Journée Mondiale des Animaux : l’appel pour les dauphins de Frédérique Gilbert (Cetasea)

Voici un appel de Frédérique Gilbert (JNE), fondatrice et présidente de l’association Cetasea, lancé pour la Journée Mondiale des Animaux du 4 octobre. Des réflexions qui prolongent les débats du colloque des JNE sur la condition animale, qui s’est tenu le 7 septembre dernier.

Frédérique Gilbert avec l’acteur Jean-Marc Barr, parrain de l’association Cetasea (photo Michel Cros)

Pourquoi est-il intéressant de se soucier des dauphins, pourquoi donner de l’argent dans la recherche et l’écologie des océans ?

Les dauphins et les humains sont tous deux des mammifères, ils ont des comportements proches, des « réseaux sociaux » et leur régime alimentaire comprend une grande partie des espèces issues de la mer. Mais contrairement à nous, les dauphins sont exposés à des menaces telles et évoluent dans une eau de mauvaise qualité 24 heures sur 24 à cause de l’Humain.

Nos similitudes écologiques et physiologiques font des dauphins une « espèce sentinelle » importante non seulement pour nous avertir des risques pour la santé, mais également pour nous aider à comprendre comment on peut tirer profit des nouvelles découvertes médicales.

Des chercheurs de la NOAA, la principale agence américaine responsable de la protection des dauphins dans la nature qui soutient des projets nationaux et internationaux visant à étudier les problèmes de santé des mammifères marins, ont récemment découvert que les grands dauphins vivant dans les estuaires de la côte de Géorgie présentaient les plus hauts niveaux de biphényles polychlorés (PCB) jamais observés dans la faune marine. Le terme PCB englobe une série de contaminants persistants qui ont été interdits aux États-Unis depuis la fin des années 1970 en raison de leurs effets néfastes sur la santé. Les niveaux extraordinairement élevés de PCB mesurés chez les dauphins, soit une concentration maximale de 2 900 parties par million, pourraient inhiber leur fonction immunitaire.

En août dernier, l’équipe a mené une étude médicale de capture-libération des dauphins sur cette population et a mis en évidence une diminution des taux d’hormones thyroïdiennes, une élévation des enzymes hépatiques et une indication de la fonction immunitaire supprimée.

Les chercheurs étudient si les populations de dauphins côtiers et les communautés humaines partageant les mêmes ressources de fruits de mer sont exposées à des risques similaires.

Les dauphins peuvent offrir des indices sur le traitement du diabète chez l’homme

Des recherches menées en partie par la National Marine Mammal Foundation (NMMF), une organisation à but non lucratif, ont mis au jour des preuves selon lesquelles les grands dauphins pourraient être le premier modèle animal naturel pour le diabète de type II. Une étude plus approfondie de leur génome pourrait élucider un traitement possible pour une maladie qui représente environ 5 % de tous les décès humains dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Ces études ont montré que les dauphins en bonne santé semblaient facilement activer et désactiver un état semblable au diabète, selon les besoins. Ce mécanisme de « commutation » est probablement dû au régime très riche en protéines et en glucides. Les analyses ont révélé qu’un mécanisme de jeûne chez les dauphins peut déclencher une série de modifications dans les propriétés chimiques du sérum qui correspondent à celles observées chez les humains atteints de diabète.

Ces études montrent également que les humains et les dauphins peuvent avoir des résultats similaires au regard de maladies chroniques associées au diabète, tels que la résistance à l’insuline, l’hémochromatose (surcharge en fer) et les calculs rénaux.

Les chercheurs de la NOAA ont également découvert que l’exposition d’animaux de laboratoire à une toxine produite par la prolifération d’algues de mer microscopiques peut provoquer des convulsions et éventuellement conduire à l’épilepsie chez presque tous les animaux testés.

Les chercheurs ont également travaillé sur les animaux marins captifs et sauvages.  Après avoir réalisé que certaines otaries étaient prises de convulsions alors qu’il n’y avait pas de prolifération d’algues nuisibles, les chercheurs ont commencé à croire que l’intoxication par l’acide domoïque, une neurotoxine produite par l’algue Pseudo-nitzschia australis, pourrait avoir évolué vers une maladie épileptique chronique.

L’établissement de ce nouveau lien entre les océans et la santé offre une nouvelle perspective aux chercheurs et aux cliniciens qui étudient l’épilepsie humaine.

Le type d’épilepsie ressemble à celle de l’humain, comme le confirme au moins un cas humain lié à la consommation de moules contaminées par la toxine de l’acide domoïque.

Cette recherche pourrait fournir des informations importantes sur la manière dont les dauphins et d’autres espèces, y compris l’homme, réagissent à l’intoxication par l’acide domoïque. Les dauphins échoués avec des niveaux élevés d’acide domoïque ne survivent pas assez longtemps pour être traités et étudiés. Il est possible que l’empoisonnement initial aigu entraîne une mort subite. Toutefois, ces nouvelles découvertes indiquent que les animaux qui survivent à une crise initiale sont susceptibles de développer une maladie neurologique avec des changements de comportement et une gravité croissante des crises spontanées. Cette nouvelle information peut aider à orienter les recherches futures et les efforts d’intervention d’urgence lors du prochain événement de prolifération d’algues nuisible.

En étudiant la biologie des dauphins en apprend sur la manière dont les virus infectent les humains et les animaux terrestres. Ces recherches pourraient permettre de prévenir les épidémies.

Le papillomavirus humain s’est révélé commun chez les grands dauphins et représente probablement le premier modèle naturel de papillomavirus en dehors de l’espèce humaine. Communément appelé HPV chez l’homme, le virus a toujours entraîné de grands risques pour la santé, notamment des tumeurs du col utérin ou du cancer chez les femmes, en particulier les femmes atteintes de plusieurs types de papillomavirus. Cette nouvelle étude montre que, même si les dauphins hébergent également plusieurs types de papillomavirus, ils ne semblent pas avoir le cancer, mais seulement les verrues génitales. D’autres recherches sur le génome de ce virus chez les dauphins pourraient aider à comprendre, gérer et prévenir le cancer du col utérin chez l’homme.

La santé des animaux marins et de l’écosystème est liée à la santé et au bien-être public. Nous sommes tous concernés, tous liés. A nous de les protéger, de nous protéger….

Frédérique Gilbert
Fondatrice et présidente de l’association Cetasea loi 1901
+33.(0)6.31.63.22.10
Préservons l’environnement, n »imprimons que si nécessaire !
www.cetasea.eu

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