Le Cap-Vert : récit d’un voyage à Santiago et Fogo en février 2019

Sur une étendue de 58 000 km² dans l’océan Atlantique, l’ensemble des archipels macaronésiens présente plusieurs caractéristiques communes : une dépendance vis-à-vis d’un même climat dépendant de l’anticyclone des Açores ; une origine géologique complexe, à la fois volcanique et sédimentaire, des reliefs contrastés et variés en fonction des îles, une situation proche des continents européens et africains, et une histoire humaine commerciale relativement proche, liée à leur position géographique entre Europe et Afrique d’une part, et Amérique d’autre part.

Par Annik Schnitzler

L’ombre du pic de Fogo sur la Bordeira, dans les îles du Cap-Vert – photo Annik Schnitzler

Le Cap-Vert, composé de dix îles volcaniques et plusieurs îlots (14°45’–17°10′ N et22°40’–25°20′ Ouest), se distingue toutefois des autres archipels sur plusieurs points : un éloignement important de l’Europe en raison de sa position équatoriale, à 1500 km des Canaries, mais aussi des côtes africaines (570 km de Boavista à la côte du Sénégal), qui limitent fortement les échanges en termes de biodiversité.

Le Cap-Vert est aussi inclus dans une autre région climatique, qualifiée de « tropicale sèche à semi-aride du Sahel Africain ». Ainsi l’harmattan, vent associé au régime anticyclonique habituel de la saison sèche des climats tropicaux, n’existe que sur cet archipel. Il apporte un ciel clair, et une très forte luminosité bien que souvent fortement réduite par les poussières atmosphériques. Il existe de fortes variabilités en termes de pluviométrie annuelle, de 80-300 mm sur les côtes les plus arides à 1200-1600 mm en haute montagne. Les températures moyennes varient de 23-27° C sur les côtes, 35-40° C dans les plaines intérieures, mais 18-20° C, en haute montagne.

Certaines îles sont caractérisées par de hautes montagnes, aux pentes très raides (25-41° C), soumises à une érosion fluviale active renforcée par les activités humaines. Fogo constitue la plus haute de ces montagnes (Pic de Fogo), atteignant 2829 m. D’autres îles sont plates, où les dépôts sont dominants.

Ces îles sont les plus âgées de l’ensemble de la Macaronésie : ainsi l’île de Sal date de 26 millions d’années. En revanche, le pic de Fogo est toujours actif. L’énorme volcan primitif de l’île atteignait environ 3500 m d’altitude au cours du Quaternaire. Ce stratovolcan est proche de celui du Teide à Ténériffe, mais ne forme qu’un seul élément, qui par la suite s’est effondré en son centre. La partie externe circulaire, gigantesque, se nomme la Bordeira.

Le Pico du Fogo (îles du Cap-Vert) – photo Annik Schnitlzler

Le Pico du Fogo s’est dressé à l’intérieur de ce cratère en éruptions successives : en 30 éruptions très récentes (1500 à 1785), il s’est élevé à 2800 m, atteignant la hauteur maximale pour des basaltes. Depuis le XVIIIe siècle, les laves s’épanchent par ses flancs en petits cratères. La dernière éruption date de 2014.

Pourquoi cette dénomination de Cap-Vert ?

Les premiers hommes à mettre le pied sur ces îles étaient sans doute des pêcheurs provenant du Sahara tout proche, mais ils n’ont pas fait souche. Ces îles sont en effet nettement moins accueillantes que les vieilles îles de Fuerteventura ou Ténérife, car les ressources y sont limitées, que ce soient les plantes comestibles, les animaux à chasser, ou l’eau. La pauvreté floristique globale de l’archipel s’explique par les influences de climat désertique saharien (peu de pluies, en outre aléatoires), et la distance par rapport à l’Afrique subsaharienne. Mais en fait, on manque totalement de référents pour tenter de reconstituer ce qu’étaient ces îles avant le débarquement des Portugais, au XVe siècle.

Actuellement, les îles n’ont plus rien de vert. Même dans les îles montagneuses, le sol est couvert au mieux d’herbes desséchées, au pire totalement nu car piétiné par les chèvres. Depuis quatre siècles, le surpâturage, le feu et la collecte de bois (ressource rare dans les îles), ont détruit les milieux naturels : tout d’abord la végétation, puis les sols qui mis à nu dévalaient les pentes des montagnes lors des périodes de pluies torrentielles.

