes sur la reconstitution des doses subies à l’époque.

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Wataru Iwata présente la situation à Fukushima (Photo Copyright Richard Varrault)

Wataru Iwata présente la situation à Fukushima (Photo Copyright Richard Varrault)

 

Wataru Iwata prend la parole pour expliquer les actions de coopération avec la CRIIRAD et celles qu’il a menées sur place.

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« Juste après l’accident, nous n’avons pas eu beaucoup d’information, beaucoup de choses nous ont été cachées et les données issues d’un logiciel qui précisait la trajectoire des rejets radioactifs ne nous ont pas été fournies. Le périmètre d’évacuation est passé de 3 à 5 puis à 20 km.

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Avec un groupe d’amis, nous souhaitions faire des mesures de radioactivité puisque nous étions conscients que la zone des 20 km n’était pas suffisante, mais le problème a été que nous ne trouvions pas d’appareil de mesure. Nous avons donc contacté la CRIIRAD qui nous a fait parvenir deux équipements professionnels et une dizaine de petits appareils de mesure de la radioactivité. Avec ces appareils, nous avons lancé des campagnes de mesure avec les locaux, les parents, les mères de famille et ce qui est ressorti est l’inquiétude par rapport à l’alimentation, d’autant qu’il y avait une incitation à produire et à manger local, ce qui, dans la situation présente n’était pas adapté. On a demandé à la CRIIRAD de nous apporter du matériel pour mesurer la radioactivité des aliments, ce que nous avons pu faire lors d’ateliers ouverts aux citoyens de la ville de Fukushima. On a alors compris qu’il fallait créer des ateliers fixes pour pouvoir satisfaire la demande. »

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La CRIIRAD a aussi fait des mesures sur les sols, notamment dans les écoles sous les balançoires où les niveaux étaient très élevés, de l’ordre de 380 000 Bq/kg. « C’est vraiment un déchet radioactif », explique Bruno Chareyron, et ce qui nous a beaucoup choqué c’est que plus on montait vers le nord plus c’était radioactif. Voir des gens dans la ville de Fukushima qui vivaient avec des taux 10 ou 20 fois supérieurs à la normale nous a vraiment heurtés et cette situation continue aujourd’hui.

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A partir de toutes ces mesures Wataru et Bruno ont réalisé plusieurs conférences de presse à Fukushima et à Tôkyô pour témoigner en direct et alerter la population.

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« Nous avons ainsi lancé l’idée de laboratoires indépendants à travers le Japon en formant les personnes à l’utilisation des appareils de mesure. En plus de ces activités, nous organisons des symposiums avec des scientifiques et les populations locales pour échanger des données sur la radioactivité et la radioprotection ainsi que des consultations avec des pédiatres et des médecins indépendants. En effet, quand les mères conduisent leurs enfants auprès des médecins officiels, ces derniers disent qu’il n’y a pas de danger restant ainsi dans le discours officiel.

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Tout est contaminé et nous nous efforçons de le montrer concrètement comme en analysant la poussière d’un aspirateur ou des aliments comme des radis ou du riz dont nous déterminons la radioactivité. Pour les radis par exemple, que nous avons fait venir d’un lieu à 500 km de Fukushima, la radioactivité n’était pas décelable, puis nous les avons fait sécher à l’air libre de manière traditionnelle pendant une semaine pour constater qu’ils s’étaient contaminés au contact de l’air ambiant, avec des valeurs variables en fonction du lieu de la ville où le séchage a été réalisé. Cette expérience fait comprendre aux habitants qu’il y a du césium en suspension dans l’air qui s’est déposé sur les radis et c’est cet air radioactif qu’ils respirent.

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Pour diminuer l’irradiation du riz, les autorités ont demandé aux paysans de le cultiver en utilisant des ajouts de potassium et des matières minérales qui fixent le césium. Les résultats sont probants au vu des mesures faites en 2012 par rapport à celles de 2011.

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Les mesures de radioactivité réalisées à partir d’octobre 2011 sur 3 000 personnes ont montré que 80 % à 85 % d’entre elles n’avaient pas de contamination supérieure à la limite de détection. Toutefois, la date tardive à laquelle ont été faites ces mesures ne permet pas de connaitre les doses internes reçues dans les premiers mois et ce type de résultats peut conduire à des incompréhensions puisqu’il sous-estime la réalité de la contamination, le césium ayant été évacué au cours des mois passés. C’est la raison pour laquelle il a fallu du temps pour expliquer les limites de ce type d’appareillage s’agissant de reconstituer l’ensemble des doses que ces personnes avaient pu subir. Pour les mesures réalisées en 2012, nous avons constaté qu’en fonction des choix alimentaires les contaminations ont pu augmenter. On essaie de conseiller, on donne un questionnaire dans lequel les personnes décrivent ce qu’elles consomment.

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Mais en se focalisant sur la contamination interne (alimentation), on oublie l’irradiation externe, comme les sols contaminés qui envoient des rayonnements qui traversent le corps et c’est pour cette raison que nous avons relancé les campagnes de mesures d’irradiation externes. Aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes vivent sur des territoires très contaminés qui délivrent une dose très importante. Le césium 137 a une période de 30 ans, c’est-à-dire que sa radioactivité sera divisée par 2 tous les 30 ans, il faudra donc plusieurs décennies pour qu’il disparaisse. Le césium 137 et le césium 134 émettent de puissants rayonnements gamma qui peuvent parcourir dans l’air plusieurs centaines de mètres en traversant les murs, le bois, le verre et le béton. Les populations sont irradiées à l’extérieur mais également à l’intérieur des bâtiments de façon permanente. Pour une maison, même « décontaminée », sol enlevé et remplacé, pelouse changée, arbres à proximité ébranchés, la contamination persiste à la moitié du niveau initial. Il est donc impossible de décontaminer (financièrement et matériellement) les champs autour, toutes les maisons, tous les sols, etc. Devant cette impossibilité de décontamination, nous demandons tous, CRMS, CRIIRAD et les associations, que les citoyens reçoivent des compensations de l’Etat pour pouvoir déménager.

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Rappelons également que les autorités japonaises ont fait passer le seuil de la dose maximale annuelle admissible de 1 millisievert par an à 20 millisieverts par an, ce qui correspond à accepter que les citoyens japonais absorbent des doses 20 fois plus fortes que ce l’on juge habituellement inacceptable. Un millisievert par an correspond à 17 cancers sur 20 000 personnes, 20 millisieverts correspondent à 20 fois plus de cancers.

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Le critère de contamination pour autoriser l’évacuation a été fixé à 20 millisieverts. Si les habitants décident de partir d’une zone en dessous de ce seuil, le déménagement se fera à leurs frais, sans compensation de l’Etat.

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Grâce aux efforts conjugués de citoyens, d’avocats et de membres du parlement japonais, la Diète a voté en juin 2012 la loi « Child Victim’s Law » (loi pour les enfants et les victimes). Cette loi s’inspire de textes qui ont été mis en place cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl. Ils prévoyaient que si la dose dépassait 5 millisieverts/an, les personnes concernées avaient obligation de quitter la zone et si la dose dépassait 1 millisievert, elles pouvaient quitter la zone avec des compensations de l’Etat, dans les deux cas. La loi japonaise prévoit trois cas de compensation : pour ceux qui veulent partir, ceux qui veulent rester et ceux qui veulent revenir. La loi indique également que les habitants n’auront pas à démontrer de lien entre la catastrophe nucléaire et leurs pathologies pour recevoir des soins. Cependant, 9 mois après la promulgation de cette loi, les textes d’application, qui sont sous la responsabilité de l’ « Agence de reconstruction », ne sont toujours pas opérationnels, ainsi que les zones éligibles qui vont bien au-delà de la préfecture de Fukushima. Précisons que la Japon a changé de gouvernement fin 2012.

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Il est également important d’indiquer que plus le temps passe, plus les niveaux de radioactivité vont se modifier et baisser, d’où nouvelles situations au désavantage des habitants qui ont subi la contamination depuis mars 2011. »

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Kolin Kobayashi précise que le lobby nucléaire influence fortement la façon dont cette catastrophe est traitée, notamment en transmettant le minimum d’informations aux populations touchées.

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La nouvelle norme de 20 millisieverts risque de devenir une valeur applicable dans le cas de nouvelles catastrophes nucléaires et beaucoup de citoyens, scientifiques et personnalités militent pour que la norme internationale de 1 millisievert/an reste la dose maximale admissible.

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Kolin Kobayashi indique également que les cœurs de trois réacteurs continuent à fondre et à dégager des radionucléides, empêchant l’intervention des liquidateurs et même des robots. Le démantèlement des réacteurs, quand ils seront refroidis, devrait durer de 30 à 40 ans au minimum.

