A la redécouverte de la vraie nature avec le photojournaliste naturaliste Gérard Blondeau

Retrouver la vraie nature …Tel est le projet de fond qui émerge de la démarche du photojournaliste naturaliste Gérard Blondeau (JNE).

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par Jane Hervé

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Gérard Blondeau, ancien de l’équipe de Rustica, organise une véritable « rencontre avec les oiseaux », ceux qui sont si près de nous que nous avons fini par ne plus les voir, quitte à nous envoler au bout du monde pour en chercher d’autres plus prestigieux ! L’Espace Naturel Sensible de Saint-Prix (Val d’0ise) – financé principalement par le département – soutient sa démarche de maintien de la biodiversité avec l’association Climax. Il rachète ça et là de petits bouts de terrain en bordure de la forêt de Montmorency. Voilà qui permet de redonner vie à des « terrains abandonnés », créant ici un verger conservatoire, là une ruche, ici une vigne, là un potager. Objectif toute : « ramener la nature dans la nature » et « aider la chaîne alimentaire à se remettre en route ». Rien n’est moins évident.

Dans l’aube humide, Gérard au look de trappeur accompagné de William en tenue de camouflage se préparent à accueillir les premiers amoureux de la nature. Ils sont accompagnés de Loïs Pasquier, chargé d’environnement de la commune de Saint-Prix. A ce titre, ce dernier coordonne et participe à différentes actions, dont le ramassage quotidien des amphibiens bloqués par une barrière plastique au long de la route forestière. Quelques bénévoles les prennent d’un côté pour les relâcher de l’autre, leur évitant ainsi d’être écrasés pendant leur période d’accouplement. Dans les 28 seaux placés dans des tranchées d’un terrain voisin, Loïs a retrouvé pas moins de 117 crapauds, 3 grenouilles rouilles et 3 tritons, tous favorisés par les dernières journées de douce humidité.

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Affût photo – photo Gérard Blondeau

Aujourd’hui, Gérard et William accueillent et entraînent une petite troupe (9 personnes) d’amateurs armés d’impressionnants appareils photos. Sur un terrain ravagé par la pluie, les arrivants se dispatchent dans les deux espaces préparés pour l’affût. L’un, le number one, à l’orée de la forêt, dispose de trois tentes où les affûts peuvent être choisis à la carte : soit allongé, soit assis en solitaire, soit assis en duo l’un derrière une vitre, l’autre derrière un trou de visée où est placé l’objectif. Le second affût, le number two, moins éloigné de la route, consiste en une belle cabane de bois au toit végétalisé. Construite par William avec deux niches pour hérissons (ils viendront, c’est sûr), elle est proche d’une petite mare dont la profondeur va de 2 à 50 cm d’eau. En automne, les plantes « descendent », puis « remontent » au printemps pour constituer une mini « forêt vierge ». Ce matin, deux grenouilles rousses, dont n’émergent que les yeux globuleux, s’activent en un accouplement efficace. Un crapaud en hibernation est apparu récemment sur les bords.

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Sittelle torchepot – photo Gérard Blondeau

Commence alors l’attente du passage des oiseaux pour les arrivants Christelle, Martine, Loris, etc. Silence et immobilité sont de rigueur. C’est un apprentissage de la patience, la redécouverte d’un temps autre, de la lenteur peut-être. Ainsi pour ces visiteurs attentifs, l’appareil photo est un moyen de retrouver la nature par une sorte de porte d’entrée imprévue. Là surgissent au hasard, bouvreuil, sitelle, rouge-gorge, tous captés par l’œil et l’objectif du photographe. Le redoux printanier a légèrement réduit le nombre d’espèces qui trouvent leur nourriture ailleurs. Parmi les absents, les Leiothrix jaunes – faussement appelés rossignols du Japon – qui se sont installés en forêt de Montmorency, en raison d’un lâcher probable de quelques oiseaux.

Cette nature, ici, est vécue différemment par les uns et les autres. L’une la rêve : « Je vais m’endormir au chant des oiseaux ». L’autre ne s’étonne pas toujours : « Dans mon jardin, j’ai déjà plein de mésanges bleues et charbonnières ». Le troisième chasseur d’images jauge son action : « Je me focalisais sur un branche, je n’ai pas bougé ». Une amoureuse de la forêt estime : « C’était beau à voir et à entendre ». En effet, une chouette a su lancer en plein jour un appel qui a fait frissonner les esprits ! L’après-midi, la pluie rappelé à tous que la nature originale – dite férale – pouvait reprendre ses droits !

D’autres stages sont prévus avec Jean-Michel Lecat en d’autres lieux pour les amoureux de la faune. En mars et avril, auprès des oiseaux de la baie de Somme. En avril, mai, juillet, en Pologne et en Slovénie à la rencontre des ours et des bisons. Tout un programme.

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Pour information

www.blondeau-photonature.com
www.associationclimax.com

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ANNUAIRE 2019
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