Des botanistes et historiens ont alors tenté de reconstituer les paysages originels. Il semblerait que les îles les plus arrosées aient été couvertes de communautés végétales à dominance arbustive par des espèces toujours vertes (ce qui justifierait le terme de Cap-Vert), comme une euphorbe de 2 à 3 m de hauteur (Euphorbia tuckeyana) d’où émergeait le dragonnier (Dracaena draco) de 10 m de haut. Dans les zones un peu moins humides, les communautés arbustives étaient composées d’armoise (Artemisia gorgonum), très odorante, et d’un lentisque (Periploca laevigata). Dans les ravins parcourus par des eaux souvent temporaires se trouvaient probablement de grandes quantités d’un arbre dénommé bois de fer (Sideroxylon). Vers l’aval, ces ravins comportaient probablement le figuier (Ficus sicomorus ssp gnaphalocarpa). En zone de contact avec les eaux salées, en bordure de mer, poussait le tamaris (Tamaris senegalensis). Il existe aussi un palmier local (Phoenix atlantica) sur les côtes rocheuses.

Sur les parties sud, se trouvait une savane arborée composée d’acacias (Acacia albica) et différentes graminées. Dans les parties très arides et rocheuses, se développait une liane (Cocculus pendulus), et plusieurs espèces d’Echium. Echium vulcanorum est une endémique stricte de Fogo, colonisant les lapilli, des fragments de lave éjectés par les volcans (du latin lapillus qui signifie en français « petite pierre »), couvrant les abords du cratère et l’intérieur de la caldéra Cha da Caldeiras. Une autre liane très abondante est Sarcostemma daltonii, poussant sur des rochers à proximité de la mer.

Malgré des altitudes suffisantes sur certaines îles (Santiago, San Antao), la laurisylve si typique des îles macaronésiennes, héritée des écosystèmes du Tertiaire, ne s’y est jamais développée. Du moins à l’échelle des dix derniers millénaires. En revanche, des forêts ont existé sur certaines îles lors des périodes pluvieuses du Pléistocène, ces deux derniers millions d’années. Un indicateur précieux de la présence de telles forêts se trouve dans les sols ferrugineux fossiles intercalés de coulées volcaniques, qu’on retrouve dans toutes les îles. Ces sols peuvent se voir sur les routes taillées dans les collines, ou dans les fondations des maisons lorsqu’elles sont en cours de destruction. L’importance des pluies lors des périodes quaternaires peut aussi s’évaluer à la grosseur des blocs arrondis qui parsèment les ravins qu’aucune rivière actuelle ne saurait déplacer ou même polir.

Sur l’île de Santiago, les populations d’euphorbes ont largement disparu – photo Annik Schnitzler

On peut imaginer que des forêts s’installaient sur des coulées volcaniques de manière périodique, puis disparaissaient lors de nouvelles coulées, à une période où l’activité volcanique était plus intense. Avec l’assèchement de la fin du Pléistocène, ces forêts ont été remplacées par des forêts à feuilles caduques constituées de Dracaena, Sideroxylon, Ficus, Echium et buissons d’euphorbes. Les sols étaient alors très humifères.

Quant à la faune, elle compte 228 espèces répertoriées. Les mammifères terrestres sont peu représentés, en dehors de 5 espèces de chiroptères. En revanche, les oiseaux endémiques sont plus nombreux (6 espèces et 16 sous-espèces : hirondelle (Apus alexandri), alouette (Alauda razae), rousserole (Acrocephalus brevipennis), moineau (Passer iagoensis). Sur les 36 espèces nicheuses, 9 sont marines. On compte aussi 130 espèces migratrices qui vivent sur les îles durant l’hiver. Les genres les plus fréquents parmi les reptiles sont le gecko (Tarentola sp.; Gekkonidae) et des lézards (Mabuya sp.; Scincidae). La faune marine est en revanche très riche.

Une surexploitation du milieu déjà ancienne

Toutes les espèces arborescentes ont été utilisées dès les premiers temps de la colonisation, pour le bois de construction (figuier), le chauffage et le tannage des peaux de chèvre (euphorbe, Periploca), des usages médicinaux (dragonnier). Toutes ces espèces sont devenues rares. A leur place ont été plantées grâce à de nombreux financements internationaux, des espèces exotiques (eucalyptus, Acacia albida, pin des Canaries, Prosopis entre autres), afin de lutter contre l’érosion des sols. D’autres espèces exotiques, issues des cultures, s’échappent dans la nature, occupant souvent des surfaces considérables. L’aloe est l’une d’elles.

Les paysages actuels sont donc plutôt consternants, du moins dans l’île de Santiago que nous avons parcourue durant plusieurs jours. Mais plusieurs initiatives tentent de préserver les milieux naturels et leurs espèces les plus en danger. De nombreux biotopes ont été identifiés sur toutes les îles du Cap-Vert et classés en conformité avec les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) – Parcs naturels, Réserves naturelles et Réserve de la biosphère (îles de Sal, Boavista et Maio). Dans le cadre d’essais de multiplication d’endémismes, on doit mentionner le cas de la multiplication de plusieurs endémiques en danger comme le bois de fer sur l’île de Santiago ou la langue de vache (Echium vulcanorum), dans le cadre du Projet Parc naturel, sur l’île de Fogo. Sur cette île existe un Parc naturel localisé dans la partie centrale de l’île qui se compose du volcan, le cratère, la Bordeira et le périmètre de la forêt de Monte Velha.