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A la fin de cet article, vous trouverez un lien pour prendre connaissance du texte enrichi de Kolin Kabayashi.

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Trois diapositives extraites de la série qui a illustré la conférence de presse (Photos Copyright Richard Varrault).

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Mesures avec les mères de famille dans les écoles de Fukushima.

Mesures avec les mères de famille dans les écoles de Fukushima.

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Station de mesures des aliments, de l’air ambiant et des personnes, mesure du corps entier qui permet de mesurer la quantité de césium accumulé dans le corps. Le Whole body counter sur cette diapo a été installé fin 2011 et a permis de contrôler environ 6 000 personnes jusqu’à ce jour.

Station de mesures des aliments, de l’air ambiant et des personnes, mesure du corps entier qui permet de mesurer la quantité de césium accumulé dans le corps. Le Whole body counter sur cette diapo a été installé fin 2011 et a permis de contrôler environ 6 000 personnes jusqu’à ce jour.

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Cette diapositive montre la localisation des stations de mesures à la fin de l’année 2011.

Cette diapositive montre la localisation des stations de mesures à la fin de l’année 2011.

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Pour aller plus loin

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Le texte de Kolin Kobayashi :

http://echoechanges-echoechanges.blogspot.fr/2013/03/fukushima-deux-ans-apres-quels-enjeux.html

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ainsi que celui de Cécile Asanuma-Brice, sociologue stationnée à Tôkyô « Fukushima, une démocratie en souffrance » :

http://echoechanges-echoechanges.blogspot.fr/2013/03/fukushima-une-democratie-en-souffrance.html

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Distribution map of radiation dose around Fukushima Dai-ichi &Dai-Ni NPP, sur le site du Ministry of Education, Culture, Sports, Science and Technology-Japan (MEXT) :

http://www.mext.go.jp/english/incident/1305901.html

http://www.mext.go.jp/english/

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Monitoring information of environmental radioactivity level :

http://radioactivity.mext.go.jp/en/

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Qu’est ce que le CRMS ?

Le Citizen’s Radioactivity Measurement Station est une association japonaise indépendante, à but non lucratif, créée en 2011 et dont l’objectif est d’améliorer la protection des citoyens contre les rayonnements ionisants en leur offrant des outils leur permettant d’acquérir des connaissances sur la radioprotection, d’apprendre comment mesurer la radioactivité et ainsi d’améliorer leur protection de manière autonome. Le CRMS effectue des mesures de radioactivité à la demande des citoyens et publie les résultats. Il dispose de 9 laboratoires implantés sur le territoire de la préfecture de Fukushima et d’un dixième laboratoire implanté à Tokyo.

Plus d’informations : http://fr.crms-jpn.com

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Qu’est ce que la CRIIRAD ?

La Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité est une association à but non lucratif créée en 1986 à la suite de la catastrophe de Tchernobyl. A la suite de la catastrophe de Fukushima (mars 2011), la CRIIRAD a effectué une évaluation des retombées sur le territoire français grâce à un ensemble de moyens techniques qui permettent de mesurer la radioactivité de l’air (réseau de balises) et l’impact des retombées (surveillance de la chaîne alimentaire) et a apporté son soutien à des citoyens japonais dans leurs efforts pour créer des moyens de contrôle indépendants.

Plus d’informations : http://www.criirad.org/

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Les journalistes et l’expertise scientifique

Voici le compte-rendu du petit-déjeuner des JNE à la mairie du 2e arrondissement de Paris, le 19 mars 2013, sur le thème : « Les journalistes d’environnement face à l’expertise scientifique : qui croire ? »

par Roger Cans (avec Laurent Samuel)

 


Introduit par Olivier Nouaillas, vice-président des JNE, le débat se focalise d’abord sur l’ « affaire Séralini ». Stéphane Foucart, journaliste au Monde, évoque les « Tobacco documents » qui relatent la façon dont les fabricants de tabac ont manipulé l’opinion pendant 50 ans. A ses yeux, Gilles-Eric Séralini a utilisé des méthodes comparable en créant « une forme d’incertitude et de doute » au sujet des OGM. Mais il s’empresse de préciser que les critiques contre Séralini ont également été instrumentalisées.

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Pour Guillaume Malaurie, journaliste au Nouvel Observateur, qui a révélé l’étude controversée en une de son hebdo, Gilles-Eric Séralini a « fait la démonstration de l’ignorance » quant aux effets des OGM. Il n’y a pas d’études à long terme. La notion d’équivalence en substance est arbitraire. Pourtant, elle gouverne la politique des organismes internationaux. De son côté, Stéphane Foucart estime que le principe dose-poison édicté par Paracelse est caduc.

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Guillaume Malaurie explique son malaise après la destruction des vignes OGM plantées par l’INRA à Colmar. Stéphane Foucart renvoie à l’appel d’Heidelberg, avant le sommet de Rio en 1992.

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Dominique Martin-Ferrari constate que l’écologie scientifique manque aujourd’hui de mouvement porteur. Elle n’a plus de penseur, sauf peut-être Edgar Morin, et encore. Le professeur Séralini est bien seul.

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Guillaume Malaurie estime que l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) marque un grand progrès. Grâce à elle, on s’est lancé sur bien des études, notamment sur le lait, les boissons énergisantes ou l’aspartame. Ces études n’ont pas toujours débouché, mais elles ont secoué le cocotier. Pour Dominique Martin-Ferrari, on s’est penché sur un produit, une marque, mais pas sur un concept.

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Laurent Samuel souhaite que l’on revienne au cas Séralini. Stéphane Foucart explique alors que le chercheur utilise les mêmes techniques que ceux qui le disqualifient, en se fondant sur des statistiques insuffisantes. Il évoque les rats utilisés par Philip Morris pour tester les additifs du tabac, afin de le rendre plus addictif. Ni Philip Morris, pour le tabac, ni Séralini ne prennent assez de rats pour apporter la preuve de l’innocuité ou de la nocivité des OGM et du Round Up. Séralini avait sans doute peur de ne pas pouvoir prouver ce qu’il voulait.

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Stéphane Foucart pense que l’on devrait se préoccuper davantage du Bisphénol A, qui nous concerne tous. Ce perturbateur endocrinien provoque en effet des cancers de la prostate et du sein, et aussi l’infertilité. Contre les OGM, tout le monde est d’accord, mais personne ne se mobilise contre le bisphénol A. C’est la même chose pour les néonicotinéides : on s’indigne pour quelques pieds de vigne à Colmar alors que l’on cultive des milliers d’hectares insecticides.

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Guillaume Malaurie regrette que Seralini en ait trop fait. Deux ans de recherche, c’est insuffisant. Mais il vise avant tout le glyphosate, qui rend les plantes insecticides. Le Round Up tue les plantes, mais pas seulement. Par la transgénèse, il attaque le foie et les reins.

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Pour Stéphane Foucart, le scandale, c’est que les effets du Cruiser sur les abeilles aient été évalués par l’INRA et Dow Chemical. Les lobbyings s’annulent. Avec le tabac, on voit clair : si vous payez un scientifique, il fera une étude qui vous donnera satisfaction.

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Roger Cans souligne alors que les grandes entreprises, donc les grandes marques, ne font pas du lobbying direct auprès de la presse. Elles passent par des agences de consultants, qui sont au service de plusieurs marques. Bien des universitaires ou juristes « indépendants » travaillent ainsi comme « consultants ». Les conflits d’intérêt sont alors inévitables.

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Deux ouvrages sont recommandés en fin de séance : L’industrie du mensonge, publié aux Etats-Unis en 1995 par John Stauben et Sheldon Rampton, et traduit en France aux éditions Agone en 2004 et 2012. Et, bien sûr, l’ouvrage de Stéphane Foucart intitulé La fabrique du mensonge, que vient de publier Denoël.

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Cliquez ici pour lire le point de vue de Michel Sourrouille sur ce petit déjeuner.

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L’impuissance actuelle du journalisme environnemental

Les JNE ont organisé le 18 mars 2013 un petit déjeuner de presse à Paris. Le thème était essentiel : « Les journalistes d’environnement face à l’expertise scientifique : qui croire ? »

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par Michel Sourrouille

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Les deux intervenants étaient de poids. D’un côté, Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde, qui publie ce mois-ci La fabrique du mensonge *. De l’autre côté, Guillaume Malaurie, journaliste au Nouvel Observateur, qui a couvert dans ce cadre l’affaire Séralini. Beaucoup de temps a été passé à discuter des méfaits de l’industrie du tabac, du problème des conflits d’intérêt, de la fabrique du doute par les uns et par les autres. Mais presque pas de la question initiale. Vers la fin du débat, j’ai posé la question suivante à Stéphane et Guillaume : « Quand on compare les surfaces médiatiques des médias, il apparaît que les intérêts commerciaux, soutenus par l’expertise « scientifique », dominent le journalisme d’investigation et les préoccupations environnementales. Quelle est la place qu’on vous donne dans vos journaux respectifs, est-ce satisfaisant ? »

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Stéphane Foucart a été sincère dans ses différentes approches de la question. D’abord, il ne s’occupe que de la rubrique sciences au Monde, il ne peut pas faire des articles sur le lobbying à Bruxelles. Quant à ses investigations, il se trouve confronté aux intérêts industriels qui suggèrent par exemple contre l’évidence que les effets des néocotinoïdes sont discutables. Surtout, Le Monde est un quotidien : par définition le long terme ne vaut rien par rapport au court terme.

