Le Bug humain. Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher par Sébastien Bohler

Voici LE livre à lire en priorité, tant il nous éclaire à la fois sur les fonctionnement internes qui nous dominent, et sur leurs conséquences planétaires. Nous sommes tous camés à la dopamine, cette hormone de la récompense distribuée par le centre de notre cerveau depuis des millions d’années. Cette partie cérébrale ancienne, le striatum, est déjà présente chez les poissons et assure tout simplement notre survie. C’est lui qui nous incite à nous nourrir : sans dopamine, un animal n’a plus la pulsion de s’alimenter et se laisse mourir. Le striatum motive les cinq pulsions essentielles à la survie : manger, se reproduire, obtenir un statut social, glaner un maximum d’informations sur son environnement, et faire tout ça en dépensant un minimum d’énergie. Des milliers d’années de sélection naturelle ont favorisé les individus les plus aptes à trouver de la nourriture, dominer les autres et distribuer leurs gènes, c’est-à-dire ceux qui avaient le striatum le plus développé. 

Arrivé plus récemment dans l’histoire de l’évolution notre cortex cérébral, dont nous sommes si fiers car il nous a permis de grandes avancées technologiques, n’a pas la priorité sur la puissance du striatum. De plus, comme tous les drogués, nous avons besoin de doses de plus en plus fortes de dopamine pour être rassasiés, c’est la loi du « toujours plus ». Aujourd’hui sur Terre, on meurt plus de suralimentation que de dénutrition ! Notre insatiable boulimie est servie par notre technologie : les écrans qui ont envahi notre quotidien nous distribuent des doses quotidiennes de dopamine voulues par les concepteurs de jeux et de réseaux sociaux, car leur intérêt financier à rendre le monde accro est énorme. Cette avidité pour le trafic Internet contribue sérieusement au réchauffement planétaire, mais nous ne sommes programmés que pour affronter l’immédiat, pas ce genre de dangers apparemment lointains. Nous savons, mais nous ne faisons rien.

Les journalistes sont épinglés au passage : comment peuvent-ils rédiger coup sur coup des communiqués aussi incohérents que la mauvaise nouvelle des bouleversements climatiques et la « bonne nouvelle » d’un contrat d’aviation qui va augmenter ce même processus ? 

Docteur en neurosciences et rédacteur en chef du magazine « Cerveau & Psycho », Sébastien Bolher, nous offre là une démonstration brillante, parsemée de chiffres frappants et d’exemples éloquents de notre vie quotidienne, depuis les fast-food jusqu’aux matches de foot en passant par le striatum de Harvey Weinstein ou de Mère Teresa. Depuis « Le singe nu » de Desmond Morris (The Naked Ape, 1967, critiquable certes mais si novateur) premier livre à avoir décrit les comportements des humains de la même manière que ceux de n’importe quel autre animal, rarement un ouvrage grand public ne nous avait décortiqués biologiquement et éthologiquement de façon aussi lumineuse et conséquente.

« Le Bug humain » répond surtout à la première question annoncée (pourquoi nous détruisons la planète), mais se montre plus prudent sur les solutions à apporter, qui ne pourront pas se développer comme par magie. Parmi elles : la croissance de la conscience, qui rééquilibrerait les rapports entre notre cortex cérébral et notre striatum. L’acquisition de connaissances ou l’altruisme peuvent également nous insuffler de la dopamine, et nous rendre heureux de façon plus équilibrée. L’espoir réside donc dans la sobriété heureuse et dans la conscience. Ce que le contact avec la nature peut apporter…

Voir https://www.youtube.com/watch?v=GPMSADqi3A8 


Éditions Robert Laffont, 20 €
Contact presse : Sandrine Perrier-Replein. Tél.: 01 53 67 14 59 / 06 24 11 04 72
sandrine.perrierreplein@robert-laffont.com
(Marc Giraud)

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