Les tortues marines très chassées font l’objet de surveillances et de mesures de protection, en particulier sur Boa Vista. Sur l’île de Sal, les militaires surveillent également certaines plages, mais des tortues sont encore vendues très cher en raison de leurs vertus prétendûment aphrodisiaques.

Un des trésors de l’archipel est la langouste, servie dans les restaurants et à l’importation à très bon prix. Elles sont de plus en plus pêchées et les interdictions en période de reproduction ne sont pas respectées.

Les quelques espèces sauvages observées durant notre séjour sont le moineau à dos roux, le corbeau brun, présents en faibles densités un peu partout ; un flamant isolé fouillant le sol vaseux dans l’eau d’un barrage, une colonie d’aigrettes garzettes en bordure de ce même barrage, des hérons garde bœuf perchés sur le dos des bovins, quelques hirondelles (espèces non déterminées). La tourterelle turque est bien représentée, mais pas autant que les pigeons (féraux et autres), très présents dans les îles, par deux fois un faucon crécerelle chassant dans les plantations d’acacias. En bordure de mer, quelques rares limicoles (petit gravelot).

La faune domestique est en revanche bien présente des abords des villages aux montagnes ou bords de mer, notamment les chèvres et les vaches (dont une race rustique de bovidé à robe brune).

Parmi les espèces introduites, certaines ont une histoire particulière, comme celle du singe vert ou vervet (Chlorocebus sabaeus), introduit à Santiago depuis la fin du XVIe siècle. L’espèce s’est largement répandue durant 100 ans, puis a été persécutée pour les dégâts qu’elle faisait aux cultures. Actuellement, leur nombre est restreint et ils sont très farouches. D’autres animaux tout aussi invisibles, mais bien présents sont les rongeurs (souris, rat norvégien et rat noir), la mangouste, le lièvre.

L’histoire humaine

L’archipel fut une colonie portugaise jusqu’à une date récente, en 1975. C’est actuellement un Etat indépendant insulaire d’Afrique de l’ouest. A la différence des autres archipels macaronésiens, le Cap-Vert a été longtemps une plaque tournante pour les voiliers emportant d’Afrique leurs cargaisons d’esclaves destinés aux Amériques, ce qui explique que la majorité de la population soit d’origine africaine, quoique fortement métissée d’Européens, ou Africains du nord. Cela explique les variations dans les couleurs de peaux, yeux et cheveux.

Au Cap-Vert, la musique revêt une grande importance – photo Annik Schnitzler

Pêle-mêle, quelques observations lors de notre séjour

En 10 jours sur les îles de Santiago et de Fogo, nous avons été frappés par certains faits particulièrement intéressants : les lamentations sonores lors d’un enterrement, entendues durant plus d’une demi-heure, dans un petit cimetière de Santiago, en hauteur à Ruiz Vaz ; l’importance de la musique dans les bars, la rue, et leur représentation sur les murs souvent de manière très artistique; l’extrême amabilité et la grâce de cette population (c’est grâce à notre éducation, m’a expliqué un vendeur de souvenirs), et ce malgré un passé très lourd d’esclavage (qui nous a coupé de nos racines, me dira ce même vendeur), leur tolérance pour les animaux, non maltraités et évoluant souvent en totale liberté. Par exemple, les vaches se déplacent sur les grands axes routiers, les chiens vivent librement, dans les villages ou aux alentours. Ils se ressemblent tous, petits à robe fauve. Ils dorment ensemble la journée, parfois avec des chèvres, se réveillant le soir. On les voit chasser en solitaire, parfois loin des villages.

Visite du volcan de Fogo

L’intérieur du cratère est magnifiquement minéral, fait de multitudes de cratères de différentes dimensions et parsemé de coulées sombres totalement dépourvues de végétation. Actuellement, plusieurs villages de maisons à un étage, très simples, s’y trouvent éparpillés, souvent ornées de sculptures faites dans la lave par des artistes locaux. La fertilité du sol, qui est étroitement liée à l’activité volcanique et au microclimat dû à l’altitude et la température moyenne entre 25 et 28 degrés, a créé des conditions favorables pour la culture des arbres fruitiers, des légumineuses et de la viticulture, un cas unique de production à cette latitude.