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Stéphane Foucart estime que son groupe de presse lui donne toute liberté ; mais non seulement le temps lui manque pour approfondir les débats, mais la couverture médiatique est  faussée. Il prend le cas du déclin mondial des pollinisateurs sauvages. Son article sur la question ne faisait qu’une fraction de page, il aurait dû être l’élément essentiel de l’actualité ce jour-là dans Le Monde **. Cependant, il pense que si on obligeait tous les intervenants médiatiques à une déclaration de conflits d’intérêt, nous pourrions progresser dans la recherche de la vérité.

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De son côté, Guillaume Malaurie est resté absolument muet sur l’enjeu de ce petit-déjeuner de presse, à savoir les rapports de pouvoir entre la sphère médiatique et les intérêts financiers. Il s’était contenté tout au cours des débats de commenter l’affaire Séralini et de relativiser la question écologique. Il est vrai que le Nouvel Observateur n’est plus celui que nous avons connu, qui faisait en juin-juillet 1972 un spécial écologie « La dernière chance de la Terre » ! Nous avons perdu plus de quarante ans, le journalisme environnemental est encore moins influent que dans les années 1970, les menaces deviennent irréversibles aujourd’hui.

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* La fabrique du mensonge (Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger (aux éditions Denoël, 17 euros)

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** Le Monde du 1er mars 2013, Le déclin des insectes pollinisateurs menace les rendements agricoles.

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Cliquez ici pour lire le compte-rendu de Roger Cans et Laurent Samuel sur ce petit déjeuner.

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Retrouvez l’interview de Stéphane Foucart par Pascale Marcaggi (JNE) ici sur Radio Ethic.

 

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End Ecocide (halte à l’écocide) et Tribunal international de l’environnement : un petit déjeuner JNE

Un petit déjeuner JNE était organisé le 1er mars 2013 à la mairie du 2e arrondissement de Paris sur le thème : End Ecocide (halte à l’écocide) et Tribunal international de l’environnement.

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par Roger Cans (avec Richard Varrault)

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Richard Varrault, l’organisateur de la rencontre, présente les intervenants du jour :

- Valérie Cabanes, juriste indépendante, spécialiste de droit international et du droit des communautés autochtones. A ce titre, elle a passé un an au Cambodge et un an à Quetta, au Baloutchistan, à la frontière irano-afghane. Elle est aujourd’hui porte-parole de l’initiative End Ecocide in Europe, une initiative citoyenne pour donner des droits à la Terre.

 

- Alfredo Pena-Vega est un sociologue français originaire du Chili, d’où ses parents ont fui après le coup d’Etat de Pinochet. Il enseigne aujourd’hui l’ethnobiologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, et mène des recherches sur les catastrophes industrielles. Avec son collègue Edgar Morin, ils ont organisé à Rio+20 un séminaire intitulé « La Terre inquiète ». Un combat exemplaire pour lui : un chef aborigène, en Australie, a réussi par l’insurrection des consciences à arrêter un projet de mine d’uranium (Areva) dans le parc national de Kakadu.

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Valerie_Cabanes_Endecocide

Valérie Cabanes explique la genèse de l’Initiative Citoyenne Européenne « Arrêtons l’écocide en Europe » que chaque citoyen de l’Union européenne peut signer jusqu’au 21 janvier 2014. (Photo Copyright Richard Varrault)

 

Valérie Cabanes retrace l’historique de l’initiative lancée en avril 2010 par l’avocate anglaise Polly Higgins. Inspirée par le tribunal de Nuremberg qui, en 1948, a puni les crimes de guerre, Polly Higgins a proposé à l’ONU une loi contre « l’écocide » (le massacre de la planète). Le crime d’écocide deviendrait alors le 5e crime contre la paix (après le crime de guerre, le crime contre l’humanité, etc.). S’appuyant sur cette proposition, la Cour Suprême du Royaume-Uni a mené un procès fictif (mock trial) contre BP, responsable de la catastrophe écologique en Louisiane à la suite de l’explosion d’une plate-forme pétrolière dans le Golfe du Mexique, et un autre procès contre l’exploitation des schistes bitumineux en Alberta (Canada).

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L’initiative contre l’écocide, pour déboucher au plan international, doit recueillir l’accord d’au moins 81 Etats qui devront ratifier cet amendement pour qu’il soit validé aux Nations Unies. A ce jour 10 Etats, hors UE, ont signé un accord national, dont le Vietnam, victime en son temps de l’agent orange, et certains pays de l’Europe de l’est dans lesquels l’ex URSS avait réalisé des essais atomiques.
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Au plan européen, grâce au traité de Lisbonne qui a créé la possibilité d’une « initiative citoyenne européenne », onze Européens de neuf nationalités différentes se sont associés pour demander à la Commission européenne une directive Ecocide. Déposée au Parlement européen le 22 janvier 2013, l’initiative doit recueillir un minimum d’un million de signatures pour être prise en compte. Et comme il ne s’agit pas d’une pétition, mais d’un vote citoyen, les signataires doivent s’inscrire sur le site de la Commission dédié (www.endecocide.eu). Le quota minimal pour la France est de 54.000 signatures, ce qui est parfaitement jouable. Mais le droit français oblige, pour un vote, à déclarer son identité, ce qui peut réfréner certaines ardeurs.

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Après l’initiative sur le droit à l’eau et une autre sur le revenu minimum, c’est donc la troisième ICE (initiative citoyenne européenne) à être lancée en Europe. Elle se fonde sur la constatation que notre écosystème est la condition de notre survie. Ceux qui mettent cet écosystème en péril, qu’il s’agisse de dirigeants, d’entrepreneurs, de banquiers ou de sociétés, doivent être poursuivis pénalement et personnellement pour crime contre l’environnement. La reconnaissance du préjudice écologique en France est déjà un premier pas.

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Qu’il s’agisse de BP en Louisiane ou de Total pour l’Erika, le pollueur s’en tire toujours en indemnisant les victimes et il y a impunité pour les dirigeants. L’initiative vise à ce que les responsables d’un crime écologique soient condamnés et, le cas échéant, mis en prison. Elle vise aussi à ce que tout produit d’un écocide soit interdit sur le marché européen. Enfin, elle met en garde les entrepreneurs européens contre un écocide hors d’Europe, comme les turbines françaises promises pour le barrage de Belo Monte, en Amazonie, qui est un écocide pour les populations autochtones. Cela devrait encourager les entrepreneurs à investir dans le propre et le sobre. « En cela, nous sommes d’accord avec Michel Prieur (JNE) et son Tribunal international de l’environnement. »
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« Tribunal de conscience »

Alfredo Pena Vega retrace à son tour l’historique du « tribunal de conscience » imaginé avec Edgar Morin. Voilà une vingtaine d’années qu’il travaille avec lui pour faire le lien entre le monde scientifique et le monde politique. Dans la perspective de Rio+20, ils se sont mis à réunir dirigeants politiques, chercheurs, élus et intellectuels pour préparer un événement à Rio en 2012. « L’idée est venue de monter un tribunal, comme le souhaitait Michel Prieur, mais un tribunal moral, comme le fut le tribunal Russell durant la guerre du Vietnam. Et comme Stéphane Hessel était pour nous l’une de ces consciences, nous avions l’intention de faire un film intitulé De Russell à Hessel. Hélas, il vient de nous quitter. En 2007, nous avons créé un pôle à Poitiers pour ce futur tribunal, grâce à Ségolène Royal, la présidente de région. Le thème en était « Au-delà du développement ». Nous avons aussi obtenu l’accord de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, et d’un sénateur brésilien. D’où notre séminaire « La Terre inquiète » organisé à Rio, et aussi la diffusion d’un document provisoire diffusé à 10.000 exemplaires. »

