Cetasea : une association qui allie éducation, art et protection

Frédérique Gilbert (JNE) est une ancienne soigneuse de mammifères marins. Il y a trois ans, elle a créé l’association Cetasea qui a pour but de créer des centres de protection pour mammifères marins. Belge de naissance, elle s’est entourée d’amis soigneurs et de scientifiques internationaux, de spécialistes de la conservation, d’artistes, dont le parrain de Cetasea, le comédien Jean-Marc Barr.

.

Propos recueillis par Peter Gos

.
Comment est née l’idée de créer un tel centre ?

Après avoir travaillé près de 20 ans dans des parcs marins, je me suis lancée dans le journalisme animalier. Je me suis rendu compte, que beaucoup de choses sont faites pour les animaux terrestres et les oiseaux, j’ai vu des programmes de réintroduction d’animaux se réaliser et j’ai compris que pour les animaux marins, il y avait beaucoup de retard, surtout en Europe.

Quel a été le déclic qui vous a décidé de vous lancer dans l’aventure ?

Un appel d’une soigneuse qui recherchait un endroit tel un refuge pour un dauphin qui s’est échoué à 7 mois. L’animal avait été récupéré et soigné mais n’a pu rejoindre le large parce qu’il était trop jeune. Les responsables de l’association ne voulaient pas le mettre dans un parc. Quand j’ai reçu cet appel, le dauphin avait 7 ans et vivait depuis son échouage, seul, dans une piscine d’humains.

Cela fait 3 ans que l’association existe, où en est votre projet ?

Le projet évolue bien, il s’affine, il devient de plus en plus précis. On a décidé de s’investir également dans l’éducation marine parce qu’il est essentiel que leur espace naturel soit préservé. Nous élargissons l’accueil pour des animaux tels que les phoques, très méconnus dans nos régions et pourtant très présents.

Avez-vous trouvé un lieu pour votre centre ?

Nous avons la chance d’avoir rencontré, dans les Landes, un maire engagé dans la protection de l’environnement qui nous donne la possibilité de réaliser le centre de protection. A nous de prouver l’importance du projet. Ce sera le premier. Nous projetons d’en ouvrir plusieurs, avec un seul, nous n’aurons pas la possibilité d’accueillir tous les individus qui ont besoin d’un endroit comme celui-là !

Concernant les dauphins, ils font couler beaucoup d’encre, n’avez-vous pas peur des détracteurs ?

Ce serait dommage de priver les dauphins d’un projet pour leur protection. Il y a plein de choses qui se font pour les autres espèces, notamment un refuge pour les éléphants qui se crée dans le centre de la France. Il y a des parcs qui ferment et les dauphins n’ont aucun lieu où aller. La majorité sont nés en milieu captif et ne connaissent pas du tout le milieu sauvage, il est essentiel de les accueillir dans un lieu non surpeuplé et naturel.

Les choses bougent, on est dans un tournant dans l’éducation environnementale.

Pourquoi avoir créé le Festival Cetasea ?

C’est une réelle envie de sensibiliser les gens par l’art. Mon papa est musicien-compositeur et il m’a toujours dit que la musique est une langue. La communication Cetasea ira dans ce sens, nous avons déjà fait des concerts, nous avons comme ambassadeur Fabrice Guérin, un photographe de renom. Il y aura aussi de la peinture, de la chanson et actuellement c’est le cinéma pour faire honneur à notre parrain.
.

Festival Cetasea le 6 et 7 juillet à Hossegor et à Vieux-Boucau

Frédérique Gilbert
Fondatrice et présidente de l’association Cetasea loi 1901
+33.(0)6.31.63.22.10
www.cetasea.eu

.

.


.