L’ascension du grand pic de Fogo est l’attraction de l’île. Je l’ai faite avec un guide, Ernesto, avec qui j’avais rendez-vous à 6 h du matin, au lever du soleil. Après une marche d’une demi-heure pour atteindre le pied du volcan, l’ascension débute doucement au milieu de cultures éparses de vigne. Le soleil éclaire la face interne du grand cratère d’une splendide lumière orange, sur laquelle se projette celle du volcan du pic du Fogo. Les petits volcans sortent peu à peu de l’ombre à partir de la gueule béante du cratère. On passe des cultures de vigne, pommiers, ricin, de plus en plus éparses, aux coussinets éparpillés de plantes endémiques qui nous accompagnent jusqu’au sommet : Verbascum cystolithicum, aux jolies fleurs jaunes, caractéristique de la caldeira, ou Lavandula rotundifolia.

L’ascension, par un étroit sentier parsemé de scories, se fait progressivement plus éprouvante, sur 1100 m de dénivelé. Les pentes sont de plus en plus raides, et le sentier d‘accès finit par n’être qu’un amas de pierres à escalader.

L’intérieur du cratère au sommet du pic est profond, parsemé de coulées de soufre, fumant par endroits. On ne peut que longer les bords du cratère. Un corbeau brun passe en croassant, c’est le seul oiseau que j’ai observé durant cette montée de 3 h. Après 15 minutes de repos, nous longeons les bords du cratère pour atteindre la partie qui domine le petit Pico, qui correspond à la dernière bouche éruptive. La descente se fait tout d’abord par les rochers, puis sur une couche très profonde de scories. Nous soulevons la poussière en descendant à toute allure, car un bruit sourd d’avalanche de pierres nous parvient du sommet. Une belle randonnée tout de même, dans un paysage magnifique.

Charles Darwin

Charles Darwin a visité l’île de Santiago, qui fut en fait la première étape de son long voyage à travers le monde. Il avait accosté le 16 janvier 1832 à Santiago avec de très faibles attentes, après avoir entendu parler du vilain port de Praia, réputé pour son utilisation dans le commerce des esclaves. L’île a cependant marqué durablement son esprit. En effet, à l’époque de Darwin, la plupart des géologues pensaient que les événements géologiques du passé s’étaient déroulés rapidement. Le géologue Charles Lyell, proche de Darwin, affirmait le contraire. Or, après avoir découvert des fossiles calcaires intercalés dans les couches volcaniques, Darwin comprend que l’histoire de la Terre s’est construite sur une période très longue, confortant ainsi la théorie de Lyell. Sans la validation de cette théorie, il n’aurait pas pu expliquer la sienne (importance de la sélection naturelle dans l’évolution du vivant). En effet, la sélection naturelle ne pouvait se faire qu’au cours de temps très longs. Même si dans la suite de son voyage, il a encore pu vérifier la théorie de Lyell, c’est au Cap Vert qu’il en a eu la première preuve.

La visite des lieux qu’a fréquentés Darwin est à ce titre très émouvante. Il est fort dommage que la population de cette île n’en est pas fait davantage état, à la différence d’autres sites qu’il a visités dans le monde, comme la  Terre de Feu et les Galapagos, où sa présence est abondamment citée.

 

L’Aéropostale

Les vestiges d’une base de l’Aéropostale, construite en 1928 (Cap-Vert) – photo Annik Schnitzler

Il existe au Cap-Vert, dans une petite anse isolée à Calheta São Martinho, les vestiges d’une hydrobase de l’Aéropostale, construite en 1928. Il s’agissait d’une escale stratégique sur la route entre France et Amérique du Sud. Un site difficile à trouver, car perdu dans des champs d’acacias, et où on y accède après quelques kilomètres de chemins défoncés. On y trouve des vestiges divers, de bâtiments, rails, chariot. Une plaque commémorative à demi illisible est encore suspendue à un des murs d’un bâtiment. En 2003 a eu lieu une commémoration du 75e anniversaire de cette hydrobase. Depuis, tout a été abandonné aux chèvres et aux déchets. Nous avons écrit à l’association Mémoire d’Aéropostale, créée en 2004, indignés, mais n’avons obtenu aucune réponse.

 

Quelques références

Chevalier Auguste 1935 Les Îles du Cap-Vert : Géographie, biogéographie, agriculture : Flore de l’archipel, Paris, Laboratoire d’agronomie coloniale du Muséum national d’histoire naturelle.

République du Cap-Vert, ministère de l’Agriculture et de la pêche, direction générale de l’environnement, projet CV1/G4/A/1G/99. Deuxième rapport national de l’état de la biodiversité au Cap vert, Praia, 2002

PRAIA, juillet 2002 Edition : Direcção Geral do Ambiente – DGA

Cornelis J. Hazevoet 1 & Marco Masseti 2011 On the history of the green monkey Chlorocebus sabaeus (L.,1766) in the Cape Verde Islands, with notes on other introduced mammals. Zoologia Caboverdiana 2 (1): 12-24, 2074-5737

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