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« Surtout, ne pas confondre notre tribunal international citoyen, purement moral, qui veut éveiller les consciences, et l’écocide européen qui se veut pénal. Nous considérons que nous sommes au degré zéro de la politique. L’exemple du barrage de Belo Monte le prouve : lancé sous le président Cardoso il y a une quinzaine d’années, le projet a été repris par tous les successeurs, y compris maintenant Dilma Rousseff  ! Notre tribunal a deux buts majeurs : prévention et pédagogie. Prévention parce qu’il ne faut pas attendre que le mal soit fait. Le tribunal Russell n’a pas attendu la fin de la guerre du Vietnam pour éveiller les consciences et retourner finalement une partie de l’opinion américaine. »

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« Le tribunal n’aura pas de siège, mais tiendra ses audiences dans les lieux d’où remonteront les plaintes. L’écocide, pour être condamné par le Parlement européen, cela peut prendre cinq ans. Nous, c’est très rapide. Nous avons monté une association pour le financement du tribunal. Nous prévoyons un budget annuel compris entre 450.000 et 600.000 euros. Nous avons dix bénévoles qui s’en occupent. Dès à présent, nous avons dépensé 60.000 euros pour lancer une enquête internationale en six langues afin de répondre à la question « Qu’est-ce qu’un crime contre la nature ? ». Nous attendons entre 300 et 400.000 réponses. Nous en rendrons compte lors d’un événement à l’Unesco à la fin mai 2013. Grâce à notre réseau de bénévoles, nous pouvons intervenir partout et vite. Ainsi, en Inde, nous sommes en contact avec Bitoun, le Nicolas Hulot du pays. Il mène campagne contre le projet de centrale nucléaire française (Areva) à seulement 400 km de Bombay, sur une zone sismique avérée. »

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Au moment du débat. De gauche à droite : Valérie Cabanes qui a développé l’ICE Endecocide, Philippe Desbrosses docteur en sciences de l’environnement et agriculteur et Alfredo Pena Vega promoteur du Tribunal international de la nature. (Photo Copyright Richard Varrault)

 

Philippe Desbrosses, arrivé sur la fin de la réunion, ajoute son indignation contre le projet de centrale nucléaire en Inde, qui est le contraire de son idéal de « sobriété heureuse » (Pierre Rabhi). Lui aussi, comme agriculteur bio et comme docteur en environnement, a participé au séminaire de Rio sur « La Terre inquiète ».
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Et il propose que le tribunal de l’environnement crée partout des groupes de base, comme celui qu’il a créé chez lui dans le Loir-et-Cher.

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Quelques liens :

www.endecocide.eu le site « Arrêtons l’écocide en Europe ». L’Écocide est un acte causant des dommages importants à un ou plusieurs écosystèmes, ou la destruction ou la perte d’écosystèmes.

http://eradicatingecocide.com/ le site arrêtons l’écocide en 2020, rappels historiques. In english.

http://pollyhiggins.com/ le site de Polly Higgins, avocate à l’origine du concept d’écocide, peu usité en langue française mais connu des anglophones. In english.

http://eradicatingecocide.com/overview/mock-trial/ le site où verrez un faux vrai procès pour atteinte à l’environnement : In 2011 a “Mock Trial” was held in the Supreme Court of England and Wales. Two fictional Chief Executive Officers were put on trial for causing ecocide due to their destructive practices in the Athabasca tar sands and found guilty. This demonstrated that a law of Ecocide can work in practice, and garnered international media coverage including The Financial Times, Le Monde, Time magazine, Deutsche Welle, Al Jazeera, and Canada’s CBC. The trial was broadcast worldwide online by Sky News.

http://www.sos-21.com/tribunal-nature.html le site provisoire qui présente le tribunal international de la nature avec la liste des soutiens et le projet de site internet en animation 3D.

http://www.tribunal-nature.org/ sur ce site se trouvent notamment l’interview vidéo d’un sénateur brésilien et l’émission 3D de Stéphane Paoli (France Inter) sur l’écocide avec Valérie Cabanes et le Tribunal international de la nature avec Alfredo Pena Vega. Ceux qui s’intéressent aux modifications climatiques écouteront aussi avec intérêt une interview « tgv » de Jean Jouzel.

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Petit déjeuner JNE sur l’écofiscalité avec Guillaume Sainteny

Voici le compte-rendu du petit-déjeuner JNE du 5 février 2013 avec Guillaume Sainteny, auteur de Plaidoyer pour l’écofiscalité (éditions Buchet Chastel)

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par Sara Sampaio

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Le principe du pollueur-payeur en question

Le principe pollueur-payeur peine à s’imposer, établit en premier lieu Guillaume Sainteny. Pourtant, il est « promu par l’OCDE et l’Union européenne », en d’autres termes il est « reconnu et accepté par l’économie de marché ». Son application se heurte à une question de fond : s’agit-il de faire payer à une entreprise l’impact social, économique, environnemental de son activité, ce qu’on appelle les « externalités » (*)  ; ou s’agit-il de faire réparer un dégât spécifique ?

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La France, explique Guillaume Sainteny, « ne calibre pas ses taxes environnementales en termes leur impact social » (les externalités). Cela signifie qu’elle opte généralement pour des taux très bas. Il coûte ainsi moins cher aux entreprises de payer la taxe que de polluer ; « l’incitation à moins polluer est faible ».

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L’auteur de Plaidoyer pour l’écofiscalité cite l’exemple des NOx (les oxydes d’azote, polluants atmosphériques). La France taxait en 2008 la tonne de rejet de NOx à 45 euros. Elle a triplé ce montant à 145 euros après le Grenelle de l’environnement. Un bel effort, mais anodin comparé à celui de la Suède, qui taxe la tonne à 5.500 euros. Sans compter que si les pouvoirs publics voulaient corréler l’impôt aux nuisances réelles des NOx, ils devraient opter pour une taxe de… 7.000 euros par tonne. Par ailleurs, la France conserve le produit de sa taxe sur les NOx comme recette fiscale. La Suède, en revanche, le redistribue aux entreprises selon des modes différents qui privilégient tantôt l’emploi, tantôt la R&D, etc. Ainsi l’impôt ne grève pas la compétitivité des entreprises. Autre effet positif, « le nombre de dépôts de brevets liés à la lutte contre les NOx a fortement augmenté, les entreprises ayant constaté qu’il était moins coûteux de mettre des dispositifs anti-pollution que de payer la taxe ».

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Comment taxer efficacement les carburants ?

Difficile de parler d’éco-fiscalité sans parler de la taxe carbone. Guillaume Sainteny, rappelle qu’en France « le carbone est déjà taxé ». Une première fois par la TICPE, ou Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques (ex-TIPP), la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques ; et une deuxième fois par la TVA, au taux de 19,6 %, qui s’applique sur le prix majoré de la TICPE.

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Aujourd’hui, « on sait calculer ce que coûte un litre d’essence en termes d’externalités » (CO2, particules fines, bruit, etc.). Ces calculs montrent que l’essence est déjà « trop taxée en milieu extra-urbain et pas assez en milieu intra-urbain ». Pour Guillaume Sainteny, soit on décide d’une taxe carbone qui s’ajoute à la taxation existante (« taxe carbone additionnelle »), soit d’une taxe carbone qui s’ajoute ou se soustrait à la taxation en fonction des externalités plus ou moins négatives (« taxe carbone différentielle »).

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Se pose aussi la question des catégories professionnelles exonérées des taxes sur les carburants : agriculteurs, pêcheurs, transporteurs routiers. « Ces groupes trouvent facilement des relais dans la classe politique, en raison du cumul des mandats (le Sénat compte de nombreux représentants du monde rural) et du mode de scrutin par circonscription », souligne Guillaume Sainteny.

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Enfin, le Diesel. Ce carburant à l’origine de problèmes environnementaux et de santé publique (40.000 vies perdues par an liées à l’émission de particules fines) est plébiscité par les consommateurs en raison d’un coût à la pompe moins élevé. Pourtant, tout le monde y perd. Le consommateur est « floué » car pour que  le surcoût de son véhicule Diesel à l’achat soit compensé par la différence de prix du carburant, « il faut qu’il roule 25.000 kilomètres par an », assure Guillaume Sainteny.

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L’Etat y perd aussi. Le Diesel étant moins taxé que l’essence  (18 centimes de moins par litre), il est moins avantageux en termes de recettes fiscales. Dans le même temps, le nombre de véhicules Diesel augmente (ils représentent désormais 60 % du parc français), ce qui a pour effet de peser sur les recettes globales de la TICPE. De plus, depuis 2008, la consommation de carburant a cessé d’augmenter en France pour la première fois depuis l’après-guerre, en raison de la crise économique. Au final, les recettes fiscales énergétiques de l’Etat ont baissé, alors qu’elles représentent 75 % des recettes fiscales liées à l’environnement.

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 Quelle transition énergétique ?

Si l’on veut faire la transition énergétique, il faut « augmenter le plus possible le prix des énergies fossiles  et baisser celui des énergies renouvelables. Or toutes les décisions prises depuis juin 2012 vont dans le sens inverse car ce sont les choix sociaux qui prévalent » (**), rappelle Guillaume Sainteny.

