Condition animale : Hulot a fort à faire

Dans la perspective du colloque sur la condition animale organisé par les JNE le 7 septembre 2018, notre site vous propose tout au long de l’été des contributions sur le sujet. Voici le premier de ces textes, qui pointe la responsabilité du ministre de la Transition écologique et solidaire dans ce domaine.

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par Michel Sourrouille

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Nicolas Hulot

Nicolas Hulot, avant de devenir ministre, avait une vision très claire de la détérioration de la condition animale, vision qu’il a exposé dans plusieurs livres : « Il faut reconnaître que l’homme sait aussi vous donner la nausée tant parfois il excelle dans l’indifférence, l’ignorance, la cupidité, la vanité, la lâcheté, la cruauté. Les élevages intensifs d’animaux sous l’effet d’une mode, où les bêtes croupissent lorsque celle-ci est passée, sont inadmissibles. Combien de huskies ont grandi dans des vitrines minuscules. Les murs épais des laboratoires cosmétiques qui dissimulent le martyre d’animaux innocents me rendent malade. Que pour satisfaire quelques coquetteries futiles on se fasse tortionnaire illustre le peu de cas que notre société fait de la condition animale. Concernant la chasse ou les abattoirs, j’appelle à limiter au maximum la souffrance de l’animal. L’animal n’a plus le temps de s’adapter aux modifications de son environnement. Son univers a trop vite évolué en moins d’un siècle pour que ses gènes conditionnent de nouveaux réflexes. Surtout, l’homme, dans son développement, ne les prend pas en compte. S’échapper, pour les animaux, c’est s’exposer à des projectiles monstrueux lancés sur toutes les routes. Partout dans le monde, en modifiant le paysage, l’humanité dans son expansion fait fi de la condition animale… Si vous me demandez mon sentiment sur l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques, évidemment ça ne me plaît pas. Le mouvement contre la présence d’animaux sauvages dans les cirques prend de l’ampleur. Les 2 000 animaux sauvages qui y sont détenus en France présentent des troubles du comportement et des souffrances chroniques. Le plus choquant, c’est que cette activité a pour fin le divertissement. On fait des animaux des produits de consommation.  J’ai de l’estime pour les gens du cirque, mais je sais combien les prouesses des animaux sont le fruit de privations et parfois de sévices. Rien de plus désolant, l’été, que ces bêtes en cage étroite, agglutinés et exposés au regard de promeneurs distraits. J’ai en horreur ceux qui privent l’animal de liberté à des seules fins mercantiles…. »

Brigitte Bardot était donc satisfaite de sa nomination au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire. En juin 2017, elle se battait avec le maire du Luc pour empêcher l’installation d’un cirque avec animaux sauvages sur son sol. Elle appelle Hulot par téléphone, il lui répond : « Je suis ministre, mais je ne sais pas ce que je peux faire. » * Début août 2017 sur France Inter, il déclare en tant que ministre ne pas être favorable à la captivité des animaux, pas favorable à l’idée que l’on fasse du spectacle avec cette activité-là. « Artistes à quatre pattes » pour les uns, « êtres emprisonnés et brisés » pour les autres. Mais il préfère mener une réflexion globale plutôt que l’interdiction. Le gouvernement crée par décret une commission consultative interministérielle afin d’organiser une concertation permanente entre les cirques, les ministères concernés (Culture, Intérieur, Transition écologique, Agriculture) et les élus. Dans le monde, 27 pays ont totalement interdit les cirques avec animaux (parmi lesquels l’Autriche, la Belgique, la Grèce, l’Inde, le Pérou, la Slovaquie et la Suède) et 16 partiellement (dont l’Allemagne, l’Australie et le Canada).

Janvier 2018, lors de ses vœux à la presse, il en reste encore aux intentions : « J’ai décidé de réfléchir cette année à un sujet qu’on reporte régulièrement au prétexte qu’il est un peu touchy, celui de la condition animale, un sujet de civilisation. J’ai convié à cette réflexion la présidente de la FNSEA (la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), ainsi que les chasseurs. J’estime que l’animal a une conscience et je souhaite conduire bientôt une grande réflexion sur sa condition avec le ministre de l’Agriculture. Je suis convaincu que les mentalités ont énormément évolué sur ce sujet, et c’est un indice de civilisation. Ces questions convoquent souvent de vieilles traditions. On peut les aborder sans stigmatiser personne, mais on ne peut plus les occulter. » Dans le programme du présidentiable Macron, il était écrit : « Pour le bien-être animal, nous prendrons notamment l’engagement d’interdire d’ici 2022 de vendre des œufs de poules élevées en batterie. » Il n’y avait pas grand-chose d’autre !

* Larmes de combat de Brigitte Bardot (avec Anne-Cécile Huprelle) aux éditions Plon.

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Cet article a été rédigé à partir d’éléments du livre de Michel Sourrouille, à paraître le 1er octobre 2018 : Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir.
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