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Il faut également «  se demander quel objectif on poursuit. S’agit-il de trouver des rendements ou de modifier les comportements ? » Le gouvernement a annoncé 3 milliards d’euros de recettes d’éco-fiscalité dans la loi de finances 2014.  « C’est donc un objectif financier et non incitatif, même s’il aura peut-être aussi des propositions incitatives. »

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La loi Brottes, par exemple. Votée en janvier dernier par les députés, elle pose le concept de la tarification progressive ***. « Pour certains, elle est anti-sociale », explique Guillaume Sainteny.«  Il y a deux solutions : on peut supprimer la tarification pour les personnes en-dessous d’un certain niveau de revenus, mais ces personnes perdent toute incitation à faire des économies d’énergie. On peut aussi les faire payer tout en mettant en place un mécanisme de remboursement ; elles sont incitées à réaliser des économies d’énergie car elles doivent payer la taxe, mais elles ne sont pas pénalisées grâce au mécanisme de compensation. »

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Deux commissions ont été mises en place par la conférence sur l’environnement, avec des propositions précises « supposés émerger en mars » : la Commission sur le débat national de la transition énergétique et le Comité pour la fiscalité écologique. Pour Guillaume Sainteny, le second sujet serait logiquement à traiter par la première commission…

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La fiscalité locale, une potion catastrophique

Autre idée forte de Guillaume Sainteny, « la fiscalité locale est catastrophique pour l’environnement » car elle favorise l’étalement urbain. En résumé, plus une commune bâtit, plus elle perçoit de taxes : la taxe sur le foncier bâti, la taxe d’habitation, la taxe d’aménagement (ex-taxe locale d’équipement ou TLE, due à l’occasion d’opérations immobilières et destinée à financer les infrastructures), la taxe départementale pour le financement des conseils d’architecture, d’urbanisme et d’environnement (TDCAUE), la taxe départementale pour les espaces naturels sensibles (TDENS), les permis de construire. Une commune qui choisit de ne pas artificialiser perçoit quant à elle la taxe sur le foncier non bâti. « C’est très injuste. Plus on construit, plus on a de l’argent. C’est un détournement du principe du pollueur-payeur, estime Guillaume Sainteny. Il faudrait que les taxes soient très élevées pour empêcher les constructions. En même temps, on a besoin de construire… »

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Ce problème pose le débat du « verdissement de la DGF, la dotation globale de fonctionnement » ****. Deux projets de loi en cours de discussion devraient permettre d’y revenir ; le projet de loi de décentralisation de Marylise Lebranchu et le projet de loi sur logement et urbanisme de Cécile Duflot.

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Le problème de fond est celui des valeurs locatives cadastrales, rappelle Guillaume Sainteny. Ces valeurs, qui servent de fondement aux taxes locales citées ci-dessus, ont été décidées en 1961 et sont « déconnectées de la réalité ».

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Quelles solutions ?

Guillaume Sainteny analyse les réussites de l’Allemagne en matière de fiscalité écologique (pp. 171-177 de son ouvrage). L’Allemagne, pays qui « chaque année pendant cinq ans a augmenté de 3 centimes par litre le prix des carburants; pays où l’électricité est à la fois chère et très compétitive ;  pays qui a réussi à imposer une taxe poids lourds et une taxe sur les transports aériens. »

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Pour Guillaume Sainteny, une réforme fiscale en France consisterait à s’attaquer aux niches fiscales, à verdir la fiscalité existante et, en dernier recours, à créer de nouvelles taxes. « Pour l’instant, la France s’attache à faire exactement l’inverse. Il n’y a aucune avancée pour les deux premiers points. En revanche, on adore créer de nouvelles taxes écologiques lilliputiennes et très médiatisées », explique-t-il.

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Merci à la mairie du 2e arrondissement de Paris pour l’accueil de ce petit déjeuner.

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(*) En économie, les externalités ou « coûts externes » sont les coûts provoqués par un agent économique mais supportés par un autre. Il peut s’agir d’externalités positives ou négatives.

(**) Référence à la baisse temporaire des prix de l’essence mise en place par François Hollande en août 2012, deux mois après son arrivée à l’Elysée.

(***) Idée d’une tarification basse sur les premiers volume de gaz ou d’électricité consommés, et de plus en plus élevée au fur et à mesure que les volumes augmentent. «Passé un certain forfait de nécessité pour s’éclairer, pour se chauffer, plus on consomme, plus on paye», selon les explications de la ministre de l’Ecologie et de l’Energie Delphine Batho. La loi Brottes porte sur l’éolien et les énergies marines.

(****) Principale dotation de fonctionnement versée par l’Etat, véritable « pivot des relations financières entre l’État et les collectivités locales », selon la DGCL (Direction générale des collectivités locales).

Petit déjeuner JNE/AJE : le WECF et Corinne Lepage en lutte contre les perturbateurs endocriniens et les OGM

Les JNE et l’AJE (Association des journalistes de l’environnement) avaient invité le 2 octobre 2012 les animatrices du WECF  (Women in Europe for a Common Future) pour un petit déjeuner sur les perturbateurs endocriniens au Père Tranquille, dans le quartier des Halles. Corinne Lepage ayant de son côté convié presque à la même heure les journalistes à un point presse sur les OGM dans un café voisin, il a été décidé de fusionner les deux petits déjeuners, ce qui a permis de procéder à un tour d’horizon complet (quoique trop rapide) des dossiers santé/environnement dans une perspective européenne.

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par Laurent Samuel

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Sascha Gabizon, directrice du WECF Europe

Le petit déjeuner a commencé avec une présentation du WECF par Sascha Gabizon, directrice pour l’Europe. Cette association encore peu connue du public français a été créée en 1994, dans le prolongement du Sommet de Rio de 1992, au cours duquel, pour la première fois, le rôle des femmes dans le développement durable a été reconnu par les Nations Unies. Au coeur de son action : le droit à un environnement sain.
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Aujourd’hui, le WECF regroupe quelque 150 organisations, dont de plus en plus nombreuses se trouvent en Afrique. Il était officiellement présent au Sommet Rio+20, où, selon Sascha Gabizon, les représentantes des pays du Sud se sont montrées très critiques envers la monétisation de la nature et l’économie verte.

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Au niveau mondial, le WECF s’organise autour de trois bureaux, en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, ce dernier étant situé à Annemasse, en Haute-Savoie.

 

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Anne Barre, Présidente du WECF France

 

Anne Barre, fondatrice et présidente du WECF France, lancé en 2008, a ensuite présenté les actions de la « branche » française de l’ONG. Celles-ci consistent d’abord en des « plaidoyers » (traduction de l’anglais advocacy), autrement dit des campagnes de sensibilisation sur des sujets comme la directive européenne Reach sur les produits chimiques ou les phtalates dans les jouets. S’appuyant sur un comité d’experts pluraliste, le WECF France suit en particulier le plan santé-environnement. « Nos priorités sont l’information du public et la protection des femmes enceintes et des enfants », a expliqué Anne Barre. Le WECF France demande notamment l’étiquetage environnemental ou des crèches et écoles « zéro émissions ». Parallèlement, cette association participe dans la région Rhône-Alpes à des projets de terrain pour le développement durable, dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de l’agriculture et de la biodiversité, et de la santé environnementale. En conclusion, Anne Barre précise que le WECF n’est en aucun cas une association réservée aux femmes !

 

 

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Corinne Lepage, présidente d'honneur du CRIIGEN

 

La parole est ensuite donnée à Corinne Lepage, députée européenne et présidente d’honneur du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique). « Maintenant, je peux parler », affirme-t-elle d’emblée, en faisant référence au « secret absolu » maintenu pendant 5 ans au sujet de la désormais fameuse étude du Pr Séralini sur les effets du maïs OGM NK603 sur la santé des rats. Un secret que Corinne Lepage justifie par les risques de fuites qui auraient pu permettre à Monsanto, fabricant de ce maïs, de chercher à discréditer par avance cette étude. Revenant sur le lancement très médiatique de cette étude, la députée européenne a précisé que quelques journalistes scientifiques avaient eu la « primeur » de ce travail, avec un « engagement de confidentialité ». Une disposition qui a donné lieu à un débat bref mais vif entre Corinne Lepage et certains des journalistes présents, ceux-ci estimant qu’elle empêchait les journalistes concernés de demander à d’autres chercheurs que les auteurs de l’étude leur avis sur les conclusions du Pr Séralini et de ses collègues. Dans le même esprit, l’exclusivité accordée au Nouvel Observateur, avec un titre abusif « Oui, les OGM sont des poisons « , alors que l’étude ne concerne qu’un OGM particulier, et l’absence de tout point de vue critique sur le travail du Pr Séralini, ainsi que le lancement médiatique de l’opération (livres de Gilles-Eric Séralini, Tous Cobayes (chez Flammarion) et de Corinne Lepage, La vérité sur les OGM, c’est notre affaire (aux éditions Charles Léopold Mayer), film de Jean-Paul Jaud Tous Cobayes, films sur le net, émission le 13 octobre à 20 h 35 sur France 5) ont suscité des réactions contrastées, soulignant la nécessité de revenir de manière plus sereine sur les questions ainsi posées quant à l’éthique journalistique et scientifique.

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Sur le fond, Corinne Lepage a souligné que l’espèce de rat retenue était la même que celle utilisée par Monsanto pour ses tests, que les « cohortes » de 10 rats étaient plus nombreuses que celles employées habituellement, et que l’étude a mis en évidence un effet spécifique du maïs génétiquement modifié, indépendamment de la toxicité du RoundUp, herbicide auquel cet OGM est « résistant ». Elle a aussi précisé que les rats atteints d’énormes tumeurs avaient été euthanasiés selon les règles scientifiques en vigueur. Corinne Lepage indique encore que contrairement à certaines informations publiées dans la presse, l’étude n’a pas bénéficié d’un financement de Carrefour. Son coût (3,2 millions d’euros) a été assuré par la Fondation Charles Leopold Mayer (environ 1 million d’euros), l’association Ceres qui regroupe Auchan et des PME de la distribution (environ 2 millions d’euros) et la réserve parlementaire du député François Grosdidier (100 000 euros). En revanche, il est exact que le Criigen a effectué dans le passé des études pour Carrefour.

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Au cours de ce petit déjeuner, Corinne Lepage a annoncé avoir envoyé aux ministres de l’environnement de l’Union européenne une lettre demandant des tests des OGM sur 2 ans (et non pas quelques mois comme actuellement), un étiquetage complet (y compris pour la viande nourrie au soja OGM) et la suspension de l’autorisation du maïs NK603 (demandée aussi le 3 octobre par 130 ONG environnementales). Elle demande aussi que le panel de l’Efsa (agence européenne de sécurité alimentaire) chargé de réaliser une contre-expertise sur l’étude du Pr Séralini ne soit pas uniquement composée d’experts pro-OGM ayant des intérêts dans les sociétés de biotechnologies, comme c’est le cas, selon Corinne Lepage, de la plupart des scientifiques français ayant signé un appel publié dans Marianne, et repris sur le site du Monde (lire ici).

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Elisabeth Ruffinengo (WECF France)

 

Après les OGM, le débat est revenu aux perturbateurs endocriniens, avec la présentation par Elisabeth Ruffinengo du WECF France de l’étude Menace sur la santé des femmes, publiée aux éditions Yves Michel (en librairie le 12 octobre 2012). Adaptation d’un rapport américain intitulé Girl, Disrupted réalisé en 2008 par une équipe de 18 experts, cette étude met en lumière une multitude de troubles de la santé reproductive féminine liés aux perturbateurs endocriniens tels que les parabènes, les phtalates ou les bisphénols .«Les troubles de la santé reproductive féminine sont une question complexe, tout comme leur étude. Pour autant, il est inacceptable de se retrancher derrière la complexité pour retarder l’action en matière de santé publique. Ces troubles peuvent avoir des conséquences désastreuses pour les femmes qui y sont confrontées. Devant les liens mis en évidence ou fortement suspectés entre des perturbateurs endocriniens bien connus et certains de ces troubles, il est devenu urgent de protéger les périodes de vulnérabilité identifiées par les scientifiques, par l’application de mesures limitant l’exposition des populations », explique Elisabeth Ruffinengo, chargée de mission pour WECF, qui a travaillé à la traduction de l’ouvrage (lire ici le communiqué du WECF France).

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Corinne Lepage précise qu’un débat est en cours sur les PE (perturbateurs endocriniens) au PE (Parlement européen), qui doit voter en février 2013 un rapport intitulé « Protection de la santé publique contre les perturbateurs endocriniens ». Elle nous alerte surtout, comme l’a fait de son côté la députée européenne Michèle Rivasi (lire son article ici), sur la toute récente saisine de l’Efsa par la Commission européenne afin que cette Agence établisse la future définition réglementaire européenne de ces substances chimiques de synthèse. Pour Corinne Lepage, l’Efsa risque d’en profiter pour relayer les lobbys souhaitant restreindre le « champ » des perturbateurs endocriniens. Une affaire à suivre de près donc…

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Petit déjeuner JNE : Jean-Louis Bal (SER) demande des mesures d’urgence pour les énergies renouvelables

Invité par les JNE le 6 septembre 2012 dans le cadre de leurs petits déjeuners, Jean-Louis Bal, Président du Syndicat des énergies renouvelables, a demandé des mesures d’urgence pour les énergies renouvelables.

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par Laurent Samuel et Nathalie Tordjman

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Jean-Louis Bal, président du SER (Syndicat des énergies renouvelables) au petit déjeuner JNE du 6 septembre 2012 - photo Laurent Samuel

 

A quelques jours de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre, Jean-Louis Bal se réjouit de ce que la transition énérgétique et la rénovation thermique des bâtiments n’aient pas été abandonnés par le Président de la République et la ministre de l’Ecologie. Pour autant, il souligne que la situation est dramatique pour les entreprises du photovoltaïque et de l’éolien. « Nous demandons des mesures d’urgence, a martelé Jean-Louis Bal. Nous ne pouvons pas attendre la fin du débat sur l’énergie et la loi qui va suivre. Mais nous sommes relativement optimistes puisque ces mesures figurent dans l’ordre du jour de la conférence environnementale. »

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Photovoltaïque
Le SER demande la suspension de la dégressivité du tarif d’achat pour les particuliers (moins de 9 kw), fixée chaque trimestre en fonction du nombre de demandes de raccordements. Pour Jean-Louis Bal, cette dégressivité (presque 10 % par trimestre) est trop forte et dissuade les nouvelles installations. De plus, le critère du nombre de demandes de raccordements n’est pas pertinent dans la mesure où de nombreux projets déposés ne se concrétisent pas. Pour les installations plus importantes, Jean-Louis Bal demande « une relance du processus des appels d’offres, avec un renforcement des critères en faveur de l’industrie européenne, qui souffre de la guerre des prix des fabricants chinois » (lire ici un article du Monde sur la décision de la Commission européenne de lancer une enquête sur le dumping chinois). Plus généralement, Jean-Louis Bal appelle de ses voeux « un débat sur les objectifs à moyen terme et les moyens pérennes pour le développement des entreprises françaises dans ce marché international ».

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Eolien
Jean-Louis Bal a souligné l’urgence d’une fusion entre les Zones de développement éolien (validées par les Préfets) et les Schémas régionaux éoliens, qui ne se recouvrent pas. Il a aussi demandé « l’abandon de la règle des cinq mâts minimum, qui pose problème dans les régions à habitat dispersé comme la Bretagne ou la Normandie ». Le SER soutient ainsi la proposition de loi du sénateur Roland Courteau (Aude) de baisser ce seuil à trois mâts.  Jean-Louis Bal a insisté sur la contradiction entre la loi Grenelle 2, qui exige un éloignement de 500 mètres des habitations pour l’implantation d’éoliennes, et la loi montagne et littoral, qui impose qu’elles soient « dans la continuité de l’urbanisation existante ». Il a demandé l’exclusion du champ d’application des lois Montagne et Littoral des installations de production d’énergie à partir de sources renouvelables. A l’heure actuelle, cette disposition entrave le développement de l’éolien dans l’outre-mer.

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Biomasse
Cette source d’énergie est concernée par la moitié des objectifs du Grenelle. Elle fait partie, avec les réseaux de chaleur et la géothermie, du Fonds Chaleur confié à l’ADEME. Ce fonds chaleur s’adresse à des installations qui vont de la chaufferie communale à la petite installation industrielle. Pour les industries plus grosses qui mettent en place des installations de chaleur avec cogénération, le marché passe par des appels d’offres.

Pour le SER, la mesure d’urgence est de continuer ce qui a été entrepris. Le Fonds Chaleur est un investissement qui rapporte directement à l’Etat car il se substitue à l’énergie fossile importée. Ainsi, on estime que, sur la durée de vie d’une installation, un euro investi en subvention évite de 10 à 15 euros d’importations. L’autre économie concerne le dégagement de CO2 évité par l’utilisation de la biomasse.

.Enfin, pour le SER, cette filière pourrait relancer la filière forestière française sinistrée.

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Biogaz
L’urgence, c’est le soutien de ce qui a été mis en place avec une réévaluation du tarif d’achat. Mais il faut attendre avant de pouvoir faire un bilan.

.Pour la méthanisation, le principal problème est celui de l’acceptabilité. Pourtant, si l’installation est bien faite, il n’y a pas de mauvaises odeurs, ni de danger.

.Il se pose donc la question de la qualification des entreprises et aussi de celle de la valorisation du digestat. Il faut définir des standards de pollution pour permettre l’amendement avec les résidus de méthanisation.

.Selon le SER, le biogaz est la filière qui va connaître le plus fort accroissement dans les années futures, mais il faut des projets collectifs, et un approvisionnement garanti sur 15 ou 20 ans. A l’échelle d’une petite ferme, l’investissement n’est pas rationnel.

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Question
Pour répondre aux critiques sur l’intermittence des énergies renouvelables, ne doit-on donc pas, en urgence, travailler sur le stockage ? Les Allemands ont déjà de l’avance. Avec le surplus de l’éolien, ils fabriquent de l’hydrogène qu’ils combinent ensuite avec du CO2 pour faire du gaz de synthèse…

.Réponse SER
Le problèmes du stockage ne se posera qu’après 2020, si les 25% d’énergies renouvelables sont atteints. D’autre part, les batterie lithium-ion sont à présent assez performantes tant pour les petites collectivités qu’au niveau industriel.

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A noter

Le 13 septembre 2012, colloque d’une demi-journée à Rennes sur le biogaz avec les adhérents du SER (Méthanéo, Dalkia…) et l’Ademe pour un retour d’expériences et présentation des dispositifs de soutien.

Le 17 septembre 2012, un point presse du SER à l’issue de la conférence environnementale

Les 13 et 14 décembre 2012, colloque éolien à Nantes : Energie éolienne, source de progrès. Réalité énergétique et engagement industriel

Le 7 février 2013, colloque annuel du SER « La transition énergétique : industrie et territoires »

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Plus d’infos sur le site du SER.

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Petit déjeuner sur la biopiraterie

Les JNE ont organisé le 10 mai 2012 un petit-déjeuner sur la biopiraterie à la mairie du 2e arrondissement de Paris.

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par Roger Cans

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Le petit déjeuner des JNE sur la biopiraterie, le 10 mai 2012 à la mairie du 2e arrondissement de Paris - photo Laurent Samuel

 

Le cas du warana

Le premier intervenant est la fondatrice de la société Guyapi Tropical, Claudie Revel (au centre de la photo ci-contre). Depuis 1990, cette société s’efforce de commercialiser des produits de la cueillette effectuée par des communautés indigènes en Amazonie et au Sri-Lanka. Guayapi Tropical dispose aujourd’hui de 3.000 boutiques, qui vendent des produits alimentaires, thérapeutiques et cosmétiques.
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Claudie Revel constate qu’il existe encore des millions d’espèces inconnues au fond des forêts tropicales, mais que les indigènes du lieu connaissent pour leurs usages traditionnels. C’est le cas du warana (guarana en portugais), une plante qui sert au rituel du çapo chez les Indiens Satéré Mawé. La boisson, servie dans une calebasse, est partagée par la communauté pour atteindre « la connaissance ». Sa consommation donne du tonus et du bien-être. La société American Beverage s’est lancée dans son exploitation.

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Guyapi Tropical s’est engagée auprès de la communauté Satéré Mawé pour la fourniture à terme de 700 tonnes de warana et bénéficie d’une dénomination d’origine. Les peuples autochtones jouent le rôle de référents. Pour la certification, ni Ecocert ni l’INRA ne peuvent faire l’affaire. Car il faut prendre en compte le « totum » de la plante, c’est-à-dire un cortège vitaminique et minéral complexe, et pas seulement une molécule aux propriétés données. Le marketing doit être placé sous la tutelle de l’éthique.
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Le cas de la stévia est significatif. Cette plante sucrante a été retenue par Coca-Cola pour remplacer l’aspartame en 2009. Or l’aspartame est interdit au Japon depuis 40 ans et aux Etats-Unis depuis 1995. Aujourd’hui, la stévia est commercialisée dans le monde entier, sauf l’Europe.

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Au Sri Lanka est né le concept de « foresterie analogue » (analog forestry), sous l’autorité du professeur Ranil Senanayake. Il s’agit de conserver la forêt sauvage tout en l’exploitant. Un réseau international des forêts analogues est basé au Costa-Rica.

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Biopiraterie

 

La parole est ensuite donnée à Pierre William Johnson, un chercheur franco-américain qui vient de publier Biopiraterie, Quelles alternatives au pillage des ressources naturelles et des savoirs ancestraux ? (Editions Charles Leopold Mayer,  2012. Il rappelle que c’est au sommet de Rio, en 1992, qu’a été adoptée la convention pour la protection de la biodiversité. Il existe 80.000 plantes comestibles dans le monde, mais seulement trois sont consommées pour leurs protéines : le blé, le maïs et le riz. Il dresse un parallèle avec les langues : sur les quelque 5.900 langues répertoriées, plus de 5.000 sont parlées par de tous petits groupes locaux.

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Il souligne qu’un médicament sur deux, aujourd’hui, vient d’une plante. Mais la synthèse d’une molécule n’est pas aussi efficace que la plante naturelle, car elle peut produire des effets indésirables. Il existe un fossé entre l’Occident, qui protège la propriété intellectuelle, et les communautés indigènes, qui ne se sentent pas propriétaires de leurs ressources naturelles et de leurs connaissances. C’est la porte ouverte à la biopiraterie.

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En Inde, l’office des brevets a enregistré 200.000 formules, comme celle de l’arbre neem, qui sert de fongicide naturel. Les groupes français ne sont pas en reste. Greentech développe un cosmétique pour les grandes firmes : le sacha-inchi. On en extrait l’huile qui, avec de la farine, sert de masque de beauté. Il y a aussi Cognis et les laboratoires Pierre Fabre. Ce dernier a déposé en 1983 la marque Argane, mais il a été débouté en 2010, car on n’a pas le droit de commercialiser un produit sous le nom de la plante d’origine (la noix d’Argan, fruit de l’arganier).

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Pierre Johnson met en garde : « le bio ne garantit pas la biodiversité ». En effet, le label est normatif, donc imparfait. Et le label est souvent attribué par des clubs d’entreprises. En Inde et au Pérou, on a constitué des bases de données sur les plantes pour ne pas les utiliser. Il cite le cas de la marula, une plante d’Afrique australe. En Namibie, une coopérative de femmes en extrait l’huile, qui est ensuite commercialisée comme cosmétique par une société française, Aldivia. Au Swaziland, 2.600 femmes exploitent la marula pour elles-mêmes. Le produit en bouteille est vendu en France sous le nom de Marula Secrets.

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Pour l’huile d’argan, produite au Maroc, elle ne profite pas aux femmes, car elles ont été remplacées par des machines. Une ONG s’est créée : le Collectif pour une alternative à la biopiraterie. Il déplore que la stévia ne soit toujours pas admise sur le marché européen. La France pose un problème particulier : sous prétexte de lutte contre les sectes, on interdit les plantes de rituel.

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Les cosmétiques Aïny

Dernier intervenant, Daniel Joutard. Après une école de commerce, il part pour l’Equateur, où il découvre la culture indigène. Il travaille en France pendant huit ans comme consultant d’entreprise, puis décide de se lancer dans la commercialisation des plantes de rituel. Il fonde la société Aïny, qui signifie réciprocité en quechua (mais « je t’aime » en chinois et « mon œil » en arabe). Il fait le choix des cosmétiques rares, donc « de luxe ». Il exploite l’amaca, un tubercule que l’on trouve dans les Andes à 4.000 m d’altitude. La société française Naturex a racheté le brevet aux Américains.

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Pour Daniel Joutard, la biopiraterie consiste à observer dans les villages reculés l’usage des plantes que font les guérisseurs et les femmes pour leur beauté, sans demander leur autorisation. « Le commerce équitable est nécessaire mais pas suffisant », dit-il. Cela va pour les grosses productions (café, thé, cacao, banane), qui sont rémunérées à la quantité, comme une matière première. Mais cela ne garantit pas l’efficacité thérapeutique ou cosmétique, et l’on oublie les vertus immatérielles, partagées par un peuple, une culture. « Un guérisseur connaît 200 à 300 plantes ». Une plante cicatrisante, au village, peut être exploitée ailleurs comme remède anti-rides. Des pays comme le Brésil, le Pérou, la Chine et l’Inde sont bien décidés à contre-attaquer aujourd’hui.

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Faut-il encourager le dépôt de brevets chez les peuples autochtones ? Pas forcément. Il ne faut pas commercialiser à tout prix. Les brevets ne sont pas légitimes. Aïny a quatre principes :

1) On établit une relation de commerce équitable avec le producteur.

2) L’indigène établit une liste des plantes autorisées à l’exploitation et l’on institue un partenariat pour le bénéfice immatériel.

3) Pas de brevet lié à une plante.

4) On reverse 4 % du chiffre d’affaires (– 500.000 euros) pour compenser l’acquis culturel.

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Voilà deux ans que ces principes sont appliqués. Le truc pour éviter le brevetage pirate : les recherches sont publiées dans les revues scientifiques, de sorte qu’elles tombent immédiatement dans le domaine public et ne peuvent plus être appropriées.

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Sur ce petit déjeuner, lisez aussi ici l’article de Nathalie Giraud.

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Compte-rendu du petit déjeuner des JNE sur la lutte contre la biopiraterie

Les JNE ont organisé le 10 mai 2012 un petit déjeuner sur la biopiraterie à la mairie du 2e arrondissement de Paris.

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par Nathalie Giraud

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Petit déjeuner JNE sur la biopiraterie : de g. à dr., Nathalie Giraud (JNE ), Pierre Johnson, Claudie Ravel

Petit déjeuner JNE sur la biopiraterie : de g. à dr., Nathalie Giraud (JNE ), Pierre Johnson, Claudie Ravel, Daniel Joutard - photo Laurent Samuel

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Les trois intervenants

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Pierre Johnson, auteur du livre Biopiraterie, quelles alternatives au pillage des ressources naturelles et des savoirs ancestraux ?, Editions Charles Leopold Mayer (2012). Il participera à l’organisation d’une table-ronde à Rio+20 avec le Collectif français de lutte contre la biopiraterie.

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Claudie Ravel, fondatrice de Guayapi Tropical (compléments alimentaires, plantes et cosmétiques), lutte contre la biopiraterie en valorisant les cultures et savoirs des peuples d’Amazonie et du Sri Lanka.

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Daniel Joutard, fondateur de la marque de cosmétiques bio Aïny, mène des activités de recherche et développement tout en developpant des alternatives à la biopiraterie avec les organisations autochtones du Pérou et d’Equateur.

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La biopiraterie est l’exploitation des ressources biologiques et des savoirs ancestraux, sans compensation pour les peuples autochtones. Autrement dit, les industries des secteurs cosmétique, pharmaceutique et alimentaire s’approprient les plantes du monde et les savoirs ancestraux sans partager équitablement avec les peuples locaux.

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« La biopiraterie est un déni du travail millénaire de millions de personnes et de cerveaux travaillant pour le bien de l’humanité ».
 Vandana Shiva

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Claudie Ravel

La mission de Guayapi Tropical : valoriser les cultures traditionnelles


Pour que ces peuples d’ailleurs profitent de leur patrimoine et que celui-ci devienne un levier pour le commerce équitable ou tout autre entreprenariat social, certaines entreprises occidentales misent sur la revalorisation des plantes issues des terres d’origine. C’est le cas de Guayapi Tropical, marque de compléments alimentaires et cosmétiques fondée par la française Claudie Ravel, qui a lancé le guarana du Brésil sur le marché européen en 1990.

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Sa démarche est entièrement tournée vers le juste partage des échanges et vers l’évolution des organismes certificateurs qui protègent les écosystèmes, les savoir faire traditionnels, le renouvellement des terres déboisées ou encore la transformation des exploitations en bio, comme c’est le cas avec FGP (Forest Garden Products) : organisme présent en Asie (Sri Lanka, Philippines…) et en Amérique Latine (Amazonie, Mexique…), mais aussi en Europe et aux USA. La devise de FGP, programme planétaire de restauration des écosystèmes en commerce équitable : Epanouir l’homme, tout en restaurant la nature, devise qui accompagne les 7 principes fondamentaux d’une charte éthique exigeante.

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Le Warana, qui est le nom d’origine du Guarana (plante aux multiples vertus), est valorisé par Guayapi Tropical dans les meilleures conditions. Claudie Ravel et ses collaborateurs travaillent avec les producteurs sur place : les indiens Sateré Mawé en Amazonie, et le chef, Obadia Batista Garcia ira à Rio+20 défendre sa culture. Ce Warana est devenu un produit sentinelle Slow Food.

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www.guayapi.com

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Daniel Joutard


La priorité pour la marque Aïny :protéger la biodiversité


Daniel Joutard, fondateur de la marque de cosmétiques Aïny, a une démarche bien particulière et très subtile : il ramène des trésors du Pérou et d’Equateur dans son propre laboratoire de recherche. Et pour empêcher les brevets sur ces plantes sacrées comme l’Ashioté, il publie ses recherches dans le domaine public, ce qui devient un bien commun ! Les cosmétiques Aïny sont une référence. Labellisés Cosmébio et certifiés Ecocert, 100 % des actifs sont bio et toutes les plantes utilisées, bien connues des ethno-pharmacologues, sont avant tout le patrimoine de plusieurs peuples. Les Achuars dans la Haute-Amazonie, les Queshuas de la Vallée Sacrée du Pérou, les Ashaninkas et les Yaneshas en Amazonie péruvienne livrent leurs secrets et en retour, 4 % du chiffre d’affaire des ventes sont reversés à l’organisation du pays, en plus du commerce équitable.

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Et pour Daniel Joutard, le commerce équitable est un minimum. Mais toutes les marques qui travaillent avec les principes du commerce équitable sont sur la voie pour favoriser les populations locales en retribuant de manière plus juste et plus durable. 
Daniel Joutard se base entre autres sur les principes du modèle des trois cercles élaboré par lui :

1. La demande d’un consentement préalable avant tout accord commercial avec les groupes et organisations représentatives de chaque peuple indigène.

2. Le paiement d’un prix juste aux producteurs sur la base du commerce équitable. Pour sa part, le paiement de 4 % du chiffre d’affaires du produit fini utilisant l’ingrédient.

3. Le refus de déposer tout brevet sur les plantes utilisées et sur tout procédé d’extraction ou de transformation s’y rattachant, ainsi que la protection des savoirs traditionnels sur ces espèces par la publication des recherches dans une revue scientifique.

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www.ainy.fr

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Pierre Johnson



L’emblématique cas du Neem

Il a expliqué l’emblématique cas du Neem : 
cet arbre indien a failli être breveté 64 fois en 1990 par un géant de l’agrochimie, W.R. Grace, et par plusieurs autres entreprises privées. La situation a montré les effets pervers de l’appropriation des ressources : le prix des graines de l’arbre avait tellement augmenté que les populations locales ne pouvaient plus l’utiliser, alors qu’il sert comme huile pour la peau, l’alimentaire ainsi que pour l’éclairage et le chauffage. La société civile s’est alors mobilisée devant ce scandale, accompagnée par la communauté internationale et des députés verts européens pour faire annuler un brevet. Ainsi, les savoirs traditionnels et ancestraux ont pu être reconnu.

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Il a expliqué le contexte complexe dans lequel fonctionnent les entreprises éprises de biopiraterie dans les autres pays riches en biodiversité : les savoirs autochtones et locaux ont révélé aux industries de nombreux principes actifs largement répandus comme la quinine. Mais ces entreprises négligent trop souvent le facteur humain propre à ces écosystèmes à haute biodiversité. L’absence de respect de certaines entreprises pour le savoir accumulé des peuples locaux se traduit donc par des actes qualifiés de biopiraterie. Phénomène aggravé lorsque des connaissances sont reprises sans informer ces derniers ni en obtenir le consentement pour l’enregistrement des brevets ou des marques commerciales. 
Il a donné l’exemple de la marque Argane du laboratoire Pierre Fabre qui utilise l’arganier, arbre endémique du Maroc.

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Un dialogue possible entre les savoirs traditionnels et la recherche moderne.
 Plus d’un médicament sur deux est produit à partir de substances naturelles. Le dialogue des savoirs sur la biodiversité soulève aujourd’hui moins de questions pratiques que d’enjeux éthiques et juridiques, puisque cet échange a lieu depuis plusieurs siècles.

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.De l’espoir du côté de Rio+20 ?


Une convention internationale a été signée au Sommet de la Terre à Rio en 1992, notamment par la France et 167 autres pays. Ce qui a permis la reconnaissance de la valorisation de la biodiversité et sa protection. Mais cela n’a pas suffi pour instaurer un commerce plus équitable entre les communautés locales et les entreprises. En revanche, c’est peut-être cette année que tout va se jouer. Rio+20, la suite du Sommet de la Terre (Conférence des Nations Unies sur le développement durable), a lieu du 20 au 22 juin, et un atelier sur la biopiraterie est organisé avec le Collectif français de biopiraterie et des partenaires internationaux.

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Pour contacter Nathalie Giraud : nathalie.giraud65@sfr.fr

 

Sur ce petit déjeuner, lisez aussil’article de Roger Cans en cliquant ici.